Il y a 6 ans, les Kurdes de Kobanê faisaient subir à l’EI sa première défaite

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SYRIE / ROJAVA – Grâce à une résistance acharnée, les Kurdes de Kobanê ont infligé sa première défaite à l’État islamique le 26 janvier 2015 et ont fait entrer le nom de leur ville dans l’histoire de l’humanité. Six ans après, ces mêmes Kurdes sont menacés par la Turquie et ses alliés islamistes avec la complicité de la communauté internationale…
 
Six années se sont écoulées depuis la libération de Kobanê par les combattant.es des YPG et des YPJ après une lutte héroïque entre le 15 septembre 2014 et 26 janvier 2015, date de la libération de la ville.
 
La défaite des mercenaires de DAESH qui avaient tenté de conquérir cette localité fut en effet un tournant dans la guerre syrienne et marqua également le premier recul territoriale du califat autoproclamé depuis son apparition dans le pays en 2013.
 
La résistance héroïque de Kobanê, dirigée par les unités d’autodéfense des YPG et des YPJ, composées de jeunes hommes et femmes, a fait la une de l’actualité mondiale pendant plusieurs mois, certains prédisant une prise rapide de la ville par DAECH surarmé face aux Kurdes qui ne possédaient que des armes légères. Après près de cinq mois de lutte acharnée et de sacrifices humaines, les femmes et hommes des YPJ / YPG ont libéré leur ville le 26 janvier 2015.
 
Le sacrifice ultime d’Arin Mirkan
 
Un des actes héroïques de Kobanê a été réalisé le 5 octobre 2014 par Arin Mirkan (Dilar Gencxemis), quand cette jeune femme de 22 ans a explosé sa grenade au milieu de mercenaires de l’EI qui avaient encerclé la colline stratégique de Mushtanur, à l’est de Kobanê, et leur a infligé de lourdes pertes en se donnant la mort.
 
On dit que Kobanê est la Guernica (une ville du Pays basque espagnol immortalisée par Picasso) des Kurdes qui sont déterminés à honorer leurs martyrs, afin de semer la vie au milieu d’innombrables pertes matérielles et humaines causées lors de l’attaque barbare de l’EI.
 
Kobanê fait face à de nouvelles menaces
 
Aujourd’hui, six ans après la libération de Kobanê, la ville fait face à la menace d’invasion turque. En effet, la Turquie voit d’un très mauvais œil l’émancipation du peuple kurde à l’intérieur de la frontière syrienne. C’est pourquoi, elle a déjà envahi la région d’Afrin en 2018 avec la complicité de la Russie et celle de Serekaniyê en octobre 2019 avec le retrait des soldats américains ordonné par Donald Trump.
 
Depuis l’invasion d’Afrin et de Serekaniyê, les Kurdes syriens s’attendent aux pires des scénarios car ils savent qu’ils n’ont aucun vrai allié dans la région. Même les Etats-Unis, « alliés » des Kurdes dans la lutte contre DAECH, n’ont pas hésité à les trahir pour leurs propres intérêts d’avec la Turquie, membre de l’OTAN. La situation est pire avec la Russie qui veut que les Kurdes abandonnent le Rojava à Bachar al-Assad et qui les menace par la Turquie, comme on l’a vu à Afrin.
 

1 COMMENTAIRE

  1. Malheureusement la victoire de Kobani fut de courte durée et durant ces 6 années commémoratives, les combats n’ont jamais cessé au Kurdistan du sud-ouest entre Raqa, Hassaké, Afrin, Serekaniyê ou dans le Rojava, à Alep ou Idlib, Tel Abyad ou Ras al-Aïn le long de la frontière.

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