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SHENGAL. Suicide de femmes yézidies qui ont survécu au génocide de 2014

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IRAK / SHENGAL – La majorité des femmes et filles yézidies qui ont survécu au génocide commis par DAECH à Shengal en août 2014 souffrent de nombreux traumatisme alors qu’elles sont dans des camps de fortunes, notamment dans la région kurde de Duhok, au Kurdistan du Sud. Certaines de ces femmes mettent fin à leur vie en commettant des suicides. Une situation qui alarme le Mouvement des femmes yézidies pour la liberté TAJÊ.

Dans un communiqué écrit, TAJÊ appelle les femmes yézidies en détresse à s’adresser au TAJÊ pour chercher ensemble des solutions à leurs souffrances.

Le Mouvement des femmes yézidies pour la liberté (en kurde : Tevgera Azadiya Jinên Êzdi – TAJÊ) a publié un communiqué concernant les récents suicides dans les camps de réfugiés de Duhok. TAJÊ a exprimé sa tristesse pour les suicides et a noté que chaque problème a une solution et que le suicide ne peut être le point de départ d’aucune solution.

La déclaration a rappelé qu’il y avait encore des femmes, des enfants et des familles qui sont encore entre les mains de Daech, et a déclaré qu’il fallait penser à eux plutôt qu’au suicide. « Pendant le génocide perpétré par l’Etat islamique en 2014, ceux qui ont le plus souffert, vendus (…) torturés étaient (…) des femmes yézidies. Cependant, ce sont aussi les femmes yézidies qui demandent aujourd’hui de traduire les responsables du génocide en justice. C’est pourquoi nous, les femmes yézidies, avons une grande responsabilité. Nous devons diriger notre colère vers les envahisseurs et les forces qui veulent nous éliminer par le génocide. Personne ne devrait soutenir le sale plan que l’ennemi veut développer à travers les femmes yézidies. Le suicide n’est pas la solution. En tant que femmes organisées, nous sommes prêtes à résoudre tous les problèmes (…). »

Le communiqué indique que les femmes trouvent des solutions à leurs problèmes avec TAJÊ et ajoute: « Les assemblées de TAJÊ se trouvent dans toutes les villes et villages de Shengal. Toutes les femmes peuvent aller dans ces centres. Nous essayons de discuter et solutionner chaque problème. Nous sommes votre deuxième famille. »

ANF 

Vers un Rojava turco-compatible ?

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SYRIE / ROJAVA – Alors que le nouveau Président des Etats-Unis, Joe Biden s’apprête à prendre les rênes du pays, les Kurdes du Rojava – surtout ceux de la région d’Ain Issa, près de la route internationale M4 – sont victimes d’attaques répétées de la Turquie et de ses mercenaires alliés. De nombreux analystes prédisent une nouvelle invasion turque avant l’arrivée de Biden car l’État turc craint ne pas pouvoir agir au Rojava avec autant de liberté qu’il avait sous la présidence de Donald Trump.

Biden devrait pousser la Turquie à tolérer les Kurdes syriens 

Après l’invasion par la Turquie des régions d’Afrin en 2018, de Serê Kanîyê en 2019, et le nettoyage ethnique des Kurdes de ces régions, on doute que les Kurdes hésitent encore longtemps devant les attaques turques. Plutôt que d’accepter une invasion totale de la région par la Turquie, ils risquent de se retourner vers le dirigeant syrien Bachar al-Assad, au grand dam des Etats-Unis qui n’auront plus d’emprise en Syrie. Alors, les Américains feront tout pour que la Turquie mette de côté sa haine de Kurdes, au moins en Syrie (elle a carte blanche au Kurdistan irakien et dans le Kurdistan turc), uniquement pour ne pas saboter les plans américains en Syrie. Autrement, les Kurdes préféreraient laisser leurs terres à Assad plutôt qu’à Erdogan.

Est-ce la fin de la révolution du Rojava ?

De plus en plus de voix s’élèvent à travers les cercles de gauche dans le monde pour dire que la révolution du Rojava est sur le point d’être liquidée par les puissances internationales présentes en Syrien, à savoir les Etats-Unis et la Russie, en laissant la Turquie et les groupes mercenaires attaquer les Kurdes du Rojava, pour leur faire accepter de force pour qu’ils s’alignent sur une ligne plus libérale que révolutionnaire. Après plusieurs années de guerre, les Kurdes ont sacrifié leurs enfants par milliers pour pouvoir vivre libres sur leurs terres et tant qu’à faire dans un modèle politique révolutionnaire unique au monde en prenant comme base l’égalité homme/femme, la protection de l’environnement, le féminisme, le pluralisme ethnique et confessionnel, ainsi que le communalisme à travers les coopératifs et autres initiatives qui sortent des sentiers battus du capitalisme. Mais on craint que ce modèle ne tienne plus pour longtemps, tant ses ennemis sont nombreux et unis…

Facebook censure les pages kurdes pour le compte de la Turquie

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PARIS – Facebook-France avait supprimé le 6 avril 2018 la précédente page « Kurdistan au féminin » (KAF), qui avait près de 60 000 abonnés, car elle parlait des Kurdes et des injustices dont ils sont victimes dans les quatre parties du Kurdistan. Hier, il a supprimé une de nos images* montrant Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois femmes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013. Facebook prétend que cette publication n’est pas conforme à ses standards et prévient que notre « Page est sur le point d’être dépubliée et fait l’objet d’une diffusion limitée et d’autres restrictions en raison d’infractions répétées aux Standards de la communauté ».

 

Image censurée par Facebook

 

Facebook nous avertit que notre page risque d’être supprimée 

Facebook-France fait taire les voix kurdes pour plaire à la Turquie

Pour nous, la censure de notre page Facebook, basée en Europe, est ordonnée directement par le pouvoir turc qui a déjà banni notre site, ainsi que notre compte Twitter et notre page Facebook sur décision de la « justice ». La Turquie ne se contente pas de massacrer les Kurdes, les chasser de leurs terres, elle mène sa guerre anti-kurde sur les réseaux sociaux également, jusqu’en Europe. On vous entend dire « Pourquoi Facebook accepte d’agir dans l’intérêt de la Turquie, même en Europe ? » La réponse est simple: si Facebook veut ne pas être banni en Turquie, il doit accepter les 4 volontés de la Turquie, à savoir la censure des voix kurdes efficaces sur sa plateforme. En effet, les publications de KAF sont essentiellement en français et donc s’adressent à un public européen/occidental. Mais quoi de plus pénible pour la Turquie de voir les Kurdes entendus, vus dans le monde, alors qu’elle s’acharne à les liquider en tant que peuple? C’est pourquoi, elle utilise tous les moyens qui sont à sa disposition pour nous faire la guerre où qu’on soit dans le monde, y compris dans le monde virtuel.

On continuera à dire la vérité kurde, malgré la censure

La suppression de notre page Facebook précédente ne nous a pas empêché de dire la vérité sur ce que nous, les femmes et hommes kurdes, subissons de la part du régime turc. C’est pourquoi, la suppression probable de notre page actuelle ne nous réduira pas en silence. On en créera une autre et on continuer à parler de la réalité kurde, aussi gênante qu’elle soit pour la Turquie.

A bas la censure !

Vive la liberté d’expression, y compris celle des Kurdes !

On ne lâche rien et on compte sur nos lectrices et lecteurs qui seront nos relais à travers leurs sites, réseaux etc.

 

 

FRANCE. Les Kurdes victimes de l’injustice française

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PARIS – Cela fait 8 ans jour pour jour, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, 3 militantes kurdes, ont été assassinées à Paris. Assez vite, de nombreux éléments de l’enquête ont pointé du doigt les services secrets turcs et un suspect arrêté. Mais la justice française a trainé l’affaire pendant plusieurs années car dévoiler une affaire d’assassinat politique impliquant un État étranger, en l’occurrence la Turquie, n’était pas anodin.
 
L’assassin présumé, Omer Guney est mort en prison en décembre 2016 et certains ont prié pour que l’affaire soit classée sans suite. Mais les familles des victimes ont porté plainte. Ainsi, un nouveau juge anti-terroriste fut saisi en mai 2019 et une information judiciaire a été ouverte pour « complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Depuis, c’est de nouveau silence radio.
 
La France espère que le temps aura raison des Kurdes qui cesseront de demander que la justice soit rendue aux trois militantes tuées au coeur de Paris le 9 janvier 2013. Mais les Kurdes restent mobilisés et descendent dans les rues de Paris à chaque date anniversaire de l’assassinat politique visant trois femmes il y a 8 ans.
 
Cette année, en raison des restrictions dues à la pandémie du coronavirus, les Kurdes n’ont pas pu faire une manifestation centrale à Paris. Ils ont défilé par milliers dans de plusieurs villes françaises, dont Paris, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, Marseille, Rennes… et ont demandé à la France de juger le dirigeant turc, Erdogan, pour le meurtre de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. A Paris, il y avait environs 5000 manifestants, dont de nombreux élus, représentants de partis politiques et d’organisations de la société civile.
 
Retour sur un crime d’Etat commis sur le sol français
 
Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez ont été abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris.
 
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès.
 
Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.
 
Une nouvelle enquête relancée autour du rôle des services secrets turcs
 
En mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre.
 
Un juge antiterroriste a été chargé en mai 2019 pour reprendre l’enquête sur l’assassinat en 2013 à Paris de trois militantes kurdes, à la demande des familles qui réclament d’approfondir la thèse de l’implication des services secrets turcs (MIT).
 
Qui sont les 3 femmes abattues ?
 

Sakine Cansiz
 
Cofondatrice du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), Sakine Cansız est née dans la province de Dersim en 1957. Après plusieurs années d’activité dans le mouvement de la jeunesse étudiante à Elazıg, elle rejoint en 1976 le mouvement révolutionnaire kurde.
Suite à sa participation au congrès du PKK, le 27 novembre 1978, la jeune femme est arrêtée à Elazıg et envoyée en prison avec un groupe d’amis. Soumise à de lourdes tortures dans la période ayant suivi le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, elle n’est libérée qu’en 1991.
 
Après sa libération, elle poursuit ses activités militantes dans l’ouest et le sud du Kurdistan.
 
Après de longues années de lutte dans les montagnes du Kurdistan, Sakine Cansız va en Europe où elle prend la direction du mouvement des femmes kurdes. Figure pionnière du mouvement de libération kurde, elle a grandement contribué au renforcement des organisations kurdes au sein de la diaspora.
 
Fidan Dogan
 
Fidan Doğan est née en 1982, à Elbistan, dans la province de Maraş. Fille d’une famille d’immigrés, elle grandit en France.

Dès son enfance, elle se met en quête de son identité kurde. À partir de 1999, elle s’engage dans les organisations kurdes en Europe. À partir de 2002, elle travaille activement dans le domaine de la diplomatie. Elle devient représentante à Paris du Congrès national du Kurdistan (KNK).
 

Leyla Saylemez
 
Fille d’une famille originaire de Lice, dans la province de Diyarbakir, Leyla Saylemez est née dans la ville turque de Mersin où elle passe son enfance jusqu’à ce que sa famille déménage en Allemagne, dans les années 90. Après un an d’études en architecture, elle rejoint la lutte pour la liberté au Kurdistan et s’engage particulièrement dans les activités de la jeunesse kurde.

ROJAVA. Les femmes lancent une campagne pour faire du vélo et protéger l’environnement

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SYRIE / ROJAVA – Des militantes de la ville kurde de Qamishlo ont lancé l’initiative «Je veux un vélo» pour sensibiliser le public contre la pollution et pour encourager les femmes à faire du vélo.
 
Media Xanim, journaliste pour le journal Ronahî, et Şinda Ekrem, présentatrice d’une émission sur ÇIRA TV, ont lancé il y a quelques semaines l’initiative «Je veux un vélo».
 
L’initiative, qui a commencé avec deux femmes, s’est transformée en un groupe de femmes faisant du vélo quelques jours plus tard. Ce groupe se compose désormais de 15 femmes et son nombre devrait augmenter car la porte de l’initiative est ouverte à toutes les femmes.

L’initiative vise à protéger l’environnement et à réduire les embouteillages causés par l’augmentation du nombre de véhicules.
 
Les membres du groupe âgés de 18 à 35 ans assistent aux cours tous les vendredis et dimanches pour organiser un concours.

Une participante du nom Şînda Ekrem, membre de l’initiative «Je veux un vélo», a déclaré qu’elle avait commencé le cyclisme en 2017.
 
Şînda Ekrem a déclaré qu’elle trouvait cela très difficile parce que la société rejetait l’idée des femmes à vélo, mais elle a continué seule malgré les difficultés, et a ajouté qu’il est important d’encourager toutes les femmes à utiliser le vélo et de réduire le nombre de véhicules.
 
Déclarant que l’Association sportive du canton de Qamishlo répond aux besoins de l’équipe cycliste féminine, Ekrem a appelé à soutenir les institutions et organisations féminines.
 
Cilan Mihemed, également participante à l’initiative, a déclaré qu’elle était très heureuse d’entendre parler de cette initiative parce qu’elle aimait le vélo depuis son enfance et a appelé les femmes à rejoindre cette initiative.
 

FRANCE. Sakine, Fidan et Leyla: la recherche de la justice continue

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Il y a huit ans aujourd’hui, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois femmes kurdes, ont été exécutées à Paris. 

La cofondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez avaient étés tuées d’une balle dans la tête. Ce qui portait toutes les caractéristiques d’un assassinat ciblé.

Selon les autorités françaises, il n’y avait aucun signe d’entrée forcée, ce qui signifie que le meurtrier connaissait le code d’entrée ou avait été laissé entrer par les victimes.

Mais nous ne saurons peut-être jamais la vérité – le principal suspect Omer Guney, qui a été arrêté peu après les meurtres, est décédé en prison quelques jours à peine avant le début de son procès.

Sa mort laisse ce triple assassinat enveloppé de mystère, avec des allégations de camouflage et de crime d’État.

Les femmes assassinées étaient des personnalités clés du mouvement kurde. Dogan travaillait au centre d’information kurde à Paris et serait proche du leader du PKK Abdullah Ocalan.

Les propos tenus par le président français de l’époque, François Hollande, affirmant qu’il avait des réunions régulières avec l’un des tués – supposé être Dogan – ont attiré l’ire du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans une apparition télévisée, il a exigé des réponses d’Hollande pour expliquer pourquoi il avait été «en communication avec ces terroristes».

Et il a critiqué sévèrement les pays européens qu’il a accusés d’abriter des «terroristes du PKK» sur leur sol.

Saylemez était une militante des droits kurdes qui, comme tant de ses contemporains, avait été accusée en Turquie d ‘«appartenance à une organisation terroriste».

Mais la principale cible des meurtres est considérée par beaucoup comme le leader révolutionnaire Sakine Cansiz.

Cansiz, connue sous le nom de Sara, avait une un rôle de premier plan dans le mouvement de libération kurde et a été co-fondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en 1978. Elle reste une source d’inspiration pour les femmes qui luttent pour la libération à travers le monde aujourd’hui.

La politicienne kurde, Sebahat Tuncel, a expliqué comment elle avait grandi en entendant parler de Cansiz, comment elle avait résisté et craché au visage de ses tortionnaires [dans la prison tristement célèbre de Diyarbakir].

«Elle était un nom très important pour les femmes kurdes. Elle était féministe et sa lutte était toujours à double tranchant: contre la domination masculine et pour les droits kurdes», a déclaré Tuncel.

Née dans une famille alévie de la ville kurde de Dersim, elle est devenue active dans le mouvement de libération kurde après avoir rencontré des militants à l’adolescence.

Elle a rencontré le leader du PKK Abdullah Ocalan pour la première fois dans un groupe d’étude universitaire et a commencé à débattre d’idéologie, en assistant et en organisant des réunions et des marches.

Cansiz a rapidement eu des ennuis avec les autorités et a été arrêté à Izmir, dans l’ouest de la Turquie, avant de retourner s’engager dans l’éducation sur la façon d’organiser le mouvement de libération kurde et la lutte révolutionnaire.

Elle a été de nouveau arrêtée dans le cadre du coup d’État militaire de 1980 et condamnée à 24 ans de prison pour avoir créé une branche du PKK à Elazig.

Elle a passé 10 ans dans la tristement célèbre prison de Diyarbakir, où la torture et les agressions sexuelles étaient monnaie courante. Il était connu pour sa brutalité, avec des chocs électriques et des passages à tabac au quotidien.

Pas une seule femme pendant cette période n’est devenue informatrice, ce qui est largement attribué à la force et à la résilience que Cansiz a inspirées aux autres.

Pour la communauté kurde, il existe une forte suspicion et conviction que les meurtres ont été ordonnés ou perpétrés par les services de renseignement turcs (MIT).

Guney a été pris avec du sang sur ses chaussures et de l’ADN le reliant à la scène du crime, des enquêtes révélant qu’il se trouvait au centre d’information kurde au moment où les meurtres auraient été commis.

On pense qu’il avait des sympathies nationalistes turques de droite, infiltrant le mouvement kurde en tant que chauffeur et assumant d’autres tâches.

Guney avait pris des photos des détails personnels d’environ 300 membres d’organisations kurdes qui ont été envoyés puis supprimés de son téléphone.

Et un enregistrement vocal publié sur Internet par une source anonyme serait celui de Guney parlant à des officiers non identifiés du MIT des plans d’assassinat.

Le dossier d’enquête contient également des documents affirmant que «l’ordre d’exécution» a été donné par quatre administrateurs du MIT.

Le document, intitulé «Réf: Sakine Cansiz, nom de code Sara», aurait été signé par les responsables du MIT Yuret, UK Ayik, S. Asal et H. Ozcan.

Il a allégué qu’un agent connu sous le nom de «légionnaire» avait reçu 6 000 euros pour préparer les assassinats et avait rencontré des agents du MIT en Turquie avant les meurtres.

Les services de renseignement turcs ont rejeté les preuves, affirmant que le document n’était pas authentique. Ils insistent sur le fait que les meurtres ont été perpétrés par un individu qui voulait faire dérailler les pourparlers de paix qui, selon les révélations, avaient lieu entre des agents du MIT et Ocalan quelques semaines avant les fusillades.

Certains ont suggéré qu’il s’agissait peut-être d’une querelle interne du PKK visant Cansiz, une figure importante du mouvement kurde.

Cependant, en janvier 2018, la coprésidence exécutive de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK) a publié une déclaration affirmant le nom de l’homme qui avait planifié les meurtres de Paris sous le nom de Sabahattin Asal, un haut responsable du MIT qui avait également pris part aux négociations de paix avec Ocalan.

La déclaration affirmait que deux officiers du MIT capturés par le PKK avaient avoué qu’Asal était la personne qui avait orchestré les meurtres.

Le KCK a déclaré que l’admission et le rôle d’Asal dans les pourparlers de paix d’Imrali jettent un nouvel éclairage sur le rôle du gouvernement turc dans les meurtres et sa véritable politique face à la soi-disant question kurde.

Ce ne serait pas la première fois que les services de renseignement turcs seraient soupçonnés ou accusés de jouer un rôle dans des exécutions extrajudiciaires.

Ces craintes ont pris une nouvelle importance en janvier 2018 avec les allégations du député arménien du HDP Garo Paylan selon lesquelles une nouvelle vague d’assassins serait envoyée à travers l’Europe avec une liste de succès, y compris d’éminents universitaires, journalistes et opposants politiques.

La tentative d’assassinat du footballeur kurde au franc-parler Deniz Naki, qui a subi des tirs alors qu’il était au volant de sa voiture sur une autoroute en Allemagne il y a trois ans, ne fait que renforcer ces affirmations.

Naki pense qu’il a été visé soit par un agent du gouvernement turc, soit par des nationalistes turcs de droite.

En octobre de l’année dernière, il est allégué que des membres de l’Organisation nationale du renseignement (MIT) étaient à l’origine d’un complot visant à assassiner le Parti de l’Union démocratique (PYD) Salih Muslim et Aldar Khalil du comité exécutif du Mouvement de la société démocratique (Tev-Dem).

Et en décembre, le citoyen italien Feyyaz Öztürk a affirmé avoir été soumis au chantage du MIT pour tuer ou blesser Berivan Aslan, une politicienne autrichienne d’origine kurde.

Les enquêteurs n’ont pas été en mesure d’identifier les auteurs des meurtres de Paris, mais les preuves jusqu’à présent indiquent Ankara, et en particulier les services de renseignement turcs.

On pense que c’est la première fois qu’un État est officiellement suspecté d’un «meurtre politique».

L’implication dans l’acte d’accusation est claire. «Il y a des indications qui donnent à penser que le MIT a été impliqué dans l’incitation aux meurtres et leur exécution.

On a découvert qu’Omer Guney était impliqué dans des activités d’espionnage et qu’il était en contact avec quelques espions en Turquie», lit-on.

Cela soulève la question: Guney en savait-il trop? Il n’y avait aucune preuve disponible pour suggérer que Guney était malade avant sa mort subite, qui est survenue quelques semaines à peine avant qu’il ne prenne la barre.

Si sa prétendue maladie avait été connue, pourquoi les procureurs ne l’ont-ils pas traduit en justice plus tôt?

Des rumeurs circulent selon lesquelles Guney aurait pu être tué pour mettre fin à l’affaire et la balayer sous le tapis avant que l’État turc ne devienne plus profondément impliqué et que les secrets soient dévoilés.

Cependant, l’avocat des familles Antoine Comte a déclaré que l’affaire n’était pas encore close et qu’il voulait interroger les agents du MIT qui ont été impliqués dans les meurtres.

«Il est presque impossible à l’heure actuelle d’extrader ces personnes avec des crimes finalisés du pays où ils se trouvent», a-t-il expliqué.

Comte a déclaré que les preuves et déclarations des officiers du MIT détenues par le PKK pourraient être «très importantes pour l’affaire» et pourraient confirmer les documents détenus par le procureur français.

La France a rouvert le dossier en 2019. Mais un nouveau rapprochement entre Paris et Ankara annoncé hier pourrait voir les deux nations se resserrer une nouvelle fois pour dénier justice et laisser les morts enveloppées de mystère.

Les services de renseignement français ont cherché à clore l’affaire malgré les preuves qu’ils ont fournies concernant une réunion en prison entre Guney et Ruhi Seman, un associé et collègue de travail alors qu’il vivait en Allemagne.

Cette réunion était remarquable car c’était la première que le suspect de meurtre était autorisé en prison. Même sa famille n’avait pas été autorisée à une visite à ce stade. 

Mais malgré des preuves claires que Guney lui a passé une note détaillant une tentative d’évasion de prison, qu’il aurait voulu remettre au MIT, Semen n’a jamais été interrogé.

La conspiration internationale s’est élargie comme a rapporté hier ANF rappelant que Semen restait actif dans les organisations basées en Allemagne associées au MIT, y compris l’Union turco-islamique des affaires religieuses (DITIB).

Le DITIB exploite quelque 900 mosquées en Allemagne et serait la partie la plus importante du réseau de renseignement du régime d’Erdogan.

Semen dirigeait également le club de sport « Türkspor Hausham » qui est entre les mains des nationalistes turcs et qui aurait formé Guney à la manière de procéder à des assassinats de politiciens kurdes là-bas.

Le gouvernement allemand a confirmé que Guney avait été retrouvé avec une arme non autorisée lors d’un contrôle routier de la police en 2005 et à une deuxième fois en 2011, des policiers l’avaient surpris avec des gaz lacrymogènes et un couteau.

La vérité sur ce triple meurtre ne sera peut-être jamais connue, mais le combat pour la justice se poursuit.

Les femmes assassinées à Paris sont l’inspiration de celles qui mènent la lutte contre DAECH en Syrie et la dictature brutale et tyrannique d’Erdogan en Turquie.

Les femmes kurdes ont lancé la campagne de  100 raisons pour juger le dictateur Erdogan en compilant un dossier complet  et une  pétition  à l’appui des efforts  pour qu’Erdogan soit jugé devant la Cour pénal internationale de Laye pour crimes de guerre.

La campagne se déroulera jusqu’au 8 mars, Journée internationale de la femme. Elles appellent à soutenir leur campagne pour que le dirigeant misogyne et tyrannique de la Turquie rende des comptes.

Nous devons défendre la justice pour Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez et tous les progressistes doivent se rallier à la cause des femmes révolutionnaires au Rojava, en Turquie et dans le monde.

Jin, Jiyan, Azadi (femmes, vie, liberté).

ANF (Article de Steve SWEENEY)

TURQUIE. Les frais de justice du policier qui a tué Kemal Kurkut pris en charge par le ministère de l’intérieur

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TURQUIE / BAKUR – Les honoraires de l’avocat représentant le policier turc Yakup S. accusé d’avoir tué l’étudiant kurde Kemal Kurkut seront pris en charge par le ministère de l’Intérieur.
 
Lors des célébrations du Newroz à Diyarbakır, Kemal Kurkut, un étudiant kurde de 22 ans, a été abattu par un policier turc au point de contrôle à l’entrée de la fête.
 
Yakup S., a été acquitté le 17 novembre 2020 par la 7e Haute Cour pénale de Diyarbakır dans l’affaire où il était jugé pour «meurtre délibéré» de Kurkut*.
 
Il a été révélé que la police Yakup S., a demandé à la Direction générale de la sécurité le paiement des honoraires d’avocat pendant le procès.
 
Le policier a exigé le paiement de ses honoraires d’avocat sur la base de la disposition selon laquelle les honoraires de l’avocat affecté à la police seront payés sur le budget de la Direction générale de la sécurité.
 
Le 21 mars 2017, Kemal Kurkut, un étudiant kurde de 22 ans, a été abattu par un policier turc, devant des dizaines de journalistes et une foule rassemblée pour célébrer le Nouvel-An kurde, à Amed (Diyarbakir).
 
Après le meurtre de Kemal Kurkut, les policiers ont immédiatement confisqué les appareils des journalistes pour effacer les images afin de cacher leur crime. Mais le journaliste Abdurrahman Gök a réussi à cacher la carte de son appareil dans la poche arrière de son pantalon. Ainsi, quand les policiers ont fouillé son matériel, ils n’ont rien trouvé tandis que le journaliste leur a menti en disant qu’il n’avait pas eu le temps de prendre des images. Gök risque 20 ans de prison pour avoir caché les images du meurtre…

POÉSIE. Choman Hardi: « Considérer les femmes »

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KURDISTAN / FEMMES – Depuis quelques années, l’Occident découvre la littérature féministe kurde qui dénonce avec virulence la souffrance des femmes dans la société conservatrice kurde. Après les romans de Sara Omar, voici des poèmes de Choman Hardi pour entendre le cri de rage et de douleur des filles et des femmes kurdes qu’une société misogyne détruit à coup de « crimes d’honneur ». 

Celles et ceux qui ont découvert Sara Omar, écrivaine danoise d’origine kurde, à travers « La laveuse de mort”, un roman coup de poing contre l’oppression des femmes kurdes, ont dû remarquer qu’être fille/femme pouvait signifier vivre l’enfer sur terre si vous avez la malchance de vivre dans une société patriarcale conservatrice, opprimée par les nations qui la colonisent et qui à son tour opprime et détruit les plus « faibles » de ses membres, à savoir la gent féminine.

Autant La laveuse de mort de Sara Omar est un roman dérangeant qui met en scène des meurtres, torture, viols et agressions des filles et de femmes dans toute sa nudité, autant le recueil de poèmes « Considérer les femmes » de Choman Hardi tente de nous épargner la cruauté de ces mêmes horreurs en les drapant de la poésie.

Hardi, comme Omar, nous rappelle le génocide d’Anfal ordonné par le dictateur irakien Saddam Hussein, des milliers de femmes, hommes, enfants, vieillards raflés et qui ont fini dans des fosses communes au sud de l’Irak, loin de leurs terres du nord; des filles et des femmes vendues, violées par leurs bourreaux irakiens, des dizaines de milliers d’autres fuyant leur pays avec le souffle froid de la mort dans leur cou… Un peuple apatride, trahi de tous depuis plus d’un siècle et dont la malédiction semble être son destin pour toujours.  
 
En prose ou en poésie, vive la voix féminine kurde qui brise les chaînes du patriarcat et des colonisateurs du Kurdistan et qui montre aux femmes kurdes que les violences, les inégalités homme/femme, les mariages forcées, les féminicides, le colonialisme … ne sont pas une fatalité !

 

Le recueil de poèmes « Considérer les femmes » a été publié par la maison d’éditions Kontr.  

La poétesse et l’académicienne, Choman Hardi a survécu au génocide d’Anfal dans son enfance mais aussi l’exil au Royaume-Uni pendant 26. Une fois diplômée des prestigieuses universités d’Oxford et de Kent, Hardi est retournée au Kurdistan d’Irak pour enseigner l’anglais et intégrer l’Université américaine de Souleimaniye-Irak où elle a fondé en 2015 le Centre d’études sur le genre et le développement.

Sous sa direction, ce centre a lancé les premières études interdisciplinaires de genre pour mineurs en Irak et est en train de développer des ressources pour les études de genre en kurde et en arabe en direction des universités du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord avec un financement de l’Union européenne. En 2019, elle a reçu le soutien du Global Challenges Research Fund au Royaume-Uni pour un projet quinquennal sur « masculinité et violence » en partenariat avec la London School of Economics.

 

La communauté alévie de Turquie : politisation et redéfinition de ses revendications

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TURQUIE / BAKUR – « Les Alévis apparaissent, aux côtés des Kurdes, comme l’une des minorités subissant en Turquie les discriminations les plus médiatisées – et, partant, les plus connus. Si la position victimaire des Alévis est quasi-systématiquement soulignée par les différents médias traitant du sujet, ces derniers s’interrogent rarement sur l’activisme politique des Alévis et leurs positions vis-à-vis des enjeux identitaires et politiques en Turquie. »
 
Troisième des 4 volés d’un article traitant de la question alévie en Turquie, écrit par le journaliste Emile Bouvier.
 
A lire sur le site Les clés du Moyen-Orient

FRANCE. Des organisations de femmes demandent qu’Erdoğan soit traduit en justice pour le meurtre de trois femmes kurdes à Paris

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PARIS – Le mercredi 6 janvier, une marche blanche a été organisée par le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) en hommage à Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes exécutées à Paris le 9 janvier 2013.
 
Lors des prises de parole devant l’immeuble où les trois femmes kurdes ont été exécutées il y a 8 ans, les intervenantes ont demandé que le Président turc Erdogan soit poursuivi en justice pour le triple meurtre visant les militantes kurdes le 9 janvier 2013.
 
Le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F), Femmes Solidaires, Marche Mondiale des Femmes, Réseau Féministe «Ruptures», Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), France-Kurdistan, Union des Femmes Socialistes (SKB) font partie des associations et groupes de femmes qui ont publié une déclaration à l’occasion du 8e anniversaire du meurtre de Sakine Cansiz, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez à Paris, le 9 janvier 2013.
 
Le 9 janvier 2013, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes ont été assassinées par balle à Paris. Assez vite, de nombreux éléments de l’enquête ont pointé de doigt les services secrets turcs et Omer Guney, le présumé assassin, arrêté. Mais la justice française a laissé traîné l’affaire et le seul accusé arrêté dans ce triple meurtre est mort en prison. Suite à quoi, en mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre. Depuis, c’est silence radio au niveau de la justice française. Mais les Kurdes ne baissent pas les bras et redescendent dans les rues de Paris à chaque date anniversaire de ce triple meurtre.
 
«Notre colère et notre douleur sont toujours fortes. Nous condamnons leur assassinat tout en renouvelant nos protestations contre les institutions françaises et les gouvernements successifs qui n’ont toujours pas agi pour que justice soit faite tant que les auteurs et les sponsors sont connus », précise le communiqué.
 
« Depuis 8 ans, le peuple kurde et ses amis se battent pour que la vérité soit révélée et pour que le rôle joué par le gouvernement turc soit révélé. La France a raté une occasion cruciale pour enfin essayer un crime politique commis sur son territoire. Nous savons que ce meurtre et l’impunité dont jouit le meurtrier et dont jouissent toujours les auteurs du crime sont des attaques contre la lutte des femmes pour la liberté, l’égalité, la justice et la démocratie. Nous savons que toute violence contre les femmes est politique et idéologique. »
 
Le communiqué ajoute: «Par l’intermédiaire de Sakine, Rojbin et Leyla, nous commémorons toutes les femmes qui ont été assassinées de Dulcie September à Berta Caceres, à Marielle Franco.»
 
La déclaration se termine par un appel à toutes les femmes à participer à la grande marche contre l’impunité et pour que justice soit enfin rendue à Sakine, Rojbin et Leyla.
 
La manifestation aura lieu le samedi 9 janvier, à 14 heures, à Paris Gare du Nord.
 
Les premiers signataires de la déclaration conjointe sont:
 
Le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F), Femmes Solidaires, Marche Mondiale des Femmes, Réseau Féministe «Ruptures», Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), France-Kurdistan, Union des Femmes Socialistes (SKB), Laurence Cohen-Sénatrice du Val de Marne et vice-présidente de la délégation aux droits des femmes, Danielle Simonnet – Coordinatrice du Parti de Gauche, Halima MENHOUDJ-Adjointe au Maire en charge de la coopération décentralisée, de la solidarité internationale, Le collectif Libertaire Anti-Sexiste, Catherine Samary Féministe Altermondialiste, Fabienne Lefebvre- Conseillère municipale et territoriale de Vitry-sur-Seine, La Ligue des Femmes Iraniennes pour Démocratie (LFID), Collectif des Amazighs en France, Mouvement jeunes communistes de France (MJCF), La ligue des droits de l’homme (LDH).
 
Via ANF
 

TURQUIE. Il y a 25 ans, le journaliste Metin Göktepe fut tué sous la torture

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TURQUIE – Il y a 25 ans, le journaliste kurde, Metin Göktepe a été tué sous la torture par des policiers turcs à Istanbul.
 
25 ans se sont écoulés depuis le meurtre du journaliste Metin Göktepe qui a été tué sous la torture après avoir été détenu alors qu’il couvrait l’enterrement de deux prisonniers tués lors d’une émeute dans la prison d’Ümraniye, à Istanbul, le 8 janvier 1996. Le meurtre de Göktepe a eu de grandes répercussions en Turquie à l’époque.
 
Metin Göktepe, né en 1968 à Sivas/Gürün (une région kurde à l’est du pays), travaillait pour le journal Evrensel. Il s’était rendu au cimetière d’Alibeyköy, à Istanbul, le 8 janvier afin de couvrir les funérailles de deux détenus de gauche, Rıza Boybaş et Orhan Özen, qui ont été battus à mort pendant les émeutes de la prison d’Ümraniye, à Istanbul.
 
Le 4 janvier, Metin Goktepe a été arrêté par la police qui a bloqué la zone. Il a été battu et emmené à la salle de sport du quartier d’Eyüp. Au cours des contacts entre les avocats d’Evrensel, les autorités de police et le procureur d’Eyüp, il a été déclaré que Göktepe était en détention et qu’il serait libéré dans la soirée à moins que des poursuites judiciaires ne soient engagées. Un inconnu, qui a été arrêté puis relâché, a appelé le journal Evrensel vers 20 heures et a rapporté que Göktepe avait été battu à mort.
 
Faisant une déclaration sur l’incident, le procureur d’Eyüp, Erol Can Özkan, a déclaré que Göktepe, après avoir été libéré le 8 janvier au soir, avait été retrouvé mort dans un parc à 100 mètres de la salle de sport d’Eyüp vers 20 heures. Il a été établi plus tard que le corps de Göktepe avait été retrouvé non pas dans le parc mais devant un buffet près de la salle de sport. Les résultats de l’autopsie ont montré qu’une hémorragie interne du cerveau et des tissus de Göktepe, survenus à la suite de coups à la tête et au corps, étaient la cause du décès.
 
« Procès »
 
Dix policiers ont été jugés pour la mort de Göktepe. Cinq ont été acquittés et cinq condamnés à 18 ans de prison, commués en 7 ans en raison de leurs « bonnes manières au tribunal » et qu’il était « impossible de déterminer le véritable agresseur ». Après avoir passé 1 an et 8 mois en prison, les cinq policiers ont été libérés dans le cadre d’une amnistie.

ROJAVA. Une survivante yézidie raconte l’enfer vécu entre les mains de l’Etat islamique

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SYRIE / ROJAVA – La survivante yézidie, Assimah Jassim Khadr, raconte l’histoire de son enlèvement à l’âge de 12 ans, les massacres et les enlèvements de femmes et d’enfants à Shengal, ainsi que l’enfer qu’elle a vécu en tant qu’esclave sexuelle, jusqu’au jour où elle fut sauvée par les forces kurdes.
 
La survivante yézidie, Assimah Jassim Khadr, qui a 19 ans maintenant, est née dans le village de Beberouj, à Shengal (Şengal). Elle avait une grande famille de six femmes et trois hommes. Elle a été kidnappée à 12 ans lorsque des mercenaires de l’État islamique ont lancé une attaque brutale contre le Şengal et a été laissée aux mains des mercenaires de l’Etat islamique, lorsque les forces peshmergas du PDK ont abandonné le Şengal, laissant sa minorité religieuse yézidie dans les griffes de l’Etat islamique, et Assimah fut une des milliers de Yézidis abandonnés à la barbarie de l’État islamiques (EI / DAECH / ISIS).
 
Capturée en pleine nuit
 
Assimah, qui a été libérée après près de 7 ans de captivité, d’esclavage et de torture, a raconté à l’agence de presse Hawar certaines des horreurs qu’elle a rencontrées et a déclaré: « Nous vivions à Şengal en paix et en sécurité avant l’attaque de l’Etat islamique. En août 2014, nous avons entendu les bruits de tirs intenses et les forces peshmergas du Parti démocratique du Kurdistan quittant la région, elles étaient censées nous protéger. Ils ne nous ont même pas informés de ce qui se passait pour que nous puissions partir avant l’arrivée de l’Etat islamique.
 
Les Yézidis n’étaient plus en mesure de faire quoi que ce soit. Nous avons essayé de nous enfuir et de nous diriger vers le mont Şengal, mais des mercenaires de l’Etat islamique ont assiégé la foule yézidie, et ils ont tué de nombreux jeunes hommes à ce moment-là (…). »
 
Descente aux enfers 
 
« Après nous avoir rassemblés et trié les jeunes hommes, les jeunes femmes et les personnes âgées, et séparé toutes les familles les unes des autres, et transféré les filles à Mossoul, et je ne sais pas ce qui est arrivé à ma famille et au reste de la population de Şengal », dit-elle.
 
Après son arrivée à Mossoul, elle a été transférée à la soi-disant «Cour de la charia» de l’Etat islamique et emprisonnée à l’intérieur du tribunal pendant 10 jours, après quoi ils l’ont vendue à un membre de l’Etat islamique de nationalité irakienne, appelé «Al-Baraa», 21 ans, pour vivre la torture et les viols.
 
Torturée, brûlée et violée
 
Khader a déclaré: « Je suis restée avec le jeune irakien pendant deux ans et demi, au cours desquels j’ai vécu un véritable cauchemar et soumise à la torture, aux coups et aux insultes. Il était interdit de quitter la maison jusqu’à ce qu’il me brûle la main tatouée au nom de mon père, sous prétexte que c’est «interdit » !

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Tatouage brûlé
Khader fut ensuite vendue à un autre État islamique syrien de 45 ans, appelé « Al-Qaqaa », qui l’a transférée en Syrie.

Elle a poursuivi: «Je suis restée 2 ans en Syrie, puis il m’a aussi vendue à un autre membre de l’Etat islamique d’Al-Baghouz appelé« Abdul Karim »et je suis restée avec lui pendant un an et plusieurs mois et j’ai donné naissance à un enfant. Le mercenaire Abdul Karim a été tué à Al-Baghouz. »
 
D’Al-Baghouz au camp d’Al-Hol
 
Assimah dit qu’après la bataille d’Al-Baghouz, elle a été transférée avec le reste des femmes de l’EI par les FDS au camp d’Al-Hol, déclarant que les femmes de l’Etat islamique lui avaient ordonné de ne pas révéler son identité yézidie aux forces démocratiques syriennes (FDS), pour ne pas être envoyée à Şengal, où elle serait tuée par les gens de sa communauté. Elle dit qu’elle ne savait rien des FDS, elle a donc préféré garder le silence et rester avec les femmes de l’Etat islamique dans le camp d’Al-Hol pendant deux ans.
 
Évasion du camp d’Al-Hol
 
Assimah dit qu’après deux ans, certaines de ses amies du camp lui ont dit qu’elles fuiraient le camp par le biais de passeurs. Elles ont réussi à s’échapper et à atteindre la ville d’Al-Busairah, dans la campagne de Deir ez-Zor.
 
Elle a déclaré qu’elle vivait avec l’une des femmes de l’Etat islamique là-bas dans de mauvaises conditions de vie et a entendu des histoires de certaines des femmes de la ville sur la libération des femmes yézidies et de les amener à Şengal en toute sécurité sans leur faire de mal. Finalement, elle est allée au centre pour femmes Asayîş (forces de sécurité) à Deir ez-Zor et révélé son identité.
 
La délivrance
 
Les Asayîş de Deir Ezzor l’ont transférée dans la région de Jazira, et cette dernière a contacté la Maison yêzidie qui a reçu la survivante et la livrera bientôt à sa famille à Şengal.