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Une journaliste kurde réfugiée en France ciblée par la chaîne CNN Turk

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PARIS – La journaliste kurde réfugiée en France, Rozerin Urucu a été attaquée par la chaine de télévision CNN Türk qui l’accuse d’avoir travaillé pour un réseau de trafiquant d’être humains qui serait mis en place par le PKK pour exfiltrer de la Turquie les militants, politiciens ou journalistes kurdes persécutés par le régime turc. Le musicien kurde vivant en Allemagne, Ferhat Tunç avait également été ciblé par des médias pro-Erdogan. Les avocats de Tunç et Urucu vont porter plainte contre les médias turcs qui les harcèlent avec des fake-news alors qu’ils ont dû fuir leurs terres pour échapper à la prison et aux persécutions…
 
La journaliste ciblée Rozerin Urucu a réagit aux attaques de CNN Türk depuis la France, où elle vit en exil depuis deux ans. Déclarant que même si cela n’avait pas beaucoup de sens d’être ciblée ainsi, Urucu a déclaré qu’elle essaye de savoir la ou les causes sous-jacentes de cette harcèlement médiatique dont elle fait l’objet aujourd’hui.
 
Rozerin Urucu est diplômée du Département de Radio-Télévision et Cinéma de l’Université de Van Yüzüncü Yıl. Elle a poursuivi sa carrière de journaliste dans différentes organes de presse jusqu’à ce que les autorités turques la poursuivent pour « terrorisme », comme des milliers d’autres politiciens, journalistes, musiciens, avocats, journalistes, syndicalistes kurdes à partir de 2015 quand Erdogan a perdu la majorité électorale à cause du parti pro-kurde HDP… N’ayant aucune confiance en la « justice » turque, elle a fuit la Turquie en se rendant en Grèce où elle fut arrêtée et menacée d’expulsion vers la Turquie. Finalement, elle a été libérée grâce à l’intervention d’un journaliste kurde et regagné la France où elle a obtenu l’asile il y a deux ans.  
 
Rozerin URUCU, qui fut ciblée par le présentateur de Fox TV İsmail Küçük lors des élections du juin 2019, est tombée dans le collimateur du parti AKP d’Erdogan qui venait de perdre les élections. Elle a été poursuivie dans deux affaires judiciaires distinctes assorties d’un mandat d’arrêt.
 
Ne se faisant aucune illusion au sujet de la « justice » turque, qui est une machine à broyer les journalistes, Rozerin Urucu, comme des milliers de Kurdes dont des journalistes qui ont fui le climat de peur et de répression créé par le gouvernement turc, s’est enfuie en Europe chercher l’asile.
 
Urucu, qui a qualifié les fake-news que CNN Türk a diffusées de « complotistes », a déclaré : « Je n’avais que 17 ans à la date mentionnée où j’aurais été candidate municipale d’Hakpar, le parti en question qui du reste participe légalement aux élections. Donc je n’avais même pas encore le droit d’élire et d’être élue. De plus, il n’y a pas une seule image, vidéo ou nom d’un des passeurs soi-disant capturés, mais le nom, le prénom et la photo de la journaliste Rozerin Urucu le sont ! Avec une distorsion incroyable, ils font aussi un lien entre moi et le service de renseignement du PKK. C’est une forme d’information et de journalisme que l’on peut qualifier de dénaturation totale et de disgrâce complotiste.
 
J’utiliserai au maximum mes droits légaux découlant de cette situation. En fait, le même CNN Turk avait présenté l’artiste Ferhat Tunc comme un membre décédé du PKK, et Ferhat Tunc a également porté l’affaire devant la justice. A travers mes avocats, je prendrai les initiatives nécessaires tant en Turquie qu’en Europe. De plus, selon les informations reçues, cette organe de presse a déjà fait l’objet d’une enquête par CNN International pour utilisation frauduleuse du nom CNN. Je prévois également d’impliquer CNN International dans cette affaire. »
 
 

Je suis Garibe Gezer, morte mystérieusement dans une prison turque après des mois de viols et torture

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Je suis Garibe Gezer, une prisonnière kurde de 28 ans morte mystérieusement dans une prison turque après des mois de viols et torture…
 
J’ai été arrêtée le 3 mars 2016 et condamnée par la suite à la prison à vie pour mon engagement politique au sein du Parti des Régions Démocratiques (DBP).
 
En prison, j’ai vécu l’enfer entre les mains de mes bourreaux qui m’ont violée et torturée en cellule d’isolement. J’ai essayé d’alerter l’opinion publique via ma famille et mes avocates car je savais que ma vie était en danger. En vain. Après 5 ans d’horreurs vécues en prison, j’ai été tuée en cellule d’isolement. Mais mes bourreaux ont dit que je me suis suicidée et selon l’autopsie réalisée par les médecins, la cause de ma mort n’a pu être identifiée.
 
Quand mes avocates sont venues chercher mon corps sans vie, elles ont été tabassées et insultées par les gardiens qui leur ont dit de déguerpir en silence avec leur cadavre. Mais, ce n’est pas tout. Quand mon cercueil est arrivé dans ma ville natale, l’administrateur nommé à la place de notre maire élu a empêché que le corbillard municipal me transporte jusqu’au cimetière. Ma mère m’a mise dans ma tombe tantôt en se lamentant, tantôt en chantant des youyous et en disant que malgré deux de ses enfants tués* par l’État turc, un autre paralysé et plusieurs autres jetés en prison, le peuple kurde sortira vainqueur de sa lutte pour un Kurdistan libre.
 
Voilà comment j’ai payé le prix de ma lutte pour les droits de mon peuple colonisé sur ses terres par un État occupant qui nous extermine depuis plus de cent ans !

 

 

 

*Garibe Gezer a été témoin du meurtre de son frère aîné Bilal Gezer lors des actions de Kobanê les 6 et 8 octobre 2014, alors qu’il n’avait que 21 ans. Alors que le corps de Bilal étaient toujours sur le lieu du meurtre, son autre frère, Mehmet Emin Gezer, a été abattu et paralysé par la police des opérations spéciales devant le commissariat de Dargeçit, où il s’est rendu pour s’informer sur le meurtre de son frère. A partir de cette date, tous les membres de sa famille ont été poursuivis par le régime turc ou emprisonnés.

 
Garibe Gezer, ou un crime d’État qui restera impuni

Garibe Gezer, une jeune femme kurde arrêtée à Mardin/Nusaybin en 2016, a vu toute sorte de privations et violences sexuelles, physique et psychologique au cours de ses 5 ans de détention en isolement dans la prison de Kocaeli / Kandıra. Les autorités pénitentiaires ont contacté les avocates de Gezer pour annoncer son « suicide » en cellule d’isolement.
Selon l’avocate Eren Keskin et de nombreux avocats et politiciens, il est impossible pour un prisonnier de se suicider en cellule d’isolement. On parle d’un meurtre maquillé en suicide, d’autant que la victime et sa famille avaient alerté l’opinion publique plusieurs fois, disant que sa vie était en danger. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’une ou un Kurde meurt mystérieusement dans les geôles turques.
 
On avait relayé l’information concernant le viol et la torture subis par Garibe Gezer il y a quelques semaines:
 
Garibe Gezer, une jeune Kurde détenue à la prison pour femmes de Kandıra, à Kocaeli, a été torturée et violée par des gardiens dans une cellule capitonnée. Son avocate Jiyan Tosun a déclaré que Gezer, qui a été violée par les gardiens et n’a pas été soignée malgré les saignements à la tête après sa tentative de suicide, demande à ce qu’on entende son calvaire.
 
Garibe Gezer, arrêtée à Mardin/Nusaybin en 2016, a vu toute sorte de privations au cours de ses 5 ans d’emprisonnement et a été condamnée à l’isolement. Garibe, qui a été envoyée à la prison de type F de Kandıra après sa dernière peine d’isolement à la prison fermée pour femmes de Kayseri/Bünyan le 15 mars, a demandé à être transférée dans une cellule pour trois personnes après la fin de sa peine d’isolement de 22 jours. Mais sa demande a été refusée. Elle a été emmenée dans une cellule matelassée par les gardiens pour s’être révoltée, où elle a été torturée et violée par les gardiens. Elle a voulu signaler son calvaire à ses avocates et à sa sœur. Mais ses lettres n’ont pas été envoyées ou ont été censurées. (Jinnews)
 
Déshabillée devant les gardiens
 
Gezer a été transférée de la prison de Kayseri à la prison de Kandıra le 15 mars. Elle y a été détenue pendant 22 jours dans une cellule. Après la fin de sa peine de cellule, elle a demandé à être transférée dans une cellule pour trois personnes.
 
Elle s’est opposée à ce qu’on la remette en cellule le 21 mai. Des gardiennes l’ont traînée par terre tout en la tenant par les cheveux et les bras. Ils ont enlevé son shalwar (pantalon large) et sont passés au milieu des gardiens hommes. Ils l’ont mise en cellule.
 
Gezer avait été détenue dans la cellule pendant deux jours. Elle a protesté contre cela. Les gardiens sont venus dans sa cellule parce qu’elle a frappé à la porte de la cellule. Ils lui ont dit qu’ils la mettraient dans une cellule capitonnée si elle continuait à frapper à la porte.
 
Les cellules capitonnées sont des cellules dont les parois sont recouvertes de mousse et considérées comme un moyen de torture. Mais le gouvernement turc nie leur existence.
 
Viol en cellule matelassée
 
Le 24 mai, huit gardiens, hommes et femmes, sont venus dans sa cellule et ont battu Gezer. Les gardiennes pliaient les mains et les hommes écrasaient son cou avec leurs bottes.
 
Elle a ensuite été emmenée dans une cellule capitonnée. A la porte de la chambre, ses vêtements ont été enlevés et elle a été violée.
 
Menottée dans le dos
 
Selon la pétition que l’avocat Keskin a soumise au bureau du procureur général, Gezer a tenté d’enlever la mousse dans la cellule. Voyant cela par la caméra, les gardiens sont revenus dans la cellule et l’ont violemment battue. Elle s’est évanouie. Elle a été mise dans la cellule en étant menottée dans le dos et est restée dans la cellule pendant trois à quatre heures.
 
Tentative de suicide
 
Incapable de faire face aux violences sexuelles, Gezer a tenté de se suicider dans sa cellule en se pendant avec des draps. Elle est tombée après que le drap se soit déchiré et qu’elle se soit cogné la tête. Malgré l’hémorragie, elle a été maintenue au sol pendant plusieurs heures.
 
Lettres censurées
 
Elle a refusé le traitement en raison de l’attitude discriminatoire du médecin de l’infirmerie et du fait qu’elle n’avait pas été soignée depuis longtemps. Elle a été ramenée dans sa cellule. Le saignement au niveau de la tête a continué jusqu’au lendemain.
 
Gezer voulait écrire des lettres à son avocate et à sa famille, mais certaines lettres qu’elle a écrites n’ont pas été envoyées alors que d’autres ont été envoyées après avoir été censurées par le comité de lecture des lettres.
 
Toilettes devant la caméra
 
Sans mener d’enquête psychosociale pour savoir si elle tenterait à nouveau de se suicider, l’administration de l’établissement pénitentiaire a continué à la garder dans une cellule individuelle.
 
Ne pouvant parler des effets psychologiques des tortures et mauvais traitements sexuels dont elle a été victime, Gezer a mis le feu à sa cellule le 7 juin.
 
Les toilettes de sa cellule était surveillées également par une caméra. Par ailleurs, les gardiens de la prison l’ont maltraitée en soufflant de l’air froid à travers le système de ventilation.
 
Plainte pour viol
 
 
Les avocates de Garibe, Eren Keskin, Jiyan Tosun et Jiyan Kaya ont déposé une plainte pénale auprès du bureau du procureur le 20 septembre dans le cadre de l’enquête, déclarant que la « Convention européenne des droits de l’homme et la Convention des Nations Unies contre la torture et Autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». La situation de Garibe a également été portée à l’ordre du jour du Parlement par les députés du Parti démocratique des peuples (HDP).
 
 
La coprésidente de l’Association des droits de l’homme, Eren Keskin, a déposé une plainte pénale contre les gardiens et le médecin de la prison.
 
 
Keskin a décrit la torture, les mauvais traitements et les agressions contre la prisonnière dans la pétition qu’elle a soumise au bureau du procureur général de la prison de Kandıra.
 
« La cliente a dit que la cellule qui s’appelle la « cellule matelassée » était un endroit de deux à trois mètres de long, elle était entièrement recouverte de mousse, elle était surveillée par une caméra pendant 24/24, il y avait des excréments partout dans la pièce, l’odeur d’urine et d’excréments était insupportable, il n’y avait qu’un trou comme toilettes dans la chambre et c’était était visible par la caméra », a déclaré Keskin.
 
 
Jiyan a déclaré qu’après avoir rencontré Garibe, elles ont déposé une plainte pénale contre le médecin de l’infirmerie pour torture et mauvais traitements dans la prison de Kandıra et contre l’administration pénitentiaire et le directeur pour « négliger son devoir ». Elle a ajouté qu’elles continueront à s’occuper du processus. Notant que les demandes de Garibe incluent de faire entendre et de faire connaître ce qu’elle a subi, Jiyan a déclaré qu’elle avait également demandé qu’une plainte pénale soit déposée contre l’administration pénitentiaire, en particulier les gardiens et le médecin qui ne l’ont pas soignée, qui l’ont maltraitée. Rappelant qu’elle leur a également demandé d’annoncer publiquement les tortures sexuelles et les mauvais traitements subis par Garibe.
 
Enquête pour avoir parlé de la torture
 
Lors d’une visite, Gezer a parlé à sa sœur Asya Gezer de la torture et des agressions sexuelles dont elle avait été victime. Une enquête disciplinaire a été ouverte contre elle à cause de cela. Faisant une déclaration au sujet de cette enquête, elle a également dit être torturée.
 
Au cours de la procédure ultérieure, elle expliqua les actes de torture et les mauvais traitements au bureau du procureur général de la prison de Kandıra et à la magistrature de Kocaeli chargée de l’application des lois pénales.
 
Resmiye Vatansever, qui est détenue dans la même prison, a également parlé au juge de la torture de Gezer.
 
Appel à une enquête efficace
 
Keskin a demandé une enquête effective sur l’incident en vertu du droit interne turc, de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et de la Convention des Nations Unies contre la torture.
 
Elle a exigé que les agents pénitentiaires soient condamnés conformément aux crimes définis aux articles 86, 94 et 102 du Code pénal turc. elle a également exigé que le médecin infirmier soit condamné conformément à l’article 257 du code pénal.
 
Une famille kurde
 
« Ce qui se passe dans les prisons est grave mais ce que Garibe a vécu est bien pire. Parce qu’elle a tellement souffert qu’elle a essayé de mourir. C’est horrible pour une jeune fille. Ils ont déjà subi beaucoup de pression en tant que famille kurde. Garibe veut que tout le monde réagisse à ce qu’elle a vécu récemment. Nous la soutiendrons. » (Bianet)
 
 
 
 

Zack Kopplin révèle les propriétés secrètes des Barzanis aux États-Unis

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Le journaliste d’investigation, Zack Kopplin a révélé un scandale des biens mal-acquis du clan Barzani (qui dirige le Kurdistan d’Irak) aux États-Unis qui sont des « achats immobiliers les plus importants » de l’histoire de Beverly Hills. La faste pour les dirigeants du Kurdistan, la misère pour la population kurde…
 
Le Kurdistan irakien peut vous sembler trop éloigné des plages fastueuses de Miami, mais Zack Kopplin a récemment montré que ce n’était pas le cas en ce qui concerne les Barzanis, qui dirigent cette région kurde semi-autonome du nord de l’Irak qui est secouée depuis des semaines par protestations massives d’étudiants auxquels le gouvernement Barzani a refusé de verser des bourses mensuelles.
 
Les manifestations étudiantes sont les signes de mécontentement les plus récents et les plus visibles, mais elles ne sont pas le seul phénomène qui montre qu’il existe de graves problèmes et préoccupations systémiques sous-jacents au Kurdistan irakien, et l’article de Zack Kopplin du 7 décembre, « Cowboy Drugstore » a ouvert une nouvelle fenêtre dans les racines de la crise sociale et économique dans les terres gouvernées par Barzani des Kurdes, dont des milliers n’avaient d’autre choix que de chercher refuge en Europe, étant devenus incapables de payer le coût élevé de la vie de l’eau, du pétrole, de l’électricité et tous les services de base avec le peu d’argent qu’il leur restait à portée de main.
 
Alors que les habitants du Kurdistan irakien s’efforcent de survivre dans la pauvreté, Kopplin a surpris la famille Barzani en train de cacher de l’argent en Amérique «quatre fois» avec leurs quatre propriétés secrètes, qui comprennent également des manoirs en Californie et en Virginie, dont la valeur totale est de 75 millions de dollars. « Ces investissements ne représentent probablement qu’une petite fraction de la richesse secrète de la famille aux États-Unis », a écrit Kopplin.
 
Zack Kopplin a parlé à Medya News de son enquête de plusieurs années pour révéler les propriétés secrètes des Barzanis aux États-Unis et ses perspectives plus larges sur la corruption des Barzanis, partageant ses estimations sur la valeur totale possible de toutes les propriétés qu’il pense que la famille possède aux États-Unis, sans parler de leur richesse à Dubaï.
 

« Combien d’argent ont-ils caché ? »

Kopplin travaille sur « Cowboy Drugstore » depuis environ six mois dans le cadre de ses enquêtes en cours sur la corruption en Irak depuis près de quatre ans. Il a d’abord trouvé des accords entre des sociétés militaires américaines et les sociétés de l’ancien Premier ministre irakien Nouri al-Maliki qui l’ont conduit à des accords de « prix très élevés » entre des sous-traitants militaires américains et les Barzanis (en savoir plus sur ce lien ).

Après avoir trouvé le nom des Barzanis sur des accords pétroliers secrets en Irak, il est ensuite tombé sur un document sur un outil qu’il a utilisé et qui portait le nom de Masrour Barzani sur une entreprise. Il a alors compris que cela était lié à une pharmacie américaine à Miami, juste à côté de la plage ; une propriété de valeur d’environ 18,3 millions de dollars.

«Nous connaissons quatre propriétés différentes, nous connaissons deux manoirs à Beverly Hills, en Californie, nous connaissons un manoir en Virginie, et maintenant nous connaissons le CVS à Miami. Et ce sont les quatre que nous avons découverts. Mais il doit y en avoir une tonne de plus », a déclaré Kopplin à Medya News.

Il dit qu’il a pu repérer une erreur sur les papiers des avocats qui s’occupaient de dissimuler les propriétés de Barzani.

« Si cela vaut 75 millions de dollars, cela ne compte pas Dubaï, cela ne compte pas partout où ils pourraient avoir des propriétés. Combien d’argent ont-ils caché ? », demande-t-il.

Estimation de la richesse des Barzanis : « Jusqu’à 50 milliards de dollars »

Nous avons posé la même question à Kopplin, puisqu’il mentionne qu’il était sur d’autres propriétés qu’il soupçonne que les Barzanis possèdent, mais comme les avocats n’ont pas gâché ces papiers, il n’a pas pu trouver une faille dans les documents connexes pour le conduire aux Barzanis.

« Cette famille a des estimations, mises dans le calcul, des dizaines de milliards de dollars. J’ai entendu jusqu’à 50 milliards que la famille contrôle, peut-être plus, peut-être un peu moins.

Dans tous les cas, vous parlez d’une somme d’argent insensée. Et beaucoup d’argent provient des accords gouvernementaux, donc cela vient de l’extorsion d’entreprises privées, ce qui nuit également à la population», dit-il.

Se référant au fait que de nombreux fonctionnaires, dont les Peshmergas, n’ont pas été payés depuis longtemps et que les étudiants n’ont pas reçu leur allocation, il poursuit : « Les Peshmergas ne sont pas payés, les étudiants ne reçoivent pas leurs allocations ; c’est de l’argent du gouvernement. »

« Vous me dites que le gouvernement n’a pas cet argent, mais cette famille individuelle l’a. »

Kopplin est conscient des racines historiques de la famille Barzani, car ils étaient des noms très respectés dans leur histoire, qui étaient profondément respectés par les Kurdes et les peuples du Moyen-Orient en général.

« La famille Barzani n’a pas commencé il y a 150 ans avec des milliards de dollars : cet argent est venu quand ils étaient au pouvoir. Alors, d’où l’obtiennent-ils ? Vraisemblablement, ils l’ont obtenu du gouvernement, et cet argent pourrait être utilisé pour payer les salaires des gens, mais cela n’a pas été fait. »

« J’ai entendu en privé que le Premier ministre pourrait le nier, mais… »

Kopplin WAS a demandé s’il avait été contacté par la famille Barzani ou quelqu’un du gouvernement régional du Kurdistan (KRG), à la suite de son rapport qui est tombé comme une bombe.

La famille ne l’a pas encore contacté, car il voulait lui-même les joindre pendant qu’il rédigeait son rapport pour leur donner une chance de commenter, mais l’opportunité est restée sans réponse.

«Mais j’ai entendu en privé que le Premier ministre pourrait nier cela. Ce qui est beau, c’est que tu n’as pas besoin de me faire confiance. N’importe qui peut aller en ligne et rechercher les  documents  eux-mêmes. Donc, à mes yeux, c’est très difficile pour eux de le nier», dit-il, alors qu’il a en fait mis les  étapes  sur la façon d’accéder à ces documents du gouvernement américain sur son compte Twitter.

Les « wanna-be-dictators » volent de l’argent à leur peuple

Kopplin, dans son article, a également fait des remarques assez politiques, décrivant la règle Barzani comme une « dictature » – qui a transformé son rapport en quelque chose de bien plus qu’une simple fuite ou un document d’exposé, en ce qu’on pourrait aussi appeler une critique politique de la régime au Kurdistan irakien.

«J’ai tendance à ne pas être un grand fan des dictateurs ou des dictateurs en herbe, en particulier ceux qui volent de l’argent à leur peuple et le cachent. Je pense qu’il est important que cela soit rendu public.

Je les classerais comme une dictature en devenir, ils ne sont pas tout à fait là. Mais c’est très difficile si vous êtes un journaliste local de les critiquer, d’écrire une histoire comme je l’ai fait, si vous êtes basé au Kurdistan irakien», dit-il.

« J’ai parlé de l’étudiant kurde », déclare-t-il un nom particulier qu’il connaît, faisant référence à  Zardasht Osman , « qui a essentiellement fait un article de blague se moquant du népotisme de Barzani et a été torturé et tué. Je pense qu’il y a actuellement des journalistes kurdes qui sont en prison pour avoir écrit sur la corruption de Barzani. »

Kopplin suit également les manifestations étudiantes en cours au Kurdistan irakien et il pense que la réaction du KRG est un signe de leur « manque de démocratie ».

« Chaque fois qu’il y a des manifestations, elles sont réprimées. En fin de compte, il n’y a pas de réelle capacité pour les gens à les écarter du pouvoir : ils sont au pouvoir depuis 30 ans. Ce n’est plus une démocratie pure. »

La première preuve documentaire de la richesse astronomique des Barzanis aux États-Unis

« Les domaines, propriétés, villas, richesses, entreprises et comptes bancaires des dirigeants du Kurdistan du Sud [Kurdistan irakien] et de leurs familles sont plus de dix fois ceux qui appartiennent à l’ensemble de la population du Kurdistan du Sud. Par conséquent, ils deviennent des modèles d’engagement envers la propriété privée et l’enrichissement, plutôt que de loyauté envers le pays. »

Ce sont les mots de l’éminente journaliste Ferda Çetin, qui a rédigé son dernier article il y a  à peine une semaine avant que la richesse astronomique secrète des Barzanis aux États-Unis ne soit révélée par Kopplin.

Une coïncidence? Non. Les Kurdes en difficulté, les critiques du gouvernement corrompu et les cercles démocratiques non seulement en Turquie, mais aussi dans le monde et aux États-Unis, ont déjà spéculé sur les richesses non gagnées de la famille Barzani qui a signé d’énormes accords commerciaux avec les États-Unis et Turquie. Le Premier ministre Masrour Barzani a lui  même  décrit  le Kurdistan irakien comme la « porte commerciale de la Turquie vers l’Irak ».

Selon les câbles diplomatiques publiés par Wikileaks, non seulement les responsables du département d’État américain ont reconnu en interne que la corruption à Erbil (Hewlêr) « se concentre davantage sur le clan Barzani », mais aussi un diplomate américain a écrit dans un câble de 2006 – que WikiLeaks a publié plus tard – que le cœur de la corruption des « parrains » du gouvernement régional du Kurdistan (GRK) « réside dans ceux qui contrôlent les forces de sécurité. Ils font continuer le jeu parce que contrôler les armes signifie qu’ils peuvent faire respecter leurs contrats illégaux. »

L’armée américaine et « la richesse des contrats sales ont permis à la famille Barzani de cimenter son contrôle du Kurdistan irakien et d’écraser la dissidence », a écrit Kopplin dans un article précédent  sur l’histoire de la politique irakienne et des contrats pétroliers du Pentagone.

Ajouté à toutes ces controverses précédentes autour des Barzanis, l’article de Kopplin qui a été publié dans l’American Prospect a marqué la première fois que la documentation relative à la richesse secrète des Barzanis sur le sol américain a été publiée.

Kopplin pense que ce qu’il a révélé n’est « que la pointe visible de l’iceberg ». Alors, une seule question demeure : que possède la famille Barzani de plus dans la partie invisible de l’iceberg ?

 
 

TURQUIE. Une députée kurde empêchée de parler dans sa langue maternelle

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TURQUIE – Alors qu’elle s’exprimait en kurde depuis la tribune parlementaire, la députée du HDP, Ayşe Sürücü, s’est vue couper son micro. Elle a protesté contre l’interdiction de la langue kurde en déclarant que : « C’est ma langue maternelle, le kurde. Ayez un peu de tolérance. Il était interdit de parler kurde, de lire de la poésie, de danser en kurde et même de siffler en kurde. Maintenant, vous criminalisez la ronde en kurde. Nous sommes kurdes, notre langue maternelle est le kurde, nos danses, nos chants, notre douleur, notre danse et notre vie sont en kurde. Abandonnez ces politiques prohibitives, le déni des Kurdes et l’inimitié envers les Kurdes. »
 
Près de 100 ans après la création de l’État fasciste turc, les Kurdes sont criminalisés s’ils parlent leur langue maternelle, font vivre leurs musique ou leur culture ou s’ils veulent se gouverner.
 
La militante kurde originaire du Kurdistan de l’Est, Somayeh Rostampour a condamné avec virulence le fait que le Parlement turc coupe le micro à une députée sous prétexte qu’elle parle dans sa langue maternelle. Rostampour  a déclaré:
 
« Si ce n’est pas du « colonialisme interne », alors qu’est-ce que c’est?
Des militants kurdes en Turquie ont été condamnés à des années de prison pour la musique, poésie, chant et théâtre kurdes (depuis environ 20 ans)! Jusqu’aux années 60, parler kurde même la rue était considéré comme un crime ! Et à ce jour, les Kurdes sont considérés par la Turquie comme des terroristes ou des « Turcs des montagnes ».
 
Rappelons nous l’histoire d’une mère kurde qui a pendant dix ans vu son fils au parloir de la prison sans pouvoir lui parler car le kurde était interdit et qu’elle ne savait pas le turque. Elle pleurait en silence devant son fils à chaque rencontre.
 
La députée Leila Zana a passé plus de dix ans en prison pour avoir prononcé quelques mots kurdes au Parlement turc dans les années 1980…
 
Après, vous vous demandez pourquoi certains Kurdes prennent les armes contre l’État turc?
 
Ceux qui défendent encore le gouvernement turc et ne voient pas sa nature coloniale et oppresseur ont la capacité de se transformer facilement en soldat de toute autre force oppressive fasciste. (…) »

TURQUIE. Depuis la prison, Demirtas défie Erdogan pour un test de popularité

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TURQUIE – Mercredi, le président turc s’en est encore pris au politicien kurde, Selahattin Demirtas, qui appelait depuis la prison les partis d’opposition à l’union face au gouvernement alors que le pays est secoué par une crise économique majeure. Erdogan ne l’a pas apprécié et a déclaré que le parti de Demirtas (HDP) ne pouvait même pas organiser un meeting. Alors, Demirtaş l’a mis au défi d’organiser chacun son rassemblement et que celui rassemblant une personne de moins quitte la politique.
 

Selahattin Demirtaş, ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP) emprisonné depuis novembre 2016, a interpellé le président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui a récemment exprimé ses doutes de manière sarcastique quant à savoir si les partisans de Demirtaş avaient encore de la force pour organiser des rassemblements. (Alors que par ailleurs, il a interdit tous les rassemblements du HDP et qu’il a fait emprisonné des milliers de politiciens et militants du HDP dans tout le pays!)

Répondant à une question des médias mercredi, Erdoğan avait déclaré: « La personne emprisonnée à Edirne dit : ‘Rassemblez-vous, organisez des rassemblements unis.’ Eh bien, pourquoi n’organise-tu pas ton propre rassemblement au lieu de dire de telles choses ? Adresse-toi d’abord à tes propres partisans. Tes partisans ont-ils encore la force d’organiser des rassemblements ? »

Demirtaş a rapidement répondu par un message, qui a été publié par ses avocats sur son compte Twitter, disant :

« Erdoğan a exprimé son inquiétude à propos d’un problème concernant l’organisation d’un rassemblement. En fait, HDP organise des rassemblements tout le temps. Mais si vous en avez vraiment envie, je vous mets au défi. Laissez-moi sortir de prison pour seulement deux heures et me rendre sur la place de Yenikapı [à Istanbul] avec un haut-parleur. Et vous allez au même endroit le lendemain avec toutes les commodités de l’état. Que celui qui a réuni une seule personne de moins quitte la politique. Es-tu partant? »

Alors que le tweet de Demirtaş a reçu plus de 44 000 « j’aime » en quelques heures, il n’y a eu aucune réponse du président Erdoğan ou de son parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir. (Actuellement, sur Twitter, il y a un hashtag  #DemirtaşMitingYaptır demandant à Demirtas de faire un meeting.)

Demirtaş reste emprisonné malgré une décision de 2018 de la Cour européenne des droits de l’homme qui a déclaré que son emprisonnement avait « l’objectif ultérieur d’étouffer le pluralisme et de limiter la liberté de débat politique », et qui a demandé sa libération immédiate.

Accusé de corruption par un journaliste américain, le 1er ministre du Kurdistan jette en pâture une militante kurde

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Dans son article du 7 décembre dernier publié sur le site The American Prospect, le journaliste américain Zack Kopplin accusait Masrour Barzani, Premier ministre du Gouvernement du Kurdistan, d’avoir acheté un immeuble à Miami pour 18,3 millions de dollars, avec des documents publics à l’appui. Au lieu de répondre aux accusations de corruption, le cabinet de Barzanî a publié un démenti et déclaré que le journaliste avait une liaison avec la militante kurde Shnyar Anwar* dont le mari est le député de l’opposition Sarkawt Shams!
 

Ce n’est pas la première fois que les dirigeants du Kurdistan sont accusés de corruption. En effet, les deux familles rivales (Barzanî et Talabanî) qui co-dirigent le Kurdistan se sont enrichies avec l’argent du pétrole du Kurdistan alors que la population a été condamnée à la pauvreté d’où les manifestations régulières qui secouent la région et l’exil massif des habitants vers l’Europe…

Cette nouvelle accusation vient jeter l’huile sur le feu alors que des étudiants du Kurdistan sont dans la rue depuis des semaines réclamant la réinstauration des bourses d’étudiants supprimée il y a quelques années par le clan Barzanî et que des réfugiés du Kurdistan meurent à la frontière Pologne-Biélorussie et dans la Manche…

Dans son article, Zack Kopplin déclare que des membres de la famille Barzanî sont propriétaires de nombreux biens immobiliers qui valent près de 80 millions de dollars en Californie et en Virginie. Ces révélations sont devenues possibles grâce notamment à des erreurs commises par un cabinet d’avocats basé en Pennsylvanie qui avait acheté trois sociétés en Floride et une société au Delaware. Les documents pour les entreprises de Floride comprenant le nom et la signature du Premier ministre kurde, ainsi que ceux de l’un de ses autres frères, Muksi Barzani

Le site Government Accountability Project (GAP), une organisation de protection des lanceurs d’alerte, pour lequel Zack Kopplin a mené cet enquête a réagi vivement aux accusations du Premier ministre du Kurdistan. Le GAP a déclaré qu’ « Une enquête du Government Accountability Project, publiée dans l’American Prospect, a révélé que Masrour Barzani, le Premier ministre du Kurdistan irakien, était le propriétaire secret d’une pharmacie de 18,3 millions de dollars à Miami, en Floride, par le biais de sociétés écrans anonymes.

Plutôt que de répondre aux graves allégations, Masrour Barzani a accusé notre enquêteur d’être motivé par une liaison avec une militante kurde anti-corruption. Notre enquêteur n’a jamais rencontré cette activiste. Il s’agit d’une tentative sexiste et diffamatoire de détourner l’attention de la corruption du premier ministre. C’est aussi un dangereux abus de pouvoir, venant du cabinet du Premier ministre.

Nous maintenons notre rapport, qui est basé sur des documents publics. Government Accountability Project condamne les attaques contre les lanceurs d’alerte, les militants et les journalistes au Kurdistan et condamne le secret financier du Premier ministre kurde. »

De son côté, l’ONG de droits humains et de liberté d’expression, Kurdistan Watch a condamné fermement la déclaration du cabinet de Masrur Barzanî « recourant à des nuances ad hominem et extrêmement misogynes en réponse à un récent reportage d’un journaliste américain [concernant l’immeuble acheté par M. Barzanî aux États-Unis] l’étendue de la décadence morale de l’ARK est choquante.

 
Les accusations d’infidélité d’une femme mariée – dans une société profondément conservatrice comme celle du Kurdistan (…) sont un appel direct au meurtre de ladite femme. »
 
 

*Shnyar Anwar est la fondatrice de l’ONG Women and democracy program in Iraqi Kurdistan (Programme Femmes et démocratie au Kurdistan irakien).

TURQUIE. Meurtre d’une prisonnière kurde violée et torturée

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TURQUIE – Garibe Gezer, une jeune femme kurde arrêtée à Mardin/Nusaybin en 2016, a vu toute sorte de privations et violences sexuelles, physique et psychologique au cours de ses 5 ans de détention en isolement dans la prison de Kocaeli / Kandıra. Les autorités pénitentiaires ont contacté les avocates de Gezer pour annoncer son « suicide » en cellule d’isolement.

Selon l’avocate Eren Keskin, il est impossible pour un prisonnier de se suicider en cellule d’isolement, ce qui fait penser à un meurtre maquillé en suicide, d’autant que la victime et sa famille avaient alerté l’opinion publique plusieurs fois, disant que sa vie était en danger.
 

Garibe Gezer a été témoin du meurtre de son frère aîné Bilal Gezer lors des actions de Kobanê les 6 et 8 octobre 2014, alors qu’il n’avait que 21 ans. Alors que le corps de Bilal étaient toujours sur le lieu du meurtre, son autre frère, Mehmet Emin Gezer, a été abattu et paralysé par la police des opérations spéciales devant le commissariat de Dargeçit, où il s’est rendu pour s’informer sur le meurtre de son frère. A partir de cette date, tous les membres de sa famille ont été poursuivis par le régime turc ou emprisonnés.

 
Garibe Gezer, ou un crime d’État qui restera impuni

Garibe Gezer, une jeune femme kurde arrêtée à Mardin/Nusaybin en 2016, a vu toute sorte de privations et violences sexuelles, physique et psychologique au cours de ses 5 ans de détention en isolement dans la prison de Kocaeli / Kandıra. Les autorités pénitentiaires ont contacté les avocates de Gezer pour annoncer son « suicide » en cellule d’isolement.
Selon l’avocate Eren Keskin et de nombreux avocats et politiciens, il est impossible pour un prisonnier de se suicider en cellule d’isolement. On parle d’un meurtre maquillé en suicide, d’autant que la victime et sa famille avaient alerté l’opinion publique plusieurs fois, disant que sa vie était en danger. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’une ou un Kurde meurt mystérieusement dans les geôles turques.
 
On avait relayé l’information concernant le viol et la torture subis par Garibe Gezer il y a quelques semaines:
 
Garibe Gezer, une jeune Kurde détenue à la prison pour femmes de Kandıra, à Kocaeli, a été torturée et violée par des gardiens dans une cellule capitonnée. Son avocate Jiyan Tosun a déclaré que Gezer, qui a été violée par les gardiens et n’a pas été soignée malgré les saignements à la tête après sa tentative de suicide, demande à ce qu’on entende son calvaire.
 
Garibe Gezer, arrêtée à Mardin/Nusaybin en 2016, a vu toute sorte de privations au cours de ses 5 ans d’emprisonnement et a été condamnée à l’isolement. Garibe, qui a été envoyée à la prison de type F de Kandıra après sa dernière peine d’isolement à la prison fermée pour femmes de Kayseri/Bünyan le 15 mars, a demandé à être transférée dans une cellule pour trois personnes après la fin de sa peine d’isolement de 22 jours. Mais sa demande a été refusée. Elle a été emmenée dans une cellule matelassée par les gardiens pour s’être révoltée, où elle a été torturée et violée par les gardiens. Elle a voulu signaler son calvaire à ses avocates et à sa sœur. Mais ses lettres n’ont pas été envoyées ou ont été censurées. (Jinnews)
 
Déshabillée devant les gardiens
 
Gezer a été transférée de la prison de Kayseri à la prison de Kandıra le 15 mars. Elle y a été détenue pendant 22 jours dans une cellule. Après la fin de sa peine de cellule, elle a demandé à être transférée dans une cellule pour trois personnes.
 
Elle s’est opposée à ce qu’on la remette en cellule le 21 mai. Des gardiennes l’ont traînée par terre tout en la tenant par les cheveux et les bras. Ils ont enlevé son shalwar (pantalon large) et sont passés au milieu des gardiens hommes. Ils l’ont mise en cellule.
 
Gezer avait été détenue dans la cellule pendant deux jours. Elle a protesté contre cela. Les gardiens sont venus dans sa cellule parce qu’elle a frappé à la porte de la cellule. Ils lui ont dit qu’ils la mettraient dans une cellule capitonnée si elle continuait à frapper à la porte.
 
Les cellules capitonnées sont des cellules dont les parois sont recouvertes de mousse et considérées comme un moyen de torture. Mais le gouvernement turc nie leur existence.
 
Viol en cellule matelassée
 
Le 24 mai, huit gardiens, hommes et femmes, sont venus dans sa cellule et ont battu Gezer. Les gardiennes pliaient les mains et les hommes écrasaient son cou avec leurs bottes.
 
Elle a ensuite été emmenée dans une cellule capitonnée. A la porte de la chambre, ses vêtements ont été enlevés et elle a été violée.
 
Menottée dans le dos
 
Selon la pétition que l’avocat Keskin a soumise au bureau du procureur général, Gezer a tenté d’enlever la mousse dans la cellule. Voyant cela par la caméra, les gardiens sont revenus dans la cellule et l’ont violemment battue. Elle s’est évanouie. Elle a été mise dans la cellule en étant menottée dans le dos et est restée dans la cellule pendant trois à quatre heures.
 
Tentative de suicide
 
Incapable de faire face aux violences sexuelles, Gezer a tenté de se suicider dans sa cellule en se pendant avec des draps. Elle est tombée après que le drap se soit déchiré et qu’elle se soit cogné la tête. Malgré l’hémorragie, elle a été maintenue au sol pendant plusieurs heures.
 
Lettres censurées
 
Elle a refusé le traitement en raison de l’attitude discriminatoire du médecin de l’infirmerie et du fait qu’elle n’avait pas été soignée depuis longtemps. Elle a été ramenée dans sa cellule. Le saignement au niveau de la tête a continué jusqu’au lendemain.
 
Gezer voulait écrire des lettres à son avocate et à sa famille, mais certaines lettres qu’elle a écrites n’ont pas été envoyées alors que d’autres ont été envoyées après avoir été censurées par le comité de lecture des lettres.
 
Toilettes devant la caméra
 
Sans mener d’enquête psychosociale pour savoir si elle tenterait à nouveau de se suicider, l’administration de l’établissement pénitentiaire a continué à la garder dans une cellule individuelle.
 
Ne pouvant parler des effets psychologiques des tortures et mauvais traitements sexuels dont elle a été victime, Gezer a mis le feu à sa cellule le 7 juin.
 
Les toilettes de sa cellule était surveillées également par une caméra. Par ailleurs, les gardiens de la prison l’ont maltraitée en soufflant de l’air froid à travers le système de ventilation.
 
Plainte pour viol
 
 
Les avocates de Garibe, Eren Keskin, Jiyan Tosun et Jiyan Kaya ont déposé une plainte pénale auprès du bureau du procureur le 20 septembre dans le cadre de l’enquête, déclarant que la « Convention européenne des droits de l’homme et la Convention des Nations Unies contre la torture et Autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». La situation de Garibe a également été portée à l’ordre du jour du Parlement par les députés du Parti démocratique des peuples (HDP).
 
 
La coprésidente de l’Association des droits de l’homme, Eren Keskin, a déposé une plainte pénale contre les gardiens et le médecin de la prison.
 
 
Keskin a décrit la torture, les mauvais traitements et les agressions contre la prisonnière dans la pétition qu’elle a soumise au bureau du procureur général de la prison de Kandıra.
 
« La cliente a dit que la cellule qui s’appelle la « cellule matelassée » était un endroit de deux à trois mètres de long, elle était entièrement recouverte de mousse, elle était surveillée par une caméra pendant 24/24, il y avait des excréments partout dans la pièce, l’odeur d’urine et d’excréments était insupportable, il n’y avait qu’un trou comme toilettes dans la chambre et c’était était visible par la caméra », a déclaré Keskin.
 
 
Jiyan a déclaré qu’après avoir rencontré Garibe, elles ont déposé une plainte pénale contre le médecin de l’infirmerie pour torture et mauvais traitements dans la prison de Kandıra et contre l’administration pénitentiaire et le directeur pour « négliger son devoir ». Elle a ajouté qu’elles continueront à s’occuper du processus. Notant que les demandes de Garibe incluent de faire entendre et de faire connaître ce qu’elle a subi, Jiyan a déclaré qu’elle avait également demandé qu’une plainte pénale soit déposée contre l’administration pénitentiaire, en particulier les gardiens et le médecin qui ne l’ont pas soignée, qui l’ont maltraitée. Rappelant qu’elle leur a également demandé d’annoncer publiquement les tortures sexuelles et les mauvais traitements subis par Garibe.
 
Enquête pour avoir parlé de la torture
 
Lors d’une visite, Gezer a parlé à sa sœur Asya Gezer de la torture et des agressions sexuelles dont elle avait été victime. Une enquête disciplinaire a été ouverte contre elle à cause de cela. Faisant une déclaration au sujet de cette enquête, elle a également dit être torturée.
 
Au cours de la procédure ultérieure, elle expliqua les actes de torture et les mauvais traitements au bureau du procureur général de la prison de Kandıra et à la magistrature de Kocaeli chargée de l’application des lois pénales.
 
Resmiye Vatansever, qui est détenue dans la même prison, a également parlé au juge de la torture de Gezer.
 
Appel à une enquête efficace
 
Keskin a demandé une enquête effective sur l’incident en vertu du droit interne turc, de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et de la Convention des Nations Unies contre la torture.
 
Elle a exigé que les agents pénitentiaires soient condamnés conformément aux crimes définis aux articles 86, 94 et 102 du Code pénal turc. elle a également exigé que le médecin infirmier soit condamné conformément à l’article 257 du code pénal.
 
Une famille kurde
 
« Ce qui se passe dans les prisons est grave mais ce que Garibe a vécu est bien pire. Parce qu’elle a tellement souffert qu’elle a essayé de mourir. C’est horrible pour une jeune fille. Ils ont déjà subi beaucoup de pression en tant que famille kurde. Garibe veut que tout le monde réagisse à ce qu’elle a vécu récemment. Nous la soutiendrons. » (Bianet)
 
 

Le Mouvement pour la paix exhorte la France à agir contre les attaques chimiques de la Turquie au Kurdistan

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PARIS – Dans sa guerre anti-kurde, la Turquie utilise tous les moyens d’extermination, dont des armes chimiques, mais la communauté internationale refuse d’enquêter sur ces crimes pour ne pas gêner l’allié turc face au peuple kurde apatride… Malgré cela, de plus en plus de voix s’élèvent pour appeler la communauté internationale à agir. Une de ces voix vient du Mouvement pour la paix, une ONG française agissant en faveur de la paix dans le monde.
 
Le Mouvement pour la paix a publié un communiqué à l’adresse du gouvernement français, lui demandant d’oeuvrer pour la création d’une commission d’enquête internationale après les informations faisant état de bombardements chimiques menés par l’État turc au Kurdistan.
 
Voici le communiqué du Mouvement pour la paix:
 

« Depuis le 23 avril 2021, les armées turques mènent des actions d’une rare violence dans des régions majoritairement habitées par des Kurdes ou des Yézidis, au sud et à l’est de la Turquie. Il en est de même sur des territoires syriens et irakiens. L’enjeu est notamment de forcer les populations qui habitent depuis des millénaires au nord de la Syrie à quitter leurs villages pour les remplacer par d’autres populations voir par des groupes djihadistes. Ces exactions contre les populations kurdes dans les zones frontalières avec la Turquie s’inscrivent dans une véritable opération de nettoyage ethnique, qualifiée comme telle par la presse dès 2020, suite aux informations rendues publiques par le rapport de la commission indépendante des Nations Unies sur la Syrie.

La ville de Kobané qui avait résisté héroïquement en 2014 et 2015 aux attaques djihadistes est de nouveau visée par la Turquie avec l’aide des organisations islamistes qu’elle protège. Il y a déjà eu de nombreux morts civils.

Devant la Résistance kurde en Irak, l’armée turque est très fortement suspectée d’avoir bombardé des villages à plusieurs reprises avec des armes chimiques en violation des traités internationaux qui en interdisent l’utilisation. Les témoignages de villageois sur les symptômes qui sont apparus, ainsi que des photos et films, rendent cette hypothèse hélas possible. Il y a déjà eu de nombreux morts civils.

Devant cette situation, il est important de porter à la connaissance de tous nos concitoyens la situation tragique dans cette région et de briser le mutisme actuel sur ce sujet. Une délégation d’une coalition britannique de solidarité avec le Kurdistan doit se rendre sur place bientôt. D’après Rojinfo « la délégation composée de journalistes, de politiciens et de scientifiques aura pour mission de visiter les zones où l’armée turque est accusée d’avoir utilisé des armes chimiques et de rencontrer les personnes affectées. À l’issue de sa visite, elle doit établir un rapport qui sera remis aux Nations Unies à Genève. »

Le Mouvement de la Paix demande aux instances internationales, en premier lieu l’Organisation des Nations Unies pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC), de diligenter de toute urgence une enquête sur place pour enquêter sur la présence et l’utilisation d’armes chimiques dans la région.

Le Mouvement de la Paix demande au président de la République et au gouvernement français de :

  • Demander à l’Organisation des Nations Unies pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC), de diligenter de toute urgence une enquête sur place pour enquêter sur la présence et l’utilisation d’armes chimiques dans la région.
  • Stigmatiser les atteintes aux droits de l’homme et aux traités internationaux dont le gouvernement turc se rend coupable.
  • Respecter son obligation de protéger sur le sol français les personnes ayant le statut de réfugiés politiques.
  • Agir pour des solutions en faveur de la paix dans ces régions incluant le respect des droits des populations kurdes.

Le Mouvement de la Paix
A Paris, le 8 décembre 2021″

TURQUIE. Nouveau procès d’un Kurde emprisonné illégalement depuis près de 23 ans

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TURQUIE / BAKUR – Le prisonnier kurde Hadi Elçiçek a été condamné à mort en 1999 pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État » par la « justice » turque sur des aveux extirpés sans la présence d’un avocat. (Sa peine avait été commuée en réclusion à perpétuité.) 20 ans après les faits, la CEDH a condamné la Turquie dans cette affaire pour violation du droit à un procès équitable en refusant au prévenu l’accès à un avocat au stade de l’enquête de police. Alors, aujourd’hui, la « justice » turque a décidé de rejuger Hadi Elçiçek en annulant le précédent verdict vieux de 23 ans…
 

Dans le procès qui a repris après que la CEDH a condamné la Turquie pour « violation du principe d’un procès équitable », il a été décidé de suspendre l’exécution du prisonnier malade Hadi Elçiçek, qui est en prison depuis février 1999 (la période où le chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan avait été capturé et livré à la Turquie par un complot international, donnant lieu à de nombreuses manifestations dans le monde.)

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a statué sur la Turquie dans l’affaire Hadi Elçiçek, Kuling Sevilgen et Salih Tuğrul, qui ont été arrêtés par la Cour de sûreté de l’État (DGM) en 1999 pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État » et condamnés à mort, dont les peines ont ensuite été commuées en réclusion à perpétuité. La Turquie a été reconnue coupable d’avoir « violé le principe d’un procès équitable ». Après la décision de la CEDH, le procès a repris devant la 4e Cour pénale de Diyarbakır.
Salih Tuğrul, l’un de trois, a été libéré en 2014 en raison de graves problèmes de santé, tandis que Kuling Sevilgen est décédé en 2015 des suites d’une crise cardiaque à la prison de Bandırma, où il était incarcéré.
L’EXÉCUTION DE LA PEINE SUSPENDUE
Hadi Elçiçek, qui était emprisonné dans la prison de Tarsus, n’a pas pu assister au procès où il a été à nouveau jugé avec Salih Toğrul en raison d’un problème dans le système de visioconférence (SEGBİS). Des avocats des deux prévenus, Mehdi Özdemir, étaient présents dans la salle.
Partageant les documents ajoutés au dossier, le président du tribunal a déclaré qu’il avait été décidé de combiner le nouvel acte d’accusation avec le dossier de l’affaire contre Elçiçek.
Par la suite, l’avocat Özdemir a demandé que les points manquants soient corrigés et a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve autre que les déclarations faites sans avocat au stade de l’enquête pour laquelle la CEDH avait condamné la Turquie. Rappelant qu’un de ses clients, Toğrul, avait bénéficié de l’arrêt de l’exécution de la peine, Özdemir a demandé qu’Elçiçek bénéficie également de la même suspension.
L’accusation a demandé le rejet de la demande de l’avocat d’Elçiçek.
Dans la décision provisoire annoncée par le tribunal, il a été décidé de suspendre l’exécution de la peine d’Hadi Elçiçek en raison de l’achèvement de l’affaire dans le cadre du nouveau procès rendu avec la décision de la 16e chambre pénale de la Cour suprême d’appel pour le condamné Salih Toğrul et le décision de la Cour constitutionnelle en date du 1er juillet 2021.
Retour sur un scandale judiciaire vieux de 23 ans
Hadi Elçiçek a été arrêté à Siirt/ Eruh le 16 février 1999 pour avoir « porté atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ». Poursuivi par la Cour de sûreté de l’État (DGM) n°1 de Diyarbakır, Elçiçek a été condamné à mort pour le même chef d’accusation. Le tribunal a par la suite modifié cette peine en « réclusion à perpétuité aggravée ». (La prison à perpétuité aggravée (ağırlaştırılmış müebbet hapis) est, en Turquie, une sanction pénale consistant en la détention d’un criminel jusqu’à sa mort sous un strict régime de sécurité. La réclusion à perpétuité aggravée a été substituée à la place de la peine capitale, celle-ci ayant été abolie en 2002.)
Après la finalisation de cette condamnation par la Cour suprême d’appel, l’avocat d’Elçiçek a saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 10 décembre 2002, au motif qu’un procès équitable n’avait pas eu lieu en raison du militaire à la DGM et la déposition de son client a été recueillie sans avocat et sous la torture.
Le 16 juillet 2009, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que les motifs du requérant étaient justifiés et a invoqué l’article 6/1 et 6/3-c de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et a constaté une violation en raison de l’absence d’un procès équitable pour Elçiçek. La Cour EDH a jugé la demande des avocats justifiée en ce qui concerne le nouveau procès.
Par cette décision, l’avocat d’Elçiçek, Mehdi Özdemir, a saisi la 4e Cour pénale de Diyarbakır le 8 août 2019. Le tribunal, qui a examiné la décision, a conclu que la CEDH avait conclu à une violation des articles 6/1 et 6/3-c de la CEDH avec la condamnation d’Elçiçek, qui se trouvait à la prison de Silifke, et a accepté la demande de nouveau procès en application de l’article 318/1 de la CMK, tout en rejetant la suspension de l’exécution de la peine.
 

SHENGAL. Un responsable yézidi tué par un drone turc

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – La Turquie continue ses crimes odieux visant la minorité yézidie de Shengal qui a survécu au génocide commis par DAECH en août 2014.

Ce mardi, un drone armé de l’armée turque a frappé une voiture civile appartenant à Merwan Bedel, co-président du Conseil d’administration autonome de Shengal, dans la ville de Khanasor située au nord du mont Sinjar.
 
Merwan Bedel a perdu la vie sur les lieux tandis que ses deux enfants qui l’accompagnaient ont pu être sortis de la voiture en feu grâce aux efforts des personnes présentes sur les lieux de l’attaque. (ANF)
 
La Turquie a accentué les assassinats des Kurdes et des Yézidis au Kurdistan du Sud mais aussi au Rojava, en toute illégalité. Mais la communauté internationale ferme les yeux devant les crimes commis par son allié turc…

Une députée interroge le gouvernement suisse sur l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques contre les Kurdes

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SUISSE – La députée suisse, Brigitte Crottaz a déposé une motion devant le Conseil fédéral sur l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques contre des combattants et des civils kurdes au Kurdistan du Sud, au Rojava ou encore au Kurdistan « turc ».
 
« Dans sa stratégie de politique étrangère 2020-2023, le Conseil fédéral souligne le conflit interne de la Turquie avec le peuple kurde et considère qu’un ‘dialogue critique et constructif’ avec le pays doit se poursuivre », a déclaré Crottaz qui a posé les questions suivantes au Conseil fédéral :
 
Le Conseil fédéral est-il au courant de l’utilisation par la Turquie d’armes chimiques contre les régions dominées par les Kurdes en 2021 ?
 
– Comment la Suisse garantit-elle le respect des traités d’interdiction des armes chimiques qu’elle a signés, notamment dans la région ?
 
– Quelle est l’appréciation du Conseil fédéral concernant les méthodes de guerre utilisées par la Turquie dans ses conflits internes et externes contre la population kurde ?
 
– Le Conseil fédéral peut-il transformer le centre de compétence NBC – Demunex [Centre de compétences NBC-DEMUNEX – nucléaire, biologique, chimique, dé-minage et d’élimination des munitions non explosées – basé à Spiez et qui dirige la défense NBC et le commandement DEMUNEX] de l’armée suisse en un centre de révélation des faits ?
 
– Comment le Conseil fédéral envisage-t-il les voies d’une paix durable dans les régions dominées par les Kurdes ?
 
– Comment le problème des mauvais traitements infligés aux Kurdes en Turquie et dans les zones à majorité kurde proches de la frontière turque est-il abordé dans le cadre des relations diplomatiques entre la Suisse et la Turquie ?
 
La députée a rajouté qu’ « en 2021, les médias internationaux ont rapporté que l’État turc avait utilisé des armes chimiques dans son conflit avec le peuple kurde. En 2019, la Turquie a également fait l’objet d’une enquête de l’Organisation des Nations Unies pour l’interdiction des armes chimiques pour la même raison. Il est généralement connu que la Turquie a adopté des méthodes d’oppression et de guerre extrêmement violentes contre le peuple kurde sur son territoire ou en Syrie (Rojava) et en Irak (Bashur). En réalité, la répression et l’oppression de la Turquie suppriment systématiquement la possibilité d’une paix véritable avec la population kurde. »
 

Une famille kurde engloutie par la Manche…

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Cette famille kurde du Kurdistan d’Irak a pris le chemin difficile dans l’espoir d’atteindre l’Angleterre et s’est finalement noyée dans la Manche, entre la France et l’Angleterre. Le père de famille qui est un Peshmerga a vendu sa maison et est resté au pays pour travailler et payer le voyage de la famille.

 

Le 24 novembre, 27 migrants, dont de nombreux Kurdes, qui tentaient de rejoindre l’Angleterre depuis la France sont morts lorsque leur bateau gonflable a coulé au large de Calais, dans le nord de la France. Un survivant raconte qu’avant de couler, les réfugiés avaient appelé les secours côté britannique et français, mais que les Anglais et les Français les avait dirigés chaque fois vers l’autre partie, disant qu’ils étaient dans les eaux territoriales de l’autre État, laissant mourir près d’une trentaine d’enfants, femmes, jeunes hommes en pleine mer… (Mais côté Pologne-Biélorusse, ce n’est guère mieux, là, ils sont morts à cause du froid glacial ou les coups portés par des fascistes polonais qui rôdent à la frontière polono-bélarusse. L’Europe continuer à ignorer le drame des réfugiés qui se joue sous ses yeux.)

Les secours anglais et français ont-ils laissé les migrants se noyer dans la Manche?

L’un des deux survivants connus de la catastrophe d’un bateau dans la Manche mercredi soir et un parent de deux des migrants ont accusé les garde-côtes britanniques d’avoir ignoré les appels répétés à l’aide des migrants en train de se noyer alors qu’ils se trouvaient dans les eaux britanniques. Dans une interview accordée à Rudaw dimanche, le survivant a détaillé l’horreur alors qu’il regardait une trentaines de personnes se noyer, une par une.
 
« Le côté droit du bateau perdait de l’air. Certaines personnes y pompaient de l’air et d’autres écoperaient l’eau du bateau », a déclaré Mohammed Shekha Ahmad, 21 ans, un Kurde qui résidait dans la ville de Qaladze dans la région du Kurdistan de Sulaimani. province jusqu’à il y a environ six semaines. « Puis après un moment, nous avons appelé la police française et leur avons dit: « Aidez-nous, notre pompe a cessé de fonctionner. » »
 
« Ensuite, [nous] avons envoyé [notre] localisation à la police française et ils ont dit: » vous êtes dans les eaux britanniques « … nous avons appelé la Grande-Bretagne. Ils ont dit d’appeler la police française », a raconté Mohammed, visiblement bouleversé par sa mort imminente. vivre. « Deux personnes appelaient – l’une appelait la France et l’autre appelait la Grande-Bretagne. » Les migrants ont passé leurs appels en anglais.
 
Un parent de deux des victimes, Taha (nom d’emprunt), qui était en contact avec eux via Facebook mardi soir, suivant leur localisation en direct, allègue également que les migrants ont atteint les eaux britanniques. « Quarante-cinq minutes avant de se noyer, ils ont appelé et ont dit qu’ils se trouvaient dans les eaux britanniques mais qu’ils ne pouvaient pas bouger. Ils se sont noyés dans les eaux britanniques et les vagues ont emporté les corps dans les eaux françaises », a déclaré le proche, qui ne veut pas être identifié pour des raisons légales, à Rudaw par téléphone.
 
« Je crois qu’ils étaient à cinq kilomètres à l’intérieur des eaux britanniques », a-t-il déclaré. Lorsqu’on lui a demandé si son parent sur le bateau avait appelé la police britannique, il a répondu « 100% et ils [la police britannique] ont même dit qu’ils viendraient [à la rescousse] ».
 
Taha a déclaré que le bateau se trouvait dans les eaux françaises lorsque les problèmes ont commencé, mais le passeur les a forcés à continuer de se diriger vers la Grande-Bretagne pendant 45 minutes supplémentaires. Taha a suivi le mouvement du bateau en direct sur Facebook lorsque le moteur du canot a cessé de fonctionner. « J’avais leur emplacement en direct, mais vous savez que l’emplacement en direct n’est disponible que pendant une heure », a-t-il déclaré.
 
Dimanche soir, Rudaw a envoyé un courrier électronique au ministère britannique des Affaires étrangères et à l’Agence maritime et des garde-côtes pour leur demander s’ils avaient enregistré un appel de détresse la nuit de l’incident. Le ministère de l’Intérieur a répondu au nom du gouvernement britannique, contestant le récit et un porte-parole a déclaré dans un e-mail à Rudaw que l’incident s’était produit dans les eaux territoriales françaises. Les allégations sont « complètement fausses », a écrit le porte-parole lundi matin. « Les responsables ici ont confirmé hier soir que l’incident s’était produit bien à l’intérieur des eaux territoriales françaises, ils ont donc dirigé l’effort de sauvetage, (…) déployé un hélicoptère à l’appui de la mission de recherche et de sauvetage dès que nous avons été alertés. » Il a également conseillé à Rudaw de contacter les garde-côtes.
 
Rudaw a de nouveau envoyé un courrier électronique aux garde-côtes lundi matin, leur demandant si, six jours après l’incident, l’agence avait enquêté sur l’existence d’un appel de détresse la nuit de l’incident et n’a toujours pas reçu de réponse.
 
Mohammed est catégorique sur le fait que le bateau a atteint les eaux britanniques. « La police britannique ne nous a pas aidés et la police française a dit: « vous êtes dans les eaux britanniques, nous ne pouvons pas venir ». Puis, alors que nous nous noyions lentement, les gens ont perdu espoir et ont lâché prise. Puis les vagues nous ont emmenés vers la France. »
 
« La Grande-Bretagne aurait dû monter à bord [et nous secourir] parce que nous nous sommes noyés dans la Manche [côté anglais] », a-t-il déclaré en sanglotant. « Ils ne nous ont pas aidés ou n’ont rien fait pour nous. »
 
Rudaw a reconstitué le voyage du bateau de migrants sur la base du témoignage du survivant et du parent qui était en contact avec deux personnes sur le bateau cette nuit-là.
 
Mohammed, qui a survécu à l’épreuve déchirante, semble visiblement désemparé et ne se souvient pas de l’âge de sa sœur qui a motivé son voyage. Il espérait gagner de l’argent au Royaume-Uni pour payer son traitement. Ce n’était pas la première tentative de Mohammed pour atteindre la Grande-Bretagne. Il avait essayé quelques jours plus tôt et avait été secouru par un navire français.
 
Le groupe de 33 ou 34 migrants a été conduit en bus vers un lieu du littoral de Dunkerque vers 18h00 heure locale, mardi soir. Les migrants venaient pour la plupart du Kurdistan irakien – 15 Kurdes de la région de Peshdar et Betwin dans la province de Souleymanieh, selon Mohammed. Quatre à cinq du groupe venaient de Somalie, quatre Kurdes d’Iran, un Vietnamien et deux Égyptiens. Il y en avait quatre autres dont Mohammed ignorait la nationalité. Les passagers comprenaient une fillette de 3 ou 4 ans et un certain nombre de femmes, dont l’une de 24 ans se rendait en Grande-Bretagne pour rejoindre son fiancé.
 
Mohammed a déclaré qu’il y avait 33 migrants dans le groupe qui avaient été échangés entre jusqu’à six passeurs avant de monter à bord du dériveur infortuné. Le deuxième témoin, Taha, est certain qu’il y avait 34 personnes à bord du bateau et que cinq corps sont toujours portés disparus. « Il y avait aussi des étrangers, qui parlaient bien anglais. Même la fille kurde de 15 ans de Darbandikhan parlait bien anglais », a déclaré Taha à ses proches.
 
Sur le canot se trouvait un jeune kurde du nom de Shakar Ali, qui enverrait le dernier message vocal du voyage en ce jour fatidique.
 
Mohammed a déclaré qu’il était ouvrier du bâtiment au Kurdistan irakien avant de décider d’aller en Grande-Bretagne il y a un peu plus d’un mois afin de gagner de l’argent pour aider à payer les 70 000 dollars dont sa sœur a besoin pour se rendre en Inde pour un traitement médical pour des disques fusionnés dans sa colonne vertébrale. Il a dit que le bateau est parti entre 20h00 et 22h00, heure locale. Taha, suivant de près les progrès de ses proches en ligne, a confirmé le timing, affirmant que le canot était entré à l’eau vers 21h00 le 23 novembre.
 
« Ils ont quitté Dunkerque et il leur a fallu trois heures avant d’arriver sur le Calais-Douvres. ligne. Je m’attendais à ce qu’ils arrivent [au Royaume-Uni] à 2 heures du matin [mercredi matin] », a déclaré Taha à Rudaw. Dès le début, il s’inquiétait pour la sécurité de ses proches et pour savoir si le bateau dans lequel ils se trouvaient était en état de navigabilité. « Le canot était vieux et en décomposition », a-t-il déclaré.
 
Taha a refusé de parler officiellement, affirmant qu’il craignait d’être qualifié de « contrebandier » s’il rendait ses déclarations publiques.
 
La mer était calme et le bateau a voyagé pendant plusieurs heures, un Égyptien conduisant, selon Mohammed, avant que les problèmes ne commencent avec le canot.
 
« Ils ont commencé à avoir des problèmes de tube vers 1h30, heure britannique », a déclaré Taha. « J’étais en contact avec eux, parlant jusqu’à 14h40. »
 
Taha a accusé deux passeurs d’avoir forcé les migrants à continuer de se déplacer pendant 45 minutes supplémentaires pour atteindre les eaux britanniques, alors même que le canot fuyait de l’air.
 
L’eau a commencé à s’infiltrer dans le bateau et les migrants ont travaillé frénétiquement pour le renflouer, se souvient Mohammed. Il a dit qu’ils avaient vu un navire et que certains des passagers voulaient s’en approcher et être secourus, mais d’autres voulaient continuer et atteindre les côtes britanniques.
 
Alors que l’eau commençait lentement à submerger le bateau, les passagers ont commencé à paniquer et ont tenu leurs téléphones allumés en l’air en espérant qu’ils seraient repérés par un navire qui passait, a déclaré Taha. Mais plus aucun navire ne passa. Entre 2h15 et 2h45 du matin, le moteur s’est arrêté de fonctionner. Les proches de Taha avaient des cartes SIM britanniques dans leurs téléphones et selon Taha, la connexion réseau cette nuit-là était très bonne et claire.
 
Lorsque le moteur est tombé en panne, Taha a conseillé à son parent de persuader les autres de faire demi-tour et de rentrer en France. « Ils étaient à cinq kilomètres à l’intérieur des eaux britanniques. Je leur ai dit de faire demi-tour mais le passeur leur a dit de continuer », a déclaré Taha.
 
Shakar Ali, l’un des migrants, a envoyé un dernier message audio à un proche. «Nous sommes dans les eaux britanniques et françaises. Nous ne savons pas lequel d’entre eux vient [nous sauver]. Je jette mon portable. Si vous n’avez pas de nouvelles de moi, cela signifie que nous sommes en Grande-Bretagne et si je retourne en France, alors je vous appellerai moi-même», a-t-il déclaré dans le message vocal dont Rudaw a obtenu une copie.
 
La décision de jeter leurs téléphones portables à l’eau semble avoir été une décision consciente, selon des personnes familières avec le voyage. La plupart des migrants, en particulier les Kurdes, ont des parents au Royaume-Uni et ont été en contact avec eux tout au long du voyage. Ce journal d’appels s’afficherait sur leurs téléphones. « Vous savez qu’ils ont appelé des parents et des amis en utilisant le téléphone, donc à l’avenir, lorsque le téléphone est saisi [par la police], cela causera des problèmes à leurs familles », a expliqué Taha pourquoi les migrants ont jeté leurs téléphones. Ni les migrants ni les familles ne veulent être considérés comme un passeur.
 
Alors que le bateau dérivait et perdait plus d’air, les passagers, dont des enfants, sont tombés à l’eau. Ils se sont accrochés au canot dégonflé et l’un à l’autre. Tout au long de la nuit noire, alors que le canot à moitié submergé flottait dans la Manche en direction de la France, tout le monde a tenu bon, mais leur énergie a cédé à l’aube.
 
« Tout le monde pouvait le supporter jusqu’au lever du soleil, puis quand la lumière brillait, personne ne pouvait plus le supporter et ils ont abandonné la vie », a déclaré Mohammed. Un par un, ils se lâchèrent l’un l’autre et le bateau. « La plupart des membres du groupe étaient morts au moment où ils ont été retrouvés par un ferry français, qui aurait été alerté par deux pêcheurs français. Deux des migrants sont morts à l’hôpital », a-t-il déclaré.
 
Rudaw a réussi à identifier plusieurs migrants décédés
 
« Un gars de Ranya était avec moi », se souvient Mohammed. Les deux jeunes hommes kurdes avaient à peu près le même âge et ont promis qu’ils ne laisseraient pas l’autre partir. À un moment donné, alors qu’ils étaient dans l’eau, son ami a demandé à Mohammed de lâcher sa main. « J’ai dit, je ne lâcherai pas ta main. Puis il a dit: ‘Je vais aller devant toi.’ Je ne l’ai plus revu. »
 
La police française lui a ensuite montré la photo du cadavre de son ami et il l’a immédiatement reconnu. Mohammed a également reconnu des photos d’une famille avec un enfant de 3 ans de Darbandikhan, dans la province de Sulaimani. « C’est la petite fille. Ils étaient avec nous », a-t-il dit.
 
« J’ai vu la mort de mes propres yeux. Je ne pensais qu’à mon père et à ma mère », a-t-il déclaré.
 
Taha est également bouleversé par la perte de ses proches. « Ce qui s’est passé est un crime, ce n’est pas le destin ou la volonté de Dieu. C’est un crime commis par les deux pays », a-t-il déclaré.
 
Certains proches ont fourni des échantillons d’ADN aux autorités françaises et ils attendent que leurs proches soient identifiés.
 
Les cris de ses compagnons migrants sont encore vivaces dans l’esprit de Mohammed, criant et pleurant : « S’il vous plaît Dieu, sauvez-nous ! S’il vous plaît Dieu, sauvez-nous ! » mais il espère toujours se rendre en Grande-Bretagne, prêt à sacrifier sa vie pour sa sœur.
 
Le père de Mohammed a déclaré à Rudaw qu’il était reconnaissant que son fils soit vivant et qu’il « souhaite que les autres aient survécu aussi ».

Rudaw