« Les sociétés et les économies obtiennent de meilleurs résultats lorsque les femmes occupent des postes de direction », écrit l’agence kurde ANHA qui cite un nouveau rapport de l’ONU, soulignant la très faible présence des femmes aux postes de direction à travers le monde.
Un nouveau rapport d’ONU Femmes et du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DAES) tire la sonnette d’alarme : les sociétés et les économies obtiennent de meilleurs résultats lorsque les femmes occupent des postes de direction. Pourtant, les institutions destinées à promouvoir l’égalité des sexes s’affaiblissent à un rythme inquiétant.
Intitulé Gros plan sur l’égalité des sexes 2026 (Gender Snapshot 2026), le document souligne que les avancées dans plusieurs domaines du Programme de développement durable à l’horizon 2030 – paix, éducation, réduction de la pauvreté et action climatique – sont étroitement liées à un réel pouvoir de décision des femmes. Mais ces gains sont aujourd’hui menacés.
Un recul institutionnel et financier marqué
Selon le rapport, un mécanisme institutionnel sur trois en faveur de l’égalité des sexes a vu son mandat s’affaiblir au cours des deux dernières années. Environ un sur quatre a subi des coupes dans son budget de fonctionnement, et près d’un sur dix a perdu tout contrôle sur ses finances. Le financement dédié à l’égalité des sexes est tombé à son niveau le plus bas depuis 2021, les organisations de défense des droits des femmes étant les plus durement touchées. Dans le même temps, 42 % des entités des Nations Unies signalent un affaiblissement de leurs propres efforts en la matière.
Des inégalités de pouvoir encore massives
Les chiffres de la représentation restent éloquents :
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Six pays sur sept sont dirigés par des hommes.
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Les hommes occupent près de 90 % des postes de ministres de la Défense et plus de 80 % des postes de ministres des Finances.
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Les femmes n’occupent que 6 % des postes de direction générale (CEO) dans le monde.
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Elles dirigent moins de 20 % des plus hautes instances judiciaires.
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Dans certains pays, jusqu’à huit candidates sur dix à une fonction publique sont confrontées à des violences dans la vie publique.
« Les données sont sans équivoque : lorsque les femmes dirigent, les sociétés sont plus fortes, les économies plus résilientes et les résultats s’améliorent pour toutes et tous. Pourtant, tant que le pouvoir restera concentré dans des institutions qui excluent systématiquement les femmes, les sociétés ne pourront pas exploiter pleinement leur potentiel. L’égalité sans pouvoir n’est pas une égalité du tout », a déclaré Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU Femmes.
De son côté, Li Junhua, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires économiques et sociales, a insisté : « Au rythme actuel, l’égalité des sexes n’est pas pour demain. Il faudra encore 171 ans. Investir dans l’égalité, les institutions et les systèmes statistiques qui garantissent la responsabilité n’est pas une dépense : c’est le moyen le plus rapide de renouer avec la promesse du Programme 2030. »
Un appel à inverser la tendance
Le rapport appelle explicitement à mettre un terme au recul en matière d’égalité des sexes et à œuvrer pour un partage plus équitable du pouvoir. Cela implique de renforcer le financement des institutions dédiées, de protéger l’espace civique et les organisations de femmes, et de garantir aux femmes une voix égale dans les décisions politiques, économiques, sécuritaires et technologiques.
Publié à la veille de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, ce constat intervient à un moment charnière pour le multilatéralisme. Alors que l’ONU s’apprête à choisir son dixième Secrétaire général – une fonction jamais occupée par une femme en 80 ans d’existence –, le message du rapport est clair : aucune vision crédible de l’avenir ne peut se construire sans un partage réel du pouvoir entre les femmes et les hommes.