KCDK-E: Les attaques terroristes qui secouent l’Europe sont ordonnées par Erdoğan

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EUROPE – L’organisation faitière kurde d’Europe, le KCDK-E accuse le président turc Erdogan d’être responsable des récentes attaques terroristes qui frappent l’Europe et appelle à un combat commun.
 
« La France et l’Autriche ont été délibérément choisies comme cibles: la France, parce qu’elle critique la politique d’Erdogan, et l’Autriche, parce que les activités des services secrets turcs (MIT) y ont été dénoncées. »
 
Le Congrès de la Société démocratique kurde en Europe (KCDK-E) a publié ce communiqué après l’attaque terroriste de Vienne :
 
« Le gouvernement fasciste AKP / MHP commet des massacres contre des peuples et des communautés religieuses au Kurdistan, au Moyen-Orient et dans le Caucase. Son chef fasciste ne se contente plus de ses sales guerres au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans le Caucase, il emmène désormais ses jihadistes paramilitaires de l’EI vers les pays d’Europe, qui sont contre sa politique fasciste et meurtrière Après les attentats terroristes en France, l’attaque barbare de Vienne a une fois de plus confirmé nos avertissements.
 
La France et l’Autriche ont été délibérément choisies comme cibles: la France, parce qu’elle critique la politique d’Erdogan, et l’Autriche, parce que les activités des services secrets turcs (MIT) y ont été dénoncées. (…)
 
Erdoğan veut semer la peur parmi les États et les peuples d’Europe, les faire chanter avec ses actions terroristes et ainsi gagner le pouvoir, afin qu’ils ferment les yeux et gardent le silence sur son occupation et ses massacres au Kurdistan et dans la région environnante.
 
Nous appelons une fois de plus les peuples et les États d’Europe à prêter attention et à sanctionner le dictateur fasciste Erdoğan. Erdoğan et ses jihadistes sont des ennemis de l’humanité.
 
Il est clairement visible que c’est Erdoğan qui donne l’ordre de ces attentats terroristes. Les consulats et institutions turcs fournissent la base de l’exécution et de la planification.
 
Pour éviter de nouveaux massacres et attentats terroristes, nous devons constamment développer notre coexistence avec toutes nos différences. Pour cette raison, nous appelons les peuples à lutter ensemble contre le fascisme.
 
Appel à des rassemblements commémoratifs à Vienne et à Paris
 
Nous, [les Kurdes], comprenons le peuple autrichien et français parce que nous vivons la même douleur. Afin de partager la douleur et de lutter ensemble contre l’EI, qui appartient aux gangs islamistes d’Erdoğan, nous organiseront des rassemblements commémoratifs pour les victimes le samedi 7 novembre à Vienne, à Paris et dans tous les autres endroits où se trouvent des centres communautaires de la KCDK-E.
 
Nous appelons nos organisations membres à commémorer les morts avec des photos des victimes des massacres de l’EI en Autriche, en France et au Kurdistan et avec des drapeaux des FDS, YPG et YPJ, qui sont considérés comme des symboles de la lutte contre la barbarie de l’EI. [Soyons aux côtés] des peuples d’Europe. (…)
 
Nous ne nous inclinerons pas devant le dictateur fasciste Erdogan et ses gangs barbares de l’EI.
 
En tant que KCDK-E, nous partageons la douleur des citoyens d’Autriche. Nous exprimons nos condoléances aux proches des victimes et souhaitons aux blessés un prompt rétablissement. »
 

TURQUIE. Il y a 4 ans, Erdogan ordonnait un coup d’Etat contre le HDP

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TURQUIE / BAKUR – Le 4 novembre 2016, l’État turc a lancé un coup d’État contre la volonté du peuple kurde, en arrêtant des députés du parti HDP, dont les co-présidents Figen Yükseksağ et Selahattin Demirtaş, dans une série de raids à travers la Turquie et le Kurdistan du Nord.
 
En moins de 3 ans après sa création, le Parti Démocratiques des Peuples (HDP) avait réussi à dépassé le seuil de 10% pour entrer au parlement turc avec de nombreux députés kurdes lors des élections de juin 2015. Cette victoire fut une défaite cuisante pour le parti (AKP) du premier ministre de l’époque Recep Tayyip Erdogan qui venait de perdre la majorité au parlement pour la première fois de son existence.
 
Depuis, le régime turc d’Erdogan livre une guerre sans merci contre le HDP qui a vu des milliers de ses membres, dont des députés et des élus municipaux arrêtés, des meetings et des bureaux du partis attaqués, parfois mortellement comme on l’a vu avec les attentats sanglants à Amed (Diyarbakir) et à Ankara en 2015…
 
La criminalisation du HDP n’a pas permis à Erdogan de regagner la confiance des électeurs de la Turquie où il a fini par imposer un système présidentiel sans contre-pouvoir réel, héritant le titre du « sultan despotique » de la part de ses opposants. Tandis que le HDP a montré qu’il était la seule voie possible pour emmener la Turquie vers la démocratie, l’égalité homme/femme et la reconnaissance des droits des kurdes et des autres minorités ethniques et religieuses du pays menacés de disparition car non reconnues, voire, attaquées par le pouvoir turc qui promeut le panturquisme et le panislamisme, à travers le nationalisme, le racisme et le sexisme.
 
Le HDP est le seul parti démocratique qui joue un rôle clé pour mettre fin aux politiques bellicistes du président Erdogan qui est soutenu par le parti de l’extrême-droite MHP et le parti nationaliste CHP dans ses guerres contre les pays voisins, dont la Syrie, le Rojava, le Bashur, la Libye…
 
Depuis 2015, plus de 16 000 membres du HDP ont été détenus, 6 000 ont été emprisonnés ainsi que 200 élus et 7 députés.
 
Le gouvernement turc a jusqu’à présent nommé 51 administrateurs en lieu et place des maires du HDP élus en mars 2019. En outre, 6 maires qui avaient remporté les élections de 2019 se sont vu refuser leur mandat sous prétexte qu’ils avaient antérieurement été démis de leurs fonctions par des décrets-lois pris sous le régime d’état d’urgence. Jusqu’à présent, 36 co-maires du HDP élus en 2019 ont été emprisonnés. Parmi eux, 16 sont toujours derrière les barreaux. Les poursuites contre les personnes libérées sont toujours en cours. En l’état actuel du système judiciaire turc, tous ces maires risquent d’être condamnés à des peines de prison. En outre, plus de 20 des plus de 80 maires kurdes arrêtés lors de la précédente mandature (2014-2019) sont toujours en prison.
C’est dans un tel climat de guerre et de haine que les Kurdes de Turquie et les forces démocratiques de gauche réunis au sein du HDP tentent de sauver le pays des mains d’un président despotique qui étouffe les aspirations de son peuple qui sombre par ailleurs dans la pauvreté.

Nouveaux cours de kurde pour le nouveau confinement

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PARIS – Les cours de kurde pour francophones organisés par Kurdistan au féminin évoluent avec le temps. Après 3 mois de cours de kurde, on se lance dans un autre cycle de cours de kurde (un cours pour kurdophones un autres pour francophones) mais aussi des cours de philologie et linguistique et de géographie du Kurdistan dès jeudi 5 novembre. Tous ces cours sont assuré par une équipe de bénévoles motivés ! De la nouveauté pour le nouveau confinement  Apprendre le kurde en ligne et KURDINALCO s’associent pour donner des cours de kurde sur l’application ZOOM pour débutants francophones pendant le mois de novembre. (Il faut bien faire quelque chose d’utile en étant confiné.e, n’est-ce pas?) Les cours de kurde pour débutants assurés par Nebiyê Dûro auront lieu les mardis et jeudis de 19h30 à 20h45 (1h30 de cours) du 5 novembre au 5 décembre. Premier cours ce jeudi 5 novembre. Lien pour la réunion sur ZOOM : https://zoom.us/j/8052610939?fbclid=IwAR1fXyYBfY2oX66icdp2zHBbrk3Am_reFBHfA20FxZRCc4UlGyI0t-FPCTc#success Hasan Filitoglu et Huseyin Kevir TAS restent fidèles à leur poste Nos enseignants Hasan et Husên continueront à assurer leurs cours les lundis à 20:00 (pour Hasan) et les mercredis à 20:00 (pour Husên). Ces cours de lundi et vendredi auront lieu sur l’application Jitsi Meet, service de visioconférence gratuit, sans téléchargement, ni inscription obligatoire. Cours de kurde pour kurdophones / Dersa Kurdî ji bo kesên ku kurdî diaxivin Tous les mercredis et samedis 19h30-20h45, Assuré par Reşat CELIK Et ce n’est pas tout… Un cours de philologie et linguistique kurde Chaque lundi, de 19h30 à 20h45, assistez à un cours de philologie et linguistique kurde assuré par Nebiyê Dûro toujours ! Lien pour la réunion sur ZOOM : https://zoom.us/j/8052610939?fbclid=IwAR1fXyYBfY2oX66icdp2zHBbrk3Am_reFBHfA20FxZRCc4UlGyI0t-FPCTc#success Parlons aussi du Kurdistan… Géographie du Kurdistan (en kurde) / Erdnigariya Kurdistanê Tous les vendredis 19h30-20h45, Mistefa CELEBÎ assurera un cours de géographie du Kurdistan en kurde. Lien pour la réunion sur ZOOM : https://zoom.us/j/8052610939?fbclid=IwAR1fXyYBfY2oX66icdp2zHBbrk3Am_reFBHfA20FxZRCc4UlGyI0t-FPCTc#success

La France dissout les « Loups gris », organisation fasciste turque

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PARIS – Les Arméniens de France vont-ils réussir ce que les Kurdes n’ont pas réussi ? La gouvernement français annonce la dissolution des « Loups gris* », mouvement ultranationaliste turc bien implanté en France et dont ses attaques visant les Kurdes et des opposants turcs réfugiés en France durent depuis des années, sans que cela pose problème aux autorités françaises. Il aura fallu qu’Erdogan s’en prenne directement à la France en se faisant passer pour le défenseur des musulmans de France en parallèle aux attaques anti-Arméniens des « Loups gris » dans les villes de Vienne, Décines et Dijon ces dernières semaines pour une telle décision.
 
Cette décision d’interdiction intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre France et Turquie autour des questions liées à l’islamisme en France. La semaine dernière, l’association islamiste, BarakaCity, avait été dissoute par les autorités françaises après les attentats islamistes qui ont frappé la France ces dernières semaines, dont la décapitation de Samuel Paty. Les attaques violents visant les Arméniens de France depuis le début de la guerre azérie dans le Haut Karabakh n’ont fait qu’envenimer les relations franco-turques. 
 
Ce lundi 2 novembre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé que l’organisation turque ultranationaliste « Loups gris » allait être interdite. La semaine dernière, l’association islamiste, BarakaCity, avait déjà été dissoute par les autorités françaises. Le président de l’association, Idriss Sihamedi a alors annoncé demander l’asile à la Turquie dans un tweet.
 
La décision de dissoudre les «loups gris» turcs, représentés en Turquie par le parti fasciste MHP, membre de la coalition gouvernementale AKP-MHP, intervient à un moment de fortes tensions diplomatiques entre Paris et Ankara. En effet, le président Erdogan a pris comme prétexte les déclarations du président français Emmanuel Macron concernant les caricatures controversées de Mohammed après le meurtre de Samuel Paty. Le professeur d’histoire de 47 ans avait abordé le thème de la liberté d’expression en classe, en utilisant les caricatures de Mohammed. Le 16 octobre, il a été décapité par un islamiste de 18 ans près de son école en région parisienne.
 
Les Frères musulmans ont également appelé au boycott de la France. 
* Les Loups gris (Bozkurtlar en turc), officiellement connus sous l’appellation « Foyers idéalistes » (Ülkü Ocakları en turc), est une organisation armée ultranationaliste turque. Le mouvement est décrit comme néo-fasciste, anti-communiste, anti-grec, anti-kurdes, anti-arméniens, homophobe, antisémite et antichrétien. Il a des relations très étroites avec le Parti d’action nationaliste (MHP), dont il est présenté comme la branche paramilitaire.
 

Les plans turcs pour une guerre inter-kurde au Kurdistan du Sud

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Ces derniers jours, on assiste de nouveaux à des frictions entre les partis rivaux PDK et le PKK dans le nord de l’Irak. La Turquie pousse les dirigeants du PDK à s’en prendre militairement au PKK alors que l’armée turque est déjà présente (illégalement) dans le nord de l’Irak et combat la guérilla kurde. (La région yézidie Shengal est également dans le viseur de la Turquie.)
 
Dans un récent communiqué, le chef historique du PDK, Masud Barzani a déclaré: « Notre position ne doit pas être mal comprise et être utilisée pour intervenir dans l’autorité légale de la région du Kurdistan. Il ne faut pas non plus tenter d’imposer une volonté armée illégale au peuple du Kurdistan. Éviter les combats inter-kurdes ne cela ne veut pas dire permettre l’effondrement de la sécurité et de la paix dans les villes, les villages et les villages, et pour nos citoyens de quitter leurs maisons, leurs propriétés et leurs lieux et d’être des victimes. » Il a accusé le PKK d’ « occuper les régions frontalières concernées (…) » et « s’imposer comme une alternative au gouvernement. »

Le journaliste Fehim Taştekin vient d’écrire un article détaillé sur les manœuvres turques pour une guerre fratricide au Kurdistan du Sud:
 
Turquie fait monter la pression sur le PKK au Kurdistan irakien
 
Les opérations militaires de plusieurs mois de la Turquie dans les zones frontalières sur le sol du Kurdistan irakien ont augmenté la pression sur le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a longtemps utilisé la région comme base dans sa campagne armée contre Ankara, poussant les militants à s’enfoncer davantage Kurdistan irakien, où leur présence provoque des frictions avec les Kurdes locaux et attise les craintes d’un fratricide kurde renouvelé.
 
Les tensions se sont intensifiées à la mi-octobre, lorsque les forces spéciales, lorsque les forces spéciales placées sous le commandement direct de Masrour Barzani, le Premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan (GRK), se sont déplacées au nord-est de Dohuk pour encercler le mont Gare, qui est l’une des zones de camp du PKK. dans la région. Après le déploiement des forces spéciales dans au moins 10 localités, des unités de commandos ont installé des points de contrôle dans la région, selon les médias kurdes .
 
Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Barzani, la force politique dominante du Kurdistan irakien, était déjà critiqué pour s’être rangé du côté de la Turquie après avoir déployé des forces peshmergas en avril dans une zone de pointe à l’ouest des montagnes de Qandil, où se trouve le siège du PKK. Les deux parties se sont éloignées du bord de la confrontation armée, mais l’accord du 9 octobre entre Erbil et Bagdad a encore irrité le PKK. L’accord – une tentative de stabiliser la région de Sinjar peuplée de Yézidis près de la frontière syrienne – vise à mettre fin à la présence du PKK là-bas et à marginaliser les groupes yézidis liés au PKK. Ankara a averti qu’elle ne laisserait pas Sinjar devenir «un deuxième Qandil», menant plusieurs raids aériens dans la région, méfiant de la prise de pied du PKK à Sinjar depuis son arrivée pour aider les Yézidis contre l’État islamique en 2014.
 
Simultanément, le PKK a été accusé d’avoir assassiné un haut responsable de la sécurité kurde irakienne à son domicile dans un village près de Dohuk le 8 octobre, une affirmation que le groupe a démentie . Plus tard dans le mois, le Conseil de sécurité du Kurdistan a annoncé que 17 suspects , dont une douzaine avec des liens avec le PKK, avaient été arrêtés pour avoir comploté des attaques contre des missions diplomatiques et des entreprises dans la région. Pourtant , des membres du conseil représentant l’Union patriotique du Kurdistan (PUK) – le principal rival politique du PDK, qui a été en meilleurs termes avec le PKK – ont déclaré qu’ils n’étaient pas au courant de tels complots.
 
Selon des sources du PKK qui se sont entretenues avec Al-Monitor, le déploiement kurde irakien à Gare vise à aider la Turquie à étendre ses opérations militaires contre les zones des camps du PKK, en cours depuis l’année dernière et se concentrant sur Haftanin, juste de l’autre côté de la frontière. La décision d’encercler la gare, disent-ils, vise à couper la zone de Metina, qui se trouve au nord-ouest de la gare, et ainsi faciliter la descente des forces turques sur Metina depuis Haftanin.
 
Les médias turcs ont présenté les déploiements comme des préparatifs du KRG pour une opération militaire globale contre le PKK, rapportant que les camps du PKK ont été encerclés et leurs routes vers l’intérieur des terres coupées.
 
Le commandant du PKK, Murat Karayilan, a également déclaré que les actions du PDK semblaient être des préparatifs de guerre. «Ils veulent stationner des forces partout où nous sommes basés. … Si cela continue ainsi, la perspective que tout cela se transforme en guerre ne sera pas lointaine. Personnellement, je n’aimerais pas ordonner [aux militants du PKK] de cibler les Kurdes », a-t-il déclaré dans une interview télévisée la semaine dernière. Karayilan a rejeté les critiques selon lesquelles le PKK bafoue l’autorité du KRG, vise ses institutions et met en péril les gains kurdes en Irak. Si la Turquie dépasse le PKK, a-t-il prévenu, Erbil sera le prochain sur la liste.
 
Les poids lourds du PDK ont rétorqué que le PKK fournissait à la Turquie un prétexte pour étendre sa présence militaire au Kurdistan irakien. Rebwar Babkeyi, chef de la commission des affaires étrangères du Parlement kurde, a déclaré: «La manière pour le PKK de montrer son respect aux institutions du Kurdistan est de quitter le territoire du Kurdistan. … La présence du PKK dans les zones frontalières a provoqué l’évacuation des villages et attiré les troupes turques à l’intérieur de nos frontières.
 
Les politiciens et les intellectuels ont appelé à la retenue, alarmés par le spectre d’un autre épisode de fratricide après l’effusion de sang intra-kurde dans les années 1990. Mihemed Emin Pencewini, qui faisait alors la médiation entre les groupes kurdes en conflit, a averti qu’une flambée entre le PDK et le PKK pourrait éventuellement engloutir tous les Kurdes , exhortant tout le monde à agir de manière responsable pour éviter une crise qui «pourrait faire reculer la cause kurde d’un demi-siècle.»
 
L’analyste politique Mustafa Sefik, un vétéran des mouvements kurdes, a déclaré à Al-Monitor que le PKK devient de plus en plus un fardeau pour le Kurdistan irakien. Il a cité trois facteurs principaux sous-tendant l’envoi de troupes par le PDK à Gare. Premièrement, a-t-il soutenu, les actions du PKK conduisent à l’expansion des opérations militaires turques. Deuxièmement, en raison de la pression croissante de la Turquie du nord, le PKK s’enfonce plus profondément dans le Kurdistan irakien. Et troisièmement, le PKK utilise sa puissance militaire pour subjuguer d’autres groupes.
 
Selon Sefik, le PDK a réalisé que chaque fois que le PKK est pressé en Turquie, il tourne son attention vers le Kurdistan irakien. «On aurait pu appeler cela une erreur tactique si cela s’était produit une ou deux fois. Mais la cohérence suggère qu’il s’agit d’une stratégie », a déclaré l’analyste. Le PKK, a-t-il souligné, a donné à la Turquie des raisons d’intervenir à la fois au Kurdistan irakien et dans les zones kurdes de Syrie. «Cela inquiète le gouvernement du Kurdistan», a-t-il déclaré.
 
De plus, le PKK prend parti dans les problèmes intérieurs du Kurdistan irakien, a noté Sefik. «Le PKK s’est toujours opposé au KDP. Il a toujours poussé l’UPK contre le KDP et pris le parti d’autres adversaires du KDP. … Il n’a jamais tenu compte des sensibilités du [Kurdistan irakien] », a-t-il déclaré. «Le PKK et les forces [kurdes irakiennes] ont fait la guerre quatre fois au cours des années. C’est un prix suffisamment élevé pour ne plus faire la même erreur.»
 
Une source kurde d’Erbil qui a demandé l’anonymat, a fait valoir qu’il était difficile pour la Turquie d’intervenir à Gare parce que la zone est éloignée de la frontière, mais a souligné que les propres préoccupations du PDK avaient un rôle dans son déploiement de forces spéciales et de commandos dans la région. Selon la source, le KDP se méfie de la présence croissante du PKK à l’extérieur des campings, y compris des équipes spéciales présentes dans la zone entre Gare et Soran, et des interactions avec les Kurdes locaux malgré son engagement à s’abstenir de chercher une base populaire pour lui-même en Irakien. Kurdistan.
 
Le but des environs de la Gare, a déclaré la source, est de couper la route du PKK vers l’est vers Soran et d’entraver ses mouvements vers l’ouest vers le nord-est de la Syrie, sous contrôle kurde.
 
Une source proche du PKK, quant à elle, a déclaré que les forces spéciales s’étaient partiellement retirées à la suite d’une brève escarmouche au sud de Dinarta et que des contacts avaient commencé entre les deux parties après l’intervention de médiateurs indépendants pour désamorcer les tensions.
 
Dans l’ensemble, le KDP estime que le PKK met en péril les acquis constitutionnels du Kurdistan irakien en attirant sa guerre avec la Turquie vers le sud, tandis que le PKK maintient le problème kurde transnational et que l’avenir des Kurdes doit être traité dans son ensemble. Des visions politiques divergentes ajoutent à l’incompatibilité, et les interventions de la Turquie en sont venues à raviver d’anciennes animosités poussées sous le tapis, évoquant de nouveaux scénarios fratricides.
 
Publié en anglais sur Al Monitor

Des soldats turcs exécutent un paysan kurde de 60 ans

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TURQUIE / BAKUR – Şerali Dereli, un Kurde de 60 ans, a été assassiné dans le village d’Awyan (Duranlar) à Hakkari / Yüksekova, le 29 octobre, alors qu’il se rendait à son étable s’occuper de son cheval et de son poulain à 50 mètres de son domicile.
 
Le neveu de Şerali Dereli, qui a été assassiné par des soldats turcs dans la ville d’Esendere, a déclaré: «Ils ont tiré sur mon oncle avec une arme à feu. Mon oncle était un homme de 60 ans et n’avait commis aucun délit. »
 
Selon les témoignages, le corps de Şerali Dereli, qui a été assassiné par des soldats, était recouvert d’un camouflage militaire et les soldats se tenaient autour du corps avec leurs armes.
 
Le neveu de Dereli qui a filmé le corps de son oncle a déclaré : « C’est mon oncle allongé sur le sol. Ils ont tiré sur mon oncle à 20-30 mètres au-dessus du village. Ils ne nous rendent pas son corps. Ce sera aux infos demain; ils diront que des explosifs C-4 ont été trouvés dans sa main. Mais mon oncle est un homme de 60 ans et n’a commis aucun crime. Ils nous ont tiré dessus, ils nous ont gazés (…). »
 
La personne sur la vidéo, tout en allant chercher le corps, a déclaré qu’elle avait également été tirée dessus avec des armes à feu et du gaz.
 
De nombreux soldats armés sont vus dans la vidéo tandis que les proches de Dereli crient.
 

Des soldats turcs tuent un kolbar kurde et en blessent un autre

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IRAN / TURQUIE – Les forces des régimes turc et iranien poursuivent leurs attaques meurtrières contre les kolbars kurdes à la frontière turco-iranienne.
 
Des soldats turcs ont ouvert le feu sur deux kolbars (les personnes qui portent sur leurs dos de la marchandise à travers les frontières iraco-turco-iraniennes qui divisent le Kurdistan) dans la zone frontalière entre le village de Güldalı (Bilindbasan) dans le district de Yüksekova à Hakkari et le village de Koranê dans la province d’Urmiya au Kurdistan oriental.
 
Les frères Mosleh Kasimî (23 ans) et Mohsin Kasimî (22 ans) ont été blessés par le feu alors qu’ils traversaient le village de Koranê à la frontière turque.
 
Alors que les kolbars blessés étaient emmenés à l’hôpital d’État de Hakkari, Misleh Kasimî a perdu la vie et son corps a été placé à la morgue.
 
Mislim Kasimî, en revanche, serait dans un état stable après avoir été touché par deux balles dans la jambe gauche.
 
Kemal Alizade, un parent des frères kolbar a déclaré que l’incident a eu lieu vers 4 heures du matin hier matin. Il a rapporté que ses proches avaient été abattus par des soldats turcs alors qu’ils rentraient chez eux après avoir laissé leurs chargements dans la zone frontalière. (ANF)
 
Bien qu’illégal, le kolbari est une pratique locale qui est depuis longtemps acceptée comme normale dans les régions kurdes économiquement sous-développées où de nombreux habitants en dépendent pour survivre.
 
 

CDK-F: Erdogan, le nouveau calife de l’Islam politique, terrorise la France

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PARIS – Le président turc Erdogan qui s’auto-proclame défenseur des musulmans français et profère des menaces envers la France fait rire jaune les Kurdes (majoritairement musulman d’ailleurs) qui sont massacrés par la Turquie et ses gangs islamistes au Rojava et dans d’autres régions du Kurdistan au nom du national-islamisme turc. Les voix s’élèvent contre ce Tartuffe ottoman.
 
Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a publié un communiqué appelant à agir concrètement contre les menaces d’Erdogan visant la France:
 
« Depuis quelques temps, le président turc Erdogan fait la une de l’actualité mondiale, avec ses menaces et ses agressions.
 
Alors que le monde commence à découvrir le vrai visage d’Erdogan, les Kurdes eux, subissent depuis de nombreuses années, l’oppression, les arrestations, la torture, les massacres et toutes sortes de violences ordonnées par Erdogan et son gouvernement.
 
Notre structure a toujours communiqué sur la répression exercée par le régime d’Erdogan et alerté à maintes reprises sur ses intentions et ses inspirations idéologiques. Nous avons notamment montré comment Erdogan instrumentalisait l’Islam au service des intérêts de la Turquie.
 
Nous avons crié haut et fort l’ingérence turque en France, à travers les mosquées, les écoles, les associations. Nous avons dénoncé l’exportation en France, via ces structures, de la répression exercée contre les Kurdes et l’opposition en Turquie. Nous avons pointé du doigt les activités de renseignement menées sous le manteau de ces structures qui permettent de ficher les militants kurdes et les opposants à Erdogan sur le territoire français, mettant leur vie et leur sécurité en danger.
 
Après qu’Erdogan ait dit « Macron, tu n’as pas fini d’avoir des ennuis avec moi », la France a été touchée par une vague d’attentats effroyables sur fond d’une colère anti-française attisée par le sultan turc dans tout le monde musulman. Par ailleurs, dans plusieurs villes de France, des manifestations anti-arméniennes ont été organisées par les sympathisants d’Erdogan.
 
Aujourd’hui, nous traversons une période d’insécurité sans précédent créée délibérément par Erdogan qui ne cesse de proférer des menaces contre la France, des menaces considérées comme des ordres par ses partisans, les loups gris et les djihadistes qui sont passés à l’acte dans différentes villes de France.
 
Ce n’est pas un hasard si, suite aux déclarations haineuses du Président turc, ses sympathisants islamo-fascistes sont descendus, après Décines et Vienne, dans les rues de Dijon, aux cris de « Allah u Akbar », alors que, le matin-même, un homme et deux femmes avaient été décapités à Nice, dans un attentat djihadiste épouvantable.
 
Alors que les services de renseignement français connaissaient parfaitement l’implication des Loups gris dans le triple assassinat des militantes kurdes en 2013, à Paris, aucune mesure n’a été prise contre l’implantation et la prolifération de ce mouvement fasciste dans l’hexagone.
 
Nous ne cessons de le répéter : Erdogan est un danger pour l’humanité, la paix, la liberté et la démocratie. Il est plus temps qu’on nous entende !
 
Il est temps de comprendre que de simples condamnations ne suffiront pas à mettre fin à la menace d’Erdogan. Il faut des actes concrets, des mesures fortes !
 
Soyons unis contre le fascisme d’Erdogan !
 
Paris, le 2 novembre 2020″

ROJAVA. Pourquoi la Turquie arrête-t-elle ses propres collabos à Afrin?

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ROJAVA – AFRIN – Les arrestations, les disparitions et les enlèvements sont quotidiens dans le canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie et ses mercenaires islamistes. Depuis l’invasion et l’occupation de l’enclave kurde par la Turquie en mars 2018, des milliers de personnes – des centaines au cours des deux derniers mois seulement – ont été enlevées par les gangs soutenus de la Turquie.
 
Mais ces dernières semaines, on assiste à l’arrestation des collabos kurdes qui ont accepté d’être des représentants politiques de la Turquie à Afrin. Des dizaines d’arrestations ont visé les membres kurdes des conseils de procuration que la Turquie a mis en place dans la région pour légitimer son occupation, y compris de nombreux membres du bloc d’opposition du Conseil national kurde (ENKS) , qui est lié à l’opposition syrienne contrôlée par la Turquie. Les Arabes transférés dans la région par la Turquie en provenance d’autres régions de Syrie ont également été arrêtés, et on estime qu’entre 20 et 25 membres de conseils locaux ont été détenus à ce jour.
 
Bien que des politiciens kurdes travaillant avec l’appareil turc à Afrin aient parfois été détenus, il est sans précédent de voir un aussi grand nombre d’arrestations ciblant les propres représentants politiques de la Turquie à Afrin. Parmi les raisons possibles, citons l’opposition de la Turquie aux négociations en cours entre l’ENKS et le Conseil démocratique syrien (DDC) dirigé par le PYD, la colère turque face à un nouveau rapport des Nations unies mettant en lumière les atrocités commises par ses milices en Afrin et ailleurs, et de nouvelles tentatives de reconfigurer la composition ethnique et l’infrastructure politique d’Afrin en faveur de la Turquie.
 
Quels sont les conseils locaux visés ?
 
Afrin faisait auparavant partie de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES), les régions autonomes non contiguës du Nord et de l’Est de la Syrie organisées sur la base d’une démocratie locale et décentralisée et représentées diplomatiquement par par le Conseil démocratique syrien (DDC). L’attaque de la Turquie contre Afrin en 2018 a entraîné la mort de centaines de personnes et le déplacement forcé de centaines de milliers. Le déplacement s’est fait sur une base ethnique visant principalement les Kurdes, en plus des minorités yézidies, chrétiennes et alévis.
 
Aujourd’hui, des conseils contrôlés par la Turquie ont été créés pour remplacer le système AANES de communes et de conseils locaux. Dans les régions Sous le contrôle nominal de ces conseils, le pouvoir réel est retenu par la Turquie, à travers le contrôle direct des organes politiques locaux, l’exploitation descendante des ressources économiques, et la gouvernance par procuration « dépendant du soutien politique, économique et militaire de la Turquie pour leur survie ». Dans le même temps, les milices contrôlées par la Turquie se voient accorder une autonomie limitée pour piller et extorquer de l’argent à la population locale.
 
Les nouveaux conseils établis par la Turquie ne sont donc guère plus qu’une feuille de vigne pour l’occupation. Ils ont tendance à sous-représenter la population kurde et sont principalement composés d’individus ayant des liens politiques avec la Turquie, ou des intérêts économiques dans le pillage continu des ressources naturelles d’Afrin. Ils sont également très majoritairement masculins, le comité général des conseils locaux sélectionnés en avril 2018 comptant 100 hommes et seulement sept femmes, alors que le système AANES prévoit une parité hommes-femmes de 50-50.
 
Qui est l’ENKS et que fait-il à Afrin?
 
La politique kurde en Syrie n’est pas monolithique. A Afrin, comme dans d’autres régions syriennes à majorité kurde, une majorité de Kurdes locaux ont soutenu le PYD, en particulier après la période révolutionnaire de 2012, lorsque Afrin est rapidement devenue la région la plus progressiste et la plus développée politiquement au sein même de l’AANES.
 
Mais comme ailleurs dans le nord et l’est de la Syrie (NES), les partis de l’époque, sous l’influence du PDK de Masoud Barzani, un parti nationaliste kurde dominant dans le Kurdistan irakien voisin, étaient également soutenus par une minorité d’Afrinois. Lorsque la Turquie a lancé son assaut, cette coalition « ENKS » a suscité l’opprobre dans tout le Kurdistan en raison de son affiliation politique avec les forces utilisées par la Turquie pour lancer son assaut contre les Kurdes d’Afrin.
 
Depuis l’occupation, les membres de la branche de l’ENKS sont restés à Afrin, travaillant aux côtés des forces soutenues par la Turquie dans des fonctions politiques et civiles. Ces personnes ont été arrêtées, notamment Hussein Ibesh, chef de la branche africaine de l’ENKS. Les commandants de petites forces kurdes utilisées de la même manière par la Turquie pour blanchir ses déplacements forcés de la population kurde ont également été disparus par leurs propres alliés.
 
Pourquoi cette nouvelle vague d’arrestations ?
 
La récente vague d’arrestations visant les membres des conseils locaux est cependant inhabituelle. « Les forces turques et les groupes armés syriens qu’elles soutiennent continuent de commettre de nouvelles violations… arrêtent et kidnappent des citoyens contre rançon… empêchent leurs familles de connaître le lieu ou les raisons de leur détention, refusent de les traduire en justice et les empêchent de désigner un avocat », explique Hassan Hassan de l’Organisation des droits de l’Homme – Afrin au RIC.
 
M. Hassan suggère que la nouvelle vague d’arrestations est probablement liée aux négociations entre la DDC d’une part, et l’ENKS d’autre part, car la Turquie fait « pression sur la partie ENKS pour qu’elle ne conclue aucun accord » avec la DDC. Ankara est irrité par ces pourparlers parrainés par les États-Unis, qui visent à établir un nouveau corps politique kurde unifié en Syrie pour compléter le système multiethnique de l’AANES et de la DDC. L’arrestation de membres de rang intermédiaire de l’ENKS à Afrin est une façon pour Ankara d’exprimer son mécontentement quant à la participation de l’ENKS à ce « dialogue kurde ».
 
Tout en partageant l’avis de M. Hassan, le chercheur indépendant Caki suggère en outre que certaines de ces personnes pourraient être soupçonnées d’avoir fourni des informations aux Nations unies pour un récent rapport très médiatisé documentant les violations massives des droits de l’homme, les atrocités et les crimes de guerre potentiels perpétrés par les factions soutenues par la Turquie à Afrin et ailleurs, souvent en présence des forces turques. La Turquie a l’habitude de prendre pour cible et de faire disparaître toute personne soupçonnée de transmettre des informations sur la situation dans les régions occupées à des journalistes ou à des chercheurs sur les droits de l’Homme.
 
Enfin, M. Hassan ajoute que « la Turquie tente de remodeler ces conseils sous domination turkmène », dans le cadre des efforts en cours pour créer une « ceinture turkmène » à Afrin sous l’influence des milices turkmènes qui sont les partenaires privilégiés d’Ankara parmi les dizaines de milices sunnites qu’elle a déployées lors de l’invasion et de l’occupation de la SNE. Ainsi, les membres kurdes et même arabes du Conseil sont démis de leurs fonctions pour faire place à des remplaçants turkmènes alors que la Turquie consolide son contrôle de facto sur la région.
 
Qui est arrêté ?
 
Les arrestations ont visé des dizaines de membres de conseils locaux dans les villes de Jinderes, Mabatli et Rajo. À Jinderes, la première arrestation importante a eu lieu le 9 septembre et visait Subhi Rizq, président du conseil contrôlé par la Turquie, ainsi que huit autres membres du conseil et des affiliés. Tous ces individus étaient membres de l’ENKS et trois d’entre eux ont été libérés, tandis que l’on ignore toujours où se trouvent les six autres.
 
À Mabatli, onze membres du conseil local ont été arrêtés en septembre ; le vice-président du conseil local, Salah Shabo, a été arrêté le 12 octobre, ainsi que six autres membres du conseil, notamment ceux qui travaillent dans les secteurs de l’humanitaire, de l’éducation et des marchés publics ; et quatre autres membres du conseil, dont le président Abdul Mutalib Sheikh Nassan, ont été arrêtés le 14 octobre.
 
Des arrestations similaires ont visé des membres du conseil à Rajo. D’autres personnes travaillant avec l’appareil turc à Afrin ont également été ciblées. Le mukhtar (chef de village) kurde Nabi Jafar Omar a également été saisi par les services de renseignement turcs, malgré son soutien et sa légitimation antérieurs de la présence turque à Afrin. Entre-temps, le 1er octobre, une série d’arrestations à Istanbul a visé 11 partisans kurdes de l’ENKS résidant désormais en Turquie.
 
Et maintenant ?
 
Cette série d’arrestations s’inscrit dans le cadre de tendances plus larges. Ces dernières années, la Turquie a arrêté des dizaines de milliers de politiciens et de législateurs kurdes élus, même à l’intérieur de ses propres frontières. Ces arrestations doivent également être considérées dans le contexte d’une nette augmentation des disparitions menées par la Turquie et ses mandataires à Afrin au cours des derniers mois. L’Organisation des droits de l’homme – Afrin a documenté plus de 200 disparitions rien qu’en août, tandis que l’organisation « Syrians for Truth and Justice » a documenté 116 disparitions en septembre 2020, dans un contexte d’augmentation constante du nombre de disparitions d’un mois à l’autre.
 
Néanmoins, il est inhabituel de voir la Turquie cibler des membres de son propre appareil politique de manière aussi systématique. Ces arrestations sont probablement motivées par le désir de la Turquie de mettre en péril les tentatives de pourparlers d’unité entre les Kurdes syriens actuellement en cours – des pourparlers motivés, en partie, par le désir de s’unir contre la menace d’une nouvelle invasion turque.
 
Mais elles serviront également à renforcer le programme de la Turquie de changement démographique forcé à Afrin. Alors que la Turquie continue à consolider son occupation de facto de la région et à renforcer les milices turkmènes qu’elle y a installées, même les Kurdes qui ont choisi de travailler aux côtés de la Turquie semblent être sacrifiables.
 

ROJAVA. Renfonçons la solidarité féminine contre l’occupation et le génocide

SYRIE / ROJAVA – Les femmes kurdes et arabes, ainsi que celles issues des autres peuples et minorités religieuses de la Syrie se sont organisées afin de combattre l’occupation turco -djihadiste dans le nord de la Syrie. Ces femmes qui sont le ciment même de la révolution du Rojava appellent les autres femmes à apporter leur soutient par de-là les frontières afin de lutter contre le colonialisme turc et le génocide du peuple kurde.
 
Voici l’appel du KONGRA STAR, le Mouvement des femmes du Rojava:
 
« Appel au renforcement de la solidarité des femmes contre l’occupation et le génocide !
 
Le 9 octobre 2020, nous, Kongra Star, le mouvement des femmes du Rojava, avons lancé une campagne sous le slogan « Non à l’occupation et au génocide, nous défendrons les femmes et la vie », étant donné que le jour de l’annonce de la campagne coïncide avec l’anniversaire de l’occupation turque et de ses factions sur Serê Kaniyê (Ras al-Ain) et Girê Spî (Tel Abyad). Elle se poursuivra jusqu’au 9 janvier, jour où les trois combattants, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemes, ont été tués dans la capitale française, Paris, par les services secrets de l’État fasciste turc. Nous sommes convaincus que les féminicides auxquels les femmes sont confrontées par la mentalité patriarcale se situent à un niveau mondial.
 
Notre campagne a été lancée initialement pour coordonner toutes les organisations de femmes au niveau interne (Nord et Est de la Syrie), pour former un corps unifié qui fait face à tous les défis et difficultés, pour élever le niveau de lutte et de résistance, et pour mener des activités communes à cet égard.
 
En raison de notre croyance dans l’héritage d’une histoire unifiée des femmes, pleine de luttes pour la liberté et la justice sociale des femmes, les femmes du monde entier ont fait des sacrifices, et il est nécessaire de mentionner ce que la révolution du Rojava (Syrie du Nord et de l’Est), connue comme la révolution des femmes, a fait en termes de sacrifices et de gains pour les femmes, qui rend ces gains aux femmes du monde entier, ajoutant à l’histoire des femmes une valeur fondamentale dans leur lutte.
 
Ainsi, la campagne de signatures* [valable jusqu’au 25 novembre], Journée de la lutte contre la violence à l’égard des femmes, au cours de laquelle seront annoncés les noms des organisations qui soutiennent notre campagne, représente la nécessité d’obtenir le soutien des organisations féministes internationales pour protéger les acquis de la révolution des femmes et de s’opposer à toutes les formes d’occupation, de génocide, d’impérialisme et de fascisme qui pratiquent toutes les formes d’oppression, avec une vision et un silence internationaux et par toutes les organisations internationales des droits humains.
 
Salutations de la révolution féminine du Rojava ! »
 
*Si vous souhaitez signer la campagne, cliquez ici