PARIS. Une femme kurde et sa fille jetées à la rue en plein COVID19…

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PARIS – Une femme kurde et sa fille ont été expulsées de leur appartement où elles vivaient en sous location en plein confinement dû au coronavirus. Le jeudi dernier, la mère et la fille avaient regagné leur domicile malgré la décision d’expulsion (illégale) de la justice. Le lendemain, (vendredi) matin, elles ont de nouveau été expulsées de leur domicile. Alors que c’est la rentrée scolaire demain lundi, la fillette est dans la rue et ne peut poursuivre ses études… Comment rester sans rien faire devant un tel drame? (Pour ceux qui veulent aider Berivan et son sa fille, vous pouvez les contacter à l’adresse électronique : hbdimen@gmail.com Merci d’avance. Voici son message qu’elle avait envoyé avant ce raid policier: « Je suis une mère d’origine kurde et je suis interprète en langue turque. J’habite à Paris. j’ai une fille de 13 ans. Je suis sans domicile fixe depuis 8 ans et reconnue prioritaire selon la loi DALO. J’étais dans un appartement en tant que sous-locataire (je suis obligée d’accepter ce système d’arnaque pour avoir un toit) suite à une fausse déclaration du propriétaire, il y avait une procédure commencée contre le locataire principal. Il ne s’est pas présenté à l’audience (c’était une piège pour m’expulser). Je suis allée à l’audience mais le juge n’a pas accepté ma présence car je suis sous-locataire et il avait pris la décision de l’expulsion à son encontre et tous les personnes vivant dans l’appartement. J’ai saisi le juge d’exécution pour demander un délai pour libérer l’appartement car j’ai des problèmes de santé (anémie, diabète et des problèmes rénaux). J’avais préparé un dossier avec tous mes preuves officiels mais le juge ne l’es a pas consultés, pas pris en compte notre situation. Il avait refusé notre demande. J’ai eu la décision orale par mon avocat, le 21 octobre, deux jours après que le huissier été passé chez moi et blindé ma porte pendant notre absence. Nous sommes restées dans la rue avec mon enfant je sais qu’il y a l’état de l’urgence en France et les expulsions étaient illégales en ce moment. Mon avocat va faire un référé urgent par mon insistance mais je ne sais pas s’ils vont accepter de rouvrir notre porte. Je suis déjà dans une situation très difficile j’ai perdu mon emploi mais j’ai toujours payé le loyer qu’ils m’ont demandé. avec 450€ de pôle emploi trouver un appartement dans quelques jour c’ impossible. C’est expulsion est illégal en plein virus et couvre-feu Je vous demande bien nous aider s’il vous plaît Nous nous retrouvons seul devant ces lois, ces juges et avocats (…). Je vous demande cette aide juste pour mon enfant. Pour qu’elle réussisse dans sa vie scolaire, conservatoire, et dans sa vie. Elle mérite un toit comme tout les enfants. Merci et cordialement » Berivan Photo non contractuelle

La Journée mondiale pour Kobanê à l’heure du COVID19

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PARIS – Depuis 2014, les Kurdes et leurs amis célèbrent la Journée mondiale pour Kobanê le 1er novembre. A l’époque, la ville était encerclée par les terroristes de Daech et peu de gens croyait à la victoire des Kurdes car les terroristes de DAECH étaient lourdement armés avec des chars d’assaut pris à l’armée syrienne tandis que les Kurdes n’avaient que des armes légères. Mais, malgré la suprématie militaire de DAECH, les Kurdes de Kobanê ont vaincu le monstre en janvier 2015 et ont écrit une page de l’histoire en lettre d’or.
Cette année, les célébrations de la Journée mondiale pour Kobanê seront virtuelles à cause de la pandémie du coronavirus (COVID19).
 
Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) appelle à ce qu’on rende hommage à Kobanê et le Rojava en publiant des images et des vidéos avec le hashtag #WorldKobaneDay sur les réseaux sociaux: 
 
« Avec la résistance héroïque contre l’invasion de Daesh à partir de l’automne 2014, Kobanê est devenue le symbole de la lutte pour un monde libre. Dans cette petite ville kurde du nord de la Syrie collée à la frontière turque, la révolution du Rojava a remporté sa première victoire contre l’obscurantisme djihadiste.
 
Depuis lors, le modèle d’autonomie démocratique initié au Rojava s’est étendu dans de vastes zones du nord de la Syrie. Ce nouveau système de gouvernance basé sur la démocratie directe est aussi devenu une source d’inspiration pour les personnes et les mouvements qui, dans le monde entier, luttent pour un monde plus juste.
 
Mais la révolution du Rojava est aujourd’hui gravement menacée. Même si Daesh a été vaincu militairement dans le nord de la Syrie, son idéologie fasciste est loin d’avoir disparu, en particulier dans les territoires occupés par la Turquie.
 
Les mercenaires djihadistes installés par la Turquie dans les régions occupées d’Afrin, Serêkaniyê, Girê Spî, continuent à terroriser la population. Pillages, exécutions sommaires, viols, tortures, tels sont les crimes de guerre quotidiennement commis par ces bandes criminelles pour mener à bien le nettoyage ethnique voulu par Ankara.
 
Outre le nord de la Syrie, Erdogan mène des expéditions militaires dans plusieurs pays de la région. Cependant, après l’agression militaire au Sud-Kurdistan (nord de l’Irak) et les guerres par procuration menées en Libye et dans le Haut-Karabakh où ont été transférés des milliers de mercenaires syriens, le bellicisme turc se concentre à nouveau sur le Rojava. Depuis plusieurs jours, les forces turques et leurs supplétifs djihadistes tentent d’envahir la ville d’Aïn Issa, au sud-est de Kobanê. Jusqu’à présent, les attaques ont été repoussées par les forces locales. Mais des offensives plus massives sont à craindre dans les prochains jours et, par conséquent, une nouvelle catastrophe humanitaire avec des massacres de civils et des milliers de personnes déplacées.
 
Le 1er novembre 2014, des mobilisations ont eu lieu partout dans le monde pour soutenir la résistance de Kobanê contre Daesh. Depuis, des manifestations sont organisées chaque année pour commémorer cette résistance inouïe et soutenir la révolution sociale du Rojava.
 
En raison du contexte de confinement, nous sommes contraints d’annuler les événements prévus à l’occasion de cette journée. Cependant, le CDK-F invite chacune et chacun à poster des publications (images, vidéos,…) sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #WorldKobaneDay, pour célébrer cette journée, soutenir Kobanê et le Rojava, une occasion aussi de rendre hommage aux milliers de combattants kurdes tombés dans la lutte contre Daesh et à toutes les victimes de l’obscurantisme de quelque idéologie qu’il soit.
 
N’oublions pas que nos actions ici sont une grande source d’encouragement pour les femmes et les hommes du Rojava qui luttent au jour le jour pour construire la paix et la démocratie dans le brasier du Moyen-Orient et qui doivent faire face, dans le même temps, aux agressions turques et djihadistes.
 
Le 1er novembre, disons STOP aux guerres d’invasion turques !
Le Rojava a lutté pour défendre le monde de l’obscurantisme,
à notre tour de le défendre contre les agressions du régime d’Erdogan ! »
 
Conseil Démocratique Kurde en France

Les femmes kurdes à la recherche d’un bonheur perdu

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TURQUIE / BAKÛR – Malgré la lutte pour l’émancipation féminine couplée à celle de la libération nationale menée par les femmes kurdes, dans de nombreuses régions du Kurdistan colonisé, les femmes et les filles kurdes subissent la violence masculine et sont sujettes à des féminicides que certains qualifient de « crimes d’honneur » qui sont plutôt des « crimes d’horreur ». A cela s’ajoute, les violences étatiques turques qui ciblent les femmes kurdes afin de détruire le peuple kurde.
 
C’est dans ce climat de terreur ciblant les femmes kurdes que la journaliste et défenseur des droits humains, Nurcan Baysal a pris son stylo pour nous rappeler l’enfer masculin auquel on a condamné les femmes kurdes depuis si longtemps:
 
Le bonheur volé aux femmes
 
Il y a quelques jours, une jeune femme a été abattue dans la rue Sanat, dans la province de Diyarbakır [Amed], au sud-est de la Turquie. Melek Aslan, 24 ans, a été assassinée alors qu’elle était assise sur un banc dans la rue, par son frère Mustafa Aslan, qu’elle avait rencontré pour discuter. [On a parlé d’un crime d’honneur commis pour nettoyer l’honneur de la famille].
 
Nous avons appris l’histoire de Melek par les médias plus tard. Melek, qui vient d’un village voisin Adıyaman, est venue sur Diyarbakır pour étudier les mathématiques à l’université de Dicle. Pendant ses études à l’université, elle a rencontré Orhan Vatansever. Ils sont devenus amis et ont décidé de se marier.
 
Plus tard, Melek a subi des violences et des menaces de la part de Vatansever et a obtenu une ordonnance de restriction contre lui. Cependant, il a continué à poursuivre Melek et a envoyé des messages à sa famille disant que Melek était sur une mauvaise voie. Il a également menacé le frère de Melek, disant qu’il répandrait de telles rumeurs et des photos de Melek dans la province. Ensuite, le frère est venu à Diyarbakır pour voir sa soeur et l’a tuée.
 
Le frère de Melek, Aslan, a été arrêté et Vatansever a été détenu, probablement grâce à la réaction du public sur les réseaux sociaux.
 
L’histoire tragique de Melek me déchire le cœur, et celui de milliers d’autres personnes. Il y avait un sac à main, un cahier et deux livres laissés sur le banc après qu’elle ait rencontré son frère et ait été tuée. L’un des livres était Kinyas et Kayra, dans lequel elle a laissé un marque page en espérant pouvoir continuer à le lire plus tard. L’autre livre portait sur la diction et l’art de l’éloquence.
 
De toute évidence, Melek était une femme qui voulait étudier, s’améliorer et vivre sa vie comme elle le désirait. Je me suis mise involontairement à la place de Melek, en pensant à la façon dont elle avait lutté pour un peu de bonheur.
 
Est-ce le frère de Melek qui est le seul responsable du meurtre ? La misogynie dans la société, la conception déformée de l’honneur, l’esprit qui considère les femmes comme la propriété des hommes, le système patriarcal, le système juridique qui ne protège pas les femmes, le système éducatif qui ne met pas l’accent sur l’égalité des hommes et des femmes… Tous ont leur part [de responsabilité] dans cette histoire.
 
D’une part, les femmes ont des livres entre les mains, essayant de s’améliorer et de construire un avenir. D’autre part, elles ont des hommes violents. Il y a des programmes télévisés, des fatwas et des institutions dans ce pays qui blanchissent la violence masculine.
 
Chaque jour, des femmes sont tuées sur un banc, dans la rue, à la maison, devant leurs enfants, pour ce qui est supposé être de l’honneur, parce qu’elles veulent se séparer ou divorcer, parce qu’elles veulent un peu de liberté et de bonheur.
 
Une femme m’a dit cela il y a des années : nous sommes devenues l’épouse, la fille, la mère, l’amante de quelqu’un, mais nous ne pouvons pas être nous-mêmes [des femmes à part entière, sans qu’on les attache à un homme].
 
Ce pays ne nous permet pas d’être nous-mêmes. Ce pays n’aime pas les femmes. Ce pays ne veut pas de notre bonheur. Sachant que c’est trop lourd pour une personne, sachant que Melek ne pourra pas continuer à lire son livre, son histoire interrompue.
 
Alors que je terminais cet article, des informations sur Melek sur les réseaux sociaux ont attiré mon attention. Une note a été trouvée dans un appartement où Melek séjournait. La note se lisait ainsi : « Si quelque chose m’arrive, dis à mon père que je l’aime beaucoup. Parce que je n’ai jamais dit « je t’aime » à mon père ».
 
(…) Combien d’entre nous ont entendu leur père dire « Je t’aime ». Ainsi, les femmes de ce pays naissent sans amour et meurent sans être aimées. On ne peut pas ne pas se demander combien de femmes vont encore être tuées dans ce pays, combien de femmes ne feront pas entendre leur voix, combien de vies seront encore volées aux femmes ?
 

Le PCF appelle la France à reconnaitre la République d’Artsakh pour bâtir une paix juste et durable dans le Caucase du Sud

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PARIS – Le Parti communiste français (PCF) demande au gouvernement français à reconnaitre la République d’Artsakh alors que la guerre azérie visant les Arméniens du Haut Karabagh a des répercutions jusqu’en France avec les attaques fascistes turcs visant les Arméniens de France. (On aimerait que le PCF appelle également à la reconnaissance officielle du Rojava pour une paix durable au Moyen-Orient.)
 
Voici le communiqué du PCF concernant les attaques turques en France :
 
« Des événements d’une extrême gravité se sont à nouveau produits le 28 octobre à Vienne et à Decines-Chapieu (Rhône).
 
Des nationalistes fascistes turcs, lourdement armés, ont lancé trois expéditions punitives contre la communauté arménienne aux cris : « On va tuer les arméniens ». Les forces de l’ordre ont aussi été visées par ce déchaînement de haine.
 
Ces exactions visaient à soutenir l’agression meurtrière conduite conjointement par l’Azerbaïdjan et la Turquie contre les républiques d’Artsakh et d’Arménie. Ces attroupements qui s’inspirent des groupes fascistes des Loups Gris et qui sévissent dans notre pays sont devenus désormais récurrents. Déjà en juillet, ces mêmes délinquants menaient une expédition punitive contre les Arméniens dans ce haut lieu de mémoire du génocide de 1915.
 
Cette provocation est clairement nourrie par l’extrémisme de la politique de R.T. Erdogan qui attise en Turquie mais également dans une partie de la diaspora un nationalisme exacerbé. Leur objectif est de peser sur les décisions de la France par l’intermédiaire du Parti Egalité Justice (PEJ), officine de l’AKP en France.
 
La coordination de ces opérations semble se trouver à l’Ambassade Turquie qui ne fait rien pour stopper la violence des associations locales turques enrégimentées sous la bannière du dictateur d’Ankara. Les organisateurs de ces violences n’en sont pas à leur coup d’essai. Ils ont, voici plusieurs mois, tenté d’empêcher une réunion publique de l’association France-Kurdistan.
 
La multiplication des incidents montre qu’un palier a été franchi. R.T. Erdogan tente d’exporter en France la violence inouïe qu’il fait subir en Turquie aux démocrates, aux Assyro-Chaldéens, aux Kurdes, aux Arméniens ainsi qu’aux minorités religieuses.
 
Le Parti communiste français condamne ces violences et demande au gouvernement de mettre un terme au déchainement d’agressivité de ces groupes factieux. Les responsables doivent être poursuivis pour les dégradations commises, les violences armées, les appels au meurtre et la négation du génocide arménien.
 
Le PCF exige une condamnation sans appel de la politique de R.T. Erdogan contre les forces démocratiques et humanistes turques, contre l’expansionnisme agressif d’Ankara et appelle à la reconnaissance de la République d’Artsakh pour mettre un terme à la guerre et bâtir une paix juste et durable dans la région. »
 
Parti communiste français
Paris, le 29 octobre 2020

L’IRAN a exécuté 4 prisonniers dans la ville kurde d’Orumiyeh

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IRAN / ROJHILAT – Le régime sanguinaire iranien a exécuté 4 prisonniers accusés de meurtre à Orumiyeh le jeudi 29 octobre 2020.
 
L’ONG des droits humains, Kurdistan Human Rights Network (KHRN) a obtenu des informations selon lesquelles Yasser Cheshmeh Anvar, Ali Malekzadeh et Zinolabedin Hosseinzadeh avaient été condamnés à mort en public il y a environ six ans pour le meurtre de cinq personnes à Orumiyeh, mais la condamnation à mort a été exécutée à la prison centrale d’Orumiyeh en raison de l’épidémie du coronavirus et de l’opposition du procureur d’Orumiyeh.
 
Un autre prisonnier exécuté était Musa Rahmani d’Orumiyeh qui a été condamné à mort il y a quelques années.
 
Ils ont été transférés avec un autre prisonnier nommé Morteza Nouri du quartier des travaux forcés à l’isolement pour purger leur peine.
 
Morteza Nouri, qui a été transféré à l’isolement avec les quatre prisonniers hier pour purger sa peine, a été renvoyé dans la salle de travail après avoir obtenu la clémence de la famille de la victime.
 
KHRN a publié un rapport sur la tentative de suicide d’Ali Malekzadeh hier soir. Le prisonnier a coupé la veine de sa main à l’isolement. Il a été renvoyé à l’isolement après avoir été transféré dans un centre médical pour y être soigné. (Kurdistan Human Rights Network)
 
En 2018, les Kurdes représentaient 28 % des personnes exécutées en Iran, alors qu’ils ne constituent qu’environ 10 % de la population.

Sortie prochaine de GOG, magazine en langue kurde pour enfants

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KURDISTAN – Interdits de recevoir une éducation dans leur langue maternelle afin d’être assimilés de force aux nations qui les dominent, les enfants kurdes ne peuvent compter que sur des livres, discs ou autres supports éducatifs/culturels réalisés grâce aux initiatifs des militants ou organisations kurdes qui essayent de sauvegarder leur langue menacée de disparition. Un de ces initiatifs est le projet de magazine GOG pour enfants.
 
Le magazine kurde pour enfants, GOG a besoin de financement pour être publiée. İman Cici, l’un des fondateurs de la BD, a déclaré qu’ils avaient besoin d’un soutien financier pour mettre en œuvre ce projet.
 
Le magazine de bande dessinée pour enfants GOG est publié pour les enfants kurdes qui ne peuvent pas recevoir une éducation dans leur langue maternelle.
 
GOG, du nom d’une ancienne pièce de théâtre kurde pour enfants, publiera des œuvres étrangères protégées par des droits d’auteur telles qu’Astérix, Lucky Luke (Red Kit), Yakari, Thorgal et Milo, ainsi que des bandes dessinées d’artistes tels que Doğan Güzel et Ender Özkahraman. En outre, GOG, qui comprendra des contes et des histoires kurdes ainsi que des actualités scientifiques et artistiques du monde entier, vise à fournir un contenu éducatif aux enfants.
 
Vous pouvez participer au financement du magazine GOG en faisant un don ici : GOG 

Mobilisation contre l’exécution de deux Kurdes dans le Kurdistan du Sud

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Les Kurdes sont mobilisés pour empêcher l’exécution de deux jeunes Kurdes, Mazlum Dag et Abdurahman Er, accusés d’être impliqués dans le meurtre d’Osman Kose, un agent des renseignements turcs (MIT), commis le 17 juillet 2019, à Hewler (Erbil), la capitale du Kurdistan du Sud.
 
Alliance Etudiants Franco-Kurde (A.E.F.K) fait partie des organisations qui ont envoyé une lettre aux parlementaires du Kurdistan du Sud concernant la condamnation à mort de deux jeunes Kurdes, Mazlum Dag et Abdurahman Er, les exhortant à annuler la mise à mort de Dag et Er.
 
Voici la lettre de l’AEFK adressée aux députés kurdes :
 
« Madame, Monsieur,
Nous, l’Alliance Étudiants Franco-Kurde, avons l’honneur de vous adresser cette lettre, souhaitant vous entretenir sur la condamnation de Mazlum Dağ et Abdurrahman Er.
 
C’est avec grand regret que nous avons appris, il y a quelques jours, la condamnation à mort de ces deux jeunes Kurdes. Le motif de leur peine est le meurtre d’Osman Köse, un employé du consulat turc à Hewlêr (Erbil) et le meurtre de deux citoyens du Kurdistan irakien. Nous condamnons avec fermeté cette décision.
 
En effet, nous sommes totalement convaincus que monsieur Osman Kose n’était qu’en réalité un membre des services de renseignement turcs (MIT). Vous le savez et nous le savons parfaitement, le MIT a tenté de porter atteinte à la souveraineté du Kurdistan maintes et maintes fois. Ses récentes tentatives de semer la discorde à Kirkouk et ainsi permettre aux groupes chiites-turkmènes de contrôler la ville en sont les preuves les plus flagrantes.
 
Fort heureusement, ces stratagèmes ont été déjoué par les forces irakiennes. Ne nous voilons pas la face, l’’existence de toute entité kurde sur cette terre est perçue comme une menace par l’État sanguinaire qu’est la Turquie ! Ses invasions contre le Rojava, ses crimes contre les kurdes du Bakûr et également du Rojhelat, se traduisant par les meurtres de nos frères kolbars, ne représentent-ils pas davantage de preuves ? Manquait-il maintenant que l’on tue nos propres frères pour cet État criminel ?
 
Mazlum Dağ et Abdurrahman Er, ont mené cet acte au nom du peuple kurde persécuté depuis des décennies. Leur acte n’était pas volontaire mais forcé ! C’est bel et bien la Turquie qui en est responsable puisqu’elle a fait grandir une immense haine en chaque kurde, voilà ce qu’en sont les conséquences ! Tuer n’a certainement pas dû être un plaisir pour ces deux jeunes, mettons-nous un instant à leur place. Soyons honnêtes, n’aurions-nous pas agit de la sorte avec un personnel du régime criminel de Saddam si nous en avions l’occasion ? C’est une occasion que chaque individu se disant kurde aurait saisi sans une once d’hésitation ! Nous vous l’assurons, l’acte de ces deux valeureuses personnes est applaudi par l’ensemble de la communauté Kurde, tandis que la décision de la Cour Pénale d’Erbil est huée.
 
D’une part, ces jeunes sont condamnés à mort alors qu’ils ne représentent aucune menace pour le Kurdistan et son peuple. Tandis que les gangs barbares de Daech ou encore d’Al Qaida qui attaquaient, volaient, violaient et tuaient nos frères et sœurs, de la plus sadique des manières, peuvent vivre sans éprouver la peur d’être exécutés ! La vie de deux jeunes patriotes kurdes a- t-elle moins d’importance et de valeur que celle des ennemis de notre nation et de l’humanité ? Force est de constater que la justice du Kurdistan a un caractère paradoxal.
 
D’autre part, nous ne pouvons accepter la pratique de telles peines abjectes et inhumaines qui sont en totale contradiction avec nos valeurs humaines sur l’un des territoires les plus démocratiques, laïcs, civilisés et attachés aux droits humains ! Ce sont des agissements identiques à ceux du régime criminel iranien ! Comment pouvons-nous lutter contre l’oppression de notre peuple si nous accomplissons les désirs des ennemis et si nous adoptons leurs méthodes ? Cela n’a aucun sens. Rappelez-vous des paroles de notre bien aimé Qazî Muhammad, “le Kurdistan est UN” ! En conséquent, les peines et chagrins de nos frères et sœurs de toutes les parties du Kurdistan sont aussi les nôtres. Ceci vous aidera à comprendre la haine des deux jeunes et la cause de leur acte.
 
Nous appelons l’ensemble du peuple Kurde à protester contre cette décision injuste et contraire aux droits humains. Nous appelons également le président Nêçîrvan Barzanî, le premier ministre Masrour Barzanî, ainsi que l’ensemble des personnes compétentes à réviser la légitimité de cette condamnation et nous exigeons son annulation immédiate.
Nous vous remercions pour votre attention portée à cette présente déclaration, nous pensons que notre requête ne vous laissera indifférent.
 
Sincèrement,
Alliance Étudiants Franco-Kurde »

FRANCE. Les Arméniens appellent au calme et à la vigilance face aux attaques fascistes turques

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PARIS – Le mercredi 28 octobre, des fascistes turcs « Loups Gris » ont attaqué à l’arme blanche des manifestants arméniens réunis hier matin sur l’autoroute Lyon-Valence. Un jeune Arménien a reçu un coup de hache au niveau de la tête. Il y a eu quatre blessés au total.
 
Le soir même, les fascistes turcs ont manifesté dans les rues de la ville de Décines, près de Lyon, scandant des slogans pro-Erdogan, des « Allah Akbar » et menaçant les Arméniens.
 
Des organisations arméniennes appellent au calme et à la vigilance la communauté arménienne qui est sur le qui-vive devant les menaces turcs en pleine guerre turco-azérie visant les Arméniens de Haut Karabagh. (La communauté kurde apporte son soutien au peuple arménien devant le nouveau génocide qui se dessine dans le Caucase du Sud.)
 
Voici l’appel de la page Facebook FRA Nor Seround – ՀՅԴ Նոր Սերունդ adressée aux Arméniens attaqués par les fascistes turcs sur le sol français :
 
« Nous suivons tous de près les événements qui sont survenus hier matin et hier soir notamment à Vienne et Décines.
 
Nous souhaitons dans un premier temps apporter tout notre soutien à Gevorg et à sa famille. Attaqué hier par des contre manifestants pro-turcs venus perturber la manifestation pacifiste pro-arménienne, nous espérons de tout notre cœur que Gevorg se rétablira le plus rapidement possible.
 
Concernant cette attaque, mais également les regroupements de nationalistes pro-turcs appelant à la mort des Arméniens, nous comptons sur la France et sur le système judiciaire pour faire leur travail et pour condamner tous ces actes arménophobes et extrêmement violents.
 
Nous appelons également nos compatriotes au calme et à la vigilance. Rentrer dans une spirale de violence reviendrait à jouer le jeu imposé par le dictateur Erdogan et mis en place par ceux qui ne respectent en rien les valeurs de notre République.
 
Protégeons nos lieux de cultes, nos écoles, nos centres culturels, restons vigilants aux menaces proférées sur les réseaux sociaux à l’encontre des membres de notre communauté. Nous nous devons d’être plus que jamais solidaires pour faire face à ces menaces et pour combattre l’ultranationalisme turc.
 
Nos frères et sœurs en Arménie et en Artsakh ont besoin de nous. Répondre à la violence par la violence ici en France ne peut que desservir notre Cause et faire du tort à nos soldats.
 
Nous vaincrons, tous ensemble. #Հաղթելուենք #Artsakhstrong« 
 

L’exil, c’est froid comme la mort

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Keça Bênav partage avec nous une courte discussion qu’elle a eue avec une jeune exilée kurde.
 
« – Rapproche-toi du feu, tes mains sont gelées.
 
-Je ne comprends pas pourquoi j’ai si froid alors qu’on n’est qu’en septembre.
 
– Oui mais, c’est toi qui m’avais dit l’autre jour que tu avais toujours froid depuis que tu avais quitté le Kurdistan il y a deux ans. L’as-tu oublié?
 
– C’est vrai, mais quand même, là j’ai encore plus froid que d’habitude…
 
– Ca doit être le froid de la solitude.
 
– Toi, tu as dû t’y habitué après plus de vingt ans d’exil, non ?

– Pense-tu ! Mon exil, je le vis  comme un mauvais vin qui a fini aigre au fond d’un saladier qu’on remue sans cesse.

– Non mais, tu vas pas me dire qu’en vingt ans, tu n’as jamais pu avoir des moments où tu t’es sentie bien, sans penser à l’exil?
 
– Si, j’en ai eu. Mais à chaque fois, ils disparaissent comme des éclaires, me laissant avec ma solitude fidèle.
 
– Alors, toi aussi, tu as froid ?
 
– Un peu, oui. Parfois, pour chercher un peu de chaleur, je plonge mon regard dans celui de mon amant, en espérant trouver dans ses yeux bleus un morceau du ciel d’été de mon enfance qui me réchauffera comme autrefois. Mais je n’y trouve que ma solitude au rire narquois, tapis au fond de ce regard compatissant.
 
– Mais tu as des enfants…
 
– Oui, je les serre fort dans mes bras, j’enfouis mon visage dans leurs cheveux sentant les épis de blé mûr. Mais rien n’y fait. Faut dire que l’exil est froid comme la mort et le temps n’arrange pas les choses.
 
– Oh là là, tu es plus pessimiste que moi ! Tu n’exagères pas un peu quand-même ?
 
– Euh, je ne pense pas. J’ai vu la même chose chez tant de Kurdes, hommes ou femmes. Quand tu leur parles du pays, leur regard s’assombrit aussitôt. Ils sont pris d’une mélancolie douce-amère. Ils parlent de leur enfance, des montagnes, du goût du « nan » que leurs mères cuisaient dans des fours en terre cuite. Tu as presque envie de t’excuser d’avoir parlé du pays et pourtant tout nous y mène, quoiqu’on fasse où qu’on aille, la patrie interdite nous suit comme notre ombre.
 
– Alors, je suis condamnée à vivre avec ce froid glacial pendant toute ma vie?
 
– J’en sais rien et j’en suis vraiment désolée. Certains Kurdes affirment que tant qu’ils luttent, créent, écrivent en exil, le fait d’être apatride reste supportable. Pourtant, je vois bien qu’ils sont toujours sur le qui-vive, inquiets. Ils commencent à maudirent les colons turcs, arabes, perses qui les ont chassés de leurs terres mais finissent par critiquer les uns les autres finalement. Parfois, ils sont même plus durs entre Kurdes qu’avec leurs bourreaux. C’est pour dire…
 
– C’est compliqué d’être kurde et parfait au même temps.
 
– Surtout quand on ne sait pas qu’on ne peut pas être parfait, même quand on n’est pas kurde.
 
– Oui mais, il y a une image du Kurde idéal véhiculé en Occident selon laquelle les Kurdes sont courageux, sont résilients malgré tous les massacres qu’ils ont subis, etc. et on tombe dans le piège en essayant de coller à cette image que les autres ont de nous.
 
– Quand tu as tant de blessures, que tu es déracinée, tu essayes de t’accrocher à des choses positives qu’on te renvoie. Je sais que tu culpabilises ensuite, on te disant que c’est faux. Mais que veux tu, personne n’est parfait, même les Kurdes ! Mais tu es toute pale, qu’est-ce qui ne va pas ?
 
– J’ai la tête qui tourne, j’ai mal partout tout d’un coup. 
 
– Prend mon bras, je vais t’aider à t’allonger sur le canapé. Voilà, je vais te chercher une couverture (pourvu que ce ne soit pas le coronavirus). On reprendra notre discussion une autre fois.
 
– Spas.
 
– Avec plaisir ma petite dotmam ! »
 
Spas = merci
Dotmam = cousine
Image via B. F.
 
 

Comment l’histoire de l’éducation en kurde a-t-elle commencé au Rojava?

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SYRIE / ROJAVA – Avant la révolution du Rojava, l’enseignement en langue kurde était interdit et la punition était lourde. Mais les chevaliers de langue kurde du Rojava ont vaincu l’interdiction. Ils ont donné une éducation multilingue et multicolore aux nouvelles générations de la révolution.
Menal Mihemed Emîn est l’un des enseignants qui a lutté pour l’éducation en kurde qui a été initiée avec la révolution du Rojava. Menal, originaire de Dêrik, a lutté pour sa langue maternelle, le kurde, pendant ses années universitaires. Alors que Menal était encore étudiant à l’université d’Alep, il a été jugé par le régime pour avoir secrètement enseigné le kurde. Bien qu’il soit diplômé de l’université, le régime l’a qualifié de « suspect » et n’a pas délivré son diplôme.
 
Menal nous rappelle qu’il n’est pas seul dans cette affaire et qu’il n’a « de la chance » que d’être jugé, et que de nombreuses personnes sont restées en prison pendant des années parce qu’elles ont enseigné ou reçu une éducation en kurde.
 
Sur les traces de la révolution, Menal a participé à Saziya Zimanê Kurdî (institution de langue kurde) qui a mené des activités éducatives au Rojava à cette époque, et est maintenant le porte-parole du comité d’éducation du canton de Qamishlo.
 
Menal Mihemed Emîn, à qui ANF a demandé de raconter l’aventure de l’éducation en kurde au Rojava, dit « Allons-y et commençons là où nous avons fait les premiers pas ».
 
Le kurde enseigné clandestinement dans des maisons
 
Menal a déclaré qu’au Rojava, les gens ont payé un grand prix pour l’éducation en kurde et que de nombreuses personnes ont été jetées en prison pour avoir enseigné ou reçu une éducation en kurde, notant que le régime syrien n’accepte pas du tout l’éducation kurde.
 
Menal a rappelé que sous le régime du régime, ceux qui voulaient apprendre le kurde se réunissaient secrètement à la maison comme trois ou cinq personnes la nuit.
 
Arrivé à Tirbêspiyê, Menal dit qu’ils ont un endroit secret où ils ont enseigné le kurde, et ils l’appellent l’école Martyr Nezir.
 
Ils n’étaient qu’une poignée de militants
 
Lorsque le journaliste de l’ANF et Menal entrent dans la cour de la maison de deux pièces, qui sert d’école, Goran Şakir, l’un des professeurs de l’époque, raconte comment ils y ont été éduqués et dit «nous n’étions qu’une poignée de personnes».
 
Rappelant que le régime était dans la région avec toutes ses forces à cette époque et qu’ils donnaient une éducation en kurde, même en petit nombre, Goran Şakir dit: «Ceux qui ont été éduqués ici sont devenus les premiers enseignants de la révolution».
 
Quand ils prennent la route et arrivent à Girkê Legê, Menal dit qu’il y a une maison dans cette ville qu’ils ont utilisée comme école pour l’éducation kurde.
 
Les maisons des familles des martyrs transformées en écoles
 
Le signe de la maison avec jardin est toujours présent et il est écrit Navenda Çand û Ziman a Şehîd Kawa Dil ya Girkê Legê (Centre de langue et de culture Martyr Kawa de Girkê Legê).
 
Rappelant que Martyr Kawa, qui a donné son nom à l’école, était un jeune homme qui « a pris la route des montagnes [rejoint le PKK] pour sa langue et sa culture » lorsqu’il était étudiant à l’université, Menal Teacher ajoute: « Cette maison nous a été donnée par sa famille pour des études pédagogiques. »
 
Lutte pour l’éducation en langue kurde
 
Menal note que de nombreuses personnes ont reçu un enseignement en langue kurde dans la maison de deux pièces, ajoutant: « Avec le début de la guerre civile en Syrie, nous avons décidé de faire pression sur le régime pour qu’il reçoive un enseignement en langue maternelle kurde dans les écoles. »
 
Ensuite, ils vont dans une école de la ville, avec l’enseignant Menal disant ce qui suit: « Lors de la réunion que nous avons tenue dans cette école, nous avons décidé de passer à l’éducation en kurde. Même beaucoup d’entre nous s’y sont opposés. Beaucoup d’entre eux enseignaient également en les écoles du régime et a déclaré que le régime ne l’accepterait jamais. »
 
Décision de donner l’éducation en kurde dans les écoles
 
« En fait, c’est bien ce qui s’est passé », dit l’enseignant, ajoutant; «Lors de notre réunion ce soir-là, nous avons décidé que nous ne donnerions plus secrètement l’éducation kurde et que nous amènerions le kurde dans les écoles. Nous avons décidé le lendemain matin comme l’heure de la mise en œuvre. »
 
Le jour de la mise en œuvre de la décision
 
Menal se souvient qu’ils sont d’abord allés dans une école de Çilaxa pour recevoir un enseignement en kurde et qu’ils sont allés dans la chambre du directeur et ont pris place. « Le directeur de l’école a demandé: » Que voulez-vous? Nous avons répondu: « Vous ferez votre travail et nous ferons le nôtre; nous fournirons une éducation en kurde. »
 
Le régime refuse même les cours électifs
 
Menal raconte que le régime n’a pas accepté cela et les a attaqués à certains endroits, ce à quoi leurs forces d’autodéfense ont répondu.
 
« Ils ne l’ont définitivement pas reconnu, ni même accepté un cours facultatif. Ils ont détenu certains de nos amis, les ont menacés, dans certains endroits ils ont provoqué des étudiants et des parents contre nous. Cependant, nous n’avons pas fait de compromis. »
 
Les mères brisent les portes
 
Menal continue; « Le régime a résolu le problème en fermant des écoles dans de nombreux endroits. Cependant, nous n’avons pas été impuissants contre cela. Nous avons brisé les portes des écoles une par une et avons commencé l’éducation en kurde. Les mères avaient le rôle de premier plan dans ce travail de rupture. Nous avions l’habitude de briser les portes de quelques écoles chaque jour. Certaines mères venaient le marteau à la main. Nous avons donc commencé l’enseignement régional de la langue maternelle dans toutes les écoles. »
 
Le régime mise sur l’éducation
 
« Le régime était en train de perdre des villes et des villages en Syrie, mais le fait de briser la porte d’une école le bouleversait encore plus », dit Menal, et ajoute: « Parce que son existence reposait sur le système éducatif et il y a vu sa disparition. »
 
La première école kurde au Rojava
 
Nous arrivons au village de Besta Sus dans la région de Koçerat de Dêrik, où la première école a été ouverte.
 
Dibistana Şehîd Dicle, la première école du Rojava à enseigner en kurde, a été ouverte dans ce village. L’école n’est qu’une maison en pisé de deux pièces. Maintenant, une famille y vit. Nous écoutons l’histoire de cette école du professeur Ciwan İbrahim.
 
Comme un rêve
 
Le professeur Ciwan a déclaré: « En fait, cette école a été ouverte pour voir la réaction du régime à l’éducation kurde. Elle a été ouverte avec beaucoup d’enthousiasme. Des milliers de personnes des villages environnants ont afflué ici pour voir la première école kurde. Elle a été ouverte et Mamoste Hemid, qui a perdu la vie récemment, a donné la première leçon. Des enfants et des aînés de 70 ans étaient venus à l’ouverture. C’était comme un rêve… »
 
De l’interdiction à un modèle d’éducation multilingue
 
Sur le chemin du retour, Menal raconte; « Dans l’enseignement de la langue maternelle que nous avons commencé avec une poignée de personnes, aujourd’hui, près de 100 000 enseignants et plus de 900 000 élèves suivent un enseignement dans leur langue maternelle dans le nord-est de la Syrie. Nous avons maintenant un système éducatif en trois langues: le kurde, l’arabe et le syriaque. Nous n’avons jamais imposé notre propre langue à personne. Cependant, nous faisons tout ce qui est nécessaire pour l’enseignement dans notre langue maternelle. »
 
On évoque avec les trois enseignants la demande d’ENKS lors des négociations pour l’unité kurde au Rojava qui voulait que « le système éducatif kurde devrait être annulé et il devrait être remis dans le système du régime ».
 
La langue est la valeur la plus élevée d’un peuple
 
Goran Şakir a déclaré: « Chaque nation de ce monde est connue pour sa langue, nous voulons être connus avec notre langue et notre culture. Notre langue est notre terrain d’entente. »
 
Ciwan İbrahim a répondu; « Si on me demande ce que j’ai gagné de cette révolution, je dirais sans hésitation que j’ai gagné ma langue car la langue est la plus haute valeur d’un peuple. La langue qui veut que nous abandonnions notre langue est la langue de l’ennemi. Parce que si nous n’avons pas de langue, nous ne sommes rien. »
 
La langue est au-dessus de la politique
 
Menal Mihemed Emîn donne la réponse suivante à notre question: « Le pas que nous avons franchi n’est pas un pas qui pourrait être reculé ou compromis. C’était notre rêve. Nous en avons payé un grand prix. Par conséquent, personne ne devrait exiger une telle chose pour plaire à quelqu’un ou pour ses intérêts personnels. La langue n’est pas un sujet de négociations politiques. La langue est supra-politique et les politiciens n’ont pas le droit de décider sur cette question. »