SANTÉ. Les femmes guérissent avec les femmes
L’État turc utilise l’eau comme une arme de guerre contre le Rojava
Le fleuve est pollué
Hêvin Şêyho a noté que la zone environnante du fleuve était extrêmement polluée avec la diminution de l’eau. Şêyho a déclaré que la pollution autour du fleuve affecte négativement la santé humaine et provoque des maladies de la peau, ajoutant que Kobanê et Deir ez-Zor sont les zones les plus endommagées.
Dégâts environnementaux
Şêyho a déclaré que les coupures d’eau ont progressivement augmenté depuis le début de la crise syrienne: « 80% des terres agricoles ont été affectées par une pénurie d’eau, ce qui a mis fin à la production d’électricité. La plupart des habitants du nord et de l’est de la Syrie vivent de l’agriculture. De plus, les créatures vivantes du fleuve en subissent les effets. Certaines espèces de poissons sont en danger d’extinction. De nombreux projets de la commission de l’environnement ont également été arrêtés en raison de la pénurie d’eau. »
Şêyho a souligné que l’État turc utilise l’eau comme chantage. « Toutes les institutions internationales et les organisations juridiques devraient faire pression sur l’Etat turc pour qu’il mette fin à ce crime », a-t-elle ajouté.
L’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est a déclaré dans un communiqué que si l’État turc continue de réduire le niveau de l’eau, ils risquent de faire face à une crise humanitaire.
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« La lutte des femmes au Rojava est une réalité quotidienne »
Les réalisations féminines concrétisées par les femmes kurdes, arabes, turkmènes, arméniennes… au Rojava ne cessent de donner de l’espoir aux femmes dans les quatre coins du monde.
L’agence ANHA a interviewé l’eurodéputée suédoise à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes et de ce qu’elle pensait de la révolution féministe du Rojava. Malin Anna Björk a déclaré que le 8 mars est un jour dans l’année, mais que la lutte des femmes est une réalité quotidienne et que de nombreuses réalisations féministes se sont matérialisées au Rojava.
Concernant le 8 mars, que dire de ce jour?
MAB : Je pense que le 8 mars, pour nous tous et toutes, est le moment de célébrer les réalisations pour les droits des femmes, la lutte féministe, toutes les femmes qui se sont battues avant nous et toutes les luttes qui se poursuivent encore pou un accès égal à l’économie et pour une vie libérée de la violence. Je pense que la lutte des femmes kurdes est une inspiration à bien des égards pour beaucoup d’entre nous bien au-delà du Rojava.
Comment la révolution du Rojava façonne le 8 mars ?
MAB : Le 8 mars est un jour de l’année, mais la lutte féministe continue tous les jours de l’année, et dans ce sens, beaucoup d’entre nous ont pu suivre et obtenir des informations sur ce qui se passe au Rojava et sur la structure des pouvoirs patriarcaux qui a été démantelée. Et comment la démocratie locale a été installée avec des coprésidents, avec une autodéfense de manière féministe pour l’auto-gouvernance, l’auto-décision qui sont des visions extrêmement importantes non seulement pour les femmes mais pour l’ensemble de la société. Je pense que le Rojava nous a montré que la vision féministe peut inspirer toute la société visant à jeter les bases d’une société plus démocratique, plus égalitaire et plus juste et que la lutte féministe est au cœur de cela.
Comment la révolution du Rojava a façonné le monde dans son ensemble?
MAB : Je pense que la façon dont la vision féministe a pu façonner la gouvernance locale et la question d’autodéfense sont des noyaux qui peuvent inspirer la lutte féministe à travers le monde, en particulier à un moment où nous sommes confrontés à des régimes très autoritaires dans certaines parties du monde. Nous nous sommes débarrassées de Trump mais nous avons toujours Bolsonaro, nous avons Orban en Hongrie, et en tant que féministes nous savons que nous avons certaines des réponses sont en train d’être mises en place au Rojava : des assemblées locales, des coprésident.e.s,et ces modes d’organisation peuvent être source d’intérêt partout dans le monde.
Comme la révolution du Rojava a été calquée sur les idées du chef Ocalan qui est toujours détenu à la prison de l’île d’Imrali, que pouvez-vous dire à ce sujet?
MAB : Nous sommes très préoccupés par le fait que le processus de paix a été complètement sapé par le régime turc qui attaque non seulement le Rojava et très récemment les membres du HDP en Turquie. Cela fait partie d’un problème plus vaste de l’oppression contre le peuple kurde et contre tous les opposants politiques. L’isolement d’Ocalan et la fin du processus de paix et des pourparlers de paix sont un grand malheur. C’etait nécessaire pour pouvoir avancer et au lieu de cela, le régime turc a choisi une position totalement différente avec une répression accrue sur tout opposant politique. Nous le dénonçons au niveau de l’UE et nous dénonçons également le soutien de l’UE au régime Erdogan qui rend la situation extrêmement difficile et nous critiquons la persécution des membres du HDP, des militants kurdes, des journalistes et de la société civile.
Que pouvions-nous faire en ce qui concerne les crimes commis par la Turquie et les mercenaires contre les femmes dans les territoires occupés?
MAB : l’Europe a une grande responsabilité parce qu’elle a choisi de collaborer et même de payer la Turquie pour empêcher les migrants et les réfugiés de quitter la Turquie pour l’UE. Je pense aussi que le silence de l’UE quand Erdogan a attaqué le nord de la Syrie et le Rojava est impardonnable. Nous aimerions voir l’arrêt des transferts d’argent vers le régime. La Turquie est un pays membre de l’OTAN et c’est un problème. Mon pays, la Suède n’est pas membre de l’OTAN. Et c’est un problème de voir que les pays de l’OTAN détournent leur regard lorsque la Turquie attaque la communauté kurde du nord de la Syrie en utilisant son armée pour faire la guerre.
N’est il pas urgent qu’un comité d’établissement des faits soit envoyé à Afrin, Sere Kaniye et Gire Spi pour mettre fin à la barbarie à l’égard des femmes?
MAB : Très peu de rapports sont publiés sur ce qui se passe réellement. Une mission d’enquête serait très utile, même si l’on inclut différents pays. Le fait que les armées autoritaires d’occupation et les forces armées attaquent les droits et le corps des femmes sont un élément de chaque conflit armé contre lequel nous devons nous battre pour le stopper.
Qu’attend la révolution du Rojava du monde entier ?
MAB : Tout le monde, les féministes certainement, mais aussi les personnes au-delà des luttes féministes, doivent reconnaître que nous devons défendre la paix et la démocratie et que si nous sommes sérieux, nous devons soutenir les femmes du Rojava dans leur revendication de droits, d’autonomie et de gouvernance locale et pour la démocratisation de la société, nous, en tant que communauté mondiale, sommes avec et par les femmes du Rojava.
De quoi le Rojava a-t-il besoin pour se répandre dans le monde?
MAB : Pour pouvoir diffuser les pratiques féministes et démocratiques mises en place au Rojava, nous devons pouvoir nous rencontrer. J’attends avec impatience la rencontre entre les différents mouvements féministes pour qu’ils entendent ce qu’est la lutte féministe dans le nord de la Syrie, qu’ils puissent voir les nombreux modèles qui sont en train d’être inventés, que nous apprenions ce qui se passe au Rojava pour assurer qu’ils s’étendent à travers le monde et vous en êtes devez le principal acteur, j’attends cela avec impatience.
Dernier appel pour le 8 mars, au Rojava ?
MAB : Pour les célébrations de la Journée internationale des femmes au Rojava, je vous souhaite de célébrer toutes les victoires que vous avez déjà remportées, tous les changements et la démocratisation de vos sociétés. Je vous souhaite de rassembler vos forces et d’élargir notre lutte féministe afin que nous puissions nous tendre la main et travailler ensemble pour un agenda féministe plus fort non seulement dans votre région mais aussi en Europe et au-delà.
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« La clé de la libération des femmes réside dans la révolution du Rojava »
Après la révolution dans le nord et l’est de la Syrie, des gens du monde entier sont venus dans la région pour défendre la révolution, y participer de nombreuses manières et en tirer des leçons. Alors que certains des internationalistes sont retournés dans leur pays pour partager leurs expériences et leurs connaissances, beaucoup d’entre eux sont toujours au Rojava. L’un de ces internationalistes est Şervin Nûdem d’Allemagne. Elle travaille à l’Académie de Jineolojî au Rojava depuis cinq ans.
« Petits pas et grands rêves »
Şervîn Nûdem raconte à l’agence de presse ANHA que la révolution a commencé par de petits pas et de grands rêves: « Au Rojava, des changements profonds se sont produits en peu de temps, à la fois dans la vie des femmes et dans la société dans son ensemble. Il y a eu des réalisations très positives, comme la libération des femmes et dans de nombreux autres domaines. En fait, cette révolution est devenue connue principalement sous le nom de révolution des femmes. Ce processus révolutionnaire est toujours en cours. »
« La révolution du Rojava est sur des bases solides »
Şervîn poursuit: « Au début du XXe siècle, des révolutions similaires à celles du Rojava se sont produites. Mais ces révolutions, dans lesquelles les travailleurs et les femmes étaient défendus et le fascisme écrasé, n’ont pas duré. La révolution du Rojava est basée sur l’expérience de 40 ans. d’Abdullah Öcalan et du mouvement de liberté kurde. C’est pourquoi sa fondation est solide. Depuis le premier jour de la révolution jusqu’à aujourd’hui, les femmes s’expriment dans tous les domaines. Contrairement au système étatique, les peuples vivent ensemble librement dans ce système. »
« Diffuser le message des femmes du Rojava dans le monde »
L’internationaliste souligne que les activités du 8 mars sont également affectées par la situation pandémique. Elle précise: « Dans de nombreux endroits du monde, les femmes ne peuvent se réunir que virtuellement. Pendant la lutte infructueuse contre la pandémie, les femmes ont été repoussées dans l’espace domestique. Au Rojava, les femmes célèbrent le 8 mars avec de nombreux événements. Il y a des festivals, des tables rondes, des manifestations et des célébrations colorées. J’espère que la pandémie prendra fin dans le monde le plus tôt possible et que de telles activités seront à nouveau possibles partout. Nous diffuserons le message des femmes du Rojava dans le monde entier. »
« Au Rojava, chaque jour est le 8 mars »
Concernant la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, Şervîn Nûdem déclare: « Nous ne pouvons pas limiter la lutte ici à un seul jour. Nous pouvons considérer cette journée comme une expression du travail de toute l’année. En ce qui concerne la liberté des femmes, le Rojava est en première ligne dans le monde. C’est grâce à Abdullah Öcalan, qui a livré son idéologie de libération des femmes aux femmes le 8 mars 1998, il y a 23 ans. En fait, la révolution du Rojava s’est construite sur cette base. »
« La révolution du Rojava se développe »
« La révolution du Rojava se développe à un moment où la santé des gens est menacée, la nature est détruite et la violence à l’égard des femmes augmente. Les communes, les conseils, les comités et l’auto-gouvernance ouvrent la voie aux femmes du monde entier. Les femmes doivent renforcer leur lutte dans le monde entier. »
« Défendre la révolution du Rojava, c’est défendre l’espoir »
Şervîn Nûdem souligne l’importance de campagnes comme Women Defend Rojava, en disant: « Défendre la révolution du Rojava signifie défendre l’espoir. Il y a eu de nombreux types de révolutions dans l’histoire du monde. La révolution du Rojava est basée sur l’écologie, la démocratie, la vie communautaire et la libération des femmes. Ces points sont débattus dans le monde entier. Des conseils se forment maintenant de l’Amérique latine à l’Inde. Les sociétés n’ont plus d’attentes vis-à-vis des gouvernements. Contre les attaques, il est important d’assurer l’unité. La révolution du Rojava a a eu un impact sur les luttes des femmes en Afghanistan, en Pologne et en Bolivie. Les femmes se sont unies dans la lutte. Ensemble, nous sommes fortes. Nous devons ressentir la souffrance de toutes les femmes du monde comme la nôtre. »
TURQUIE. 72 journalistes ont comparu devant les tribunaux en février
L’Association des journalistes Dicle Firat (Dicle Fırat Gazeteciler Derneği, DFG) a publié son rapport mensuel sur la répression contre les journalistes en Turquie.
Le rapport révèle que des journalistes ont fait l’objet de détentions, d’arrestations, d’enquêtes, de poursuites, de peines de prison, forcer les journalistes à devenir des informateur de la police, d’attaques et de menaces.
Soulignant que les tribunaux turcs manquent d’indépendance judiciaire, le rapport indique: « Nous appelons le pouvoir judiciaire à cesser d’utiliser les lois comme un » bâton « pour battre les travailleurs de la presse et rappeler que le journalisme n’est pas un crime mais le principal devoir des journalistes.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a récemment présenté le » Plan d’action pour les droits de l’homme « et des réformes juridiques. Si le gouvernement est sincère dans son discours de réforme, il peut commencer par libérer les journalistes en prison dans un premier temps. »
Le rapport soulignait que les activités journalistiques se poursuivraient avec la devise « Presse libre, société libre » contre l’oppression.
La DFG a célébré le 8 mars la Journée internationale de la femme des femmes journalistes.
Le rapport énumère les violations des droits contre les journalistes au mois de février:
6 journalistes ont été arrêtés,
1 a été emprisonné,
2 ont été agressés,
8 ont été maltraités,
2 ont été menacés,
2 empêchés de publier leurs articles.
4 visés par des enquêtes,
11 journalistes ont été jugés,
6 journalistes ont été condamnés à 26 ans d’emprisonnement,
2 journalistes ont été maltraités en prison,
85 journalistes sont en état d’arrestation
L’administration Biden doit soutenir les Kurdes