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PEN KURDE: La Turquie cherche à détruire l’existence et le statut des Kurdes

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PEN-KURDE appelle la communauté internationale et les autorités compétentes à mettre fin aux attaques brutales de l’État turc visant le peuple kurde, après l’attaque au drone qui a visé le poète Ferhad Merdê près de Qamishlo.
 
Le Conseil exécutif central du PEN-KURDE a publié un communiqué concernant l’attaque de drones turcs de vendredi au Rojava. L’attaque contre une voiture à Tirbespiyê a tué Dirar Cuma Hemze, un membre des forces de sécurité de l’administration autonome, et a blessé deux autres personnes. L’un des blessés est le célèbre poète Ferhad Merdê.
 
Le communiqué a souligné que l’objectif de la Turquie était de détruire l’existence et le statut des Kurdes, en disant : « Nous pensons que Ferhad Merdê a été ciblé non par coïncidence, mais délibérément. »
 
Soulignant que la politique d’ignorer les Kurdes échouera, PEN Kurde a appelé la communauté internationale et les autorités compétentes à mettre fin à ces attaques brutales de l’État turc.
 

« La France ne doit pas la laisser la question kurde à la merci du Quai d’Orsay qui marchande avec la Turquie sur le dos des Kurdes »

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Le 21 mars dernier, le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) organisait un diner de Newroz réunissant une centaine de personnes, dont de nombreux élus, parlementaires français et des personnalités de la société civile, autour d’un diner du Newroz (Nouvel-an kurde) à l’hôtel Lutetia, à Paris.
 
Lors de ce diner considéré comme une tentative de lobbying kurde en France où ont trouvé refuge les militants kurdes depuis les années 1980, Agit Polat, porte-parole du CDK-F, a demandé à la France « d’élaborer une politique kurde inclusive et adaptée et de ne pas laisser la question kurde à la merci du Quai d’Orsay qui marchande avec la Turquie sur le dos des Kurdes. »
 
Voici le discours complet d’Agit Polat:
 
« Monsieur le Vice-président du Sénat,
 
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
 
Mesdames et Messieurs les Maires et élus,
 
Messieurs les représentants des cultes,
 
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,
 
Mesdames et Messieurs,
 
Quel honneur, quelle fierté pour nous, le Conseil démocratique kurde en France, de vous accueillir ici, en ce jour du 21 mars, à cette réception du Newroz qui symbolise le nouvel an kurde, l’arrivée du printemps et le début d’un monde nouveau.
 
Profondément enraciné dans les rituels et les traditions du Zoroastrisme, le Newroz est célébré le 21 mars depuis plus de 2600 ans. C’est aujourd’hui l’une des principales fêtes traditionnelles dans de nombreux pays et régions du Moyen-Orient et d’Asie centrale.
 
D’après les traditions, le Newroz symbolise aussi et surtout la libération des peuples opprimés. Après plus de 2600 ans, aujourd’hui encore, le Newroz est perçu comme un moyen de résistance pour tisser la liberté.
 
Depuis le début du XXème siècle qui a vu la division du Kurdistan entre quatre États, division qui a commencé avec les accords Sykes-Picot pour s’achever avec le traité de Lausanne, la fête du Newroz a pris une signification bien plus politique qu’auparavant. Symbole le plus visible de la culture et de l’identité kurde, le Newroz a été interdit par trois des quatre Etats qui occupent le Kurdistan.
 
Ainsi, a-t-il été interdit pendant de très longues années en Turquie. Au fil du temps, le Newroz est devenu une manifestation de la résistance kurde.
Depuis des millénaires, cet événement qui marque l’arrivée du Printemps et le passage à la nouvelle année, symbolise aussi la détermination et la lutte pour la liberté.
 
La liberté ; chose que les Kurdes n’ont jamais cessé de revendiquer et pour laquelle ils ont toujours lutté. Ce peuple qui était en voie de disparition a su renaître de ses cendres. Hélas, cette renaissance ne signifie guère une liberté. Mais elle incarne au minimum un éveil des consciences. C’est cet éveil qui permet au peuple kurde de tracer la voie qui le mènera vers sa liberté.
 
Au cours de l’histoire proche, c’est justement le défaut de cette conscience qui a poussé certains Kurdes à commettre des erreurs graves, impensables et irréparables à l’encontre des Arméniens et des Assyro-Chaldéens, peuples frères avec lesquels les Kurdes ont vécu en harmonie pendant des millénaires sur ces terres ancestrales.
 
Ce sont ces mêmes kurdes qui, entre 1916 et 1923, ont développé multiples manoeuvres aux côtés des Turcs, contre les intérêts des Peuples de la région.
Malheureusement, de nos jours, cette tradition de soumission au pouvoir turc se poursuit chez certains kurdes, au mépris de l’honneur, de la dignité et des valeurs de la culture kurde.
 
Deux lignes essentielles se sont toujours opposées chez les Kurdes, l’une incarnant indéniablement la résistance, et l’autre, la triste et laide soumission.
 
C’est ainsi que durant ce dernier siècle, 28 soulèvements ont été réprimés de manière sanglante par le pouvoir turc.
 
C’est lors du massacre de Zilan, en 1930, que l’armée turque a complètement détruit plus de 500 villages des régions de Van et d’Agri, dans l’est de la Turquie. C’est lors de ce massacre que plusieurs milliers de Kurdes ont été tués de la façon la plus horrible, la plus barbare que l’on puisse imaginer. C’est lors de ce massacre que plusieurs milliers de femmes ont reçu les baïonnettes de l’armée de Mustafa Kemal dans leurs ventres, afin que même les enfants kurdes non nés, ne puissent pas voir le jour.
 
C’est ainsi que des centaines de milliers de kurdes ont été massacrés, torturés, emprisonnés et cruellement réprimés. C’est pendant ces massacres, en 1937, que le sang a coulé dans le fleuve du Munzur, à Dersim, pendant des semaines et des semaines. Ce sang était celui des dizaines de milliers de Kurdes alévis massacrés par la Turquie de Mustafa Kemal Ataturk.
 
La liste des massacres kurdes est longue, très longue. Elle dépasse pleinement les frontières turques. Elle s’étend à l’Irak sous Saddam Hussein, au régime Baathiste en Syrie et au régime des mollahs en Iran.
 
Des centaines de milliers de Kurdes ont été tués par la Turquie dite moderne et laïque, de Mustafa Kemal. A quel prix ? Celui de la dignité, de l’honneur et de la liberté. Ils ont tous été étiquetés de terroristes. La supposée protection de l’intégrité territoriale et l’utilisation de l’étiquette terroriste contre les Kurdes ont toujours été des arguments valables aux yeux du monde, pour garder le silence face aux occupations et aux massacres commis par la Turquie.
 
Aujourd’hui, le PKK incarne le 29e soulèvement, la plus grande et plus longue résistance de l’histoire kurde, soutenue par des millions de personnes. Pourquoi autant de soutien ? Tout simplement parce que c’est grâce à cette dernière résistance que nous avons pu parler notre langue, vivre notre culture, éveiller notre conscience, être représenté en tant que peuple libre… Les Kurdes ont gouté à la liberté… Ils sont maintenant assoiffés de cette liberté que la Turquie d’Erdogan, tout comme celle d’Ataturk autrefois, voudrait confisquer.
 
C’est au cours de ce long chemin de lutte pour préserver leur existence que les Kurdes ont de nouveau été tués, emprisonnés et poussés à l’exil. La diaspora kurde se compte par millions, avec plus de 2,5 millions vivant en Europe, dont plus de 300 000 en France.
 
C’est à partir des années 1980 que les Kurdes ont commencé à s’installer dans ce pays d’accueil qu’est la France. Deux générations de français d’origine kurde ont ouvert les yeux dans ce pays qui est dorénavant le notre. Loin d’une érosion culturelle, comme certains le prétendent, nous percevons cela comme une richesse culturelle. Nous, le Conseil démocratique kurde en France, encourageons cette intégration des Kurdes à la société française. C’est seulement ainsi que nous pourrons nous sentir pleinement français et kurdes à la fois.
 
La structuration des milieux associatifs kurdes en France a été un levier essentiel pour répondre à un besoin culturel, celui de préserver et promouvoir le patrimoine culturel kurde. Nos associations jouent toutes un rôle crucial de rempart contre toutes les formes d’extrémisme, de fanatisme, de communautarisme et de nationalisme.
 
C’est à travers les associations du mouvement des femmes kurdes, des associations de la jeunesse, des instituts de recherches, des associations culturelles et cultuelles, que nous nous efforçons de transmettre des repères, et soutenir cette communauté qui a tant souffert.
 
Il en est de même pour le monde du travail. En France, les Kurdes sont aussi connus pour leur contribution au monde du travail. Principalement investis dans les secteurs du bâtiment et de la gastronomie, les centaines de milliers de salariés et d’entrepreneurs franco-kurde représentent plusieurs milliards d’euros de contributions dans le PIB de la France.
 
Loin d’être des chômeurs, les Kurdes de France contribuent pleinement à la vie active dans leur pays d’accueil ou d’adoption.
 
J’en profite pour saluer le travail remarquable réalisé par l’Union des entrepreneurs kurdes de France, cette association qui soutient activement les salariés et les entrepreneurs franco-kurdes. `
 
C’est à travers cette institutionnalisation que la présence des franco-kurdes dans la société française contribue aux valeurs de la République.
 
Il est important de comprendre que les Kurdes ne sont plus les anciens kurdes, le PKK n’est plus l’ancien PKK marxiste-léniniste, le Moyen-Orient n’est plus l’ancien Moyen-Orient et les équilibres politiques et géostratégiques ne sont plus les mêmes. Le monde change, les acteurs politiques, militaires et géostratégiques changent avec. La résistance accrue que les Kurdes ont affichée contre Daesh prouve largement ce changement.
 
Les Kurdes sont aujourd’hui des acteurs incontournables de l’échiquier politique et géostratégique. Il est dorénavant impossible de nier leur existence et de ne pas voir ce problème qui est la non-résolution de la question kurde.
 
La résolution de la question kurde par des moyens politiques est un enjeu important à atteindre. Pour ce faire, les alliés et les soutiens des Kurdes doivent également passer à l’action. Faire le nécessaire et se mobiliser pour trouver une solution politique à cette question. La France, quant à elle, doit impérativement s’imposer, user de son influence pour être le garant et le bâtisseur d’un nouveau processus de paix entre les Kurdes et les Turcs.
 
Rappelons-nous des pourparlers qui ont eu lieu de 2013 à 2015 entre la Turquie et le PKK. Il est important de savoir que ce processus de paix a commencé à Genève et s’est poursuivi à Oslo, avant de déboucher sur des négociations directes entre les deux parties. De toute l’histoire de la République turque, ces deux années représentent le seul moment de paix véritable, tant pour les Kurdes que pour la Turquie. Au cours de ces deux années, aucun jeune turc ou kurde n’a été tué dans cette guerre qui use les deux côtés.
 
Ces kurdes porteurs de projets démocratiques, écologiques et laïques, basés sur la liberté des femmes et le vivre ensemble, ont le mérite d’être soutenus par les intellectuels, les politiques et la société civile française.
 
J’appelle ici, solennellement, les intellectuels français à jouer un rôle déterminant dans la résolution historiquement sensible de la question kurde.
 
Notons par ailleurs que la démocratisation de la Turquie et impossible sans la résolution de la question kurde.
 
Une Turquie anti-démocratique, en l’occurrence celle d’aujourd’hui, représente un danger, non seulement pour la stabilité du Moyen-Orient, mais aussi pour celle de l’Europe. Nous avons tous été témoins de l’expansionnisme panturquiste et neo-otoman de la Turquie à Chypre, en Syrie, en Irak, en Libye, dans le Haut-Karabagh, et de ses manifestations agressives en Méditerranée.
 
Que doit-il se passer encore pour que l’État Français et ses diplomates comprennent que la Turquie concurrence la France sur tous les terrains, dans tous les domaines ?
 
L’invasion des nombreux pays précités par la Turquie, ou bien celle de l’Ukraine par la Russie, nous montre encore une fois à quel point la guerre est proche de l’Europe.
 
La sécurité de l’Europe passe peut-être par la Turquie, mais elle ne passe absolument pas par le régime turc. En revanche, il est incontestable que cette sécurité passe par les Kurdes. Nous avons tous été témoins du rôle joué par les Kurdes dans l’éradication de Daesh, ou bien dans la défense des minorités yézidies et chrétiennes d’orient.
 
Encore une fois, je me dois de souligner la nécessité de la résolution de la question kurde, pour préserver la sécurité, l’avenir et les intérêts stratégiques de l’Europe. Car seule la démocratisation de la Turquie peut freiner les ambitions islamo-fascistes du régime turc, inspirées par la doctrine neo-ottomaniste.
 
Disons le clairement : sans le PKK et le leader kurde Abdullah Öcalan, la résolution de la question kurde est impossible. La criminalisation de ce mouvement soutenu par des millions de kurdes est tout simplement inadmissible.
 

N’oublions surtout pas que c’est cette criminalisation qui a causé la mort de trois femmes kurdes, assassinées par les Services de renseignements turcs au coeur de Paris le 9 janvier 2013.
 
C’est pourquoi, nous lançons un appel à la France, depuis le Lutetia, cet hôtel réquisitionné par le Général de Gaule pour accueillir les déportés à leur retour des camps de concentration nazis : nous l’appelons à l’empathie envers ces Kurdes qui sont traités de terroristes, tout comme les résistants français l’étaient autrefois, avant que la France ne soit libérée de l’occupation nazie et que les rescapés ne soient accueillis dans cet hôtel.
 
Nous demandons incessamment à la France d’élaborer une politique kurde inclusive et adaptée et de ne pas laisser la question kurde à la merci du Quai d’Orsay qui marchande avec la Turquie sur le dos des Kurdes.
 
« Si vous voulez que vos rêves se réalisent, ne dormez pas. » C’est par ce dicton juif que je tiens à conclure mon discours, tout en précisant que nous venons de très loin et que nous poursuivrons sans dormir cette longue route vers la liberté.
 
En espérant que ce Newroz soit celui qui changera l’approche de la France quant à la résolution de cette question historique.
 
Merci »

PARIS. Expo-photo: L’Ombre du Kurdistan. Une recherche photographique d’une identité culturelle

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PARIS – Le photographe kurde, Murat Yazar expose à l’Institut kurde de Paris des photos prises au Kurdistan, en déjouant les frontières colonialistes qui défigurent la géographie kurde.
 
L’exposition de Murat Yazar a été inaugurée ce samedi, en présence du photographe, à l’Institut kurde de Paris.
 
Un public composé de Kurdes et de Français a pu admirer les vingtaines de photographies d’enfants, de mariés, de paysans ou des célébrations du Newroz prises au Kurdistan, toutes en noir et blanc.
 
En plus de l’exposition, le public peut acheter le livre photo de Murat Yazar: « Shadow of Kurdistan: A photographic research of a cultural identity » (L’Ombre du Kurdistan: Une recherche photographique d’une identité culturelle). Prix 35 euros.
 
Exposition gratuite à voir du 2 au 15 avril, du lundi au samedi, de 14 heures à 18 heures.

Adresse:
Institut kurde de Paris
106, rue La Fayette, F-75010 Paris
M° Poissonnière – Gare du Nord – Gare de l’Est

 

Quelques photos de l’expo de Murat Yazar:
 
 
 
Livre-photo: Shadow of Kurdistan – A photographic research of a cultural identity

Traduire en image les histoires du peuple kurde
 
Murat Yazar écrit en préface de son livre « Shadow of Kurdistan: A photographic research of a cultural identity »:
 
« Nous sommes tous nés quelque part. La nature qui nous entoure est le premier élément à nous façonner avec toutes les caractéristiques uniques d’un environnement particulier. Ensuite, nous donnons des noms à ces caractéristiques et des significations à cet environnement – noms qui viennent de nous-mêmes et font partie de notre culture. Ce projet est le reflet de ma propre vie, un moyen pour moi de découvrir ma culture en me tournant vers moi-même et mon identité. J’ai cherché à traduire en images les histoires du peuple kurde. Parfois il a été difficile de voir et de documenter la vie des gens dans ma région d’origine parce que la situation politique et la guerre civile qui fait rage les enfermaient dans le silence. Les gens avaient peur de partager leurs idées et leur identité et il m’a fallu du temps pour entrer dans leur vie. Mais quand j’y suis parvenu, cela a été vraiment gratifiant de rencontrer mon peuple et de le comprendre. Alors que les murs entre nous tombaient, j’ai réalisé à quel point j’étais proche – et pourtant, toujours aussi loin – de ma culture et des personnes qui la composent.
 
Je suis né dans un petit village près du fleuve Euphrate. La première langue que j’ai parlée était le kurde. J’ai appris à nommer les choses qui m’entourent dans ma langue maternelle jusqu’à ce que j’aille à l’école. Le tout premier jour d’école, il y avait un homme dans la classe qui parlait une langue que je ne comprenais pas. Un camarade de classe m’a chuchoté que cet homme était notre professeur et qu’il nous disait que la langue kurde était interdite à l’école. A partir de ce moment-là, nous n’étions autorisés à parler qu’une seule langue, le turc. Ma vie a donc été divisée en deux langues. A l’école, j’essayais d’apprendre le turc pour pouvoir recevoir une instruction et en dehors, je parlais kurde avec ma famille et ma communauté. Le temps a passé, le turc est devenu ma langue principale et j’ai même oublié une partie de ma langue maternelle.
 
Au fur et à mesure des années, je constatais avec tristesse que la culture et la vie quotidienne des Kurdes étaient affectées par l’assimilation turque et la guerre civile. Pour certains Kurdes, l’assimilation était si profondément ancrée en eux qu’ils avaient même honte de parler le kurde. Je me souviens de certaines familles qui ne parlaient avec leurs enfants qu’en turc parce qu’elles craignaient que leurs enfants puissent avoir des problèmes avec les autorités turques. Ils craignaient que leurs enfants ne soient exclus de la société s’ils parlaient leur langue maternelle. À l’époque, tel était l’objectif de la Turquie: que les Kurdes aient honte de parler leur langue maternelle.
 
Pour moi, la photographie a été la clé pour découvrir mon identité, ma culture et la rendre visible. Mon projet porte sur l’ensemble du Kurdistan, divisé en quatre parties par les accords Sykes-Picot en 1916. Aujourd’hui, près de 35 millions de Kurdes vivent séparés le long des frontières de la Turquie, de l’Irak, de l’Iran et de la Syrie. Je voulais documenter la vie de mon peuple dans ces quatre pays et rassembler mes images dans un seul livre, sans frontières. Dans ce livre, j’ai essayé de montrer ma culture sous toutes ses couleurs. J’ai donc traversé les frontières qui divisent le Kurdistan. Je suis allé dans ses villes et ses villages: mon appareil photo était ma toile et mon pinceau, ma culture, les couleurs et les prises de vues la composition. Les gens rencontrés sur mon chemin étaient les conteurs de cette fresque.
 
La vie quotidienne dans les villes et les villages, le long des routes et sur le flanc des montagnes, lors de mariages, de funérailles, de manifestations populaires, un peuple avec toute son histoire et ses traditions, parfois emporté par la guerre, font partie de mon récit photographique. Dans de nombreuses régions du Kurdistan, il nous est toujours interdit de vivre selon nos traditions et d’étudier notre langue. C’est pourquoi j’appelle mon projet « Les Ombres du Kurdistan ». Nous vivons encore sur nos terres comme des ombres. Il y a une région du Kurdistan où je n’ai pu me rendre: le Rojava, en Syrie. À cause de la guerre, il m’a été impossible de traverser la frontière pour rencontrer mon peuple. Je n’ai que des images des Kurdes fuyant les violences à la frontière turco-syrienne. L’absence du chapitre Rojava laisse mon projet incomplet. J’attends et espère qu’un jour la paix viendra dans ce territoire ; je pourrai ainsi terminer mon récit. »
 
Qui est Murat Yazar ?
 
Murat Yazar (né en 1978) est un photographe kurde basé à Rome. Murat est originaire de la province kurde d’Urfa, dans l’est de la Turquie. Il a commencé ses projets photo au Kurdistan, au Moyen-Orient, en Arménie, en Géorgie, en Iran et en Europe. Yazar a traversé l’Anatolie et la Géorgie à pied sur 1200 km dans le cadre du projet Out of Eden Walk – National Geographic. La photographie de Murat Yazar pose la question de savoir si les frontières et les limites sont la marque de notre humanité. (Pour plus d’info, aller sur le site de Murat Yazar)
 
Les expositions de Murat Yazar comprennent :
 
Ombres du Kurdistan, Festival du film Corto Dorico, Italie, Festival du film de Babel, Italie, Festival Zoom Photo Saguenay, Canada, Institut kurde de Paris, France
 
Les Réfugiés et Balade en Anatolie, Festival BarrObjektif, France, Centre Cívic Can Basté, Espagne
 
Les photos d’Yazar ont été publiées notamment par :
 
National Geographic Magazine, Now Magazine, The Times, IZ Magazine, Le Courrier, The New York Times, Artribune magazine, Travel Globe Magazine
 
Subventions et Prix reçus par Yazar:
 
« Shadows of Kurdistan » Institut italien pour le Moyen-Orient et l’Extrême-Orient (ISMEO) et l’Institut kurde de Rome
 
MonoVisions Black & White Photography en 2019
 
Sélectionné pour Sony World Photography en 2020
 
Le Grand Prix de Banff Mountain Photo Essay en 2020
 
Prix de la Photographie, Paris, Prix ​​d’Argent en Livre/Documentaire
 
Siena International Photo Award 2020 / Prix ​​Mention honorable
 
Lauréat des prix de la photographie noir et blanc MonoVisions 2019
 
Livre photo publié :
 
Shadows of Kurdistan. A photographic research of a cultural identity

Construire des ponts avec les médias mondiaux: Leçons d’un centre d’information syrien

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SYRIE / ROJAVA – Matt Broomfield, ancien membre du Rojava Information Center, a écrit un article sur les difficultés de construire un centre d’information indépendant centré sur la situation au Rojava et capable de défier les récits dominants dans les médias mondiaux.

 

« Lorsque mes collègues et moi avons fondé le Rojava Information Center (RIC) en décembre 2018, Donald Trump venait d’annoncer le retrait avorté des États-Unis de la région autonome du nord et de l’est de la Syrie (NES) dirigée par les Kurdes, et un nouvel assaut turc contre la région semblait imminente. Mais un manque de financement, de statut, de professionnalisme, de contacts, d’objectivité et de légitimité se dressait entre NES et une audition équitable dans la presse occidentale.

Nous pensions qu’il y avait à la fois une soif en Occident d’informations claires et objectives sur le NES, et un impératif moral de connecter directement la presse et les chercheurs occidentaux avec des sources sur le terrain dans les régions autonomes. »
Matt Broomfield, ancien reporter du site d’information Rojava Information Center, a écrit un article sur les difficultés de construire un centre d’information indépendant centré sur la situation au Rojava / Syrie du Nord et de l’Est et capable de défier les récits dominants.

Le NES est mieux connu sous le nom kurde « Rojava », faisant référence à la région à majorité kurde de Syrie qui a obtenu de facto une autonomie par rapport au régime syrien lors du déclenchement de la révolution syrienne. La région a remporté des éloges internationaux pour sa promotion de la démocratie de direction, de la tolérance intercommunautaire et de l’autonomie et des droits des femmes – notamment dans les images diffusées dans le monde entier de sa force de combat kurde entièrement féminine, les YPJ. Mais il a également subi des assauts successifs de l’État islamique, du régime syrien et du régime autocratique d’Erdogan en Turquie, tuant des milliers de personnes et déplaçant des centaines de milliers d’habitants.

Depuis le « R » dans notre nom, RIC n’a jamais cherché à cacher notre large soutien au projet démocratique souvent appelé la « révolution du Rojava » – ni notre large opposition à la destruction et au chaos provoqués par les invasions et les occupations turques successives de NDA. La Turquie est existentiellement opposée à toute expression de l’autonomie kurde, et plus largement aux valeurs de droits des femmes et de démocratie décentralisée promues dans la NES. En tant que journalistes professionnels et universitaires, nous voulions agir comme un correctif à ce que nous considérions comme un biais médiatique injuste envers la Turquie L’hégémonie médiatique turque, en favorisant un meilleur niveau de discours, de recherche et de reportage sur la crise et le projet politique dans NES.

Ainsi, le modèle RIC a développé une objectivité prioritaire et un accès direct aux sources sur le terrain. Nous pensions qu’il y avait à la fois une soif en Occident d’informations claires et objectives sur le SNE et un impératif moral de connecter directement la presse et les chercheurs occidentaux avec des sources sur le terrain dans les régions autonomes.

Sur ces deux points, une réponse forte de notre public cible nous a donné raison. (Au cours des trois années qui ont suivi sa fondation, RIC a été cité ou soutenu plusieurs milliers d’articles, travaillant avec toutes les plus grandes organisations médiatiques du monde : Al Jazeera, BBC, NYT, Washington Post, Fox News, CNN, NBC, etc., ainsi que l’ONU, Human Rights Watch et Amnesty International.)

Dans cette série en deux parties, je décrirai comment cette double stratégie nous a permis de nouer des partenariats de collaboration fructueux avec la presse internationale, avant d’expliquer comment nous avons collaboré avec des journalistes locaux, des militants et des organisations médiatiques. Ces tactiques ont aidé RIC à lutter contre les défis interdépendants de l’épuisement public, du scepticisme professionnel dans un environnement « post-vérité » et des idées fausses orientalistes sur le conflit syrien. Ils peuvent être utiles aux militants des médias et aux journalistes citoyens opérant dans d’autres zones de crise.

Un gouffre qualitatif dans la couverture médiatique

L’auteur rapporte sur le terrain à Deir-ez-Zor. Source photo : RIC

Pour un exemple de l’approche que RIC a cherché à combattre, nous pouvons examiner un article de fil de l’AFPannonçant la précédente invasion par la Turquie, plus tôt en 2018, de l’enclave syrienne majoritairement kurde d’Afrin – qui fait également partie du NES. L’invasion était en violation flagrante du droit international et condamnée par l’ONU, alors que les avions de guerre turcs et les milices islamistes par procuration de la Turquie chassaient les populations kurdes et yézidies de la région pour les remplacer par un patchwork de milices arabes sunnites en guerre. Pourtant, en l’espace de seulement cinq paragraphes, l’agence de presse française cite l’armée turque, le Premier ministre turc Binali Yildirim et la chaîne de télévision contrôlée par l’État turc Anadolu, tout en faisant référence à l’agression via son nom de code turc officiel (et quelque peu ironique) « Opération Rameau d’Olivier » .

Bien que l’article répète sans critique les affirmations de ses sources turques, il n’y a pas de place pour un seul mot d’un Kurde ou de l’un des représentants militaires ou politiques d’Afrin. Même les articles couvrant les atrocités attestées par l’ONU et commises par les forces soutenues par la Turquie ne citent pas une seule victime, un responsable ou un témoin de la NES, ce qui donne aux responsables turcs l’espace nécessaire pour repousser les allégations tout en privant l’agence de leurs victimes.

Ici, les commentateurs pro-turcs protesteraient sans aucun doute que le projet politique de démocratie directe, kurde et dirigé par des femmes en cours dans la NES a lui-même attiré une bonne couverture médiatique. Mais il y a une différence qualitative entre l’orientalisationd’articles ponctuels jaillissant sur les « héroïnes guerrières kurdes qui combattent l’EI » d’une part, et la répétition cohérente et respectueuse des points de discussion de l’État turc, des lectures de communiqués de presse turcs et des vox- apparaît avec des responsables turcs de l’autre.

Il y a plusieurs raisons à cet écart.

Lorsque nous comparons la Turquie et la NES, nous comparons un acteur étatique et un acteur non étatique ; la deuxième plus grande armée de l’OTAN dans les forces armées turques et une ancienne milice légèrement armée dans les Forces démocratiques syriennes (SDF) du NES ; un vaste appareil médiatique contrôlé par l’État soutenu par une campagne de lobbying de plusieurs millions de dollars et une autorité appauvrie et non reconnue. A titre de comparaison, l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES) dispose d’un budget annuel inférieur à 1% de celui de la Turquie.

Il est très facile pour les journalistes d’appeler un groupe de réflexion ou un porte-parole officiel pro-Turquie, tandis que les porte-parole de NES ne parlent souvent pas anglais et peuvent être lents à répondre aux demandes de la presse. De plus, pendant la guerre d’Afrin, la Turquie a pu contrôler l’accès à l’enclave isolée, ce qui signifie que moins d’une douzaine de journalistes occidentaux ont pu entrer dans la région pour repousser la domination narrative des sources officielles turques. La différence dans la couverture occidentale, par conséquent, est la différence dans les pièces bouffées et l’intérêt voyeuriste d’une part; et la légitimité institutionnelle d’autre part.

L’objectivité comme stratégie média

L’approche objective de RIC face au conflit syrien a été cruciale pour sortir de ce moule. Contrairement à de nombreux éléments des médias pro-AANES ou kurdes, RIC travaille également avec des journalistes et des enquêteurs couvrant les abus et les problèmes humanitaires dans le territoire contrôlé par l’AANES, comme la crise en cours à Hol Camp. Bien que la Turquie soit responsable de la grande majorité de la propagande et des fausses allégations, lors de l’invasion de la NES par la Turquie en 2019, nous avons vérifié les allégations des deux parties, par exemple en démystifiant d’anciennes images diffusées comme montrant de nouveaux abus turcs, ou en appelant à la prudence face aux chiffres gonflés des victimes. émis par la Turquie et le NES.

Bien que RIC couvre principalement des questions telles que les abus turcs dans ses zones d’occupation, l’insurrection de l’Etat islamique dans la NES et la crise humanitaire et l’embargo auxquels la région est confrontée, nous aiderons les journalistes pour toutes les questions sérieuses sur la NES. Le choc des journalistes face à notre empressement à critiquer toutes les parties au conflit syrien ( « Je n’ai jamais rien vu de tel ! » ) en dit long sur la nature de mauvaise foi du débat médiatique sur la Syrie.

Une deuxième différence clé entre le RIC et d’autres observateurs des droits de l’homme dans la région, comme le célèbre Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR), est que nous mettons l’accent sur la connexion directe des journalistes avec les sources primaires, plutôt que sur le modèle typique de rédaction de rapports basés sur des informations provenant de un réseau de contacts anonyme (et, dans le cas du SOHR, apparemment peu fiable). Nos sources sont nommées, joignables et vérifiables – en effet, mon propre rôle au RIC consistait principalement à envoyer un flux infini de contacts WhatsApp à des centaines de contacts dans le monde entier.

Le RIC n’agit pas comme un média éditorial, mais sert plutôt de pont ou de conduit pour connecter les journalistes avec des sources sur le terrain pour mener leurs propres recherches – quel que soit le soutien, la critique ou l’indifférence du journaliste en question vis-à-vis du projet politique de la NES. Cette approche objective et professionnelle a été essentielle pour apaiser les craintes que les journalistes pouvaient avoir sur la légitimité du RIC et pour renforcer rapidement la crédibilité du centre.

En nous concentrant sur l’aide aux journalistes étrangers pour mener à bien leurs missions plutôt que sur la publication de nos propres informations, nous avons bien sûr évité le contrôle éditorial dont jouissent les agences de presse locales – un compromis, mais qui nous a permis d’établir un réseau de contacts beaucoup plus large. alors que nous cherchions à favoriser et à approfondir la qualité de la couverture préexistante.

Reproduction du modèle de presse RIC

Un membre de l’équipe du RIC interroge une femme sur le terrain. Source photo : RIC

Mes collègues et moi avons été en contact avec des militants des médias qui s’efforcent d’attirer l’attention sur des conflits moins connus, comme la crise en cours dans les monts Nouba au Soudan. Au cours de ces conversations, il était parfois difficile de voir comment notre modèle, qui dépend d’un niveau d’intérêt médiatique intense quoique quelque peu égaré, pourrait être reproduit dans le contexte de conflits qui bénéficient d’un peu moins d’attention occidentale.

Néanmoins, nous pensons que notre approche pourrait s’avérer utile pour les militants des médias et les journalistes citoyens qui cherchent à sensibiliser et à améliorer la couverture dans la chaleur blanche d’autres points chauds humanitaires, des droits de l’homme et politiques. Le « journalisme citoyen » et l’activisme sur les réseaux sociaux ont leur place, mais rien ne remplace l’établissement de liens avec la presse internationale. Cela peut être un défi pour les militants ou les journalistes locaux frustrés par l’indifférence internationale à long terme ou les doubles standards avancés sous le couvert de «l’objectivité» occidentale, mais cela reste une nécessité stratégique.

De manière perverse, le déclenchement de la guerre en octobre 2019 a été ressenti comme l’aboutissement des efforts de RIC pour construire une structure capable de défier l’hégémonie médiatique turque. Nous avons pu envoyer un message à des centaines de contacts presse, leur faisant savoir que nous étions disponibles pour les mettre en contact avec des informations, du matériel et, surtout, des équipes au sol et des sources du RIC dans les villes attaquées. RIC a répondu à des centaines de demandes par jour et nos chercheurs sont apparus tous les soirs sur Fox News.

Mais ici, je pense au poème de Bertolt Brecht où il fait la satire de l’indifférence de la population face à la catastrophe : « d’abord, on nous dit 50 000 morts/et le lendemain, il s’avère : 3 700… et pourtant nous ne pouvons même pas/organiser une guerre comme que chaque année. La vision initiale et utopique de la vague de protestations anti-autoritaires connue sous le nom de « printemps arabe » était liée à un récit de l’activisme des médias sociaux comme étant intrinsèquement égalitaire, avec des manifestations décentralisées organisées via les médias sociaux et un activisme en ligne anonyme défiant la centralisation autoritaire. Tous deux ont été noyés dans le sang, alors que les dirigeants autoritaires ont repris le contrôle et que des organisations pan-nationales, de l’ONU à Facebook, se sont alignées derrière le statu quo. »

Cela illustre la nécessité de combiner les reportages de première ligne sur le terrain qui ont caractérisé l’activisme médiatique pendant le printemps arabe avec une stratégie médiatique bien pensée étayée par un engagement à respecter des normes professionnelles d’objectivité, d’exactitude et de clarté. En d’autres termes, les médias de masse ne peuvent pas être court-circuités sur Twitter : il faut s’y engager selon ses propres conditions.

Matt Broomfield est l’un des co-fondateurs du Rojava Information Center, la principale source d’information indépendante sur le terrain dans le nord et l’est de la Syrie. Vous pouvez suivre RIC sur Twitter @RojavaIC et suivre Matt sur @MattBroomfield1.

Article publié en anglais sur le site Center for Media, Data and Society 

CFWIJ: En Turquie, 10 femmes journalistes ont été victimes de violences en mars

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JOURNALISME. La Coalition pour les femmes dans le journalisme (CFWIJ) a annoncé que 10 femmes journalistes avaient été victimes de violences en mars en Turquie.

 
Dans le rapport de mars préparé par la Coalition pour les femmes dans le journalisme (Coalition for Women in Journalism – CFWIJ), il est indiqué que des journalistes ont été harcelées par la justice et que 9 femmes journalistes en Turquie ont comparu devant le juge pour les accusations portées contre elles en raison de leurs activités de journalisme.
 
Le CFWIJ a répertorié les violations ainsi:
 
Lors de la Journée internationale de la femme, la journaliste Izel Sezer a été empêchée de filmer la Marche des femmes par ses collègues masculins et la police. Des reporters masculins et la police ont tenté de l’empêcher de faire des reportages car elle n’avait pas de « carte de presse officielle » fournie par la Direction de la communication en Turquie.
 
Après avoir passé 49 jours en prison, la journaliste kurde Sedef Kabaş s’est vue accorder une ordonnance de libération et a été condamnée à une peine de deux ans et quatre mois de prison avec sursis pour avoir insulté le président Recep Tayyip Erdoğan. La journaliste a été poursuivie pour « insulte au président et à deux ministres de la Turquie ». Elle a été gardée derrière les barreaux pour « risque de fuite » et libérée à la première audience.
 
La journaliste Sultan Eylem Keleş a été condamnée à une peine de prison avec sursis le 10 mars 2022, après qu’un tribunal d’Izmir l’a condamnée par contumace pour « insulte au président ». Ni Keleş ni ses avocats n’étaient présents dans la salle d’audience lorsque le verdict a été prononcé et elle n’a pas non plus eu la possibilité de présenter sa défense.
 
La rédactrice en chef de l’agence féminine kurde Jinnews, Beritan Canözer, est jugée et risque une peine de cinq ans de prison pour « avoir fait de la propagande pour une organisation terroriste » à cause des publications d’un compte Twitter qui ne lui appartient pas. La première audition du journaliste a eu lieu le 31 mars.
 

Poète kurde Ferhad Merdê: Notre volonté ne peut être brisée

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SYRIE / ROJAVA – Hier, un drone de l’armée turque a frappé une voiture près de la localité kurde de Tirbe Spiye, dans l’est de Qamishlo. L’attaque a fait un mort et deux blessés, dont le poète Ferhad Merdê.
 
Ferhad Merdê, qui a échappé à l’attaque du drone turc avec des blessures légères, a déclaré que : « L’occupation turque veut créer le chaos parmi le peuple avec ces attaques, mais elle ne peut pas briser notre volonté. »
 
Farhad Merdê a remercié toutes les personnes qui ont demandé des nouvelles des blessés, disant qu’ils allaient bien. Merdê a également exprimé ses condoléances à la famille de leur ami martyr et a déclaré : « Un ami nommé Dirar qui était avec nous lors de l’attaque est tombé martyr. L’ami était le chauffeur. Un ami d’une bonne famille. Nous allions travailler, mais à la suite de cette attaque, cet ami est tombé en martyr. Je présente mes condoléances à sa famille. »
 
Merdê a déclaré que de telles attaques sont devenues une culture du fascisme turc, ajoutant : « L’occupation turque ne concerne pas seulement l’armée, elle vise tout le monde, elle veut infliger des violences au peuple avec ces attaques. Mais ils ne peuvent pas briser notre volonté. Nous sommes attachés à notre terre et notre volonté ne sera pas brisée. »
 

Eren Keskin: Le silence face à la mort d’enfants kurdes nourrit l’impunité

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TURQUIE / BAKUR – Réagissant au meurtre de l’adolescent kurde Muharrem Aksem, 16 ans, à Urfa, avocate et défenseur des droits humains, Eren Keskin, a déclaré qu’Aksem était mort à cause de la politique d’impunité qui dépasse même la loi martiale en temps de guerre.
 
Muharrem Aksem, un berger de 16 ans, a été retrouvé mort le 23 mars à Micit (Çalışkanlar), dans le district d’Eyyübiye à Urfa, où la police des opérations spéciales effectuait des exercices de tirs.
 
Le rapport d’autopsie préliminaire sur la mort d’Aksem a révélé qu’il avait 12 objets métalliques logés dans son corps, que ces objets tranchants qui ont percé sa poitrine ont provoqué des fractures osseuses, que sa main droite a été arrachée de son poignet et qu’il avait des trous dans diverses parties de ses vêtements.
 
Le HDP a porté devant le Parlement le rapport de la branche Urfa de L’İHD (İnsan Hakları Derneği – Association des Droits de l’Homme) révélant l’enchaînement des négligences criminelles ayant causé la mort d’Aksem. Dans le rapport, on note que la zone, où les tirs d’entraînement ont eu lieu, n’était pas délimitée avec des panneaux de signalisation ou des mesures de sécurité, était un pâturage utilisé par les villageois. il y avait beaucoup de munitions non explosées sur place.
 
Évoquant les nouvelles successives de décès d’enfants au Kurdistan, la coprésidente de l’Association des droits de l’homme (IHD), Eren Keskin, a souligné que les premières victimes de la guerre et des environnements de conflit sont toujours les femmes et les enfants.
 
Keskin a déclaré dans le rapport sur les violations du droit à la vie contre les enfants dans l’environnement du conflit armé compilé par la branche Amed de l’İHD que 228 enfants sont morts entre 2011 et 2021, le mien étant la cause du décès de 39 d’entre eux. Il a évoqué le fait que des explosifs auraient explosé.
 
Malgré le fait qu’aucun des responsables n’ait été poursuivi, Keskin a souligné qu’Aksem était mort à cause de la politique d’impunité systémique. « Nous insistons généralement sur le fait que la loi de la guerre est appliquée, mais même la loi de la guerre a une structure. Même la loi militaire n’est pas appliquée ici ; il y a beaucoup de chaos et d’impunité. Les policiers qui ont renversé Efe Tektekin, 5 ans, avec un véhicule blindé ont été acquittés deux jours plus tôt. »
 
Keskin a souligné que la Turquie a signé la Convention des Nations Unies (ONU) relative aux droits de l’enfant et s’est engagée à préserver le droit à la vie des enfants, mais qu’aucun engagement n’a été respecté.
 
Keskin a noté, se référant à un rapport de la branche d’Urfa de l’IHD sur le sujet, que Muharrem Aksem a presque été transformé en cible de tir, et a ajouté : « S’exercer à des tirs dans l’espace public est de toute façon illégale et c‘est une chose épouvantable de tuer un enfant de cette manière. »
 
Keskin a déclaré que la mort de Muharrem Aksem n’était même pas un reportage sur les chaînes de télévision qui se disent d’opposition et ont réagi à l’insensibilité envers les décès d’enfants.
 
Notant que les supposés partis d’opposition sont restés silencieux sur le sujet, Keskin a déclaré : « Il y a un grand silence dans toute la région contre la mort d’un enfant kurde. C’est la chose la plus triste. C’est ce silence qui alimente cette impunité. »
 
Exprimant que dans une société où il y a tant d’anarchie, il n’est pas nécessaire de débattre si ces meurtres ont été commis consciemment ou inconsciemment, Keskin a en outre noté que ceux qui ont fait cela comprenaient que rien ne leur arriverait du tout, donc ils ont agi avec tant de désinvolture et négligemment.
 
Soulignant que ce qui s’est passé s’est produit car la Turquie n’a pas d’état de droit, Keskin a affirmé que la « loi » de l’État, qui viole non seulement le droit national mais aussi les accords internationaux ratifiés, sert de couverture à tous les crimes contre les droits humains.
 
Rappelant que ces meurtres ne peuvent être évités qu’en prenant position en politique, Keskin a déclaré : « Il s’agit d’un problème politique, et les politiciens devraient s’y opposer fermement. Cependant, on constate que ceux qui s’expriment sont majoritairement le HDP et quelques partis socialistes. Il n’y a pas un seul parti politique qui s’y oppose. C’est une situation à laquelle la politique doit faire face en ce moment. Les politiciens qui prétendent être des opposants devraient mettre la question du meurtre d’enfants à l’ordre du jour. »
 

Retour au Danemark d’une femme kurde et ses jumeaux expulsés illégalement

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Le 29 mars, la vidéo d’une femme kurde menottée violement par des policiers danois en civils avait créé l’indignation sur les réseaux sociaux. La femme femme kurde du Rojhilat détenant la nationalité iranienne, et ses deux enfants ont été expulsés vers la Turquie le 30 mars, après que leur demande d’asile politique a été rejetée par le Danemark.
 
Ghadamkheir Haghanizadeh a été violemment séparée de son mari et de son enfant d’un an après six ans au Danemark et a été emmenée à l’aéroport de Copenhague avec ses jumeaux de 10 ans.
 
Haghanizadeh et ses deux enfants de 10 ans ont d’abord été transportés par avion à Istanbul pour être expulsés vers l’Iran, mais ont été renvoyés au Danemark quelques heures plus tard en raison de sa résistance et de saignements graves causés par l’automutilation.
 
« Plus de six policiers sont arrivés au camp où Ghadamkheir Haghanizadeh et sa famille résidaient à Avnstrup, au Danemark. Ils l’ont séparée de force de son enfant d’un an et l’ont emmenée avec ses fils jumeaux dans un centre de déportation », a déclaré un proche de la demandeuse d’asile qui s’est entretenu avec le Réseau des droits humains du Kurdistan (KHRN).
 
Il a déclaré qu’une vidéo enregistrée par un habitant du camp et publiée sur les réseaux sociaux montrait clairement la violence contre la femme demandeuse d’asile.
 
Il a ajouté : « Aujourd’hui, mercredi 30 mars, Haghanizadeh et ses deux enfants, Yousef et Younes, ont été emmenés à Istanbul par un vol public. Mais pendant le transit, les responsables du gouvernement danois ont été forcés de la renvoyer, elle et ses enfants, au Danemark en raison de la résistance de la femme et des saignements graves causés par l’automutilation, ainsi que des cris de ses enfants et des réactions des passagers. »
 
Haghanizadeh est actuellement détenue par les autorités malgré la détérioration de son état physique, mais ses deux enfants ont été rendus à leur père qui est dans le camp de réfugiés, a déclaré le proche de la famille.
 
Haghanizadeh et sa famille sont des Kurdes Yarsani de Sarpol-e Zahab dans la province de Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran.
 
Ils sont arrivés au Danemark en 2015 après une année d’incertitude en Turquie et ont demandé l’asile politique.
 
Plus de six ans plus tard, malgré la présentation des documents nécessaires et même la fourniture d’un document de l’un des partis d’opposition kurdes, leur demande d’asile a été rejetée.
 
Le gouvernement danois a déclaré que leur expulsion vers l’Iran ne constituerait pas une menace pour eux car Haghanizadeh et ses deux enfants avaient officiellement voyagé d’Iran en Turquie avec des passeports.
 

Les femmes kurdes solidaires de la résistance ukrainienne et les féministes russes opposées à la guerre

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PARIS – Le Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F) a co-signé le message de la commission genre d’Attac écrit en solidarité avec la résistance ukrainienne et les féministes russes opposées à la guerre.
 
En réponse aux féministes russes qui ont appelé les féministes du monde entier à rejoindre les mouvements anti-guerre et à organiser leur propres actions, la commission genre d’Attac a pris l’initiative d’envoyer ce message de solidarité aux organisations féministes et syndicales et de le soumettre à leur signature.
 
Message de la commission genre d’Attac:
 
« Solidarité avec la résistance ukrainienne et les féministes russes opposées à la guerre
 
Dans un manifeste publié dès le 27 février 2022, des féministes russes participant aux manifestations anti-guerre ont appelé les féministes du monde entier à s’unir contre l’agression militaire déclenchée par le gouvernement de Poutine contre l’Ukraine.
 
En tant que féministes résidant en France et en Europe, nous tenons à exprimer notre soutien aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens qui résistent et se battent pour défendre leur liberté, pour survivre, travailler dans leur pays en guerre. Nous saluons leur courage et celui des personnes qui en Russie osent s’opposer à la guerre en Ukraine, en particulier les féministes russes descendues dans la rue contre la guerre, celui de la journaliste Marina Ovsiannikova, celui de ces mères et grands-mères russes de soldats qui interpellent l’armée sur les crimes commis en Ukraine. Nous savons combien elles risquent en s’opposant à cette guerre.
 
Nous leur répondons présentes.
 
Nous serons dans les manifestations et les rassemblements qui se dérouleront en France et en Europe contre l’agression russe en Ukraine, pour le retrait des troupes russes, l’arrêt des bombardements. Nous nous associons aux demandes d’accueil de tou.te.s les réfugié.es. »
 
 

TURQUIE. La rupture du jeûne d’une famille kurde devant le palais de justice d’Urfa

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TURQUIE / BAKÛR – Ferit et sa mère Emine Şenyaşar, dont le mari et les deux fils ont été assassinés le 14 juin 2018 par des proches d’un député AKP à Urfa, tiennent une veillée pour la justice devant le palais de justice d’Urfa depuis le 9 mars 2021. Ce soir, la famille kurde va rompre son premier jour de jeûne (Iftar) devant le palais de justice d’Urfa / Suruç avec le début du mois du Ramadan.
 
« Le jeûne doit être juste »
La mère et son fils ont rompu leur premier jeûne du Ramadan l’année dernière également devant le palais de justice d’Urfa. Comme c’est le premier jour du Ramadan, la mère et le fils viendront au palais de justice d’Urfa ce soir et rompront leur premier jeûne devant le palais de justice.
 
Taguant le ministre turc de la Justice Bekir Bozdağ et le président de l’AKP Erdoğan, le compte Twitter de la famille Şenyaşar a écrit: « Nous rompons notre jeûne à la porte de notre maison qui est le palais de justice. Nous sommes prêts à partager notre pain avec tous ceux qui viennent. La mère est à la porte du palais de justice depuis 390 jours. Ceux qui suivent les ordres des supérieurs sont au chaud dans leurs foyers. Celui qui jeûne doit être juste. »
 

ÉCOLOGIE. « La Mésopotamie fait face à une apocalypse »

TURQUIE / BAKÛR – Le mouvement kurde d’écologie (Le Mouvement d’Écologie de la Mésopotamie ou Mezopotamya Ekoloji Hareketi -MEH), tire la sonnette d’alarme sur les politiques de déforestation et la destruction de la faune, y compris dans le milieu aquatique, dans la région, déclarant que « le territoire mésopotamien est confronté à une apocalypse. »
 
Le mouvement d’écologie de la Mésopotamie a publié un communiqué sur les politiques de déforestation, attirant l’attention sur les massacres écologiques en Mésopotamie: Au Kurdistan, en Irak, en Syrie et en Turquie, laquelle a construit de nombreux barrages, empêchant l’écoulement de l’eau en Irak et en Syrie et qui a provoqué des catastrophes écologiques chez ses voisins (Sans oublier que l’Iran détruit également la nature du Rojhilat dans sa guerre ethnocide visant les Kurdes d’Iran.)

« La Mésopotamie est un lieu d’étapes importantes du début de la civilisation humaine, façonnant les premières formes d’organisation sociale, telles que le besoin de nourriture et d’abri. Sa structure naturelle, qui permet de réaliser la socialisation au plus haut niveau. C’est un territoire important où de nombreuses ethnies, langues, cultures et structures religieuses prennent vie. La modernité capitaliste et son appareil idéologique, l’État-nation, ont fait de la Mésopotamie un champ de bataille. En Mésopotamie, l’environnement était devenu un terrain de mort et d’anéantissement. Des conflits sans fin entraînent le nettoyage ethnique, le viol et la torture systématique de centaines de milliers de personnes, en particulier des femmes et des enfants, ainsi que des dommages irréparables et la destruction de tout l’espace de vie. La Mésopotamie fait face à une apocalypse. »
 
« L’écosystème aquatique est en train d’être détruit »
 
Soulignant que des millions de personnes ont perdu la vie à la suite des guerres créées par l’État-nation et la mentalité impérialiste depuis la guerre du Golfe, la déclaration note que « des milliers de personnes sont entraînées dans un processus peu clair par des vagues d’immigration qui ouvre de nouveau la voie à la migration tribale. À la suite de la destruction de la guerre, les ressources en eau ont été épuisées, les forêts ont été brûlées et pillées, et des millions d’hectares de terres agricoles sont devenues empoisonnées et stériles. Les guerres des États-nations dans la région, où le système capitaliste mondial exerce son pouvoir, se transforment en conflits sur la géographie et les ressources naturelles. Alors que les marais d’Iraq/Bassora sont détruits, le lac d’Ourmia en Iran est asséché et les forêts de Syrie sont bombardées. Le débit des rivières, contrôlés par l’argument selon lequel les États de la région ont besoin d’électricité et d’eau, ont été modifiés. Les vallées, les zones forestières de la ceinture moyenne inférieure, les zones agricoles et les zones habitées ont été inondées lorsque des barrages et des centrales hydroélectriques ont été construits sur les fleuves Tigre, Euphrate, Aras et Munzur. D’autre part, le milieu aquatique est détruit en raison de [des barrages retenant l’eau des fleuves].
 
« Le pillage ne peut être légitimé »
 
En plus de la dévastation et de la destruction générées par les guerres, les calculs politiques quotidiens créent l’illusion qu’il y a un besoin de combustibles fossiles. Le développement des centrales thermiques, géothermiques et nucléaires se poursuit malgré les bonnes nouvelles concernant le gaz naturel. En Turquie, le pillage de la nature s’est intensifié, d’autant plus que le processus de pandémie de Covid19 a progressé. Les arbres sont coupés pour les carrières à İkizdere, tandis qu’à Cudi, Lice et Bingöl, ils sont coupés pour des « raisons de sécurité » [pour empêcher les combattants kurdes de se cacher dans les forêts]. Les zones forestières sont accordées à la construction, aux touristes et aux sociétés énergétiques en modifiant les réglementations et la législation, pour des raisons d' »intérêt public ». La disposition relative au transfert des oliviers a été établie dans le règlement le plus récent dans le cas où les activités minières pour la production d’électricité coïncideraient avec des zones désignées comme oliveraies dans le cadastre. Des centaines d’hectares de forêt ont été désignés comme forêts au cours des trois derniers mois. En ce siècle où le problème climatique s’est aggravé, la destruction des espaces de vie et des valeurs culturelles, ainsi que la légitimation du pillage par la réglementation est inacceptable.
 
Nous lançons un appel à tous les peuples mésopotamiens, aux partis politiques, aux organisations non gouvernementales, aux travailleurs, aux femmes, aux jeunes, aux enfants et au grand public. Nous vous encourageons à nous rejoindre dans notre campagne de reboisement, peu importe où vous êtes, de nos arrière-cours à nos balcons, de nos rues aux jardins d’école, et de nos villages aux plaines et aux montagnes » , déclare, le Mouvement d’Écologie de la Mésopotamie qui a lancé une campagne de plantation à travers la Mésopotamie qui se poursuivra jusqu’à la fin avril.
 

ROJAVA. Un drone turc frappe une voiture à Tirbe Spiye: 1 mort et 2 blessés

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SYRIE / ROJAVA – Un drone de l’armée turque a frappé une voiture près de la localité kurde de Tirbe Spiye, dans l’est de Qamishlo. Selon le premier bilan, l’attaque a fait un mort et deux blessés, dont le poète Ferhad Merdê, parmi les occupants du véhicule.
 
Les Forces de sécurité intérieure de la Syrie du Nord et de l’Est ont déclaré que l’attaque a eu lieu dans le village de Hasoud, dans la campagne de Tirbe Spiye (région de Jazira).
 
Elles ont également condamné les frappes de l’occupation turque et de ses mercenaires contre le Rojava, appelant la communauté internationale et les institutions internationales concernées à mettre fin à « ces empiètements dans lesquels des innocents sont ciblés en contradiction flagrante avec les droits des citoyens de nos régions. »
 
Un compte Twitter a annoncé que le drone turc avait visé la vouture du poète kurde Ferhad Merdê et que son état est stable, contrairement aux rumeurs annonçant son décès.