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ALLEMAGNE. La police blesse grièvement un adolescent kurde

ALLEMAGNE. Mardi 18 août 2026, en fin d’après-midi, dans le quartier de Schwabing à Munich, un policier a ouvert le feu sur Abdulkadir Ö., un adolescent de 14 ans d’origine kurde, le blessant grièvement au torse. L’adolescent se trouve dans un état stable à l’hôpital. L’incident a donné lieu à un important déploiement de forces de l’ordre et à des versions divergentes des faits.

Selon la police de Munich, des témoins avaient signalé un jeune homme (estimé initialement à environ 20 ans) brandissant un objet ressemblant à une arme de poing près d’une station de métro. L’adolescent est monté dans un bus municipal. Environ 80 agents, dont des policiers en civil, ont été mobilisés. Lorsque des agents en civil l’ont interpellé, Abdulkadir se serait tourné vers eux en tenant l’objet à la hand. Un policier a alors tiré, le touchant au haut du corps. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un pistolet à air comprimé (softair) ressemblant fortement à une véritable Beretta 92 de 9 mm. La police affirme avoir prodigué les premiers soins immédiatement. Une enquête du Landeskriminalamt (LKA) de Bavière porte sur la légalité de l’usage de l’arme à feu. Une procédure a en revanche été ouverte contre le jeune pour menaces envers les agents.

La famille d’Abdulkadir, s’exprimant via le Centre culturel kurde de Munich, conteste fermement ce récit. Selon elle, l’adolescent se trouvait dehors avec sa petite amie et portait un pistolet factice. Après l’avertissement des policiers, il aurait immédiatement lâché l’objet et crié à plusieurs reprises : « C’est un pistolet jouet ! Ne tirez pas ! » Malgré cela, la police aurait fait feu.

La famille affirme qu’il a reçu une balle dans l’abdomen, avec de graves blessures à l’estomac et aux intestins. Elle accuse également un agent d’avoir maintenu au sol le jeune blessé et ensanglanté en appuyant du pied sur le haut de son corps, de l’avoir insulté et menotté. Les menottes n’auraient été retirées qu’à la demande des secours. La famille n’aurait pas été informée rapidement de l’état de son fils et aurait appris la nouvelle par des amis ; le téléphone portable de l’adolescent aurait été saisi.

Certains médias ont initialement présenté à tort Abdulkadir comme un criminel armé de 20 ans, ce qui a accru la souffrance de la famille. Le Centre culturel kurde et les proches demandent une enquête approfondie sur l’ensemble de l’opération policière, y compris d’éventuelles erreurs, et un soutien des organisations de défense des droits humains.

L’affaire reste en cours d’instruction.