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Il y a 3 ans, la Turquie envahissait le canton kurde d’Afrin devenu aujourd’hui un enfer sur terre

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SYRIE / ROJAVA – Le 18 mars 2018, l’armée turque et ses gangs islamistes sont entrés dans la ville d’Afrin après 3 mois de bombardements intenses ciblant essentiellement les civils pour les faire fuir. Depuis, Afrin qui était un havre de paix dans le chaos syrien qui abritait des centaines de milliers de réfugiés syriens, en plus des habitants kurdes, alévis et yézidis de la région, est devenu un paradis pour les jihadistes pro-turc qui y ont instauré la charia.
 
Dès l’occupation d’Afrin, la Turquie a changé la démographie de la région en installant des Syriens islamistes venus d’autres régions syriennes dans les foyers des Kurdes, Yézidis et Alévis chassés de la région.
 
L’occupation turco-jihadiste a également turquifié la région d’Afrin en imposant la langue turque (à côté de la langue arabe) à toutes les institutions publiques et à l’école où le kurde a été interdit.
 
Des sites historiques millénaires et les lieux de cultes yézidis et alévis ont été pillés et détruits par l’occupation turque qui a commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en plus des féminicides et le viol systémique des femmes et fillettes kurdes et yézidies capturées.
 
Plusieurs documents préparés par des organisations internationales, dont l’ONU et l’Amnesty International ont apporté les innombrables crimes et violations commis par la Turquie à Afrin depuis 2018. Pourtant, à part une déclaration récente du Parlement européen demandant à la Turquie de quitter le nord de la Syrie qu’elle occupe illégalement, aucune institution internationale n’a demandé à la Turquie de mettre fin à son occupation à Afrin et d’autres régions du Rojava et de la Syrie.
 
Récemment, un article de New York Times a même tenté de blanchir les crimes de guerre de la Turquie à Afrin par un article mensonger. En réponse, la journaliste Debbie Bookchin avait écrit qu’ « Avant l’invasion turque de janvier 2018, Afrin faisait partie de la zone plus large, dirigée par les Kurdes, connue sous le nom du Rojava ou, plus officiellement, de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), dont les combattants ont été nos meilleurs alliés dans la défaite de DAECH. L’AANES, une région d’environ 5 millions d’habitants, est une démocratie pluraliste qui consacre les droits de toutes les minorités ethniques et a été particulièrement efficace dans la promotion des droits des femmes. Des pratiques comme le mariage forcé, la polygamie, le mariage d’enfants et les crimes d’honneur sont interdites. Les lois prévoient des conseils autonomes de femmes et l’inclusion d’au moins 40 % de femmes dans chaque organe législatif, ainsi que des coprésidentes à tous les postes administratifs.
L’invasion d’Afrin par la Turquie en janvier 2018 a provoqué la fuite de quelque 180 000 personnes, principalement des Kurdes, dont la plupart vivent maintenant dans des camps de personnes déplacées dans d’autres régions de la Syrie. Aujourd’hui, comme l’a documenté Amnesty International sur ceux qui sont restés : « Les résidents d’Afrin subissent un large éventail de violations, principalement aux mains des groupes armés syriens qui ont été équipés et armés par la Turquie (y compris) des détentions arbitraires, des disparitions forcées, et des confiscations de biens et des pillages sur lesquels les forces armées turques ont fermé les yeux ». La destruction intentionnelle de sites religieux et architecturaux kurdes et yézidis, les changements démographiques forcés, y compris la réinstallation à Afrin de familles arabes d’autres régions de Syrie, et l’utilisation obligatoire de la langue turque, même dans les écoles, ont été largement documentés et signalent l’intention de la Turquie d’annexer la région de façon permanente.
Les violations les plus flagrantes commises par la Turquie ont été perpétrées à l’encontre des femmes. La Commission d’enquête des Nations Unies sur la Syrie décrit la guerre menée par la Turquie contre les femmes à Afrin comme créant « un climat de peur omniprésent qui les a en fait confinées dans leurs foyers ». Le rapport de 25 pages ajoute : « Les femmes et les jeunes filles ont également été détenues par des combattants de l’armée nationale syrienne [soutenue par la Turquie] et ont été victimes de viols et de violences sexuelles – causant de graves préjudices physiques et psychologiques. » Pour humilier et démoraliser la population, les milices soutenues par la Turquie se sont livrées à des pratiques telles que forcer les hommes détenus à assister au viol collectif d’une mineure, note le rapport, qui qualifie cette pratique de « torture ». Les chercheurs sur les droits des femmes ont documenté qu’en 2020 seulement, 88 femmes et filles dont l’identité est connue ont été kidnappées par des groupes armés soutenus par la Turquie, soit un incident tous les quatre jours environ. Parmi elles, six filles mineures dont cinq étaient toujours portées disparues au 1er janvier 2021. »

Image via Mohammed Hassan

TURQUIE. RSF condamne le meurtre d’un présentateur de radio

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TURQUIE – Hazım Özsu, un présentateur d’une émission radiophonique à contenu religieux, a été tué à Bursa par un homme qui a expliqué son geste en disant qu’il n’ « aimait pas ses commentaires à la radio, en période de Covid-19 », faisant croire à un assassinat à motivation islamiste qui ne supporte pas la liberté d’expression s’il s’agit de critiquer l’Islam.

Reporters sans frontières (RSF) a condamné l’assassinat du présentateur radio Hazım Özsu dans la province occidentale de Bursa, en Turquie.

Alors que RSF International s’inquiète de la position du gouvernement et de l’impunité, Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie, a déclaré : « Nous condamnons ceux qui encouragent cet environnement. »

Crimes politiques ou religieux dans un pays où l’impunité règne

RSF a déclaré : « Un présentateur radio, Hazım Özsu, a été tué dans le quartier d’Orhangazi à Bursa. Rapidement arrêté par la police, le tueur a expliqué avoir agi ainsi parce qu’il n’aimait pas ses commentaires à la radio, en période de Covid-19 !

RSF condamne ce meurtre odieux perpétré dans un pays où le gouvernement n’a pris aucune position contre la violence à caractère politique et où l’impunité est la règle. »

Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie, a également déclaré :

« La violence et l’intolérance contre les journalistes se sont manifestées de la manière la plus douloureuse qui soit à Bursa Orhangazi. Le présentateur radio Hazım Özsu a été tué par une personne (H.N) qui a dit qu’il n’aimait pas son émission lorsqu’il a été capturé. Nous condamnons ceux qui encouragent cet environnement.

Nous exigeons que le meurtre de Hazım Özsu le 9 mars soir soit révélé sous tous ses aspects. Les premières constatations indiquent qu’il a été tué en raison de sa profession. »

Arrestation du suspect

Le suspect qui a abattu le présentateur radio Hazım Özsu dans le quartier d’Osmangazi à Bursa a été arrêté.

Placé en garde à vue par les équipes de la Direction de la sécurité de Bursa pour avoir tué Hazım Özsu (55 ans), H.N. a été déféré au palais de justice après que les procédures y afférentes ont été achevées.

Que s’est-il passé ?

Hazım Özsu, qui présentait un programme à contenu religieux sur la chaîne de radio Rahmet FM, a été tué par une personne qui s’est présentée à son domicile dans le quartier d’Altınova, dans le district d’Osmangazi, le 9 mars au soir.

Après sa capture, le suspect a déclaré qu’il avait tué Hazım Özsu parce qu’il n’aimait pas certaines des remarques qu’il avait faites pendant son émission de radio.

Bianet 

Les partis kurdes syriens, irakiens et iraniens: des relations complexes guidées par la quête de prestige

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KURDISTAN – Certes, les Kurdes sont colonisés par 4 États plus ou moins puissants qui s’unissent pour écraser les revendications du peuple kurde, mais ceci n’est pas la seule raison de l’incapacité des Kurdes à obtenir leur autonomie, et encore moins un État kurde. La désunion et rivalité entre partis / clans kurdes en est une des principales raisons du malheur kurde qui se prolonge sur l’arène politique également.

Le journaliste Emil Bouvier revient sur cette question dans son article à deux volés publié sur le site Les clés du Moyen-Orient. (Unions et désunions aux Kurdistans : pourquoi les Kurdes ne parviennent-ils pas à s’unir (2/2) ?)

Dans ce deuxième volé, Bouvier s’attarde sur les relations complexes entre les partis kurdes de Syrie, Iran et Irak sur lesquels le PKK, né dans le Kurdistan de « Turquie » jouerait un rôle qualifié de « central et clivant » par Bouvier.

TURQUIE. La justice turque demande l’interdiction du parti HDP

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TURQUIE / BAKUR – L’attaque et l’interdiction des partis politiques kurdes sont une vieille tradition bien turque sur laquelle les islamistes et l’extrême-droite sont d’accord à 100% dans un pays fondé sur le fascisme kémaliste presque centenaire. Alors, la demande officielle de la fermeture du parti HDP, porté par les Kurdes de Turquie, ne surprend plus personne étant donné que de nombreux partis kurdes ayant précédé le HDP ont tous été interdits par les régimes successifs pour lesquels la démocratie ne peut s’appliquer aux Kurdes.
 
Alors que le Parlement turc a déchu de son mandat le député du Parti démocratique des peuples (HDP), Ömer Faruk Gergerlioğlu aujourd’hui, le ministère public a lancé dans la foulé une procédure devant la Cour constitutionnelle turque pour faire interdire le HDP.
 
A l’heure actuelle, des milliers de militants du HDP, des dizaines de maires et 13 anciens députés du parti, dont les co-présidents Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdağ Şenoğlu, sont en prison et Gergeroglu risque de les rejoindre à son tour très rapidement.
 
Suite à cette demande officielle de fermeture du parti HDP, les Kurdes ont annoncé qu’ils créeront un nouveau parti, comme ils l’ont fait après chaque fermeture de partis kurdes.  
 

KURDISTAN DU SUD. Action humanitaire pour des réfugiés kurdes / yézidis au Bashur 

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PARIS – Le jeune activiste franco-yézidi, Arya Jemo travaille auprès des réfugiés kurdes / yézidis depuis plusieurs années. Il s’est fait connaitre du public, notamment, avec l’aide humanitaire qu’il fait acheminer vers les 2 camps de réfugiés kurdes à Lavrio, en Grèce, depuis plusieurs années maintenant.
 
Depuis 13 mars, Arya se trouve au Kurdistan d’Irak, auprès des réfugiés kurdes et yézidis, dont des enfants orphelins, dans le cadre d’une action humanitaire parrainée par l’association française Fédération Léo Lagrange (FLL) et l’ONG kurde PAO (Public Aide Organisation) basée à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.  
 
Distribution de paniers alimentaires
Grace aux dons récoltés sur les réseaux sociaux et l’aide opérationnel et logistique accordée par les ONG  citées plus haut, Arya a pu apporter des vêtements et des draps pour les enfants de l’orphelinat accueillant 70 enfants yézidis à Erbil, en plus des paniers alimentaires distribués aux 8 000 Yézidis vivant dans le camp de Kewirgosk, au nord d’Erbil.

L’orphelinat pour enfants yézidis
 
Arya a également rencontré des familles kurdes du Rojava réfugiées dans la région d’Erbil parents d’enfants autistes qui n’ont pas accès à des centres spécialisés. PAO étudie actuellement un projet pour que les enfants autistes des réfugiés du Rojava puissent être scolarisés dans un centre spécialisé. 
 
Arya va par ailleurs organiser une fête de Newroz (Nouvel-an kurde) pour les enfants de l’orphelinat en collaboration avec les deux ONG Léo Lagrange et PAO. 
 
Durant sa présence au Kurdistan du Sud, dans le nord de l’Irak, jusqu’au 27 mars, Arya va se rendre aussi auprès des camps de réfugiés des villes de Duhok et de Suleymaniyê. 

Le camp de Kewirgosk
Si vous aussi, vous voulez participer à ces projets d’aide pour les réfugiés kurdes/yézidis du Kurdistan, faites un don, même de quelques euros, en cliquant ici : donation arya jemo

Arya entouré d’enfants yézidis
Vous pouvez suivre les actions d’Arya Jemo sur Twitter, Youtube et Instagram 
 
Photos prises par Gabriel Gauffre

TURQUIE. Un autre député HDP déchu de son mandat de député

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TURQUIE. La guerre anti-kurde du régime Erdogan a fait une nouvelle victime aujourd’hui. Le député d’HDP, Ömer Faruk Gergerlioğlu a été déchu de son mandat de député après un vote au Parlement turc aujourd’hui.
 
Médecin et défenseur des droits humains, Gergeroglu avait été condamné par la justice turque à deux ans et demi de prison pour « avoir fait de la propagande pour une organisation terroriste [kurde]» à cause d’un tweet daté de 2016 appelant au dialogue entre l’État turc et le PKK pour une résolution pacifique de la question kurde en Turquie.
 

Ömer Faruk Gergerlioğlu, député depuis 2018 du Parti démocratique du peuple (HDP) représentant la province de Kocaeli, a été reconnu coupable en février 2018 de «diffusion de propagande terroriste» sur la base d’une publication de 2016 sur les réseaux sociaux qui ne prônait pas la violence.

La plus haute cour d’appel de Turquie a confirmé la condamnation et la peine de deux ans et six mois de prison le 19 février 2021. Le 15 mars, le président du parlement turc a indiqué que des mesures pour dépouiller Gergerlioğlu de son siège pourraient être imminentes, bien que Gergerlioğlu ait déposé un Contestation par la Cour constitutionnelle des poursuites contre lui.

Gergerlioğlu a été déchu de son statut de député après la lecture du verdict du tribunal à l’Assemblée générale du Parlement ce 17 mars.

Alors que les députés du HDP ont protesté contre l’action avec des applaudissements, la session parlementaire a été suspendue.

Retour sur l’affaire Gergeroglu

Le 20 août 2016, près de deux ans avant de devenir député, Gergerlioğlu a tweeté et commenté un reportage rapportant brièvement que la direction du Parti des travailleurs armés du Kurdistan (PKK) basé au Kurdistan d’Irak avait appelé l’État turc à faire un pas vers la paix. Le reportage a également apporté une longue réponse à l’appel du PKK par Bülent Arinç, alors président du parlement et ancien vice-Premier ministre.

Gergerlioğlu a déclaré: «Cet appel [du PKK] doit être correctement pris en compte, il n’y a pas de fin à ce problème…!» ( Bu çağrı hakkıyla değerlendirilmeli, bu işin sonu yok…! )Arguant qu’il devrait y avoir un processus de paix renouvelé pour mettre fin au conflit de plusieurs décennies entre l’État turc et le PKK. Gergerlioglu a été condamné pour ce tweet partageant l’article de presse et la photo qui l’accompagne des combattants du PKK.

 

TURQUIE. Demirtaş aux juges : «Ne vous sacrifiez pas pour le gouvernement»

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TURQUIE – Hier, le politicien kurde, Selahattin Demirtas a comparu de nouveau devant les juges dans une affaire pour laquelle la CEDH avait exigé sa libération immédiate. Demirtas a mis en garde ses juges, leur disant qu’ils ne devaient pas se sacrifier pour le régime turc, ajoutant qu’il allait leur demander des comptes devant la justice pour tout le tort qu’ils lui ont fait pour plaire au pouvoir politique.
 
L’ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtaş qui est tenu en otage dans une prison d’Edirne depuis novembre 2016, a comparu devant le  19e tribunal pénal d’Ankara le 16 mars.
 
Alors que Selahattin Demirtaş a assisté à l’audience sur le campus de la prison de Sincan via la visioconférence, l’audience a été suivie par les députés et membres du HDP Serpil Kemalbay, Saruhan Oluç, Kemal Pekgöz, Hüseyin Kaçmaz, Züleyha Gülüm et Mahmut Toğrul membre Doğan Erbaş.
 
Le tribunal a ajourné l’audience jusqu’au 14 avril.
 
« Vous agissez comme si l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme n’existait pas. »
 
Prenant la parole à l’audience, l’avocat de Demirtaş, Mahsuni Karaman, a rappelé au conseil de la cour le jugement de « libération immédiate » rendu par la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 22 décembre 2020.
 
Karaman a déclaré : « Vous avez lu longuement les dossiers de Van et d’Ankara. Vous agissez comme si l’arrêt de la CEDH n’existait pas. Il est entendu que vous allez poursuivre l’audience sans tenir compte de l’arrêt de la CEDH. Cependant, je m’attendrais à ce que vous l’annexiez aux comptes rendus. Mais vous lisez à haute voix les résumés des procédures, comme si rien ne s’était passé… »
 
Le juge président lui a répondu : « Vous pourrez soulever vos demandes plus tard » et n’a pas ajouté l’arrêt de la CEDH concernant Selahattin Demirtaş au procès-verbal du tribunal.
 
Défense de Selahattin Demirtaş
 
Demirtaş, assistant à l’audience par vidéoconférence, a fait sa déclaration. Faisant référence à l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme en faveur d’une « libération immédiate », il a critiqué le conseil du tribunal pour avoir refusé de l’annexer aux procès-verbaux.
 
« Je tiens à féliciter le tribunal pour son courage. La CEDH a également certifié vos efforts. Nous étions membre d’HDP. Nous étions les coprésidents d’un parti. Nous nous sommes engagés en politique avec une identité ouverte. Nous ne nous sommes pas cachés. Vous vous êtes également engagés dans la politique, mais vous avez ressenti le besoin de le cacher », a déclaré Selahattin Demirtaş en s’adressant au conseil de la Cour.
 
Notant qu’il n’avait pas comparu devant le juge dans ce procès depuis un an, Demirtaş a rappelé à la cour et à l’audience que la Cour constitutionnelle turque a rendu une décision de violation de droit en juin 2020 dans l’intervalle.
 
Indiquant que la Cour européenne des droits de l’homme a également rendu « la décision la plus lourde de violation de droit », Selahattin Demirtaş a critiqué le conseil de la cour pour « essayer de poursuivre l’audience comme si rien ne s’était passé pendant cette période. »
 
« Mais ce n’est pas le cas pour nous. Il y a des décisions sévères rendues par des tribunaux nationaux et internationaux. Pour cette raison, il est de notre droit d’exiger que le jugement correspondant soit annexé aux dossiers », a déclaré Demirtaş.
 
« Le conseiller principal Uçum vous a donné des instructions »
 
Faisant référence à Mehmet Uçum, le conseiller en chef du président Recep Tayyip Erdoğan qui est également chef du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, Demirtaş s’est à nouveau adressé au conseil de la cour et a déclaré : « Mehmet Uçum, qui est le conseiller en chef du palais, vous a donné des instructions. »
 
Affirmant que « même le plus jeune membre du conseil de la cour avait une meilleure connaissance de la loi qu’Uçum », Demirtaş a déclaré :
 
« L’homme vous donne des instructions depuis le palais et vous les mettez en œuvre. Vous ne pouviez pas dire : « Qui êtes-vous, Mehmet Uçum ? Juste un conseiller […] Et vous nous donnez des instructions.’ Pourquoi vous ne pouviez pas le dire ? Parce que Mehmet est au palais maintenant. Je connais Mehmet, sa connaissance de la loi est terrible. Vous n’avez même pas ajouté le jugement de la CEDH au dossier. »
 
Parlant de la non-application de l’arrêt de la CEDH, Demirtaş a déclaré :
 
« S’il y a une violation de droit, on s’attend à ce que le tribunal élimine la violation liée. Mais vous ne pouvez pas le faire. Parce que votre président Erdoğan a dit : « Il n’est pas de mon ressort d’interférer avec les affaires du système judiciaire, mais nous n’allons pas protéger le soi-disant droit d’un terroriste comme Selahattin Demirtaş (…). »
 
Erdoğan a déclaré que mes droits ne seraient pas protégés. Et vous avez également commencé par le déclarer. Ainsi, je vous félicite. Je vous félicite pour votre attitude évidente de violation. Vous devez être félicité parce que vous avez ajouté des violations extrêmement graves des droits en Turquie. »
 
Selahattin Demirtaş a indiqué que « ce sont les tribunaux qui doivent protéger les droits » des citoyens. Mais, maintenant, c’est devenu un sujet de débat de savoir si les tribunaux ont été indépendants ou non. »
 
Relatant le processus qui a conduit à la dernière décision de violation de droit rendue par la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme ainsi qu’à une décision de violation de droit rendue par la Cour constitutionnelle de Turquie, Demirtaş a réitéré que le conseil de la cour agissait comme si ces décisions n’existaient pas.
 
Vous vous êtes engagés dans des activités politiques
 
Critiquant davantage le conseil du tribunal, Demirtaş a déclaré :
 
« Dans ce procès, n’appliquons pas la Constitution ou le Code de procédure pénale, mais appliquons la loi électorale. Vous vous engagez ouvertement dans des activités politiques afin que les partis que vous soutenez puissent accéder au pouvoir. Vous avez contribué à changer le système. Vous avez contribué à établir la dictature d’un seul homme. Appliquons la loi électorale pour que vous parliez à la Turquie de la victoire électorale que vous donnez à l’AKP et à Erdoğan en m’arrêtant.
 
Vous avez interféré avec la volonté de la Turquie. Vous, les porte-parole politiques Erdoğan, Bahçeli et Soylu, vous dites et vous faites ce qu’il faut. La relation entre le pouvoir judiciaire et la politique va s’approfondir ».
 
S’adressant au conseil du tribunal, Demirtaş a déclaré : « S’il vous plaît, appliquez la loi et soyez juste. Il ne s’agit pas de moi » et a brièvement conclu ses remarques ainsi :
 
« Chaque décision que vous rendez rendra la relation entre le judiciaire et le politique plus profonde en Turquie. Cela renforcera le regroupement au sein de l’État. Il sera impossible que les institutions qui profèrent des insultes au nom de l’exécutif et du gouvernement soient amenées à rendre des comptes.
 
Je suis en paix avec toutes mes identités. Je suis un Kurde, mais pas un nationaliste. Mais je suis sûr, [que] vous êtes nationalistes. Mais, est-ce ainsi que l’on aime sa nation ? 
 
Il n’y a plus d’État maintenant, les institutions ne fonctionnent pas. Le sous-gouverneur ne peut pas décider tout seul. La Cour de cassation ou la Cour constitutionnelle ne peuvent pas rendre de jugement. Parce que l’exécutif a tout capté. Au moins, vous devriez être juste.
 
Ne vous sacrifiez pas pour le bien du gouvernement. Ce gouvernement va changer, c’est une probabilité de 99 %. Vous serez convoqués au conseil judiciaire qui sera formé au Parlement. Le prochain Parlement vous interrogera sur les dossiers portés contre nous. Je vous jure que je vous demanderai des comptes pour tout ce que vous m’avez fait subir devant la loi. »
 
Demandes de Selahattin Demirtaş
 
Après avoir présenté sa déclaration, Selahattin Demirtaş a énuméré ses demandes. Il a demandé que l’audience soit ajournée jusqu’en juillet 2023, après les élections générales en Turquie. Il a également demandé que son dossier entendu par la 22e Cour pénale lourde d’Ankara soit fusionné avec le dossier du procès principal entendu aujourd’hui. Dans le cas contraire, Demirtaş a soulevé une demande de récusation.
 
Le conseil de la cour a ensuite suspendu l’audience.
 
S’adressant au conseil de la cour, l’avocat de Demirtaş, Mahsuni Karaman, a déclaré : « Mettez fin à cette audience maintenant », ajoutant qu’ils ne participeront pas à la procédure judiciaire si leurs demandes ne sont pas satisfaites.
 
Karaman a énuméré les demandes suivantes :
 
« Vous n’avez pas encore lu l’arrêt de la CEDH. Nous vous demandons de conclure nos demandes. Demandez l’arrêt de la CEDH au ministère de la Justice et, lorsque l’arrêt sera ajouté au dossier, rendez une décision qui garantira que la violation est identifiée et éliminée par le tribunal. »
 
Prochaine audience aura lieu le 14 avril
 
Après une nouvelle suspension d’audience, le conseil de la cour a prononcé son jugement provisoire et a décidé qu’une lettre serait adressée à la 22e Cour pénale d’Ankara afin que l’acte d’accusation de l’affaire déposée contre Demirtaş devant cette cour soit ajouté au dossier. Le tribunal a également décidé de demander au ministère de la Justice la traduction turque de l’arrêt de la CEDH et d’examiner la demande de récusation.
 

SYRIE. Les forces politiques kurdes en demande de reconnaissance internationale

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Alors que la guerre syrienne de 10 ans a détruit le pays, chassé des millions de personnes de leurs terres, vu des terroristes islamistes parrainées notamment par la Turquie occuper plusieurs régions syro-kurdes, France culture donne la parole à des spécialistes pour faire un état des lieux de la Syrie d’aujourd’hui. Vous pouvez écouter dans la deuxième partie de cette émission Occident: le fiasco diplomatique, Patrick Haenni, chercheur à l’Institut Universitaire européen de Florence, qui rappelle que les Kurdes qui ont payé un lourd tribut dans la défaite de DAECH / ISIS n’ont toujours pas le soutien international qu’ils méritent.

« Les forces politiques kurdes en demande de reconnaissance internationale

Dans la Syrie actuelle, fragmentée par 10 années de guerre, le nord-est du pays est aujourd’hui administré par les forces kurdes, qui après leur victoire sur l’Etat Islamique, contrôlent et administrent de fait cette partie du territoire.  

Si leur présence est reconnue à l’international d’un point de vue militaire elle ne l’est pas d’un point de vue politique et leur situation reste fragile. Mais les kurdes sont déterminés à pérenniser et faire reconnaitre ce qui a été construit sur le terrain. Sur quel appui international peuvent-ils compter ?  

Conversation en compagnie de Patrick Haenni, chercheur à l’Institut Universitaire européen de Florence. »

France culture 

Le gouvernement régional du Kurdistan décrète 5 jours fériés à l’occasion du nouvel-an kurde

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) a annoncé cinq jours de vacances pour la célébration annuelle de Newroz (Nouvel an kurde) à partir du 21 mars. Newroz, qui marque l’arrivée du printemps et de la nouvelle année dans la culture kurde, est l’un des célébrations clés dans la région autonome du Kurdistan.

Dans une déclaration mardi, le porte-parole du GRK, Jotiar Adil, a annoncé que les vacances de trois jours à Newroz qui commencent le 21 mars seront prolongées jusqu’au 25 mars dans tous les bureaux du gouvernement.

En 2020, le GRK a publié un calendrier annuel répertoriant tous les jours fériés et les principaux événements officiels célébrés dans la région.

Tout en félicitant le peuple kurde pour la nouvelle année, Adil a exhorté les habitants de la région à suivre les directives sanitaires pour se protéger du COVID-19.

Les habitants de la région du Kurdistan célèbrent généralement Newroz en allumant des feux, en pique-niquant en famille, en dansant et en profitant de la verdure et de la nature qui marquent le début du printemps.

L’année dernière, en raison des mesures contre les coronavirus et du confinement dans la région, les gens ont été forcés de rester chez eux.

Selon les dernières données publiées mardi par le ministère de la Santé du GRK, 353 nouveaux cas de COVID-19 ont été enregistrés dans la région du Kurdistan et six autres personnes sont décédées du coronavirus.

Kurdistan24

Khaled Issa : L’opinion publique française soutient notre projet démocratique

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SYRIE / ROJAVA – Le représentant du Rojava en France, Khaled Issa a déclaré que l’opinion publique française soutenait le projet démocratique initié par les Kurdes en Syrie, et a ajouté : « Nous avons des alliés stratégiques dans l’administration française et ils savent que la Turquie soutient les organisations terroristes en Syrie. »
 
Lundi, le Conseil militaire syrien a reçu le représentant en France de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, Khaled Issa, et la vice-présidente du Département des relations extérieures pour la Syrie du Nord et de l’Est, Abeer Elia, à Tal Tamr, dans le canton d’Hasakah.
 
La visite du représentant de l’Administration autonome en France s’inscrit dans le cadre des efforts diplomatiques de l’Administration autonome, visant à transmettre à l’opinion publique internationale la réalité de la région qui subit les attaques turques.
 
Au cours de la visite, l’agence de presse ANHA s’est entretenue avec Khaled Issa, qui a indiqué au début de son discours qu’il était nécessaire de transmettre à l’Etat français et au reste de l’Europe la réalité de la région et des situations qu’elle traverse du fait des attaques menées par la Turquie et ses gangs islamistes.
 
Issa a souligné la position du gouvernement français sur les attaques de l’occupation turque et de ses mercenaires contre le nord et l’est de la Syrie, en disant : « L’État français est le premier pays qui a soutenu la résistance de nos enfants à Kobanê contre les mercenaires de DAECH / ISIS, et la position française, jusqu’à présent, est une position avancée, car la France sait que l’État turc occupant soutient les organisations terroriste dans la région. »
 
« La France soutient notre projet et nos forces »
 
« Il faut se rappeler la position française lors de l’occupation d’Afrin par l’État turc. Le représentant de l’État français aux Nations unies et au Conseil de sécurité a présenté un projet de résolution contre l’État turc et ses mercenaires, mais le rapport de force international au sein du Conseil de sécurité a empêché la transformation du projet en une résolution générale », a déclaré Issa.
 
Il a ajouté : « Dans d’autres dossiers, la France est en avance, notamment pour l’ouverture du passage de Tel Koçer, mais certains pays ont menacé d’utiliser le droit de veto au Conseil de sécurité. La France est notre partenaire au sein de la coalition internationale anti-EI. »
 
Dans le cadre de son discours, Issa a exprimé sa fierté pour les forces militaires qui ont pu protéger la région et la libérer du terrorisme, et qui défendent la région et ses habitants.
 
Montrer la réalité de la région à l’opinion publique mondiale
 
Le représentant de l’administration autonome en France, Khaled Issa a ajouté : « Nous documentons les crimes de la Turquie dans la région, et nous les transmettons non seulement aux responsables français, mais aussi à l’opinion publique et aux médias français. Le Conseil militaire syriaque aura un rôle prépondérant dans la libération de la région de l’occupation. »
 
Khaled Issa a parlé de la ville de Tal Tamr en particulier, en disant : « Tal Tamr a une particularité stratégique, et une autre particularité dans la diversité de ses composantes et leur coexistence. »
 
Au cours de son discours, il a salué le rôle du Conseil militaire syriaque dans la défense de la région et de ses peuples, « Nous sommes pleinement confiants que les forces du Conseil militaire syriaque seront parmi les premières forces qui joueront un rôle de premier plan dans la libération de la région de l’occupation turque et de ses mercenaires. »
 

Quand les intérêts géopolitiques servent d’excuse pour regarder les régimes oppressifs commettent des crimes contre l’humanité

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A l’occasion du 33e anniversaire du massacre de 5000 Kurdes à Halabja commis par le tyran irakien Saddam Hussein, Sara Omar, écrivaine et survivante de la campagne al-Anfal, rend hommage aux victimes et demande à la communauté internationale de ne pas être complice des crimes contre l’humanité commis par des régimes oppressifs en ne réagissant pas dans le but de protéger ses intérêts géopolitiques.
 

Voici l’hommage de Sara aux victimes du massacre d’Halabja:

« Je n’oublierai jamais comment nous avons roulé dans la ville, à travers une mer de morts, craignant de trouver nos proches parmi les morts.
 
Pour le peuple kurde, le 16 mars est un jour de tristesse. C’est un jour où nous nous souvenons des milliers de personnes qui ont perdu la vie lors de l’attaque chimique d’Halabja. Un jour où un régime sombre a attaqué des civils [à cause de leur identité].
 
Cette attaque nous a rappelé que le peuple kurde est vulnérable ; vulnérable parce que les pays qui ont colonisé le Kurdistan traitent le peuple kurde comme des citoyens de seconde zone et craignent les parties de la culture kurde qui n’ont pas encore été manipulées et polluées par les puissances coloniales. Vulnérable parce que le monde a regardé, sans intervenir, le peuple kurde être victime d’un génocide qui a tué des milliers de personnes.
 
Des milliers de personnes souffrent encore des effets psychologiques et physiques du génocide. Il y a encore beaucoup de personnes qui voient le fantôme de leurs proches, il y a encore des femmes qui donnent naissance à des enfants malformés ou qui ont perdu la capacité d’accoucher, et la peur que cela puisse se reproduire existe toujours chez tous les Kurdes.
 
Il est important que les peuples du monde, y compris ceux qui n’ont rien à voir avec cet horrible génocide, se souviennent de ce jour, allument une bougie in memoriam, et qu’ils se rappellent que les intérêts géopolitiques ne devraient jamais être une excuse pour ne pas intervenir lorsque des régimes oppressifs commettent des crimes contre l’humanité.
 
Mes pensées vont aujourd’hui à tous ceux qui ont été, et sont encore, affectés par cette horrible attaque.
En mémoire des victimes, qu’elles reposent en paix. »
 
Sara Omar

*Le génocide kurde, aussi connu sous le nom d’Anfal, a eu lieu de février à septembre 1988. Plus de 180 000 Kurdes ont été tués lors de la campagne Al-Anfal menée par Ali Hassan al-Majid, sur ordre du président Saddam Hussein, contre le Kurdistan irakien, à la fin de la guerre Iran-Irak.

Le nom de la campagne porte le nom du chapitre 8 du Coran (al-ʾanfāl), qui a été utilisé comme nom de code par l’ancien gouvernement baasiste irakien pour les attaques systématiques contre les combattants kurdes entre 1986 et 1989. La Suède, la Norvège, la Corée du Sud et le Royaume-Uni reconnaissent officiellement la campagne Anfal comme un génocide.

Halabja, le génocide kurde qui sentait la pomme

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Il y a 33 ans, la ville kurde d’Halabja, au Kurdistan du Sud, fût bombardée à l’arme chimique sur ordre de Saddam Hussein, faisant plus de 5.000 morts, dont de nombreux enfants qui sortaient de chez eux au cri de « Ça sent la pomme » (odeur du gaz chimique)…
 
La mémoire du peuple kurde est remplie d’images de morts et de massacres commis à son encontre par les occupants du Kurdistan et l’une de ces images profondément ancrées dans l’esprit d’Halabja, Shengal, Afrin, Sere Kaniyê est celle d’un nourrisson tué avec son père dans une rue d’Halabja et celle de la petite Diana d’Afrin, dont le corps a été pris pour cible par les frappes aériennes. Tous ces massacres montrent au monde que les occupants du Kurdistan ont la même mentalité génocidaire visant la destruction du peuple kurde.
 
En mars 1988, les Kurdes d’Irak furent massacrés en masse, Le plus important étant celui d’Halabja commis par le régime baathiste irakien entre 16 et 19 mars 1988.
 
Le massacre d’Halabja, un génocide silencieux qui a montré l’étendue de la haine contre le peuple kurde
 
Ces jours marquent le 33e anniversaire du massacre de Halabja, perpétré le 16 mars 1988 par le régime baathiste sous le dictateur Saddam Hussein, qui a bombardé la ville avec des armes chimiques, tuant plus de 5 500 Kurdes, en majorité des femmes et des enfants.
 
La ville d’Halabja était sous la protection des forces de Peshmerga de l’Union patriotique du Kurdistan et des habitants de la ville contre le règne de l’occupation baathiste du Kurdistan en mars 1988 et à l’approche de la guerre Iran-Irak à partir de la fin du conflit. À cette époque, le régime baathiste, dirigé par Saddam Hussein, a bombardé la ville de roquettes et d’artillerie sous la supervision d’Ali Hassan al Majid (surnommé Ali le chimique), le 15 mars 1988 et les forces de Peshmerga se sont retirées dans les montagnes, où les femmes et les enfants sont restés dans la ville.
 
Le 16 mars 1988, le régime baathiste jeta des gaz chimiques des avions de combat dans la ville, qui abritait plus de 40 000 civils, pour commettre le massacre le plus flagrant de l’histoire de l’humanité, qui s’est déroulé à l’aide de gaz toxiques. L’attaque a tué plus de 5 000 et 500 civils kurdes dans cette ville et contraint des dizaines de milliers de personnes à être déplacées de force dans des camps situés de l’autre côté de la frontière avec l’Iran.
 
La nouvelle du massacre s’est répandue aussi vite que ces armes avaient volé la vie de milliers de personnes en quelques heures ou moins, pour entrer dans la ville dans un calme terrible et paralysant devant le génocide silencieux qui a tué des milliers d’enfants, femmes et hommes sans sang ou blessures.
 
Tous ont été tués sur place, dans les rues de la ville et dans des hameaux remplis de martyrs, sur les routes, devant des maisons et à l’intérieur, dans des écoles, des mosquées et des marchés, les corps gisant sans une goutte de sang ni blessure, et peut-être que la plupart des images qui sont restées dans la mémoire du monde en général et du peuple kurde en particulier sont celles d’Omar Hawar embrassant son nouveau-né et de la famille qui a perdu la vie ensemble.
 
Vingt ans plus tard, le général Ali Hassan al-Majid a été pendu en 2010 pour avoir ordonné les attaques au gaz toxique. Il a été condamné à quatre condamnations à mort mais a insisté sur le fait qu’il a agi dans l’intérêt de la sécurité irakienne et qu’il n’exprimait aucun remords.
 
En 2012, le gouvernement irakien a remis aux autorités d’Halabja la corde utilisée pour sa pendaison.
 
Saddam Hussein lui-même est pendu en 2006, trois ans après l’invasion de l’Irak par les États-Unis.

A quand la justice pour les survivants d’Halabja ?

En mars 2018, 5.500 proches de victimes ont assigné en justice 25 entreprises européennes et des Irakiens accusés d’avoir aidé Saddam Hussein à développer son stock d’armes chimiques.

En attendant les audiences contre les 25 entreprises européennes et des Irakiens complices du génocide d’Halabja qui commencent en juin 2021, 142 enfants kurdes envoyés en Iran à l’époque du génocide pour être protégés ne sont jamais revenus chez eux 33 ans après leur départ et 486 grands malades de l’attaque chimique d’Halabja ne sont pas pris en charge ni par les autorités irakiennes ni par les autorités kurdes malgré les promesses…

Les survivants d’Halabja demande également que l’ONU et les institutions internationales qualifient officiellement le massacre des Kurdes lors de la campagne d’Anfal* de génocide contre l’humanité.

*Le génocide kurde, aussi connu sous le nom d’Anfal, a eu lieu de février à septembre 1988. Plus de 180 000 Kurdes ont été tués lors de la campagne Al-Anfal menée par Ali Hassan al-Majid, sur ordre du président Saddam Hussein, contre le Kurdistan irakien, à la fin de la guerre Iran-Irak.

Le nom de la campagne porte le nom du chapitre 8 du Coran (al-ʾanfāl), qui a été utilisé comme nom de code par l’ancien gouvernement baasiste irakien pour les attaques systématiques contre les combattants kurdes entre 1986 et 1989. La Suède, la Norvège, la Corée du Sud et le Royaume-Uni reconnaissent officiellement la campagne Anfal comme un génocide.