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THÉÂTRE « Happy dreams : une histoire kurde »

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RENNES – Le comédien kurde, Aram Taştekin va monter sur la scène à Rennes le premier et 2 février 2020 pour jouer son spectacle « Happy dreams : une histoire kurde ». Un spectacle à ne pas manquer !
 
Le pièce de théâtre « Happy dreams : une histoire kurde » a été écrite par Elie Guillou à partir du récit d’Aram Tastekin. Malgré son sujet qui est plutôt lourd, le spectacle est assez drôle et nous fait rire grâce aux anecdotes – parfois drôles, souvent absurdes – qu’Aram nous raconte.
Dans « Une histoire kurde », Aram Tastekin nous emmène dans un village montagneux du Kurdistan où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’Etat turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui vident le village.

Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams »…
 
Le comédien kurde, Aram Tastekin, réfugié en France depuis environs 2 ans, a joué cette pièce une première fois au Cité international des arts de Paris, dans le 18ème arrondissement de Paris, le 16 novembre 2019.
 
Le samedi premier février, à 21 heures
Au BabaZula
182, avenue du Général Patton
Dimanche 2 février, à 17 heures
Salle Albert Smague
16 rue Papu

Photo Murat Yazar

SYRIE. Les FDS démentent les allégations de Lavrov sur la libération des prisonniers de l’EI

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SYRIE / ROJAVA – Le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), Kino Gabriel, a répondu aux affirmations du ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov selon lesquelles les prisonniers de l’Etat islamique (EI) auraient été libérés par les FDS.
Gabriel a déclaré : « L’administration autonome agit en conformité avec les lois concernant les criminels syriens. Chaque criminel est jugé et ceux qui ont purgé leur peine sont libérés. Les tribunaux locaux servent de mécanisme de décision à cet égard.
 
Nous, au sein des FDS, nous soulignons que les rapports transmis à Lavrov sont faux. Nous sommes constamment en contact avec tous les Etats, y compris la Russie, en ce qui concerne les prisonniers de Daesh. Nous partageons régulièrement des informations sur la région. Les dossiers et les informations de tous les prisonniers de Daesh sont déjà disponibles ».
 
Le porte-parole des FDS, dirigée par les forces kurdes des YPG / YPJ, a noté que malgré les attaques continues de l’Etat turc sur leurs zones et les installations où les prisonniers de Daesh sont détenus, ils ont réussi à protéger et sécuriser ces zones jusqu’à présent.
 

Le réalisateur kurde Dosky: «Mon grand-père avait un Kalachnikov, moi une caméra »

« Les Kurdes sont persécutés depuis des siècles. Nos villages sont incendiés, nos villes sont détruites, nos enfants sont tués. Nos femmes ont été enlevées et vendues sur les marchés. Comment décrirez-vous un peuple qui a tant souffert et souffert? Comment allez-vous les transférer sur le grand écran? Par exemple, comment pouvez-vous décrire le génocide des Yézidis ou le massacre de Dersim ? Quel devrait être son drame? Je choisis un individu et j’essaie de transmettre toutes ces questions à l’écran à travers un individu. Je crois que c’est la meilleure méthode en langage cinématographique. » (Extrait de son entretien publié par le site Ahval)
 
Reber Dosky est un réalisateur kurde originaire du Kurdistan du Sud, vivant aux Pays-Bas. Il dit que son problème est d’expliquer la lutte kurde. Il a pour sujet des histoires de relations humaines dans un contexte social plus large.

 

Dosky a reçu le prix IDFA 2019 du meilleur documentaire néerlandais pour son film « Sidik et la panthère ». (Dosky est également connu pour ses documentaires «Radio Kobanî», le sniper de Kobanê et le court-métrage « Meryem » a reçu le prix du meilleur documentaire au Japon. Tourné pendant la bataille de Kobanê, ce film révèle les femmes au cœur de la lutte contre l’EI.)
 
La panthère persane vit dans le paysage montagneux accidenté du Kurdistan d’Irak. Au moins, Sidik est convaincu de cela. Muni de jumelles et d’une canne, il parcourt les collines comme un pèlerin et recherche la moindre preuve de la présence de ce léopard. Depuis vingt-cinq ans. Si la panthère est repérée ici, cela voudrait dire que toute la région serait classée nature protégée. Il espère que cela mettra également fin aux bombardements et aux meurtres qui sévissent dans la région.
 
En voix off, Sidik parle des invasions hostiles dans sa région et explique qu’il a dû fuir son village natal alors qu’il était enfant. En chemin, il rencontre des braconniers, des chasseurs et des randonneurs. Une conversation avec un jeune compatriote qui aimerait partir en Europe montre un désaccord intéressant et montre que tout le monde n’aime pas ses racines autant que Sidik.

Le réservoir du barrage d’Ilisu a atteint Hasankeyf – L’apocalypse est imminente !

TURQUIE / BAKUR – Le remplissage du barrage Ilisu, construit dans la région kurde de Batman, se poursuit malgré les vives critiques et protestations des des ONG et des peuples (Kurdes, Arabes…) affectés le long du Tigre.
 
« Il y a près de deux semaines, les eaux du réservoir du barrage ont atteint la ville d’Hasankeyf, vieille de 12 000 ans, qui est l’un des plus beaux sites du patrimoine culturel et naturel de notre planète. « L’apocalypse » prévue par le gouvernement turc devient lentement une réalité », a déclaré la coordination d’Hasankeyf dans un communiqué. (Pourquoi, il faut sauver Hasankeyf?)
(…)
L’image contient peut-être : ciel, plein air, nature et eau
« Nous pouvons arrêter l’apocalypse qui s’est déroulée dans la vallée du Tigre malgré toutes les destructions qui ont été provoquées. Nous ne sommes pas fatigués de répéter qu’il n’est jamais trop tard pour Hasankeyf et le Tigre. Peu importe à quel moment nous abandonnerons le projet Ilısu, ce sera pour notre bien et celui des générations futures ! »

 

Déclaration de la coordination d’Hasankeyf :

L’image contient peut-être : une personne ou plus, océan, ciel, chaussures, plein air, nature et eau
« Le remplissage du controversé barrage d’Ilisu se poursuit malgré les critiques et les protestations véhémentes des communautés touchées le long du Tigre et des organisations de la société civile de toute la Turquie. Il y a presque deux semaines, le réservoir du barrage a atteint la ville d’Hasankeyf, vieille de 12 000 ans, qui est l’un des plus magnifiques sites du patrimoine culturel et naturel de notre planète. L’ « apocalypse » planifiée par le gouvernement turc devient lentement réalité !
 
Situation dans la vallée du Tigre
 
Pris au dépourvu et mal informés, les habitants de la vallée du Tigre, peuplée principalement de Kurdes, sont injustement contraints d’émigrer de leur patrie. De nombreuses personnes, en particulier dans la province de Siirt, ont dû évacuer leurs villages sans prendre certains de leurs biens parce que l’eau montait rapidement.
 
Ce qui a été critiqué par nous et par d’autres au cours des deux dernières décennies se produit pas à pas et les personnes déplacées sont confrontées à la paupérisation dans les nouveaux établissements cibles. Alors qu’il est prévu d’inonder complètement 85 villages et partiellement 124 villages, la Direction nationale de l’eau (DSİ) n’a construit que quatre nouveaux établissements, ce qui oblige des dizaines de milliers de personnes à émigrer vers Siirt, Batman, Diyarbakır et d’autres grandes villes avec de maigres indemnités. Parmi eux, plus de dix mille personnes sans terre n’ont reçu aucune compensation. Ces personnes ne sont soutenues ni par le DSİ, ni par les municipalités nommées par le syndic.
 
Situation à Hasankeyf
 
Après s’être approché du centre du district de Hasankeyf fin décembre, le niveau d’eau du barrage d’Ilisu a augmenté depuis juillet. Jusqu’à présent, environ 35 villages ont déjà été inondés au cours des derniers mois.
Alors que des centaines de familles ont été évacuées d’Hasankeyf vers la nouvelle ville d’Hasankeyf – le site de réinstallation à 2 km au nord – une par une depuis août 2019, au cours des 2 derniers mois, 40 familles vivaient encore dans la vieille Hasankeyf car elles sont devenues sans abri et ne savent pas où elles amèneront leurs animaux. Elles n’avaient accès qu’à une maison de thé et à une épicerie. Ne recevant de l’eau qu’une heure par jour, les familles qui vivent à Hasankeyf sont maintenant confrontées à un déplacement forcé. Leur nombre diminue maintenant avec l’entrée dans la ville.
 
Lorsque le bazar historique a été démoli avec des équipements de construction en novembre, Hasankeyf a reçu un autre coup. Avec la démolition du bazar, des structures remontant à 2 000 ans ont été mises à jour. Les « fouilles de sauvetage » entreprises par le ministère de la Culture pour ces structures ont suscité des critiques.
Les engins de construction continuent d’endommager le tissu historique dans d’autres sites et la barrière de 80 mètres de haut érigée autour du château d’Hasankeyf et constituant un crime en termes de paysage ne cesse de s’élever.
 
Les personnes qui ont déménagé à la nouvelle Hasankeyf ne sont pas satisfaites de leur situation. Comme les touristes ne viennent ni à l’ancien ni au nouveau Hasankeyf, des milliers de personnes ont des revenus nettement inférieurs et risquent de se retrouver au chômage. En plus des difficultés financières, un autre problème important à New Hasankeyf est que l’eau du robinet est imbuvable. C’est pourquoi de nombreuses personnes transportent quotidiennement de l’eau potable de Hasankeyf à New Hasankeyf. Alors que les habitants d’Hasankeyf vivaient autrefois dans et avec l’eau, ils ont maintenant des difficultés à accéder à l’eau potable. Si les gens n’ont pas de possibilités d’emploi et si le problème de l’eau potable persiste, il est probable que les gens devront également émigrer de la nouvelle Hasankeyf. Si cela se produit, la grande majorité de la population de la nouvelle Hasankeyf ne sera pas composée de personnes locales. Les habitants d’Hasankeyf sont maintenant plus que jamais opposés au projet Ilısu.
 
Nous pouvons l’arrêter malgré tout
 
Les personnes directement touchées d’Hasankeyf et des 199 villages élèvent plus que jamais leurs critiques contre le projet Ilisu alors qu’elles subissent les impacts sociaux, culturels et écologiques désastreux attendus. Presque toute la société dans les provinces touchées du bassin du Tigre considère ce projet de destruction, d’exploitation et de domination comme une grande perte et une oppression.
Nous pouvons arrêter l’apocalypse qui s’est déroulée dans la vallée du Tigre malgré toutes les destructions qui ont été provoquées. Nous ne sommes pas fatigués de répéter qu’il n’est jamais trop tard pour Hasankeyf et le Tigre. Peu importe à quel moment nous abandonnerons le projet Ilısu, ce sera pour notre bien et celui des générations futures !
En 2019 en Turquie, des groupes plus divers que jamais se sont opposés au projet Ilısu et ont indiqué que Hasankeyf devait être sauvé. Cette réaction devrait être suscitée à nouveau et le gouvernement devrait être prié d’arrêter de remplir le barrage de Ilısu. C’est urgent, nous n’avons pas de temps à perdre. »
 
1) Voici le lien montrant les premiers jours de l’arrivée au barrage réservoir de Hasankeyf : https://www.youtube.com/watch?v=QXAjqW-M7s4&feature=youtu.be
2) Sur le site web, vous pouvez trouver d’autres photos que vous pouvez utiliser en citant la Coordination de Hasankeyf ou l’Initiative pour maintenir Hasankeyf en vie.
3) Vous pouvez trouver cette déclaration sur le site web de l’Initiative to Keep Hasankeyf Alive : http://www.hasankeyfgirisimi.net/?p=1426
Twitter (en turc et en anglais) : @HasankeyfKoord et @hasankeyfdicle
Facebook (presque uniquement en turc) : @hasankeyfyasatmagirisimi
Courriel : hasankeyfgirisimi@gmail.com
Plus d’informations (en turc et en anglais) : www.hasankeyfgirisimi.net

La Turquie détourne l’eau d’une rivière pour assoiffer le canton d’Afrin

SYRIE / ROJAVA – L’occupation et l’écocide vont de pair. Après avoir chassé 300 000 habitants du canton kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie, interdit leur retour, détruit les institutions que les gens avaient construites, s’y être installée, avoir supprimé toute référence à la culture kurde, avoir mis en place une éducation en turc pour les enfants arabes et kurdes, la Turquie fait maintenant détourner la cour d’une rivière alimentant la région d’Afrin.
 
L’occupation turque est en train de finaliser le projet du détournement du lit de la rivière Afrin dans la province turque d’Hatay.
 
Dans le contexte de la politique turque en Syrie de couper les terres syriennes et de les annexer à la Turquie et après la mise en œuvre de tous les programmes, comme la turkménisation systématique de la plupart des régions sous son contrôle depuis le début des crises syriennes, l’occupation turque met en œuvre un vaste plan de transfert de l’eau de la rivière Afrin dans la province turque d’Hatay et de creuser une nouvelle voie fluviale pour faciliter le processus de prise d’eau en territoire turc pour l’irrigation des terres agricoles.

Depuis l’occupation des terres syriennes, la Turquie a détruit les infrastructures et a imposé la langue turque à la place du kurde et l’arabe, et mis en circulation sa propre monnaie turque.
 
Il est à noter que l’occupation turque n’a pas besoin d’eau car la plupart des sources sont à l’intérieur du territoire turc et le but du projet est d’assécher et d’appauvrir la région après l’occupation d’Afrin. La Turquie avait déclaré qu’elle pompait de l’eau potable pour Hatay, mais il a été révélé que les canaux servent à arroser les terres turques.
 
 
 
 
 
 

La Turquie massacre 4 combattants yézidis à Shengal, la communauté internationale reste muette

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Le mercredi 15 janvier, les avions de guerre turcs ont bombardé un village yézidi de Sinjar, dans le nord de l’Irak, tuant 4 combattants yézidis et en en blessant d’autres.
 
La communauté internationale, les autorités irakiennes et de la région autonome kurde n’ont toujours pas condamné le bombardement turc qui viole pourtant le droit international en menant des attaques sur des territoires d’un Etat voisin. (Rappelons également que l’espace aérien de Shengal est sous le contrôle des Etats-Unis.)
 
Les Kurdes yézidis avaient « survécu » au génocide commis par DAECH en 2014, la Turquie semble vouloir achever ce génocide…

« Il est incompréhensible pour nous, Yézidis, pourquoi la communauté internationale accepte silencieusement les attaques de l’État turc et n’arrête pas son partenaire de l’OTAN dans ses violations des droits de l’Homme. Nous appelons les États-Unis à fermer l’espace aérien du nord de l’Irak, en particulier autour de la région de Sinjar, avec effet immédiat pour l’État turc, mettant ainsi un terme aux frappes aériennes turques. »

Le Conseil des exilés yézidis de Sinjar (Shengal) a lancé un appel à l’ONU, aux États-Unis et à l’Union européenne, suite à la nouvelle attaque sanglante turque contre Shengal mercredi.
 
Voici le communiqué du Conseil des exilés yézidis de Sinjar :
 
« Il est bien connu que la communauté religieuse yézidie est la plus ancienne religion de Mésopotamie. L’État islamique a attaqué la communauté religieuse yézidie le 3 août 2014 et un génocide cruel a été perpétré. Après ce génocide, nous yézidis avons décidé de trouvé nos propres forces autonomes et lutter contre l’EI [DAECH].
 
Depuis, nous n’avons reçu aucune aide au début et par la suite et avons été laissés sans défense à l’EI par les forces armées locales. Nous avons ensuite fondé YBS [Unités de résistance de Şengal – YBŞ], les forces armées autonomes de Sinjar, le 14 janvier 2015. À ce jour et lors de la libération de Sinjar, nous avons perdu des centaines d’hommes et de femmes yézidis dans la lutte contre l’EI.
 
Même après cela, nous n’avons reçu aucun soutien des États-Unis, des Nations Unies ou de la Communauté européenne de quelque manière que ce soit pour la reconstruction ou la poursuite de la lutte contre l’EI.
 
Depuis la libération des terroristes de l’EI, l’État turc a attaqué à plusieurs reprises la région de Sinjar et ses environs. Depuis octobre 2019, simultanément à l’invasion de l’État turc du Rojava, l’État turc a bombardé la région de Sinjar à quatre reprises à ce jour. Plusieurs militants autonomes yézidis ont été tués lors des attaques de l’État turc.
 
Les YBS sont les unités de protection des Yézidis, ils sont responsables de la protection de la communauté religieuse yézidie dans la région de Sinjar. Sans les YBS, il ne serait pas possible pour 140 000 Yézidis de retourner dans leur patrie, la région de Sinjar.
 
L’État turc attaque à plusieurs reprises la région de Sinjar et bombarde les positions du YBS.
 
Sur la base de ces faits, il ne fait aucun doute que le gouvernement turc veut à nouveau commettre un massacre visant la religion yézidie et vider la région de Sinjar.
 
Nous lançons à nouveau un appel aux États-Unis, qui contrôlent l’espace aérien irakien, pour empêcher la Turquie d’attaquer les Yézidis. Lors des quatre attaques turques depuis octobre 2019, de nombreux civils ont été tués et blessés.
 
Nous voulons préciser une fois de plus que ces personnes qui sont bombardées par l’État turc sont les mêmes combattants qui protègent la protection des Yézidis. Les Yézidis ne représentent aucune menace pour la Turquie. Néanmoins, les Yézidis sont exposés à les attaques de l’État turc sans protection.
 
Il est incompréhensible pour nous, Yézidis, pourquoi la communauté internationale accepte silencieusement les attaques de l’État turc et n’arrête pas son partenaire de l’OTAN dans ses violations des droits de l’Homme. Nous appelons les États-Unis à fermer l’espace aérien du nord de l’Irak, en particulier autour de la région de Sinjar, avec effet immédiat pour l’État turc, mettant ainsi un terme aux frappes aériennes turques.
 
Nous attendons une confirmation écrite de cette mesure. Et souligner à nouveau que nous ne sommes pas une menace pour la Turquie, ni pour aucun autre pays ou religion. »

La Turquie a ouvert une enquête contre 400 Kurdes vivant en Allemagne

TURQUIE – Le bureau du procureur général d’Ankara a lancé une enquête judiciaire contre quelque 400 personnes fréquentant ou travaillant dans des associations kurdes en Allemagne.
 
Des arrestations de Kurdes d’Allemagne, dont certains ont la nationalité allemande, se poursuivent en Turquie à la suite d’enquête ouverte par le procureur général d’Ankara contre les membres d’associations kurdes et d’organisations légales d’opposants turcs en Allemagne. La dernière personne victime de ces arrestation est Kadriye İmir, la mère de Nuran İmir, une députée du Parti démocratique des peuples (HDP).
 
Selon un rapport publié en août 2019, 62 citoyens allemands ont été détenus au cours des 6 derniers mois en Turquie. 38 d’entre eux sont interdits de quitter la Turquie.
 
Une enquête visant 400 Kurdes
 
Selon des avocats et politiciens travaillant sur le sujet, l’enquête ouverte par la Turquie visent quelque 400 ressortissants allemands.
 
Le consulat allemand est également informé des opérations visant les citoyens allemands sur le sol turc. Tandis que le consulat allemand garde son silence, des ressortissants allemands, notamment des Kurdes, sont confrontés à des détentions en Turquie.
 
Fréquenter des associations kurdes est un crime
 
Bien que la décision de confidentialité prise au cours des enquêtes se poursuive, ils sont accusés d’être membres d’associations kurdes en Allemagne et d’avoir participé aux activités de l’association et d’avoir prononcé des discours lors de ces activités.
 
On affirme que les noms des membres des associations légales ont été tirés des registres allemands de commerce. Dans les enquêtes ouvertes au motif d’ « être membre d’une organisation » et de « faire de la propagande pour une organisation [terroriste/kurde] », ceux qui vivent en Allemagne sont généralement victimes d’interdiction de quitter la Turquie.
 
Citoyens incités à dénoncer les Kurdes et opposants turcs aux autorités turques
 
Les victimes qui viennent rendre visite à des proches à Ankara attirent également l’attention sur la présence d’informations obtenues grâce aux activités de renseignement en Allemagne. Le 2 novembre 2019, ND avait déclaré à Artı Gerçek : « Ceux qui sont actifs au sein d’une association germano-kurde, ceux qui participent aux manifestations de protestions de la politique de l’AKP [le parti politique au pouvoir en Turquie], même des discutions entre individus peuvent provoquer des poursuites en Turquie.»
 
ND, avait ajouté qu’on essayer de mettre en place en Europe la pratique similaire des citoyens dénonciateurs déjà mis en œuvre en Turquie.
 
Les associations kurdes au cœur de l’enquête
 
Les autorités turques demandent généralement aux détenus s’ils ont été détenus auparavant et s’ils avaient des comptes sur les réseaux sociaux.
 
Certaines questions posées aux détenus sont les suivantes :
 
* Avez-vous participé à des activités et actions organisées conformément aux instructions d’Abdullah Öcalan [dirigeant du Le Parti des travailleurs du Kurdistan – PKK emprisonné en Turquie depuis 1999] et de l’organisation terroriste [PKK]?
 
* Que savez-vous du Congrès de la Société démocratique kurde en Europe (KCDK-E)?
 
* Dites-nous en détail ce que vous savez sur le Centre de la société démocratique kurde en Allemagne (NAV-DEM) ?
 
* Quels types d’activités sont organisées par les membres du Centre de la société démocratique kurde (DKTM) à Munich pour les membres de l’organisation KCK-PYD / YPG qui ont été neutralisés alors qu’ils menaient des activités au sein de l’organisation terroriste ?
 
* Qui a participé aux événements ? Qui a invité ceux qui sont montés sur la scène lors de l’événement? Qui a préparé votre discours ? Parlez-nous de HDK-A (Le Congrès démocratique des peuples -Europe)?
(…)
* Parlez-nous des centres, administrations, membres et activités des organisations dites caritatives opérant sous les noms d’Heyva-Sor (Croissant-Rouge kurde) et Roja Sora Kurdi (Soleil rouge kurde) en Europe et en Allemagne?
 
Les avocats des victimes de ces poursuites ne peuvent même pas obtenir des informations concernant leurs clients car les dossiers sont classés « secrets ».
 
L’avocat Alişan Şahin, qui a vu bon nombre de ses clients condamnés à la détention, a déclaré que de nombreuses personnes avaient été victimes de ces opérations. Şahin a déclaré que les citoyens allemands étaient soumis à un long processus de détention.
 
Şahin a déclaré qu’ils n’avaient pas pu obtenir d’informations parce qu’il y avait une décision de confidentialité dans le dossier d’enquête mais qu’il n’y avait rien de tangible dans l’enquête (…).
 
Sahin, a déclaré: « Ce dossier est purement une violation des droits, les liens familiaux sont brisés. Des gens ont été licenciés. Ce n’est pas une enquête en vertu de la loi, mais une enquête sous pression politique. (…) J’espère qu’ils reviendront bientôt de cette illégalité. »
 
 
Image via Jacques Leleu

 

Hasankeyf, le patrimoine millénaire de l’humanité englouti par le barrage Ilisu

TURQUIE / BAKUR – La Turquie a construit un barrage immense sur les rives du fleuve Tigre, dans la région kurde de Batman. Le barrage va engloutir près de 200 villages, dont les habitants ont été chassés, et, le plus grave de tout, la ville antique d’Hasankeyf, vieille de plus de 12 000 ans, que l’UNESCO aurait dû inscrire sur sa liste des sites protégés…
 
Les eaux du barrage sont en train d’engloutir la ville d’Hasankeyf, après avoir inondé plusieurs villages sur son passage.
 
A terme, le réservoir du barrage devra atteindre 10,4 milliards de m3 d’eau.
 
Pourquoi on doit empêcher Hasankeyf d’être engloutie par le barrage Ilisu ?
 
Premièrement, Hasankeyf (Heskîf en kurde) est le patrimoine culturel du monde entier avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc.
 
Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…
 
Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires. (On parle de plusieurs milliers de personnes ainsi déracinées de la région qui sera inondée par le barrage.) 
 
Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par l’eau alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.
 
Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.L’image contient peut-être : plein air et natureL’image contient peut-être : plein air et nature
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Images via Bişar Içli
 
 

La Turquie bombarde Shengal, patrie des Yézidis meurtris par DAECH

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KURDISTAN DU SUD – SHENGAL – Ce mercredi, les avions de guerre turcs ont bombardé un village de Shengal, tuant quatre combattants et en blessant d’autres.
 
Le Conseil yézidi de Şengal a déclaré que l’attaque était une continuation des attaques génocidaires menées sur la base de la coopération de l’État turc avec l’Etat islamique.
 
Le Conseil autonome démocratique de Shengal a publié un communiqué après le raid aérien de l’armée turque qui a frappé le village de Digure, dans la ville de Sinune, tuant une personne.
 
Rappelant le génocide des Kurdes yézidis commis par DAECH à Shengal le 3 août 2014, le Conseil a souligné que l’État turc s’était mobilisé pour fournir tout type de soutien à Daech et a maintenant commencé à viser le peuple yézidi directement après la défaite de Daech.
 
«L’État turc cherche à venger l’Etat islamique. Ces attaques ne signifient rien d’autre», a déclaré le communiqué.
 
Appelant le gouvernement irakien à faire clairement connaître sa position et à s’opposer aux attaques, le Conseil a noté que l’État turc avait utilisé l’espace aérien irakien pour mener les attaques contre Shengal.
 
Le Conseil a qualifié le silence du monde sur ces attaques de « honteux », en faisant allusion aux Nations Unies (ONU) et à l’Union européenne (EU).
 
Le Conseil a également appelé les habitants de quatre régions du Kurdistan à descendre dans la rue et à condamner l’État turc.
 

L’État turc bombarde Shengal

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Une frappe aérienne a été signalée dans un village de Shengal, au Kurdistan du Sud.
 
Selon des informations venant de la région, le village de Digure, à Shengal, a été pris pour cible par une attaque aérienne de la Turquie.
 
Des sources locales rapportent que l’attaque a été menée par des avions de chasse de la Turquie.
 
L’État turc a ciblé Shengal, la patrie historique des Kurdes yézidis, à plusieurs reprises
 
Le 19 octobre 2019, des avions de guerre turcs ont bombardé les zones habitées du district de Xanesor, à Shengal. Cinq combattants des forces de défense de Şengal (YBŞ) ont été blessés lors de l’attaque menée par des drones (SİHA) sans pilote sur Xanesor le 19 novembre. L’un d’eux est décédé plus tard.
 
Le 4 novembre, Xanesor a été bombardé et 3 combattants YBŞ ont été blessés. Des avions de chasse turcs ont bombardé la région de Barê, à Shengal, à trois reprises dans la soirée du 5 novembre.
 

Disparition inquiétante d’une étudiante kurde à Dersim

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TURQUIE / BAKUR – Gülistan Doku, une jeune kurde étudiant à l’université de Dersim est portée disparue depuis le 5 janvier 2020. Le suspect de nationalité russe, beau-fils d’un policier et qui serait le petit-ami de Gulistan, reste introuvable.
 
Peu avant sa disparition, Gulistan aurait monté dans un minibus, suivi du suspect Zainal Abarakov. Depuis, on n’a plus de nouvelles d’elle.
 
Zainal Abarakov, ressortissant étranger dont la mère est mariée avec un policier turc en poste à Dersim, est « introuvable » ainsi que ses parents. Les proches de Gulistan déclarent que la police turque veut classer l’affaire à cause du fait que le suspect soit le beau-fils d’un policier travaillant à Dersim.
 
La députée du Parti démocratique des peuples (HDP) Meral Danış Beştaş a soumis une enquête parlementaire sur le sort de Gülistan Doku.
 
La police n’avait pas demandé le témoignage du ex-petit ami de Doku, Zainal Abarakov, a déclaré Danış Beştaş.
 
Doku a été politiquement active à l’Université Munzur de Tunceli (Dersim), où elle s’est exprimée sur diverses questions, notamment la prostitution forcée des étudiantes et les amendes infligées aux étudiants qui étaient en retard en classe, selon la députée du HDP.
 
Danış Beştaş a déclaré qu’il y avait des allégations selon lesquelles Doku avait été forcée de monter dans un bus de ville après avoir été battue par le ressortissant russe Abarakov, qui avait signalé la disparition de la jeune femme et avait ensuite disparu. Dans un premier temps, la famille du suspect avait déclaré qu’Abarakov avait quitté le pays, mais cette information serait fausse, il serait toujours en Turquie.
 
Il y a des images de vidéosurveillance de Doku montant dans le bus, mais pas de sa descente, a déclaré sa sœur Aygül Doku.
 
« La police a dit qu’il n’y avait pas d’enregistrement, mais il y a des caméras partout à Tunceli », a déclaré la sœur, citée par le quotidien turc Cumhuriyet.
 
« Les déclarations de la police selon lesquelles il s’agit d’un suicide indiquent la protection de l’individu appelé Zainal, et la tentative de dissimulation de la disparition de Gülistan », a déclaré Danış Beştaş, demandant si le policier qui était le beau-père d’Abarakov avait été impliqué dans l’affaire.
 
Aygül Doku a dit à Cumhuriyet qu’elle avait entendu parler d’une bagarre entre sa sœur et Abarakov un jour avant sa disparition, quand Abarakov a dit à Doku qu’il était marié en Russie.
 
Les dossiers de la police indiquent qu’Abarakov a battu Doku plus tard le même jour, mais le ressortissant russe n’a pas été détenu car la jeune femme n’aurait pas porté plainte.
 
La police a récemment dit à la famille de Doku qu’elle avait tenté de se suicider en octobre, sur la base des dossiers de l’hôpital, a déclaré l’oncle de Doku, Mehmet Kan à Cumhuriyet.
 
« Nous n’avions aucune information à ce sujet. Pourquoi la police ne nous l’a-t-elle pas dit à ce moment-là ? Qu’est-ce qu’ils essaient de cacher ? » demanda l’oncle.

(Chaque jour qui passe renforce les inquiétudes selon lesquelles, Gulistan a été victime d’un féminicide.)

 

L’affaire PKK devant la Cour de cassation de Belgique

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BRUXELLES – Après l’objection de la Turquie à l’arrêt de la Cour d’appel de Bruxelles de mars dernier selon lequel le PKK n’est pas une organisation terroriste, l’affaire a été portée devant la Cour de cassation où le procureur a exprimé un avis favorable au verdict.

Exprimant son avis lors de l’audience, le procureur de la Cour de cassation a demandé la ratification de l’arrêt de la Cour d’appel dans l’affaire du PKK.

Le procureur de la juridiction inférieure et les avocats de l’Etat turc ont demandé un délai pour répondre à l’avis du procureur de la Cour de cassation.

En 2006, une enquête avait été ouverte contre 37 politiciens kurdes, dont Remzi Kartal, Zübeyir Aydar et Adem Uzun en Belgique. Le 3 novembre 2016, le Bureau des enquêtes à Bruxelles a décidé que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) n’est pas une organisation terroriste et a rejeté la poursuite. Le Procureur fédéral a fait appel de cette décision. Sur appel des parquets turc et belge, les parties avaient été entendues à la cour d’appel le 9 mai 2017.

Le procès visant à faire retirer le PKK de la liste des organisations terroristes de l’UE a été entendu par la Cour de justice européenne le 16 avril 2018.

La Cour de justice européenne a également statué que l’inclusion du PKK dans la liste des organisations terroristes de l’UE était injustifiée.

Le 8 mars 2019, la Cour d’appel de Bruxelles a entendu l’appel interjeté par le parquet fédéral belge contre la décision selon laquelle la lutte armée du PKK au Kurdistan du Nord est « le conflit intérieur de la Turquie ».

La cour a déclaré une fois de plus que l’activité du PKK n’est pas du terrorisme et a statué qu’il n’y a pas de motifs de poursuites concernant les 37 politiciens kurdes, dont le coprésident du KONGRA-GEL Remzi Kartal et le membre du Conseil exécutif du KCK Zübeyir Aydar.

Cette décision met ainsi un terme à l’enquête ouverte par le parquet fédéral belge contre les militants kurdes en 2006. Le même tribunal a identifié le PKK comme « une organisation armée internationale qui n’est pas un État » le 15 septembre 2017. Le tribunal a souligné la violence de l’État turc, statuant que le PKK répondait à cette violence et qu’il n’y avait pas d’activité terroriste à proprement parler. Le jugement stipule donc que le PKK ne peut être jugé sur la base des lois antiterroristes en Belgique.

L’État turc et un procureur de la juridiction inférieure ont fait appel de la décision du tribunal belge.

L’audience tenue à la Cour de cassation mardi a réuni les avocats des politiciens kurdes, deux avocats représentant l’Etat turc et le procureur du tribunal de première instance.

Exprimant son avis lors de l’audience, le procureur de la Cour de cassation a demandé la ratification de l’arrêt de la Cour d’appel dans l’affaire du PKK.

Le procureur de la juridiction inférieure et les avocats de l’Etat turc ont demandé un délai pour répondre à l’avis du procureur de la Cour de cassation.

Selon les sources qui ont suivi l’affaire, la Cour de cassation a ajourné l’audience au 28 janvier. Les avocats de l’Etat turc sont censés avoir soumis une réponse écrite avant le 24 janvier.

ANF