SYRIE / ROJAVA – Les habitants de Kobanê ont participé ce lundi aux funérailles de neuf jeunes Kurdes décédés dans l’incendie dans la prison de la ville après avoir été arrêtés par les gangs de Damas qui voulaient les transférer à Alep. Le cortège funèbre, parti de l’hôpital des Martyrs, a traversé les rues principales au son de chants en hommage aux disparus avant de se diriger vers le sanctuaire des martyrs de Dijlê.
Les victimes, Ahmad Mohammad Aqil, Bozan Dali, Sherwan Shafkhan, Ali Issa, Aziz Rashid, Dalil Sheikh Ali, Khaled Mohammad, Mahmoud Mustafa et Ali Aqila, ont perdu la vie dans la nuit du 11 au 12 septembre. Selon plusieurs témoignages de survivants et des rapports locaux, l’incendie a éclaté après que les détenus eurent appris un projet de transfert vers Alep. Craignant la torture, certains d’entre eux ont mis le feu à des matelas et couvertures. Au lieu de les libérer, leurs bourreaux leur ont dit qu’ils pouvaient « brûler comme des chiens ». Les flammes se sont rapidement propagées, faisant neuf morts et une quinzaine de blessés, dont plusieurs grièvement.
Les cercueils, décorés de couronnes, ont été portés à l’épaule par la foule. La cérémonie a réuni Ilham Ahmad, coprésidente du département des relations étrangères de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie, ainsi que des représentants des administrations civile, militaire et de sécurité de Kobanê, et des personnalités politiques, religieuses et sociales.
Huit des dépouilles seront inhumées prochainement : sept au sanctuaire des martyrs de Dijlê et celle de Mahmoud Mustafa dans le cimetière familial du village de Halanj. La dépouille d’Ali Aqila sera quant à elle transférée à Manbij pour y être enterrée.
L’incident s’inscrit dans un climat de tensions qui a suivi la découverte du corps de Sami Sheikhmous Hiso (également connu sous le nom de Sipan Hizni), un ancien combattant kurde retrouvé criblé de balles. Des manifestations avaient éclaté à Kobanê et dans d’autres localités, suivies d’arrestations. Les autorités locales ont décrété deux jours de deuil dans la ville, où commerces et activités ont été largement suspendus.