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Sedat Ulugana: « Seyid Riza était un leader kurde indomptable »

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Le 15 novembre 1937, Seyid Riza, un dignitaire alévi et chef du mouvement kurde pendant la rébellion de Dersim, fut pendu par l’État turc à l’âge de 74 ans avec son fils et plusieurs compagnons.

Parlant de la révolte des Kurdes de Dersim et de Seyid Rıza, l’académicien Sedat Ulugana a déclaré que: « les héros n’ont pas de tombes dans les colonies. Ils n’ont pas autorisé qu’ils y ait des tombes pour Cheikh Said, Seyit Reza et Khalid de Gibran. On dit aussi que les corps n’ont jamais été enterrés. Je suis également tombé sur des documents d’archives français selon lesquelles leurs corps avaient été brûlés. »
 
84 ans après l’exécution de Seyit Rıza et ses compagnons, on ne sait toujours pas où sont leurs corps. Cheikh Said et ses 46 amis, Halit de Gibran, Yusuf Ziya, Sayyid Abdulkadir, Kemal Fevzi et bien d’autres n’ont pas de tombe. Académicien Sedat Ulugana dit : « Il n’y a pas de tombes de héros dans les colonies ». Au 84e anniversaire de son exécution, le journal Yeni Yasam a interviewé le chercheur et historien Sedat Ulugana sur la révolte de Dersim et son chef Seyid Rıza. 

Sedat Ulugana
 
Qui est Seyit Rıza ?
 
Nous ne connaissons pas la véritable date de naissance de Seyit Rıza. Puisqu’il a été exécuté en 1938 à l’âge d’environ 70 ans, on peut supposer qu’il est né dans le dernier quart de 1800. Il est né à Dersim. Contrairement à ce que prétendent certains partis, il a reçu une instruction. Bien sûr, l’éducation qu’il a reçue n’était pas une éducation des normes d’aujourd’hui. Au Kurdistan, les Kurdes sunnites et les Kurdes Kizilbash [Un Kizilbaş / Qizilbash est un disciple de l’ordre soufi chiite des Safavides. On appelle aussi Kizilbaş certains Kurdes alévis en Turquie] ont une tradition de madrasa [établissement islamique d’enseignement sunnite].
 
La tradition de la madrasa est très transitive. Autrement dit, un imam sunnite pouvait recevoir une éducation dans une médersa où se rendait également un pîr [dignitaire religieux] alévi. Par exemple, dans notre région de Kigi, les Kurdes yézidis ont envoyé leurs enfants dans les madrasas. Par exemple, Ahmedi Mizeyi dit : « Tous nos professeurs étaient des imams. »
 
Durant cette époque, jusqu’au milieu des années 1800, les codes entre les religions (…) au Kurdistan étaient très flous. Ce n’était pas aussi rigide qu’aujourd’hui. De même, comme nous l’apprennent les mémoires de Nuri Dersimi, Seyid Rıza a été éduqué par le père de Nuri Dersimi, Milla brahim.
 
Dans son témoignage dans les archives du tribunal, Seyid Rıza dit « Je sais lire et écrire ». Il peut lire le turc ottoman et apposer sa signature. Il y a deux signatures dans les lettres qu’il a envoyées à Sèvres, l’une est de Seyit Rıza et l’autre d’Alişer [un des dirigeants de la révolte de Dersim]. La signature d’Alişer est plus proche du turc ottoman, mais la signature de Seyit Rıza est entièrement écrite en alphabet latin.
 
En fait, la jeunesse de Seyit Rıza est passée dans des conflits intertribaux à Dersim. Mais avec la formation du nationalisme kurde après la deuxième monarchie constitutionnelle, [le nationalisme kurde] a reçu plus d’écho chez les Kurdes Kızılbaş par rapport aux Kurdes sunnites.
 
Pourquoi?
 
La contradiction du milieu kurde de Kızılbaş avec l’Empire ottoman était plus profonde. Le cas échéant, les tribus kurdes sunnites pouvaient s’entendre avec les Ottomans sur la base du sunnisme. Mais les tribus kurdes Qizilbash n’avaient pas une telle chance. Nuri Dersimi est une grande chance pour Dersim. Nous savons qu’il est allé à Istanbul et y est resté un certain temps. Nous savons qu’il était en contact avec la société kurde Teavün ve Terakki à cette époque.
 
Dersimi et quelques autres sont influencés par le nationalisme kurde à Istanbul. C’est aussi un point très intéressant. Le nationalisme kurde ne se forme pas au Kurdistan, il se forme à Istanbul. Le nationalisme kurde qui a émergé à Istanbul est transféré dans la région du Dersim par la main de ces cadres – étudiants.
 
Au bout d’un moment, Seyit Rıza se rend compte que les conflits entre les tribus ne leur apporteront rien. Avec la proclamation de la monarchie constitutionnelle, Seyit Rıza commence à montrer une attitude différente. Il dit que les problèmes peuvent être résolus par des compromis, pas par la vendetta ou le pillage. C’est Nuri Dersimi qui le dit. Après cela, nous rencontrons une autre visage de Seyit Rıza. La conscience kurde est très forte à Seyit Rıza. Seyit Rıza qualifie l’État turc de « Rom » [nom donné aux Ottomans et Turcs par les Kurdes]. « Nous sommes des Kurdes, ils sont des Roms », dit-il. Il est l’un des premiers chefs tribaux qui ont adopté le nationalisme kurde (…). Plus tard, ses relations avec Alişer le font devenir complètement politisé. (…)

Peut-on dire que les premières rébellions kurdes de la période républicaine sont venues des Kurdes alévis ?
 
Absolument. La série de révoltes ne commence pas avec le Koçgiri de 1921, mais avec la révolte de Bitlis en 1914. En 1914, personne en dehors du centre-ville de Bitlis ne soutint cette révolte. Peut-être que quelques cadres ont agi consciemment, ce sont Hamzayı Müksey et Halil Hayali. Tous les autres participants s’étaient inscrits au club pour protéger leurs propres intérêts. Les Russes en parlent aussi. Certains de nos chercheurs kurdes, sans aller trop loin, affirment que « Bitlis est un centre culturel ». En un sens, c’est un centre culturel, mais pas le centre du nationalisme kurde. Après la Première Guerre mondiale, en 1921, une rébellion basée sur le nationalisme kurde a eu lieu à Koçgiri. Il existe des noyaux de féodalité dans de nombreuses régions du Kurdistan, mais pas à Koçgiri. C’est une résistance organisée avec une méthode nationaliste kurde. La lettre que Seyit Rıza et Alişer ont envoyée à Sèvres est, en un sens, le manifeste du nationalisme kurde dans les années 1920.
 
Pouvez-vous le développer un peu ?
 
[Le manifeste d’Aliser et Seyid Riza] dit que les kémalistes sont des touranistes [des nationalistes turcs, panturquistes]. Il dit qu’ils combattent les Ottomans depuis des centaines d’années, qu’ils ne les ont pas laissés entrer dans Dersim, et il dit : « Nous parlons au nom de 8 millions de Kurdes », en considérant les Kurdes en tant qu’un peuple dans son ensemble, pas selon leurs religions. Elle rappelle aussi aux Français quelque chose d’historique : « Il y avait un Saladin alors, maintenant il y a des milliers de Saladin. » A à travers le kurdisme, le Kızılbaş Alişer reconnait comme étant un des siens Selahattin Eyyubi, qui est considéré comme le fondateur du sunnisme. Il révèle un nationalisme kurde holistique. Avec la fondation de la République, on peut dire que le nationalisme kurde et le patriotisme kurde étaient représentés par les tribus kurdes Kızılbaş.
  
 
Revenons à Seyit Rıza. Quel est exactement son rôle dans la résistance de Dersim ?
 
Après que Seyit Rıza ait envoyé cette lettre au Conseil des traités de Sèvres en 1920, il a abandonné son identité tribale. Seyit Rıza est désormais un leader du peuple kurde. Alisher a définitivement une influence sur lui. Car Alişer est le chef de branche de tout le club kurde de la région de Koçgiri. C’est ainsi qu’il appose sa signature. C’est aussi un très bon intellectuel. Dans une lettre qu’il a envoyée à la société kurde Teali d’Istanbul, il a écrit que les livres et les journaux que la société leur avait envoyés d’Istanbul ne leur étaient pas parvenus. En d’autres termes, ils pourraient suivre la situation conjoncturelle à la fois concernant la question kurde et le processus de Sèvres en développement.
 
En conséquence, après 1920, Seyit Rıza n’est plus un chef de tribu, mais un chef qui parle au nom de tous les Kurdes. 8 millions de Kurdes ne sont pas seulement des Kurdes Qizilbash, il y a des sunnites, des yézidis et même des chrétiens, qu’il appelle les tribus du Kurdistan. Il dit « le peuple kurde et les tribus du Kurdistan ». Ce qu’il appelle « les tribus du Kurdistan » sont les chrétiens, les Assyriens, les Chaldéens et même les Jitans. C’est une approche très holistique. En fait, ce testament présenté en 1919 est similaire au testament présenté par Öcalan. C’est cet aspect qui m’a beaucoup surpris. La volonté de Seyit Rıza dans cette lettre est la suivante : Nous respectons les droits de tous les peuples vivant au Kurdistan, nous n’avons pas de but impérial, nous n’avons pas de but moniste. Qu’eux aussi nous respectent.

Pouvez-vous nous parler un peu de ces lettres ?
 
Les lettres étaient écrites en turc ottoman, une langue très simple était utilisée, les demandes étaient très simples, mais il y a aussi des phrases montrant qu’elles ont été écrites par quelqu’un qui avait une connaissance de la langue diplomatique. Au début de la lettre, elles déclarent que Şerif Pacha est leur représentant. Il y a un portrait de Seyit Rıza qui connaît l’essence de la question kurde. Il y a un Seyit Rıza qui déclare que le Kurdistan ne compromettra pas sa liberté, et ils soulignent que, s’il le faut, ils défendront ces droits contre les Français. Dans un sens, ils montrent le bâton sous le manteau. Dans ces lettres, outre Seyit Rıza et Alişer, il y a les noms de 11 chefs tribaux de Dersim. Il y a même les noms de quelques marchands et chefs de tribus d’Erzincan.
 
Quelles demandes sont formulées ?
 
À partir de 1919, la société kurde Teali a été divisée en deux à Istanbul. Le groupe dirigé par Seyit Abdulkadir disait : « Ne poussons pas trop les Ottomans, demandons l’autonomie, même la couleur de leur autonomie devrait être culturelle, pas politique. » D’un autre côté, le groupe dirigé par Memduh Selim et l’émir Ali Bedirhan disait : « Non, nous ne voulons en aucun cas vivre avec les Ottomans. Nous voulons établir un Kurdistan indépendant. » Seyit Rıza et Alişer ont des relations solides avec le deuxième groupe. Seyit Abdulkadir se comporte plutôt comme un bureaucrate ottoman. Seyit Rıza et Alişer savent que l’Empire ottoman va s’effondrer. Ils ont deux problèmes. Premièrement, ils veulent que la frontière nord du Kurdistan passe par les montagnes du nord d’Erzincan et inclue Darende jusqu’à Koçgiri. Deuxièmement, ils ne veulent pas laisser Van aux Arméniens.
 
Les colonies n’ont pas de tombes de héros
 
On ne sait pas où se trouvent les tombes non seulement de Seyit Rıza mais aussi de Cheikh Said et Halit de Gibran. Ulugana raconte:
« Dès 1920, les kémalistes ont connaissance des lettres envoyées par Seyit Rıza. Ils avaient déjà mis Seyit Rıza sur la liste. Ils connaissent aussi la fameuse lettre que Seyit Rıza a envoyée en 1937. Elle est envoyée au ministère français des Affaires étrangères, et une copie est envoyée aux Britanniques.
Nous avons récemment partagé un document montrant que, dans le récépissé de renseignement, il y a un cachet et la mention « Lettre venant de Dersim », que cette lettre a été remise directement au consulat à Istanbul. Elle n’a pas été envoyée par les Bedirkhan d’Alep, comme certains le prétendent, mais traduite en français. À partir de 1930, il existe une connexion entre le mouvement Hoybun et Seyit Rıza. Seyit Rıza savait très bien ce qu’il faisait. Certaines personnes aiment dire « c’est un péché » [l’exécution de Seyid Riza], mais ce n’est pas le cas. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est gravé dans la mémoire du peuple. Le second est son attitude inflexible devant le tribunal. C’est leur marche intrépide vers la potence. L’État ne veut pas que cette mémoire reste, qu’elle devienne permanente. Les héros n’ont pas de tombes dans les colonies. Aujourd’hui aussi, le premier endroit qu’ils attaquent sont les cimetières. Ils n’ont pas autorisé qu’il y ait les tombes de Cheikh Said, Seyit Reza et Khalid de Gibran. On dit aussi que les corps n’ont jamais été enterrés. Je suis également tombé sur des documents d’archives françaises selon lesquelles les corps de rebelles kurdes ont été incinérés. » (La version turque de l’article est ici)
 
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La lettre de Seyit Rıza, écrite en Dersim le 30 juillet 1937 et enregistrée par les autorités françaises le 2 octobre 1937, a été découverte par le chercheur Sedat Ulugana. « Je parle pour l’ensemble du Kurdistan », déclare Seyit Rıza dans sa lettre.
Traduction en français de la lettre de Seyid Riza:

 
Bordereau d’envoi du consulat français à Istanbul:
La lettre en langue ottomane que Seyid Rıza envoya au comité de Sèvres en 1920

 

 

 Traduction française de la lettre ottomane envoyée par Seyyid Rıza, page 1

 

 

 Traduction française de la lettre ottomane envoyée par Seyyid Rıza, page 2.

PARIS. Commémoration du 21e anniversaire de la mort d’Ahmet Kaya ce mardi 16 novembre

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PARIS – Le 13 novembre dernier, des visiteurs ont découvert que la tombe d’Ahmet Kaya, célèbre chanteur kurde décédé à Paris il y a 21 ans, était profanée au cimetière Père Lachaise. On soupçonne que l’attaque soit l’œuvre des fascistes turcs qui ont exporté visiblement vers l’Europe la tradition de destruction des cimetières au Kurdistan…
 
Les Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F), le collectif parisien d’artistes kurdes « Tev-Çand Paris » et le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) ont unanimement condamné cet acte barbare et ont invité les Kurdes et leurs amis à venir assister en masse à la cérémonie de commémoration de la disparition d’Ahmet Kaya ce mardi 16 novembre, à 14 heures.
 
Qui était Ahmet Kaya ?

 

Né le 28 octobre 1957 à Malatya, Ahmet Kaya était chanteur, écrivain et compositeur kurde, issu d’une famille turco-kurde (son père s’était marié avec une femme turque) pauvre originaire d’Adiyaman.

Chanteur de la musique contestataire, Kaya a dédié sa courte vie à la paix et à la musique au milieux des persécutions étatiques en Turquie. Il se disait « Kurde de Turquie ».

 

Avec plus de 20 albums, Kaya est de loin l’un des artistes les plus influents et les plus controversés contemporains en Turquie, qui s’était engagé sur des questions sociales et politiques.
 
Un exil forcé sur les pas de Yilmaz Guney
 
Ahmet Kaya a dû fuir la Turquie pour avoir dit qu’il allait sortir un album en kurde. Il s’est installé à Paris en été 1999 où il est mort d’une crise cardiaque le 16 novembre 2000. Il a été enterré au cimetière parisienne de Père-Lachaise qui accueille de nombreux kurdes dont le cinéaste Yilmaz Guney décédé le 9 septembre 1984…
 
Une élégie « Ya beni sarsa memleket hasreti / Et si le mal du pays me prenait » raconte l’histoire de son agonie, de ses souffrances, de son désir pour son peuple et sa patrie dont il a été arraché.
 
Ahmet Kaya a payé cher son souhait de chanter en kurde lors d’une cérémonie de remise des prix en direct à la télévision en 1999. Les autorités turques ont lancé des poursuite à son encontre. Les journaux et les chaînes de télévision de tout le pays l’ont pris pour cible avec des informations fabriquées de toutes pièces le qualifiant de « traître à la patrie», « terroriste ». Les médias turcs l’ont accusé d’être membre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour avoir déclaré qu’il était kurde. Aujourd’hui, 21 ans après sa disparition, il attire encore les foudres des fascistes turcs à des milliers de kilomètres de son pays.
 
 
La tombe d’Ahmet Kaya se trouve au cimetière parisien du Père-Lachaise, 71ème division, 1ère ligne face à la 72ème division.

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En plus d’Ahmet Kaya, le cimetière de Père Lachaise accueille plusieurs célébrités kurdes dont le cinéaste Yilmaz Guney, Abdul Rahman GHASSEMLOU, Abdullah GHADERI AZAR…

ALLEMAGNE. Fin tragique d’une rescapée yézidie qui voulait voir ses 2 enfants sauvés de l’EI

KURDISTAN – Une femme yézidie de Shengal d’une quarantaine d’année a échappée à la captivité entre les mains de l’États Islamique, mais elle est morte de manière tragique car les autorités allemandes l’ont empêchée de faire venir en Allemagne sa fille et son fils également sauvés des mains de DAECH alors que son mari et d’autres membres de sa famille enlevés également ont été tués ou sont portés disparus. Sa fille qui est au Kurdistan du Sud demande à l’Allemagne de lui accorder un visa pour pouvoir faire ses adieux à sa mère décédée…
 
Sipan Khalil, 22 ans, capturée par l’État islamique (EI) alors qu’elle avait quinze ans, détenue pendant sept ans, a appelé le gouvernement allemand à lui accorder un visa pour faire ses adieux à sa mère décédée récemment d’un accident vasculaire cérébral.
 
Sipan Khalil a vécu l’enfer sur terre pendant sept ans après avoir été enlevée par les terroristes du Groupe Etat islamique en août 2014, lors du génocide des Yézidis dans la région de Sinjar. Dans les premiers jours du génocide, 1 293 personnes ont été tuées et 6 417 personnes ont été enlevées. Les douze membres de la famille de Sipan ont été emmenés par des terroristes de l’Etat islamique et la famille a été séparée de force.
 
Cet été, après sa libération de captivité, Sipan a décrit les conditions qu’elle a été forcée de supporter. « Il y avait la privation de nourriture et la torture. Nous étions enfermés dans des chambres et battus. (…) Il n’y avait pas de vie du tout, comme si nous étions morts », avait-elle déclaré lors de sa libération.
 
Alors que l’Etat islamique était vaincu dans son dernier bastion syrien de Baghouz, le ravisseur de Sipan a continué à la tenir en otage, la forçant à voyager avec lui jusqu’à la ville voisine de Hajin, dans la province de Deir ez-Zor, puis à Daraa en sud de la Syrie.
 
Il y a trois mois, il a essayé de faire passer Sipan de l’autre côté de la frontière libanaise, mais il a été tué pendant le voyage. Après sa mort, Sipan a pu s’échapper.
La libération de Sipan de son épreuve a été douce-amère, car elle a retrouvé d’autres parents en août de cette année au camp de Khanke, où elle vit maintenant. Son père et son frère sont toujours portés disparus, et sa mère et ses quatre frères et sœurs ont réussi à s’échapper et se sont installés en Allemagne après leur libération.
 
Sipan n’a donc pas revu physiquement sa mère depuis les terribles événements d’août 2014. Le dimanche 7 novembre, la mère de Sipan est décédée des suites d’un accident vasculaire cérébral en Allemagne. Elle n’a pas encore été enterrée et Sipan essaie maintenant d’urgence d’obtenir un visa pour le pays afin de dire au revoir à sa mère à titre posthum.
 
« J’ai été aux mains de l’Etat islamique pendant sept ans, souffrant dans mon pays même après avoir été secourue. J’ai demandé l’autorisation pour voir ma mère pendant des mois. Ma mère étant maintenant décédée, je ne peux toujours pas la voir. La revoir simplement m’aurait suffi », a déclaré Sipan à Rudaw mardi.
 
Sipan a tenté à plusieurs reprises d’obtenir un visa allemand à Erbil, en vain, et appelle les autorités en charge à avoir pitié d’elle et l’aider à voir le corps de sa mère.
 
À ce jour, l’Institut de psychothérapie et de psycho traumatologie de Duhok a envoyé plus de 1 000 femmes et enfants yézidis secourus en Allemagne, mais le projet allemand est maintenant terminé.
 
Le médecin Memo Farhan, doyen par intérim de l’institut, a conseillé à Sipan de contacter le Bureau de sauvetage des Yézidis kidnappés, qui est lié à la présidence de la région du Kurdistan. « Ils peuvent préparer les papiers et demander officiellement au consulat [allemand] de lui délivrer un visa, expliquant sa situation et qu’elle veut juste voir le corps de sa mère », a déclaré Farhan à Rudaw.
 
Plus de 120 000 Kurdes yézidis ont quitté l’Irak depuis la guerre contre l’Etat islamique, selon le Bureau de sauvetage des Yézidis kidnappés. Sur les 6 417 personnes enlevées par l’Etat islamique, seules 3 550 ont été réunies avec leurs familles.
 

Seyid Riza ou comment la Turquie a fait passer le génocide de Dersim pour un service rendu à l’humanité

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Quelques mots sur la propagande turque pour justifier le massacre des Kurdes à l’occasion du 84e anniversaire de l’exécution de Seyid Riza, dignitaire kurde/alévi et chef de la rébellion de Dersim*, qui fut pendu le 15 novembre 1937, à l’âge de 74 ans avec un de ses fils mineur et de nombreux compagnons…
 
Comment faire accepter un crime contre l’humanité pour qu’on déteste tout un peuple car on veut le spolier de ses terres et l’assimiler de force mais que nous ne voulons pas que d’autres peuples, à commencer par le nôtre, ne soient pas horrifiés par les moyens qu’on utilisera pour y arriver ? La réponse turque concernant le massacre des Kurdes et la colonisation du Kurdistan a été très simple et « efficace ». Ataturk et ses collaborateurs ont préparé toute une propagande nauséabonde qu’ils ont servie pendant des décennies. Elle consistait à dire que les Kurdes qu’ils ont massacrés au début de la création de la Turquie – après les génocides et déportations des Arméniens, Grecs, Yézidis, Chaldéens… de leurs terres ancestrales – étaient des « arriérés », « barbares », « nuisibles », qui refusaient la « civilisation » à l’occidentale que l’État turc leur proposait sur un plateau en or et qu’ils avaient été tués car ils s’étaient révoltés contre l’État moderne turc. etc. Pour l’anecdote, même les vêtements traditionnels kurdes étaient considérés comme étant la preuve de la mentalité d’un peuple d’arriérés qui refusaient la « modernité » en refusant de s’habiller à l’occidentale…
 
Ainsi, le régime turc maquillait le génocide kurde comme étant un service que la Turquie rendait à l’humanité en la débarrassant des gens abjects dont l’existence même était une insulte à l’évolution naturelle du monde. Alors, comment s’étonner de voir qu’encore aujourd’hui des millions de Turcs et certains Kurdes assimilés applaudissent des deux mains ce génocide et ces crimes contre l’humanité commis par la Turquie? 

*Le génocide de Dersim 

Seyid Riza, son fils et ses compagnons avant leur exécution pour avoir exigé de vivre en liberté et en paix dans leur propre pays.
 
Le massacre de Dersim a eu lieu suite à la rébellion du Dersim (en turc: Dersim İsyanı), soulèvement des Kurdes zazas (dialecte kurde) alévis contre le gouvernement turc dans la région du Dersim. La rébellion a été dirigé par Seyid Riza, un notable kurde alévi. À la suite de la campagne militaire turque de 1937 et 1938 contre la rébellion, des dizaines de milliers de Kurdes zazas de confession alévie sont morts, leurs enfants ont été placés dans des familles turques pour les assimiler et de nombreux autres ont été déplacés à l’intérieur du pays.
 
Pour ne pas laisser de trace kurde dans la région, l’État turc a également changé les noms kurdes des localités et des régions kurdes en turc. Ainsi, Dersim est devenu Tunceli (main de bronze en turc) pour dire qu’ils ont écrasé Dersim d’un coup de poing en bronze. (Par ailleurs, la langue kurde a été interdite dans tout le Kurdistan. On disait que la langue kurde – de la famille indo-européenne, contrairement au turc qui fait partie de la famille des langues altaïques – était en réalité le turc déformé parlé par des « Turc des montagnes », pour ne pas dire les Kurdes…)
 
Au milieu des années 1930, Dersim était la dernière région du Kurdistan du Nord qui n’avait pas été efficacement placée sous le contrôle du gouvernement central turc du fait de sa zone géographique montagneuse qui la protégeait d’agressions extérieurs. Les tribus kurdes de Dersim n’avaient jamais été soumises par aucun gouvernement précédent. Elles ne s’opposaient pas au gouvernement en tant que tel, tant qu’il n’intervenait pas trop dans leurs affaires.
 
La campagne militaire contre Dersim a été montée en réponse à un incident relativement mineur, et il semblerait que l’armée ait attendu un prétexte direct pour mettre enfin à genou Dersim la rebelle perchée aux creux de ses montagnes verdoyantes. Un jour de mars 1937, un pont stratégique en bois a été incendié et des lignes téléphoniques ont été coupées. Seyyit Riza et les tribus alliées ont été accusés d’être derrière cet incident. Pour l’armée turque, c’était le début de la rébellion tant attendue.
Seyid Riza, peu de temps avant son exécution
Les premières troupes, envoyées pour arrêter les suspects, ont été arrêtées par des hommes armés. Les confrontations ont rapidement dégénéré. Lorsque les tribus refusèrent de livrer leurs chefs, une grande campagne fut lancée. Les opérations militaires pour soumettre la région ont duré tout au long de l’été 1937. En septembre, Seyyit Riza et ses plus proches associés se sont rendus à condition qu’on ne touche pas à la population, mais le printemps suivant les opérations ont été reprises avec encore plus de force. Ils ont été d’une violence et d’une brutalité sans précédent.
 
De 70 à 90 000 personnes seraient massacrées à Dersim selon les habitants. On rapporte que des cadavres des femmes mortes ont été violées par des soldats et des enfants ont été tués à coups de bûches de bois « pour ne pas gaspiller » les balles…
 
Plus de 10 000 Kurdes de Dersim ont été déportés vers des régions pauvres de Turquie, la plupart étant morts de faim et d’épuisement sur le chemin de la déportation. Des fillettes kurdes alévies ont été enlevées à leurs familles et données à des familles d’officiers turcs pour être assimilées de forces.
 
En 2008, le Parlement européen a organisé une conférence sur le génocide de Dersim. Et le comité de la conférence « Dersim 38 » s’est adressé à la Cour pénale internationale.
 
Des initiatives personnelles ont également été prises par des victimes du génocide de Dersim. Par exemple, Efo Bozkurt, qui a perdu toute sa famille dans le massacre, a déposé une plainte en justice pour «crimes contre l’humanité» en 2010, mais sa plainte a été rejetée.
 
Le procureur général d’Hozat a décidé d’abandonner les procédures le 18 février 2011. Il a été déclaré que « le droit pénal turc en vigueur au moment des incidents qui se seraient produits à Dersim en 1938 n’incluait pas le génocide et les crimes contre l’humanité imputés par la plaignante ». Il a en outre été dit dans la décision que les prétendus cas de décès devaient être qualifiés d’ « homicides » et relevaient donc du délai de prescription.
 
Dans les années 2010, un journal turc pro-gouvernemental Yeni Şafak a publié un document de renseignement top secret révélant que Mustafa Kemal (Atatürk) avait rencontré le leader de Dersim Seyit Riza la veille de son exécution, disant à Riza qu’il serait épargné s’il «demandait pardon». Seyit Riza a refusé et a été pendu avec 6 de ses camarades tôt le matin suivant. Le document prouve que les condamnations à mort ont été décidées à l’avance et que les potences ont été préparées. Le document mentionne que Mustafa Kemal a dit à Seyid Riza que les habitants de Dersim sont des « Turcs du Khorasan » et que les corps de Seyit Riza et de ses compagnons ont été brûlés après avoir été exposés en public.
 

AFRIN. Une jeune femme kurde perd la raison après son kidnapping par les gangs de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Une femme kurde de 30 ans a perdu la raison après avoir été kidnappée à Afrin avec son mari, son bébé et sa belle-famille par les gangs islamistes de la Turquie qui ont confisqué leurs maisons. Elle a été libérée après avoir perdu la raison suite aux horreurs que les mercenaires de la Turquie lui ont infligées (elle a été violée et torturée comme la quasi-totalité des femmes et fillettes kurdes arrêtées par les mercenaires de la Turquie à Afrin). Tous les hommes de la famille et les deux enfants kidnappés sont portés disparus.
 
Les médias kurdes ont découvert cette horrible histoire suite à la circulation d’une vidéo montrant une femme au regard perdu fouillant des poubelles à la recherche de nourriture dans la ville d’Afrin.
 
D’après les sources locales, depuis trois mois, Zelikhe Walid Omar, 30 ans, erre dans les rues d’Afrin, se nourrit des poubelles qu’elle fouille et dort sur le toit d’un immeuble d’Afrin.
 
Zelikhe Walid Omar a été arrêtée par al-Jabha al-Shamiya le 7 avril 2020, avec son mari Cengin Osman Nasan et leur enfant d’un an, son beau-frère de 66 ans Osman Nasan et son épouse de 61 ans ainsi que la petite Zanab Ebdo, âgée d’un an.
 
Zelikhe Omer et sa belle-mère Zêneb Ebdo ont été libérées, mais tous les hommes de la famille, dont 2 enfants, sont portés disparus.
 
Zelikhe Walid Omar erre dans Afrin depuis trois mois et vit sur le toit d’un immeuble de la ville. Elle est malade et souffrant d’hystérie mais n’a personne pour prendre soin d’elle. Elle mange des détruits trouvés dans des poubelles alors qu’elle menait une vie normale avant son enlèvement.
 
Zulaikha Walid Omar, une femme kurde de 30 ans originaire du village de Rûta – sous-district de Mabatta. Elle vivait avec son mari et son bébé dans le quartier Ashrafiyeh d’Afrin. Elle a été enlevée par la police miliaire pro-Turquie le 7 juin 2020 avec la famille de son mari, Othman, qui vient du village de Rûta.
 
Les personnes enlevées sont: Majid Naasan 65 ans sa femme Zainab Abdo 60 ans et leurs enfants Jankin 32 ans et sa femme Zulaikha et leur fille Sheyar 30 ans, Muhammad 28 ans et sa femme Jaylan Hamalo ainsi que leur bébé.
 
Zeinab a été libérée mi-juillet de la prison de Marata, Afrin, car son état de santé s’était détérioré dangereusement alors que Zulaikha et Jaylan sont restées dans cette prison, mais les hommes et les deux enfants sont toujours portés disparus.
 
Zulaikha a subi des crises d’épilepsie intermittentes avant son enlèvement et son état de santé s’est détérioré en prison à cause de tortures, de viols et de conditions difficiles de détention. Elle a été libérée à la mi-août 2021, après avoir perdu la raison. Elle est ainsi devenue sans abri dans un état de misère totale, surtout depuis les gangs de la « police militaire d’Afrin » ont saisi les maisons et les biens de la famille à Ashrafiyeh.
 

PARIS. Conférence sur le cinéma et l’art contemporain kurdes dans une perspective décoloniale

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PARIS – L’Association Espace universelle organise une soirée de projection/débat autour du cinéma et l’art contemporain kurdes du point de vue décoloniale* avec comme invité le sociologue et critique d’art, Engin Sustam, le vendredi 19 novembre. La soirée débutera avec la projection de deux court-métrages d’artistes kurdes:

« Where Bluebirds Fly », de Berat Işık
« Toros Canavari (Toros, le Monstre) », de Firat Yavuz
 
Ensuite, Engin Sustam présentera l’art contemporain et le cinéma kurde dans une perspective décoloniale avant de répondre aux questions du public avec la modération qui sera assurée par Hevi Nimet Gatar.

Affiche de l’événement qui aura lieu à l’Espace Universel 

RDV le vendredi 19 novembre, à 18 heures
A l’Espace Universel
25, rue de l’Echiquier
75010 PARIS

*Brièvement, Art contemporain et visuel kurde dans la perspective décoloniale
 
Par Engin Sustam
 
« Depuis quelques années, l’espace kurde a connu une grande émergence sociopolitique par les transformations qui bouleversent la nouvelle subalternité kurde à l’aire de la mondialisation, comme ce qui se passe au Rojava (région kurde en Syrie) après la guerre, la révolution et son contrat d’écologie sociale (une nouvelle constitution de citoyenneté transculturelle) ou encore au Bakûr (« Nord », région kurde en Turquie) après l’expérience municipale, l’oppression totalitaire et l’insurrection urbaine (qui a dévoilé la violence, le totalitarisme, la nécropolitique de la guerre). Dans cette perspective, ces nouvelles connaissances d’espace kurde ne limitent pas qu’à l’introduction des apparences politiques, mais suivent une nouvelle formation transfrontalière, celles de la création artistique et de la production culturelle. Cette fois-ci avec la visibilité artistique, on parle plutôt d’un art contemporain et visuel kurde autour d’une esthétique relationnelle et décoloniale. La production artistique dans l’espace kurde signifie également la mémoire d’une société apatride (Bê Welat : « sans patrie ») et une approche de résistance hétéroclite essayant de survivre au milieu de l’hégémonie des cultures nationales dominantes, des traumatismes et de la répression politique coloniale. Au cours des années 1990 et 2000 jusqu’à aujourd’hui, de l’art contemporain, des festivals de théâtre, de musique et de cinéma ont commencé à se tenir dans la diaspora et se sont également étendus à l’espace kurde, entraînant la propagation d’activités artistiques et culturelles intergénérationnelles également. La création artistique n’est pas celle d’une apparence colonisée de victimisation, mais celle qu’une résistance fait dans une insurrection constituante. Il s’agit de donc trois caractères qui définissent l’espace kurde artistique, visuel : le premier est l’insurrection constituante, le second annonce une valeur collective d’une société sans État et le troisième présente une esthétique relationnelle et un langage décolonial. Cette contre-mémoire culturelle kurde n’est peut-être pas une renaissance de la culture populaire, mais devrait plutôt être considérée comme une insurrection (serhildan) culturelle.
 
Les arts et les artistes témoignant de leur temps, d’une époque, multiplient également la mémoire politique des œuvres d’art reproduites et ajoutent un contre-pouvoir à la résistance de la nouvelle subalternité kurde. À travers des œuvres d’art, notre présentation propose de déployer la réflexivité et de rendre visible l’image imprévue de l’espace kurde. La production artistique crée des formes d’appartenance pastorales et mythiques dans l’image et le son se retrouvant dans la culture de Dengbêjs (les conteurs et les bardes) qui sont le foyer de la mémoire et de l’histoire orale kurde comme Griot, Kevel, Djéli, Jali, Bambâdo en Afrique. L’histoire orale possède un répertoire profondément riche pour rendre cet aspect artistique dans l’image artistique contemporain. En effet, la création visuelle kurde fonctionne avec une mémoire brisée et des territoires hantés que contaient les Bardes par le passé. Néanmoins, il y a une impossibilité de faire autrement, la production bifurquée, coupée de cette pratique insurrectionnelle. Comme Deleuze et Guattari l’avaient décrit sur Kafka, sur la littérature mineure juive à Prague. C’est en ce sens que l’impossibilité kurde se connecte aux autres aspects artistiques, qui en déterminent les valeurs collectives de cette apparence insurrectionnelle.
 
Il est aujourd’hui possible de parler d’un certain degré de décolonisation visuelle ancrée dans des scènes kurdes à travers des dépressions collectives, des témoignages de conflit, d’insurrections constituantes. Face à la gentrification, à la crise écologique, à la précarité, à la guerre et aux technologies de contrôle, cette énonciation propose une rencontre aléatoire avec l’image visuel kurde et une confrontation des regards, dans un processus à la fois intime et collectif à travers les œuvres d’art. »
 

Biographie : 

Engin Sustam diplômé de l’Université des Beaux-arts de Mimar Sinan d’Istanbul, et de l’EHESS. Il a enseigné en Turquie jusqu’à son licenciement à cause de son identité de kurde/alévie et son travail sur les Kurdes et sa ligne politique de gauche et ainsi que pour avoir signé la pétition des Universitaires pour la Paix (Janvier 2016). Il est un chercheur en exil, associé à l’IFEA d’Istanbul et Cetobac-EHESS, invité par Queen Mary University of London, Université de Genève, EHESS, ENS, FMSH, et a été attaché au département des Sciences de l’Éducation de l’Université Paris 8 en y donnant des cours en licence, en master. İl est l’auteur des livres « Art et Subalternité Kurde, L’émergence d’un espace de production subjective et créative entre violence et résistance en Turquie » paru chez l’Harmattan en septembre 2016 et « Manifestations de la rue et Nouvelles Emeutes » paru chez Edition Kalkedon à Istanbul. Et prochainement à paraître « Soulèvements Imprévus-De nouveaux lieux d’émancipation » et « Esthétique décoloniale et arts dans l’espace kurde ». Il est également curateur indépendant et critique d’art pour des expositions d’art contemporain. Il est un des curateurs du projet d’art contemporain à NGBK Berlin intitulé « Bê Welat – The Unexpected Storytellers » . Il est membre de NGBK Berlin, attaché à Cetobac EHESS, à IFEA-Istanbul, à la Revue en ligne « (Re)Penser l’Exil » (Genève) et à l’équipe d’InCite de l’Université de Genève.

 

Pour en savoir plus sur le travail d’Engin Sustam, voir cette interview
que nous avions réalisée avec lui autour de son livre « Art et Subalternité Kurde, L’émergence d’un espace de production subjective et créative entre violence et résistance en Turquie » et de l’espace culturel kurde contestataire.

Qui est Ahmet Kaya dont la tombe a été profanée au Père Lachaise le 13 novembre?

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PARIS. Hier, des visiteurs ont découvert que la tombe d’Ahmet Kaya, célèbre chanteur kurde décédé à Paris il y a 21 ans, était profanée au cimetière Père Lachaise. Selon le Conseil Démocratique Kurde en France, l’attaque est l’œuvre des fascistes turcs qui ont exporté visiblement vers l’Europe la tradition de destruction des cimetières au Kurdistan… On s’attend à une commémoration particulièrement émouvante ce mardi 16 novembre autour de la tombe d’Ahmet Kaya où seront présents ses proches et des militants kurdes et probablement des politiciens français…

Des élus municipaux de Paris condamnent la profanation de la tombe de Kaya
 
Alexandra Cordebard, mairesse du 10e arrondissement de Paris qui accueille une forte communauté kurde, a condamné la profanation de la tombe d’Ahmet Kaya : Mes pensées vont aux proches d’Ahmet Kaya, chanteur et militant des droits humains, exilé à Paris en raison de ses engagements, et à nos amis Kurdes. S’attaquer à une sépulture est intolérable. »
 
L’adjoint d’Anne Hidalgo chargé des finances, du budget, de la finance verte et des affaires funéraires, Paul Simondon a également condamné l’acte abject et a assuré que « la Ville de Paris se tient aux côtés de sa famille et de tous les Kurdes pour dénoncer ce vandalisme motivé par la haine. »
 
Pourquoi une telle attaque à la veille du 21e anniversaire de la mort d’Ahmet Kaya qui est le 16 novembre ? Est-ce que les sbires du régime turc tentent de faire diversion en s’en prenant à la tombe d’un chanteur kurde qui avait été persécuté de son vivant en Turquie et qui a décédé à Paris, en exil, pour avoir déclaré qu’il allait sortir un album en kurde ? Espérons qu’une enquête sérieuse menée par la justice française apportera des réponses à nos questions. En attendant, revenons sur la courte mais tumultueuse vie de cette légende de la musique qui était Ahmet Kaya.

Né le 28 octobre 1957 à Malatya, Ahmet Kaya était chanteur, écrivain et compositeur kurde, issu d’une famille turco-kurde (son père s’était marié avec une femme turque) pauvre originaire d’Adiyaman.

Chanteur de la musique contestataire, Kaya a dédié sa courte vie à la paix et à la musique au milieux des persécutions étatiques en Turquie. Il se disait « Kurde de Turquie ».

 

Avec plus de 20 albums, Kaya est de loin l’un des artistes les plus influents et les plus controversés contemporains en Turquie, qui s’était engagé sur des questions sociales et politiques.
 
Un exil forcé sur les pas de Yilmaz Guney
 
Ahmet Kaya a dû fuir la Turquie pour avoir dit qu’il allait sortir un album en kurde. Il s’est installé à Paris en été 1999 où il est mort d’une crise cardiaque le 16 novembre 2000. Il a été enterré au cimetière parisienne de Père-Lachaise qui accueille de nombreux kurdes dont le cinéaste Yilmaz Guney décédé le 9 septembre 1984…
 
Une élégie « Ya beni sarsa memleket hasreti / Et si le mal du pays me prenait » raconte l’histoire de son agonie, de ses souffrances, de son désir pour son peuple et sa patrie dont il a été arraché.
 
Tombe d’Ahmet Kaya profanée. Photo via Mehmet Ozguner
 
Ahmet Kaya a payé cher son souhait de chanter en kurde lors d’une cérémonie de remise des prix en direct à la télévision en 1999. Les autorités turques ont lancé des poursuite à son encontre. Les journaux et les chaînes de télévision de tout le pays l’ont pris pour cible avec des informations fabriquées de toutes pièces le qualifiant de « traître à la patrie», « terroriste ». Les médias turcs l’ont accusé d’être membre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour avoir déclaré qu’il était kurde. Aujourd’hui, 21 ans après sa disparition, il attire encore les foudres des fascistes turcs à des milliers de kilomètres de son pays.
 
 
La tombe d’Ahmet Kaya se trouve au cimetière parisien du Père-Lachaise, 71ème division, 1ère ligne face à la 72ème division.
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En plus d’Ahmet Kaya, le cimetière de Père Lachaise accueille plusieurs célébrités kurdes dont le cinéaste Yilmaz Guney, Abdul Rahman GHASSEMLOU, Abdullah GHADERI AZAR…

SYRIE. Une délégation du département d’État américain rencontre des responsables kurdes au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Hier, une délégation du département d’État américain dirigée par Ethan Goldrich s’est rendue au Rojava où elle a rencontré des responsables militaires et politiques arabo-kurdes. La délégation américaine a promis d’aider la région contre les problèmes sanitaires, agricoles et économiques en plus d’un soutien militaire pour lutter efficacement contre les cellules dormantes de DAECH / ISIS.
 
La délégation du département d’État américain a tenu deux réunions distinctes avec les dirigeants des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des responsables de l’administration autonome du nord-est de la Syrie auxquels ils ont promis du soutien et assistance contre les crises que traversent la région.
 
Le samedi 13 novembre, une délégation du département d’État américain s’est rendue à Al-Hasakah, dans le nord-est de la Syrie, et a tenu deux réunions distinctes avec la direction des Forces démocratiques syriennes (SDF), le Conseil démocratique syrien ((MSD, Meclîsa Sûriya Demokratîk en kurde) et des responsables de l’Administration autonome du Rojava.
 
La délégation du Département d’État américain était dirigée par Ethan Goldrich, sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient, ainsi qu’un certain nombre de diplomates et de chefs militaires venus des États-Unis.
 
La délégation a rencontré le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, la responsable de l’organe exécutif du Conseil démocratique syrien (MSD), Ilham Ahmed, et les coprésidents du Conseil exécutif de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, Berivan Khaled et Abd Hamid al-Mahbash.
 
En marge de la réunion, Berivan Khaled, la coprésidente du Conseil exécutif de l’administration autonome, a déclaré qu’ils « ont demandé aux États-Unis d’exprimer une position face aux menaces turques contre les régions du nord-est de la Syrie ».
 
Elle a ajouté : « Nous avons discuté de la crise économique et sanitaire que traverse la région, ainsi que des violations turques ».
 
Et mardi dernier, trois civils d’une même famille ont perdu la vie lorsqu’un drone turc a bombardé une voiture dans le quartier al-Hilaliya de Qamishlo, dans le nord-est de la Syrie, selon un communiqué des Forces de sécurité intérieure (Asayish).
 
Khaled a déclaré que sa délégation a demandé à la délégation américaine un soutien et une assistance pour surmonter les crises que traverse la région.
 
Elle a ajouté que la délégation américaine, à son tour, avait promis de fournir un soutien à différents niveaux.
 
La coprésidente du Conseil exécutif a déclaré qu’ils ont transmis le problème d’eau coupé par la Turquie et qui affecte en premier lieu l’agriculture aux responsables américains.
 
Depuis février dernier, la Turquie a continué de bloquer le débit de l’Euphrate vers les terres syriennes et irakiennes, malgré les avertissements régionaux et mondiaux contre une catastrophe sanitaire et agricole dans la région.
 
La responsable de l’Administration autonome a déclaré que sa délégation avait discuté « de la pénurie de stocks de blé et de son impact sur l’approvisionnement en pain, du mécanisme permettant d’amener des investisseurs dans la région pour la relancer l’économie et de la manière d’exempter le Rojava des sanctions américaines découlant du « Caesar Act ».
 
L’ancien président américain Donald Trump a signé fin 2019 le « Caesar Act » qui prévoit d’imposer des sanctions aux individus et entités soutenant le gouvernement de Damas, que Washington accuse de violer les droits humains.
 
Khaled a déclaré que sa délégation a évoqué la fermeture des passages dans les zones de l’Administration autonome assiégée, elle a ajouté qu’ils exigeaient « l’ouverture du passage de Tel Koçer (Al-Yarubiyah) en raison de la nécessité de répondre aux besoins des habitants ».
 
Et en juillet dernier, Ghiath Naisa, un analyste politique syrien, a déclaré que les passages en Syrie sont devenus une carte de conflit et de concurrence entre les pays intervenants en Syrie.
 
La dirigeante kurde a ajouté que « la question des passages à niveau a un lien direct avec les intérêts des principaux pays de la région et fait partie de leurs stratégies pour conclure des accords et négocier entre eux ».
 
La délégation américaine a également rencontré le chef des FDS, Mazloum Abdi.
 
Hier, le site officiel des Forces démocratiques syriennes a déclaré : « Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes, Mazloum Abdi, a reçu cet après-midi, des responsables du département d’Etat américain(…).
 
Les deux parties ont tenu une réunion extraordinaire sur les situations récentes en Syrie et dans la région. La délégation américaine a souligné l’importance de maintenir l’accord de désescalade et de cessez-le-feu dans la région et en Syrie en général, en plus de poursuivre les efforts pour parvenir à la défaite durable de Daech.
 
La réunion a également discuté des difficultés sécuritaires et économiques dans le nord et l’est de la Syrie et des moyens d’accroître l’aide humanitaire pour surmonter les effets de la guerre et renforcer les infrastructures et le développement économique pour assurer la sécurité et la stabilité. »
 

Les Kurdes à Strasbourg: «Une solution démocratique à la question kurde passe par Imralı»

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STRASBOURG – Réunis lors d’une manifestation monstre à Strasbourg le samedi 13 novembre, les Kurdes ont de nouveau exigé la libération du chef du PKK, Abdullah Öcalan, tenu en captivité sur l’île prison d’Imrali, en Turquie, et ont exhorté la communauté internationale à dénoncer ce crime.
 
Le Congrès des sociétés démocratiques kurdes (KCDK-E) a organisé hier une marche et un rassemblement devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg pour exiger la libération du leader kurde Abdullah Öcalan et mettre fin à l’isolement auquel il est soumis. Des milliers de personnes se sont réunis pour le rassemblement massif de protestation contre le silence des institutions internationales sur l’isolement aggravé imposé à Öcalan.
 
Le leader kurde est incarcéré dans la prison insulaire d’Imralı depuis son départ forcé vers la Turquie à la suite d’un complot international en 1999. Depuis la dernière visite de l’équipe d’avocats le 7 août 2019, les autorités turques n’ont répondu à aucune des demandes continues de lui rendre visite.
 
La manifestation a réuni des Kurdes et leurs amis de toute l’Europe, dont le coprésident de Kongra Gel Remzi Kartal, représentante du Mouvement des femmes kurdes en Europe Zozan Serhat, Fatoş Göksungur au nom du KCDK-E, et des représentants de plusieurs institutions internationales.
 
La responsable des relations étrangères du KCDK-E, Berivan Fırat, s’est adressée à la foule après une minute de silence et a déclaré : « Sur ordre du dictateur Erdoğan, la Turquie commet des crimes de guerre et utilise des armes chimiques au Kurdistan sous les yeux du monde entier. L’isolement imposé au leader kurde aggrave l’impasse. Nous dénonçons ici aujourd’hui le silence des institutions internationales. Malgré le fait que le CPT ait déjà documenté la torture à Imralı, les institutions devant lesquelles nous nous trouvons aujourd’hui continuent de faire l’autruche. »
 
S’exprimant ensuite, le coprésident de Kongra Gel, Remzi Kartal, a déclaré : « Notre peuple en Europe et dans quatre parties du Kurdistan, et nos amis, devraient se mobiliser pour la liberté du chef Öcalan et une résolution de la question kurde. Nous devons renforcer la lutte dans toutes les sphères sociales, y compris la politique, la diplomatie et la communication. Nous n’avons aucune information sur la situation du leader. Bien que le CPT ait mené une inspection sur place et prouvé les actes de torture exécutés à Imralı, les institutions ici et les États membres gardent le silence. Nous devons renforcer les actions pour revendiquer le leader Apo et assurer sa liberté. Notre message à l’opinion publique mondiale est le suivant ; les portes d’Imralı doivent être ouvertes pour la résolution de la question kurde et sa captivité physique doit prendre fin immédiatement. »
 
Zozan Serhat a également souligné l’importance d’Öcalan et a déclaré qu’une solution démocratique à la question kurde passe par Imralı, appelant les États européens qui ferment les yeux devant cette situation à faire leur part pour y mettre fin.
 

PARIS. Profanation de la tombe du chanteur kurde Ahmet Kaya, au cimetière Père Lachaise

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PARIS. La tombe d’Ahmet Kaya, célèbre chanteur kurde décédé à Paris il y a 21 ans, vient d’être profanée au cimetière Père Lachaise.
 
On avait l’habitude de voir les tombes kurdes détruites par l’armée turque au Kurdistan. Apparemment, les fachos turcs ont décidé d’exporter cette tradition vers l’Europe où de nombreux Kurdes chassés de leurs terres y vivent et dont certains s’y reposent pour l’éternité.
 
Des visiteurs ont découvert aujourd’hui que la tombe du musicien kurde Ahmet Kaya a été saccagé dans le cimetière parisien de Père Lachaise. L’attaque intervient à la veille de la date l’anniversaire de sa mort qui est le 16 novembre.
 
Le Conseil Démocratique Kurde en France a condamné la profanation de la tombe du chanteur kurde et a déclaré que « Nul doute que cet acte raciste émane des milieux racistes turcs. Nous demandons aux autorités d’identifier et de condamner les responsables. »
 
En plus d’Ahmet Kaya, Père Lachaise accueille plusieurs célébrités kurdes dont le cinéaste Yilmaz Guney, Abdul Rahman GHASSEMLOU, Abdullah GHADERI AZAR…
 
Qui était Ahmet Kaya
 
Ahmet Kaya
 
Né le 28 octobre 1957 à Malatya, Ahmet Kaya était chanteur, écrivain et compositeur kurde, originaire d’Adiyaman.
 
Chanteur de la musique contestataire, Kaya a dédié sa courte vie à la paix et à la musique au milieux des persécutions étatiques en Turquie. Il se disait « Kurde de Turquie ».
Plusieurs des albums de Kaya ont battu des records de ventes. Avec plus de 20 albums, Kaya est de loin l’un des artistes les plus influents et les plus controversés contemporains en Turquie, qui s’était engagé sur des questions sociales et politiques.

Ahmet Kaya a dû fuir la Turquie pour avoir dit qu’il allait sortir un album en kurde. Il est mort à Paris en 2000. Une élégie « Ya beni sarsa memleket hasreti / Et si le mal du pays me prenait » raconte l’histoire de son agonie, de ses souffrances, de son désir pour son peuple et sa patrie dont il a été arraché.

Ahmet Kaya a payé cher son souhait de « chanter en kurde » lors d’une cérémonie de remise des prix en direct à la télévision en 1999. Les autorités turques ont lancé des poursuite à son encontre. Les journaux et les chaînes de télévision de tout le pays l’ont pris pour cible avec des informations fabriquées de toutes pièces le qualifiant de « traître » et de « terroriste ». Les médias turcs ont dépeint Kaya comme « étant membre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) » pour avoir déclaré qu’il était kurde.

 

 
La tombe d’Ahmet Kaya se trouve au cimetière parisien du Père-Lachaise, 71ème division, 1ère ligne face à la 72ème division.

IRAN. Nouvelle vague d’arrestations de civils kurdes

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IRAN / ROJHILAT – Le régime sanguinaire iranien a arrêté au moins 27 civils kurdes lors de raids violents menés dans plusieurs provinces du Kurdistan de l’Est au cours des trois derniers jours. Les arrestations ont eu lieu principalement à Mariwan, Baneh et Saqez.
 
Selon un rapport reçu par l’Organisation des droits de l’homme Hengaw, le ministère des Forces de renseignement a lancé une vague d’arrestations dans le village de Ney, à Mariwan, où les villageois Mohammad Ahmadi et Farid Derakhshani, Keyvan Minooi, Idris Bahramian et Abdar Rahman ont été arrêtés le 12 novembre 2021.
 
Le même jour, trois citoyens de Baneh, Saeed Ghaderi, Kurdo Hosseinopour et Ali (nom de famille inconnu), et un civil du village de Pri Omran, à Saqez, du nom Ayoub Minaei ont été arrêtés après avoir été convoqués au bureau des renseignements de Baneh et Saqez. Par ailleurs, Saman Khosravi et Jamal Azizi, originaires du même village, ont été arrêtés le 11 novembre 2021.
 
Deux autres citoyens Abdullah Mahjoor et Mohammad Mahjoor dans le village de Malqarni, à Saqqez, et 14 autres citoyens de Bane (Salah Pezeshki, Rafiq Pezeshki, Manaf (Wafa) Pezeshki, Behzad Pezeshki, Karim Pezeshki, Abu Bakr. Pezeshki, Loghman Pezeshki, Ahmad Pezeshki, Farhad Pezeshki, Farzad Pezeshki, Arsalan Pezeshki, Kamran Pezeshki, Jamal Morouti et Osman Mohammadpour) ont été arrêtés le 11 novembre 2021.
 
Tous les détenus de Saqez, Baneh et Mariwan ont été transférés au centre de détention des services de renseignement de Sanandaj (Sînê). Aucune information n’est disponible concernant les raisons de leur détention et les charges retenues contre eux.
 

Hevalê Reş (Ami Noir): Une chanson en kurde pour George Floyd

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La chanteuse kurde Öznur, qui a chanté pour George Floyd, a déclaré: « Les Kurdes et les Noirs… Les tués, privés de tombe, avec leurs pierres tombales brisées… »
 
La chanson interprétée par Öznur « Hevalê Reş (Ami noir) » dédié à George Floyd, un afro-américain, tué par un policier qui s’est agenouillé sur son cou le 25 mai 2020 à Minneapolis, dans l’État du Minnesota, aux États-Unis, a été traduite en turc, anglais et allemand.
 
Une chanson en kurde a été composée pour George Floyd, qui a été tué par un policier agenouillé sur le cou aux États-Unis le 25 mai 2020.
 
Écrit par Ercan Şeker, composé par Ali Papur et arrangé par le musicien allemand Christian Walter, la chanson est chantée par Öznur dans son album EP « İz » (Trace).
 
Avec la plupart des instruments joués par Christian Walter également, la chanson a été traduite en turc, anglais et allemand.
 
 » Hevalê Reş « , une chanson de jazz, est basée sur l’idée que les Noirs et les Kurdes partagent un destin commun. Öznur dit brièvement ce qui suit à propos de la chanson:
 
« C’était une expression de racisme »
 
« Alors que le policier américain s’agenouillait sur le cou de George Floyd et l’étranglait, une vie était sacrifiée pour une couleur.
 
Ce genou écrasant son cou avec toute sa rancune n’était pas une rage instantanée; ce dont nous avons été témoins était une expression de racisme, qui s’est vu supérieur et s’est accumulé à travers l’histoire.
 
Je voulais tendre ma main, la mettre sous sa tête en touchant le sol et ajouter mon souffle au sien… Faire entendre sa voix de lamentation au monde… Crier à haute voix… Je voulais donner une nouvelle vie au monde.
 
Ensuite, j’ai voulu devenir une vague de rage, déborder et détruire touts les racistes qui existent. Mais cela ne s’est pas produit.
 
George nous a fait ses adieux, ses yeux plongés dans les nôtres. C’est à ce moment-là que les paroles de cette chanson sont tombées entre nos mains transformées en coups de poing. »
 
« Deux continents transformés en un »
 
« Ensuite, les boîtes en plastique sont venues à ma conscience. Des ossements humains entassés dans des boîtes… Comme s’ils n’avaient pas grandi petit à petit dans le ventre d’une mère pendant 9 mois, comme s’ils n’avaient pas été remplis de vie petit à petit au fur et à mesure par la mère … Aucune trace… Comme s’ils étaient tous morts… Tout comme un tas d’os secs, ils ont tous été mis dans de petites boîtes en plastique, enterrés sous un trottoir à Kilyos [La chanteuse parle du scandale des ossements de combattants kurdes enfuis sous un trottoir d’Istanbul qui ont été découverts par hasard].
 
En fait, les yeux de ces mères sont toujours rivés sur la télé, leurs oreilles toujours au téléphone… Elles gardent toujours leurs portes entrecouvertes, pensant à quand et d’où viendront les mauvaises nouvelles. Ils ont enterré les ossements sous la route parce qu’ils étaient portés disparus… C’est alors que notre conscience a transformé deux continents en un seul.
 
Chaque fois que la tête de George Floyd était appuyée contre ce trottoir, les os sous cette route avaient extrêmement mal. Chaque fois que George était à bout de souffle, ces os l’étaient aussi. Le souffle chaud de George traversait peut-être le trottoir et atteignait les os.
 
Ils ne se lamentaient pas dans leur langue pour eux-mêmes, mais pour George au-delà des continents. Alors qu’ils auraient pu élever une vie ensemble, les deux peuples se sont rencontrés dans la mort. Kurdes et Noirs… Les tués, privés de tombe, avec leurs pierres tombales brisées… »
 
La chanson d’Öznur
 
Paroles en anglais
 

Why this world is tight for me
We were left without villages and cities
Our languages became sister and brother
Your color is my color, my black friend

(Pourquoi ce monde est serré pour moi
Nous nous sommes retrouvés sans villages ni villes
Nos langues sont devenues notre sœur et frère
Ta couleur est ma couleur, mon ami noir)

You are not breathless my black friend
Your lungs are huge like a savanna
Your tiers drip drop by drop
Your tiers landed slowly on the streets of cities

(Tu n’es pas essoufflé mon ami noir
Tes poumons sont énormes comme une savane
Tes larmes tombent goutte après goutte
Ont traversé lentement les rues des villes)

I am a flower from mountains, from top of the mountains
You are the darkness of darkness in the city
I will be your sun and moon
you, be water and color to me

(Je suis une fleur des montagnes, du haut des montagnes
Tu es l’obscurité des ténèbres dans la ville
Je serai ton soleil et ta lune,
sois eau et couleur pour moi)

Paroles en turc et en kurde

HEVALÊ REŞ (George Floyd’a)
Ew dinya jimara cima teng e,
(Bu dünya neden bize dar)
Bê gund bê bajêr mane em,
(Şehirsiz ve köysüz kaldık )
Zimanê me û tu bu ye xang û bira,
(Dillerimiz kardeş olmuş)
Renga te ranga min e hevalê reş
(Senin rengin bızım rengimizdir siyah arkadaş)

Tu bê nefes nin î hevalê Reş,
(Sen nefessiz değilsin siyah Arkadaş)
Kezeba te mezin e weka deşt,
(Senin ciğerin bir Ova Kàdàr Büyük)
Histerên te Hatin dilop dilop,
(Gözyaşların damla damla Akti)
Daket riya bajaran da seynik seynik
(Indi şehir caddelerinden yavaş yavaş)

Ez kulîlka çîyanim lê kulîlka serê çîyan
(Ben dağların başındaki çiçek )
Tu li nav tarî yê lê tari yé bajaran
(Sen şehrin içindeki karanlık)
Ez bibim roj û hiv

(Ben güneş ve ay olayım)
Tu bibê av û renga min
(Sen benim suyum ve rengim ol)