KURDISTAN. « Ji Bo Azadiye » censuré au Festival international du film de Sulaymaniyah

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KURDISTAN – Hier, le film racontant la résistance kurde contre l’armée turque à Sur, « Ji Bo Azadiye », a été censuré par le Festival international du film de Sulaymaniyah pour ne pas froisser la Turquie. En réaction à la censure du film « Ji Bo Azadiye » (La Fin Sera Spectaculaire), la Commune du Film du Rojava a retiré son film « Blackberry Season », déclarant que le festival n’est pas une plate-forme d’art libre.
 
Cette année, le 5e Festival international du film de Slemani se déroule du 17 au 23 décembre dans la ville de Sulaymaniyah au Kurdistan d’Irak, projetant 143 films de 35 pays.
 
Le 19 décembre, la projection du film « Ji Bo Azadiye* », le premier long métrage de fiction réalisé par Ersin Çelik et la Commune du Film du Rojava a été annulée. En réponse, la Commune a également retiré son deuxième film « Blackberry Season ».
 
La Commune du Film du Rojava a déclaré que: « Notre film « Ji Bo Azadiye » et le film « Blackberry Season », que nous avons coproduit, ont participé au festival suite à la demande du festival lui-même. Après le début du festival, et le 18 décembre 2021, soit le jour de la projection du film, et quelques heures seulement avant la projection ; le conseil d’administration a indiqué que « puisque le film est une production de 2019, il sera retiré de la compétition dans cette catégorie et il ne peut pas être projeté aujourd’hui ». Cela a été dit verbalement à nos amis qui participent au festival. »
 
Le docufilm intitulé « Ronak » a également été retiré du festival en réponse à l’interdiction de « Ji Bo Azadiyê ». Une déclaration publiée dimanche au nom du docufilm ‘Ronak’ a déclaré ce qui suit :
 
« Nous, employés de Ronak docufilm, avons décidé de retirer notre docufilm du 5e Festival international du film de Sulaymaniyah en réponse à l’interdiction du film ‘Ji Bo Azadiyê’. »
 
Le docufilm raconte l’histoire de Ronak Murad, né en 1965 à Tirpespiyê. Ronak Murad se rend à Alep pour faire des études universitaires et là, il apprend que la lutte du peuple kurde a commencé et rejoint la résistance de la guérilla. Pendant son temps de guérilla, il écrit 10 romans.
 
Le docufilm Ronak a été réalisé par Bawer Oğurlu au Rojava. Il devait être projeté hier au 5e Festival international du film de Sulaymaniyah. ANF
 
 
*Ce drame sanglant et explosif se déroule dans le cadre du siège de Sur en 2016, au cours duquel un petit groupe de résistants kurdes a tenu tête à l’armée et aux forces spéciales turques pour tenter de défendre leur quartier dans la ville de Diyarbakir. L’épisode meurtrier du conflit durera trois mois, la Turquie finissant par raser une grande partie du quartier historique.
 
Pour des raisons de sécurité, le réalisateur Ersin Celik et son équipe ont tourné « Ji bo Azadiyê » juste après la frontière, à Kobanê, la ville syrienne kurde qui a connu le siège meurtrier et destructeur de DAECH pendant six mois, fin 2014. Et c’est le matériel – y compris les véhicules blindés – laissé par DAECH qu’ils ont pu utiliser dans le film.

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