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Il y a 6 ans, les Kurdes de Kobanê faisaient subir à l’EI sa première défaite

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SYRIE / ROJAVA – Grâce à une résistance acharnée, les Kurdes de Kobanê ont infligé sa première défaite à l’État islamique le 26 janvier 2015 et ont fait entrer le nom de leur ville dans l’histoire de l’humanité. Six ans après, ces mêmes Kurdes sont menacés par la Turquie et ses alliés islamistes avec la complicité de la communauté internationale…
 
Six années se sont écoulées depuis la libération de Kobanê par les combattant.es des YPG et des YPJ après une lutte héroïque entre le 15 septembre 2014 et 26 janvier 2015, date de la libération de la ville.
 
La défaite des mercenaires de DAESH qui avaient tenté de conquérir cette localité fut en effet un tournant dans la guerre syrienne et marqua également le premier recul territoriale du califat autoproclamé depuis son apparition dans le pays en 2013.
 
La résistance héroïque de Kobanê, dirigée par les unités d’autodéfense des YPG et des YPJ, composées de jeunes hommes et femmes, a fait la une de l’actualité mondiale pendant plusieurs mois, certains prédisant une prise rapide de la ville par DAECH surarmé face aux Kurdes qui ne possédaient que des armes légères. Après près de cinq mois de lutte acharnée et de sacrifices humaines, les femmes et hommes des YPJ / YPG ont libéré leur ville le 26 janvier 2015.
 
Le sacrifice ultime d’Arin Mirkan
 
Un des actes héroïques de Kobanê a été réalisé le 5 octobre 2014 par Arin Mirkan (Dilar Gencxemis), quand cette jeune femme de 22 ans a explosé sa grenade au milieu de mercenaires de l’EI qui avaient encerclé la colline stratégique de Mushtanur, à l’est de Kobanê, et leur a infligé de lourdes pertes en se donnant la mort.
 
On dit que Kobanê est la Guernica (une ville du Pays basque espagnol immortalisée par Picasso) des Kurdes qui sont déterminés à honorer leurs martyrs, afin de semer la vie au milieu d’innombrables pertes matérielles et humaines causées lors de l’attaque barbare de l’EI.
 
Kobanê fait face à de nouvelles menaces
 
Aujourd’hui, six ans après la libération de Kobanê, la ville fait face à la menace d’invasion turque. En effet, la Turquie voit d’un très mauvais œil l’émancipation du peuple kurde à l’intérieur de la frontière syrienne. C’est pourquoi, elle a déjà envahi la région d’Afrin en 2018 avec la complicité de la Russie et celle de Serekaniyê en octobre 2019 avec le retrait des soldats américains ordonné par Donald Trump.
 
Depuis l’invasion d’Afrin et de Serekaniyê, les Kurdes syriens s’attendent aux pires des scénarios car ils savent qu’ils n’ont aucun vrai allié dans la région. Même les Etats-Unis, « alliés » des Kurdes dans la lutte contre DAECH, n’ont pas hésité à les trahir pour leurs propres intérêts d’avec la Turquie, membre de l’OTAN. La situation est pire avec la Russie qui veut que les Kurdes abandonnent le Rojava à Bachar al-Assad et qui les menace par la Turquie, comme on l’a vu à Afrin.
 

De Shengal à Afrin, la Turquie persécute les femmes yézidies

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SYRIE / ROJAVA – Kidnappées, torturées, vendues comme esclaves sexuelles, mariées à des mercenaires, converties à l’Islam, la barbarie subie par les femmes yézidies du canton kurde d’Afrin n’est pas différente de celle commise par l’Etat islamique à Shengal en 2014. Les femmes yézidies d’Afrin sont persécutées par la Turquie et ses mercenaires islamistes responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Depuis plusieurs siècles, les Yézidis ont été persécutés par l’État turc. Victimes de nombreux massacres à l’époque ottomane, ils ont survécu aux campagne de génocide grâce à leurs structures de résistance. Essayant d’achever ce que les Ottomans n’ont pas pu faire, l’État turc continue d’exterminer les Yézidis au XXIème siècle. L’État turc, qui a occupé Afrin grâce à la complicité de la communauté internationale, vise également les Yézidis vivant ici.

Afrin, qui compte 23 villages yézidis, est également la ville qui accueille le plus grand nombre de Yézidis après Shengal. Il est possible de rencontrer des personnes appartenant à la confession yézidie dans de nombreux quartiers d’Afrin. Les persécutions visant les Yézidis d’Afrin sont similaires à la barbarie que l’Etat islamique a commise à Shengal en 2014. L’État turc, cherchant à détruire tout ce qui appartenait à la croyance yézidie, a détruit 19 temples yézidis à Afrin. L’un des objectifs du changement démographique opéré par la Turquie à Afrin vise les Yézidis.

Ce sont les femmes yézidies qui souffrent le plus des crimes brutaux commis par l’Etat turc et ses mercenaires islamistes. Depuis l’occupation d’Afrin en mars 2018, les crimes contre les femmes yézidies ne font que s’amplifier. Alors que les gangs ont enlevé des centaines de femmes yézidies et en ont libéré certaines en échange d’une rançon, le sort de la plupart d’entre elles est encore inconnu. Une femme yézidie nommée Xaliya Seid qui a été enlevée du village de Ceqlê a été libérée contre 7 000 euros. Aucune nouvelle n’a été reçue d’une autre femme yézidie nommée Xezalê, qui a été enlevée dans le village de Basofa après avoir subi de graves tortures. Edulê Sefer, kidnappée dans le village de Qestel Cindo, a été libérée en échange d’une rançon de 6 mille dollars après être resté en captivité des gangs pendant 6 mois. Une femme nommée Fatima Nesro a été enlevée du village de Qibar. Fatima a également été libérée pour 1 000 dollars.

L’armée turque menace les femmes yézidies, forçant les Yézidis à fuir Afrin

Eyşê Seydo, membre de la Coordination des femmes yézidies, a déclaré que le sort de centaines de femmes yézidies kidnappées est inconnu et que l’État turc a forcé de nombreuses femmes yézidies à se marier [avec des mercenaires islamistes de la Turquie]. Rappelant que cet act barbare était également pratiqué par l’État islamique à Shengal en 2014, Eyşê a déclaré que l’armée turque voulait éloigner les Yézidis de leurs croyances, les forcer à se convertir à l’islam ou à quitter la région.

Gulê Cafer, l’une des responsables de la coordination des organisations de la société civile de la région d’Afrin, a parlé des pratiques à l’égard des femmes yézidies et a rappelé que des dizaines de femmes yézidies sont toujours aux mains de l’État turc et de ses gangs.

Selon les données partagées par l’Union yézidie à Afrin, des dizaines de Yézidis ont été massacrés dans la ville occupée par la Turquie. L’Union yézidie, qui communique les noms et les informations d’identité des victimes, partage avec les institutions internationales des droits de l’homme toutes les données et documents qu’elle obtient. Malgré tout cela, la communauté internationale, maintenant son silence, encourage l’État turc à commettre davantage de crimes.

Les gangs, qui ne reconnaissent aucune loi lorsqu’ils s’en prennent aux Yézidis, les dépossèdent également de droits de propriété. Récemment, les gangs ont fait une descente dans une maison du village de Feqira et ont annoncé qu’ils avaient confisqué tous les biens de Xano Iso (65 ans) qu’ils ont enchaîné.

L’État turc, avec ses pratiques dignes de l’Etat Islamique, tente également de relancer Daech. Les institutions yézidies d’Afrin considèrent cela comme un effort pour faire revivre l’époque ottomane. Il y a quelques mois, le président turc Recep Tayyip Erdoğan, dans une déclaration qu’il a faite à propos de Shengal, a déclaré: « Nous pourrons venir soudainement une nuit », signalant qu’ils continueraient les massacres visant la communauté yézidie.

ANF

SYRIE. Une crise économique pour achever les rescapés de la guerre?

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SYRIE / ROJAVA – Avec la loi américaine (Caesar Act) prévoyant des sanctions pour les entreprises et les particuliers qui commercent avec le régime de Bachar Al Assad, c’est tout le peuple syrien qui est mis à genou. Ils ont survécu à des années de guerre et maintenant, ils sont menacés par la famine accentuée par les sanctions américaines. Même le Rojava kurde, « allié » des États Unis, est touché par le Caesar Act. Si la communauté internationale ne réagit pas vite, on assistera à une nouvelle crise humanitaire en Syrie à cause des sanctions économiques américaines.

« Aujourd’hui, la Syrie ne peut plus compter sur elle-même dans aucun domaine. Depuis la guerre, ce pays s’est transformé en un terrain de chasse ouvert aux intérêts russes et iraniens, ses principaux alliés qui ont mis la main sur une grande partie de ses richesses (ports, mines de phosphates, etc.) En plus d’être un champ de tir pour Israël, qui poursuit les milices pro-iraniennes du Hezbollah libanais. Sans oublier la Turquie qui occupe une partie de son territoire dans le nord peuplé de Kurdes, et dont on ignore les desseins », écrit le journaliste Henri Mamarbachi dans son article intitulé « Jours de misère en Syrie ».

 

A lire sur le site OrientXXI

Les Kurdes rendent hommage à Mama Risha

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KURDISTAN DU SUD – De nombreux Kurdes rendent hommage au courageux peshmerga Najmadin Shukr Rauf, surnommé Mama Risha (« Oncle barbu »), à l’occasion de la date anniversaire de son assassinat le 25 janvier 1985 lors d’un embuscade tendu par Tahsin Shaways en coopération avec les renseignements irakiens.
 
Mama Risha était un membre éminent des Peshmerga fidèles à l’Union Patriotique Kurde (UPK), au Kurdistan du Sud. Il s’est fait remarqué par son héroïsme durant la guerre contre les forces armées du gouvernement irakien dans la lutte pour l’autonomie du Kurdistan irakien. Mama Risha (oncle barbu) avait hérité ce surnom pour avoir dit qu’il ne se raserait pas jusqu’à ce que le Kurdistan soit libre.

Najmadin Shukur Rauf Zanganeh, surnommé Mama Risha, est un nom bien connu des Kurdes et des Irakiens, pour son courage et son intrépidité, qui est devenu un Peshmerga héroïque et courageux et a sacrifié sa vie pour la libération du Kurdistan. Plus de 36 ans après son assassinat, Mama Risha est toujours une légende pour le peuple kurde.
 
Mama Risha est né le 1er juillet 1957 dans le village de Talaban, près de Kirkuk, dans une famille pauvre de Chamchamal. Adulte, il a rapidement été reconnu pour ses qualités de combattant ainsi que pour ses qualités personnelles comme la bravoure, le courage, la sincérité et l’équité. Il est devenu le commandant de Karti 4 Jabari en 1982, sous son commandement Karti 4 est devenu l’une des forces les plus efficaces de l’UPK.
 
Sa force mentale ainsi que sa force physique, son endurance et sa rapidité lui ont conféré un statut quasi mythique dans la société kurde qui subissait l’oppression sous le régime de Saddam Hussein. Selon certaines sources kurdes, il a choisi le surnom Mama Risha car il avait juré de ne jamais se raser la barbe avant que le Kurdistan ne soit totalement libéré du contrôle du parti Baas. Il a également été surnommé « l’homme de fer » pour ses batailles et embuscades furieuses et bien organisées contre les forces irakiennes près de la région de Kirkouk.
 
À la fin des années 1970, il a rejoint les forces Peshmerga de l’Union patriotique du Kurdistan dirigée par Jalal Talabani. Il est considéré par la plupart des Kurdes comme un modèle et un combattant légendaire. Najmadin a été tué le 25 janvier 1985, à l’âge de 28 ans, dans une embuscade tendue par Tahsin Shaways, en coopération avec les renseignements irakiens.

Le Kurdistan d’Irak plus isolé que jamais?

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Le Kurdistan d’Irak est la première des quatre régions kurdes à avoir obtenu une autonomie régionale dans les années 1990 et qui a fait naitre l’espoir qu’il y aura peut-être un Kurdistan libre à terme. Trois décennies plus tard, à part le Rojava, région autonome kurde de Syrie non reconnue sur le plan international, les Kurdes semblent restés bloqués dans leur désir d’indépendance étatiques et les derniers développements régionaux sont loin d’être en leur faveur…

La journaliste Julie Clauss a écrit un long article pointant du doigt l’avenir incertain de la région autonome kurde d’Irak pris en sandwich entre l’Iran et la Turquie, deux ennemis du historiques du Kurdistan.

D l’heure actuelle, alors que ses alliés historiques démobilisent massivement au Moyen-Orient, le Kurdistan se retrouve isolé politiquement et dans la nécessité de se reposer sur les investissements et le soutien des deux pays qui constituent pourtant sa plus grande menace : la Turquie et l’Iran.

A lire « Essor, objectifs et limites de la paradiplomatie kurde » de Julie Clauss sur le site Les Clés du Moyen-Orient 

La Turquie renoue-t-elle avec les disparitions des opposants et des Kurdes ?

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TURQUIE – ISTANBUL -Gökhan Güneş, un jeune kurde de 23 ans, a été enlevé par des inconnus après avoir descendu du bus qu’il avait pris pour se rendre à son lieu de travail à Başakşehir, Istanbul.  Il n’y a aucune nouvelle de lui depuis le 20 janvier.  Malgré les images de l’enlèvement enregistrées par les caméras de sécurité, le manque d’explications de la part des responsables de l’État suscite des inquiétudes. Son oncle, Sami Elvan, qui peine à avoir des nouvelles de son neveu depuis 4 jours, s’est entretenu avec ANF.

Sami Elvan est le père de Berkin Elvan, un adolescent kurde 14 ans, qui a été tué après avoir été touché par une cartouche de la police turque lors de la résistance du parc Gezi.

Berkin Elvan est décédé après être resté dans le coma pendant 269 jours. Aujourd’hui, Elvan tient le ministre de l’Intérieur responsable de l’enlèvement de son neveu et attire l’attention sur le fait que les jeunes qui s’opposent à ce gouvernement sont enlevés les uns après les autres.

« S’il y a un crime, il y a la loi de la République de Turquie. Alors pourquoi font-ils disparaître de force des gens? »  demande Elvan, ajoutant que ce qui se passe ressemble aux années sombres des années 1990 en Turquie.

« Le vice-président d’un parti d’opposition est lynché au milieu de la rue, des gens sont jetés d’hélicoptères ou enlevés en plein jour. Vous aimerez peut-être l’opinion politique du peuple, vous n’aimerez peut-être pas ça,  ne peut pas faire ça. »

Soulignant qu’il n’y a pas de sécurité pour la vie au point atteint, Elvan a attiré l’attention sur le fait que tout le monde a peur et risque la mort à ce stade.

Ce pays est comme un camion sans freins

Elvan a comparé le pays à un camion sans freins, et a ajouté que le gouvernement devient de plus en plus agressif s’il sent qu’il peut gouverner : « Le gouvernement prend nos impôts, mais au lieu de nous faciliter la vie, il bat les gens, les fait taire, nous enlève la vie. »  Déclarant que la police, qui devrait assurer la sécurité de la société, agit presque comme le tueur à gages du parti politique au pouvoir, Elvan a souligné qu’il n’est pas possible d’accepter cela.

« Ramenez mon neveu sain et sauf »

Elvan a dit que Gökhan connaissait très bien la douleur de ses parents.  Il a ajouté qu’il vit la même douleur qu’il vit depuis 7 ans : « Ils ont assassiné mon enfant en parfaite santé. Je ne peux même pas penser qu’une telle chose est arrivée à mon neveu Gökhan en ce moment; ils devraient nous le ramener sain et sauf. »

Soulignant que personne ne vivra en sécurité dans un pays où il n’y a pas de justice, Elvan a appelé tout le monde à faire preuve de sensibilité et [aux autorités] à expliquer ce qui est arrivé à son neveu Gökhan Güneş

ANF

IRAN. Une poétesse kurde menacée d’avoir la langue tranchée

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IRAN / ROJHILAT – Des agents de sécurité iraniens ont kidnappé la jeune poétesse kurde, Taraneh Mohammadi, à Baneh, et l’ont menacée de lui couper la langue si elle continue d’écrire des poèmes. Cela intervient après que la jeune femme ait déclaré sur Instagram qu’elle ne se considérait pas faire partie de l’Iran mais du Kurdistan.

Le lundi 11 janvier 2021, les forces de sécurité iraniennes de la ville de Baneh ont tenté de kidnapper la jeune poétesse et écrivaine kurde Taraneh Mohammadi, 21 ans, surnommé «Tanya» (seule). Elle a été emmenée hors de la ville, harcelée et menacé par l’un des agents qui l’a menacée de lui couper la langue si elle continue à écrire des poèmes.

Selon une source proche de la famille de Mohammadi, qui ne voulait pas être identifiée pour des raisons de sécurité, Tanya a dit à sa famille que: « Quatre personnes (les forces de sécurité iraniennes) se trouvaient dans une voiture MVM blanche aux vitres fumées (…). Après avoir fait un long trajet en voiture, ils m’ont emmenée hors de la ville et sans rien dire et ils ont commencé à me menacer et à m’insulter. Après environ deux heures, ils m’ont de nouveau mis le sac sur la tête et m’ont abandonnée dans l’un des quartiers proches de chez nous. »

La source a ajouté que Tataneh Mohammadi avait été menacée par des appels téléphoniques avec des numéros anonymes au cours du mois dernier et avait été convoquée et interrogée à plusieurs reprises par les services de renseignement et de police iraniens à Baneh. 

L’enlèvement et la menace de la jeune poétesse sont survenus après qu’elle a déclaré, lors d’un échange en direct sur Instagram avec Hila Sediqi, que: « J’ai lu un poème dans une langue commune [persan]. » En réponse à Hila Sediqi a demandé: « Que voulez-vous dire par un langue commune? Cela signifie que vous ne vous considérez pas comme appartenant à l’Iran, mais au Kurdistan. » Elle a répondu: « Oui, vous avez raison. Je me considère appartenir au Kurdistan. » (Elle a également été en direct avec l’éminent chanteur kurde, Najmadin Gholami.) 

 Taraneh Mohammadi, 21 ans, est née à Baneh et est actuellement étudiante en travail social à l’Université Mahabad. Elle parle couramment le kurde, le persan et l’anglais.

 Taraneh a commencé à composer de la poésie à l’âge de 16 ans et est très populaire parmi les jeunes du Kurdistan. Le contenu de ses écrits et poèmes porte principalement sur les droits nationaux des Kurdes, les droits des femmes, les enfants et le mariage forcé.

Hengaw Human Rights Organization

IRAN. Poursuites judiciaires contre les membres d’un groupe de musique féminin kurde

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IRAN / ROJHILAT – Les musiciennes du groupe féminin kurde « Glaris » ont été arrêtées à Kirmanchah par le régime iranien qui les a relâchées jusqu’à la fin de leur procès intenté pour des «comportements contraires aux mœurs» suite, entre autres, à des clips vidéos publiées par le groupe.
 
Le bureau du procureur de Kermanshah (Kirmaşan) a intenté une action en justice contre cinq membres du groupe de musique féminin kurde Glaris en raison de leur performance conjointe avec une chanteuse et de la publication de clips vidéo de la performance en ligne.
Les membres du groupe avaient auparavant été convoquées par la «police des mœurs» islamique de la ville pour une raison similaire et interrogées sur leurs activités artistiques après avoir publié des vidéos d’une chanteuse interprétant une chanson.

Une source fiable à Kirmanchah a déclaré: « La musicienne principale du groupe de musique Glaris, Elham Yazdanipour, ainsi que les quatre autres membres, Samira Farahnaki, Nastaran Yazdanipour, Nazanin Atabaki et Malihe Moradi ont été informées des accusations intentées contre elles, dans l’un des bureaux du procureur de Kermanshah, en raison de leur performance conjointe avec une chanteuse. »

Selon cette source, avant l’interrogatoire mentionné et après la sortie d’un clip vidéo de ce groupe à l’occasion de la nuit de Yalda, tous les membres du groupe de musique Glaris ont été convoquées deux fois par téléphone au commissariat de «police des mœurs» islamique de Kermanshah. Les processus d’interrogation et d’enquête les ont obligées à s’engager par écrit à ne pas utiliser de chanteuses dans leurs performances et vidéoclips.

Évoquant l’interdiction du chant des femmes et les restrictions en Iran sur les activités des femmes dans le domaine de l’art et de la musique, Mme Fatemeh Karimi, directrice du Kurdistan Human Rights Network, a déclaré: « Outre les barrières de la tradition et de la normalité dans la société, qui sont des obstacles importants à la manière dont les femmes chantent et se tournent vers la musique, les lois et les politiques de la République islamique [d’Iran] sont les obstacles principaux et les plus sérieux pour les femmes dans ce domaine. Selon la loi iranienne, les concerts donnés par des chanteuses ne sont autorisés que pour le public féminin et les chanteuses ne peuvent se produire que comme choristes de renfort lors de concerts publics pour chanteurs masculins. (…) La délivrance d’une autorisation pour des concerts de chanteuses pour un public féminin dans des villes autres que Téhéran est soumise à beaucoup plus de restrictions et d’obstacles. »

Mme Karimi, chercheuse spécialisée dans les questions féminines, a en outre souligné que le Ministère de la culture et de l’orientation islamique est chargé de superviser les productions artistiques et musicales. Karimi a déclaré que la convocation des membres du groupe Glaris par la «police des mœurs» islamique était conforme à la sensibilité du gouvernement aux activités artistiques et à ses efforts pour empêcher les femmes de chanter. Elle a ajouté: «En appliquant des lois non écrites et en citant les fatwas des références religieuses chiites, les autorités de la République islamique [d’Iran] veulent empêcher les femmes de se produire en solo et arrêter leurs activités artistiques sous forme de concerts et de production de clips vidéo. Cependant, [les] femmes n’ont ni succombé aux coutumes sociales patriarcales, ni cédées aux politiques sexistes de la République islamique. Et malgré divers obstacles, elles sont entrées dans le domaine du chant. Le nombre de ces femmes a augmenté ces dernières années, en particulier au Kurdistan.»

Le groupe de musique féminin Glaris a été formé en 2017 dans la ville de Kermanshah et a réalisé divers concerts dans différentes villes ainsi que dans la région du Kurdistan irakien. L’année dernière, le groupe a refusé une invitation d’une chaîne de télévision turque car elle coïncidait avec l’offensive militaire turque contre le Kurdistan de Syrie, également connue sous le nom de Rojava.
 

ROJAVA. Les forces turco-jihadistes ont tué deux enfants et une femme à Tall Rifaat

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SYRIE / ROJAVA – Les forces turco-jihadistes ont tué deux enfants et une femme à Tal Rif’at qui abrite des réfugiés kurdes ayant fuit Afrin après l’invasion turque.

Le district de Tal Rif’at, dans le canton de Shahba, vient d’être attaqué par les forces d’occupation turques et les groupes de mercenaires affiliés avec des obus de mortier.

Trois civils dont deux enfants et une femme ont été tués tandis que six autres civils ont été blessés par l’attaque des forces occupantes turco-jihadistes.

Maged Yasser Sakran, 5 ans, Ebid al-Mohsen Sakran, 12 ans, et Nazliye Mohamed Mustafa, une femme réfugiée d’Afrin, ont été tués dans les bombardements turcs.

Sakran, Aliya, Haydar Habash, Xaled Mohamed al-Aliya, Sadeq Mohamed Habash et Mohamed Reshid ont été blessés dans les bombardements.

Ceci n’est pas le premier massacre de Tal Rifaat perpétrés par les forces d’occupation turques et les mercenaires affiliés. Le 2 décembre 2019, un autre attaque a été menée contre les personnes déplacées d’Afrin vivant à Tal Rifaat qui a fait 10 morts civils, principalement des enfants, en plus de 12 blessés.

ANHA

SYRIE. L’ONU « alarmée » par les meurtres commis à al-Hol

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SYRIE / ROJAVA – Entre le 1er et le 16 janvier, il y a eu 12 meurtres dans le camp d’Al-Hol abritant les familles de l’État islamique. Malgré les appels répétés des responsables kurdes qui gèrent le camp, la coalition anti-EI et l’Europe restaient muettes devant les risques que pose ce camp devenu une pépinière de djihadistes qui veulent ressusciter DAECH. Mais les récents meurtres commis dans le camps semblent avoir alerté l’ONU qui évoque «un environnement sécuritaire de plus en plus intenable» dans le camp d’al-Hol.
 
Le camp d’Al-Hol, situé à 45 km à l’est de la ville kurde d’Hasaka, abrite près de 62 000 personnes, dont plus de 80% sont des femmes et des enfants. Al-Hol est divisé en 9 secteurs. Huit d’entre eux abritent des réfugiés irakiens et des Syriens déplacés, parmi lesquels ceux qui ont récemment la ville d’Al-Baghouz, le dernier bastion de l’Etat islamique et une section est réservé aux familles et enfants des mercenaires étrangers de l’Etat islamique (EI).
 
La majorité des résidents d’al-Hol sont des Irakiens et des Syriens venus de la ville d’Al-Baghouz qui ont formé le soi-disant «Califat» au sein du camp et qu’ils sont en lien avec le monde extérieur d’où ils reçoivent notamment des armes. L’administration du camp avait demandé du matériel de pointe à la coalition internationale pour assurer la sécurité dans le camp, sans succès.
 
Le jeudi 21 janvier, l’ONU a publié un communiqué alertant sur la situation sécuritaire du camp al-Hol.
 
« Selon le communiqué publié jeudi, le coordinateur humanitaire de l’ONU résident en Syrie, Imran Riza, et le coordinateur humanitaire régional pour la crise syrienne, Muhannad Hadi, expriment «leur grave inquiétude face à la détérioration des conditions de sécurité au camp», et soulignent «le besoin urgent de trouver une solution durable pour toute personne vivant dans le camp». (Via AFP)
 
 
 
 
 

PHOTOBOOK. 400 photos honouring Kurdish women’s liberation struggle

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PARISWe discovered Iranian photojournalist Maryam Ashrafi in 2016 thanks to her photo exhibition honouring Kurdish women fighters from Rojava, Syria, and Qandil ( in Kurdistan of Iraq). Maryam Ashrafi will reunite with her audience with a photo book about Kurdish women fighters (although there are some portraits of men in the book) and Yezidi women that she met during numerous trips to Rojava and Kurdistan of Iraq between 2012 and 2017.

 
Rising Among Ruins, Dancing Amid Bullets
 
 

 cover of the book

 
Maryam Ashrafi’s 2016 Paris exhibition was entitled « Rising Among Ruins, Dancing Amid Bullets ». Ashrafi has chosen to use the same title for her upcoming photo book, to be published in spring of 2021, if her participatory fundraising campaign raises the money needed to publish the book, which will be edited by the Hemeria publishing house, specialises in photo books.
 
The struggle for women’s emancipation in 4 parts of Kurdistan
 
During her numerous trips to Syrian and Iraqi Kurdistan, Maryam Ashrafi was able to meet women fighters of the PKK in Qandil (2012-13), those of the Kurdish armed parties of Iran, KOMALA and PDK-I based in Bashur, those of the YPJ in Rojava between 2015 and 2017 and the Yezidi women fighters in Sinjar, (2016). In addition to Kurdish women fighters, Ashrafi also met with Yezidi women who survived the genocide committed by ISIS in Sinjar in 2014.
 
Although the Kurdish liberation struggle is led by both men and women, Ashrafi preferred to focus mainly on Kurdish women fighters. Moreover, knowing that Kurdish women are fighting both for their freedom as a nation, but also as women to free themselves from the patriarchal Kurdish society, one can only congratulate Ashrafi for this wise choice. Indeed, Kurdish women are fighting on the liberation front to end the colonialism of Kurdistan, but also on the feminist front to get rid of the patriarchy that is well rooted in traditional Kurdish society.
 
Call for participation in financing Maryam Ashrafi’s photo book
 
In the book « Rising Among Ruins, Dancing Amid Bullets », you will admire 400 black and white photos printed on 300 pages, accompanied by texts of the journalist Allan Kaval, who recently received the Albert-Londres Prize for his report in Rojava, academic Kamran Matin, Carol Mann, a sociologist specialising in gender issues in armed conflict, and Mylène Sauloy, who has been documenting the war in Kurdistan and the Rojava for many years. Through their texts, Kaval, Matin, Mann and Sauloy will remind the public of the political and military situation in Rojava and the progress made for women’s rights within a revolution that claims to be feminist. « Rising from the ruins, dancing between the bullets » is an exceptional photo book that you can support by participating in the fundraising campaign launched by Maryam Ashrafi’s publishing house. In return, you can benefit from a special price for the purchase of the book.

 

For those who would like to financially support Maryam Ashrafi’s book, here is the link to the crowdfunding campaign (participative financing), with all the useful information concerning the price, the release date and the discount offered to the participants of the crowdfunding campaign:
 
« Rising Among Ruins, Dancing Amid Bullets is a photographic project I have been working on since 2012 in Iraqi and Syrian Kurdistan, to bear witness to the consequences of war, namely to the lives of civilians returning to their homes after their cities are liberated, as well as to the daily life of the fighters behind the front lines while emphasizing the role of women in their ranks. » — Maryam Ashrafi
 
Only with your help and support, we will be able to print this book and make it happen.
 
I have chosen to stay behind the front lines and observe what is happening in these “grey” areas of war, with the aim to share the daily life of the soldiers and those who continue to live in the ruins, despite the reality of their predicament.

 

It is from this context that emotions and sensations arise, in simple gestures, poses, joyful dances and moments of intimacy. I wanted to make people forget my presence so that only the truth of the struggle and resilience of people remained.

 

Photos in the book are supported by texts from Allan Kaval, (Journalist for Le Monde Newspaper), Kamran Matin, (Associate professor of International Relations at Sussex University), Carol Mann, (Sociologist and specialist in gender issues and armed conflicts, associate researcher at the University of Paris 8 and director of the Women in War association), Mylène Sauloy, who has documented the conflict in four different parts of Kurdistan, notably since 1998 in Rojava, with films, articles, exhibitions and a soon to be published graphic novel on Kurdish women in war.

 

Maryam Ashrafi is a social documentary photographer who believes in long-term projects. Her work puts a face on a widely commented war that remains distant and by the West primarily perceived in terms of the number of refugees. Maryam documents the war in her own way, stressing its complexities and the effective construction of a new social model based on equality, with women occupying the same roles as men, contrary to the status quo in their part of the world. That is why, over the years, she has returned to the same places, to show the unique power of people’s resilience and will to live and seek change, and it is her conviction that documenting conflicts and the consequences of war is vital for the provision of evidence and testimony necessary to be seen and known in the future.

 

“The struggle of the Kurdish people and their fight for freedom and fundamental rights have not come to an end, and therefore this book cannot portray all of their journeys, nor shall I stop documenting what is still to come. Yet I believe, as a witness, I owe it to history and to those I have met for sharing some of these images in this book to show part of their journey to freedom and equality” — Maryam Ashrafi.

 

Why did I choose Hemeria?

The Hemeria crowdfunding platform is dedicated to photography and allows photographers to self publish and finance the production costs of the books it produces for them. Hemeria guarantees excellence in the reproduction of images while favouring a fair remuneration for the work of photographers who also benefit from visibility in bookstores across France and internationally.
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Il y a 75 ans, naissait la République kurde de Mahabad

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KURDISTAN – Le 22 janvier 1946, des notables kurdes réunis autour du leader Qazi Muhammad proclamaient la naissance d’un État kurde sous le nom de la République de Mahabad, au Rojhilat (Kurdistan d’Est), sous l’occupation iranienne.
 
Fin août 1941, l’Iran fut envahi par les Alliés, les Soviétiques contrôlant le nord où ils ont tenté de rattacher le nord-ouest kurde du pays à l’Union soviétique. Mais les Kurdes ont choisi de déclarer leur autonomie dans les limites de l’État iranien. Ainsi, dès 1941, un comité de notables kurdes a pris en charge l’administration locale de la ville de kurde de Mahabad et la République de Mahabad a été déclarée en janvier 1946, avec Qazi Muhammad élu Président.

Drapeau de la République de Mahabad
 
Avec le départ des Russes en 1946, suite aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies demandant aux Soviétiques de quitter l’Iran, et malgré l’appel des Kurdes demandant la protection des Russes contre le régime iranien, les Soviétiques sont partis, laissant les Kurdes de Mahabad entre les mains du régime iranien qui a écrasé dans le sang l’éphémère État kurde de Mahabad qui englobait les villes de Mahabad, de Piranshahr et de Naghadeh.
 
Exécution des dirigeants de la République kurde de Mahabad
 
Le Président de la République kurde de Mahabad, Qazi Muhammad fut pendu le 31 mars 1947, à l’âge de 54 ans. En plus de Qazi Muhammad, la dynastie Pahlavi a pendu plusieurs dirigeants kurdes accusés de « trahison ».
 
Plus de 80 ans de massacres et de persécutions des Kurdes d’Iran
 
Depuis la chute de la République kurde de Mahabad le 15 décembre 1946, les régimes iraniens successifs n’ont cesser de massacrer les Kurdes du Rojhilat qui ont lutté pour leurs droits et leur autonomie.
 
L’État iranien est allé jusqu’à persécuter les Kurdes à l’étranger, dont en Europe où ils avaient cherché refuge. Par exemple, le 13 juillet 1989, le leader kurde, Abdul-Rahman Ghassemlou et deux de ses collaborateurs ont été assassinés dans un appartement de la banlieue de Vienne où ils s’entretenaient avec des envoyés du président iranien d’alors, Akbar Hashemi Rafsanjani.
 
Malgré les preuves de l’implication directe de diplomates-terroristes dépêchés par le régime islamique, le gouvernement autrichien a sacrifié la justice pour les intérêts politiques et commerciaux de son pays et a permis aux trois tueurs présumés, qui s’étaient réfugiés à l’ambassade d’Iran après les meurtres de 1989, de quitter le pays sans jamais être interrogés par les autorités autrichiennes.
 
Un an après le meurtre de Ghassemlou, une des filles de Qazi Muhammad, Efat Ghazi, a été tuée par une lettre piégée destinée à son mari, militant kurde Emir Ghazi, à Västerås, en Suède, en 1990. Un assassinat très probablement ordonné par le régime iranien…
 
Trahis et abandonnés par toutes les puissances mondiales, dont les Russes et les Américains, les Kurdes du Rojhilat et des autres parties du Kurdistan colonisé luttent pour leur survie, malgré d’innombrables massacres, génocides, déportations qu’ils ont subis et malgré les divisions inter-kurdes qui aggravent leur supplice.