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Le Kurdistan peut-il répondre aux besoins énergétiques européens?

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Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les pays européens cherchent désespérément de trouver des alternatifs au gaz russe. Une des pistes étudiées par les Européens serait les champs gaziers de la province kurde de Kirkouk disputée par les milices pro-Iran, voire la Turquie… Pour la chercheuse Dastan Jasim, la quête du Kurdistan du Sud de devenir un exportateur de gaz naturel ne fonctionnera pas, ou du moins pas au profit des Kurdes.
 
Khor Mor exploité par Dana Gas à Chamchamal. Photo Dana Gas publiée par Kurdistan 24
 

Le Kurdistan peut-il répondre aux besoins énergétiques européens?

 

Alors que la Turquie lançait une nouvelle opération militaire dans la région du Kurdistan irakien (Kurdistan Region of Iraq – KRI) en avril, le Premier ministre de la KRI, Masrour Barzani, était loin des zones touchées par le conflit. Au lieu de cela, il était à Londres, où le Premier ministre britannique Boris Johnson l’a reçu lors d’une visite d’État officielle. Alors que les militants kurdes protestaient contre l’escalade turque et la politique du gouvernement régional du Kurdistan envers la Turquie, Barzani et Johnson ont discuté de deux autres sujets : les réfugiés et le gaz naturel.

La première préoccupation est à l’ordre du jour depuis un certain temps, alors que les Kurdes irakiens continuent de fuir en nombre croissant vers l’Europe. Ce dernier est un ajout plus récent au portefeuille de politiques du KRI.

Le KRI est déjà économiquement dépendant du pétrole, qu’il exporte principalement via la Turquie. Le gaz naturel, cependant, n’a pas été une priorité majeure jusqu’à présent, malgré l’existence de réserves dans l’est de la région. Ceci, cependant, commence à changer. En février, la compagnie pétrolière kurde irakienne KAR Group a conclu un accord avec l’administration KRI pour construire un pipeline reliant Khor Mor, un champ gazier près de Kirkouk, à Duhok et finalement à la Turquie.

Lors du Forum mondial de l’énergie du Conseil de l’Atlantique fin mars, le Premier ministre a présenté ses plans pour faire du KRI un exportateur majeur de gaz naturel et, en tant que tel, une solution à la crise énergétique massive à laquelle l’Europe est confrontée en raison de la guerre en Ukraine.

Obstacles pratiques

Ce qui n’a pas été mentionné, c’est le fait qu’il existe au moins quatre obstacles majeurs à ce projet qui le rendent irréalisable et, à long terme, dangereux pour la stabilité et la sécurité régionales.

Le premier obstacle est la médiocrité des infrastructures. L’exportation à grande échelle de gaz nécessite une configuration plus sophistiquée que celle qui existe dans une région où même l’entretien de base des autoroutes est négligé. La construction de pipelines ne suffit pas à elle seule à permettre des exportations à grande échelle, car le gaz naturel doit être traité pour être transportable.

On ne sait pas comment le KRI pourra se permettre les infrastructures de transport et de traitement nécessaires à la lumière des problèmes budgétaires et liés à la dette existants. De nombreux habitants craignent que, incapables de financer seuls le projet, les dirigeants de la région concluent des accords plus opaques et injustes, augmentant la corruption et les inégalités.

Le second est la disponibilité énergétique locale. Des entreprises comme Dana Gas, qui opère à Khor Mor et Chamchamal, traitent le gaz naturel de la région depuis les années 2000. Cela a été principalement utilisé à des fins domestiques dans le KRI, en particulier pour la production d’électricité.

La région n’a pas connu une seule année sans pénurie d’électricité depuis sa création et la demande ne cesse d’augmenter. Donner la priorité aux exportations de gaz tout en négligeant la demande intérieure risque d’exacerber les pénuries – une décision dangereuse à un moment où de nombreux Kurdes paient déjà des frais exorbitants aux producteurs d’électricité privés pour combler les lacunes.

Le troisième obstacle aux efforts du Premier ministre est une récente décision de la Cour suprême irakienne qui a conclu que la loi sur le pétrole et le gaz du Kurdistan (n° 22/2007) était inconstitutionnelle. Cette loi gérait et légitimait auparavant les exportations autonomes d’énergie du KRI.

La discussion sur la constitutionnalité de la manière dont les exportations d’énergie sont gérées entre Erbil et Bagdad est complexe. Le problème fondamental réside dans le fait que la Constitution irakienne de 2005 ne mentionnait que les « champs actuels ». Le statut des champs nouvellement développés aurait dû faire l’objet d’une législation commune entre Erbil et Bagdad qui n’a jamais été négociée avec succès. Au lieu de cela, le KRI a développé ses propres sources, tandis que l’Irak a mis en œuvre la loi sur la compagnie pétrolière nationale irakienne (n° 4/2018) et a refusé au KRI sa part de 17 % des revenus pétroliers nationaux.

L’Irak poursuit actuellement la Turquie en justice pour son rôle central dans les exportations de pétrole du KRI. La décision de la Cour suprême devrait renforcer leur dossier déjà favorable. Les autorités irakiennes s’emploient également à mettre en œuvre la décision sur le terrain, et les entreprises occidentales semblent disposées à s’y conforme.

La quatrième question est le rôle de l’Iran. Les milices irakiennes soutenues par l’Iran – et dans certains cas, les forces iraniennes elles-mêmes – ont attaqué des zones et des acteurs au cœur de cet enchevêtrement d’exportation d’énergie. En mars, une attaque au missile a visé la villa d’Erbil du PDG du groupe KAR, et en juin, une attaque à la roquette a touché le champ gazier de Khor Mor.

Alors que de nombreux analystes interprètent ces frappes comme des actes symboliques de résistance contre une prétendue menace, en réalité, l’Iran ne fait que défendre ses intérêts économiques. L’Iran est un important exportateur de gaz vers l’Irak. Si le KRI devait modifier l’équilibre du pouvoir économique à cet égard en devenant un important exportateur de gaz, l’influence de l’Iran sur la politique et l’économie de l’Irak serait diminuée.

Risques à long terme

Pour toutes les raisons décrites ci-dessus, importer du gaz naturel du KRI n’est pas une solution pragmatique à court terme à la crise énergétique européenne. Pourtant, pour avoir une image complète de l’infaisabilité d’un tel arrangement, les décideurs politiques occidentaux doivent regarder au-delà des préoccupations à court terme vers les problèmes systémiques.

La question des exportations de pétrole et de gaz est plus qu’un différend politique intérieur entre des autorités gouvernementales rivales en Irak. Il implique deux grandes puissances régionales prêtes à utiliser la force pour défendre leurs intérêts dans le pays : la Turquie et l’Iran. Même si Bagdad et Erbil parvenaient à trouver un terrain d’entente et à éviter de nouveaux différends juridiques, tout accord éventuel marginaliserait probablement Ankara ou Téhéran. Aucun des deux États ne serait susceptible d’accepter une telle marginalisation. Cela pourrait aggraver l’intervention étrangère et l’instabilité à la fois dans le KRI et dans le reste de l’Irak.

Cela soulève également des questions sur la gouvernance et l’équité économique dans le pays. Comme le KRI, d’autres parties de l’Irak sont également en proie à la corruption, au clientélisme et aux transactions clandestines dans le secteur économique. Cela posera des obstacles à toute réforme politique : par exemple, alors que certains experts ont suggéré une décentralisation supplémentaire pour résoudre des problèmes tels que le statut contesté de Sinjar, la patrie yézidie, cela soulèverait inévitablement de sérieuses questions sur la façon dont une nouvelle région autonome se financerait.

Les importateurs potentiels de gaz ne peuvent ignorer les répercussions politiques et sociales du soutien à un marché de l’énergie illégitime qui stimule les conflits locaux et internationaux et qui sert principalement les élites tout en laissant [les peuples] irakien et kurde confronté au chômage, à la pauvreté et au manque de services de base. L’importation de gaz à partir de régions où l’économie locale repose sur des revenus pétroliers et gaziers qui sont systématiquement cachés et contestés par des canaux sectaires et partisans exacerbera probablement les conditions qui provoquent déjà des manifestations de masse, une migration accrue et d’autres instabilités dangereuses.

Que leur principale préoccupation soit de répondre aux besoins énergétiques européens de manière durable ou de promouvoir un Irak et une région du Kurdistan démocratiques, stables et équitablement prospères, les décideurs politiques doivent regarder ailleurs.

Dastan Jasim est chercheuse à l’Institut allemand d’études mondiales et régionales de Hambourg et doctorant en sciences politiques à l’Université Friedrich Alexander d’Erlangen-Nuremberg. Depuis 2017, elle est également chercheuse sur les conflits…
Version en anglais à lire sur le site Kurdish Peace Institut: Can Kurdistan Address European Energy Needs?

Les USA « regrettent » que la Turquie bloque les sites Voice of America et Deutsche Welle

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Silencieux quand il s’agit de la répression et persécution des médias et journalistes kurdes par le régime turc, les États-Unis « regrettent » que la Turquie ait bloqué les sites d’information Voice of America et Deutsche Welle. Pourtant, la liberté d’informer est un droit pour tous les journalistes, y compris les kurdes qu’on ne fait pas taire qu’en les censurant, mais en les emprisonnant et parfois en les tuant…
 
Le porte-parole du département d’État américain a critiqué la Turquie pour avoir bloqué l’accès aux sites Web de Voice of America (VoA) et de Deutsche Welle (DW).
 
« Nous regrettons la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel de Turquie de bloquer l’accès aux sites Web de VOA Türkçe et de Deutsche Welle, renforçant encore le contrôle du gouvernement sur la liberté d’expression et la liberté des médias en Turquie. La liberté de la presse est essentielle à une démocratie solide » , a écrit Ned Price sur Twitter le 6 juillet.
 
Un tribunal d’Ankara a bloqué l’accès aux deux sites le 30 juin, à la suite d’une demande du Le Conseil supérieur de l’audiovisuel de Turquie (RTÜK). La décision du RTÜK était due au fait que les deux points de vente n’avaient pas demandé au conseil une licence, comme l’exige un règlement l’autorisant à diffuser en ligne.
 
Les deux organisations ont refusé de demander une licence, invoquant des problèmes de liberté d’expression.
 
Les autorités ont bloqué les domaines dw.com et amerikaninsesi.com, l’adresse Internet du service turc de VOA. Les éditions turque et anglaise de DW sont interdites, tandis que l’édition anglaise de VOA est accessible en Turquie sur voiceofamerica.com.
 
Le RTÜK et les diffusions en ligne
 
Selon le « Règlement sur la radio, la télévision et les diffusions en ligne » publié au Journal officiel le 1er août 2019, les plateformes Internet telles que Netflix ont été obligées d’obtenir une licence du RTÜK, Conseil supérieur de l’audiovisuel de Turquie chargé de la régulation et du contrôle du secteur audiovisuel.
 
Ces sites Web doivent également créer une société et payer des impôts en Turquie afin de pouvoir continuer à opérer dans le pays. L’objectif de la nouvelle réglementation légale a été expliqué comme suit dans le Journal officiel :
 
« L’objectif de ce règlement est d’établir des procédures et des principes relatifs à la diffusion et à la transmission en ligne de services de radio, de télévision et de diffusion volontaire ; les licences de diffusion à accorder aux fournisseurs de services de médias et l’autorité de transmission de diffusion à donner aux opérateurs de plateforme ; et l’inspection des émissions y afférentes. »
 
Il a également été indiqué dans le Journal Officiel que le règlement en question s’appliquera « aux institutions privées fournissant des services de médias qui se livrent à la radio, à la télévision et aux émissions volontaires en ligne et aux opérateurs de ces plateformes qui fournissent ces services de diffusion » . Bianet

TURQUIE. 12 journalistes kurdes envoyés dans deux prisons de haute sécurité de Diyarbakır

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TURQUIE / KURDISTAN DU NORD – 12 journalistes kurdes détenus dans la prison de type D de Diyarbakır (Amed) ont été transférés dans deux prisons de haute sécurité de la ville.

16 journalistes, qui ont été arrêtés le 8 juin à Amed et envoyés en prison sur l’allégation d’« appartenance à une organisation terroriste » par le tribunal le 16 juin, ont été conduits à la prison fermée de type D de Diyarbakır. On apprend maintenant que 12 des journalistes ont été transférés aux prisons de haute sécurité n° 1 et 2 de Diyarbakır ce lundi.

Le rédacteur en chef de Xwebûn, Mehmet Ali Ertaş, le rédacteur en chef de l’Agence Mezopotamya, Aziz Oruç, Ramazan Geciken, Mazlum Güler, Abdurrahman Öncü et Suat Doğuhan ont été emmenés à la prison de haute sécurité n° 2 de Diyarbakır tandis que Serdar Altan, coprésident de l’Association de journalistes Dicle Fırat (DFG), Mehmet Şahin, Zeynel Abidin Bulut, Ömer Çelik, İbrahim Koyuncu et Lezgin Akdeniz ont été transférés à la prison de haute sécurité n° 1.

ANF

ROJAVA. En juin, plus de 45 civils kurdes enlevés par les gangs turco-jihadistes à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Selon un rapport d’une ONG d’Afrin, au moins 45 civils kurdes ont été enlevés et 900 arbres ont été déracinés par des djihadistes soutenus par la Turquie dans le canton d’Afrin au mois de juin 2022.
 
Cela fait 4 ans que l’État turc et ses mercenaires ont envahi le canton d’Afrin et que les habitants d’Afrin ont migré vers le canton de Shehba. Les crimes commis par l’État turc et ses mercenaires ne se sont pas limités à l’occupation. Depuis, les enlèvements, meurtres, viols, torture, pillages et les vols sont devenus monnaie courante.
 
Selon le rapport de l’Organisation des droits de l’homme Afrin, l’État turc a enlevé 45 citoyens, dont une femme, en juin dernier. Il a également abattu plus de 900 arbres.
 
Depuis début 2022, 346 civils ont été enlevés, 18 assassinés
 
Selon l’organisation, les mercenaires de l’État turc ont abattu plus de 900 (oliviers, grenadiers) et autres arbres dans tout le canton d’Afrin pour les vendre comme bois de chauffage.
 
Selon l’Organisation des droits humains, au cours des 6 premiers mois de 2022, des gangs de l’État turc ont enlevé 346 civils, dont 30 femmes, et tué 18 civils. Ils ont également abattu au moins 8 500 arbres et brûlé plus de 300 arbres et des dizaines d’hectares de forêts et de champs. (ANHA)
 

DAECH se réorganise-t-il en Turquie?

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Des vidéos découvertes sur un membre de l’État islamique capturé à Çorum confirment la présence massive de membres de l’EI réfugiés sur le sol turc. L’augmentation des opérations renforce la thèse selon laquelle l’EI se réorganise en Turquie écrit le journaliste Alican Uludağ.

Le 5 juillet, la police a arrêté 19 suspects, dont 16 ressortissants étrangers, dans le cadre de l’opération visant les membres de DAECH / ISIS, qui couvrait 12 quartiers d’Istanbul. Alors que 4 des suspects étaient des citoyens turcs, on apprenait que 16 suspects étrangers occupaient des emplois dans le secteurs de l’agroalimentaire, textile, transports, fabrication de chaussures à Istanbul. Parmi les personnes détenues figure Ali Ghanim Yonus Younus, rédacteur en chef de la chaîne de télévision irakienne Al-Rafidain.

Selon l’article d’Uludağ publié sur le service turc de Deutsche Welle, l’existence des suspects de l’Etat islamique détenus en Turquie a été confirmée lorsque des vidéos en possession d’un membre du groupe l’État Islamique nommé Muhammed al-Ali ont été découverts par la police à Çorum en 2021. Près de 3 000 membres de l’EI sont vus dans les séquences vidéo qui ont été tournées notamment en Syrie. La séquence vidéo montre également des exécutions perpétrées par l’EI, des discours de propagande pour motiver les membres de l’EI et des déclarations d’allégeance à l’EI. Selon une enquête du département de la sécurité, certains de ceux vus dans la vidéo se trouvent actuellement en Turquie.

En mai dernier, le ministère turc de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de trois kamikazes étrangers à Istanbul, Bursa et Urfa. Des membres supérieurs du groupe ont été capturés lors d’opérations menées à Istanbul, Ankara, Bursa, Sakarya et Adana.

Dans l’intervalle, l’assassinat de dirigeants de l’Etat islamique tels qu’Abubakir Al-Baghdadi et Ibrahim Al-Hashami al-Kureyshi dans les territoires syriens occupés par la Turquie témoignent de la coopération entre l’EI et la Turquie, écrit l’agence de presse kurde ANF qui déclare que l’EI se réorganise en Turquie.

SUEDE. Les Kurdes et leurs amis seront dans la rue contre l’accord OTAN-Turquie

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Ce samedi 9 juillet, les Kurdes et leurs amis suédois seront dans les rues de Stockholm pour dénoncer l’accord anti-kurde signé entre l’OTAN et la Turquie concernant l’adhésion de la Finlande et de la Suède.

Les groupes de solidarité et les Kurdes de Suède se réuniront sur la place Nora Bantorget à 13h30.

Arrière plan

Le 28 juin, la Turquie a signé un mémorandum trilatéral avec la Finlande et la Suède – apparemment avec l’intervention des États-Unis – qui interdirait aux pays scandinaves de soutenir le parti politique kurde du Rojava PYD ou encore les forces armées kurdes du Rojava YPG et YPJ.

Le PYD est le plus grand parti au sein du Conseil démocratique syrien, organe diplomatique du nord-est de la Syrie. (ANF)

« La Finlande et la Suède ont désormais leur propre problème kurde »

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Le président turc Erdoğan tente de militariser davantage la question kurde et d’en faire un problème de l’OTAN, a déclaré le député HDP Hişyar Özsoy après que les deux pays nordiques ont décidé de rejoindre l’OTAN en acceptant de criminaliser les Kurdes à la demande de la Turquie.

Co-porte-parole du HDP pour les affaires étrangères, Hişyar Özsoy, a déclaré dans une interview à l’agence Mezopotamya (MA) que la Finlande et la Suède avaient désormais leur propre « problème kurde » après avoir signé le mémorandum trilatéral avec la Turquie lors du sommet de l’OTAN à Madrid le 28 juin.

« Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a tenté de militariser davantage la question kurde et d’en faire une question de l’OTAN » , a déclaré Özsoy.

 

Hişyar Özsoy

L’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN sera encore un long processus, puisque tous les États membres devraient voter dans leurs propres parlements pour approuver l’admission. Le député HDP a déclaré que la Turquie pourrait encore exiger de nouvelles concessions avant que le processus ne soit terminé.

Commentant le mémorandum, Özsoy a déclaré que la Suède et la Finlande avaient confirmé qu’elles considéraient le PKK comme une organisation terroriste. « Les pays de l’UE ont de toute façon le PKK sur la liste des organisations terroristes, donc ce n’est pas nouveau. La Suède et la Finlande déclarent également qu’elles ne soutiendront plus les YPG et le PYD. Ils n’ont pas dit, cependant, qu’ils sont des organisations terroristes. La Turquie n’a pas été en mesure de faire respecter cette demande. S’ils le souhaitent, ils peuvent apporter leur soutien par le biais de structures civiles, d’organisations d’aide, de conseils, de l’administration autonome ou des Forces démocratiques syriennes (FDS). Au mieux, ils n’inviteront plus ouvertement des personnalités très connues comme Ilham Ehmed », a déclaré le député HDP.

Il n’y avait pas non plus d’engagement clair dans le mémorandum concernant l’extradition des personnalités de l’opposition demandée par la Turquie. «En Turquie peut-être pas, mais en Suède il y a une séparation des pouvoirs. Le gouvernement ne peut pas simplement dire à un tribunal d’extrader telle ou telle personne. Les tribunaux là-bas ne peuvent pas fonctionner sous les ordres du gouvernement. Par exemple, si deux membres du gouvernement suédois tentaient d’extrader Ragıp Zarakolu, le gouvernement tomberait. Cela aurait de graves répercussions, ce n’est pas si simple.»

Özsoy a souligné que plusieurs personnes dont la Turquie demande l’extradition ont terminé leurs procédures d’asile et sont désormais des ressortissants suédois pleinement naturalisés. Leur extradition n’est plus possible.

La Turquie a fait valoir que les lois antiterroristes des deux pays étaient trop souples et qu’elles étaient effectivement devenues des refuges pour les « terroristes » . La Suède compte une communauté kurde petite mais dynamique d’environ 100 000 personnes, dont une proportion importante est persécutée politiquement. Plusieurs citoyens suédois d’origine kurde sont actifs en politique à différents niveaux.

ANF

TURQUIE. Une autre députée kurde va perdre son immunité parlementaire

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ANKARA – Les commissions Constitution et Justice du parlement turc ont voté mercredi en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de la députée kurde Saliha Aydeniz. Meral Danış Beştaş, une députée d’HDP, a déclaré que l’enquête contre Aydeniz était « purement politique » . Il reste plusieurs étapes avant qu’Aydeniz ne soit déchue de son mandat parlementaire.

Les commissions Constitution et Justice du parlement turc ont voté mercredi en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de la coprésidente du Parti des régions démocratiques (DBP), Salihe Aydeniz.

Deux députés de l’opposition du comité du Parti républicain du peuple (CHP) et du Parti démocratique des peuples (HDP) ont voté contre la motion, mais ils ont perdu contre les trois voix des députés du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.

Le rapport préparé par la sous-commission sera présenté aux commissions, et si les commissions mixtes parviennent à une conclusion similaire, la motion arrivera au parlement turc pour être votée.

Aydeniz avait été impliquée dans une altercation avec un policier lors d’un incident pendant une manifestation le 12 juin contre les conditions de détention d’Abdullah Öcalan.

Le controversé ministre de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a accusé la chef du parti DBP d’avoir frappé un policier le même jour. Alors que les images partagées par le ministre montraient Aydeniz en contact bref avec un officier lors d’une bagarre, elles montraient également plusieurs policiers poussant et bousculant la députée par la suite. Soylu n’a pas tardé à qualifier Aydeniz de « terroriste » et il a demandé qu’elle soit poursuivie.

L’officier désigné par Soylu n’avait pas demandé de rapport médicaux attestant ses blessures jusqu’à ce que le ministre publie le tweet, a déclaré mardi la députée HDP Meral Danış Beştaş lors de sa déclaration en faveur d’Aydeniz.

Aydeniz, en revanche, a reçu des rapports médicaux en raison de brutalités policières et a porté plainte contre les policiers en question, a déclaré Beştaş, ajoutant que la procédure visant à lever son immunité était « purement politique ».

« Ce ne sont pas les forces de l’ordre qui sont les victimes ici » , a déclaré Beştaş.

Après le vote, Ali Özkaya de l’AKP a déclaré qu’Aydeniz était la députée avec le plus grand nombre de cas demandant la levée de son immunité afin que les tribunaux puissent ouvrir des enquêtes.

Si son immunité est levée, Aydeniz risque d’être jugée dans au moins 77 affaires, la plupart d’entre elles l’accusant de propagande terroriste pour des discours prononcés dans le cadre de ses fonctions de députée et se défendant contre des policiers lors de manifestations similaires à celle en question.

Actuellement, la procédure se poursuit avec cinq affaires, dont quatre intentées contre Aydeniz, la cinquième concerne Beştaş. Beştaş était sur les lieux lors de l’incident et est une avocate spécialisée dans la défense des droits humains.

La prochaine étape sera la présentation du rapport sur Aydeniz le 18 juillet. Dans un délai d’un mois après cela, la commission devra prendre une décision.

Il y a au moins 1 308 affaires de poursuites contre des députés du HDP et du DBP (parti kurde présent dans les régions kurdes) dans lesquels ils sont accusés de propagande terroriste, de résistance à la police, de manifestation illégale et d’infractions similaires pour leur activité politique dans le cadre de leurs fonctions de députés.

Le HDP lui-même est menacé de fermeture et si la Cour constitutionnelle décide de fermer le parti, 451 des plus hauts responsables du parti seront interdits de faire de la politique.

Medya News

 

Le Rojava déclare l’état d’urgence contre une invasion imminente turque

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie serait sur le point de lancer une opération militaire contre les Kurdes syriens après des jours de renforts militaires. Il semble que la Turquie vise les régions de Tal Rifaat et Manbij.
 

L’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES) a déclaré l’état d’urgence en prévision de toute attaque turque dans la région par un communiqué publié sur son site officiel.

La décision a été prise lors d’une réunion d’urgence de l’Assemblée générale face aux menaces d’occupation turques. Dans un communiqué publié à l’issue de la rencontre, l’Administration autonome a indiqué que tous les moyens seront mobilisés pour « défendre la population contre toutes les attaques hostiles » .

Voici le communiqué de l’AANES: 

« L’État turc veut occuper plus de zones en Syrie, provoquer un changement démographique, déplacer la population locale, créer une crise de sécurité et déclencher un mouvement de fuite. Cette action vise à étendre la zone d’occupation turque, ce qui permettra le retour de la terreur et des aspirations extrémistes. Dans le même temps, les intérêts de l’administration autonome, pour laquelle se sont battus les membres des peuples ancestraux en Syrie, seront considérablement affectés. De plus, l’action affectera la sécurité et l’intégrité territoriale de la Syrie L’État turc s’est engagé dans l’occupation du territoire syrien depuis qu’il a subi la défaite dans la guerre contre le nord et l’est de la Syrie menée par des groupes extrémistes », a déclaré l’administration autonome.

Selon cela, l’état d’urgence sera déclaré dans toute la zone autonome, et les conseils locaux et les municipalités ainsi que les institutions de l’administration autonome seront informés séparément du plan d’urgence adopté contre la menace. « Tous les moyens seront mobilisés contre les attaques contre les territoires de l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie. L’Assemblée générale et les conseils civils autonomes doivent donner la priorité aux mesures contre la menace. »

Le gouvernement turc menace depuis un certain temps une nouvelle invasion du nord de la Syrie, Tel Rifat et Manbij étant désignés comme premières cibles. Les attaques de l’armée turque et de ses mandataires djihadistes tuent presque quotidiennement des habitants de la région. Actuellement, les grandes puissances, les États-Unis et la Russie, n’ont apparemment pas encore convenu d’une extension de la zone d’occupation turque en Syrie. Le dirigeant turc Erdogan a annoncé qu’il se rendrait à Téhéran le 19 juillet. La visite en Iran est vraisemblablement liée à l’opération militaire prévue à Tel Rifat.

 

Neighbors remporte le prix du meilleur long métrage au Festival international du film kurde de Moscou

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CINEMA. Le film du réalisateur Mano Khalil, Neighbors (Voisins) a remporté le prix du meilleur long métrage au Festival international du film kurde de Moscou.

Le film Neighbors (Voisins) de Mano Khalil sorti en 2021 a remporté hier un nouveau prix lors du Festival international du film kurde de Moscou.

Jay Abdo, Mazen Al Natour et Tuna Dwek sont les principaux acteurs du film qui porte à l’écran un petit village à la frontière entre la Syrie et la Turquie au début des années 80 où un petit garçon découvre le nationalisme arabe avec son arrivée à l’école du village.

Synopsis: « Un jeune garçon kurde de six ans vit sa première année dans une école arabe et se rend compte de la façon dont son petit monde mute radicalement en un nationalisme absurde. Empli d’un humour très fin et de satire, ce film raconte une enfance qui, aux dé tours de la dictature et de drames sombres, a aussi ses moments plus légers. Une question se pose : l’amitié, l’amour et la solidarité peuvent-ils réellement exister en période de ré pression et de despotisme ? »

« Le soutien de Biden à la vente des F-16 à la Turquie n’a rien de nouveau »

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Après sa rencontre avec Erdoğan, Biden a annoncé son soutien à l’achat par la Turquie de nouveaux F-16, provoquant la colère des Kurdes ciblés par l’armée turque et les défenseurs des droits humains. Pour la Maison Blanche, le soutien de Biden à la vente d’avions de chasse à la Turquie n’a rien de nouveau.

« La discussion sur les F-16 et la Turquie dure depuis un certain temps. Nous en avons parlé il y a plusieurs mois. Il n’y a donc vraiment rien de nouveau. Le président a soutenu cet effort » , a déclaré Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison-Blanche, lors d’une conférence de presse.

, a déclaré Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison-Blanche.

« La conversation sur le F-16 et la Turquie dure depuis un certain temps. Nous en avons parlé il y a plusieurs mois. Il n’y a donc vraiment rien de nouveau. Le président a soutenu cet effort » , a déclaré Karine Jean-Pierre lors d’une conférence de presse le 6 juillet.

Elle a été interrogée sur les critiques de « plusieurs éminents législateurs démocrates » contre les remarques de Biden selon lesquelles il soutient la vente des jets à la Turquie après la rencontre avec Erdoğan.

Avant le sommet de l’OTAN, Erdoğan avait déclaré que les F-16 seraient la question la plus importante à discuter avec Biden, critiquant les États-Unis pour leurs « tactiques dilatoires » .

Les deux présidents avaient également fait des remarques sur la question lors de conférences de presse séparées après le sommet.

Biden avait déclaré que le problème de la modernisation des F-16 turcs devrait être résolu et a déclaré qu’il n’avait pas changé sa position sur la question depuis décembre.

Il avait exprimé son optimisme quant au fait que le Congrès donnerait le feu vert requis pour la vente de l’avion à Ankara.

Répondant également à une question sur la question, Erdoğan avait déclaré qu’une délégation de Turquie avait eu des entretiens avec des législateurs républicains et démocrates, notant les « efforts sincères » de Biden pour conclure l’accord.

En 2019, les États-Unis ont retiré la Turquie du projet d’avion de combat interarmées F-35 à la suite de son acquisition des systèmes de missiles sol-air S-400. La Turquie a alors demandé à Washington la modernisation de ses jets F-16, ainsi que la modernisation des avions de son inventaire. (Bianet)

 

TURQUIE. La marche des fiertés d’Ankara attaquée par la police et des islamistes

ANKARA – Hier, la police turque et un groupe d’islamiste ont attaqué la marche des fiertés qui a eu lieu à Ankara. De nombreux manifestants ont été blessés et détenus par la police tandis que les islamistes proféraient des menaces et criaient « Allahu akbar » .

La police turque a attaqué des militants LGBTI+ avec du gaz lacrymogène lors du défilé de la fierté de mardi dans la capitale turque Ankara. Plusieurs manifestants ont été traînés au sol et menottés derrière le dos. Au moins 42 personnes ont été arrêtées et relâchées aujourd’hui.

La journaliste de l’agence kurde Mezopotamya, Emel Vural, a été aspergée de gaz lacrymogène au visage, battue par la police et brièvement hospitalisée, tandis que la journaliste du portail d’information LGBTI+ et du groupe de défense KaosGL, Aslı Alpar, a également été blessée à la jambe. La police a expulsé tous les journalistes de la zone, affirmant qu’elle ne permettrait pas aux manifestants de « faire un show » .

Des groupes islamistes ont également organisé des contre-manifestations à plusieurs endroits le long de la route, a rapporté KaosGL.

Melih Güner du parti islamiste-conservateur Yeniden Refah Partisi (YRP) avait déclaré plus tôt dans la semaine que l’ils les laisseraient pas la marche avoir lieu et avait appelé à une contre-manifestation. Lundi, il a tweeté : « Nous sommes sur le point de perdre toute une génération (à cause de l’immoralité) », répétant ses appels.

Güner a déclaré plus tard que le gouverneur d’Ankara l’avait appelé personnellement pour l’informer que la marche serait interdite.

Des membres du YRP se sont rendus dans le parc où des militants LGBTI+ s’étaient rassemblés, après que la police a emmené les manifestants et partagé des photos du parc vide. (Medya News)