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Avec sa guerre au Kurdistan, la Turquie a battu le record des USA au Vietnam

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La violence des six dernières années de la guerre contre les Kurdes, au cours de laquelle l’État turc a dissimulé les résultats et le coût économique sur le terrain, ainsi que les dommages financiers/moraux qu’il a entraînés, a dépassé les dix dernières années de la guerre des Etats-Unis au Vietnam.
 

L’État turc ne voit aucune raison d’expliquer les conséquences de sa campagne meurtrière contre le peuple kurde. Ceci explique les chiffres erronés utilisés pour sa propagande. Pendant 35 ans, l’État turc a tenu son opinion publique dans l’ignorance de ce qui se passait sur le champ de bataille. Le peuple turc ne voit pas la nécessité d’évaluer sérieusement les coûts financiers et psychologiques de 35 ans de guerre. Les efforts dans cette direction sont entravés par la brutalité des pouvoirs turcs successifs.

Malgré les efforts de l’État turc pour dissimuler les conséquences et les coûts de la guerre contre la guérilla kurde, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) détaille ce qui s’est passé.

Malgré diverses limitations, tous les événements ont été partagés de manière routinière au cours des 6 dernières années, en particulier les résultats des combats depuis le début des années 2000. Il constitue une source importante de données pour évaluer l’intensité et le coût de la guerre.

COMPARAISON AVEC LE VIETNAM

Les similitudes entre la lutte kurde et d’autres guerres de guérilla sont abordées et des comparaisons sont établies, la plus importante étant la guerre du Vietnam. Ces évaluations, en termes de similitudes et de rapports de force, laissent entrevoir des résultats significatifs sur l’ampleur des combats au Kurdistan.

La guerre du Vietnam a duré plus de deux décennies, mais l’époque au cours de laquelle l’Amérique a été impliquée a été la plus intense.

Comparons les dix années de la lutte du Vietnam aux six dernières années de la guerre du Kurdistan. Les dix dernières années de la guerre du Vietnam ont été les plus intenses, et les six dernières années de la guerre du Kurdistan, qui dure depuis 1984, sont considérées comme l’ère la plus sévère, allant de 2015 à 2021.

LES DIX ANS DE GUERRE DES USA AU VIETNAM

Les États-Unis, qui sont entrés en guerre au Vietnam en 1963 et ont perdu en 1973, ont utilisé 8 millions de tonnes de bombes et 15 millions de tonnes de munitions tout au long de cette période.

Le coût de la guerre a été estimé à 350 milliards de dollars. Sous la pression du public, le coût et les conséquences de la guerre ont été divulgués. En conséquence, le peuple a reconnu les dommages moraux et matériels causés par cette guerre immorale et a exercé une pression importante sur le gouvernement pour qu’il y mette fin.

Par conséquent, disposer d’une force super-militaire et de vastes ressources était insuffisant pour éviter les pertes dans une guerre injuste.

6 DERNIÈRES ANNÉES DE LA GUERRE AU KURDISTAN

En regardant les faits des six dernières années de la guerre génocidaire de 35 ans menée par l’État turc contre le peuple kurde, il est clair qu’elle a largement dépassé la guerre du Vietnam.

Le tableau ci-dessous est basé sur les données des HPG (branche armée du PKK) de juillet 2015 à novembre 2021:

4 881 bombardements aériens et 3 824 bombardements d’artillerie ont été effectués.

Sur la base des poids (poids minimum) des munitions possédées et utilisées par l’armée turque, on estime que 4 millions 460 mille 614 tonnes de bombes ont été utilisées.

L’armée turque a lancé 1 865 attaques; il y a eu 6561 affrontements. Lorsque la durée moyenne des opérations et les statistiques de combat sont calculées, on découvre que la quantité de munitions utilisées est d’environ 5 millions de tonnes.

POURQUOI CES CHIFFRES MANQUENT-ILS ?

Lorsque la période 1984-2015, la résistance à l’autonomie gouvernementale et les attaques de l’occupation contre le Rojava après 2018 sont ajoutées aux rapports de calcul du conflit de 6 ans au Kurdistan, il est conclu qu’au moins 25 millions de tonnes de bombes ont été utilisées en moyenne.

De plus, les informations publiées dans les registres officiels du BIM sont calculées en un seul chiffre ; avec des attaques répétées qui ciblent un endroit tout au long de la journée enregistrées comme un seul bombardement.

Étant donné que les résultats de divers bombardements et conflits ne peuvent être clarifiés qu’après une longue période de temps en raison de l’état de guerre actuel, ces informations ne sont pas incluses dans les déclarations quotidiennes officielles de HPG, mais sont détaillées dans les dossiers.

IMPOSSIBLE CALCULE DU COUT ÉCONOMIQUE DE LA GUERRE

L’impact économique des six dernières années de cette guerre est difficile à calculer en raison du black-out de l’État turc.

Compte tenu non seulement du coût des bombes, mais aussi du coût d’entretien des avions qui bombardent chaque jour, de la quantité de carburant, du remplacement des pièces, de l’argent dépensé pour l’armée mercenaire, des dépenses engagées dans chaque opération, de la véhicules utilisés dans les expéditions militaires, et d’autres dépenses, un bilan massif est possible.

Il est évident que la politique militaire de l’État turc a entraîné un effondrement économique ainsi que des dommages moraux et physiques dans le pays.

 

Au Kurdistan du Sud, en une semaine, l’EI a tué 20 peshmergas et 3 civils

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Depuis la semaine dernière, plusieurs attaques menées par DAECH ont fait 23 victimes dans la région kurde d’Irak, montrant de nouveau la faiblesse des peshmergas (combattants kurdes), malgré les armes qu’ils avaient reçues de la coalition internationale pendant de la lutte contre DAECH.
 
Le politologue Hardy Mède donne deux explications majeures à ces attaques qui seraient en partie dues aux faiblesses des peshmergas. Il s’agirait du fait que les peshmergas ne soient pas une force nationale mais plutôt des milices dirigées par les partis KDP et l’UPK*, deux partis rivaux qui co-dirigent le Kurdistan d’Irak depuis 3 décennies…
 
Quand aux attaques menées DAECH / ISIS près de Kirkouk et de Makhmur, selon Mède, les terroristes de l’État Islamique (EI) n’auraient pas mené ces attaques sans la permission tacite des Hachd al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire – UMP) pro-Iran. Mais on ne sait pas les raisons qui poussent les Hachd al-Chaabi a faire pression sur les Kurdes d’Irak en « encourageant » DAECH à attaquer la région. Est-ce en lien avec la formation du future gouvernement irakien dans lequel les Kurdes ont leur mot à dire, ou est-ce en rapport avec la présence toujours plus accrue des forces turques dans la région (qui soit disant combattent le PKK) pour leur signifier qu’ils piétinent le pré-carré iranien en Irak…

 
Hardy Mède a déclaré sur Twitter que « Le personnel politique du GRK [Gouvernement Régional du Kurdistan] répète sans cesse que les problèmes des peshmerga sont liés au fait qu’ils ne sont pas armés. Je suis persuadé que le problème vient d’ailleurs: ils ne sont pas institutionnalisés ni disciplinés. Il y a manque de sérieux et d’Ordre. »
 
Au sud-ouest d’Erbil, des villages entiers se vident de peur de Daech. Suite à son évacuation hier, le village Lêhiban a été aujourd’hui incendié par les jihadistes de Daech. Depuis des mois j’essaye d’alerter l’opinion publique, il est temps de prendre Daech au sérieux.
 
Depuis hier, le personnel politique irakien et les représentants de l’armée parlent d’un vide sécuritaire qui selon eux sert à Daech. Tout le monde sait qu’il y a un vide. L’essentiel est de se demander comment ce vide se crée? Qui le crée? Selon moi, il est volontairement créé! »
*Le Parti démocratique du Kurdistan (KDP) est dirigé par la famille Barzanî tandis que la famille Talabanî dirige l’Union patriotique du Kurdistan (UPK).

3 femmes kurdes assassinées à Paris: sans justice, la France restera coupable

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PARIS – A la veille du 9e anniversaire de l’assassinat des activistes kurdes (Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez) à Paris par un agent des renseignements turcs (MIT), la justice française n’a toujours pas poursuivi les commanditaires qui sont derrière ce triple meurtre. C’est dans ce climat de colère et de détermination que la communauté kurde manifestera de nouveau à Paris, le samedi 8 janvier 2022.
 
Pour le Mouvement des Femmes kurdes en France (TJK-F) et le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), tant que la justice ne sera pas rendue dans ce dossier se heurtant au secret-défense, la France se rend coupable dans ce triple meurtre commandité depuis Ankara où se trouve le siège des renseignements turcs.
 
Les deux organisations kurdes invitent les amis des Kurdes et tous ceux épris de justice à venir manifester à leurs côtés pour la neuvième année consécutive à Paris – Gare du Nord, sur les lieux du crime resté impuni.
 
Voici le communiqué co-signé par le TJK-F et le CDK-F:
 
SANS JUSTICE, LA FRANCE RESTERA COUPABLE!
 
 
Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz (Sara), co-fondatrice du PKK, Fidan Dogan (Rojbîn), représentante en France du Congrès national du Kurdistan (KNK), et Leyla Saylemez (Ronahî), membre du mouvement de jeunesse kurde, étaient sauvagement assassinées à Paris. Neuf ans après ce massacre, la justice fait toujours défaut.

La première instruction ouverte au lendemain des faits allait révéler que le massacre avait été commandité et planifié par l’agence du renseignement turc (MIT). Pourtant, suite à la mort du tireur, Ömer Güney – qui serait décédé en prison d’une tumeur au cerveau en décembre 2016 -, la justice française a décidé de clore le dossier au prétexte que « l’assassin présumé étant mort, l’action publique est éteinte ». Par la suite, deux hauts fonctionnaires du MIT capturés par les forces armées du PKK ont révélé des informations cruciales sur la planification du triple assassinat, indiquant notamment que celui-ci avait été commis avec l’assentiment d’Erdogan qui était alors premier ministre.

Une autre évolution importante tient à une procédure pénale engagée en Belgique suite à une tentative d’assassinat contre des politiciens kurdes. Les investigations menées dans le cadre de cette affaire ont révélé que certaines des personnes mises en cause, ainsi que İsmail Hakkı Musa, alors ambassadeur de Turquie à Paris, étaient Impliqués dans les assassinats.

Se fondant sur ces nouveaux éléments, les avocats des familles des victimes ont obtenu l’ouverture d’une nouvelle instruction qui dure maintenant depuis trois ans. Cependant, prétextant le « secret-défense », les autorités françaises refusent toujours de partager avec les juges les informations détenues par leurs services de renseignement.

Ce refus qui fait obstacle à la manifestation de la vérité constitue une entrave politique à la mission du juge d’instruction. Ainsi, le gouvernement français maintient dans l’impunité un crime terroriste commis sur son territoire par les services secrets turcs. Ne pas lever le Secret-défense revient à un déni de justice intolérable. Tant que la vérité et la justice seront dans l’ombre, la France restera coupable!

Comme chaque année à la date anniversaire du massacre, nous, organisations kurdes en France, appelons à descendre dans les rues afin de réclamer justice pour Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Faisons entendre nos voix à ceux qui refusent d’entendre la quête de justice des familles et du peuple kurde depuis 9 ans:

Erdogan est le commanditaire du massacre, il doit être jugé!
Le secret-défense ne peut obstruer la justice!
Les intérêts économiques et politiques ne peuvent être placés au-dessus de la justice!
Tant qu’il n’y aura pas de justice, vous resterez coupable!

À Paris, nous vous donnons rendez-vous samedi 8 janvier 2022, à 12h00, pour une grande marche au départ de la Gare du Nord jusqu’à la place de la République où aura lieu un meeting.

Nous vous invitons par ailleurs à participer aux autres manifestations organisées en hommage aux trois militantes kurdes, à l’occasion du 9ème anniversaire du massacre:
-Marche blanche mercredi 5 janvier 2022, à 11h00, du Centre démocratique du Kurdistan (16 rue d’Enghien) jusque devant les locaux du centre d’information du Kurdistan (CIK, 147 rue La Fayette) où le massacre a eu lieu. Vous pourrez à cette occasion déposer des fleurs pour rendre hommage aux trois femmes.
-Cérémonie d’hommage dimanche 9 janvier 2022, à 12h30, devant le 147 rue La Fayette.

Mouvement des Femmes kurdes en France (TJK-F)
Conseil démocratique kurde en France (CDK-F)

MARSEILLE. Concert en solidarité avec les prisonniers kurdes arrêtés à Marseille, Paris et Draguignan

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MARSEILLE – En mars dernier, 10 militants kurdes étaient arrêtées par la brigade anti-terroriste à Marseille, Paris et Draguignan. Aujourd’hui 8 d’entre eux sont toujours en détention tandis qu’un autre est sous contrôle judiciaire. Ils sont accusés d’ «association de malfaiteurs terroriste criminelle» et de «financement d’entreprise terroriste [PKK]».
 
Le samedi 18 décembre prochain, le Collectif Antifasciste Marseillais et le Collectif Solidarité Internationaliste Marseille Kurdistan organisent un concert de solidarité avec ces prisonniers kurdes.
 

Entrée à prix libre

RDV le 18 décembre 2021, à 20:30

Au Dar Lamifa
127 rue d’Aubagne
MARSEILLE

SYRIE. Les Kurdes portent un coup dur aux renseignements turcs au camp al-Hol

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SYRIE / ROJAVA – Les Forces de sécurité intérieures ont capturé des terroristes alors qu’ils tentaient de transférer des armes et des munitions au camp al-Hol abritant des membres de l’Etat islamique (DAECH / ISIS). Les terroristes auraient admis qu’ils avaient été transférés depuis Girê Spî occupée par la Turquie.
 
Plus de 60 000 membres de l’EI séjournent à Hol Camp, situé à 45 kilomètres à l’est de Hesekê. En plus des Irakiens et des Syriens, des milliers de familles de l’Etat islamique ressortissants de 48 pays vivent dans le camp.
 
Alors que les services de renseignement turcs (MIT) établissent des réseaux pour secourir les membres de l’Etat islamique emprisonnés du camp, ils travaillent également dur pour que l’Etat islamique s’empare du camp.
 
Il existe un réseau sophistiqué de mercenaires qui s’étend des zones occupées par les Turcs au camp al-Hol.
 
Le 28 février 2021, les Forces de sécurité intérieure de la Syrie du Nord et de l’Est ont mené une opération intitulée « Opération humanitaire et de sécurité » dans le camp où les structures des cellules secrètes de l’Etat islamique étaient en train de se réorganiser.
 
À la suite de l’opération, alors que des dizaines de cellules ont été détruites, plus de 200 membres de gangs, dont des émirs de l’Etat islamique, ont également été capturés.
 
L’État islamique, durement touché par l’opération de février, a commencé à se réorganiser. Les membres de gangs qui se sont infiltrés parmi les réfugiés et qui étaient passifs ont été mobilisés pour une « réorganisation ».
 
Les Forces de sécurité intérieure, qui assuraient la sécurité du camp, ont mené des opérations sur un renseignement reçu il y a quelques jours. Ils ont saisi les armes et les munitions que l’on tentait d’introduire dans le camp. À la suite de l’opération, 6 fusils AK-47, 48 magazines, 1 350 balles, 7 grenades, 7 gilets militaires et 1 uniforme militaire ont été saisis.
 
Dans leurs premières déclarations, les membres du gang capturés ont admis que les munitions provenaient de Girê Spi, qui est sous occupation turque, et qu’il y a un grand mouvement en cours.
 
Les mouvements de l’Etat islamique dans le camp d’al-Hol ont été menés à partir d’Idlib jusqu’à l’occupation de Girê Spî en octobre 2019. Après que l’État turc ait occupé Girê Spî, il y a déplacé le Centre d’opérations d’al-Hol et a amené un membre de gang nommé Cerrah Abu Omor (secouru par le MIT) à sa tête.
 
Abu Walid, l’un des émirs de l’Etat islamique capturés, et sa cellule ont avoué qu’ils avaient reçu toutes leurs instructions d’action et d’activité dans le camp de Cerrah Abu Omar, qui était dans le camp auparavant et a été emmené à Girê Spi par le MIT.
 

MARSEILLE. Les Kurdes mobilisés du 4 au 10 décembre

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MARSEILLE – Du samedi 4 décembre au vendredi 10 décembre, les militants kurdes de Marseille se rassemblent au vieux port (Canebière) dans le cadre de la campagne internationale « Justice pour les Kurdes ». Ils demandent à l’Europe le retrait du PKK de sa liste des organisations terroristes.
 
RDV du samedi 4 décembre au vendredi 10 décembre, de 11h à 16h, en bas de la Canebière, place Général De Gaulle
 
« Dans l’intérêt de la paix, de la démocratie et des droits humains, nous demandons au Conseil de l’Union européenne de retirer le PKK de la liste des organisations terroristes. » déclare le communiqué du Centre de la Communauté Démocratique Kurde de Marseille et du Collectif Solidarité Kurdistan 13 (CSK 13)

PARIS. Manifestation contre l’expulsion d’un politicien kurde vers la Turquie

PARIS – Mezher Kartal, un politicien kurde d’HDP qui a demandé asile en France est menacé d’expulsion vers la Turquie. Il est enfermé au Centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot depuis plus de quatre mois et demi. Une manifestation est prévue aujourd’hui, samedi 4 décembre à 14 heures, devant le CRA où Kartal est détenu.
 
Voici le communiqué publié par le Comité de soutien à Mezher Kartal
 
« Non à l’expulsion de Mezher vers la Turquie !
 
Notre ami et camarade Mezher Kartal, membre important de la section du HDP (le Parti démocratique des peuples) de la ville de Diyarbakır, est enfermé au Centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot depuis le 17 juillet dernier, soit plus de quatre mois et demi.
 
Notre camarade, persécuté en Turquie, comme l’est sa famille, a été jugé et condamné en raison de ses opinions politiques, mais aussi du fait qu’il soit kurde tout simplement. C’est la raison pour laquelle Mezher a dû quitter son pays en s’exilant en Europe afin de demander l’asile à un pays de l’Union. Il est arrivé en France pour demander l’asile aux autorités françaises qui le lui ont refusé. Depuis cette date, il a fait un appel auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) mais cet appel n’est pas suspensif en CRA : c’est tout simplement scandaleux, car pour l’instant, aucune date d’audience ne lui a été communiquée et il peut très bien se faire expulser avant de passer devant la CNDA où il aurait une chance d’obtenir l’asile !
 
Le 18 novembre a déjà eu lieu un rassemblement de soutien à Mezher devant le CRA du Mesnil. Les revendications demandant sa libération n’ont, semble-t-il, pas été entendues.
 
Nous avons appris le 28 novembre qu’une place en avion a été réservée pour l’expulser le 5 décembre vers la Turquie et le remettre aux autorités turques. C’est à dire l’envoyer en prison pour de nombreuses années en Turquie. Comme les autres retenu·e·s de tous les CRA de France, il refuse les tests PCR (même si depuis 3 mois, le fait de refuser ces tests est passible de plusieurs mois de prison), ce qui logiquement empêche l’expulsion. Les autorités judiciaires menacent maintenant de passer outre.
 
Arrivé avec sa femme, qui elle a été libérée, ils risquent maintenant d’être séparées. Depuis qu’il est parti de Turquie, sa famille a encore été persécutée par la police. Si Mezher est expulsé, il est à craindre un traitement violent et de nouveaux procès avec de très longues condamnations. Il est impossible pour nous de s’imaginer qu’il pourrait passer sa vie en prison en Turquie.
 
La situation de notre camarade fait écho au traitement inhumain que subissent les détenus au Mesnil-Amelot ainsi que dans tous les CRA et dont les conditions de détention ne cessent de se détériorer depuis le début de l’épidémie. Des émeutes ont éclaté ces derniers mois et des cas de Covid sont avérés sans mesures sanitaires adaptées. L’accès aux soins est aléatoire, les violences policières sont quotidiennes et des pressions sont exercées pour effectuer les tests PCR en vue de l’expulsion.
Nous dénonçons cette politique répressive envers les personnes exilées, ce système d’emprisonnement qui ne dit pas son nom et la mise en danger de personnes en cette période de crise sanitaire.
 
Nous – amis, camarades, membre de syndicats et de collectifs de soutien aux demandeurs d’asile, membres kurdes du l’Union démocratique en Europe –, exigeons des autorités judiciaires et administratives de stopper cette expulsion illégale, de le libérer immédiatement, et de lui accorder l’asile politique auquel il a droit.
 
Liberté pour Mezher ! Liberté pour tou.te.s !
 
Rendez-vous devant le CRA du Mesnil-Amelot le samedi 4 décembre à 14h (4 rue de Paris 77990 Le Mesnil-Amelot près de Roissy)
 
Pour mettre la pression et demander la libération de Mezher, n’hésitez pas à appeler le CRA au 01.60.54.40.00 / 01.60.54.40.60 ou la préfecture au 01.64.71.77.77
 
Pour tout contact : liberte-mezher@riseup.net »
 

PAYS-BAS. 50 manifestants kurdes arrêtés au siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques

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LA HAYE – Hier, la police a interpellé 50 manifestants kurdes qui ont pénétré sur le site de l’organisme mondial de surveillance des armes toxiques (OIAC) dénonçant son silence face à l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques au Kurdistan de l’Irak.
 
Vendredi, dans la ville néerlandaise de La Haye, une cinquantaine de militants ont été placés en garde à vue lors d’une action de désobéissance civile devant le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Ils dénonçaient l’utilisation continue d’agents chimiques par l’armée turque contre le PKK au Kurdistan du Sud (nord de l’Irak) et l’inaction de l’OIAC.
 
Des allégations d’utilisation d’armes illégales contre la guérilla circulent depuis le début des opérations d’occupation turques dans les régions d’Avaşîn, Zap et Metîna, lancées en avril. Ce faisant, Ankara viole ouvertement le droit international de la guerre, mais l’Occident ne se voit pas prêt à agir. Malgré des faits avérés et de nombreux éléments de preuve, les appels des institutions kurdes demandant d’enquêter sur les accusations tombent dans l’oreille d’un sourd.
 
L’OIAC est une organisation internationale indépendante créée par les États parties à la Convention sur les armes chimiques. Il surveille le respect et la mise en œuvre de cette Convention et fixe le cadre de la destruction des armes chimiques. Cette semaine, la 26e Conférence des Parties à l’OIAC s’est réunie à La Haye. « Nous avons profité de cette date pour rappeler à l’organisation ses devoirs, également au nom de l’Initiative contre les armes chimiques au Kurdistan, et lui demander d’enquêter sur l’étendue des attaques aux armes chimiques menées par centaines par l’armée turque dans le sud du Kurdistan depuis avril », a déclaré un porte-parole du mouvement de la jeunesse kurde à propos de l’action.
 
« Nous exigeons que l’OIAC, les Nations Unies et la Croix-Rouge internationale incluent l’utilisation d’armes interdites au Kurdistan dans leur ordre du jour. Il doit y avoir une enquête indépendante sur l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques à Metîna, Zap et Avaşîn et des sanctions contre Erdogan gouvernement. Le Congrès national du Kurdistan (KNK) est en possession d’échantillons de la région touchée. Les institutions auxquelles nous nous adressons aujourd’hui sont invitées à examiner ces échantillons et à partager les résultats avec le public », a déclaré le militant.
 
Les militants arrêtés ont été emmenés pour être identifiés et poursuivis pour intrusion.
 

Ochy Curiel salue la révolution féministe du Rojava

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Anthropologue et musicienne Rosa Inés Curiel Pichardo a envoyé un message de solidarité aux femmes du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est expliquant que leur lutte est porteuse d’espoir pour tous les peuples du monde.
 
Un peu partout dans le monde, les femmes continuent leurs actions dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui a lieu le 25 novembre de chaque année. Le slogan kurde «Femmes, vie, liberté [Jin, Jîyan, Azadî]» est devenu un slogan mondial qu’on pouvait également lire sur des banderoles au Kurdistan, au Mexique ou en France…
 
La révolution féministe du Rojava montre qu’il existe une possibilité de vivre une vie différente. La violence contre les femmes augmente d’année en année, mais les femmes du Rojava (Kurdistan occidental) embrassent la révolution.
 
La professeure et artiste féministe dominicaine Ochy Curiel Pichardo, alias Ochy Curiel, fait partie de ces femmes qui veulent étendre la révolution féministe du Rojava à travers le monde en formant des alliances.
 
Dans un entretien accordé à l’agence ANHA, Ochy Curiel a mentionné son admiration pour la révolution féministe dans le nord et l’est de la Syrie et a noté qu’elle était très importante pour la libération des femmes.
 
Ochy Curiel Pichardo a expliqué que le meurtre des sœurs Mirabal n’a pas seulement affecté les Dominicains, mais a également affecté de nombreux endroits dans le monde. Ochy Curiel Pichardo a déclaré qu’après le meurtre de Trujillo, les sœurs Mirabal sont devenues un exemple de la lutte contre l’injustice dans le pays, en particulier le peuple dominicain.
 
Ochy Curiel Pichardo a dit que les Dominicains et les femmes s’étaient également battus avant et après les sœurs Mirabal, et a expliqué que dès le début le peuple s’était soulevé contre l’ordre esclavagiste et colonial depuis le début et que les sociétés africaines pauvres et dominicaines s’étaient soulevées contre le pouvoir et la violence.
 
Elle a noté que la lutte ne doit pas être uniquement contre les crimes contre les femmes et a déclaré que « parmi les assassinés se trouvent des femmes noires et des femmes autochtones, les pauvres ainsi que les dirigeants sociaux. Il doit y avoir une lutte contre toutes les pressions. Les peuples ont besoin d’une lutte commune. »
Ochy Curiel Pichardo a envoyé un message de solidarité et de soutien aux femmes du nord et de l’est de la Syrie disant que cette lutte n’était pas seulement une lutte pour les femmes du nord et de l’est de la Syrie, mais pour tous les peuples du monde. « À mon avis, c’est très important pour un projet de libération. »
 
Elle a expliqué qu’ils voulaient une vie exempte de racisme, de classe et de nationalisme et a déclaré: « Je veux une vie qui attache de l’importance à la communauté et à la formation de la société. Une vie où la musique, la poésie, l’art, la science et la production sont au centre. Et c’est pourquoi je me bats tous les jours. »
 
Qui est Ochy Curiel Pichardo ?
 
Elle est née en République dominicaine et réside en Colombie. Elle est universitaire, écrivaine, chanteuse et anthropologue social. Elle est membre de la Société d’éducation latino-américaine et des événements féminins. Elle est également professeur à l’Université nationale de Colombie et à l’Université de Jafriana.
 

L’Allemagne bannit de l’espace Schengen le journaliste britannique Matt Broomfield qui travaille sur le Rojava

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L’Allemagne est de loin le pays européen qui travaille activement contre les Kurdes, qu’ils vivent en Europe ou au Rojava, au Kurdistan du Nord… Son partenariat économique avec la Turquie la pousse à criminaliser les Kurdes et tous ceux qui s’intéressent à la question kurde de manière objective. La dernière victime à faire les frais des actions anti-kurdes est le journaliste britannique Matt Broomfield.
 
Le journaliste britannique Matt Broomfield a été emprisonné en Grèce et interdit d’entrée dans les pays membres de Schengen au motif qu’il soutenait l’Administration démocratique autonome du nord et de l’est de la Syrie. La demande venait d’Allemagne qui a également interdit à la militante espagnole Maria V. d’entrer dans le pays pendant 20 ans…
 
Broomfield, qui est resté au Rojava pendant trois ans, écrivait sur les développements au Rojava pour les médias britanniques « Vice », « Independent» et « New Statesman ». C’est précisément l’intérêt étroit de Broomfield pour la révolution du Rojava qui aurait effrayé les pays occidentaux, en particulier l’Allemagne.
 
Broomfield voulait se rendre en Italie en ferry depuis la Grèce le 27 avril 2021, mais a été arrêté par la police italienne et remis aux autorités grecques. Après avoir été détenu dans des centres de déportation pendant deux mois, il a été expulsé vers l’Angleterre.
 
Broomfield ne peut entrer dans aucun pays de l’espace Schengen
 
Broomfield, qui a écrit sur son blog ce qui lui est arrivé en Grèce, a déclaré que lorsqu’il a été expulsé vers son pays, l’Angleterre, les autorités grecques l’ont informé qu’il était interdit d’entrer dans les pays membres de Schengen.
 
Le journaliste a indiqué qu’il ne pouvait pas entrer dans les pays de l’espace Schengen, c’est-à-dire les 26 pays couverts par l’Accord sur la zone de libre circulation, et a précisé que la demande venait d’Allemagne.
 
Rappelant qu’il a été détenu par des policiers lourdement armés qui l’attendaient à son arrivée dans la ville portuaire d’Ancône en Italie, puis remis à la Grèce et détenu dans des prisons de haute sécurité à Corinthe et à Petrorali, où des réfugiés sont détenus, Broomfield a ajouté : « Les conditions de vie dans les deux prisons étaient très mauvaises. Il y avait 40 personnes dans une petite salle. Ils m’ont délibérément traité comme un réfugié illégal pendant des semaines. Puis ils m’ont expulsé, déclarant que je ne pouvais pas entrer dans l’espace Schengen pendant 10 ans à la demande de l’Allemagne. Tout ce qu’on m’a dit, c’est que cette décision a été prise parce que je soutiens l’Administration démocratique autonome du nord et de l’est de la Syrie. » (ANF)
 

Le Conseil de l’Europe (re)demande à la Turquie de libérer Selahattin Demirtas

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STRASBOURG – Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a de nouveau demandé la libération immédiate du politicien kurde Selahattin Demirtaş. Le comité a également lancé une procédure d’infraction contre la Turquie pour son non-respect de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme concernant la détention illégale du mécène Osman Kavala.
 
Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a abordé les violations de l’État turc lors de ses réunions du 29 novembre au 2 décembre. Lors de sa séance du premier décembre, le Comité avait abordé la situation dans la prison d’Imrali, où le leader kurde Abdullah Öcalan est détenu depuis 1999.
 
La commission a décidé d’ouvrir une « procédure d’infraction » contre la Turquie, notamment concernant la détention de l’homme d’affaires Osman Kavala.
 
Le comité a donné au gouvernement turc jusqu’au 19 janvier 2022 pour présenter son point de vue sur Kavala.
 
Le comité a également demandé la libération immédiate de l’homme politique kurde Selahattin Demirtaş, ancien coprésident du HDP (Parti démocratique du peuple), qui est toujours en prison.
 
Il a exhorté la Cour constitutionnelle turque (AYM) à statuer sur les demandes conformément aux décisions de la CEDH. (ANF)
 
Le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, chargé de veiller à l’exécution des décisions de la CEDH, a adressé «une mise en demeure à la Turquie dans l’affaire Kavala» qui est une première étape d’une longue procédure qui pourrait aboutir à des sanctions.
 
C’est seulement la deuxième fois que cette organisation qui siège à Strasbourg recourt à cette procédure, après l’avoir employée une première fois contre l’Azerbaïdjan en 2017. En décembre 2019, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait jugé que le placement en détention d’Osman Kavala avait eu lieu «en l’absence d’éléments de preuve à charge suffisants», et avait pour objectif de «le réduire au silence» et de «dissuader d’autres défenseurs des droits de l’Homme». (AFP)
 

Les secours anglais et français ont-ils laissé les migrants se noyer dans la Manche?

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PARIS – Le 24 novembre, 27 migrants, dont de nombreux Kurdes, qui tentaient de rejoindre l’Angleterre depuis la France sont morts lorsque leur bateau gonflable a coulé au large de Calais, dans le nord de la France. Un survivant raconte qu’avant de couler, les réfugiés avaient appelé les secours côté britannique et français, mais que les Anglais et les Français les avait dirigés chaque fois vers l’autre partie, disant qu’ils étaient dans les eaux territoriales de l’autre État, laissant mourir près d’une trentaine d’enfants, femmes, jeunes hommes en pleine mer… Mais côté Pologne-Biélorusse, ce n’est guère mieux, là, ils sont morts à cause du froid glacial ou les coups portés par des fascistes polonais qui rôdent à la frontière polono-bélarusse. L’Europe continuer à ignorer le drame des réfugiés qui se joue sous ses yeux.
 
Nuit d’horreur à bord d’un bateau gonflable
 
L’un des deux survivants connus de la catastrophe d’un bateau dans la Manche mercredi soir et un parent de deux des migrants ont accusé les garde-côtes britanniques d’avoir ignoré les appels répétés à l’aide des migrants en train de se noyer alors qu’ils se trouvaient dans les eaux britanniques. Dans une interview accordée à Rudaw dimanche, le survivant a détaillé l’horreur alors qu’il regardait une trentaines de personnes se noyer, une par une.
 
« Le côté droit du bateau perdait de l’air. Certaines personnes y pompaient de l’air et d’autres écoperaient l’eau du bateau », a déclaré Mohammed Shekha Ahmad, 21 ans, un Kurde qui résidait dans la ville de Qaladze dans la région du Kurdistan de Sulaimani. province jusqu’à il y a environ six semaines. « Puis après un moment, nous avons appelé la police française et leur avons dit: « Aidez-nous, notre pompe a cessé de fonctionner. » »
 
« Ensuite, [nous] avons envoyé [notre] localisation à la police française et ils ont dit: » vous êtes dans les eaux britanniques « … nous avons appelé la Grande-Bretagne. Ils ont dit d’appeler la police française », a raconté Mohammed, visiblement bouleversé par sa mort imminente. vivre. « Deux personnes appelaient – l’une appelait la France et l’autre appelait la Grande-Bretagne. » Les migrants ont passé leurs appels en anglais.
 
Un parent de deux des victimes, Taha (nom d’emprunt), qui était en contact avec eux via Facebook mardi soir, suivant leur localisation en direct, allègue également que les migrants ont atteint les eaux britanniques. « Quarante-cinq minutes avant de se noyer, ils ont appelé et ont dit qu’ils se trouvaient dans les eaux britanniques mais qu’ils ne pouvaient pas bouger. Ils se sont noyés dans les eaux britanniques et les vagues ont emporté les corps dans les eaux françaises », a déclaré le proche, qui ne veut pas être identifié pour des raisons légales, à Rudaw par téléphone.
 
« Je crois qu’ils étaient à cinq kilomètres à l’intérieur des eaux britanniques », a-t-il déclaré. Lorsqu’on lui a demandé si son parent sur le bateau avait appelé la police britannique, il a répondu « 100% et ils [la police britannique] ont même dit qu’ils viendraient [à la rescousse] ».
 
Taha a déclaré que le bateau se trouvait dans les eaux françaises lorsque les problèmes ont commencé, mais le passeur les a forcés à continuer de se diriger vers la Grande-Bretagne pendant 45 minutes supplémentaires. Taha a suivi le mouvement du bateau en direct sur Facebook lorsque le moteur du canot a cessé de fonctionner. « J’avais leur emplacement en direct, mais vous savez que l’emplacement en direct n’est disponible que pendant une heure », a-t-il déclaré.
 
Dimanche soir, Rudaw a envoyé un courrier électronique au ministère britannique des Affaires étrangères et à l’Agence maritime et des garde-côtes pour leur demander s’ils avaient enregistré un appel de détresse la nuit de l’incident. Le ministère de l’Intérieur a répondu au nom du gouvernement britannique, contestant le récit et un porte-parole a déclaré dans un e-mail à Rudaw que l’incident s’était produit dans les eaux territoriales françaises. Les allégations sont « complètement fausses », a écrit le porte-parole lundi matin. « Les responsables ici ont confirmé hier soir que l’incident s’était produit bien à l’intérieur des eaux territoriales françaises, ils ont donc dirigé l’effort de sauvetage, (…) déployé un hélicoptère à l’appui de la mission de recherche et de sauvetage dès que nous avons été alertés. » Il a également conseillé à Rudaw de contacter les garde-côtes.
 
Rudaw a de nouveau envoyé un courrier électronique aux garde-côtes lundi matin, leur demandant si, six jours après l’incident, l’agence avait enquêté sur l’existence d’un appel de détresse la nuit de l’incident et n’a toujours pas reçu de réponse.
 
Mohammed est catégorique sur le fait que le bateau a atteint les eaux britanniques. « La police britannique ne nous a pas aidés et la police française a dit: « vous êtes dans les eaux britanniques, nous ne pouvons pas venir ». Puis, alors que nous nous noyions lentement, les gens ont perdu espoir et ont lâché prise. Puis les vagues nous ont emmenés vers la France. »
 
« La Grande-Bretagne aurait dû monter à bord [et nous secourir] parce que nous nous sommes noyés dans la Manche [côté anglais] », a-t-il déclaré en sanglotant. « Ils ne nous ont pas aidés ou n’ont rien fait pour nous. »
 
Rudaw a reconstitué le voyage du bateau de migrants sur la base du témoignage du survivant et du parent qui était en contact avec deux personnes sur le bateau cette nuit-là.
 
Mohammed, qui a survécu à l’épreuve déchirante, semble visiblement désemparé et ne se souvient pas de l’âge de sa sœur qui a motivé son voyage. Il espérait gagner de l’argent au Royaume-Uni pour payer son traitement. Ce n’était pas la première tentative de Mohammed pour atteindre la Grande-Bretagne. Il avait essayé quelques jours plus tôt et avait été secouru par un navire français.
 
Le groupe de 33 ou 34 migrants a été conduit en bus vers un lieu du littoral de Dunkerque vers 18h00 heure locale, mardi soir. Les migrants venaient pour la plupart du Kurdistan irakien – 15 Kurdes de la région de Peshdar et Betwin dans la province de Souleymanieh, selon Mohammed. Quatre à cinq du groupe venaient de Somalie, quatre Kurdes d’Iran, un Vietnamien et deux Égyptiens. Il y en avait quatre autres dont Mohammed ignorait la nationalité. Les passagers comprenaient une fillette de 3 ou 4 ans et un certain nombre de femmes, dont l’une de 24 ans se rendait en Grande-Bretagne pour rejoindre son fiancé.
 
Mohammed a déclaré qu’il y avait 33 migrants dans le groupe qui avaient été échangés entre jusqu’à six passeurs avant de monter à bord du dériveur infortuné. Le deuxième témoin, Taha, est certain qu’il y avait 34 personnes à bord du bateau et que cinq corps sont toujours portés disparus. « Il y avait aussi des étrangers, qui parlaient bien anglais. Même la fille kurde de 15 ans de Darbandikhan parlait bien anglais », a déclaré Taha à ses proches.
 
Sur le canot se trouvait un jeune kurde du nom de Shakar Ali, qui enverrait le dernier message vocal du voyage en ce jour fatidique.
 
Mohammed a déclaré qu’il était ouvrier du bâtiment au Kurdistan irakien avant de décider d’aller en Grande-Bretagne il y a un peu plus d’un mois afin de gagner de l’argent pour aider à payer les 70 000 dollars dont sa sœur a besoin pour se rendre en Inde pour un traitement médical pour des disques fusionnés dans sa colonne vertébrale. Il a dit que le bateau est parti entre 20h00 et 22h00, heure locale. Taha, suivant de près les progrès de ses proches en ligne, a confirmé le timing, affirmant que le canot était entré à l’eau vers 21h00 le 23 novembre.
 
« Ils ont quitté Dunkerque et il leur a fallu trois heures avant d’arriver sur le Calais-Douvres. ligne. Je m’attendais à ce qu’ils arrivent [au Royaume-Uni] à 2 heures du matin [mercredi matin] », a déclaré Taha à Rudaw. Dès le début, il s’inquiétait pour la sécurité de ses proches et pour savoir si le bateau dans lequel ils se trouvaient était en état de navigabilité. « Le canot était vieux et en décomposition », a-t-il déclaré.
 
Taha a refusé de parler officiellement, affirmant qu’il craignait d’être qualifié de « contrebandier » s’il rendait ses déclarations publiques.
 
La mer était calme et le bateau a voyagé pendant plusieurs heures, un Égyptien conduisant, selon Mohammed, avant que les problèmes ne commencent avec le canot.
 
« Ils ont commencé à avoir des problèmes de tube vers 1h30, heure britannique », a déclaré Taha. « J’étais en contact avec eux, parlant jusqu’à 14h40. »
 
Taha a accusé deux passeurs d’avoir forcé les migrants à continuer de se déplacer pendant 45 minutes supplémentaires pour atteindre les eaux britanniques, alors même que le canot fuyait de l’air.
 
L’eau a commencé à s’infiltrer dans le bateau et les migrants ont travaillé frénétiquement pour le renflouer, se souvient Mohammed. Il a dit qu’ils avaient vu un navire et que certains des passagers voulaient s’en approcher et être secourus, mais d’autres voulaient continuer et atteindre les côtes britanniques.
 
Alors que l’eau commençait lentement à submerger le bateau, les passagers ont commencé à paniquer et ont tenu leurs téléphones allumés en l’air en espérant qu’ils seraient repérés par un navire qui passait, a déclaré Taha. Mais plus aucun navire ne passa. Entre 2h15 et 2h45 du matin, le moteur s’est arrêté de fonctionner. Les proches de Taha avaient des cartes SIM britanniques dans leurs téléphones et selon Taha, la connexion réseau cette nuit-là était très bonne et claire.
 
Lorsque le moteur est tombé en panne, Taha a conseillé à son parent de persuader les autres de faire demi-tour et de rentrer en France. « Ils étaient à cinq kilomètres à l’intérieur des eaux britanniques. Je leur ai dit de faire demi-tour mais le passeur leur a dit de continuer », a déclaré Taha.
 
Shakar Ali, l’un des migrants, a envoyé un dernier message audio à un proche. «Nous sommes dans les eaux britanniques et françaises. Nous ne savons pas lequel d’entre eux vient [nous sauver]. Je jette mon portable. Si vous n’avez pas de nouvelles de moi, cela signifie que nous sommes en Grande-Bretagne et si je retourne en France, alors je vous appellerai moi-même», a-t-il déclaré dans le message vocal dont Rudaw a obtenu une copie.
 
La décision de jeter leurs téléphones portables à l’eau semble avoir été une décision consciente, selon des personnes familières avec le voyage. La plupart des migrants, en particulier les Kurdes, ont des parents au Royaume-Uni et ont été en contact avec eux tout au long du voyage. Ce journal d’appels s’afficherait sur leurs téléphones. « Vous savez qu’ils ont appelé des parents et des amis en utilisant le téléphone, donc à l’avenir, lorsque le téléphone est saisi [par la police], cela causera des problèmes à leurs familles », a expliqué Taha pourquoi les migrants ont jeté leurs téléphones. Ni les migrants ni les familles ne veulent être considérés comme un passeur.
 
Alors que le bateau dérivait et perdait plus d’air, les passagers, dont des enfants, sont tombés à l’eau. Ils se sont accrochés au canot dégonflé et l’un à l’autre. Tout au long de la nuit noire, alors que le canot à moitié submergé flottait dans la Manche en direction de la France, tout le monde a tenu bon, mais leur énergie a cédé à l’aube.
 
« Tout le monde pouvait le supporter jusqu’au lever du soleil, puis quand la lumière brillait, personne ne pouvait plus le supporter et ils ont abandonné la vie », a déclaré Mohammed. Un par un, ils se lâchèrent l’un l’autre et le bateau. « La plupart des membres du groupe étaient morts au moment où ils ont été retrouvés par un ferry français, qui aurait été alerté par deux pêcheurs français. Deux des migrants sont morts à l’hôpital », a-t-il déclaré.
 
Rudaw a réussi à identifier plusieurs migrants décédés
 
« Un gars de Ranya était avec moi », se souvient Mohammed. Les deux jeunes hommes kurdes avaient à peu près le même âge et ont promis qu’ils ne laisseraient pas l’autre partir. À un moment donné, alors qu’ils étaient dans l’eau, son ami a demandé à Mohammed de lâcher sa main. « J’ai dit, je ne lâcherai pas ta main. Puis il a dit: ‘Je vais aller devant toi.’ Je ne l’ai plus revu. »
 
La police française lui a ensuite montré la photo du cadavre de son ami et il l’a immédiatement reconnu. Mohammed a également reconnu des photos d’une famille avec un enfant de 3 ans de Darbandikhan, dans la province de Sulaimani. « C’est la petite fille. Ils étaient avec nous », a-t-il dit.
 
« J’ai vu la mort de mes propres yeux. Je ne pensais qu’à mon père et à ma mère », a-t-il déclaré.
 
Taha est également bouleversé par la perte de ses proches. « Ce qui s’est passé est un crime, ce n’est pas le destin ou la volonté de Dieu. C’est un crime commis par les deux pays », a-t-il déclaré.
 
Certains proches ont fourni des échantillons d’ADN aux autorités françaises et ils attendent que leurs proches soient identifiés.
 
Les cris de ses compagnons migrants sont encore vivaces dans l’esprit de Mohammed, criant et pleurant : « S’il vous plaît Dieu, sauvez-nous ! S’il vous plaît Dieu, sauvez-nous ! » mais il espère toujours se rendre en Grande-Bretagne, prêt à sacrifier sa vie pour sa sœur.
 
Le père de Mohammed a déclaré à Rudaw qu’il était reconnaissant que son fils soit vivant et qu’il « souhaite que les autres aient survécu aussi ».