25 NOVEMBRE. Des milliers de personnes dans les rues de Paris contre les violences faites aux femmes
PARIS – Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté aujourd’hui à Paris contre les violences sexistes et sexuelles à l’appel d’une soixantaine d’organisations féministes, dont #NousToutes et le Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F), des partis politiques et des syndicats.
Réunies sur la place de la République à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, plusieurs dizaines de milliers de femmes (50 000 selon les organisateurs), dont certaines avec enfants, et des hommes, surtout jeunes, ont marché en direction de Nation avec des milliers de pancartes dénonçant les violences masculines, sexistes, transphobes, racistes, les féminicides politiques, mais aussi l’inceste ou encore la pédophilie au sein de l’église ou les agressions/viols dans les universités…
Deux ans après le Grenelle sur les violences conjugales, de nombreuses militantes féministes ont dénoncé le discours vide non suivi de mesures concrètes alors que le nombre de féminicides annuels n’a pratiquement pas baissé depuis 2019. Elles ont également critiqué le laxisme de la justice qui « ne « protège pas les victimes », ajoutant que « 65% des victimes de féminicides avaient pris contact avec la police ».
Voici certains des slogans vus lors de la manifestation: « Ras le viol », Police et justice dans le déni = double peine », « Non c’est non », « inceste, pédocriminalité, féminicides; la justice ne protège pas les enfants », « éduque tes fils », libère tes filles », Céder n’est pas consentir », « une victime qui se défend n’est pas coupable », « viol, crime contre l’humanité », « le machisme fait le lit du fascisme », dans 10 féminicides, c’est Noël », arrêtez de nous sexualiser », « en grammaire, le masculin est tout, sauf neutre », « droits d’asile, accueil, hospitalité pour les femmes afghanes », « Où est Peng Shuai » (star du tennis chinois qui serait effacée par le régime)…





Les femmes kurdes fermaient la marche parisienne avec plusieurs banderoles.
La suite des photos de la manifestation est ici, sur la page Kurdistan au féminin…
« Les droits les plus élémentaires des enfants sont bafoués en Turquie »
« Le Kurdistan est une réalité et il a toujours existé »
TURQUIE / BAKUR – Les politiciens et les militants kurdes réagissent aux novelles mesures de répression frappant la langue kurde et le mot « Kurdistan » qui ont récemment déclenché un débat public en Turquie. Les Kurdes ont souligné l’importance de faire face aux politiques de déni.
Şerefxan Cizirî, porte-parole de la Plateforme de la langue kurde, a déclaré que le président turc Recep Tayyip Erdoğan et l’ancien Premier ministre Ahmet Davutoğlu avaient également mentionné le mot Kurdistan dans le passé. « La région où vivent les Kurdes s’appelle le Kurdistan. Le Kurdistan ne disparaîtra pas simplement parce qu’ils le nient », a réagi Cizirî.
LA LANGUE EST ESSENTIELLE POUR LE PEUPLE
Cizirî a condamné les autorités turques qui ont interdit le concert de Mem Ararat au motif que « des chansons kurdes seraient interprétées ». Il a rappelé que des chansons kurdes étaient jouées sur la chaîne de télévision publique TRT Kurdî depuis des années. Il a souligné que les gens devraient protéger leur langue et leur culture contre ces pressions. « La langue est essentielle pour un peuple. Une fois que vous perdez votre langue, vous cessez d’être un peuple », a-t-il ajouté.
LE BUT PRINCIPAL EST L’INTERDICTION
Rêzan Aktum, directeur de l’Association de recherche sur la langue et la culture en Mésopotamie (MED-DER), a fait remarquer que l’objectif principal de l’État est d’interdire la langue et la culture kurdes afin de maintenir son propre pouvoir. « L’État tire son pouvoir de son état d’esprit [basé] sur le déni et la répression. Unissons-nous et luttons contre cet état d’esprit déni et répressif. Parlons, pensons et écrivons en kurde dans notre vie quotidienne. Nous ne pouvons contrecarrer ces politiques que de cette manière. »
LE KURDISTAN A EXISTÉ ET EXISTERA TOUJOURS
Le député HDP Van Sarısaç a également critiqué la haine envers l’utilisation du mot Kurdistan. « S’il y a une séparation aujourd’hui, ce n’est pas à cause du mot Kurdistan, c’est à cause de ceux qui nient une société. Il n’y a même pas besoin de discuter du Kurdistan. Le Kurdistan est une réalité. Le Kurdistan n’est pas quelque chose qui peut être légitimé ou délégitimé par Erdogan et ses prédécesseurs, y compris le fondateur de la république, Mustafa Kemal Atatürk. Le Kurdistan est déjà légitime. Le Kurdistan est une région qui existe depuis des dizaines de milliers d’années et abrite les Kurdes. Cette réalité a toujours existé et continuera d’exister. »
Sarısaç a souligné que le déni des Kurdes et du Kurdistan conduit à un recul de la démocratie en Turquie. Il a souligné que le déni kurde n’a servi qu’à plonger le pays dans la crise et la dépression. « Rien n’a jamais changé en Turquie en attaquant les Kurdes et en les soumettant à des massacres. Au contraire, le déni kurde a provoqué un recul démocratique. La Turquie n’a jamais été une bonne démocratie, mais maintenant nous manquons même de cette vieille démocratie. (…) En fait, le déni kurde découle du fait que le problème kurde n’est pas résolu et que l’État maintient son pouvoir basé sur le déni et l’assimilation. Cela n’a pas fonctionné et ne fonctionnera jamais à l’avenir. Les Kurdes n’abandonneront jamais leur identité, leurs valeurs, leur langue et leur Kurdistan. »
FRANCE. Les femmes kurdes célèbrent la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes
PARIS. Conférence: Confédéralisme démocratique – retours d’expérience
BORDEAUX. Colloque « Expérience démocratique au Rojava entre idéalisation démocratique et diabolisation répressive »
La Turquie arrête le célèbre chanteur syrien Omar Souleyman
TURQUIE / BAKUR – Le célèbre musicien syrien, Omar Souleyman a été arrêté en Turquie pour appartenance à une « organisation terroriste » (les YPG du Rojava).
L’agence de presse Mezopotamya a rapporté qu’il a d’abord été détenu dans le district Karaköprü d’Urfa (Sanliurfa) et emmené à la direction provinciale de la gendarmerie.
L’AFP a ajouté que Souleyman était interrogé sur les allégations des médias locaux selon lesquelles il aurait des liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Son manager a déclaré que la police interrogeait Souleyman au sujet d’un reportage des médias locaux alléguant qu’il s’était rendu dans le nord-est de la Syrie, sous le contrôle des YPG (Unités de protection du peuple) liées aux Forces démocratiques syriennes (FDS), que la Turquie considère comme une émanation du PKK.
Souleyman, un Arabe originaire de la province syrienne de Hasakah, a gagné sa réputation en chantant lors de mariages et de fêtes en kurde et en arabe.
Il a déménagé dans le district d’Akçakale à Urfa il y a une dizaine d’années et y aurait dirigé une boulangerie.
Sublime Frequencies, un label basé à Seattle qui a sorti la première compilation des enregistrements de Souleyman à être distribuée en Occident, a déclaré que le succès de son album de 2007 Highway to Hassake a conduit Omar à être invité à faire une tournée au Royaume-Uni et en Europe à l’été 2009.
« À la fin de 2009, Omar avait prouvé que sa prestation unique et charismatique de dabke folklorique électrifié syrien, de choubi irakien et de shaabi arabe avait la capacité de plaire au public occidental le plus diversifié », a-t-il poursuivi.
« Bien que les talents musicaux ne manquent pas en Syrie, dabke et autres, Omar Souleyman est la première exportation musicale syrienne à avoir conquis le cœur des Occidentaux et des Arabes à cette échelle. »
Il a également donné des représentations en juin et en octobre dans la capitale de la région autonome du Kurdistan, Erbil.
Sa chanson Warni Warni a obtenu près de 95 millions de vues sur Youtube.
PARIS. Au Père-Lachaise, les Kurdes étaient bien seuls pour rendre hommage à Ahmet Kaya


La présidente de l’association France-Kurdistan, Sylvie Jan a également pris la parole pour condamner la profanation de la tombe d’Ahmet Kaya. Elle a également dénoncé sur son compte Facebook l’inaction des autorités françaises face à cet acte odieux, déclarant que « Les autorités françaises n’ont pas réagi, la France n’a pourtant aucun intérêt à ce que les forces d’extrême droite turques et ses Loups Gris, s’imposent dans la vie de notre pays. »

La porte-parole du Mouvement des femmes kurdes en France, Berivan Firat, a condamné la profanation de la tombe d’Ahmet Kaya, en déclarant que cela ne pouvait en aucun cas être l’œuvre de quelques individus qui auraient agi de manière isolée, mais plutôt un acte orchestré par des sbires du régime turc en France. Berivan Firat a également rendu hommage au leader de la révolte de Dersim, Seyid Riza et à ses compagnons pendus le 15 novembre 1937 par l’État turc.

Après d’autres prises de paroles, deux membres du collectif culturel TEV-ÇAND Paris, Nuarîn et Farkin Azad ont également rendu hommage à Ahmet Kaya et ont clôturé la cérémonie en interprétant une chanson de Kaya et des chants révolutionnaires kurdes.