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TURQUIE. La justice classe l’affaire de disparition forcée d’un Kurde

TURQUIE – Les Mères du samedi et l’Association des droits de l’homme (IHD) ont fermement condamné la décision de classer sans suite, pour cause de prescription, l’affaire de Rıdvan Karakoç, activiste kurde victime d’une disparition forcée en détention en 1995.

Rıdvan Karakoç avait été placé en garde à vue le 15 février 1995. Environ trois mois plus tard, son corps a été découvert au cimetière d’Altınşehir, réservé aux personnes non réclamées, et identifié par sa famille.

Un communiqué a été lu devant le tribunal anatolien d’Istanbul. Les organisations y appellent à la poursuite de l’enquête et à ce que les responsables soient traduits en justice.

Oya Ersoy, coprésidente de l’IHD, a rappelé que le rapport d’autopsie faisait état de signes de violence et de torture. Elle a souligné que les vêtements de Rıdvan Karakoç, pourtant enregistrés comme pièces à conviction, n’avaient jamais été examinés ni soumis à une analyse ADN. Des témoins identifiés par la famille avaient pourtant apporté des éléments importants sur les circonstances de sa disparition forcée en détention.

L’IHD rappelle que la disparition forcée constitue un délit continu et que les délais de prescription ne s’appliquent pas aux crimes contre l’humanité. L’association a annoncé son intention de faire appel de la décision. En cas d’échec, elle saisirait la Cour constitutionnelle puis la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Hasan Karakoç, frère de la victime, a dénoncé le fait que l’affaire reste non élucidée depuis 31 ans. Il a demandé que les témoins et les policiers en service à l’époque fassent l’objet d’enquêtes et a critiqué le recours à la prescription pour classer le dossier.

Originaire du district de Tutak, dans la province d’Ağrı, Rıdvan Karakoç est né en 1961. Il s’était installé à Istanbul avec sa famille à l’âge de 15 ou 16 ans. Militant au sein de partis politiques kurdes ainsi que d’organisations culturelles et artistiques, il a été victime d’une disparition forcée en 1995. Son corps sans vie a été retrouvé quelques mois plus tard dans le cimetière des personnes non réclamées.