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Hommage à Ferda Cemil Pacha et Nadir Nadirov

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PARIS – L’Institut kurde de Paris rend hommage à la féministe et mécène Ferda Cemil Pacha et au professeur et scientifique Nadir Nadirov, deux figures éminentes kurdes qui nous ont quittés en août dernier. 

Voici l’hommage de l’Institut kurde de Paris: 

« Décès de deux personnalités éminentes du monde kurde : Ferda Cemil Pacha, le 31 août à Istanbul et le professeur Nadir Nadirov, le 24 août à Almaty au Kazakhstan.
 

Figure de la société civile et de féminisme au Kurdistan, Ferda Cemil Pacha était aussi une mécène et une entrepreneuse pionnière qui a contribué à la reconstruction du Kurdistan.  Ce sont ses entreprises qui ont construit notamment les bâtiments de Ministère de la Culture, du Ministère de l’Intérieur, de l’Académie de police et plusieurs hôpitaux à Erbil.  Militante engagée dans l’humanitaire, elle était distinguée et récompensée par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour ses nombreuses initiatives dans l’accueil des réfugiés iraniens, afghans et plus tard Kurdes irakiens en Turquie. Parallèlement à ses activités professionnelles elle a continué des actions d’aide et de solidarité en faveur des réfugiés kurdes syriens et yézidis accueillis au Kurdistan irakien.  Proche partenaire de l’Institut, elle a été de 2007 à 2012 directrice des bureaux d’Erbil de notre chaîne culturelle kurde KURD1 et à ce titre très appréciée des artistes et intellectuels locaux.

Son parcours est à l’image des vicissitudes de l’histoire kurde au XXème siècle.  Elle est née en 1951 à Damas, en exil, dans une famille aristocratique kurde qui a joué un rôle de premier plan dans le mouvement national kurde dans les années 1910-1930.  Son arrière- grand-père, Cemil Pacha, était un haut dignitaire ottoman qui a été notamment gouverneur du Yémen.   Ses enfants, éduqués dans les meilleures écoles d’Istanbul et de Suisse, sont devenus des nationalistes kurdes militant, au lendemain de la Grande Guerre, pour la création d’un Kurdistan indépendant.  Après la victoire de Mustafa Kemal, ils ont dû quitter leur ville de Diyarbakir et s’exiler en Syrie, placée alors sous le mandat français, où ils ont poursuivi leur combat pour la cause kurde.

Tous leurs biens ont été confisqués.  Ce n’est qu’au début des années 1970 qu’à la faveur d’une éphémère période de libéralisation du régime turc que certains membres de leur famille, dont le père de Ferda, ont été autorisés à revenir en Turquie.  C’est ainsi à Diyarbakir que Ferda a pu terminer le lycée avant d’aller poursuivre des études de biologie à l’université Haceteppe d’Ankara qu’elle a achevées avec succès en 1980.  Son activité militante en faveur de la cause kurde et du féminisme, engagée pendant ses années d’université, poursuivie sous la dictature militaire dans la clandestinité, a continué jusqu’à sa mort prématurée à l’âge de 70 ans, dans un hôpital d’Istanbul.

Polyglotte, parlant couramment outre le kurde et le turc, l’arabe, l’anglais et le persan, généreuse et solidaire, elle était aimée et respectée au Kurdistan et parmi les démocrates turcs et syriens et au-delà parmi les nombreux occidentaux, dont français, passant par Erbil qui ont croisé son chemin.

Ses obsèques ont eu lieu le 2 septembre dans sa ville bien-aimée de Diyarbakir dans la cour d’honneur du Palais Cemil Pacha qui était leur résidence et que sa famille a offert à la Mairie de Diyarbakir qui en a fait un musée.

 

« LE MARECHAL DU GAZ ET DU PETROLE »

Le Professeur Nadir Nadirov était la figure la plus connue des Kurdes de l’ex-URSS symbolisant, à travers son parcours, le destin de sa communauté.

Né le 6 janvier 1932 dans le village Qirqac au Nakhitchevan, rattaché aujourd’hui à l’Azerbaïdjan, dans une famille originaire de Van ayant fui les persécutions turques, il connaît dès l’âge de 5 ans la déportation.  Sa famille, comme des dizaines de milliers de familles kurdes musulmanes du Caucase, est déportée par le régime de Staline vers l’Asie centrale.  Après un certain temps d’errance, elle s‘installe dans la ville kazakhe de Djambul.  Malgré des difficultés innombrables entravant l’éducation des enfants des déportés, il parvient à finir ses études secondaires.  Après la mort de Staline et la fin de son régime de terreur, la situation s’améliore et cet élève brillant est autorisé à aller étudier la chimie à l’université de Moscou. Il fait ensuite un doctorat en pétrochimie, puis en 1970 devient professeur d’université à Alma Ata, au Kazakhstan, plus tard académicien. Ses recherches, donnant lieu à la publication d’une trentaine de livres et plusieurs centaines d’articles scientifiques, lui valent plusieurs distinctions soviétiques et étrangères. On lui doit huit innovations techniques et plus de 200 patentes.  En 1993, il est nommé vice-président de l’Académie des Sciences du Kazakhstan et qualifié de « Maréchal du gaz et du pétrole » par le président kazakh de l’époque Kounaev.

Parallèlement à ses activités scientifiques, le professeur Nadirov qui, jeune étudiant de 23 ans, avait pu rencontrer à Moscou le légendaire leader kurde en exil, Mustafa Barzani, a poursuivi des activités d’abord en faveur de la bonne intégration des Kurdes au Kazakhstan, puis en faveur de la reconnaissance d’un statut pour la diaspora kurde en URSS et pour la prise en compte de la lutte de libération nationale kurde par la diplomatie soviétique.

En octobre 1989, il était venu à Paris à la tête d’une importante délégation soviétique participer à la conférence internationale sur les Kurdes organisée par l’Institut kurde et la Fondation France-Libertés au Centre de conférences internationales avec la participation de personnalités de 32 pays, dont un sénateur américain, des parlementaires britanniques, allemands… Son témoignage sur le sort des Kurdes en URSS, leur déportation, leurs épreuves), a été l’un des événements marquants de cette conférence qui a contribué à l’internationalisation de la question kurde.

A son retour, il a joué un rôle primordial dans la tenue à Moscou, en juillet 1990, d’une grande conférence, co-organisée par l’Institut du marxisme-léninisme du PCUS et l’Institut kurde de Paris. Près de 1400 délégués kurdes, venant de neuf républiques soviétiques et une vingtaine de dirigeants politiques et personnalités du Kurdistan ont participé à cet événement inédit dans l’histoire soviétique.  L’objectif officiel était la définition d’un statut pour les Kurdes de l’URSS.  Nadir Nadirov et une majorité de délégués demandaient la reconnaissance d’une autonomie culturelle incluant des droits linguistiques comme l’enseignement de la langue kurde à l’école, des émissions en kurde à la radio, etc. D’autres délégués demandaient aussi le rétablissement d’un Kurdistan autonome dans les territoires de Latchine et de Kelbajar situés entre l’Arménie et le Haut-Karabagh où de 1922 à 1929 avait existé un Kurdistan Rouge.  Des conseillers de président Gorbatchev qui assistaient à la Conférence ont plus tard reçu une délégation de la Conférence présidée par Nadir Nadirov.  Ils ont promis l’étude des diverses propositions de la Conférence. Mais l’effondrement de l’URSS quelques mois plus tard a emporté tous les projets.

Au lendemain de la Conférence, le conseiller pour la politique étrangère du président soviétique, Evgueni Primakov, devenu plus tard Premier Ministre, a longuement reçu les dirigeants kurdes irakiens présents à Moscou.  De l’avis des observateurs cette prise de contacts a eu un impact important sur la politique soviétique lors de la Guerre du Golfe et surtout lors de l’exode massif des Kurdes qui l’a suivie.  Contrairement à leur tradition, les Soviétiques n’ont pas opposé leur veto lors de l’adoption de la résolution 688 du Conseil de Sécurité, proposée par la France, autorisant la création d’une « non fly zone », une zone de protection au Kurdistan irakien, une zone qui a évolué vers l’actuelle Région du Kurdistan.

Gloire nationale au Kazakhstan, le professeur Nadirov est connu et respecté comme un savant patriote dans toutes les régions du Kurdistan et dans la diaspora kurde.  Son décès à l’âge de 89 ans a eu un large retentissement au Kazakhstan où l’ancien président Nazarbaev et son successeur le président Kassimov lui ont rendu hommage.  Les médias locaux, qui ont donné une large place à l’événement, ont aussi fait part des propositions de donner son nom à des institutions de recherche ainsi qu’à des rues ou à des places à Almaty et dans sa ville d’enfance Djambul.  Au Kurdistan, le président Nechirvan Barzani, son prédécesseur Massoud Barzani, le Premier ministre ainsi que les dirigeants des principaux partis politiques kurdes et des intellectuels ont publié des messages saluant sa mémoire, son œuvre et son attachement à la cause kurde.  Le président de l’Institut kurde et plusieurs de nos collègues ont participé à des programmes de télévision kurde rendant hommage au professeur Nadirov qui considérait notre Institut comme « Une ambassade de Kurdistan et de tous les Kurdes au cœur de l’Europe ».

Nadir Nadirov était marié à Mme Helima Amo, chimiste kurde qui, de son côté, a fait une brillante carrière universitaire. Outre ses publications professionnelles, elle a publié il y a quelques années, un livre de référence sur la cuisine kurde.  Leurs trois enfants restent actifs dans la vie culturelle et sociale des Kurdes d’Asie centrale. »

TURQUIE. Un enfant kurde tué par un blindé militaire turc à Şırnak

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TURQUIE / BAKUR. Mihrac Miroğlu, un enfant kurde de 7 ans, qui faisait du vélo dans le quartier d’İdil à Şırnak, est mort après avoir été heurté par un blindé militaire turc. Un crime ordinaire au Kurdistan colonisé.
 
Le Parti démocratique des peuples (HDP) a dénoncé les « accidents » mortels causés par les blindés militaires turcs dans les régions kurdes et a déclaré : Les morts impliquant les forces de sécurité et les véhicules qu’elles utilisent dans les provinces kurdes ne sont pas des accidents mais des massacres. Combien y a-t-il de massacres d’enfants, de femmes, de vieillards ? Ca suffit! (…) »
 
Selon le rapport sur les violations des droits de l’homme préparé en 2020 par la branche d’Amed de l’Association des droits de l’homme (IHD), 16 enfants sont morts dans 63 accidents impliquant des blindés militaires entre 2010 et 2020.

SYRIE. Les Kurdes du Rojava « ouvrent la porte aux négociations si Damas est prêt »

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SYRIE / ROJAVA – Suite aux déclarations du président syrien Bashar Hafez al-Assad concernant la décentralisation, la coprésidente du Conseil exécutif de l’AANES, Îlham Ehmed, a déclaré « si Damas est prêt, nous (…) ouvrons la porte aux négociations ».
 
Après le retrait des États-Unis et d’autres forces de l’OTAN d’Afghanistan et la prise par les talibans de villes à travers le pays en très peu de temps, la situation en Asie centrale a changé. Ce changement devrait également affecter particulièrement les pays du Moyen-Orient, où il existe des organisations qui ont une mentalité similaire aux talibans.
 
La Syrie, où la guerre dure depuis dix ans, mais aussi l’Irak sont des pays qui seront touchés. La Turquie a intensifié ses frappes aériennes dans le nord et l’est de la Syrie ces derniers jours et, pour de nombreux analystes politiques, la Turquie a profité des «développements» en Afghanistan, où l’attention du public s’est concentrée ces derniers jours.
 
En raison de l’augmentation des attaques, l’ambassade des États-Unis en Syrie a déclaré que les frappes aériennes turques dans le nord et l’est de la Syrie sont alarmantes, et elle a exhorté la Turquie à respecter la décision de cessez-le-feu.
 
« Les États-Unis sont profondément préoccupés par l’intensification des frappes aériennes et des bombardements dans le nord de la Syrie ces derniers mois, qui ont fait des dizaines de victimes civiles et de déplacements. Nous appelons toutes les parties à respecter le cessez-le-feu, à protéger les populations civiles et à œuvrer à une résolution politique du conflit, comme indiqué par la résolution 2254 de l’ONU », a-t-il déclaré.
 
Alors que les attaques se poursuivent – ​​malgré le cessez-le-feu – les déclarations du gouvernement syrien concernant la décentralisation ont également pris une importance accrue.
 
« La décentralisation permet un développement équilibré entre les différentes régions syriennes », a déclaré Bachar al-Assad le 14 août, lors d’une réunion avec le nouveau cabinet syrien. Il a ajouté qu’ « il y a maintenant une opportunité de passer de la centralisation à la décentralisation ». Une délégation américaine de haut rang aurait également participé récemment à des réunions dans le nord de la Syrie.
 
Figure clé de la région, la coprésidente du Conseil exécutif de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES), Îlham Ehmed, s’est entretenue avec l’ agence de presse Mezopotamya (MA) sur les récentes attaques de la Turquie, le rôle des États et la Russie, les déclarations d’Assad et d’autres développements dans la région.
 
« Il pourrait y avoir des attaques plus larges dans les prochains jours » de la part de la Turquie, a-t-elle déclaré, notant que « la stabilité dans la région est visée par la Turquie ».
 
Ehmed a déclaré que non seulement la Turquie mais aussi la Russie et les États-Unis sont également responsables des attaques car ils sont restés silencieux, malgré l’accord conclu entre ces pays.
 
« Cependant, la Turquie dit que, ‘Bien que j’aie passé un accord avec vous, je vais attaquer à nouveau.’ Dans l’accord avec les États-Unis et la Russie, la Turquie ne doit pas oser commettre ces attaques. Mais la Turquie invente des excuses pour les attaques. Des forces telles que les États-Unis et la Russie peuvent parfois utiliser la position agressive de la Turquie pour forcer l’Administration autonome et les forces du QSD à faire ce qu’elles veulent. C’est pourquoi nous ne considérons pas ces pays comme éloignés de ces attaques. La Russie, en particulier, en est responsable », a-t-elle déclaré.
 
Ehmed a noté que la situation actuelle en Syrie est basée sur un cessez-le-feu « mais cela ne signifie pas que la guerre ne recommencera pas ».
 
« Les affrontements ont repris à Deraa. De tels affrontements peuvent également avoir lieu à Idlib. Il peut également y avoir des manifestations à grande échelle sur les problèmes économiques dans les zones contrôlées par le régime syrien. Il peut y avoir des attaques dans notre région comme les attaques de la Turquie », a-t-elle déclaré, mais tous ces affrontements ne provoqueront pas une « grande guerre » dans le pays comme cela s’est produit dans le passé.
 
« Ils veulent que la Syrie reste dans une guerre froide. De cette façon, l’État syrien s’affaiblit progressivement. Il se désagrège de l’intérieur : au bout d’un certain temps, l’objectif d’établir une nouvelle administration en Syrie peut être renforcé. Cela pourrait passer par un accord général à Damas. Cette possibilité se démarque. Après toutes ces guerres, plus personne ne souhaite une grande guerre. »
 
Commentant la déclaration du président syrien Bachar al-Assad concernant la « décentralisation », Ehmed a souligné que la décision de renforcer la population locale et d’aller vers un système décentralisé avait en fait été prise en 2012 mais n’avait pas été réalisée.
 
« Si Damas veut des négociations, nous, en tant que Conseil démocratique syrien (MSD), ouvrons la porte aux négociations. C’est notre appel. La Syrie est en crise générale. Cela nous inclut, mais le régime syrien traverse le plus profond. Le régime en a besoin. Ce qu’ils font maintenant, c’est d’essayer de créer des tensions entre la gouvernance autonome et la société, et cela ne servira pas le régime. La meilleure façon pour le régime syrien est d’accepter cette réalité. L’existence des Kurdes est désormais indéniable. »
 
Ehmed a également abordé le débat sur le statut de la Syrie du Nord et de l’Est. « C’est aussi une question de constitution syrienne. Il doit être résolu avec la Syrie. L’ONU doit être directement impliquée. S’ils déclarent que l’AANES doit jouer un rôle dans la résolution de la crise syrienne, il n’y aura plus d’obstacles », a-t-elle déclaré.
 

KURDISTAN. La Turquie bombarde le camp de réfugiés de Maxmur

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Ce matin, des drones turcs ont frappé le camp de réfugiés kurdes de Makhmour (Maxmur) au sud-ouest d’Erbil (Hewler). Hier soir, la Turquie avait bombardé les Yézidis de Sinjar, tuant un combattant des forces yézidis (YBŞ) et blessant un autre.
 
L’armée turque a de nouveau bombardé le camp de réfugiés de Maxmur, reconnu par l’ONU, où 12 000 réfugiés kurdes, qui ont fui la violence turque dans les années 1990, y vivent depuis la fin des années 1990. A priori, il n’y a pas de victimes mais des dégâts matériels.

En juin dernier, l’ambassadrice des États Unis auprès de l’ONU, Linda Thomas-Greenfield avait déclaré que toute attaque contre le camp est « une violation du droit international et humanitaire ».
 

Il ne passe plus un jour sans que la Turquie bombarde les Kurdes du Bashur (Kurdistan d’ « Irak ») et ceux de Shengal, en toute illégalité, avec la complicité de l’OTAN et de la communauté internationale, ONU, Europe, Etats-Unis, etc.

 
Image: ANF

Documentaire: Filles du feu

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Filles du feu, documentaire suivant les femmes kurdes engagées au sein des YPJ qui ont participé à la défaite de DAECH / ISIS aux côtés de leurs camarades hommes des YPG, a été tourné en 2015 par le cinéaste Stéphane Breton. Arte le rediffuse jusqu’au 7 septembre prochain.

Si vous ne l’avez pas encore vu, c’est par ici le visionnage: Filles du feu

La lutte des femmes travailleuses du Kurdistan de l’Est

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IRAN / ROJHILAT – Dans les régions kurdes d’Iran condamnées à la pauvreté endémique, les femmes travailleuses luttent pour subvenir aux besoins de leurs familles alors que les mollahs iraniens et la société patriarcale les empêchent d’avoir leur autonomie économique.
 
Lorsque Mahnaz Amiri a décidé de se séparer de son mari il y a 12 ans, la responsabilité de subvenir aux besoins de ses enfants est tombée sur ses épaules.
 
Cette femme de 52 ans originaire de Sanandaj travaille comme tailleuse depuis plus d’une décennie pour subvenir aux besoins de sa famille et fait partie des plus de trois millions de femmes soutien de famille à travers le pays.
 
« Parfois, j’avais l’habitude de verrouiller la porte et de travailler secrètement par peur parce qu’ils [le gouvernement] ne me laissaient pas faire. Notre société ne nous soutient pas. Ils n’acceptent pas que nous soyons les soutiens de famille », a-t-elle déclaré.
 
Selon Nahid Tajadin, membre du comité social du parlement iranien, le nombre de femmes travaillant pour subvenir aux besoin de leurs familles a augmenté de 58 % au cours des 10 dernières années. Avec la propagation du coronavirus, beaucoup de ces femmes sont confrontées à des problèmes financiers et au chômage, aggravés par la stigmatisation sociale.
 
« Notre société ne nous soutient pas », a déclaré Amiri, ajoutant qu’en plus de travailler à l’extérieur de la maison pour subvenir aux besoins de leur famille, les femmes doivent également faire le ménage et s’occuper des enfants à la maison.
 
Bayan Nasrizar, 46 ans, a occupé plusieurs emplois au cours des 20 dernières années pour subvenir aux besoins de ses trois enfants, notamment en gérant un magasin où elle fabrique et vend des plats traditionnels.
 
« Je fais du kalana [un type de pain local] depuis trois ans. Je fais aussi des tartes. Je prépare également des plats kurdes traditionnels pour mes clients, notamment le doghawa [kofta], les légumes farcis et le hallaw [un plat à base de raisin et de viande] », a-t-elle déclaré. L’année dernière, elle a dû fermer sa boutique pendant trois mois à cause de la pandémie de coronavirus. Maintenant, ses ventes ont diminué.
 
C’est une vie difficile, mais elle est reconnaissante parce qu’elle est capable de subvenir aux besoins de sa famille. « Bien que mes revenus aient diminué, je suis heureuse car je ne dépends de personne » a-t-elle déclaré.
 
Les provinces kurdes de l’ouest de l’Iran ont toujours été aux prises avec un taux de chômage élevé, peu d’opportunités d’emploi en raison d’un manque d’investissement et d’une pénurie de services. Les femmes sont traditionnellement gardées à la maison, ce qui rend la situation doublement difficile pour celles qui ont besoin de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.
 
La militante des droits des femmes et chercheuse Bayan Azizi a déclaré que les femmes soutiens de famille sont confrontées à des défis importants, mais qu’elles constituent «l’un des éléments les plus importants de la société».
 
On pensait autrefois que seules les veuves avaient la responsabilité de subvenir aux besoins de leur famille. « Aujourd’hui, ce n’est plus vrai », a déclaré Azizi. Certaines ne sont pas mariées, d’autres sont mariées mais leurs maris sont partis travailler ou sont en prison.
 
Selon la militante, le nombre de femmes travailleuses est en augmentation.
 
« Nous avons fait des recherches dans la province du Kurdistan sur les problèmes des femmes soutiens de famille. En conséquence, nous avons découvert que 65% des problèmes de ces femmes sont financiers et que les petits prêts n’améliorent pas leur situation », a-t-elle déclaré. Le deuxième obstacle auquel ces femmes sont confrontées est les attentes sociales et sociétales concernant le rôle des femmes à la maison et à l’extérieur.
 

KURDISTAN. Trois filles se suicident après avoir subi le chantage d’une organisation criminelle

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Dans la ville kurde d’Erbil /Hewler, une organisation criminelle du nom « Govand » fait chanter des femmes et des hommes accusés de vivre dans le péché. Tout cela, au nom de la morale… Jusqu’à présent, au moins trois femmes victimes de Govand se seraient suicidées. 
 
L’information a été donnée sur Twitter par l’activiste kurde allias Aram qui déclare qu’au moins trois jeunes femmes se sont suicidées jusqu’à présent suite aux menaces et chantages émis par les membres de cette organisation criminelle.
 
Leurs méthodes consistent à faire chanter, à prendre ou à voler des photos nues/critiques de garçons/filles et à les forcer à avouer devant la caméra qu’ils se sont trompés, sinon les images sont rendues publiques écrit Aram.
 
Aram a publié de nombreuses photos (floutées) des victimes de Govand. Sur une des photos, on peut voir une jeune femme forcée d’embrasser les pieds de quelqu’un pour le pardon.
 
 
Aram déplore que le groupe criminel GOVAND publie les images des victimes sur Telegram où il y a d’autres groupes de même genre.
 
Le porte-parole de la police d’Erbil aurait déclaré que tant qu’il n’y a pas de plainte, ils ne peuvent rien faire. « Donc faire chanter, partager des photos nues et PRIVÉES d’une personne contre son gré n’est pas une raison d’agir », dit Aram qui ne cache pas sa colère vis-à-vis de la passivité des autorités kurdes d’Hewler.
 
Un autre activiste kurde sur Twitter, Diween Hawezy déclare que les victimes de Govand n’osent pas porter plainte, pour ne pas se retrouver au tribunal. Car, « cela signifie que leur famille devra être impliquée. C’est très peu attrayant pour les victimes d’emprunter cette voie, surtout s’il s’agit de victimes mineures. Surtout en raison des répercussions culturellement accentuées. »

TURQUIE. Un militant kurde en garde à vue est torturé depuis 9 jours

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TURQUIE – Le militant kurde Sonuç Gürdeğir subit la torture systématique depuis son arrestation à Istanbul le 24 août dernier, dit la branche de Diyarbakir (Amed) de l’Association des juristes libres (Özgürlükçü Hukukçular Derneği – ÖHD) qui cite les rapports médicaux confirmant que le prisonnier a été torturé.
 
L’avocat de Güdeğir a déposé une plainte pénale contre le personnel responsable d’actes de torture, de mauvais traitements (coups, insultes, empêcher le prisonnier de dormir en donnant des coups contre la porte de la cellule, en criant ou en diffusant de la musique à toute heure du jour et de nuit, le privant d’oreiller…). (Via l’Agence Mezopotamya)
 
Sonuç Gürdeğir avait été violemment arrêté par les policiers turcs dans un appartement à Istanbul et les médias turcs avaient qualifié Sonuç Gürdeğir, d’être un membre du PKK portant le pseudo Rodi Çevlik.
 

La Turquie et la Syrie contre le bureau de représentation du Rojava à Genève

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L’ouverture récente d’un bureau de représentation des Kurdes du Rojava* à Genève a mis en colère la Turquie et la Syrie qui ont appelé la Suisse à fermer le bureau en question. Genève très importante pour le Rojava car les pourparlers de paix pour la Syrie dirigés par l’ONU, auxquels l’administration kurde n’a pas été conviée à cause de l’hostilité de la Turquie, se tiennent ici. 
 
La Turquie a peur de l’ombre des Kurdes
 
Ayant colonisé la plus grande partie du Kurdistan, la Turquie ne tolère aucune présence officielle kurde dans le monde, certains de ses responsables disant qu’ils interviendraient même sur Mars si jamais les Kurdes y fondaient une quelconque organisation officielle… En ce sens, la convocation, par les autorités turques, du chargé d’affaires de l’ambassade suisse à Ankara ne surprend aucunement les Kurdes. Ils savent que la Turquie veut assimiler ou exterminer les Kurdes tôt ou tard, malgré la résistance acharnée des Kurdes. 
 
Bachar voit d’un mauvais œil les acquis des Kurdes du Rojava 
 
Le tyran syrien Bachar el-Assad s’accroche se plait encore à imaginer être le président d’un pays qui est divisé en trois depuis la guerre civile syrienne et dont une partie est dirigée par les Kurdes et une autre par les terroristes islamistes alliés à la Turquie, même s’il dirige la capitale Damas et la grande partie de la cote méditerranéenne, ainsi que d’autres région du sud et de l’est, grâce au soutien actif de la Russie et de l’Iran… C’est pourquoi, il a envoyé une note à Bern, exprimant son mécontentement devant l’ouverture d’un bureau kurde à Genève. 
 

La Suisse tente de calmer le jeu

En réponse à la colère turque et syrienne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a déclaré que le bureau kurde en question n’était pas une représentation officielle mais une association dont le nom complet est « Le bureau d’autonomie des régions du nord et de l’est de la Syrie en Suisse ». Ajoutant que la Suisse reconnaît l’ « intégrité territoriale » de la Syrie.

*L’Administration autonome du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est a des bureaux dans d’autres pays européens comme la France, l’Allemagne, la Suède et le Benelux.

Pourquoi Emmanuel Macron n’a-t-il pas visité Shengal?

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – L’administration yézidie de Shengal a critiqué l’annulation de la visite du président français Emmanuel Macron à Shengal, déclarant que les gouvernements irakien et kurde ont peut-être influencé cette décision.
 
L’Administration autonome du Shengal a déclaré que des changements importants sont en cours dans le monde et au Moyen-Orient et a suscité des inquiétudes quant à la situation des Yézidis et du Shengal. L’Administration autonome a rappelé les attentats génocidaires et les massacres auxquels les Yézidis ont été soumis au 21e siècle et a déclaré que la situation des Yézidis a été à peine débattue lors de la réunion à laquelle ont participé les pays de la région le 28 août.
 
L’administration autonome a qualifié les déclarations d’Emmanuel Macron de très importantes, et a déclaré : « Macron avait promis de visiter la communauté yézidie et Shengal. Pourquoi cette visite n’a-t-elle pas été faite ? »
 
L’Administration autonome soupçonne les gouvernements de Bagdad et Hewler d’avoir joué un rôle dans l’annulation de la visite de Macron à Shengal. « Tout le monde sait pourquoi Shengal n’a pas pu être reconstruit et qui a empêché le retour des déplacés. M. Macron a également pointé du doigt cette situation. Cependant, ce que Macron a dit ne doit pas rester une déclaration, il doit être mis en pratique. En particulier, l’État turc, qui cherche à évacuer Shengal des Yézidis par ses attaques, devrait être tenu pour responsable. Les droits des yézidis ne peuvent être garantis par des communiqués de presse. La communauté internationale devrait faire des efforts pour les droits des yézidis. »
 
L’Administration autonome a noté que les Yézidis dans les camps de réfugiés n’avaient pas été autorisés à retourner à Shengal depuis sept ans. « Notre peuple est maltraité dans les camps sous l’administration du PDK. Le 30 août, notre peuple du camp de Qadiya a été exposé à une attaque aérienne de la Turquie. Nous présentons nos condoléances aux familles des martyrs et souhaitons aux blessés un prompt rétablissement. »
 
L’Administration autonome a souligné que les médias et les institutions pro-KDP essayaient de légitimer cette attaque et a demandé pourquoi Asayiş (forces de sécurité locales) et d’autres institutions de sécurité n’ont pas protégé la population. L’Administration autonome a déclaré que le KDP a affirmé qu’il s’agissait d’une « explosion de mine » sans qu’aucune enquête n’ait été menée sur l’attaque dans le camp. L’Administration autonome a exhorté l’ONU et le gouvernement irakien à enquêter sur l’explosion et à révéler les résultats au public.
 
L’Administration autonome a ajouté qu’il est temps de retourner à Shengal et de construire un Shengal libre.
 

Ouverture des locaux de Botan International qui promeut le journalisme kurde en Turquie

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TURQUIE / BAKUR – L’ONG Botan International a ouvert un bureau d’éducation aux médias kurdes et un studio de son en partenariat avec Reporters sans frontières (RSF) à Diyarbakir (Amed), au Kurdistan du Nord. Dans un pays où les reporters kurdes passent plus de temps en prison que dans des locaux des médias, on espère que les journalistes formés par Botan International auront plus de « chance » dans leur travail d’information.
 
L’éducation aux médias kurde est interdite dans le système éducatif turc, mais il est légal d’organiser des ateliers et des séminaires. Botan International, la première institution kurde de formation aux médias établie dans l’histoire de l’État turc, propose une formation aux médias en kurde avec des séminaires et des ateliers, et publie des livres électroniques.
 
Botan International a organisé 5 ateliers en ligne sur les médias numériques kurdes et a tenu son premier atelier en face à face la semaine dernière.
 
Jusqu’à présent, Botan International a formé 75 jeunes journalistes, 50 femmes et 25 hommes.
 
Botan International a publié les notes des formateurs sous forme de livres électroniques, l’accessibles gratuitement. Le studio de son est gratuit et ouvert à tous les journalistes et organisations non gouvernementales.
 
Des journalistes kurdes de médias internationaux et turcs dont ceux de BBC, New Yok Times, DW, VOA, MA, The Guardian, Reuters, Gazete Duvar et Bianet ont partagé leurs techniques et expériences dans leur langue maternelle kurde lors de des ateliers.
 
 
RSF se félicite de l’ouverture des locaux de l’ONG Botan International qui promeut le journalisme kurde en Turquie et ajoute: « Un an après le lancement de l’organisation Botan International, soutenue par Reporters sans frontières (RSF), l’ouverture des locaux de l’ONG va permettre de renforcer le soutien aux journalistes kurdes dans la région. »
 

TURQUIE. Les mères du samedi exhortent l’État à faire la lumière sur les disparitions forcées

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TURQUIE / BAKUR – Depuis 1995, les proches des personnes (majoritairement des Kurdes) disparues/tuées par les forces paramilitaires ou la police turque réunis sous le nom de « Mères du samedi » organisent des veillées pacifiques et exigent qu’on leur rende leurs proches, vifs ou morts.
 
En 1995, les proches des disparus de forces ont créé l’Initiative des « Mères du Samedi » car ses membres étaient essentiellement les mères des disparus. Ces mères, dont certaines sont âgées de plus de 80 ans aujourd’hui, se réunissaient chaque samedi sur la place Galatasaray, à Istanbul. Elles demandaient qu’on leur rende leurs enfants, maris, parents disparus de forces après le coup d’État militaire de 1980 et l’état d’urgence des années 1990 dans les régions kurdes du pays. Leurs rassemblements pacifiques ont été interdits par le gouvernement dès le 25 août 2018, alors que les Mères du samedi célébraient leur 700ème rassemblement hebdomadaire. La police a attaqué la foule, blessé et arrêtés de nombreuses personnes dont une mère de plus de 80 ans.
 
Pour la quasi totalité des milliers de victimes des disparitions forcées, les familles ne savent pas ce que les disparus sont devenus. Sont-ils-vivants, morts, où sont leurs cadavres? Sans parler des auteurs des disparitions forcées qui jouissent de l’impunité totale…
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (İnsan Hakları Derneği – IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres par les paramilitaires (JITEM*) ont été signalés dans les régions kurdes de la Turquie.
 
Hier, la branche d’Istanbul des mères du samedi et de l’Association des droits de l’homme (IHD) ont commémoré la Journée internationale des victimes de disparitions forcées du 30 août.
 
Dans un communiqué, les deux organisations ont exigé que la Turquie signe et applique la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.
 
Le communiqué disait : « Même si elle est marquée par de lourdes brutalités, un deuil et une torture sans fin, notre histoire est en réalité une lutte pour la vérité et la justice contre l’oppression et le déni. Nous appelons les autorités judiciaires à mettre fin à l’impunité existante et à mener à bien les enquêtes et poursuites concernant les disparitions en détention. Nous appelons le gouvernement à signer et à mettre en œuvre immédiatement la Convention des Nations Unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.
 
Nous appelons les mécanismes nationaux et internationaux de protection des droits de l’homme à prendre des mesures contre les violations graves subies par les proches des disparus, en tant qu’exigence de leur objectif fondateur. »
 
* Qu’est-ce que le JITEM?
JITEM (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie) a été actif dans le conflit kurde en Turquie. Après le scandale de Susurluk, les anciens premiers ministres Bülent Ecevit et Mesut Yılmaz ont confirmé l’existence de JITEM.
Selon Murat Belge de l’Université Bilgi d’Istanbul, qui a rapporté avoir été torturé en 1971 par son fondateur, Veli Küçük, JITEM est une incarnation de l’Etat profond. En d’autres termes, il est utilisé par « l’Establishment » pour faire respecter des intérêts nationaux présumés, ainsi que par l’aile militaire de l’Ergenekon, une organisation nationaliste turque clandestine. En 2008, les dénégations officielles de l’existence de JITEM ont commencé à s’effondrer devant les tribunaux, comme en témoignent les anciens membres de l’appareil de sécurité « d’État profond » turc qui ont participé à des activités secrètes et illégales au cours des dernières décennies dans le cadre de l’enquête Ergenekon. (Wikipedia)