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Bego, écrire pour briser le tabou autour du génocide kurde de Dersim

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Entre 1837 et 1938, l’Etat turc a massacré plusieurs dizaines de Kurdes alévis dans la région de Dersim. Il a également déporté des milliers d’autres et fait adopter des fillettes kurdes par des familles d’officiers turcs pour les assimiler de force. Plus de 80 ans après les faits, la Turquie refuse toujours de reconnaitre ce génocide, comme elle l’a fait pour celui des Arméniens, Grecs, Assyriens… tous les peuples qui avaient la malchance de n’être ni turc, ni musulman sunnite… Pourtant, les descendants des rescapés de ces génocides tentent d’obtenir justice et réparation depuis des décennies.

Le père de Rose Polat Agum, Bego Polat n’avait que 10 ans quand les soldats turcs ont attaqué la région de Dersim et exterminé sa famille comme des milliers d’autres. Il a miraculeusement échappé à la mort certaine et, après une vie d’errance, a pu fondé une famille sur les terres arrosées du sang de son peuple. Des décennies plus tard, sa fille a voulu écrire l’histoire de son père, sa vie d’après le massacre pour laisser un témoignage aux générations futures et surtout pour qu’on n’oublie pas le génocide de Dersim* qui est un crime contre l’humanité, en attendant sa reconnaissance en tant que telle par la communauté internationale.

Le livre « Bego, Dersim 1938… et ensuite » a été publié d’abord en turc sous le titre « Bego-Dersim 1938 ve Sonrasi ». Vous pouvez commander sa version française auprès de l’autrice au 38 Grande rue, 77630 Barbizon, ou sur internet.

Rose Polat Agum

Le génocide de Dersim

Les politiques hostiles de l’État turc visant la province kurde de Dersim, depuis l’époque ottomane, ont atteint leur apogée en 1937 quand les Kémalistes ont massacré plus de 70 000 Kurdes alévis et en ont chassé 100 000 autres, réalisant le rêve que les Ottomans et les Unionistes n’avaient pas pu réalisé jusqu’alors.
 
Historien et chercheur kurde, Sedat Ulugana explique le contexte dans lequel le génocide de Dersim a eu lieu, en mettant en évidence la continuité d’une politique anti-Dersim de l’Etat turc héritée de l’empire ottoman. Un long reportage réalisé par Barış Balseçer: 
 
83 ans se sont écoulés depuis le génocide de Dersim. Selon les chiffres officiels, entre 1937 et 1938, 14 245 [Kurdes alévis] ont été tués lors du massacre, du nom du décret « Opération Tunceli Tenkil », publié avec la décision du Conseil des ministres du 4 mai 1937. Cependant, selon des chercheurs historiques et de nombreuses sources, environ 70 000 personnes ont été tuées lors du génocide, parmi lesquelles des enfants, des personnes âgées et des femmes. Nous avons parlé avec le chercheur-écrivain Sedat Ulugana du génocide de Dersim.
 
Quel genre de transformation politique les Ottomans ont-ils connu avant le génocide de Dersim? Quand on regarde ce massacre commis par les Kémalistes, est-il possible de dire qu’une inimitié historique a été perpétuée ?
 
Contrairement à d’autres endroits du Kurdistan, Dersim est une zone que les Ottomans ne pouvaient pas contrôler complètement jusqu’aux Tanzimat (« réorganisation » en turc ottoman – ère de réformes qui ont eu lieu entre 1839 et 1876). Dersim a un statut relativement indépendant par rapport aux autres émirats kurdes. Bien qu’il semble parfois être lié à l’émirat de Çemişgezek, Dersim était une région tribale et les Ottomans ne purent y entrer vraiment qu’au milieu des années 1800. Le processus des Tanzimat que l’histoire officielle turque nous offre comme «occidentalisation et modernisation» est en fait l’imposition d’une autorité centrale au Kurdistan. Avec ce processus, le transfert à Istanbul du capital accumulé chez les Mîrs (émirs) kurdes a été planifié et mis en pratique.
 
Dans le processus des Tanzimat, les Ottomans tentent d’établir une autorité à Dersim, mais quand on regarde le Kurdistan, c’est le seul endroit où les Ottomans ont échoué. De l’ère Abdülhamit aux Tanzimat, les tribus sont sévèrement punies. Immédiatement après ce processus, le projet des régiments «Hamidiye» a été lancé en 1892. En fait, de nombreuses tribus alévies kurdes de Dersim souhaitent également participer à ce projet. Parce qu’ils voient ce projet comme un «statut» et une «capitulation» pour eux-mêmes. Un autre nom de ce processus est «la paix de l’État et des tribus». Le processus des régiments Hamidiye est la paix de l’État avec les tribus. Donc les Tanzimat sont aussi un projet pour les Kurdes. Cependant, malgré toutes les demandes, aucune tribu kurde-kizilbash de Dersim n’a été inclue aux régiments Hamidiye [Les Hamidiés étaient des régiments de cavalerie légère de l’armée ottomane créé en 1891 et recrutés principalement parmi les tribus kurdes. Leur nom « Hamidiye » vient de celui du sultan Abdülhamid II]. On inclus dans le projet des régiments Hamidiye uniquement des tribus kurdes sunnites.
 
Les relations entre les tribus Cibran et Xormeks, limitées à Dersim, jouent un rôle très important pour Dersim. Dersim devint alors le refuge des tribus Kizilbash. En plein pillages des régiments Hamidiye, les tribus des Xormek et des Lolan de Varto pouvaient riposter contre les pillages effectués par la tribu Cibran.
 
Pendant l’İttihat Terakki (Comité Union et Progrès – CUP, en turc İttihat ve Terakki Cemiyeti) il y eu une certaine calme à Dersim. Surtout avec la dissolution des régiments d’Hamidiye et la sécularisation de la politique d’islamisation Abdulhamid accès sur le sunnisme, Dersim peut enfin respirer. Mais la période de détente a lieu pendant les premières années de l’İttihat Terakki. Par la suite, l’İttihat Terakki met en place la politique de « turquification ». A partir de 1913, l’Etat renoue avec les méthodes de l’époque d’Abdulhamid pasha. Avec la mise en oeuvre des politiques de turquification, l’Etat mettra sur sa liste Dersim qui faisait partie de quelques régions jamais soumises. C’est à dire que l’Etat a décidé qu’a Dersim, la pensée étatique devait prévaloir. Cette liste a été léguée aux Kémalistes après l’İttihat Terakki.
 
Dersim est l’un des endroits que le kémaliste Abdülhalik Renda, l’un des noms importants de l’époque, député de Çankırı, a cités dans ses rapports en 1926, « Il y a trois lieux de problèmes au Kurdistan ». Dersim fait partie de ces lieux cités par Renda. L’hostilité anti-Dersim du pouvoir ottoman citée dans ces rapports, se lège au régime des Tanzimat; Du régime Tanzimat à l’Ittihat Terakki; Il est passé du Comité d’union et de progrès et enfin aux Kémalistes. En 1937, les Kémalistes ont réalisé le rêve que les Ottomans et les Unionistes n’avaient pas pu réalisé jusqu’alors.
 
Dersim est situé au centre du Kurdistan, c’est le cœur du Kurdistan. C’est une région très difficile [du fait sa position géographiques montagneuse difficile d’accès] . En raison de l’incapacité de l’État d’y régner, Dersim devient un port où toutes les tribus des environs peuvent se réfugier, une base pour les Kurdes. Tout comme le Rojava est une base à la fin des années 1920, Dersim est un port interne pour les mouvements kurdes. L’État sait que les codes kurdes de Kizilbash étaient très forts à cette époque. Déjà, en regardant les lettres de Seyid Rıza, la forte revendication kurde est perceptible. Dans de nombreux rapports préparés au cours de cette période, Dersim a été déclaré comme le «centre du kurdisme». Conformément à ces informations, le régime kémaliste a décidé de disposer de cette base et a mis en œuvre le projet d’anéantissement complet des Kurdes.
 

Alors, peut-on dire que les tribus ont pris part à la résistance contre le massacre?

Certaines tribus ne participent pas à la résistance. Mais ce n’est pas seulement un cas spécifique à Dersim. Dans toutes les sociétés où le féodalisme est fort, il est extrêmement facile de profiter des conflits internes et d’activer la dynamique interne de ces sociétés. En fait, en s’en prenant à Dersim, on cible Seyid Rıza. Parce qu’il y a la lettre qu’il a envoyée à Sèvre en 1920. La raison pour laquelle Dersim est une cible est l’insistance de Dersim en kurdicité.

 
Quand nous regardons l’histoire officielle de l’État turc, on s’aperçoit qu’ils donne comme prétexte la rebelion comme étant la cause profonde des massacres qu’ils ont commis et en même temps, dans leurs discours, ils qualifiaient de «réactionnaires-féodaux», etc. afin de donner une justification légale au massacre. en ajoutant des discours. Pourquoi est-ce ainsi ?
 
Depuis la rebelion de Bitlis en 1914, jusqu’en 1938, l’État s’efforce de dépouiller toutes les révoltes et résistances kurdes d’une personnalité politique pour le revêtir d’un «déguisement judiciaire». Telle est la politique de l’État et cette politique a commencé avec le processus de rébellion de Bitlis en 1914. Ils ont codé le processus Bitlis comme « un soulèvement réactionnaire contre le régime constitutionnel ». Ils ont également fait témoigner les leaders des tribus et les notables arméniens dans ce sens. Le consul russe de Bitlis de l’époque le reconnaît. Lors de la rébellion de Şêx Said en 1925, une opération a été menée auprès de la presse, et en particulier, on a fait pression sur la presse pour qu’elle présente la rébellion comme étant «réactionnaire, une révolte pour la charia».
 
Pour la rébellion d’Ağrı, qui est intervenue entre ces deux rebellions, on ne peut trouver un tel alibi. Alors, on la qualifie d’ « agissement de gang » et d’ « incitation des États étrangers », et on accuse l’Iran et les Britanniques. Le terme de « pouvoirs extérieurs » d’aujourd’hui remonte en fait à cette époque. Pour Dersim, on a utilisé la qualification de «liquidation du féodalisme». Quand nous regardons le codage de toutes ces révoltes par le régime républicain, ils ont trouvé un alibi pour chaque rébellion afin de les vider de la kurdicité.
 
Les révoltes kurdes sont-elles connectées les unes aux autres?
 
Toutes ces révoltes et résistances kurdes entre 1914-1938 sont interconnectées. Il s’agit en fait d’un mouvement monolithique. Mais ce sont des projets que l’État a brisés; les empêchant de fusionner entre-eux. Lors de la Rébellion de Bitlis en 1914, si les instructions de Bedirxan avaient étaient attendues, c’est-à-dire si la rébellion avait éclate pendant la guerre, la Première Guerre mondiale aurait pu changer le sort de la rébellion. Cela aurait pu entraîner un résultat positif pour les Kurdes. Mais à cette époque, l’État a pris toutes les précautions pour qu’elle reste locale. L’État a arrêté les membres du clan Bedirxan, en a exécuté quelques-uns, en a exilé plusieurs et en a acheté certains.
 
On voit les mêmes motivations dans la rébellion de Şêx Said en 1925. C’est un calcul remarqué plus tard. Pour le pouvoir ottoman, c’est la revanche sur la rebelion de Bitlis. Cette année-là, Cibranlı Halit Bey avertit de ne pas tenter de soulèvement. Nous n’avons pas de documents, mais je pense que Cibranlı Halit Bey et Alişer se connaissaient, notamment sur la ligne Erzurum. Halit Bey est la seule personne de la tribu Cibran que les tribus Xormek et Lolan respectent . Si la rébellion de 1925 avait été dirigée par Cibranlı Halit Bey, il aurait pu réaliser les unités tribales kurdes et alévies, en particulier au sein du Dersim. Il existe également une telle possibilité.
 
Quel le degré de véracité quand on décrit le massacre de Dersim comme un massacre d’Alévis ?
 
Quand on regarde Tokat, Kastamonu, Bandırma, en dehors de la géographie du Kurdistan, par exemple, les codes alévis des Turcs sont plus radicaux que les codes alévis kurdes. En d’autres termes, le régime kémaliste n’a pas de problème avec l’alévisme tel quel. Par conséquent, il ne suffit pas de qualifier le massacre de Dersim de «massacre d’Alevis» seulement. La raison prédominante orientant l’État contre Dersim est qu’il est kurde. Et c’est le pouvoir que les Kızılbaş (Qizilbash, l’ordre soufi chiite des Safavides auquel certains des Kurdes alévies ont adhéré) ont ajouté à la kurdicité.
 
Quel est le nombre de personnes massacrées et déplacées à Dersim?
 
Étant donné qu’une ou deux personnes de presque toutes les familles ont été anéanties à Dersim, il s’avère qu’entre 70 et 80 000 habitants de Dersim ont été massacrés. Beaucoup de gens ont été tués par le typhus et le choléra dans les prisons où 50 personnes ont été enfermées dans des cellules pour 10 personnes. Il y a beaucoup de gens qui sont morts sur les routes de l’exil. Il y a ceux morts de faim. Cela signifie qu’au moins la moitié de la population de Dersim a été assassinée.
 
Mais les dirigeants kurdes ne pouvaient-ils pas voir un tel massacre ou l’attention de l’État?
 
C’était absolument prévu. Surtout chez les Kurdes après le génocide arménien de 1915, Il y a la suspicion de « Ce qui a été fait aux Arméniens pourrait-il nous arriver? » Quelques années plus tard, le massacre de Koçgiri arrive comme une réponse à cette suspicion. On se disait : « L’Etat fera des massacres, mais chez les Kurdes alévis ». Cette fois-ci, on s’est dit : « Le feront-ils aux Kurdes sunnites? ». 4-5 ans plus tard, dans le triangle Palu-Genç et Lice, lorsque les villages kurdes ont été incendiés, avec enfants, vieillards, femmes, il était devenu certain qu’on allait massacrer tous les Kurdes.
 
Après le massacre de Zilan en 1930, la géographie du Kurdistan a été sérieusement réduit en silence. Dersim connaissait très bien le massacre de Zilan en 1930. De toute évidence, ils en avaient peur. Mais les habitants de Dersim n’avait pas d’autre choix. Donc, quoi qu’ils fassent, l’État allait commettre ce massacre. On a réfléchi à la manière de prévenir le massacre et des mesures ont été prises pour l’empêcher. La phrase de Seyid Rıza qui aurait dit , «je viendrai me rendre, pourvu que vous n’attaquiez pas Dersim», et le fait que le massacre ait tout de même eu lieu est une indication que l’État ne voulait en aucun cas faire de compromis. A Dersim, le gouvernement veut liquider complètement celui qu’il considère comme un « bandit », « nuisible à la turquicité », et il le fait.
 
Quelle est l’attitude des autres États face à cela ?
 
Aucun Etat ne réagit. Des avions britanniques ont même été utilisés à Zilan. Certains documents ont été rendus publics. «Nos avions ont été utilisés lors de la rébellion d’Ağrı. Nous nous demandons les forces de manœuvre. Mais les Kurdes en ont abattus quelques-uns ». Les Britanniques ont donné des armes à l’État turc à cette époque et ont transformé le Kurdistan en laboratoire. Des documents indiquant que les gaz toxiques utilisés à Dersim appartiennent à l’Allemagne sont également apparus récemment. En dehors de cela, il y a des lettres envoyées par Seyid Rıza à l’Angleterre et à la France, mais ces pays n’entendent pas le cri de Dersim, ils bouchent leurs oreilles.
 
Je suis tombé sur la correspondance interne de la France à cette époque. «Dans ce processus, l’État kémaliste a tué tant de Kurdes à Dersim. Nous entendons cela ». Mais il n’y a aucun commentaire sur les documents. Ils prennent juste l’information, c’est tout. Je n’ai pas trouvé de déclaration condamnant les massacres. Mais surtout avant le massacre de Dersim, les Français ont empêché les Xoybunistes de venir depuis la frontière syrienne. En bloquant les frontières, ils ont apporté un soutien implicite à l’État turc.
 
Quelle est la raison principale du soutien international au Kémalisme?
 
En réalité, les kémalistes se sont en fait battus contre les Grecs, les Arméniens et les Kurdes. Il n’y a pas de combat avec des puissances européennes telles que les Français, les Britanniques, etc., comme le décrit l’histoire officielle. Le régime kémaliste a dominé l’Anatolie à cette époque, en échange de la cession de la province de Mossoul aux Britanniques et de la province d’Alep aux Français et de renoncer à d’autres terres au Moyen-Orient. Il a amélioré ses relations avec les bolcheviques. Les Russes ont abandonné le Kurdistan aux Kémalistes. En fait, il n’y a pas de victoire comme le prétend l’histoire officielle turque. Le sultan Vahdettin allant en Angleterre, le régime ottoman est devenu le régime kémaliste. Les limites sont les mêmes. Le seul changement aux frontières est l’inclusion d’Hatay en 1937 et l’annexion de Chypre en 1974.
 
Quand nous regardons le présent, nous voyons que la politique néo-ottomane est toujours menée par Erdogan et le bloc au pouvoir. Comment les Kurdes peuvent empêcher cette tentative d’occupation?
 
Surtout en 1920, il y a une conspiration internationale contre les Kurdes dans le cadre du traité de Sèvres. Les Kurdes doivent tenir compte du fait que cette conspiration sera répétée. La seule chose qui déjouera cette conspiration est «l’unité nationale».
 
Le rapport de Mustafa Abdülhalik Renda
 
Mustafa Abdülhalik Renda est l’une des rares personnes à connaître l’esprit de la rébellion kurde et à avoir étudié les révoltes kurdes. Ce sont des gens de Roumélie (la partie de la péninsule balkanique sous domination ottomane), du Comité de l’Union. Pendant leur séjour à Roumélie et dans les Balkans, ce sont les unionistes qui ont connu la guerre avec les insurgés des Balkans et ont lu le concept de rébellion de la littérature française sur le plan politique. Renda a été trouvée dans différentes parties du Kurdistan de 1913 jusqu’au milieu des années 1920. C’est une personne qui dit ne pas avoir digéré le « kurdisme » de son propre aveux, en parlant de la période allant de la rébellion de Bitlis qui a eu lieu en 1914 à la rébellion de Şêx Said en 1925. Le rapport qu’il a préparé en 1926 est important. Dans le rapport, «Il y a trois districts au Kurdistan. La première de ces régions est le mont Ararat et le ruisseau de Zilan; le deuxième est Sason et le troisième est Dersim ». Ils ont perpétré le massacre de Zilan en 1930. Ils ont perpétré un massacre à Sason en 1935. Ils ont perpétré le massacre de Dersim entre 1937 et 1938.
 
L’origine du Comité de l’Union
 
Quand on regarde toutes les révoltes kurdes, on voit que presque tous les commandants turcs qui ont organisé des massacres ou préparé des rapports étaient d’origine thracienne ou balkanique. Comment dois-je lire ceci?
 
Le lieu où le Comité d’union et de progrès a été créé n’est pas le territoire anatolien, c’est Roumélie. Ces personnes sont principalement des immigrants Roumélie. L’Armée du Mouvement, dont l’Union et les progressistes ont pris le commandement, est arrivée à Istanbul de Thessalonique. Cette équipe s’assure que tous les officiers des quartiers de Thessalonique et Roumélie arrivent à des postes clefs. En fait, ce sont ces cadres qui ont fondé la république kémaliste. En d’autres termes, tout en faisant la promotion du turc anatolien ou d’un officier d’origine kurde, arabe et albanaise promu capitaine; Le régime kémaliste – également lié au fait qu’Ataturk soit originaire de Thessalonique – garantit que les immigrants de Roumélie de l’armée montent jusqu’au grade de général. Ce fut le cas jusqu’aux dernières années.
 
Première; ce sont des Serbes, Bulgares, etc. islamisés. Ce sont des peuples des Balkans. En d’autres termes, ce sont des personnes issues de familles islamisées il y a plus de 100-200 ans. Il n’y a aucun autre endroit où ces gens peuvent aller. Ils voient l’Anatolie comme une patrie.
 
De Cevdet Sunay à Fevzi Çakmak, Salih Omurtak, Alpdoğan… Ces personnes sont des officiers de réserve diplômés en tant qu’étudiants militaires, bien avant le génocide de Dersim. Ce sont la génération prometteuse de l’Ittihat Terakki. Ces personnes avaient déjà appris comment le génocide pouvait se faire systématiquement. Cette génération a réalisé le génocide à Zilan en 1930, ils ont théorisé complètement le génocide. Par la suite, ils ont publié des livres éducatifs appelés «guides de recherche de passeurs et de bandits» dans les écoles de gendarmerie. Le but principal de ces livres est de savoir comment tuer des Kurdes et comment faire des massacres. Les directives ont été publiées entre 1930 et 1933. Ils ont été formés au massacre et au génocide dans les écoles de gendarmerie et d’officiers.
 
L’importance de Nuri Dersimi et d’Alişer
 
Quelle est l’importance de Nuri Dersimi et Alişer en termes d’histoire kurde?
 
Contrairement aux intellectuels kurdes, Nouri Dersimi est également un militant. L’anxiété intellectuelle est plus dominante quand on regarde Celadet Ali Bedirhan ou Memduh Selim. Nuri Dersimi est un homme de lutte, d’action. Plus que Seyid Rıza, je pense que Nuri Dersimi n’a pas agit indépendamment d’Alişer. Nuri Dersimi avait un lien politique important avec le Mouvement Xoybun qui était en Syrie. De même, dans son livre, il essaie d’exprimer qu’il a des réseaux de renseignement. À cette époque, nous voyons que le Xoybun existait sous forme d’organisation clandestine presque partout au Kurdistan. En ce sens, je pense que Nuri Dersimi est en fait l’un des rares cadres politiques de la Résistance de Dersim.
 
Un autre de ces cadres politiques est bien sûr Alişer. Alişer a une ambition. Dans sa lettre de 1920, il apparaît comme un acteur kurde ayant l’intention de porter le fardeau de tout le Kurdistan (avec les sunnites, les alévis et les Êzîdîs) et d’être leur dirigeant. Dans sa lettre, il dit: « J’ai parlé aux Russes au nom de 8 millions de Kurdes ». Quand on regarde la lettre qu’Alişer a écrite en 1920, on voit aussi qu’il a suivi attentivement les travaux de la kurdologie de l’époque.

 

*Des documents fuités en mai 2019 révélaient que le fondateur de la Turquie, Ataturk avait acheté des armes chimiques à l’Allemagne nazie (1937) pour les utiliser lors du massacre des Kurdes à Dersim. 

29 ans après son assassinat, Musa Anter fait encore peur à l’État turc

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TURQUIE / BAKUR – «Si ma langue maternelle secoue les fondations de ton État, cela signifie que tu as probablement construit ton État sur mes terres. »
 
Musa Anter, écrivain, poète, journaliste et activiste kurde persécuté pendant des décennies, a été tué par des paramilitaires turcs (JITEM) le 20 septembre 1992. Le gouverneur de Mardin a interdit tout événement dans la province de Mardin pendant 15 jours pour empêcher la commémoration qui se tiendra dans le village de Sitîlîlê (Akarsu) du district de Nusaybin où se trouve la tombe de Musa Anter. 29 ans après son assassinat, Musa Anter fait encore trembler le régime fasciste turc.
 
Musa Anter, alias Apê Musa (littéralement «oncle Musa» en kurde), était un écrivain, journaliste et intellectuel kurde important qui a été assassiné par le JITEM* turc en septembre 1992.

Anter, qui a écrit des articles dans le quotidien Ozgur Gundem et l’hebdomadaire Yeni Ulke, a été tué par balle à Diyarbakir. Attirés de son hôtel par un appelant qui lui a demandé de l’aider à régler un litige immobilier, Anter et un ami sont partis en taxi avec un inconnu, âgé entre 25 et 30 ans. Quand ils ont commencé à soupçonner qu’un piège était en train d’être tendu, ils ont exigé de sortir du taxi. L’homme qui les accompagnait est également sorti et, ayant marché devant eux, a commencé à leur tirer dessus avec un pistolet.

Anter a été touché par quatre balles et est décédé peu après. L’ami, touché par deux balles, a été grièvement blessé. Amnesty International a signalé qu’un pistolet de 9 coups de 9 mm avait été utilisé lors de l’attaque, qui aurait eu lieu en périphérie de la ville près d’un poste de police et d’un poste de contrôle de la circulation. Anter, qui ne vivait pas à Diyarbakir, visitait la ville pour signer ses livres lors d’un festival culturel.

Les principaux livres d’Anter sont :

  • Birina Reş – Blessure noire (1959)
  • Qimil – Punaise des bois (1962)
  • Ferhenga Kurdî-Tirkî – Dictionnaire kurde/turc (1967)
  • Hatıralarım I – Mes souvenirs I (1991)
  • Hatıralarım II – Mes souvenirs I (1992)
  • Vakayiname (1992)
  • Fırat Marmara’ya Akar – Euphrate coule vers le Marmara (1996)
  • Çinara Min – Mon platain (1999)

«Musa Anter, explique Me Jacoby, est un écrivain et un journaliste kurde de grande renommée qui ne peut absolument pas passer pour un extrémiste. Il était à Diyarbakir pour assister au Festival des trois cultures. On est venu le chercher à son hôtel sous prétexte d’un rendez-vous avec les acheteurs d’un terrain qu’il possédait dans la région et qu’il désirait vendre. Un ami, journaliste lui aussi, l’accompagnait. On les a emmenés en voiture dans le nord de la ville où ils ont été abattus. Musa Anter est mort et son ami, Orhan Miroglu, a été très grièvement blessé. Trois journalistes du journal local, «Diyarbakir aujourd’hui», alertés par téléphone par la police, se sont dirigés vers le lieu du crime. Ils ont croisé une ambulance, dont le chauffeur leur a conseillé de faire demi-tour, puis une voiture dont ils ont relevé le numéro et qui les a fait stopper. Il y avait à bord trois hommes en civil armés jusqu’aux dents. Ces hommes les ont braqués, puis deux d’entre eux sont monté dans leur voiture et les ont contraints, sous la menace de leurs armes, à suivre l’autre véhicule. Ils ont ainsi parcouru plus de 70 kilomètres en franchissant de multiples barrages de police qui laissaient passer les voitures sans problème. Les trois journalistes ont été tabassés et interrogés sans relâche; puis après avoir pris des consignes par talkie-walkie, leurs bourreaux les ont abandonnés sur le bord d’un chemin. Ils ont eu la vie sauve parce que le rédacteur en chef de leur journal est un ami très proche du super-préfet de la région.»

 
Car les trois braqueurs étaient évidemment des flics et la voiture, vérification faite grâce au numéro minéralogique, appartenait à la police. Il est clair que si les journalistes avaient travaillé pour le journal «Ozgur Gundem», comme Musa Anter et la plupart de leurs confrères assassinés, ils n’auraient pas eu le loisir de venir raconter leur histoire. Ils l’ont d’ailleurs fait, précise Me Jacoby, contre l’avis de leur rédacteur en chef, qui s’est contenté de publier le lendemain un appel aux autorités militaires pour qu’elles protègent ses journalistes. «Ce qui était le plus poignant, dit-elle, c’est que ces hommes, comme les autres témoins qui sont venus nous parler, nous disaient en partant qu’ils n’étaient pas sûrs d’être encore en vie le lendemain. Même les journalistes étrangers n’osent pas rester plus de quelques heures dans la région de peur d’un mauvais coup. Le stade de la torture et des arrestations arbitraires est largement dépassé. On en est à celui des escadrons de la mort.»
 

Humanité, septembre 1992.

*JİTEM : Organisation de renseignement de gendarmerie turque – Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele ou Jandarma İstihbarat Teşkilatı (JİTEM), était actif surtout dans dans les années 1990.

L’éducation comme clé de la révolution: au Rojava, la démocratie s’enseigne et s’apprend

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Comment apprend-on la démocratie quand on a été colonisé pendant trop longtemps ? La réponse kurde est l’éducation qui est devenue la clé de la révolution du Rojava.

Article rédigé par Müslüm Örtülü

L’éducation comme clé de la révolution : dans le nord et l’est de la Syrie, la démocratie s’enseigne et s’apprend

Comment apprend-on la démocratie ? C’est une question centrale pour la révolution du Rojava. La réponse est l’éducation, l’éducation et encore l’éducation. Une société qui a été colonisée pendant des décennies et n’a eu aucun droit de participation est soudainement confrontée au grand défi de développer son propre système démocratique par le biais des communes et des structures communales. Ce n’est pas un défi facile auquel les populations du nord et de l’est de la Syrie sont confrontées. Le processus est long, parfois marqué par de grandes difficultés et contradictions. Mais la volonté de construire leurs propres structures se fait sentir partout. Ces structures sont censées résoudre les problèmes sociaux, qui ne sont pas vraiment peu nombreux compte tenu de la situation de guerre actuelle. Bien sûr, la légitime défense est un pilier central de la reconstruction. Mais au cours des trois mois que j’ai maintenant passés dans la région, J’ai été témoin que l’autodéfense signifie bien plus que d’avoir des structures militaires puissantes. L’autodéfense la plus efficace est une société avec une conscience politique démocratique. Et la prise de conscience doit se faire à travers des activités éducatives collectives et diversifiées.

Dans son livre « Sociologie de la liberté », Abdullah Öcalan, le cerveau derrière la révolution du Rojava, plaide à plusieurs reprises en faveur de la construction de vos propres structures éducatives qui vont au-delà des structures existantes de pouvoir et de savoir. Pour lui, ces structures sont la pierre angulaire de la formation d’une « société politico-morale ». Selon Öcalan, l’éducation est une méthode centrale pour la société de transmettre les connaissances et l’expérience de la génération plus âgée aux plus jeunes. Mais l’éducation est un domaine contesté. Les États, en tant que représentants du système civilisé officiel, se sont également appropriés la méthode de la connaissance. Par le biais de leurs institutions éducatives, ils essaient d’utiliser les jeunes dans le sens de leur système. Öcalan appelle donc à la construction d’établissements d’enseignement, qui n’imitent en aucun cas les institutions éducatives de ce système de civilisation. Les établissements d’enseignement de la modernité démocratique doivent être des lieux où les enseignants et les apprenants peuvent apprendre les uns des autres et jeter ensemble les bases d’une société démocratique.

 

La vie collective selon les principes démocratiques

Voilà pour la théorie, mais comment tout cela est-il mis en pratique ? Dans le nord et l’est de la Syrie, les académies jouent un rôle central dans cet effort. Les « Académies pour une société démocratique » sont des lieux où la société est censée apprendre l’état d’esprit de la modernité démocratique. Ces académies se trouvent dans toutes les grandes villes. Ils ont été fondés en 2014, à l’époque sous le nom de `Akademiya Nûrî Dêrsimî`. La recherche et l’enseignement ont lieu dans ces académies. Les participants aux académies sont des membres de la société elle-même. Les structures communales et les organisations civiques peuvent proposer leurs membres pour participer aux formations. La durée des formations varie de quelques semaines à plusieurs mois. Ils se déroulent soit en arabe, soit en kurde. Dans ces éducations, les gens traitent de leur propre histoire, avec l’idéologie de l’État et avec les concepts de révolution. En plus de l’éducation elle-même, cependant, vivre ensemble est également un élément central. Les gens vivent collectivement et selon des principes démocratiques. Après chaque leçon, il est possible de critiquer les enseignants et de faire des suggestions d’amélioration. Les enseignants des académies évaluent également leur travail après chaque formation terminée et essaient de le développer davantage. Lors des congrès annuels des académies, l’ensemble des structures de travail est mis à l’épreuve. Par exemple, lors du dernier congrès, il a été décidé qu’à l’avenir il faudrait des unités éducatives à plusieurs niveaux. Dans la première étape, les participants apprennent à connaître les idées de la révolution et ses principes. Dans les prochaines étapes, les participants développent la conscience et les compétences nécessaires pour assumer des responsabilités de premier plan dans les structures sociales. Ainsi, les structures éducatives ne sont jamais figées. Des voies et moyens sont toujours recherchés pour améliorer le travail des académies et les adapter aux besoins de la société.

 

Construire vos propres structures éducatives

Les participants de chaque éducation ont des antécédents très différents. Ce sont des gens de tous les horizons de la société. Ce qui les unit, c’est la volonté de faire quelque chose pour leur société. L’intérêt des gens est grand. Ils posent des questions, participent à des discussions et partagent leurs idées et leurs réflexions les uns avec les autres. J’ai appris dans mes conversations qu’il y avait eu des doutes sur le travail des académies dans les zones arabes au début, surtout parce que les femmes et les hommes y participent. Ces préoccupations ont depuis été inversées. Un enseignant m’a dit à quel point les discussions sont enthousiastes sur l’éducation dans des villes comme Tebqa ou Raqqa. Et chez les femmes en particulier, la volonté d’apprendre et de se débarrasser des vieilles structures de pensée est immense.

 

Créer une nouvelle conscience démocratique est une tâche de longue haleine. C’est parce que le vieil état d’esprit « étatique » est omniprésent. Beaucoup de gens attendent des structures d’auto-administration qu’elles apportent des solutions aux problèmes de la société sans y voir leur propre responsabilité. Le système d’auto-administration est souvent mesuré par sa capacité à résoudre les problèmes économiques des gens. La possibilité d’une participation démocratique dans les structures de la municipalité au conseil municipal joue souvent un rôle secondaire. Apprendre que la recherche de solutions aux problèmes est une tâche collective et non celle d’une « structure de gouvernance » de quelque nature que ce soit est finalement un chemin long et difficile.

 

Dans le nord et l’est de la Syrie, cependant, les gens se sont engagés dans cette voie. Ils construisent leurs propres structures éducatives pour permettre à la société de suivre cette voie. Les « Académies pour une société démocratique » font partie de ces structures. Il y a aussi les académies des femmes, les universités, les formations des communes, les mairies, les partis politiques et les autres structures sociales. Au cours de mes conversations lors de mes déplacements dans la région, j’ai entendu maintes et maintes fois parler de l’importance de ces unités éducatives. Avant même la fin d’une éducation, les diverses structures sociales avec lesquelles j’ai été en contact sont déjà occupées à organiser la suivante. L’éducation fait partie de la vie quotidienne et est la pierre angulaire de la révolution. Ainsi, dans le nord et l’est de la Syrie, la démocratie est vraiment enseignée et apprise.

 

Article publié en anglais par Kurdistan Report

IRAN. Kolbarî ou la dignité bafouée des Kurdes pour un salaire de misère

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IRAN / ROJHILAT – Condamnés à une pauvreté étatique, des milliers de Kurdes du Kurdistan de l’Est sous domination iranienne travaillent comme kolbars (porteurs de charges) pour un salaire de misère dans les régions montagneuses entre l’Iran, l’Irak et la Turquie. En plus du travail éreintant et dangereux qu’ils effectuent en empruntant des chemins abrupts hiver comme été avec de la marchandise sur leur dos, les kolbars kurdes sont également victimes d’exactions commis par les gardes frontaliers iraniens et turcs (rappelez-vous le massacre de Roboski) et de la raquette extorquée par ces gardes frontaliers. La digité des Kurdes est bafouée encore une fois par leurs colonisateurs pour qui les Kurdes doivent s’assimiler de force ou disparaitre de la surface de la terre.

 

L’ONG kurde basée à Paris, Kurdistan Human Rights Network rappelle dans une vidéo publiée sur Facebook que pas moins de 70 000 Kurdes tentent de survivre grâce à la kolbarî malgré tous les dangers cités plus haut: 
 
« Des milliers de civils kurdes doivent travailler comme kolbars pour gagner leur vie dans les zones frontalières de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie.
 
Les Kolbars sont les personnes qui transportent différents types de marchandises sur leur dos ou utilisent parfois des mules à travers les frontières. Si les marchandises ne sont pas les leurs, ils reçoivent en échange un salaire insignifiant du propriétaire des marchandises pour ce travail dangereux et épuisant.
 
Selon des statistiques officieuses de mars 2020 à mars 2021, le nombre de kolbars dans les provinces frontalières occidentales est de plus de 70 000 personnes.
 
Les lois de la République islamique d’Iran considèrent le travail comme kolbar comme de la « contrebande ». Pour les marchandises de contrebande, selon leur nature et leur montant, des amendes et des peines d’emprisonnement sont prises en considération. Cependant, les forces de sécurité ciblent les kolbars indépendamment de la loi sur l’usage des armes à feu, sans avertissement préalable et à courte distance.
 
Selon les rapports officiels publiés par le gouvernement, les kolbars ne sont responsables que de 0,5% des marchandises qui entrent dans le pays par des voies non officielles. Les provinces frontalières occupent les derniers rangs pour divers indicateurs économiques. Un indicateur clé est le revenu par habitant, qui est bien inférieur à la moyenne nationale.
 
Kurdistan Human Rights Network (KHRN) est une organisation indépendante et à but non lucratif basée en France qui promeut les droits humains et la documentation des violations dans la région kurde d’Iran. »
 
 
Qui sont les kolbars et les kesibkar?
 
Kolber ou «Kolbar» est composé des termes kurdes – «kol» – le dos et «bar» – le fardeau. Les kolbars vivent du transport de charges au-dessus de frontières dangereuses. Ces produits sont principalement des cigarettes, des téléphones portables, des couvertures, des articles ménagers, du thé et rarement de l’alcool. Les kolbars utilisent ces moyens dangereux pour faire du commerce entre les différentes régions kurdes. Les marchandises sont vendues à des prix très élevés dans des centres commerciaux comme à Téhéran. Mais les kolbars qui risquent leur vie pour ce travail ne reçoivent qu’un salaire dérisoire.
 
Les kesibkar sont des commerçants qui voyagent de ville en ville pour trouver des acheteurs pour les marchandises qui ont été amenées à travers la frontière par les kolbars. Des personnes âgées de 13 à 70 ans se trouvent parmi les kesibkar. Certains n’ont qu’un diplôme d’études primaires mais d’autres un diplôme universitaire.

Conférence: La reconnaissance internationale du féminicide comme crime assimilable au génocide

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GENÈVE – Le 23 septembre 2021, le Mouvement des femmes kurdes en Europe, le Club suisse de la presse et la Fondation MAAT pour la paix coorganisent une conférence pour la reconnaissance internationale du féminicide comme crime assimilable au génocide à l’occasion de la 48e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui s’ouvre aujourd’hui et qui durera jusqu’au 8 octobre.
 
Asya Abdullah, cadre du Mouvement des femmes du Rojava (Kongra Star), deux jeunes femmes d’Afrin qui ont pu échapper aux gangs islamistes de la Turquie et d’autres militantes kurdes ainsi que Marion Böker, experte en droits humains et questions de genre, experte en questions féminines et Ann-Kristin « Anki » Sjöberg, co-directrice et fondatrice de Fight for Humanity prendront la parole lors de la conférence. 
 
En présentiel: 
Au Club de la Presse de Genève avec Certificat Covid
Domaine de Penthes
Chemin de l’Impératrice 18
1292 Pregny-Chambésy
 
et en ligne
Pour participer: inscrivez-vous ici
 
Voici l’annonce de la conférence faite par le Club suisse de la presse:
 
Le Club suisse de la presse – Geneva Press Club, en collaboration avec le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) et la Fondation MAAT pour la paix, le développement et les droits humains, a le plaisir d’inviter les journalistes et ses membres à un événement parallèle à la 48e session des Droits de l’Homme Conseil.
 
Modératrice:
 
Manuela Honegger
Fondatrice de Mhonegger Sàrl – Entreprise de Transformation-Design pour les institutions publiques, les ONG et les entreprises
 
Intervenantes:
 
Marion Böker
Experte en droits humains et questions de genre, experte en questions féminines.
 
Ann-Kristin « Anki » Sjöberg
Co-directrice et fondatrice de Fight for Humanity
 
Asya Abdullah
Membre de la coordination du Mouvement des femmes Kongra Star, qui rendra compte de la situation des femmes en particulier à Afrin et au Rojava (L’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est)
 
Des membres du Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E)
 
Deux jeunes femmes d’Afrin qui ont pu fuir les mercenaires djihadistes de la Turquie
 
Les crimes contre les femmes sont parmi les crimes contre l’humanité les plus courants. Nous assistons à une nette augmentation des meurtres politiques perpétrés par des États-nations, des forces paramilitaires et des entreprises d’État contre des femmes leaders politiques et communautaires dans le monde entier. Des militantes, des intellectuelles, des avocates, des journalistes, des artistes et des politiciennes progressistes sont visés en raison de leur rôle de premier plan dans la défense des valeurs démocratiques et égalitaires. Dans ce contexte, il est important que nous comprenions la politique du féminicide comme une guerre systématique contre les femmes et que nous la reconnaissions comme telle. Le fait que le féminicide ne soit toujours pas reconnu comme un crime contre l’humanité signifie que les États et les dictateurs n’ont pas peur d’être tenus pour responsables. Tant que le féminicide n’est pas traité comme un crime contre l’humanité, il ne sera pas possible de contester véritablement les attaques contre la société telles que le génocide. Il est temps de traduire ces crimes en justice au niveau international et de demander des comptes aux défenseurs des régimes oppressifs pour le meurtre systématique de femmes.
 
Partout dans le monde, il y a des actes continus de résistance contre la domination du corps féminin et contre le harcèlement et le viol. Beaucoup demandent des comptes pour le massacre des femmes et pour le mépris et l’abus de leurs droits. En 2020, le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) a lancé une campagne pour la poursuite du président turc Recep Tayyip Erdogan. La campagne « 100 raisons de poursuivre Erdoğan pour sa politique féminicide » (https://100-reasons.org/), est soutenu par 70 mouvements de femmes dans plus de 15 pays. Dans la première phase de la campagne, plus de 200 000 signatures ont été recueillies en soutien. La première phase a sensibilisé, organisé des événements et des actions conjointes, permis la mise en réseau internationale et lancé des initiatives juridiques avec des avocats. Les preuves des 100 études de cas représentatives de la campagne visant à exposer les politiques féminicides de l’État turc seront officiellement remises à l’ONU.
 
La deuxième phase de la campagne sera lancée avec un panel lors de la 48e session du CDH pour lancer le processus de reconnaissance internationale du féminicide en tant que crime contre l’humanité au même titre que le génocide. Cet événement parallèle se concentrera sur deux affaires: La première concerne l’assassinat de trois militantes politiques kurdes, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez, à Paris par les services secrets turcs [MIT] le 9 janvier 2013. La seconde concerne le féminicide systématique contre les femmes kurdes commis par des mandataires djihadistes du régime d’Erdogan dans la ville d’Afrin occupée par la Turquie, dans le nord et l’est de la Syrie. Au quotidien, les femmes kurdes d’Afrin sont torturées, violées et kidnappées. Ces crimes ont été documentés dans des rapports de l’ONU.
 
Seront débattus lors de cet événement:
 
-Les meurtres de trois militantes kurdes à Paris en 2013
-Féminicides et autres crimes de guerre commis à Afrin depuis l’invasion par les forces turques et leurs milices par procuration en 2018
-Mise en réseau et coopération internationales pour reconnaître internationalement le féminicide et y mettre fin
 
Pour plus d’informations
Mouvement des femmes kurdes en Europe
 
Inscription pour participer en ligne ou en présentiel (uniquement avec Certificat Covid – Pass Covid)

Conférence: Apartheid et violence systématique contre les minorités ethniques et religieuses en Iran

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BRUXELLES – En Iran, hormis les « Perses », tous les groupes ethniques et religieux sont discriminés et subissent une assimilation forcée. Exécutions, emprisonnements, interdictions relatives à la langue/culture kurde, pauvreté imposée… les Kurdes du Rojhilat (Kurdistan de l’Est sous domination iranienne) sont les plus grandes victimes de cette guerre d’assimilation/extermination menée par les Mollahs iraniens depuis des décennies. Mais, curieusement, on en parle très rarement d’eux en Occident. Alors, une fois n’est pas coutume, le 26 septembre prochain, ancien prisonnier politique kurde, membre de Bureau kurde défenseur des droits humains et interprète bénévole pour les réfugiés kurdes en Belgique, Zarali Nikrawesh parlera en détail de l’apartheid et la violence systématique subis par les minorités ethniques et religieuses en Iran.
 
La conférence aura lieu au Bureau Kurde de Liaison et d’Information de Bruxelles.
Accès libre, dans la limite des places disponibles

Pour contacter le Bureau kurde, appelez au +32 (0)2 219 80 60
 
RDV le 26 septembre 2021, à 16 heures
Adresse : Bureau kurde
Quai aux Pierres de Taille, 11
BRUXELLES
 

CDK-F: Défendre le HDP, c’est défendre la démocratie et la liberté contre le fascisme turc

PARIS – Alors que le régime turc s’apprête à dissoudre le parti HDP, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) demande à la France et à l’Union européenne de « faire pression sur le régime d’Erdogan pour empêcher la dissolution d’une des rares forces démocratiques qui existe encore en Turquie. »
 
Voici le communiqué du CDK-F:
 
Défendre le HDP, c’est défendre la démocratie et la liberté contre le fascisme turc
 
Craignant sa propre chute, la coalition islamo-fasciste au pouvoir en Turquie tente de faire interdire le Parti démocratique des Peuples (HDP) qui représente une troisième voie et un espoir pour les peuples. Le HDP est ainsi sous le coup d’une procédure de dissolution basée sur des accusations factices. L’alliance formée par l’AKP (Parti de la Justice et du Développement) et le MHP (Parti d’Action nationaliste) a transformé la Turquie en une prison ouverte. Tous les opposants, toutes celles et ceux qui osent exprimer des opinions différentes de celles admises par le régime turc sont réduits au silence par la répression, la violence et les massacres. Pour ce faire, l’Etat turc utilise les méthodes les plus dictatoriales et les plus abjectes, foulant aux pieds le droit et la morale.
Des milliers de membres du HDP emprisonnés
Plus de 10 000 membres du HDP ont été arrêtés jusqu’à présent, dont de nombreux dirigeants et élus nationaux et locaux. 125 678 personnes ont été licenciées par décret à travers le pays ; 6 432 femmes sont mortes à la suite de violences masculines et 1 532 personnes ont été la cible d’exécutions extrajudiciaires. 15 agences de presse, 20 chaînes de télévision, 25 stations de radio, 70 journaux, 20 magazines et 29 maisons d’édition ont été interdits. 1767 clubs, fondations, syndicats et associations ont été fermés. Au total, 822 universitaires ont été poursuivis pour avoir signé un « Appel à la Paix ». 456 275 personnes ont fait l’objet d’une enquête pour « appartenance à une organisation terroriste armée ». 294 000 personnes sont en détention provisoire ou en réclusion dans 355 établissements pénitentiaires. Parmi elles, se trouvent 11 000 femmes et 3 100 mineurs. 780 enfants sont détenus dans des prisons avec leur mère. Selon un rapport publié le 20 janvier 2020, 197 journalistes, correspondants et rédacteurs ont été détenus en 2019. 8 803 enquêtes ont été lancées concernant des commentaires sur les réseaux sociaux, et 831 personnes ont été arrêtées pour ces mêmes faits. Selon un rapport de la Fédération pour la liberté d’expression (IFOD), rien qu’en octobre 2019, l’accès à 36 216 sites web a été bloqué.
Malgré toute la répression, les violences et les arrestations, le HDP reste la voix de tous ceux qui sont marginalisés et réprimés par le gouvernement, la seule voix à ne pas avoir capitulé face au fascisme. C’est pourquoi l’alliance islamo-nationaliste turque veut interdire le HDP et le réduire au silence. Le régime veut priver la société de ses pionniers et perpétuer son fascisme. Les massacres racistes de Konya et d’Izmir ont clairement démontré que le gouvernement turc est prêt à utiliser les méthodes les plus sales dans les politiques dirigées contre le HDP et contre les Kurdes.
Défendre le HDP, c’est défendre la démocratie
Le HDP est attaqué parce qu’il est la voix et le parti de celles et ceux qui veulent l’égalité et la liberté. Toute personne au Kurdistan et en Turquie risque de subir l’oppression du régime en raison de ses croyances, de ses préférences, de ses opinions politiques ou de son mode de vie.
Défendre le HDP, c’est défendre la liberté et la démocratie. Par conséquent, chacun doit élever la voix de la démocratie contre le fascisme et être solidaire du HDP.
Le CDK-F appelle toutes les personnes, organisations et partis attachés à la démocratie et aux libertés à soutenir le HDP contre la répression et les menaces de dissolution.
Nous appelons la France et l’Union européenne à faire pression sur le régime d’Erdogan pour empêcher la dissolution d’une des rares forces démocratiques qui existe encore en Turquie.
Conseil Démocratique Kurde en France

Le Comité des Ministres du CEDH exhorte la Turquie à libérer Demirtaş et Kavala

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Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe chargé de surveiller la mise en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rendu ses décisions concernant le politicien kurde Selahattin Demirtaş et le mécène Osman Kavala, qui n’ont pas été libérés malgré les jugements de la CEDH.
 
Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a décidé d’attendre la libération d’Osman Kavala avant d’imposer des sanctions à la Turquie ; il a également prolongé le délai accordé au gouvernement pour Demirtaş jusqu’au 30 septembre.
 
Le Comité des Ministres a une fois de plus déclaré que l’ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) Selahattin Demirtaş et Osman Kavala devraient être libérés conformément aux décisions de la Cour européenne des droits de l’homme.
 
Benan Molu, avocate de Selahattin Demirtaş, a annoncé les décisions du Comité des Ministres de CEDH concernant Demirtas et Kavala:
 
« Le Comité des Ministres a de nouveau demandé la libération de Demirtaş et l’annulation de sa condamnation. Il a noté que la peine d’emprisonnement de 4 ans et 8 mois pour propagande [ terroriste ] visait à maintenir Demirtaş en prison et à empêcher sa participation à l’élection.
 
Le Comité a demandé l’annulation de sa condamnation par la cour d’assises d’Istanbul et la clôture de la procédure pénale pendante devant la 22e cour d’assises d’Ankara, ainsi que la suppression de toutes les autres conséquences négatives de l’amendement constitutionnel.
 
Le Comité, à la lumière de l’arrêt de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme, a donné au gouvernement jusqu’au 22 juin pour présenter un plan d’action. Même si le gouvernement n’a pas demandé de délai supplémentaire, il a donné du temps au gouvernement jusqu’au 30 septembre car il n’a pas présenté le plan.
 
La décision du Comité et la note du secrétariat sur Demirtaş peuvent être consultées ici. La prochaine réunion du Comité des Ministres se tiendra du 30 novembre au 2 décembre.
 
Le Comité des Ministres a également réitéré sa demande de libération d’Osman Kavala. Une procédure d’infraction devait être déclenchée lors de cette session ; cependant, le Comité des Ministres a décidé d’attendre la libération de Kavala jusqu’à sa session de décembre. »
 
Arrêts Kavala et Demirtaş
 
La Cour européenne des droits de l’homme a jugé le 10 décembre 2019 qu’en maintenant Kavala en détention provisoire depuis novembre 2017 et en le poursuivant sur la base de ses activités en faveur des droits humains, les autorités avaient « poursuivi un objectif inavoué, à savoir le faire taire en tant que défenseur des droits humains. »
 
De même, la Cour européenne des droits de l’homme a décidé le 22 décembre 2020 qu’en maintenant l’ancien coprésident du HDP Selahattin Demirtaş en détention provisoire depuis novembre 2016 et en le poursuivant pour des activités et des discours protégés par la Convention européenne des droits de l’homme, les autorités turques ont cherché à l’empêcher de mener ses activités politiques.
 
La Cour européenne des droits de l’homme a conclu que cette situation privait les électeurs de leur représentant élu, et avait pour conséquence « d’étouffer le pluralisme et de limiter la liberté de débat politique : le cœur même du concept de société démocratique ».
 
Dans les deux cas, le tribunal a estimé qu’en utilisant la détention à des fins politiques, la Turquie avait violé les droits de Kavala et Demirtaş, y compris le droit à la liberté, et avait abusé du pouvoir discrétionnaire accordé aux gouvernements d’imposer des limitations légitimes aux droits (articles 5 et 18 de la CEDH respectivement). Le tribunal a pris la rare mesure d’ordonner la libération immédiate de Demirtaş et Kavala.
 
Cependant, le politicien Selahattin Demirtaş est derrière les barreaux de la prison d’Edirne depuis le 4 novembre 2016 et le défenseur des droits et homme d’affaires Osman Kavala est derrière les barreaux de la prison de Silivri à Istanbul depuis le 1er novembre 2017.
 

«S’il n’en reste qu’une», roman de Franceschi rendant hommage aux combattantes kurdes sélectionné pour le Prix Goncourt

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PARIS – Après le prix Prix Lorientales 2021 décerné à l’écrivaine dano-kurde Sara Omar pour son roman La laveuse de mort, y aura-t-il un Prix Goncourt 2021 pour le roman « S’il n’en reste qu’une » de Patrice Franceschi, ayant comme héroïnes les combattantes kurdes des YPJ? En effet, « S’il n’en reste qu’une » est parmi les 16 livres sélectionnés pour le prix Goncourt 2021.
 
Nous avions demandé l’avis de nos abonnés sur le roman « S’il n’en reste qu’une », publié par les éditions Grasset en août 2021, qui rend hommage aux femmes kurdes des YPJ. Hormis un seul avis négatif, tous les autres étaient enthousiastes. Et devinez qui nous a écrit pour faire l’éloge de ce nouveau roman de Patrice Franceschi ? Kewê Tékoşîn, une jeune française qui avait rejoint les YPJ pour combattre DAECH / ISIS en Syrie et qui avait adressé une lettre ouverte à Madame Brigitte Macron, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, pour lui faire connaître l’engagement des forces kurdes au Moyen-Orient. Elle dit que le roman « Mourir pour Kobané » de Franceschi a été à l’origine de son engagement au sein des forces kurdes en Syrie.

Nous partageons avec vous son message:
 
« Après « Mourir pour Kobané », récit de son engagement auprès des Kurdes de Syrie depuis le début de la guerre (et qui a été à l’origine de mon engagement au Rojava) et « Avec les Kurdes : ce que les avoir abandonnés dit de nous », un essai coup de poing, Patrice Franceschi vient de publier un magnifique roman sur les combattantes : il s’appelle « S’il n’en reste qu’une » (éditions Grasset) et vient d’être retenu dans la sélection du prix Goncourt.


Ce livre poignant, dont l’histoire est imaginée de bout en bout mais exprime si bien la quintessence de l’âme des combattantes, raconte l’histoire d’une journaliste australienne, Rachel, qui part enquêter au Rojava pour éclaircir le mystère qui entoure une des tombes du cimetière de Kobané, où reposent tant de filles et de garçons morts pour la liberté face à Daech. Dans cette tombe sont enterrées ensemble deux combattantes liées par une amitié indestructible : Tékoşîn et Gulistan.


Ce que Rachel va découvrir de l’amitié de ces combattantes, de leur cause, de leur combat contre l’obscurantisme et de la tragédie qui leur vaut d’être enterrées ensemble, va bouleverser son existence, au point de l’amener à une véritable renaissance. Sachant cela, plus jamais elle ne pourra se contenter d’être un témoin lointain de l’histoire.
Jamais, de mon côté, je n’oublierai l’histoire de Tékoşîn et Gulistan !
« 

 
Kewê Tékoşîn (combattante française engagée auprès des YPJ en 2019)

L’écrivaine dano-kurde, Sara Omar remporte le prix Lorientales 2021

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PARIS – L’écrivaine danoise d’origine kurde, Sara Omar a remporté le Prix Lorientales 2021 pour son roman La laveuse de mort, qui dénonce les violences masculines et les crimes d’honneur dont son victimes les femmes et les filles dans la société conservatrice kurde.
 

Le Prix Lorientales est décerné chaque année par l‘association culturelle Les Lorientales, crée en 2010 à Lorient, qui est axée sur la culture orientale, du Maghreb au Moyen-Orient.

Les mots du jury Lorientales:
 
– Un roman puissant, fort et vibrant, avec des histoires poignantes et même percutantes qui nous plongent dans un torrent tumultueux
 
– Touchée par le personnage du grand-père, un lettré tendre et attachant
– Beaucoup aimé et très bien écrit, un excellent roman
– L’auteure semble parler de ce qu’elle connait, peut-être l’a-t-elle vécu
– Jeune auteure de 34 ans, courageuse et qui écrit un remarquable premier roman, fort et puissant
– Un condensé de tous les crimes que peuvent perpétrer les extrêmes qui questionne et interroge, un livre essentiel
– Un ouragan d’émotions, de souffrance mais aussi de joie et de tendresse à travers les personnages du grand-père et de la grand-mère
– Un texte qui nous prend à témoin
– Il s’agit d’un premier livre d’une série de trois, nous attendons les deux suivant avec ferveur »
 
La poète et romancière danoise d’origine kurde, Sara Omar est devenue mondialement connue après son best-seller « La laveuse de mort”, un roman coup de poing contre l’oppression des femmes kurdes sorti en novembre 2017 et qui a été traduit dans plusieurs langues par la suite.
 
Dans ce premier roman, Sara Omar nous envoie en pleine figure l’horreur que trop de femmes et filles kurdes vivent encore aujourd’hui dans de nombreuses régions kurdes marquées par une tradition conservatrice puisant sa force dans l’islamisme le plus rigoriste qui soit. En effet, dans la laveuse de mort, les femmes et les fillettes ne sont que l’ombre d’elles-mêmes et leur vie ne tient qu’à un fil de coton qui peut rompre à tout moment, tant la société kurde dominée voit toutes les malheurs qui lui arrivent sortir droit du sexe féminin.
 
Son dernier roman, « La danseuse de l’ombre » (Skyggedanseren) (2019), se concentre sur les droits des femmes et s’appuie sur l’histoire de Frmesk, qui vit dans la société dominée par les hommes qui l’entoure au Kurdistan.
 
Jusqu’à présent, Sara Omar a reçu de nombreux prix pour « La laveuse de mort” (Dødevaskeren) mais aussi pour son roman « La danseuse de l’ombre ».
 
Parmi les récompenses obtenues par Sara Omar, on peut citer le Prix De Gyldne Laurbær (les lauriers d’or), le plus grand Prix de littérature du Danemark, qui lui a été remis le 18 novembre pour son roman « La danseuse de l’ombre » et le Prix des droits humains 2019, remis par le Conseil des Droits de l’Homme des nations unies ainsi que le Laesernes bogpris (prix des lecteurs) pour « La laveuse de mort”.
 
Qui est Sarah Omar?
 
Survivante du massacre d’Halabja commis par le dictateur irakien Saddam Hussein en mars 1988, Sara Omar s’est réfugiée au Danemark avec sa famille à l’âge de 15 en 2001. Mais, Sara est devenue rapidement une femme à abattre pour ses écrits dénonçant les crimes d’honneurs, des mutilations sexuelles, l’insecte … dont sont victimes les fillettes et les femmes dans le Kurdistan du Sud.

Aujourd’hui, Sara Omar vit sous la protection policière mais elle n’a pas pour autant renoncé à combattre les violences faites aux femmes et aux enfants. Elle s’est même engagée auprès des organisations des droits des femmes et des enfants comme le Comité des Nations Unies pour les femmes et l’ONG danoise Mino Denmark ainsi que dans des campagnes d’Amnesty International relatives à la protection des femmes. Elle participe à de nombreux événements et actions de sensibilisation en intervenant sur des sujets relatifs aux droits des femmes, des crimes d’honneur, la libération sexuelle et les violences masculines.

KURDISTAN. Un cadre de la guérilla kurde assassiné à Souleimaniye

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Yasin Bulut, Un haut cadre du PKK, a été tué à Sulaymaniyah. On soupçonne un assassinat commis par les services secrets turcs (MIT). L’assassinat d’un militant kurde du Bakur par la Turquie au Kurdistan d’ « Irak » s’ajoute à l’assassinat des militants kurdes du Rojhilat par l’Iran sur le sol du Bashur.
 

Le politicien kurde Yasin Bulut a été abattu dans la ville de Sulaymaniyah, dans le sud du Kurdistan (nord de l’Irak). L’homme de 64 ans se rendait à pied dans un hôpital du district de Çarçira vendredi matin lorsqu’il a été abattu de quatre balles. Bulut était gravement malade et devait à se faire soigner à Sulaymaniyah. Il est décédé sur les lieux. Le ou les auteurs n’ont pas été trouvés.

Les circonstances de la mort de Yasin Bulut suggèrent un assassinat ciblé par l’État turc. C’est ce qu’affirment également des représentants d’organisations proches du PKK. Surtout en ce qui concerne la tentative d’assassinat de Ferhat Barış Kondu, un réfugié du Kurdistan du Nord. L’homme de 33 ans a été touché par balle par un homme masqué sur son lieu de travail hier. Kondu a survécu à ses blessures On soupçonne qu’Ankara a ordonné une vague d’attaques contre des militants du PKK et ses partisans au Kurdistan du Sud.

Qui était Yasin Bulut ?

Yasin Bulut, également connu sous le nom de Şükrü Serhat, est né en 1957 dans la province de Kars. En 1978, il rejoint le PKK nouvellement formé. Il a été arrêté après le coup d’État militaire du 12 septembre 1980. Il a passé son emprisonnement avec de nombreux autres cadres du PKK dans la prison de Diyarbakir, « l’enfer d’Amed ». Après sa sortie de prison en 1991, il est parti à la montagne. Depuis 15 ans, il est membre actif du Comité pour les familles des martyrs.

 

IRAN. Un militant kurde tué sous la torture

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IRAN / ROJHILAT – Les services de renseignement ont tué sous la torture Yaser Mangouri, un jeune militant kurde, moins d’un mois après qu’un haut responsable iranien se soit excusé pour les pratiques de torture dans les prisons iraniennes.
 

Yaser Mangouri, un Kurde de 31 ans originaire de Piranshar, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, a été tué torturé par les services de renseignement iraniens après une détention de deux mois à la prison d’Ourmia, a rapporté l’organisation de défense des droits humains HENGAW.

Le mercredi 8 septembre 2021, les services de renseignement iraniens à Ourmia ont contacté la famille de Yaser Mangouri et les ont informés de sa mort. Ils ont dit à la famille de Yasser qu’il avait été tué lors d’un affrontement avec les forces de sécurité il y a deux mois.

L’organisation de défense des droits humains a rapporté que Yaser Mangouri n’était pas armé lorsqu’il a été arrêté par les agents du renseignement iranien dans la soirée du 17 juillet 2021 après avoir quitté son domicile. Il a ensuite été transféré dans l’un des centres de détention iraniens à Ourmia.

Yasser,  père de deux enfants, s’est vu refuser l’accès à un avocat et tout contact ou visite avec sa famille pendant les deux mois de détention.

Hengaw avait en outre confirmé en mars de cette année qu’au moins 22 citoyens kurdes avaient été arrêtés par les services de sécurité iraniens pour des accusations d’activités politiques et civiles et de participation aux célébrations du Newroz.

Un récent rapport d’ Amnesty International indique également que 72 hommes et femmes sont morts en détention depuis janvier 2010 en Iran, et ces décès sont survenus dans 42 prisons et centres de détention dans 16 provinces du pays.

Le directeur général des prisons iraniennes, Mohammad Mehdi Hajmohammadi, s’était officiellement excusé en août après que des images de surveillance divulguées de violences physiques contre des prisonniers soient devenues virales sur les réseaux sociaux.

Selon les statistiques de Hengaw, au moins 23 prisonniers kurdes ont été torturés à mort dans les prisons iraniennes et les centres de détention de sécurité, dont 15 prisonniers politiques, depuis 2017.

En Février de cette année, 36 la société civile et les droits de l’ homme organisations – y compris les Nations non représentées et Organisation des peuples (UNPO), Amnesty International, l’ article 19, le Baloutchistan des droits de groupe, l’Organisation campagne militants baloutches, Organisation Hengaw pour les droits de l’ homme, droits de l’ homme Watch, Kurdistan Human Rights à Genève, le Kurdistan Human Rights Network et Minority Rights Group International – avaient appelé à l’attention urgente de la communauté internationale sur une vague continue d’arrestations arbitraires, de détentions au secret et de disparitions forcées par les autorités iraniennes, ciblant des dizaines de personnes issues de la minorité kurde défavorisée d’Iran.

Selon des informations recueillies auprès de sources bien informées, depuis le 6 janvier 2021 [jusqu’au 3 février], les organisations avaient noté qu’au moins 96 Kurdes d’Iran, dont des militants de la société civile, des militants des droits de l’homme, des écologistes, des écrivains, des étudiants universitaires et d’anciens militants politiques emprisonnés ainsi que des individus sans antécédents connus d’activisme ont été arrêtés par l’unité de renseignement des gardiens de la révolution iraniens ou des agents du ministère des renseignements, parfois de manière violente.

La déclaration des 36 organisations de la société civile et des droits de l’homme poursuivait : « Les arrestations ont eu lieu dans au moins 19 villes. Selon des sources bien informées, la plupart des arrestations ont été effectuées sans que les autorités aient présenté un mandat d’arrêt aux personnes détenues. Selon des informations obtenues de sources bien informées, sur les 89 personnes toujours détenues, au moins 40 ont été et sont soumises à une disparition forcée, et les autorités refusent de révéler à leurs familles toute information sur leur sort et le lieu où elles se trouvent. »