Accueil Blog Page 787

EUROPE. Pétition pour les réfugiés piégés entre la Pologne et la Biélorussie

0
EUROPE. Alors que les États européens ferment les yeux devant le drame de plus de 20 000 réfugiés piégés entre la Pologne et la Biélorussie et que le froid y a fait de nombreux morts (on parle de 20 réfugiés kurdes décédés de froid et de faim) dans la forêt frontalière biélorusse, de nombreuses pétitions ont été lancées pour que les instances européennes agissent avant qu’il ne soit trop tard. (La pétition peut être signée ici)
 
Depuis plusieurs semaines, l’Europe observe crédule plus de 20 000 réfugiés, principalement des Kurdes d’Irak, du Rojava, mais aussi des Syriens et des Yézidis, essayer d’entrer en Europe via la Pologne depuis la Biélorussie où ils sont piégés par le froid et la faim tandis que les soldats polonais les bloquent à la frontière et que les biélorusses les empêchent de faire demi tour. Ils sont devenus de véritables monnaie de chantage entre les mains du régime biélorusse, à l’instar du régime turc qui fait chanter l’Europe avec des millions de réfugiés syriens depuis des années…
Malgré la mort de plusieurs réfugiés à cause du froid glacial et la faim, les États européens refusent toujours d’intervenir, comme si ces réfugiés allaient s’évaporer comme par magie et que tout allait entrer dans l’ordre! Non, l’Europe doit agir, mais comment ? On œuvrant à trouver une solution à la cause de la migration, à savoir la guerre et les changements climatiques qui secouent le Moyen-Orient, dont le Kurdistan. Pour l’instant, nous en sommes loin car l’Europe travaille plutôt avec les régimes qui sont à l’origine de ce chaos. En effet, elle soutien activement la Turquie qui a occupé plusieurs régions du Rojava et du Kurdistan d’Irak, en plus de soutenir les gangs islamistes dans d’autres régions syriennes, a chassé de leurs terres des millions de Kurdes et d’autres minorités en Syrie au cours de plus de 10 ans de guerre. Elle a également assoiffé des millions de personnes en Syrie en coupant les eaux du fleuve de l’Euphrate grâce à des barrages construits en amont du fleuve qui traverse la Syrie… Ainsi, l’Europe participe à la fabrique de l’immigration en soutenant financièrement le régime turc qui est également soutenu militairement par l’OTAN dont il est le membre, bien qu’il achète aussi des armes russes quand il en a envie…
Selon le Mouvement des femmes kurdes du Rojava, Kongra Star, « La seule solution pour résoudre ce problème [migration vers l’Europe] est de mettre fin à la guerre et à l’occupation, également au Kurdistan, mais les forces de la modernité capitaliste veulent que cette crise s’en nourrisse. (…) la Turquie a utilisé les réfugiés de sa guerre comme levier politique. »
 
De son coté, le Congrès de la Société Démocratique du Kurdistan en Europe (KCDK-E) appelait hier les dirigeants européens et l’opinion publique européenne à agir face à ce désastre humanitaire qui a lieu aux portes de l’Europe :
 
« Depuis une semaine, il y a une tragédie humaine à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Des milliers d’immigrants, dont la plupart sont des Kurdes, meurent entre la frontière Biélorussie – Pologne.
 
Selon les informations parues dans la presse, plus de 20 immigrants kurdes ont perdu la vie à cause de la faim et du froid extrême en une semaine. Personne ne quitte sa terre natale à moins que cela ne soit nécessaire. Les puissances internationales qui ont transformé le Kurdistan en zone de guerre adoptent également une attitude inhumaine envers les immigrants kurdes. Malheureusement, ces forces qui ont déplacé les personnes de leurs terres restent les spectateurs de cette tragédie humaine. Nous regardons le cœur brisé alors que des immigrants, dont de nombreuses femmes et enfants, sont coincés entre deux frontières et poussés dans un tunnel de la mort.
 
Nous avons suivi avec inquiétude les politiques anti-immigrés des États européens ces dernières années. Cependant, ce qui se passe actuellement à la frontière polono-biélorusse ne peut être exprimé avec des mots. Les États entraînent les immigrés à mort en prenant soin de leurs intérêts.
 
Nous lançons un appel à toutes les personnes de conscience vivant dans ces pays. L’immigration n’est pas un destin ; c’est un résultat créé par les gouvernements qui gouvernent les pays dans lesquels vous vivez. La conscience des sociétés ne doit pas rester silencieuse face à cette politique inhumaine. Tout individu qui se dit humain doit protéger les immigrés laissés pour compte entre les deux frontières.
 
Les États qui mettent tout en œuvre pour cacher la situation des immigrés à la frontière polono-biélorusse, où les gens ont faim et soif, ne doivent jamais oublier qu’ils seront jugés comme des criminels face à l’histoire, de même que ceux qui ont bouché les oreilles et les yeux sur cette tragédie. « C’est le jour d’élever la voix » afin de ne pas participer à ce crime contre l’humanité.
 
Les journalistes, écrivains, artistes et politiciens consciencieux, en particulier les organisations de défense des droits humains dans les pays européens, doivent s’élever contre cette tragédie humaine. Protéger les immigrés, c’est embrasser l’humanité. À cet égard, en tant que KCDK-E, nous accueillons toutes sortes d’activités pour les immigrants au plus haut niveau. Nous croyons que toutes les institutions de notre structure accueilleront et soutiendront les immigrants qui meurent de faim et de faim.
 
En tant que KCDK-E, nous exigeons que des milliers d’immigrants, dont de nombreux citoyens kurdes, qui ont été abandonnés à la mort, soient sortis du tunnel de la mort dès que possible et amenés dans un environnement où les conditions humanitaires minimales sont fournies. Nous exigeons que tous les pays européens assument leurs responsabilités, en particulier le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Nous exigeons la réalisation des droits accordés aux réfugiés dans la Convention de Genève dans les plus brefs délais.
 
D’abord et avant tout, l’ouverture d’un couloir humanitaire pour les immigrants aux prises avec la faim et le froid est notre première exigence. Nous appelons toutes les organisations d’aide humanitaire, en particulier l’UNICEF et la Croix-Rouge, à agir pour les réfugiés MAINTENANT !
 
C’est l’heure de la solidarité ! »

ROJAVA. Deux femmes kidnappées à Afrin pour avoir enseigné le kurde par le passé

0
SYRIE / ROJAVA – Les gangs de la Turquie ont kidnappé Hêvîn Ehmed et Cîhan Mihemed Elî Qere Hiso dans le canton d’Afrin car les deux femmes auraient enseigné le kurde dans le passé. Cîhan a été libérée après le paiement d’une rançon tandis que le sort d’Hêvin reste inconnu. 
 
Des agents des services de renseignement turcs (MIT) et des gangs dits de la « police militaire » ont pris d’assaut le village d’Etmana, dans le district de Rajo. Les envahisseurs ont enlevé Hêvîn Ehmed et Cîhan Mihemed Elî Qere Hiso au motif qu’elles avaient enseigné la langue kurde dans le passé.
 
Les deux femmes, qui sont mariées et ont des enfants, ont ensuite été emmenées à la prison de Merate, dans le centre-ville d’Afrin.
 
Alors que Cîhan Mihemed Elî aurait été libérée par les gangs en échange d’une rançon de 500 livres turques payée par sa famille, Hêvîn Ehmed est toujours porté disparue.
 
Selon le Bureau des femmes et des ONG de la région d’Afrin, 84 femmes ont été tuées, des milliers d’entre elles ont été kidnappées et 6 femmes se sont suicidées depuis qu’Afrin a été occupée par les forces turques et les groupes djihadistes alliés en 2018. Des milliers de femmes détenues en captivité dans la prison de Kawa Junction et la prison de Kefercen ont été victimes de torture et de viol. Des crimes d’abus sexuels contre 71 femmes ont été commis.
 
L’État turc, avec une troupe de djihadistes et de fascistes, a instauré un régime de terreur dans le canton d’Afrin après l’avoir envahi en mars 2018. Enlèvements, pillages, meurtres, féminicides, viols, rançons, nettoyage ethnique, changement démographique sont monnaie courante depuis. Au cours des deux derniers mois seulement, plus de 300 enlèvements ont été enregistrés à Afrin, et 25 d’entre eux étaient des femmes. Au moins six civils ont été tués.
 
Pour la période comprise entre le 29 juillet et le 23 août, l’Organisation des droits de l’homme Afrin a enregistré 101 enlèvements. 17 des personnes enlevées étaient des femmes. En outre, trois personnes mineures figuraient parmi les personnes enlevées. Souvent, les personnes enlevées sont emmenées dans des salles de torture gérées par des mercenaires ou le MIT et libérées après une rançon. Cependant, les personnes enlevées sont régulièrement torturées à mort et leurs corps jetés dans des champs ou ailleurs. Cela crée un climat de terreur et fait fuir la population kurde.
 

FRANCE. Des artistes français et kurdes vont réaliser un « arbre de vie » pour le Rojava

0
L’artiste français Pascal Bejeannin s’est rendu récemment au Rojava où il a rencontré, entre autre, les membres de l’association « Tresses vertes », Kezîyên kesk en kurde, qui a pour projet de planter 4 millions d’arbres dans la région de Qamishlo pour lutter contre la désertification. De retour en France, Pascal Bejeannin a annoncé que l’association Art’Situ et des artistes kurdes du Rojava allaient réaliser un olivier en acier représentant l’ « arbre de vie » pour le Rojava.
 
Pascal Bejeannin est également membre de l’association Art’Situ qui a pour devise « L’Art témoin du monde » et qui se définie ainsi: « Art’Situ vit et agit par son attachement sincère à rassembler les Hommes venus des quatre coins du globe par le biais de l’art et de la puissance émotionnelle de son esthétisme. »
 

Dara Jiyanê, un « arbre de vie » réalisé avec des armes qui tuent

 
Chez de nombreuses civilisations, l’olivier est le symbole de l’espérance, de la sagesse et de longévité. Chez les Kurdes du Rojava, depuis l’invasion du canton d’Afrin jadis célèbre pour ses olives, il représente surtout l’espoir de la fin de l’invasion turque et le retour des Kurdes sur leurs terres. C’est pourquoi, réaliser « un arbre de vie » qui représenterait un olivier est un choix judicieux.
 
Art’Situ annonce son projet par ces mots: « L’équipe d’Art’Situ est fière de vous annoncer le lancement du projet Arbre de vie !

Ici le témoin du monde n’est plus une sculpture mobile, mais un arbre, symbole de vie, réalisé sur place avec ce qui détruit (restes et silhouettes en acier d’armes). Sur un front de guerre, dans un lieu symbolique, il témoigne de l’histoire du territoire et tous peuvent s’y rassembler.

Le premier arbre sera l’olivier Dara Jiyanê : « arbre de vie » en kurde, réalisé au Rojava (Nord-Est de la Syrie).

Avec le soutien de Patrice Franceschi et l’aide de Gulistan Sido, Pascal et l’équipe d’Art’Situ se sont rendus à Qamişlo fin Octobre. Ce premier séjour a permis de rencontrer nos partenaires de l’association « Les Tresses Vertes » que nous tenons à remercier chaleureusement pour l’accueil extraordinaire et l’organisation des rencontres avec les autorités du territoire, les membres du Centre Culturel Kurde Mihemed Chekho, les Beaux-arts de l’université du Rojava et plusieurs artistes Kurdes.
(…) »
 
Dessin représentant un arbre qui pour « racines » des armes et des combattantes kurdes des YPJ en premier plan. Via Pascal Bejeannin

Les Kurdes appellent l’Europe à agir face au drame des réfugiés piégés entre la Biélorussie et la Pologne

0
L’organisation faîtière kurde d’Europe (KCDK-E) dénonce l’inaction des États européens face au drame des réfugiés devenus de la monnaie de chantage entre la Biélorussie et l’Europe. Jusqu’à présent, 20 réfugiés kurdes seraient morts dans cette zone de non-droit…
 
Voici le communiqué du Congrès de la Société Démocratique du Kurdistan en Europe (KCDKE):
 
Depuis une semaine, il y a une tragédie humaine à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Des milliers d’immigrants, dont la plupart sont des Kurdes, meurent entre la frontière Biélorussie – Pologne.
 
Selon les informations parues dans la presse, plus de 20 immigrants kurdes ont perdu la vie à cause de la faim et du froid extrême en une semaine. Personne ne quitte sa terre natale à moins que cela ne soit nécessaire. Les puissances internationales qui ont transformé le Kurdistan en zone de guerre adoptent également une attitude inhumaine envers les immigrants kurdes. Malheureusement, ces forces qui ont déplacé les personnes de leurs terres restent les spectateurs de cette tragédie humaine. Nous regardons le cœur brisé alors que des immigrants, dont de nombreuses femmes et enfants, sont coincés entre deux frontières et poussés dans un tunnel de la mort.
 
Nous avons suivi avec inquiétude les politiques anti-immigrés des États européens ces dernières années. Cependant, ce qui se passe actuellement à la frontière polono-biélorusse ne peut être exprimé avec des mots. Les États entraînent les immigrés à mort en prenant soin de leurs intérêts.
 
Nous lançons un appel à toutes les personnes de conscience vivant dans ces pays. L’immigration n’est pas un destin ; c’est un résultat créé par les gouvernements qui gouvernent les pays dans lesquels vous vivez. La conscience des sociétés ne doit pas rester silencieuse face à cette politique inhumaine. Tout individu qui se dit humain doit protéger les immigrés laissés pour compte entre les deux frontières.
 
Les États qui mettent tout en œuvre pour cacher la situation des immigrés à la frontière polono-biélorusse, où les gens ont faim et soif, ne doivent jamais oublier qu’ils seront jugés comme des criminels face à l’histoire, de même que ceux qui ont bouché les oreilles et les yeux sur cette tragédie. « C’est le jour d’élever la voix » afin de ne pas participer à ce crime contre l’humanité.
 
Les journalistes, écrivains, artistes et politiciens consciencieux, en particulier les organisations de défense des droits humains dans les pays européens, doivent s’élever contre cette tragédie humaine. Protéger les immigrés, c’est embrasser l’humanité. À cet égard, en tant que KCDK-E, nous accueillons toutes sortes d’activités pour les immigrants au plus haut niveau. Nous croyons que toutes les institutions de notre structure accueilleront et soutiendront les immigrants qui meurent de faim et de faim.
 
En tant que KCDK-E, nous exigeons que des milliers d’immigrants, dont de nombreux citoyens kurdes, qui ont été abandonnés à la mort, soient sortis du tunnel de la mort dès que possible et amenés dans un environnement où les conditions humanitaires minimales sont fournies. Nous exigeons que tous les pays européens assument leurs responsabilités, en particulier le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Nous exigeons la réalisation des droits accordés aux réfugiés dans la Convention de Genève dans les plus brefs délais.
 
D’abord et avant tout, l’ouverture d’un couloir humanitaire pour les immigrants aux prises avec la faim et le froid est notre première exigence. Nous appelons toutes les organisations d’aide humanitaire, en particulier l’UNICEF et la Croix-Rouge, à agir pour les réfugiés MAINTENANT !
 
C’est l’heure de la solidarité !
 
KCDK-E
9 novembre 2021

ROJAVA. Un drone turc tue des civils à Qamishlo

0
SYRIE / ROJAVA – Depuis plusieurs mois, des drones turcs massacrent des civiles kurdes au Rojava et au Kurdistan d’ « Irak », en toute illégalité. Il viennent de commettre un carnage dans la région  de Qamishlo en ciblant une voiture civile qui roulait dans la localité d’Hilaliye.
 
Un drone turc a ciblé une voiture dans le district de Hilaliye, à l’ouest de la ville de Qamishlo, tuant trois civils qui se trouvaient à son bord. Les victimes sont trois personnes, dont un homme âgé, d’une même famille
 
En octobre dernier, deux attaques distinctes menées par des drones turcs avait fait plusieurs morts et blessés dans le canton kurde de Kobanê.
 

LIVRES. « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles » lauréat du Prix HiP 2021

0
PARIS – Le Prix HiP du livre de photographie 2021 dans la catégorie « Reportage et Histoire » a été décerné à la photographe irano-britannique Maryam Ashrafi pour son livre-photo « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles » (éditions Hemeria) qui a pour sujet les femmes combattantes kurdes.
 
Sorti en automne 2021, le livre photo « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles » est un hommage aux milliers de femmes kurdes qui ont pris les armes pour se libérer des Etats colonialistes qui occupent le Kurdistan, mais également pour détruire le patriarcat qui gangrène la société conservatrice kurde.
 
La lutte d’émancipation des femmes dans 4 parties du Kurdistan
Lors de ses nombreux voyages effectués au Kurdistan syrien et irakien, Maryam Ashrafi a pu rencontrer des femmes combattantes du PKK à Qandil (en 2012-13), celles des partis armés kurdes d’Iran qui sont le KOMALA et le PDK-I installés au Bashur, celles des YPJ au Rojava entre 2015 et 2017 et les combattantes yézidies de Shengal, à Sincar, en 2016. En plus des femmes combattantes kurdes, Ashrafi a également rencontré des femmes yézidies qui ont survécu au génocide commis par le groupe terroriste État Islamique (EI) à Shengal en 2014.
 
Bien que la lutte de libération kurde soit menée par des hommes et des femmes, Ashrafi a préféré se concentrer essentiellement sur les femmes combattantes kurdes. D’ailleurs, sachant que les femmes kurdes se battent à la fois pour leur liberté en tant que peuple, mais aussi en tant que femmes pour se libérer de la société patriarcale kurde, on ne peut que féliciter Ashrafi pour ce choix judicieux. En effet, les femmes kurdes luttent sur le front de la libération pour mettre fin au colonialisme du Kurdistan, mais aussi sur le front du féminisme pour se débarrasser du patriarcat bien ancré dans la société traditionnelle kurde.
 
Dans le livre « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles », de Maryam Ashrafi, on peut admirer 400 photos en noir et blanc, accompagnées des textes du journaliste Allan Kaval qui a reçu récemment le Prix Alber Londres pour un reportage réalisé au Rojava, de l’universitaire Kamran Matin, de Carol Mann, sociologue spécialiste des questions de genre au sein des conflits armés, et de Mylène Sauloy qui documente la guerre au Kurdistan et au Rojava depuis de longues années. (Le livre-photo d’Ashrafi est également disponible en version anglaise avec le titre « Rising Among Ruins, Dancing Amid Bullets ».)

« La misère des migrants, une arme dans les mains des dictateurs »

0
Depuis plusieurs semaines, l’Europe observe crédule plus de 20 000 réfugiés, principalement des Kurdes d’Irak, du Rojava, mais aussi des Syriens et des Yézidis, essayer d’entrer en Europe via la Pologne depuis la Biélorussie où ils sont piégés par le froid et la faim tandis que les soldats polonais les bloquent à la frontière et que les biélorusses les empêchent de faire demi tour. Ils sont devenus de véritables monnaie de chantage entre les mains du régime biélorusse, à l’instar du régime turc qui fait chanter l’Europe avec des millions de réfugiés syriens depuis des années…
 
Malgré la mort de plusieurs réfugiés à cause du froid glacial et la faim, les États européens refusent toujours d’intervenir, comme si ces réfugiés allaient s’évaporer comme par magie et que tout allait entrer dans l’ordre! Non, l’Europe doit agir, mais comment ? On œuvrant à trouver une solution à la cause de la migration, à savoir la guerre et les changements climatiques qui secouent le Moyen-Orient, dont le Kurdistan. Pour l’instant, nous en sommes loin car l’Europe travaille plutôt avec les régimes qui sont à l’origine de ce chaos. En effet, elle soutien activement la Turquie qui a occupé plusieurs régions du Rojava et du Kurdistan d’Irak, en plus de soutenir les gangs islamistes dans d’autres régions syriennes, a chassé de leurs terres des millions de Kurdes et d’autres minorités en Syrie au cours de plus de 10 ans de guerre. Elle a également assoiffé des millions de personnes en Syrie en coupant les eaux du fleuve de l’Euphrate grâce à des barrages construits en amont du fleuve qui traverse la Syrie… Ainsi, l’Europe participe à la fabrique de l’immigration en soutenant financièrement le régime turc qui est également soutenu militairement par l’OTAN dont il est le membre, bien qu’il achète aussi des armes russes quand il en a envie… 
 
Selon le Mouvement des femmes kurdes du Rojava, Kongra Star, « La seule solution pour résoudre ce problème [migration vers l’Europe] est de mettre fin à la guerre et à l’occupation, également au Kurdistan, mais les forces de la modernité capitaliste veulent que cette crise s’en nourrisse. (…) la Turquie a utilisé les réfugiés de sa guerre comme levier politique. » Quand au militant franco-kurde, Aydin Baran, il déclare que les migrants sont devenus une armes de guerre entre les mains des dictateurs pour faire chanter l’Europe. 
 
Aydin Baran a publié ce texte sur son profil Facebook. Un texte qui devrait être publié par les journaux Le Monde, Humanité, Le Figaro etc… Comme ce n’est pas le cas, c’est nous, Kurdistan au Féminin qui le faisons. Le voici:
 
La misère des migrants, une arme dans les mains des dictateurs
 
Une véritable crise migratoire est en cours à la frontière de Pologne. Les autorités biélorusse escortent les migrants, arrivés dans le pays avec des avions turcs, jusqu’à la frontière de l’UE . Le nombre de migrants à la frontière augmente du jour en jour et les images transmises par les médias biélorusses et polonais font frotter déjà les mains des partis de l’extrême-droite européen. Une guerre de propagande et de chantage se fait sur la misère des milliers de migrants qui risquent la mort.
 
Dans des forets glaciales biélorusses, avec des températures allant jusqu’à moins 15 degrés, des milliers de migrants essaient de traverser la frontière de la Pologne pour rejoindre l’Europe. Ils brulent du bois pour se chauffer, mais le froid et la faim ont causé déjà la mort d’une dizaine de personnes. Une femme kurde yézidie, dont les images tournent sur les réseaux kurdes témoignent sur leurs conditions. Elle est entourée par plusieurs enfants qui essaient de se protéger du froid grâce à un feu de camp. Venue d’Irak, elle attend à la frontière depuis dix jours avec ses enfants : « Nous sommes prisonniers ici depuis 10 jours. Il fait très froid. Les autorités polonais refusent notre entrée, tandis que les autorités biélorusses refusent notre retour. On a ni ‘eau ni nourriture. Nous avons dû payer 100 dollars pour nourrir les enfants. Les enfants ont faim. Une personne est morte aujourd’hui. Nous souffrons, aidez nous s’il-vous-plait ».
 
Il s’agit souvent des hommes kurdes venus du Kurdistan irakien, mais également des familles avec des enfants. Ils attendent depuis des jours, voir des semaines pour traverser la frontière. Les médias biélorusses encouragent les migrants à venir dans le pays avec des informations qui confirment une passage sûr vers l’Europe. Il s’agit clairement d’une manipulation politique du gouvernement biélorusse, car les militaires polonais ne laissent aucun passage. L’armée polonais a dépêché d’ailleurs 12 mille soldats à la frontière pour « barrer la route aux migrants ». Des images d’interventions musclés des militaires polonais circulent sur les réseau sociaux. Dans ces images, les migrants ne sont clairement pas les bienvenus.
La majorité des migrants sont des kurdes irakiens et ceci n’est certainement pas un hasard. Quand les raisons sont demandés, ils pointent souvent la misère et la corruption des clans qui gouvernent le Kurdistan irakien, notamment la corruption de la famille Barzani et de la famille Talabani. Le gouvernement d’Erdogan est impliqué sans doute dans ce mouvement de masse.
 
Par quel moyen arrivent-ils ces migrants en Biélorussie ? Qui est le passeur ? Avec un minimum de traçage nous allons tomber sans doute sur une collaboration étroite de deux dictateurs : Loukachenko et Erdogan. Ces derniers exploitent pleinement les fractures qui frappent les sociétés européennes en ce qui concernent la migration et font chanter les gouvernements européens sur ce sujet pour leur intérêt.
 
Erdogan veut envahir de nouveau les territoires kurdes en Syrie et pour ceci il a besoin du soutien tacite de l’UE, comme en 2016. À cette époque, il avait ouvert les frontières et plus d’un million et demi de personnes avaient émigrés en Europe en quelques mois. Après la promesse d’un soutien politique, militaire et économique, Erdogan avait fermée la vanne de migration. Entretemps, 16 villes kurdes ont été détruites en Turquie par des chars. Des milliers de kurdes ont été assassinés et une partie des territoires kurdes en Syrie a été envahie. Un véritable nettoyage ethnique a été exercé contre les kurdes d’Afrin en 2018, une région kurde syrienne pacifique. L’Allemagne a publiquement soutenu l’invasion d’Afrin au nom de « installations des syriens » dans cette région.
 
La chose immorale dans cette vague d’immigration à la frontière de Pologne, c’est le fait qu’on utilise les kurdes pour faire chanter l’Europe, enfin d’attaquer les kurdes qui y sont restés en Syrie et en Irak. Ainsi il est gagnant sur tous les bords Erdogan. Même s’il n’obtient rien au niveau politique et économique, au moins il donnera un coup à la sympathie des sociétés européennes envers les kurdes.
 
Ainsi, l’accueil des migrants par l’UE est devenu un cercle vicieux profitable aux régimes dictatoriaux dans le fait. Peu importe si on est pour ou contre l’immigration, la division qui frappe les pays européens est exploité pleinement par des régimes autoritaires, qui considèrent les pays européens comme des adversaires.
 
Erdogan n’arrive plus à exploiter la carte migratoire depuis le fiasco du février 2020, car la Grèce a joué parfaitement le jeu de gardien à sa frontière. Les militaires grecs n’ont pas hésité à appliquer les méthodes des militaires turcs pour « barrer la route aux envahisseurs étrangers ». Erdogan s’allie aujourd’hui avec Loukachenko, afin d’ouvrir d’autres routes de chantages.
 
Jadis, l’OTAN et l’UE considéraient la Turquie comme leur frontière du Sud, mais aujourd’hui ils font commencer ces frontières à partir de la Grèce et la Turquie est traité comme un pays du Moyen-Orient. Finalement, à force d’abuser de ce moyen de chantage, la Turquie a perdu également sur le long-terme.
 
Chaque régime ou société a son point de vue, mais les migrants qui risquent leurs vies pour échapper des régimes corrompus, la misère, la guerre, l’incertitude, le racisme, les fondamentaux religieux etc ont également une histoire à raconter et cette histoire ne peut être blâmé par ceux qui sont en sécurité. Avant de juger, imaginez un seul minute que vous vous trouvez avec ou sans vos enfants, dans une foret obscure, qui fait moins de 15 degrés, sans l’eau et sans nourriture.
 
Certes, il y a également une migration de consommation, c’est-à-dire des jeunes qui veulent vivre comme les jeunes de l’occident, dont ils voient à la télé ou sur les réseaux. Encore une foi, comment blâmer des gens qui veulent accéder à la consommation comme les jeunes de l’occident ?
 
Les conflits dans le monde ne profitent plus, comme jadis, aux sociétés et entreprises européennes. Les sociétés européennes ont tout leur intérêt à augmenter leur militantisme pour la paix dans le monde et prendre une position claire contre les pays qui provoquent des conflits. Encore une fois, il faut faire ceci peu importe si on est pro ou contre l’immigration. La paix est dans l’intérêt de chaque européen.
 
Aydin Baran

Trois migrants kurdes meurent de faim à la frontière polono-biélorusse

0

Un jeune Kurde de Sulaymaniyah a été retrouvé mort après avoir tenté de traverser la frontière après des jours sans nourriture et dans des températures glaciales.

Des réfugiés, dont des enfants, sont laissés mourir dans des forêts gelées à la frontière entre la Pologne et le Bélarus après avoir été poussés de la frontière sans nourriture ni eau et avoir payé jusqu’à 20 000 euros par personne à des agences biélorusses.

 

Sans accès à l’aide, aux abris ou aux services humanitaires de base, 300 migrants kurdes font partie des milliers de migrants qui ont été piégés dans une forêt entre la Biélorussie et la Pologne, selon Roj News.

La Pologne refusant l’entrée et la Biélorussie n’autorisant pas leur retour, trois migrants kurdes sont morts de faim en tentant de traverser la frontière, a rapporté Roj News.

Les réfugiés d’Afrique, de Turquie, du Kurdistan et de nombreux pays du Moyen-Orient qui étaient entrés en Pologne depuis la Biélorussie samedi soir ont été renvoyés tard dans la zone militaire en Biélorussie.

Il a été rapporté que Geylan Dilêr İsmil, un Kurde d’une vingtaine d’années qui a fui Sulaymaniyah, le Kurdistan irakien, faisait partie des personnes envoyées de force dans la zone militaire.

İsmil est mort de faim et d’hypothermie, selon Roj News.

Sur une vidéo circulant sur Twitter, une femme yézidie raconte sa situation à la frontière polono-biélorusse :

« Une personne est décédée ici aujourd’hui.

Il n’y a pas de nourriture, pas d’eau. Nos enfants pleurent pour manger. Nous avons souffert pendant 10 jours ici. La police biélorusse et polonaise nous repousse.

Les demandeurs d’asile kurdes attendent depuis deux semaines sans presque rien à manger ni à boire. »

Le Guardian a rapporté dimanche l’histoire d’un groupe de sept Kurdes irakiens de Duhok, une fillette de huit mois et un garçon de deux ans parmi eux, à la périphérie de la forêt de Białowieża – qui chevauche la frontière entre le sud-est la Pologne orientale et la Biélorussie.

Amila Abedelkader, 28 ans, la mère des enfants, a déclaré au Guardian que le groupe avait été attiré en Biélorussie par une agence de voyages qui organiserait le voyage en avion d’Istanbul à Minsk et l’accès à la frontière polonaise et qu’ils ont été facturés 15 000 à 20 000 euros lorsqu’ils ont atteint la Biélorussie.

Au moins 10 migrants sont déjà morts en tentant le même passage, a rapporté RFE/RL.

La frontière de la Pologne avec la Biélorussie est désormais une bombe à retardement humanitaire à la frontière orientale de l’UE, selon RFE/RL, qui rapporte que des milliers de demandeurs d’asile se sont rendus en Biélorussie ces derniers mois, encouragés par le traitement accéléré des visas et le nombre croissant de vols quotidiens depuis des pays comme le Yémen, l’Irak, la Somalie, l’Afghanistan et le Cameroun. Bien que la grande majorité continue vers la Pologne, beaucoup ont cherché à entrer dans la Lettonie et la Lituanie voisines, également membres de l’UE.

Alors que les besoins essentiels tels que la nourriture et l’eau ne sont pas fournis aux migrants et aux enfants avec eux, qui sont détenus dans la zone restreinte depuis deux semaines, les organisations non gouvernementales ne sont pas autorisées à fournir l’aide humanitaire aux migrants.

Les gouvernements polonais et lituanien ont déclaré l’état d’urgence sur les voies routières d’un kilomètre de large le long de la frontière biélorusse, qui ne permettent l’accès qu’aux gardes-frontières, à l’armée et aux services de sécurité.

Medya news

Des réfugiés kurdes meurent aux portes de l’Europe

0

EUROPE – L’Europe reste de marbre face à la tragédie des centaines de réfugiés kurdes/yézidis piégés à la frontière Pologne-Biélorussie. Ils sont sans abri, n’ont ni eau, ni nourriture en plein hiver et un autre réfugié est mort de faim et de froid aujourd’hui dans cette zone de non-droit.

 
Des centaines d’enfants, de femmes et de personnes âgées sont bloqués à la frontière Pologne-Biélorussie. Ils sont dans la boue et le froid, n’ont pas de nourriture, pas d’eau, pas d’abri et l’Europe les regarde mourir à petit feu…

Dans une vidéo publiée aujourd’hui, des réfugiés kurdes implorent de l’aide avant que d’autres réfugiés ne meurent dans des conditions extrêmes de la forêt frontalière polo-biélorusse.

La frontière entre la Biélorussie et la Pologne est un no man’s land dangereux

 

Une abonnée de la page Kurdistan au féminin écrivait récemment que « Traverser la frontière entre la Biélorussie et la Pologne est dangereux. Cette frontière est complètement fermée. L’armée biélorusse vole des biens aux gens et les force à traverser la frontière en les poussant à travers les barbelés. L’armée biélorusse est en train de planifier la séparation des familles. En Pologne, il y a un état d’urgence.

L’armée polonaise surveille la frontière sur toute la longueur et ne laisse traverser personne. Ceux qui essaient de traverser sont refoulés vers la Biélorussie. L’espace entre les deux frontières est devenu une zone fermée.

Il y fait très froid (les températures tombent en dessous de 0 degrés Celsius) et il y pleut souvent. Des centaines des personnes se sont retrouvées affamées, sans accès à l’eau potable. Il y a eu beaucoup de morts à cause du gel. »

 

La Turquie bloque une enquête néerlandaise sur des crimes de guerre commis par des gangs syriens pro-turcs

0
SYRIE / ROJAVA – L’État turc a bloqué une enquête soutenue par le gouvernement néerlandais sur d’éventuels crimes de guerre commis par les gangs syriens dans les régions kurdes de la Syrie occupées par la Turquie.
 
 
Une enquête soutenue par le gouvernement néerlandais sur d’éventuels crimes de guerre commis par des groupes rebelles en Syrie a été suspendue en raison des conditions de coopération fixées par le gouvernement turc qui craignaient de compromettre l’indépendance de la commission d’enquête, a rapporté le service turc de la BBC, citant un article du journal néerlandais NRC Handelsblad.
 
Entre 2015 et 2018, le gouvernement néerlandais a apporté un soutien d’un montant de 25 millions d’euros (28,8 millions de dollars) à 22 groupes armés appelés rebelles syriens « modérés », combattant le régime du président Bachar al-Assad par le biais d’une « assistance non létale » ( NLA).
 
Il a été révélé plus tard que certains des groupes rebelles qui avaient bénéficié de ce soutien avaient commis des violations des droits humains, y compris des crimes de guerre, a déclaré la BBC.
 
La Chambre des représentants néerlandaise a décidé au début de 2021 de former une commission indépendante pour enquêter sur d’éventuels crimes de guerre commis par des groupes rebelles syriens qui avaient été soutenus par leur gouvernement, bien que le Premier ministre Mark Rutte s’y soit opposé, arguant que cela nuirait aux relations avec les pays alliés.
 
La commission d’enquête, qui devait effectuer un travail de terrain approfondi en Turquie et dans le nord de la Syrie et rédiger un rapport d’ici octobre 2022, a dû suspendre ses travaux par crainte que les conditions de coopération du gouvernement turc ne compromettent son indépendance.
 
Selon la BBC, la commission a demandé la coopération d’Ankara car les groupes syriens qui avaient reçu de l’aide de La Haye faisaient désormais partie d’une alliance de groupes antigouvernementaux syriens formés par la Turquie, et la plupart de leurs dirigeants et membres vivent en Turquie et opèrent en Turquie. zones de Syrie contrôlées par les Forces armées turques (TSK).
 
Cependant, Ankara a posé une série de conditions de coopération, dont une demande que la commission partage avec eux les questions qu’ils souhaitent poser aux dirigeants des groupes syriens et le contenu de leurs entretiens.
 
La BBC a déclaré que la commission néerlandaise avait alors décidé d’annuler les entretiens avec les chefs rebelles, pensant que les conditions de la Turquie compromettaient l’indépendance de leur enquête.
 
La BBC a également cité un responsable néerlandais qui s’est entretenu avec NRC Handelsblad, affirmant que La Haye prédisait que la Turquie ne laisserait pas simplement la commission faire son travail étant donné que des groupes rebelles syriens participent à des opérations militaires turques très sensibles et qu’Ankara veut empêcher la sortie d’informations concernant ces opérations.
 
Selon des responsables néerlandais, associer des groupes syriens formés par Ankara à l’extrémisme ou aux violations des droits humains est très préjudiciable pour la Turquie, a ajouté la BBC.
 
La Turquie a établi un contrôle direct sur des étendues de terre dans le nord de la Syrie par le biais d’offensives successives contre les Unités de protection du peuple (YPG) depuis 2018. Les YPG, un groupe armé kurde syrien qui a joué un rôle crucial dans le groupe de travail de la coalition mis en place pour vaincre l’Islam L’État d’Irak et du Levant (EIIL) est considéré par Ankara comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et donc une organisation terroriste.
 
Les groupes de défense des droits et les organisations qui surveillent la région ont depuis accusé les soldats turcs et les rebelles soutenus par la Turquie d’avoir commis des crimes de guerre contre la population locale lors des offensives transfrontalières.
 
La Turquie a lancé l’offensive de l’opération Printemps de la paix le 9 octobre 2019, ciblant les YPG le long de la frontière turco-syrienne. L’opération militaire turque a commencé quelques jours après une annonce surprise et largement critiquée par la Maison Blanche du retrait des forces américaines de la région.
 
«Les forces turques ont fait preuve d’un mépris honteux pour la vie civile, notamment par des exécutions sommaires et des attaques illégales qui ont tué et blessé des civils», a déclaré un rapport d’Amnesty International compilant des crimes de guerre commis lors de l’opération Printemps de la paix.
 

Le mouvement des femmes du Rojava condamne le meurtre brutal de quatre militantes en Afghanistan

0
SYRIE / ROJAVA – Le mouvement des femmes kurdes du Rojava, le Kongra Star a condamné le meurtre brutal de quatre militantes, dont Frozan Sanfi. Les corps des 4 femmes ont été retrouvés dans un caniveau à la périphérie de la ville de Khaleda Bin Walid, au sud de Mazar Sharif.
 
« Nous ne voyons pas ce meurtre brutal sous le règne de terreur des talibans comme un acte isolé indépendant du régime et de la mentalité actuels. Le meurtre ciblé de femmes qui s’organisent et travaillent activement pour défendre la liberté est une pratique répandue et systématique dans le monde entier. Le système patriarcal, qui a asservi et privé les femmes de leurs droits pendant plus de 5 000 ans et qui est à la base de la mentalité du capitalisme et de l’État-nation, considère les femmes fortes et politiques comme une menace. »

Le mouvement des femmes Kongra Star a publié samedi un communiqué condamnant le meurtre brutal de quatre militantes en Afghanistan. Jusqu’à présent, seul le corps de l’une des quatre femmes a été identifié, la militante des droits civiques Frozan Sanfi, une jeune professeure à l’université de Balkh.
 
Voici le communiqué du Congra Star:
 
« Nous ne voyons pas ce meurtre brutal sous le règne de terreur des talibans comme un acte isolé indépendant du régime et de la mentalité actuels. Le meurtre ciblé de femmes qui s’organisent et travaillent activement pour défendre la liberté est une pratique répandue et systématique dans le monde entier. Le système patriarcal, qui a asservi et privé les femmes de leurs droits pendant plus de 5 000 ans et qui est à la base de la mentalité du capitalisme et de l’État-nation, considère les femmes fortes et politiques comme une menace.
 
Que ce soit l’État turc qui arrête en masse et assassine de manière extra-légale des militantes des droits des femmes, ou l’État islamique (EI) qui voile les femmes et les vend sur les marchés d’esclaves, ou les talibans qui refusent aux femmes leurs droits fondamentaux, ils ont tous la même mentalité.
 
Ici, dans le nord et l’est de la Syrie, les militantes des droits des femmes sont également attaquées à plusieurs reprises par l’Etat islamique et l’État turc. Dans les régions occupées turques comme Afrin, Serekaniye et Gire Spi, les femmes sont soumises à toutes sortes de violences misogynes. En outre, la Turquie utilise des drones sans pilote pour attaquer des militants dans le nord et l’est de la Syrie. Dans d’autres régions du nord et de l’est de la Syrie, les attaques contre les militantes de l’Etat islamique se poursuivent, comme en janvier de cette année contre nos camarades Hind et Saade, qui ont été brutalement assassinées par les cellules dormantes de l’Etat islamique.
 
La mentalité des talibans n’est pas différente de celle de l’Etat islamique ou de la Turquie, leurs pratiques ne sont pas différentes les unes des autres, ils ont les mêmes racines. Les talibans commettent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Les forces qui ont ouvert la voie à la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan sont également coupables. Nous croyons que la violence contre les femmes organisées est en soi une violence directe contre la communauté. Par conséquent, la société et les institutions internationales doivent se dresser contre ces attaques.
 
Face à ces attaques patriarcales, la résistance et l’autodéfense sont nécessaires, notamment à travers une organisation autonome. Étant donné que ces meurtres sont des pratiques des forces patriarcales et capitalistes et des États du monde entier, il est nécessaire de lutter également au niveau international et de construire des alliances entre les mouvements de femmes et les mouvements sociaux du monde entier.
 
Nous, Kongra Star, condamnons cette attaque patriarcale contre les quatre femmes afghanes. Nous appelons toutes les forces internationales à ne pas observer, normaliser ou reconnaître en silence la situation en Afghanistan et les actes des Taliban.
 
Nous souhaitons la bienvenue à toutes les femmes afghanes qui sont exposées à la violence et aux meurtres ici dans le nord et l’est de la Syrie. Contre tous les crimes des talibans, nous appelons toutes les forces démocratiques et les organisations de femmes à être solidaires de la société et des femmes en Afghanistan, à prendre position et à lutter ensemble. »
 

TURQUIE. Un universitaire kurde envoyé en prison pour un tweet contenant le mot « Kurdistan »

0
TURQUIE / BAKUR – Après un tweet contenant le mot « Kurdistan », l’universitaire kurde Hifzullah Kutum a été suspendu de l’Université Firat d’Elazığ, échappé à une tentative de lynchage et fini en prison.
 

 

Hifzullah Kutum

Hifzullah Kutum, chargé de recherche au département des finances de l’Université de Firat, a partagé un tweet disant « Şoreşa Îlonê hemû Kurdan pîroz be. Bijî Kurdistan ! (Bonne Révolution de Septembre à tous les Kurdes. Vive le Kurdistan !) » et le recteur l’a limogé aussitôt. Un drapeau turc a été accroché à la porte de son bureau à l’université d’Elazığ et l’universitaire a été arrêté par la police. Il a été menacé de mort et presque lynché. Il a été déféré devant le tribunal samedi soir et arrêté pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste [PKK]». (Pourtant, il rendait hommage au PDK et à la famille Barzanî, accessoirement, les frères ennemis du PKK et alliés de la Turquie…)

 

Image

Protestations des avocats

L’ancien président du barreau d’Amed, Mehmet Emin Aktar, a protesté contre l’arrestation de Kutum via son compte Twitter : « Pouvez-vous être arrêté pour un tweet ? (…) Cependant, si vous écrivez Kurdistan, vous serez arrêté. L’universitaire Hifzullah Kutum a été arrêté pour un tweet. Il n’y a qu’une chose à dire: « Kurdistan » encore et toujours. »

« Le terme Kurdistan n’est pas une infraction pénale »

L’avocat de la défense de Kutum, Mehdi Özdemir, déclare que le terme « Kurdistan » utilisé par son client ne constitue pas une infraction pénale et doit être apprécié dans le contexte de la liberté d’expression. « En termes historiques et sociaux, le terme Kurdistan est à la fois un nom géographique et un terme politique. Une enquête préliminaire et un mandat d’arrêt ultérieur pour l’utilisation de ce terme n’ont aucune base légale. Récemment, la polarisation s’est répandue en utilisant l’utilisation du terme Kurdistan comme un excuse. L’atmosphère politique dans une société polarisée, l’utilisation de la langue qui divise et le traitement discriminatoire de l’identité kurde et du terme Kurdistan sont de plus en plus pointus. L’arrestation de mon client pour des expressions non punissables est illégale. »