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La Turquie serait prête à envoyer des mercenaires syriens au Cachemire

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Les troupes djihadistes de la soi-disant Armée nationale syrienne (ANS) organisées et entraînées par la Turquie dans le nord de la Syrie – dont les régions kurdes occupées – sont devenues une armée de mercenaires utilisée par l’État truc dans des conflits mondiaux.
 
Après leurs opérations en Libye, en Azerbaïdjan, en Artsakh, au Yémen et au Kurdistan du Sud, les mercenaires de l’ANS du côté pakistanais doivent maintenant être envoyés au Cachemire pour combattre l’Inde. Alors qu’on parlait d’objectifs pan-turquistes lors de l’invasion du Haut-Karabakh, Erdoğan a tente maintenant de jouer la carte du panislamisme au Cachemire.
 
Selon les recherches de l’agence ANF, le commandant des gangs de la brigade de Sulayman Shah, Muhammed Abu Amsha, aurait annoncé il y a cinq jours aux membres de son groupe de la ville de Şiyê (un district du canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie) que l’Etat turc souhaitait déplacer certaines unités au Cachemire. Il a expliqué que des officiers turcs lui avaient demandé, ainsi qu’à d’autres commandants de groupes réunis au sein de l’ANS, de lister les noms des volontaires. Ceux qui accepteraient de partir toucheraient 2 000 dollars au départ. Des sources signalent qu’il y a eu une activité de recrutement similaire pour une opération au Cachemire dans les villes syriennes occupées par la Turquie, dont à Azaz, Jarablus, al-Bab et Idlib. Les volontaires seraient alors secrètement emmenés hors du pays.
 
Le Pakistan est soutenu dans ses ambitions au Cachemire par l’axe Ankara-Doha. Les agences de presse turcs proches du pouvoir tentent actuellement de provoquer la guerre au Cachemire, similaire à celle de l’invasion du Haut-Karabakh.
 
Approfondissement du conflit au Cachemire
 
La délocalisation irrégulière des troupes turques intervient à un moment où la tension entre les puissances nucléaires, l’Inde et le Pakistan, s’intensifie. Depuis le 13 novembre, les deux camps se bombardent à l’artillerie au Cachemire. Au moins 13 personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées des deux côtés. Les combats ont lieu à la frontière de 740 kilomètres entre l ‘«Azad Kashmir» sous contrôle pakistanais et le «Jammu Kashmir» sous contrôle indien. Au cours des cinq derniers jours seulement, trois soldats indiens et trois insurgés soutenus par le Pakistan ont été tués.
 
Le Cachemire est divisé entre l’Inde et le Pakistan depuis 1947. Il y a toujours des escalades guerrières entre les deux pays et il s’agit généralement de la région du Cachemire. En particulier, la majorité musulmane de la population du Jammu Cachemire se bat contre la domination indienne. Le parti au pouvoir indien BJP représente un nationalisme hindou agressif et incite les musulmans. Ils fournissent des munitions aux groupes islamistes et au Pakistan. Des dizaines de milliers de civils ont été tués au cours de la guerre de 30 ans pour le Cachemire.
 
Des liens étroits entre la Turquie et le Pakistan
 
Les relations entre le Pakistan et la Turquie se sont de plus en plus étroites ces dernières années. Ensemble, le Pakistan, la Turquie et le Qatar ont récemment pris des mesures contre la France sous le prétexte des « caricatures de Mahomet ». En 2019, la Turquie, la Malaisie et le Pakistan s’étaient déjà entendus pour créer une chaîne de télévision commune pour la «lutte mondiale contre l’islamophobie». En février, le ministre turc des Communications, Fahrettin Altun, a déclaré que le Pakistan et la Turquie visaient à renforcer la coopération économique en augmentant le commerce à 5 milliards de dollars d’ici 2023. Altun a ajouté que les deux pays travailleraient ensemble dans plusieurs domaines, notamment la défense et l’énergie.
 
L’État turc a également fait campagne au Pakistan et au Bangladesh pour la reconnaissance de la partie nord de Chypre occupée par la Turquie. En novembre, les médias affiliés à Erdoğan ont déclaré qu’ « après le succès au Karabakh », le nord de Chypre sera également « reconnu par les pays amis ». Dans ce contexte, le nouveau Président de Chypre occupée par la Turquie, Ersin Tatar, devrait effectuer dans un proche avenir une «visite de reconnaissance» au Pakistan, en Libye et en Azerbaïdjan.
 

KURDISTAN DU SUD. Des manifestants attaqués à Suleymaniyê

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KURDISTAN DU SUD – Les policiers ont attaqué des travailleurs du secteur public qui manifestaient à Slemani pour le paiement des salaires impayés et la démission du gouvernement régional kurde. On signale de nombreux blessés, dont la députée du Mouvement Gorran, Shirin Kawa.

Les travailleurs du secteur public sont attaqués à Slemani alors que le conflit sur les salaires impayés se poursuit avec un nouvel accord gouvernemental signifiant des milliers de licenciements et une réduction des salaires de 21%.

 

Les enseignants et les travailleurs de la santé auraient reçu des menaces de mort de la part de fonctionnaires du gouvernement pour avoir simplement demandé à être payés.
Les manifestants ont demandé au gouvernement de démissionner et de convoquer de nouvelles élections législatives promettant qu’ils poursuivraient leur action jusqu’à ce que leurs revendications soient acceptées.

 

Hier également, des centaines d’enseignants, d’agents de santé et de fonctionnaires se sont rassemblés dans le parc Bakhi Gshti, à Slemani, pour exprimer leur colère face à la corruption du gouvernement. Beaucoup d’entre eux n’ont pas été payés depuis mars.

Lorsqu’ils ont marché vers la place Azadi, le personnel des services de sécurité est entré pour disperser la foule, tirant des gaz lacrymogènes et des projectiles sur les manifestants pacifiques.

Via Steve Sweeney

Exposé de la mosaïque ethno-religieuse en Turquie

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Près de 100 ans après la création de l’État raciste turc qui niait l’existence même des peuples non turcs/sunnites (Kurdes/alévis, Laz…) peuplant l’Anatolie, qui avait interdit leurs langues, leurs religions… quel est le tableau ethnoreligieux de la Turquie d’aujourd’hui ?
 
Il y a de nombreux peuples et croyances en Turquie. Tous sont opprimés et presque aucun de ces peuples/religions n’est reconnu officiellement par l’État fasciste qui se définie comme étant « Un État, Une race, une langue, une religion… ». Ils semblent condamnés à disparaitre au profit de l’identité « turque/sunnite ». Une des interdictions visant les minorités en Turquie est le droit de parler une autre langue que le turc. une interdiction qui a couté la vie à de nombreux Kurdes tués pour avoir parlé dans leur langue maternelle…

Après ses deux premiers volets sur les « Historique des minorités (non-kurdes) en Turquie et point de situation ethnographique synthétique » et « État des lieux social et juridique des droits des minorités en Turquie », le journaliste Emile Bouvier a publié son dernier volet sur les minorités de Turquie sous le titre « Exposé de la mosaïque ethno-religieuse en Turquie ».
 
A lire sur le site Les clés du Moyen Orient
 

TURQUIE. Il y a 26 ans, 2 attentats visaient les bureaux du journal kurde Özgür Ülke

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TURQUIE – Le 3 décembre 1994, deux attentats sanglants ont frappé les bureaux du journal kurde Özgür Ülke à Istanbul et à Ankara, faisant un mort et 23 blessés parmi les employés du journal. 26 ans après ce double attentat, l’État turc continue à persécuter les journalistes kurdes en les jetant en prison et à fermer les médias kurdes dans le but de les empêcher d’informer le public de ses crimes visant les Kurdes.
 
Le 3 décembre 1994, deux attentats à la bombe ont visé le siège du journal Özgür Ülke (Pays Libre), situé à Istanbul/Kadırga, et le bureau central à Cağaloğlu et au bureau d’Ankara. L’attaque sanglante a tué Ersin Yıldız (32 ans), distributeur, et blessé 23 employés. 
 
Environ 15 jours après le double attentat, le journal Özgür Ülke a publié un article sur un document secret signé par la Première ministre de l’époque Tansu Çiller.
 
Le document citait ce qui suit avec une référence directe au journal kurde:

« Les activités des médias soutenant les [organisations] séparatistes (…) sont récemment devenues une menace manifeste pour l’avenir de l’Etat [turc] et ses valeurs morales. Afin d’éliminer cette menace contre l’unité du pays et de la nation, des mesures doivent être prises … »
 
La justice turque a ordonné en février 1995 la fermeture du journal Özgür Ülke* qu’elle accusait de «faire de la propagande terroriste et séparatiste», même si elle n’a pas pu prouver que le journal avait un lien organique avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Les auteurs du double attentat visant les locaux du journal kurde n’ont jamais été appréhendés. Depuis la disparition d’Özgür Ülke en 1995, 35 autres journaux kurdes ont vu le jour afin de maintenir la tradition des médias kurdes libres. Aujourd’hui, comme hier, les journalistes kurdes continuent leur métier d’informer le public, malgré les persécutions, les arrestations et les menaces de mort … 

 

Özgür Ülke: Les racines des médias kurdes libres

Suite à la publication de nombreux journaux – tels que Halk Gerçeği (La vérité du Peuple), Yeni Halk Gerçeği (La nouvelle vérité du peuple), Yeni Ülke (Nouveau pays), Özgür Gündem (Agenda libre) et Welat (Patrie) – qui ont cherché à soutenir la lutte médiatique des Kurdes pendant les années 1990, Özgür Ülke (Pays Libre) a commencé à publier le 28 avril 1994 dans un climat de graves menaces et attaques contre les organes de presse kurdes et les Kurdes.

En raison de la censure et des interdictions continues, la presse kurde a dû trouver des moyens alternatifs pour survivre. Elle s’est maintenue à travers six journaux différents qui ont fonctionné à différentes époques sur une période de quatre ans. Özgür Ülke a été lancé dans ce contexte politisé. 220 de ses 247 numéros ont été soumis à la censure et ont été interdits.

 

La Turquie exporte vers l’Europe et les États-Unis l’huile d’olive volée à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Depuis l’invasion du canton kurde d’Afrin par la Turquie et ses mercenaires alliés en mars 2018, des centaines de tonnes d’huile d’olives d’Afrin ont été volées par l’occupation turque et exportées sur le marché mondial sous de fausses étiquettes. Un vol qui recommence à chaque récolte d’olives.
 
Une source fiable a déclaré à l’agence ANHA que l’État turc avait volé environ 90 000 tonnes d’huile d’olive du canton d’Afrin et les avait exportées vers les États-Unis et l’Europe.
 
Une source de Janders, un district d’Afrin, a révélé que l’armée d’occupation turque s’était emparée du pressoir d’Abidin Arabo du district de Janders, sur la route d’Afrin, en face du village d’Hamilik.
 
La même source a ajouté que l’armée d’occupation stockait les bidons d’huile d’olive volée dans ce pressoir et les faisait passer en contrebande par un point de passage situé près du village d’Hammam, dans le district de Janders, vers la Turquie, pour être exportée vers l’Europe et les États-Unis.
 
Selon des rapports non officiels, l’occupation turque aurait volé environ 90 000 tonnes d’huile d’olive dans le canton kurde d’Afrin qu’elle occupe depuis mars 2018.
 
La même source déclare que des groupes de mercenaires s’accaparent l’huile d’olive à un prix dérisoire et la font sortir clandestinement de Syrie à des prix exorbitants.
 
Plus tôt, une enquête du réseau américain Daily Beast a révélé que l’armée d’occupation turque faisait de la contrebande de l’huile d’olive d’Afrin vers l’Europe et l’Amérique.
 
Il y a quelques jours, des militants ont publié une vidéo montrant des milliers de bidons d’huile d’olive volées dans le pressoir d’Abidin Arabo pour les faire passer en contrebande par le point de passage du village de Hammam vers la Turquie.
 

SYRIE. Certaines femmes étrangères de l’EI se « marient » avec des mineurs pour faire des enfants

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SYRIE / ROJAVA – Le camp al-Hole, où des dizaines de milliers de femmes et d’enfants étrangers, dont de nombreux européens, liés au groupe État Islamique (EI) sont détenus, est sous la responsabilité de la communauté internationale. Pourtant, il n’y a aucune politique commune mise en place pour ces femmes et enfants devenus un vrai casse-tête pour l’alliance arabo-kurde dirigeant le Rojava.

En plus des menaces de sécurité que ce camp représente pour la région du fait qu’il soit devenu une pépinière pour de futurs jihadistes élevés à l’idéologie terroriste de l’EI, ce camp est également un lieu de non-droit pour des milliers d’enfants et de femmes abusés, torturés, par les femmes de DAECH qui commettent également des meurtres.
 
Selon un activiste kurde syrien, certaines femmes étrangères « épousent » des adolescents âgés de 13 à 16 ans pour une reproduction continue qui, selon elles, serait la future génération de l’ « État islamique ». Cet activiste rappelle également que la plupart de ces femmes essaient désespérément d’entrer clandestinement en Turquie et, finalement, retourner dans leur pays d’origine.
 
Le camp al-Hol
 

Le camp d’al-Hol (que certains qualifient de « Guantanamo européen ») abritant plus de 70 000 femmes et enfants de l’Etat islamique (EI / DAECH) est situé dans le nord-est de la Syrie. Ce camp est l’un des camps les plus dangereux au monde où chaque mois des informations font état de meurtres violents de résidents du camp « punis » par des femmes défenseurs de l’idéologie de DAECH. Un camp devenu un terreau fertile pour le terrorisme islamiste alors que les Kurdes syriens alertent l’Occident depuis longtemps de ce danger menaçant le monde.

Le camp est situé dans le gouvernorat d’Hassaké, dont la sécurité est assurée par les forces de sécurité intérieure « Asayish », ainsi que par des combattants des FDS et des Forces d’autodéfense, qui ont libéré les derniers bastions de l’Etat islamique en 2019.
 
Une idéologie terroriste toujours bien vivante à al-Hol
 
Les habitants du camp vivent conformément à la loi islamique, malgré toutes les tentatives des Forces de sécurité intérieure et des Forces démocratiques syriennes (FDS) pour limiter la propagation de l’idéologie de l’Etat islamique.
Bien sûr, les agents de sécurité déploient de grands efforts pour contenir ce « poudrier », un camp où vivent des milliers de partisans ardents de l’Etat islamique. Malgré cela, les membres de l’EI brûlent régulièrement les tentes de ceux soupçonnés de « trahir » l’idéologie de l’EI. Elles n’hésitent pas à tuer ces « traitres », avec des dizaines de meurtres commis au sein du camp.
 
De nombreuses femmes restent fidèles à l’idéologie de l’Etat islamique et n’ont pas l’intention de changer leurs croyances. Cependant, tous les femmes du camp ne peuvent pas être qualifiés de terroristes, dont certaines étant venues en Syrie avec leur mari pour le bien de leurs enfants.
 
Les pays européens semblent ne pas être concernés par leurs ressortissants détenus à al-Hol
 
Malgré les nombreux rapports faisant état du danger que représente ce camp et la situation déplorable de ses résidents, notamment des enfants, les pays étrangers ne se pressent pas pour rapatrier leurs ressortissants, ni pour créer un tribunal international afin de juger les membres emprisonnés de l’Etat islamique pour des crimes qu’ils ont commis en Syrie et en Irak, dont le génocide des Yézidis à Shengal en août 2014.   
 
 
 

Un journaliste torturé au Kurdistan du Sud

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KURDISTAN DU SUD – Les autorités kurdes du Bashur (Kurdistan d’Irak) sont accusées d’avoir torturé le journaliste Sherwan Amin Sherwani arrêté il y a deux mois.
 
Des défenseurs des droits humains s’inquiètent pour le journaliste kurde arrêté au Kurdistan irakien où plusieurs militants sont en détention depuis des mois pour avoir participé à des manifestations.
 
Sherwan Amin Sherwani – connu pour ses enquêtes sur la corruption dans la région autonome du nord irakien a été détenu à l’isolement pendant près de deux mois et aurait été torturé par les forces de sécurité à Erbil pour des accusations à motivation politique, selon son avocat, sa femme et des ONG de défense des droits humains. 
 
Sherwani – rédacteur en chef du magazine mensuel Bashur, qui critique l’élite politique de la région kurde semi-autonome – a été arrêté à son domicile de Sebiran, un village à la périphérie de la capitale Erbil, le 7 octobre.
 
Sherwani, déjà arrêté par le passé pour des articles contestés par les autorités, avait critiqué sur Facebook avant son arrestation le Premier ministre kurde, Masrour Barzani, réclamant des comptes sur la mort de journalistes et de militants au Kurdistan.

Des mercenaires et des terroristes au service des guerres de la Turquie

Après l’invasion du Rojava et le changement démographique opéré par la Turquie à l’encontre des Kurdes syriens, d’autres peuples, dont les Arméniens du Haut Karabagh et les Libyens ont dû subir la barbarie à travers les hordes de mercenaires lâchés contre eux par l’État turc. Jusqu’à présent, la communauté internationale n’a pas réagi aux agressions turques sur la scène internationale. Ce qui nous fait craindre le pire, car la Turquie est encouragée par ce silence et elle a déjà envahi plusieurs régions du Kurdistan d’Irak et veut attaquer également les Yézidis de Shengal…

Dans un entretien accordé à ANHA, l’expert en géopolitique du Moyen-Orient et des relations internationales, Muhammad Abadi a déclaré que la Turquie avait soufflé le brasier en Syrie, en Libye et au Karabak, avait contribué aux combats sectaires et à la propagation des guerres civiles dans la région, en recrutant des mercenaires et des terroristes.

Muhammad Abadi a expliqué que la Turquie avait envoyé des mercenaires se battre en Libye, en Azerbaïdjan et dans d’autres régions dans l’espoir de piller leurs richesses, indiquant que le nouveau président américain Joe Biden avait une image négative du président turc Erdogan, et qu’il allait probablement reconsidérer sa position en imposant des sanctions à son encontre au sujet des missiles russes « S-400 ».

Les interventions turques se poursuivent en Syrie, en Libye, en Irak, en Méditerranée orientale et en Azerbaïdjan.. Quels sont leurs objectifs ?

Il était clair que le coup d’État d’Erdogan contre ses camarades de l’AKP, dirigé par Davutoglu, aurait des répercussions sur la politique étrangère de la Turquie. En effet, la Turquie est passée de « zéro problème » à « zéro ami » et à une foule d’ennemis sur de nombreux fronts.

La caractéristique la plus intéressante est l’exploitation d’autres richesses, en particulier le pétrole et le gaz, dont la Turquie a un besoin urgent. La deuxième chose est le désir d’Erdogan de se développer lui-même au motif que les pays voisins sont situés sur le territoire de l’Empire ottoman, et qu’il est prêt à récupérer l’héritage de ses ancêtres.

La Turquie utilise des mercenaires et des terroristes syriens et libyens dans ses guerres et ses conflits étrangers.. Pourquoi la communauté internationale ne réagit-elle pas fermement contre elle malgré les preuves documentées ?

La Turquie a soufflé dans le feu des protestations syriennes, prétendant soutenir les justes exigences des manifestants.  Avec la prolongation de la crise et sa transformation en une militarisation du conflit civil, certaines des véritables intentions de la Turquie ont émergé, faisant de la Syrie, en particulier le nord-est du pays, le char des mercenaires. Ayant uni les factions militaires sous la bannière d’une seule armée, il l’a appelée paradoxalement « l’armée nationale syrienne » et en a tiré le meilleur parti pour ses guerres en Syrie, en Libye, en Azerbaïdjan et sur d’autres fronts.

Fajadoa combat Erdogan en Syrie et en Libye pour soutenir le gouvernement de la Fraternité à Tripoli, et en Azerbaïdjan, et tout cela est documenté et annoncé par la Turquie elle-même, avec tout cela la communauté internationale n’a pas de véritables outils pour faire pression sur la Turquie afin qu’elle cesse d’utiliser des mercenaires dans ses guerres.

Le Roi Salman a contacté Erdogan, et la Turquie a annoncé qu’ils avaient accepté de maintenir les canaux de dialogue ouverts pour développer les relations et éliminer les problèmes … Y a-t-il un changement d’attitude entre l’Arabie Saoudite et la Turquie ?

Bien sûr, étant donné le chaos actuel des élections américaines, et l’arrivée de l’administration démocrate Biden, qui a une position négative sur la Turquie d’Erdogan, annoncée par Biden lui-même, ainsi que la position neutre sur l’Iran, qui est hostile au Royaume d’Arabie Saoudite, il serait sage que les pays centraux de l’Est reconsidèrent leurs relations pour répondre aux préoccupations futures, et non pas comme cela semble être une solution aux différends actuels ou un changement d’attitude immédiat.

Erdogan, qui a attaqué l’Europe à plusieurs reprises, a récemment déclaré qu’il se voyait en Europe et non ailleurs … Est-ce la preuve d’un changement de la politique turque, ou est-ce une partie de l’atténuation des crises qu’il connaît à l’intérieur ?

Erdogan n’arrête pas ses déclarations hostiles ici et là, presque chaque jour la Turquie a une crise avec un parti, et sur l’impact des crises internes aussi, la Turquie sera obligée de faire des déclarations opposées pour réduire la tension à l’extérieur et comme une forme de gestion des crises à l’intérieur.

Quel est le rapport entre la victoire de Biden aux élections américaines et le changement soudain des déclarations turques ?

Biden a une position négative déclarée par le président turc Recep Erdogan, et il a précédemment demandé le soutien de l’opposition turque afin de renverser Erdogan. Un repositionnement pour faire face à la prochaine phase, qui sera différente de l’époque de Trump, qui a soutenu la Turquie dans plus d’une situation et crise.

La Turquie a envoyé des forces en Azerbaïdjan, qui borde l’Iran, et tente de se répandre en Irak et d’évincer le rôle de l’Iran … Comment peut-on considérer ces mesures turques, et viennent-elles avec une action purement turque ou un accord avec l’OTAN pour assiéger l’Iran ?

Quant à la relation entre la Turquie et l’Iran, elle est dominée par la compréhension en raison du croisement des dossiers entre les deux pays, notamment le dossier syrien, et le dossier kurde en Syrie, en Irak et en Iran. Par conséquent, le mouvement de la Turquie dans un certain nombre de directions touchant à l’Iran semble être un mouvement unilatéral en quête de richesse et d’influence et un désir d’hégémonie et d’expansion, et je ne pense pas qu’il y ait un accord avec l’OTAN à cet égard.

Qu’en est-il de la Russie ?

La Russie, à cette époque, a ses ententes profondes de plus d’un côté avec la Turquie en Syrie, en Azerbaïdjan et en Libye, et il suffit aux observateurs d’indiquer que la solution en Azerbaïdjan en faveur de la Turquie était son prix en Syrie ou en Libye en faveur de la Russie, ce qui indique la compréhension profonde entre les deux parties et non l’inverse.

Où va la politique que mène Erdogan en s’immisçant dans les affaires de la région en Turquie ?

A moins d’une intervention ferme, forte et dissuasive, la Turquie continuera à s’étendre dans les pays de la région, profitant des Frères musulmans et des factions armées qu’elle a formées dans le nord de la Syrie comme deux ailes pour faire avancer son projet, en plus de son utilisation de drones, ainsi que de ses ententes avec des pays centraux de la région comme l’Iran, ou des pays pivots sur le plan international comme la Russie.

ANHA

 

TURQUIE. La prisonnière kurde, Rojbin Çetin privée de soins contre son cancer de l’utérus

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TURQUIE / BAKUR – Sevil Rojbin Çetin, militante du mouvement des femmes kurdes (Tevgera Jinên Azad – TJA), est en prison à Mardin après avoir été torturée par la police qui a lâché des chiens contre elle à son domicile le 27 juin à Amed.
 
Elle est détenue dans des conditions carcérales difficiles aggravées du fait qu’elle ne peut avoir de soin contre son cancer de l’utérus.
 
Çetin n’a pas ses médicaments en prison, ni emmenée à l’hôpital pour y être soignée. Une prisonnière qui est restée dans la même aile que Çetin et a été libérée récemment a déclaré que Cetin n’avait même pas reçu de repas séparés. (ANF)
 
En Turquie, il y a des centaines de prisonniers malades qui ne doivent pas rester en prison mais les autorités turques font fi de leur état de santé, les laissant mourir à petit feu.
 

La Turquie à la manœuvre pour éliminer les Kurdes d’Irak

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Article de Pierre Barbancey
 
La tension grandit au nord de l’Irak, où le Parti démocratique du Kurdistan, qui entretient les meilleures relations avec Ankara, cherche à déloger les combattants de leur quartier général du mont Qandil.
 
En avril dernier, les peshmergas, sur ordre de Nechirvan Barzani, chef du gouvernement régional du Kurdistan (KRG) en Irak, prenaient position dans la région de Zini Warte, une passe montagneuse qui serpente jusqu’au mont Qandil. Officiellement, selon le premier ministre, leur mission relevait de la lutte contre le Covid-19 que répandraient les contrebandiers, nombreux dans cette zone frontalière avec la Turquie. Une explication qui n’a convaincu personne. Surtout pas Duran Kalkan, membre du comité exécutif du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui y voyait là un prétexte pour se positionner militairement face aux combattants du PKK. « Le PDK accomplit ce que veulent les États-Unis et l’État turc », dit-il. Une référence au Parti démocratique du Kurdistan (PDK), tenu par la famille Barzani, qui détient la présidence de la région et le poste de premier ministre. Historiquement, le PDK contrôle la capitale, Erbil, et règne sur la plus grande partie du Kurdistan d’Irak. L’autre grande ville kurde, Souleymanieh, est dirigée par l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), dominée par la famille Talabani, dont l’influence s’étend sur toute la partie est.
 
Zini Warte n’est pas une zone comme une autre. Elle jouxte le mont Qandil, qui culmine à 3 500 mètres d’altitude, où le PKK a installé son quartier général depuis plusieurs décennies maintenant. À la suite des accords passés entre les trois organisations kurdes, Zini Warte est une espèce de no man’s land, seule jusque-là une unité de peshmergas dépendant de l’UPK étant tolérée par le PKK.
 
Depuis des années, la Turquie multiplie les raids aériens contre le QG du PKK et de sa branche armée, les Forces de protection du peuple (HPG). Le but, éradiquer la guérilla. Depuis 2017, Ankara va encore plus loin, en installant directement des bases militaires sur le territoire du Kurdistan irakien, cherchant ainsi à créer, à l’instar de ce qui est fait au Nord-Est syrien, une zone tampon visant à empêcher tout déplacement des guérilleros des HPG et le passage de marchandises et d’armes. En 2014 déjà, alors que l’organisation dite de l’« État islamique » s’était emparée de la ville irakienne de Mossoul, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait envoyé ses troupes près de Bashiqa, dans la province de Ninive, mais sans jamais combattre les djihadistes. Le but réel était de détruire le PKK, dont les combattants étaient venus à la rescousse des populations yezidies au Sinjar, abandonnées par les peshmergas du PDK, et avaient empêché qu’Erbil et Kirkouk ne tombent dans l’escarcelle de Daech.
 
Une collusion qui repose sur des intérêts financiers

En 2019, la première phase de l’opération turque baptisée « Griffe du tigre » visait à pénétrer plus en profondeur en territoire kurde. L’installation de nouvelles bases du PDK à Zini Warte, en avril de cette année, allait prendre toute sa signification quelques mois plus tard. Elles servaient à « fixer » et à encercler les combattants HPG. À la mi-juin de cette année, la Turquie déclenchait une série de bombardements (80 cibles auraient été visées, tuant des civils), couvrant le déploiement d’importantes forces spéciales.
 
En octobre et en novembre, le PDK procédait lui aussi à un nouveau déploiement militaire. Il semble pourtant qu’il rencontre quelques difficultés politiques. Lîwa Qareman, chef adjoint du Ministère des peshmergas (l’armée régulière du Kurdistan irakien), a affirmé que les forces déployées par le PDK dans les zones du PKK n’avaient rien à voir avec les peshmergas et souligné qu’elles dépendaient uniquement du clan Barzani. L’un de ces commandos serait même dirigé par Rawan Idris Barzani, frère du président du KRG Nechirvan Barzani.
 
Selon le site Rojinfo, ces unités spéciales « ont été formées en 2018 par des spécialistes militaires de Sadat ». Celle-ci serait « l’une des principales sociétés militaires turques chargées de former les forces de procuration (proxies – NDLR). Fondée en 2012 par le général turc Adnan Tanriverdi », un proche conseiller d’Erdogan, elle « entretient des relations étroites avec les services secrets turcs (MIT) ». Elle s’est installée en 2017 près de la ville frontalière de Dohuk, au Kurdistan irakien. Elle est également active à Kirkouk, une ville que se disputent Bagdad et Erbil, où se trouve une minorité turkmène dont certains membres seraient actifs au sein d’une force paramilitaire spécialement créée, dirigée contre les Kurdes.
 
La collusion entre la Turquie et le PDK de la famille Barzani est ancienne. Elle repose sur des intérêts financiers (les produits turcs inondent le marché du Kurdistan irakien et les accords pétroliers sont à l’avantage du clan et d’Ankara) et politiques. C’est aussi l’expérience en cours au Rojava (Kurdistan syrien) que la Turquie tente de détruire. Le PDK veut, de son côté, en finir avec le PKK, dont il rejette le combat et les orientations socialisantes. La gestion de la famille Barzani est un désastre pour les Kurdes d’Irak, socialement et économiquement. Face aux revendications populaires, la seule réponse est la répression et le retour aux pratiques claniques.
 
La main de la Turquie apparaît ainsi clairement derrière les tensions entre le PDK et le PKK. Le but ultime étant d’en finir avec les revendications kurdes autonomes et d’égalité, aussi bien en Turquie qu’en Irak et en Syrie. Une entreprise qui a le soutien des États-Unis et surtout de la France, qui, dans cette confrontation, prend le parti du PDK (et donc d’Ankara), en accusant le PKK d’être une organisation terroriste.
 
Article de Pierre Barbancey, publié par le site Humanité

La Turquie s’en prend de nouveau aux Kurdes du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Les récentes attaques et renforcements militaires turcs visant le nord du Rojava font craindre une nouvelle invasion turque dans le nord de la Syrie. Toutefois, selon le journaliste Fehim Taştekin, l’objectif des renforts de la Turquie pourrait rester limité à accroître son contrôle sur l’autoroute M4 en tant que route d’approvisionnement en pétrole des zones contrôlées par les Kurdes vers les territoires contrôlés par Damas.
 
« (…)Un nouveau renforcement militaire turc est en cours dans la région du nord de la Syrie d’Ain Issa, au nord de Raqqa, autour de la principale autoroute M-4, soulevant le spectre d’une autre poussée turque pour freiner les Kurdes syriens.
 
Des véhicules militaires, des armes lourdes, des radars et du matériel de télésurveillance ont été stationnés dans des zones qui forment la ligne de contact avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes. Selon des sources kurdes, l’armée turque et les groupes rebelles alliés ont installé des postes militaires dans le village de Saida, au nord d’Ain Issa, ainsi qu’autour de Tell Tamer et Zirkan. Début novembre, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a signalé que les forces turques avaient également été stationnées à Kaffifa, Ain Rummana, Tina et Al-Rabea, toutes à proximité de l’autoroute M-4.
 
Mervan Rojava, le chef du bureau des médias des Unités de protection du peuple kurde (YPG), l’épine dorsale des FDS, a déclaré à Al-Monitor que les forces turques avaient installé une tour de guet avec des caméras de surveillance et des tireurs d’élite à Saida, un village désert juste au nord. de M4. Rojava a rappelé que le M4 était effectivement devenu une ligne de séparation entre les forces turques et les FDS après que la Turquie a pris le contrôle du tronçon frontalier de Tell Abyad à Ras al-Ain dans le cadre de l’opération « Source de paix » en octobre 2019. «L’armée turque a mis en place des forces armées. et creuser des tranchées le long de la bande de séparation sur des sites à quelques centaines de mètres de l’autoroute », a-t-il déclaré.
 
Après l’opération « Source de paix », les silos à grains du village de Shergirak près d’Ain Issa sont devenus la plus grande base turque à proximité de M4. Une autre zone de camp est située près du village de Misherfa, non loin de Tell Tamer. La Turquie a renforcé les deux bases ainsi que de nouveaux sites, selon le journaliste kurde basé en Syrie Nazim Dastan. Des tranchées, des canaux et des tunnels seraient creusés près de Medrut, non loin de Tell Abyad, Zirkan et des villages de Hoshan et Khalidiya le long de la M4.
 
Faisant référence à Saida, qui a été une sorte de zone tampon entre les deux parties, Dastan a déclaré: «Les responsables turcs ont rencontré les Russes il y a quelque temps, demandant la création d’une base militaire à Saida. La réponse des Russes a été négative. Cela a été suivi d’un assaut intensif, que les FDS ont repoussé. Puis ils ont commencé à creuser des tranchées et des tunnels et à ériger une tour de guet. Ils utilisent maintenant le site pour surveiller le M4 et l’Ain Issa. »
 
Mervan Rojava ajoute que simultanément, les attaques se sont intensifiées. Dans la région d’Aïn Issa, Khalidiye, Hoshan et Sayda, d’un côté, dans celle de Tell Abyad, Arida, Kur Hasan et Kazali, de l’autre, sont en permanence visés par des armes lourdes. « La vie des civils qui habitent dans les environs des silos de Shergirak, où se trouve la plus grande base militaire turque de la région, est devenue un véritable enfer. Même si, d’après les accords russo-turcs, les convois civils sont censés être sous protection russe, l’autoroute M4 n’a pas cessé d’être une route de la mort. Il n’est pas rare que les convois soient visés par des armes automatiques et il y a déjà eu des blessés. Cette autoroute est le terrain de jeu de l’armée nationale syrien qui rançonne, enlève, menace et lève des droits de passage sur les usagers », commente-t-il.
 
L’activité militaire turque dans la région est-elle le prélude à une nouvelle phase de l’opération « Source de paix » ?
 
Le président Recep Tayyip Erdogan a évoqué la perspective d’une nouvelle opération à plusieurs reprises en octobre alors que les États-Unis étaient occupés par les élections présidentielles. Pour Ankara, le partenariat américain avec les YPG revient à soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le groupe armé qui combat Ankara depuis près de quatre décennies. La Turquie considère les YPG comme une extension du PKK et considère les deux groupes terroristes. «Il existe encore des zones terroristes en Syrie . Soit ils sont nettoyés comme nous l’avons promis, soit nous irons le faire nous-mêmes », a averti Erdogan le 3 octobre. Dans un autre avertissement le 24 octobre, il a déclaré:« Des efforts sont en cours pour établir un État terroriste. La Turquie ne permettra jamais la création d’un tel État le long de ses frontières. Nous ferons ce qu’il faut pour drainer le marais terroriste. Quatre jours plus tard, il a affirmé que la Turquie avait «une raison légitime d’intervenir à tout moment» si «tous les terroristes ne sont pas expulsés… comme on nous l’a promis».
 
La Turquie a semblé réfléchir à une tentative de faire de nouveaux gains sur le terrain tandis que le président Donald Trump, dont les décisions brusques ont souvent donné à Erdogan des opportunités d’agir, était préoccupé par les élections. La défaite de Trump semble avoir quelque peu modifié le calcul d’Ankara. Les avertissements d’Erdogan ont cessé depuis que la victoire de Joe Biden a été assurée, mais l’activité militaire de la Turquie sur le terrain s’est accélérée.
 
La perspective que la Turquie profite du brouhaha de la transition à Washington pour étendre l’opération « Source de paix » ne peut pas encore être exclue, malgré les signes d’adaptation à la nouvelle réalité à Washington. L’hostilité déclarée d’Ankara à l’autonomie kurde de facto dans le nord de la Syrie reste inchangée. Depuis l’abandon du processus de règlement avec les Kurdes chez eux en 2015, Erdogan a investi un grand capital politique dans cette politique, y compris son alliance avec les nationalistes turcs, ce qui l’a aidé à installer le système de présidence exécutive en 2018.
 
Bien que le récit d’Erdogan sur l’écrasement du «couloir terroriste» en Syrie puisse se poursuivre tant qu’il s’appuie sur le soutien nationaliste, on s’attend généralement à ce que l’impact de Biden force la modération à Ankara. Les Kurdes, en particulier, s’attendent à un apaisement des tensions avec la Turquie. «Bien que nous ne puissions pas dire que les chances que la Turquie lance une nouvelle attaque militaire contre [les zones contrôlées par les Kurdes] soient nulles, nous pouvons dire qu’elles ont été considérablement réduites», a déclaré le commandant des FDS, Mazlum Kobane, à Al-Monitor au début du mois.
 
Pourtant, les Kurdes restent méfiants. Interrogé sur la perspective d’une nouvelle offensive turque, Rojava a déclaré: «Ils attendent une opportunité d’attaquer le nord de la Syrie, même s’ils savent que le climat politique après les élections américaines n’est pas en leur faveur. Les forces américaines et russes, qui sont les garants des accords [avec la Turquie], maintiennent leur communication avec les FDS, mais n’empêchent pas les actes d’occupation de la Turquie. La Turquie pourrait essayer de poursuivre son programme [pendant que] son ​​ancien allié Trump [reste au pouvoir], mais je ne pense pas qu’elle aura les moyens et le courage de le faire, car les implications pourraient être désastreuses.
 
De même, Dastan pense que la Turquie a en tête une offensive à grande échelle, même si le climat politique a changé à son détriment. «L’offensive ne se fera peut-être pas immédiatement, mais ils y préparent le terrain. Ils pourraient faire un geste dès qu’une opportunité se présente », a-t-il déclaré.
 
Depuis l’année dernière, les Kurdes étaient inquiets que la Turquie n’attaque Kobanê. Les anticipations se portent plutôt aujourd’hui du côté d’Aïn Issa. Si Aïn Issa tombe, Kobani sera encerclé, à l’exception de la route de Tichrine. C’est la raison pour laquelle les Kurdes voient une attaque contre Aïn Issa comme une étape avant une opération contre Kobani. Ils craignent aussi qu’en échange d’un acquiescement au plan russe pour Idlib, les Turcs ne reçoivent en échange l’autorisation d’élargir l’opération Source de paix contre les Kurdes.
 
L’attitude de la Russie pourrait compliquer les calculs de la Turquie. Dans le cadre des accords de Sochi du 22 octobre 2019, des patrouilles russo-turques sont organisées à l’est et à l’ouest de la zone contrôlée par Source de paix, jusque dans les périphéries de Kobanê. Même si les attaques de la Turquie n’ont pas été stoppées, ce mécanisme donne aux Ruses une chance de contrôler la situation. Au-delà des conditions des accords d’octobre 2019, la Russie s’est installée sur la base abandonnée par les Américains à Aïn Issa et l’armée syrienne a repris des positions le long de l’autoroute M4 et sur la frontière avec la Turquie.
 
Les nouveaux travaux militaires de la Turquie peuvent certes se limiter à un objectif de contrôle renforcé de l’autoroute M4. L’agence de presse gouvernementale Anadolu souligne dans un article que l’autoroute M4 est utilisée pour les livraisons de pétrole du gouvernement syrien dans les régions qu’il contrôle : « Le régime d’Assad, sous sanction américaine, continue de recevoir du pétrole du partenaire américain, l’organisation terroriste YPG/PKK. Le mois dernier, les échanges pétroliers entre le régime d’Assad et l’organisation ont concerné 15 000 véhicules. Les camions citernes transportant le pétrole de la région de Rumeylan, occupée par les YPG/PKK, ont été vus à Tel Tamir, Aïn Issa et Rakka, occupés par l’organisation ». Pour interrompre ce flux, il faudrait donc contrôler l’autoroute M4 et les carrefours stratégiques. »

Les Baloutches à la recherche de leurs proches enlevés par les autorités pakistanaises

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Les Kurdes ont une grande sympathie pour leurs frères baloutches persécutés par le Pakistan et l’Iran notamment. Peuple apatride comme les Kurdes, la plus grande communauté baloutche vie sous le joug du régime sanguinaire pakistanais mais également en Afghanistan, en Iran et au Turkménistan.
 
« Nous sommes des citoyens innocents de ce pays. Je pense qu’une personne n’est perdue que lorsqu’elle est innocente. Parce qu’ils n’ont aucune preuve contre elle. Ils ne peuvent pas fournir de preuves au tribunal. Le Pakistan est un État et il a une constitution. Si une personne a commis un crime, elle doit être jugée par un tribunal. Les membres de la famille kidnappés sont innocents, ils ne peuvent donc pas les juger au tribunal. Ils ne disent même pas les avoir été arrêtés. »
 
Aujourd’hui, les Baloutches (environs 8 millions d’individus) mènent une guerre de survie au milieu des assassinats et des disparitions forcées frappant ses membres alors que la communauté internationale les ignore totalement.
 
Le journaliste kurde Barış Balseçer a tendu son microphone à Haseeba Qambrani, une femme baloutche dont le grand-frère et un cousin ont été kidnappés et assassinés par les forces de l’État pakistanais. Aujourd’hui, elle s’interroge sur le sort de son petit-frère et un autre cousin, qui ont été arrêtés plus tôt cette année et dont le sort reste inconnu.
 
Le grand-frère et un cousin d’Haseeba Qambrani, qui vit à Quetta, la capitale du Baloutchistan, ont été arrêtés par les forces de sécurité pakistanaises en 2015, et leurs corps tués par balles ont été retrouvés un an plus tard. Plus tôt cette année, son seul frère encore en vie et un cousin d’Haseeba ont été arrêtés à leur tour. Qambrani, qui s’interroge sur le sort de son petit-frère et de son cousin, tente de faire entendre sa voix dans le monde par un rassemblement quotidien dans la capitale.
 
Les disparitions forcées au Baloutchistan, où les revendications démocratiques des Baloutches ne sont pas acceptées, se poursuivent depuis 2000. On estime que des milliers de Baloutches ont été portés disparus par l’armée pakistanaise, d’autres ont été forcés de quitter leurs terres ou ont été arrêtés. Depuis 20 ans, plus de 20 000 Baloutches, pour la plupart des étudiants, ont été arrêtés et portés disparus par les forces de sécurité pakistanaises. Selon les militants des droits humains du Baloutchistan, chaque jour, trois à quatre Baloutches disparaissent de cette manière.
 
Depuis 2009, 7 personnes de son village ont été portées disparues
 
Depuis 2009, les disparitions forcées se sont multipliées dans le village de Kili Qambrani où vit la famille d’Haseeba Qambrani. Depuis lors, 10 personnes ont été arrêtées par l’armée pakistanaise, dont sept membres de la famille Qambrani. Sur ces 10 personnes, seules trois ont été libérées.
 
Haseeba Qambrani est une travailleuse de la santé qui vit à Kili Qambrani, près de Quetta, la capitale du Balouchistan, avec sa mère, son père imam, l’épouse de son frère assassiné, les enfants, l’épouse de son frère disparu, ses fils et ses trois sœurs. Haseeba a raconté à Barış Balseçer les enlèvements et les assassinats frappant sa communauté.
 
Enlevés et massacrés
 
La famille Qambrani a d’abord pensé que leur frère et leur cousin, qui avaient été détenus en juillet 2015, seraient libérés. «Mais ce n’était pas le cas. Mon frère Salman Qambrani et mon cousin Gzein Qambrani ont été kidnappés et détenus par les forces de sécurité. En 2016, nous avons retrouvé leurs corps sans vie jetés dans la rue, criblés de balles », explique Haseeba.
 
Impossible d’obtenir des nouvelles des personnes enlevées 
 
Son autre frère, Hassan Qambrani, a été arrêté par les forces de sécurité plus tôt cette année, avec son cousin Hizbullah Qambrani. Malgré toutes leurs tentatives, la famille n’a toujours pas retrouvé ces deux personnes enlevées. Haseeba résume leur tragédie avec la phrase « Notre vie n’est rien d’autre que l’attente et la souffrance ».
 
Les tentatives ont été infructueuses
 
La famille s’est adressée à toutes les institutions de l’État pakistanais, en particulier aux représentants élus, et les a interrogées sur le sort des membres de la famille enlevés.
 
Haseeba raconte ce processus vain comme suit: «Nous avons intenté une action en justice contre la Commission des personnes disparues. Le Ministre des affaires intérieures du Baloutchistan a assuré que mon frère et mon cousin seraient libérés. Mais c’était une promesse vide. La chef de l’opposition Maryam Nawaz Sharif et d’autres dirigeants du Mouvement démocratique pakistanais nous ont assuré qu’ils élèveraient la voix, mais Hassaan et Hizbullah sont toujours portés disparus. J’ai écrit des lettres à Bilawal Bhutto, président du Comité des droits de l’Homme de l’Assemblée nationale, et à Mustafa Nawaz Khokhar, président du Comité sénatorial des droits de l’Homme. »
 
La famille est en sit-in depuis plusieurs mois
 
Haseeba déclare qu’ils étaient seuls dans la poursuite de la justice et que la famille a entamé un sit-in dans la capitale depuis des mois, portant les portraits des proches enlevés par les forces pakistanaise, afin de sensibiliser le public sur les enlèvements et les disparitions forcées. Elle rappelle ensuite la relation constitutionnelle qui existe entre le Baloutchistan et le Pakistan, déclarant que le gouvernement pakistanais viole les droits constitutionnels existants. Haseeba a déclaré qu’ « il est inhumain et illégal d’enlever et d’isoler une personne même en temps de guerre selon les lois internationales » et explique la raison de la politique de disparition forcée menées par les forces de sécurité pakistanaises: « Nous sommes des citoyens innocents de ce pays. Je pense qu’une personne n’est perdue que lorsqu’elle est innocente. Parce qu’ils n’ont aucune preuve contre elle. Ils ne peuvent pas fournir de preuves au tribunal. Le Pakistan est un État et il a une constitution. Si une personne a commis un crime, elle doit être jugée par un tribunal. Les membres de la famille kidnappés sont innocents, ils ne peuvent donc pas les juger au tribunal. Ils ne disent même pas les avoir été arrêtés. Ils sont torturés dans des cellules. »
 
Les médias ne « voient » pas les enlèvements et disparitions forcées
 
Haseeba, se référant à la censure et à la pression exercée sur les médias au Pakistan en disant: «L’État contrôle les médias», déclare que les sujets autorisés par les institutions de l’État font l’objet de l’actualité et que les enlèvements et disparitions forcées au Balouchistan ne sont pas couverts par les médias et ajoute: «Si une chaîne d’information au Balouchistan essaie de nous contacter et de publier la nouvelle d’une disparition forcée, elle est menacé par les forces de sécurité. Il y a beaucoup de pression, les travailleurs de la presse sont immédiatement expulsés. Les médias qui ont [couvert ce genre de faits] sont interdits et fermés. Des journalistes locaux au Baloutchistan ont également été victimes de disparitions forcées. Ils ont été visés par les forces soutenues de l’État, certains ont été tués. »
 
Le désintérêt de la communauté internationale
 
Haseeba a déclaré que lorsque des journalistes de la presse étrangère faisaient des nouvelles sur le Baloutchistan, ils étaient confrontés aux problèmes de visa car les autorités refusaient de prolonger la durée de leurs visas, les empêchant d’enquêter sur les disparitions et enlèvements des Baloutches, et souligne qu’en raison de ces problèmes, les journalistes internationaux n’ont pas rendu compte du drame humanitaire qui a lieu au Balouchistan. Haseeba souligne que c’est la première fois qu’un journal étranger les contacte, citant le journal kurde Yeni Ozgur Politika.
 
L’ONU les ignore
 
Déclarant que les institutions internationales sont indifférentes à ce qui se passe au Baloutchistan, Haseeba déclare que les Nations Unies (ONU) ont envoyé une équipe pour préparer un rapport sur les disparitions forcées seulement en 2011. Ajoutant que l’équipe envoyée a rendu visite aux manifestants à Quetta mais ne s’est pas rendue dans d’autres parties du Baloutchistan, Haseeba a déclaré: «Leurs visites se sont limitées à Quetta et à Islamabad. Ils devaient visiter toutes les grandes villes du Baloutchistan pour recueillir des informations. Malheureusement, ils n’y sont pas allés. Comment peut-on faire un rapport s’il n’y a pas de communication avec les victimes? «  demande-t-elle.
 
« Faites entendre notre voix »
 
Haseeba a souligné que l’armée pakistanaise mène des détentions massives, des enlèvements et des disparitions forcées et que cette politique a été mise en œuvre dans tout le Pakistan, et que le sort de milliers de Baloutches, dont celui de son frère Hassan et de son cousin Hizbullah, est inconnu.
 
Haseeba a déclaré que la société civile pakistanaise garde toujours son silence devant le drame baloutche, déclarant que les personnes qui revendiquent des droits démocratiques disparaissent quotidiennement et que s’il la société civile pakistanaise ne réagit pas, c’est tout le peuple pakistanais qui finira par subir la pression de l’État.
 
S’adressant aux institutions internationales et à l’opinion publique mondiale par le biais du journal Yeni Ozgur Politika, Haseeba Qambrani a déclaré: «Nous appelons les institutions internationales à mettre fin aux violations des droits humains au Pakistan. Nous attendons de l’opinion publique mondiale qu’elle fasse entendre notre voix».
 
Article traduit par KAF depuis le site Yeni Ozgur Politika