AccueilDroits de l'HommeIRAN. Un adolescent kurde torturé et risquant la peine de mort

IRAN. Un adolescent kurde torturé et risquant la peine de mort

IRAN / ROJHILAT – Des aveux forcés d’un adolescent kurde font craindre sa condamnation à mort par le régime iranien, signale l’ONG de défense des droits humains Kurdistan Human Rights Network (KHRN).

Des médias affiliés aux services de sécurité de la République islamique d’Iran ont diffusé, le 23 septembre, une vidéo d’aveux forcés d’Arjîn Jondî, un adolescent kurde de 16 ans accusé du meurtre d’un membre du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Cette publication suscite de vives inquiétudes quant à la possibilité que les services de renseignement du CGRI fabriquent un dossier à charge afin de préparer une condamnation à mort.

La vidéo porte sur l’assassinat d’Eslam Kak-Darvishi, membre des Gardiens de la révolution. Douze jours après son arrestation, Arjin Jondi se voit toujours refuser l’accès à un avocat ainsi que les visites de sa famille.

Selon une source bien informée à Piranshahr contactée par le Kurdistan Human Rights Network (KHRN), un convoi des forces du CGRI, accompagné de plusieurs responsables judiciaires, a récemment conduit l’adolescent dans son village natal de Kuper. Là, il a été forcé de rejouer la scène du meurtre dans le cadre d’une reconstitution entièrement mise en scène et orchestrée par les forces de sécurité.

Lors de son transfert vers le lieu de la reconstitution, les mains de Jondi étaient recouvertes d’un tissu. On ignore si cette précaution visait à dissimuler d’éventuelles traces de torture ou répondait à une autre raison.

Cette reconstitution forcée, combinée à la diffusion d’aveux obtenus sans présence d’avocat ni contact avec sa famille, renforce les craintes quant à l’état de santé de l’adolescent et à la volonté des autorités de préparer le terrain à une éventuelle peine capitale.

Originaire de Kuper, dans le comté de Piranshahr, Arjin Jondi vivait chez son oncle depuis la mort de son père. Le soir du 11 septembre, des hommes armés ont abattu Kak-Darvishi dans le village. Dans la foulée, des membres de la famille de la victime ont détruit la maison de l’oncle de Jondi, l’accusant d’implication. Quelques heures plus tard, un groupe se présentant sous le nom de « Khori Hiwa » a revendiqué l’attaque.

Selon une source proche du dossier, l’adolescent s’était rendu dans un autre village pour rendre visite à sa mère. Le 12 septembre, convoqué au bureau du renseignement des Gardiens de la révolution à Piranshahr, il s’y est présenté accompagné d’un membre de sa famille et a immédiatement été arrêté. Au moment de l’arrestation, les médias d’État iraniens avaient annoncé l’interpellation du « tueur » de Kak-Darvishi, sans révéler l’identité de la personne détenue.