Il y a 75 ans, naissait la République kurde de Mahabad

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Qazi Muhammed élu président de la République de Mahabad
KURDISTAN – Le 22 janvier 1946, des notables kurdes réunis autour du leader Qazi Muhammad proclamaient la naissance d’un État kurde sous le nom de la République de Mahabad, au Rojhilat (Kurdistan d’Est), sous l’occupation iranienne.
 
Fin août 1941, l’Iran fut envahi par les Alliés, les Soviétiques contrôlant le nord où ils ont tenté de rattacher le nord-ouest kurde du pays à l’Union soviétique. Mais les Kurdes ont choisi de déclarer leur autonomie dans les limites de l’État iranien. Ainsi, dès 1941, un comité de notables kurdes a pris en charge l’administration locale de la ville de kurde de Mahabad et la République de Mahabad a été déclarée en janvier 1946, avec Qazi Muhammad élu Président.

Drapeau de la République de Mahabad
 
Avec le départ des Russes en 1946, suite aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies demandant aux Soviétiques de quitter l’Iran, et malgré l’appel des Kurdes demandant la protection des Russes contre le régime iranien, les Soviétiques sont partis, laissant les Kurdes de Mahabad entre les mains du régime iranien qui a écrasé dans le sang l’éphémère État kurde de Mahabad qui englobait les villes de Mahabad, de Piranshahr et de Naghadeh.
 
Exécution des dirigeants de la République kurde de Mahabad
 
Le Président de la République kurde de Mahabad, Qazi Muhammad fut pendu le 31 mars 1947, à l’âge de 54 ans. En plus de Qazi Muhammad, la dynastie Pahlavi a pendu plusieurs dirigeants kurdes accusés de « trahison ».
 
Plus de 80 ans de massacres et de persécutions des Kurdes d’Iran
 
Depuis la chute de la République kurde de Mahabad le 15 décembre 1946, les régimes iraniens successifs n’ont cesser de massacrer les Kurdes du Rojhilat qui ont lutté pour leurs droits et leur autonomie.
 
L’État iranien est allé jusqu’à persécuter les Kurdes à l’étranger, dont en Europe où ils avaient cherché refuge. Par exemple, le 13 juillet 1989, le leader kurde, Abdul-Rahman Ghassemlou et deux de ses collaborateurs ont été assassinés dans un appartement de la banlieue de Vienne où ils s’entretenaient avec des envoyés du président iranien d’alors, Akbar Hashemi Rafsanjani.
 
Malgré les preuves de l’implication directe de diplomates-terroristes dépêchés par le régime islamique, le gouvernement autrichien a sacrifié la justice pour les intérêts politiques et commerciaux de son pays et a permis aux trois tueurs présumés, qui s’étaient réfugiés à l’ambassade d’Iran après les meurtres de 1989, de quitter le pays sans jamais être interrogés par les autorités autrichiennes.
 
Un an après le meurtre de Ghassemlou, une des filles de Qazi Muhammad, Efat Ghazi, a été tuée par une lettre piégée destinée à son mari, militant kurde Emir Ghazi, à Västerås, en Suède, en 1990. Un assassinat très probablement ordonné par le régime iranien…
 
Trahis et abandonnés par toutes les puissances mondiales, dont les Russes et les Américains, les Kurdes du Rojhilat et des autres parties du Kurdistan colonisé luttent pour leur survie, malgré d’innombrables massacres, génocides, déportations qu’ils ont subis et malgré les divisions inter-kurdes qui aggravent leur supplice.

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