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La situation politique et militaire au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – L’institut kurde de Paris a publié un article sur la situation politique et militaire dans les 4 parties du Kurdistan, dont au Rojava que nous partageons avec vous ci-dessous.
 
ROJAVA: REGAIN DE TENSION AVEC LE RÉGIME DE DAMAS, AFFRONTEMENTS À QAMISHLO
 
Début janvier, la situation était toujours tendue autour de la ville d’Ain Issa, majoritairement contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), mais convoitée par les factions djihadistes au service de la Turquie. Les incessants accrochages ont provoqué la fuite de milliers d’habitants des villages environnants. Selon les responsables de l’Administration autonome du Nord-Est syrien (AANES), dominée par les Kurdes du PYD, les Russes, soutiens indéfectibles de Damas, profitent de la menace turque pour tenter de les forcer à céder au régime la ville et sa région – jusqu’à présent sans succès. «Lorsque nous avons refusé la dernière demande russe de nous retirer d’Ain Issa, la situation s’est aggravée avec la Turquie et ses supplétifs syriens, qui nous attaquent quotidiennement», a déclaré le 5 à Voice of America (VOA) un responsable des FDS. Si la ville, située sur l’autoroute stratégique M4 reliant Est et Ouest du Rojava, tombait aux mains des mercenaires pro-turcs, tout le nord de l’AANES, et notamment les villes de Manbij et de Kobanê, seraient aussi mises en danger.
 
Cependant, après des semaines d’affrontements, la situation a plutôt évolué durant la deuxième semaine de janvier vers une période de calme relatif, après que les FDS ont repoussé plusieurs attaques turques ayant tué cinq civils et sept combattants (WKI). La pression s’est déplacée de nouveau vers la station de pompage d’Allouk, près de Serê Kaniyê (Ras al-Ain), contrôlée depuis octobre 2019 par les groupes pro-turcs. Ceux-ci ont de nouveau coupé le 18 l’eau potable à près d’un demi-million d’habitants du Nord-Est syrien, notamment dans la ville d’Hassaké. L’Observatoire syrien des Droits de l’homme (OSDH) comme l’agence gouvernementale syrienne SANA ont rapporté que les milices pro-turques empêchaient depuis le 16 les employés d’accéder à la station (Kurdistan-24). Parallèlement, l’armée turque et ses supplétifs ont commencé à bombarder la région de Manbij, tout en concentrant des forces devant Ain Issa, d’où la crainte d’une nouvelle attaque contre la ville… (WKI)
 
Le 22, l’autoroute M4 a de nouveau été bombardée près d’Ain Issa. Plus à l’ouest, au Sud de Kobanê, un civil kurde a été blessé chez lui par un drone turc (WKI). Le lendemain, les mercenaires d’Ankara s’en sont également pris à l’enclave de Tall Rifaat, où leurs tirs d’artillerie ont tué une femme et deux enfants, et blessé six autres civils. Cette petite zone au nord d’Alep, toujours contrôlée par les FDS, sert de refuge à environ 170.000 habitants d’Afrin déplacés par l’invasion turque de mars 2018, mais elle se trouve isolée entre les territoires contrôlés par Damas au Sud et ceux occupés par la Turquie au Nord. Les combattants de Tall Rifaat ont riposté en bombardant au mortier les positions des mercenaires pro-turcs (Kurdistan-24).
 
En fin de mois, de nouveaux tirs ont visé Ain Issa, dans ce que les responsables kurdes soupçonnent de plus en plus d’être une campagne coordonnée entre Damas et Ankara pour en chasser l’AANES… (WKI)
 
Les mêmes groupes pro-turcs poursuivent leurs exactions incessantes à Afrin. Le 27, selon l’OSDH, 16 Kurdes habitant le village de Kakhara ont été enlevés chez eux et torturés par les membres du groupe al-Amshat, appartenant à l’Armée syrienne libre, sous le prétexte qu’ils auraient brûlé le véhicule d’un responsable de la sécurité. En fait, selon l’Organisation des Droits de l’homme d’Afrin, l’incendie résulterait de conflits entre factions pro-turques… La plupart des victimes ont été ensuite libérées, mais deux d’entre elles sont dans le coma (Rûdaw). Selon la même organisation, depuis début janvier, près de 100 personnes ont été arrêtées, dont des femmes et des enfants. La même semaine, une autre organisation, «Syriens pour la vérité et la justice» (STJ) a publié un bilan 2020 effrayant des exactions de ces groupes à Afrin, documentant arrestations, détentions et disparitions forcées (->): au moins 877 civils ont été arrêtés par ces milices ou les services de renseignement turcs, qui, selon les auteurs «sont également complices de certaines de ces arrestations». Au moment de la publication du rapport, seulement 420 des personnes arrêtées avaient été libérées, le sort des 457 personnes restantes demeurant inconnu; sur 70 femmes et huit enfants arrêtés, seuls 18 femmes et quatre enfants ont été libérés (Kurdistan-24).
 
Est-ce une réponse à la question sur le sort de ces femmes ? Début janvier, la Turquie a été accusée d’avoir transféré des femmes kurdes enlevées à Afrin vers la Libye pour servir d’esclaves sexuelles aux combattants pro-turcs qu’elle y a envoyées. C’est la députée HDP Tulay Hatimogullari qui, après avoir recueilli des témoignages, a donné l’alerte et appelé le Parlement turc à mener une enquête; elle a exigé du ministre des Affaires étrangères Mevlut Çavusoglu qu’il fasse toute la lumière sur le sort de ces femmes. À Washington, la représentante du Conseil démocratique syrien, Sinem Mohamed, a dénoncé le 6 janvier des agissements qui «pas différents de ceux de [Daech]» et appelé États-Unis et Union européenne à participer à une commission d’enquête internationale pour que « les criminels de guerre soient punis » (RFI).
 
Par ailleurs, deux attaques à la voiture piégée ont touché le 2 janvier des zones du Rojava sous occupation turque, l’une près d’un marché de Ras al-Aïn (Serê Kaniyê) a fait selon l’OSDH cinq morts dont deux enfants, l’autre à Jindires (Afrin), a tué un civil et blessé neuf autres personnes dont deux enfants. Le ministère turc de la Défense a accusé les YPG (AFP).
 
Les djihadistes de Daech, malgré la perte de leur territoire en mars 2019, sont toujours actifs, notamment dans la région de Deir Ezzor, et profitent même du contexte de violence et de désordre pour accroître leurs activités. Selon des sources proches de l’opposition syrienne, ils ont lancé le 30 décembre une importante attaque contre des bus militaires syriens sur l’autoroute Deir Ezzor-Damas, tuant 37 soldats dont huit officiers et faisant de nombreux blessés, certains gravement. Des sources proches du régime ont aussi décrit des attaques contre des cars civils ayant fait 28 morts et 13 blessés (Al-Monitor). Le 23 janvier, ce sont deux femmes appartenant à un Conseil local de l’AANES à Deir Ezzor, Hind Latif Al Khadir et Sa’da Faysal Al Hermas, qui ont été enlevées chez elles et retrouvées décapitées quelques heures plus tard. Selon l’OSDH, au moins 234 personnes ont été tuées par des cellules dormantes de Daech dans le nord-est de la Syrie depuis juin 2018 (Middle-East Eye). Les FDS ont de leur côté annoncé l’arrestation de cinq membres de Daech.
 
Par ailleurs, l’AANES lutte toujours pour gérer et sécuriser sans aide internationale suffisante le camp d’Al-Hol, où s’entassent 65.000 personnes de 54 nationalités, dont des dizaines de milliers de femmes affiliées à Daech et leurs enfants. Selon les données locales, au moins 33 personnes ont été tuées dans ce camp en 2020. Le 8, un membre de la sécurité kurde (Asayish) est mort quand un combattant présumé de Daech s’est fait exploser dans le camp. L’incident s’est produit alors que les Asayish réagissaient au meurtre de deux réfugiés irakiens, également dans le camp. Sheikhmous Ahmed, responsable du Bureau des personnes déplacées et des réfugiés de l’AANES, a déclaré à Kurdistan-24 que la communauté internationale devrait faire plus pour sécuriser le camp, ajoutant qu’il faudrait pour y améliorer la sécurité et la situation humanitaire que les réfugiés irakiens et les déplacés syriens retournent dans leurs foyers: «Seules les familles étrangères [de Daech] devraient rester, et l’Union européenne devrait nous soutenir pour assurer la sécurité». L’AANES tire la sonnette d’alarme depuis des mois sur la situation à Al-Hol, et Ahmed a réitéré ces avertissements: «Daech a créé un État islamique à al-Hol», a-t-il déclaré, expliquant que Daech a établi ses propres tribunaux et «ses propres forces à l’intérieur du camp, [qui] tuent des gens. […] La communauté internationale, l’Irak et la coalition doivent apporter un soutien plus important pour contrôler la situation dans le camp» (Kurdistan-24).
 
Pour tenter de faire baisser la pression à Al-Hol, l’AANES continue à autoriser des familles syriennes à le quitter, une politique initiée en octobre dernier, au début sous garantie de chefs tribaux, mais à présent sur simple enregistrement de leur nom. Seules les personnes n’ayant pas commis de crime sont concernées. La semaine du 11 janvier, 31 familles, soit 99 personnes, ont pu partir (WKI). Mais en deux semaines, de nouveaux meurtres ont été commis dans le camp, si bien que le 21, avec douze morts, l’ONU s’est alarmée dans un communiqué: «Ces évènements inquiétants indiquent un environnement sécuritaire de plus en plus intenable à Al-Hol. […] La «récente hausse des violences» dans le camp «compromet la capacité de l’ONU et des partenaires humanitaires à poursuivre en toute sécurité la fourniture d’une assistance humanitaire essentielle» (AFP).
 
Enfin, on a assisté ce mois-ci à un regain de tension entre AANES et régime de Damas, particulièrement à Qamishli / Qamishlo, où certains quartiers et bâtiments administratifs au sud de la ville, ainsi que l’aéroport international, sont contrôlés par les forces du régime. Après des affrontements entre miliciens pro-Damas et Asayish (Sécurité) kurdes, les deux camps ont conclu un accord de libération de leurs prisonniers respectifs le 13 (WKI). Mais selon les médias locaux, de nouveaux combats ont éclaté le 23 après qu’une milice pro-gouvernementale a ouvert le feu sur un poste de contrôle des Asayish. Ceux-ci ont riposté et déployé des renforts dans la zone, a déclaré à VOA une source locale. Les affrontements se sont arrêtés, mais la situation est demeurée tendue. Le 31, une manifestation pro-régime à Hassaké a dégénéré quand les Asayish ont ouvert le feu sur les participants et «fait un mort et trois blessés parmi les manifestants» selon l’OSDH, qui a précisé que la personne décédée était un policier du régime. Mais selon les sources kurdes, c’est la milice (pro-régime) de la «Défense nationale» qui a initié les affrontements en attaquant les Asayish dans le quartier Marsho d’Hassaké, faisant deux morts et plusieurs blessés, dont des civils.
 
Selon Ivan Hasib, un journaliste basé à Qamishli, les tensions ont commencé avec des arrestations de responsables des deux camps: «Il y a quelques semaines [a-t-il déclaré à VOA], les Asayish ont arrêté un important responsable des services de renseignement du gouvernement syrien et son fils alors qu’ils se rendaient à Qamishli depuis la ville de Hassaké. Les troupes gouvernementales ont réagi en arrêtant plusieurs membres de la sécurité kurde». Les Russes auraient alors joué les médiateurs pour calmer le jeu, mais le renouvellement des affrontements montre que les tensions ont subsisté (VOA). Ensuite, d’autres facteurs, plutôt économiques, semblent être entrés en compte: chacun des deux camps accuse l’autre de prélever des taxes inacceptables sur les transferts de marchandises d’un territoire vers l’autre. C’est ce que font les forces gouvernementales, selon l’OSDH, dans certaines zones de la province d’Alep (AFP). Inversement, selon l’agence pro-régime SANA, les Kurdes empêchent l’approvisionnement des boulangeries du régime à Hassaké. Par ailleurs, le commandant des FDS, Mazloum Abdi a déclaré que le siège imposé aux forces de sécurité du régime à Hassaké et Qamishli était une réponse à celui imposé depuis plusieurs semaines par le régime à la région de Shahba et aux quartiers kurdes d’Alep comme Cheikh Maqsoud (ANHA).
 
Ce regain de violence intervient dans un contexte syrien aussi très tendu, avec un raid aérien israélien le 13 contre des implantations iraniennes dans l’est du pays: 18 frappes, ayant fait 57 victimes, dont 14 soldats syriens, qui auraient notamment visé, selon une source anonyme du renseignement américain, des lieux de transit de composants destinés au programme nucléaire iranien (Le Monde).
 
Enfin, Mazloum Abdi a déclaré en fin de mois que les discussions allaient reprendre entre l’AANES et l’opposition du Congrès national kurde (ENKS). Il faut souhaiter qu’elles réussissent mieux que la Commission constitutionnelle syrienne, de nouveau réunie les 26 et 27 sous l’égide des Nations Unies, et qui a continué à piétiner…
 

L’ONU condamne l’Iran pour la répression des minorités ethniques du pays

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Massacres et répression des Kurdes, Baloutches, Arabes, le régime iranien se nourrit du sang des minorités ethniques et religieuses du pays. La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet a dénoncé les violations des droits des minorités en Iran alors qu’on assiste a des troubles dans les provinces du Sistan et du Baloutchistan.
 
« En Iran, une campagne apparemment coordonnée cible les groupes minoritaires depuis décembre, notamment au Sistan et au Baloutchestan; Khuzestan; et dans les provinces kurdes. Des arrestations massives et des disparitions forcées ont été signalées, ainsi qu’un nombre croissant d’exécutions, à la suite de processus profondément viciés. Dans tout le pays, l’exercice des libertés civiques et l’expression politique ou critique continuent d’être visés par les lois sur la sécurité nationale, les poursuites pénales et l’intimidation. Je suis préoccupée par l’impunité persistante pour les violations des droits de l’homme, y compris les violations qui se sont produites dans le cadre de manifestations en 2018 et 2019 », a déclaré la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet. 
Les Kurdes de la province du Kurdistan (Rojhilat) et les Arabes du Khouzistan ainsi que les Baloutches au Sistan et au Baloutchistan sont particulièrement visés par les mollahs iraniens qui ont massacré des dizaines de Baloutches des troubles au cours des récentes manifestations qui secouent le Baloutchistan et le Sistan.

Trafic de drogue et prostitution organisés par l’État turc dans la ville kurde d’Amed

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TURQUIE / BAKUR – Dans les villes kurdes qui ont mené une résistance acharnée pour l’autonomie gouvernementale dans les années 2015-2016, la prostitution, la drogue, les jeux d’argent et les activités d’espionnage sont organisés par la police turque rapporte l’agence de presse ANF.
 

Il y a des trafiquants de drogue dans presque toutes les rues et il y a plus d’une maison de prostitution dans les quartiers de Sur et Bağlar à Amed (Diyarbakır). La jeunesse kurde est visée par le régime turc par la consommation de drogue et la prostitution.

Les politiques sales de l’État turc basées sur l’assimilation et la corruption au Kurdistan sont endémiques. Ces politiques sont mises en œuvre de manière plus organisée, en particulier dans les centres des villes et des districts où la résistance à l’autonomie gouvernementale a eu lieu dans un passé proche. La prostitution et la drogue sont très populaires à Sur et à Bağlar. De plus, ils sont introduits par la police turque. Bien que la police et les gardes patrouillent de jour comme de nuit, le nombre de trafiquants de drogue augmente.

Un commerçant, qui possède depuis des années une épicerie dans le quartier d’Alipaşa du district de Sur, raconte qu’il s’est récemment disputé avec des trafiquants de drogue devant son magasin. Il a déposé une plainte qui a été dissimulée par la police du district sans aucune action. Dans le quartier, les trafiquants de drogue et les maisons de prostitution sont principalement actifs la nuit.

DROGUES SYNTHÉTIQUES À SUR

Un autre habitant du quartier, qui ne veut pas être nommé parce qu’il a peur de la prostitution et des gangs de drogue du quartier, dit qu’il habite ici depuis 35 ans, mais veut partir maintenant car le quartier n’est pas le même que avant que. Il donne les noms de deux de ceux qui se livrent à des activités liées à la drogue et à la prostitution dans le quartier. Le résident dit que R.E. a introduit l’héroïne et des variétés de drogues synthétiques, en particulier dans le district de Sur, et a rendu les jeunes fidèles à lui en leur donnant de l’argent et en leur faisant peur. Selon lui, R.E. utilise et vend à la fois du bonsaï, du cristal et des drogues synthétiques similaires aux jeunes, et la police entretient des relations étroites avec R.E.

LES JEUNES FEMMES SONT FORCÉES À LA PROSTITUTION

L’habitant du quartier raconte en outre que Ş.Y trompe les jeunes femmes avec diverses méthodes et en fait des prostituées. En conséquence, Ş.Y entretient des relations avec MA, propriétaire du casino Maşiri situé sur la place Dağkapı et y emploie quelques jeunes femmes. En revanche, les femmes qui veulent se débarrasser de Ş.Y sont victimes de menaces et de chantage.

 

Amnesty International demande la libération de 5 journalistes et militants emprisonnés au Kurdistan d’Irak

Les réactions se multiplient après que 5 journalistes et militants de Behdinan ont été condamnés à des peines de prison par les autorités kurdes du Kurdistan irakien qui détient près de 50 journalistes derrière les barreaux.

Le 16 février, le 2e tribunal pénal d’Erbil (Hewler) a condamné à 6 ans de prison les journalistes et militants Sherwan Sherwani, Ghudar Zebari, Hussein Issa, Ayaz Karan et Shivan Saeed reconnus coupables d’ « atteinte à la sécurité nationale ». Sherwan Sherwani est notamment accusé d’ « avoir travaillé pour l’Iran et avoir surveillé secrètement les mouvements de Masoud Barzani ».

Alors que les cinq journalistes sont actuellement en grève de la faim alors qu’ils attendent le verdict de l’appel qui devrait avoir lieu le 16 mars, Amnesty International a appelé à leur libération immédiate et inconditionnelle dans une lettre adressée au Dr Dindar Zebari, coordonnateur du bureau du GRK pour le plaidoyer international (OCIA ).

Depuis leur condamnation, les cinq journalistes ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Selon les informations dont dispose Amnesty International, ils sont détenus dans des cellules surpeuplées sans place pour dormir, se tenir debout ou marcher, avec plus de 100 prisonniers. Dans de telles conditions, les journalistes et autres détenus sont particulièrement vulnérables à la propagation du COVID-19.

Des membres des forces de sécurité kurdes [également connues sous le nom d’Asayish] ont arrêté Sherwan Sherwani le 7 octobre 2020 à Erbil, la région du Kurdistan de la capitale irakienne, et les 4 autres journalistes – Guhdar Zebari, Hariwan Issa, Ayaz Karam et Shivan Saeed – le 22 octobre 2020 à Duhok, une autre ville principale du KRG, en relation avec leur implication dans des manifestations anti-gouvernementales contre les salaires impayés et la corruption. Tout au long de leur détention, les cinq journalistes ont été disparus de force, certains pendant plus de trois mois. Ils avaient un accès très limité à leurs avocats et aux membres de leur famille. Les cinq journalistes ont déclaré à leurs avocats ou à des membres de leur famille qu’ils avaient été soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements. Au cours de l’audience, les cinq journalistes ont déclaré avoir été contraints de signer des «aveux» sous la contrainte, mais le tribunal a rejeté ces demandes. En outre, l’audience s’est déroulée à huis clos, les forces de sécurité ayant barré l’entrée, y compris aux membres de la famille immédiate.

Concernant le contexte de l’arrestation des cinq journalistes kurdes, Amnesty International a écrit: « Des membres des forces de sécurité kurdes [également connues sous le nom d’Asayish] ont arrêté Sherwan Sherwani le 7 octobre 2020 à Erbil, la région du Kurdistan de la capitale irakienne, et les 4 autres journalistes – Guhdar Zebari, Hariwan Issa, Ayaz Karam et Shvan Saeed – le 22 octobre 2020 à Duhok, une autre ville principale du KRG, en relation avec leur implication dans des manifestations anti-gouvernementales contre les salaires impayés et la corruption. Tout au long de leur détention, les cinq journalistes ont été disparus de force, certains pendant plus de trois mois. Ils avaient un accès très limité à leurs avocats et aux membres de leur famille. Les cinq journalistes ont déclaré à leurs avocats ou à des membres de leur famille qu’ils avaient été soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements. Au cours de l’audience, les cinq journalistes ont déclaré avoir été contraints de signer des aveux »sous la contrainte, mais le tribunal a rejeté ces allégations. En outre, l’audience s’est déroulée à huis clos, les forces de sécurité ayant barré l’entrée, y compris aux membres de la famille immédiate.

À la lumière de ce qui précède, je vous exhorte à libérer immédiatement et sans condition Sherwan Sherwani, Guhdar Zebari, Hariwan Issa, Ayaz Karam et Shvan Saeed, à prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour que leur condamnation injuste soit annulée et à faire en sorte qu’une enquête rapide et efficace soit menée. les allégations de torture et autres mauvais traitements en vue de responsabiliser les auteurs et de leur offrir réparation. En attendant leur libération, je vous exhorte en outre à veiller à ce qu’ils aient accès à des professionnels de la santé qualifiés fournissant des soins de santé conformément à l’éthique médicale, y compris les principes de confidentialité, d’autonomie et de consentement éclairé et qu’ils aient un accès sans entrave à leurs avocats et à leur famille», a écrit Amnesty. International dans sa lettre adressée au coordinateur du GRK pour le plaidoyer international.

Amnesty International a appelé les gens à écrire soutenir la campagne en écrivant des lettres, et si besoin, utiliser le modèle de lettre que vous trouverez ici.

ANF

Les Yézidis en alerte contre une éventuelle invasion turque à Shengal

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SYRIE / ROJAVA – Un responsable yézidi de la région kurde de Syrie a appelé les Yézidis à se préparer à une attaque turque contre Şengal, alors que la Turquie poursuit ses plans visant à exterminer les peuples autochtones de la région.
 
Le 22 janvier dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de mener une attaque contre la région de Şengal, en disant qu’ils pourraient débarquer à tout moment après la visite du ministre de la Défense turc Hulusi Akar à Bagdad et à Hewlêr (Erbil) les 18 et 19 janvier, et sa rencontre avec les représentants des gouvernements irakiens et du Kurdistan du Sud.
 
Le coprésident de la Maison yézidie de la région d’al-Jazira, Faruk Tuzu, a déclaré que l’objectif de l’occupation turque face aux menaces qu’elle a lancées contre la province du Şengal est de réaliser ses ambitions professionnelles et de frapper la volonté de la communauté yézidie. Il a déclaré: «L’État turc considère sérieusement que Şengal a une importance stratégique, mais il n’est pas possible de le marginaliser s’il est lié à Jabal Abdulaziz et à la chaîne de montagnes d’Şengal, c’est ce qu’il prévoit.»
 
Il a ajouté: « La Turquie cible toujours les communautés autochtones, et c’est ce qui la pousse à cibler la communauté yézidie , en particulier après que les habitants de Şengal aient pu s’organiser et construire leur administration autonome, ce qu’Erdogan n’accepte pas, et prévoit toujours de frapper. »
 
Soulignant que les plans recherchés par l’occupation turque à l’heure actuelle ne se concrétiseront pas et que la Turquie devra faire face à un sort similaire qu’elle a subi dans la région de Garê.
 
Les forces turques se sont retirés de la zone dans Garé, au Kurdistan du Sud après avoir subi la défaite aux mains des Forces de défense du peuple (branche armée du PKK), 4 jours après la résistance face à des attaques lancées par les forces turques le 10 février.
 
Tuzu a souligné la nécessité pour la communauté yézidie d’intensifier la lutte pour faire face aux plans et aux menaces de la Turquie, et a souligné: «Le peuple d’ Şengal n’accepte pas les violations de l’occupant Erdogan et de ses forces militaires qui cherchent toujours à commettre des massacres, non seulement contre l’humanité, mais contre la culture, l’origine et l’histoire, la résistance actuelle est donc la base et le nécessaire. »
 
À la fin de son discours, Tuzu a appelé les habitants de Şengal à se préparer et à être certains que personne ne puisse nuire à Şengal tant que ses habitants se débrouillent et s’organisent face aux plans des ennemis.
 
Les plans de la Turquie démasqués
 
À son tour, le membre de l’Union yézidie en Syrie et membre du conseil de la maison yézidie, Suleiman Hamo, a indiqué qu’Erdogan cherchait à étendre la géographie de la Turquie et à mettre en œuvre ses projets professionnels depuis son arrivée au pouvoir, et a déclaré: « Cette question est devenu connu de tous les Kurdes et de la communauté yézidie, et nous avons bien compris ce que sont la politique d’Erdogan et le contexte de ses menaces continues contre Şengal. »
 
Hamo a déclaré: «Le principal objectif de la Turquie en matière de menaces et de complots contre Shengal est de maintenir la fragmentation des terres kurdes et de chercher à changer la démographie de Şengal en tant que région kurde authentique avec sa religion, sa culture et sa langue, avec l’aide du gouvernement du Kurdistan du Sud.»
 
Hamo a ajouté: « On sait depuis l’Antiquité que l’Empire ottoman a commis plus de 50 massacres contre la communauté yézidie, et il continue de les commettre, comme le massacre commis contre le peuple Şengal en 2014 par Daech avec l’aide de la Turquie. »
 
Hamo s’est concentré sur la nécessité de renforcer l’organisation des habitants de Şengal, ajoutant: «Chaque Kurde responsable doit chercher à contrecarrer les plans de la Turquie en réalisant l’unité nationale et en soulignant une position sérieuse et ferme concernant les plans élaborés contre les Kurdes.»
 

IRAN. Les mines terrestres tuent encore au Kurdistan d’Iran

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IRAN / ROJHILAT – Dans les régions kurdes frontalières d’Irak et d’Iran, les mines terrestres posées par les gouvernements irakiens et iraniens pendant la guerre Iran – Irak ainsi que celles posées par les mollahs iraniens plus récemment ont tué 10 personnes et blessé 30 autres en 2020. Ni l’Iran, ni l’Iran ne veulent nettoyer la région des mines qui tuent surtout les civils kurdes.  
 
Les explosifs de mines terrestres laissés par la guerre de huit ans entre l’Iran et l’Irak, ainsi que les mines posées par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne ces dernières années, continuent de faire des victimes au Kurdistan iranien.
 
Selon les statistiques enregistrées dans le centre de données statistiques et de documentation de Hengaw, organisation des droits de humains, en 2020, dans la région frontalière entre le Kurdistan d’Iran et d’Irak, au moins 10 citoyens ont été tués et 30 autres blessés à cause des mines terrestres et des explosifs laissés par la guerre de huit ans entre l’Iran et l’Irak et celles posées ensuite par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien. Ces mines avaient fait 27 victimes en 2019.
 
Bien que le droit international coutumier ne considère pas les mines terrestres comme des interdictions absolues, il existe des limites pour minimiser leurs effets. Par exemple, les parties à un conflit doivent maintenir une carte des champs de mines ou, à la fin du conflit, nettoyer les champs de mines pour soutenir les civils.
 
La Convention d’Ottawa oblige les gouvernements à s’abstenir de produire et de stocker des mines antipersonnel, auxquelles la République islamique d’Iran n’a pas encore adhéré malgré les pertes causées par les mines terrestres.
 
Selon une étude menée par la Croix-Rouge pour élaborer des règles coutumières régissant le droit humanitaire, plusieurs restrictions des règles nos 21, 22 et 13 sur les mines terrestres ont été définies comme le droit coutumier.
 
– Lors de l’utilisation, des précautions doivent être prises pour réduire les pertes humaines.
 
– Le côté qui utilise les mines terrestres doit enregistrer les emplacements
 
-A la fin du conflit actif, les gouvernements doivent offrir l’option de déminage
 
Cependant, les gouvernements iranien et irakien refusent de s’engager à respecter le droit international coutumier contraignant.
 

IRAN. Le régime iranien enterre en catimini les corps de 2 kolbars kurdes tués à Piranshahr

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IRAN / ROJHILAT – Les corps d’Abdullah Naderi et Osman Naderi, 2 kolbars kurdes tués le 24 février par les forces iraniennes à Piranshahr – ont été enterrés par le régime iranien pour empêcher leurs familles d’organiser une cérémonie mortuaire.
 
Le bureau de renseignement iranien de Piranshahr a remis hier les cadavres de 2 frères kurdes tués par les forces de sécurité iraniennes à leurs familles, dont les tombes ont été immédiatement remplies de béton par les gardiens de la révolution islamique iraniens. Le régime iranien avait présenté les 2 hommes comme des « terroristes » après leur meurtre délibéré. 
 
Selon un rapport reçu par l’ONG Hengaw, le jeudi 25 février 2021, le bureau iranien des renseignements à Piranshahr a remis les cadavres d’Abdullah Naderi, 36 ans, et d’Osman Naderi, 26 ans, à leurs familles 24 heures après leur mort. Une heure après les forces iraniennes ont rempli leurs tombes de béton.
 
Un parent de la famille de Naderi, qui ne voulait pas être nommé pour des raisons de sécurité, a déclaré à Hengaw que les services de renseignement iraniens avaient remis les cadavres à condition qu’aucune cérémonie n’ait lieu et que la famille de Naderi avait promis de ne parler à aucun média.
 
Hengaw avait précédemment rapporté que vers 14 heures le mercredi 24 février 2021, les forces de sécurité iraniennes ont ouvert le feu sur une voiture près de Piranshahr et tué ses passagers Abdullah Naderi et Osman Naderi, qui étaient frères.
 
Il est à noter qu’Abdullah Naderi et Osman Naderi sont tous deux mariés et ont un enfant chacun. Abdullah avait déjà été condamné à un an de prison par le pouvoir judiciaire de la République islamique d’Iran pour son métier de kolbarî.
 
Selon un témoin oculaire, les forces de sécurité iraniennes, venues d’Ourmia dans trois véhicules, ont ouvert le feu sur leur voiture avant qu’elle ne s’arrête, et les deux passagers ont perdu la vie. Le témoin oculaire a envoyé une vidéo à Hengaw indiquant que plus de 50 balles avaient touché les vitres de la voiture.
 
Le ministère iranien du renseignement a publié hier une déclaration indiquant qu’une opération « terroriste » à Piranshahr avait été déjouée et que deux personnes avaient été tuées. Les deux hommes ont été qualifiés de terroristes par les agences de sécurité iraniennes alors qu’ils étaient des civils et des résidents de Piranshahr.
 
 
 

Le journal kurde « Riya Teze » va cesser de paraitre pour des raisons économiques

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ARMÉNIE – « Riya Teze », un des plus anciens journaux kurdes, va cesser de paraitre faute d’argent nécessaire à sa publication.

Armenews rapporte que, le journal kurde « Riya Teze / R’ya T’eze », qui paraît à Erévan depuis 73 ans est au bord de faillite pour raisons économiques. L’écrivain kurde Timure Djelil qui avait tenté de sauver le journal kurde, aurait déclaré être attristé « qu’une nation qui compte 40 millions de membres, ne puisse pas financer les quelque 2 000 dollars par an, nécessaires pour maintenir en vie « Riya Teze ».

Rya Teze (« Nouvelle voie »), anciennement Rja Ţəzə (Р’йа т’әзә en alphabet cyrillique), était un journal en langue kurde publié à partir d’Erevan, en Arménie. Le journal a été fondé en mars 1930. Il était l’organe de la section kurde du Parti communiste d’Arménie. À l’époque, c’était un journal de quatre pages, publié toutes les deux semaines et tiré à six cents exemplaires. Le rédacteur en chef était alors Cerdoyê Genco. La publication a été arrêtée en 1937.

En 1955, la publication de Rya Teze (en alphabet cyrillique) a repris avec Miroyi Asad comme rédacteur en chef. Au début des années 1970, il était publié toutes les deux semaines et son tirage était de 2 800 exemplaires. En 1976, le tirage a atteint 5 000 exemplaires.

Dans les années 1980, Rya Teze était diffusé chaque semaine à 4 000 exemplaires et lu par des Kurdes dans toute l’Union soviétique. Les Kurdes d’Europe avait un nombre de lecteurs plus restreint et publiaient parfois des extraits du journal dans leurs propres publications en Allemagne et en Suède. En 1989, Tital Muradov a pris la direction de la rédaction et en 1991, la direction a été confiée à Emirike Serdar.

Après la désintégration de l’Union soviétique, le journal a connu des difficultés financières car il ne bénéficiait plus du soutien de l’État. Il avait cependant survécu et devenu un mensuel tiré à 500 exemplaires. En 2000, l’alphabet a été modifié pour revenir à l’alphabet latin. Le journal a été fermé en 2003 en raison de problèmes économiques. En tout, 4 800 numéros de Rya Teze ont été publiés entre 1930 et 2003.

Grâce aux dons de quelques volontaires kurdes vivant en Ukraine, au Kazakhstan, en Russie et dans d’autres pays, le journal avait été republié à partir de 2005. Mais aujourd’hui, il risque de mettre la clé sous la porte pour de bon, à moins que les Kurdes lancent une nouvelle campagne de dons pour que « Riya Teze » continue à arriver à ses lecteurs.

La Turquie achète les journalistes occidentaux pour blanchir ses crimes à Afrin

SYRIE / ROJAVA – Après trois ans d’occupation du canton d’Afrin, la Turquie tente de redorer son image sur la scène internationale et a persuadé certains journalistes occidentaux d’entrer dans la région sous l’escorte de l’armée turque falsifier la réalité vécue par les Kurdes sous l’occupation turque. Ces journalistes ont passé sous le silence les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par la Turquie et ses gangs islamistes à Afrin. 

 
En coordination avec l’État turc, un groupe de journalistes comprenant des photographes, correspondants de journaux occidentaux est arrivé à Afrin le 2 février 2021 avec un programme de visites de certains sites préparé par l’armée turque.

Le correspondant du journal espagnol « El Mundo », Angel Rivera a fait un reportage  publié le 7 février sur la situation sanitaire à la lumière du pic de Covid-19 à Afrin. Le journaliste a rencontré des colons transférés d’Idlib, de Homs et d’autres villes syriennes sans se demander ce qu’il était advenu des habitants d’Afrin qui ont été remplacés.

Les sources du site d’information Hawar news ont été informées que l’armée turque a emmené les journalistes dans les familles kurdes habitants encore dans la ville et leur a dit qu’il s’agissait d’une délégation américaine.

Fabriquer des faits

Ce reportage manque de professionnalisme et d’objectivité. Il ne rapporte que le point de vue officiel de la Turquie. Le journaliste se concentre sur les attentats, en mettant la responsabilité sur les YPG sans fournir aucune preuve ou document;  et ignore les violations et les crimes que l’armée d’occupation turque et ses mercenaires islamistes ont commis. Il accuse les YPG des attentats dont le plus important fut le camion, qui a coûté la vie à des dizaines de civils.

L’article n’aborde pas les centaines de crimes commis par l’État turc contre les femmes et les civils, et ne parle pas non plus des enlèvements documentés par les organisations internationales et locales de défense des droits de l’homme. Au contraire, le correspondant a blanchi et légitimé l’occupation turque à Afrin et a montré une version complètement différente de la réalité factuelle.

Quant au « New York Times » américain, il a publié un article après l’entrée de son correspondant à Afrin dans lequel les intentions cachées entre ses lignes ne peuvent être comprises que par l’introduction. Le correspondant américain a commencé ainsi :  « La Turquie est la seule force internationale sur le terrain qui protège environ cinq millions de civils déplacés et vulnérables. Aujourd’hui, ce sont les soldats turcs qui se tiennent entre eux et un probable massacre aux mains des forces du président Bachar al-Assad et de ses alliés russes ».

Le correspondant américain a également légitimé l’occupation turque « démontrant les réalisations en matière d’infrastructures, d’éducation et de services de santé ». Il n’a pas parlé des destructions causées par les raids turcs, ni des dégâts environnementaux causés par l’abattage de plus de 1 200 oliviers, selon l’organisation des droits de l’homme Afrin – Syrie.

Des réactions indignées 

Ces articles ont provoqué une vague de colère sur les réseaux sociaux parmi les Kurdes et les internautes, incitant de nombreux journalistes à publier des articles clarifiant les crimes et les violations commis par l’État turc d’occupation et ses groupes affiliés dans la région africaine.

Le journaliste israélien, Seth Franzman, a répondu à un article publié par le journal américain dans un article du Jerusalem Post, le 17 février, en citant des rapports publiés par Amnesty International et l’Organisation des droits de l’homme. Franzman a souligné que le journal « blanchit l’occupation militaire turque à Afrin et le nettoyage ethnique contre le peuple kurde ». Le journaliste a été surpris par l’absence de la voix de l’autre partie dans l’article du New York Times, qui rapporte généralement la voix des deux parties : « En couvrant Afrin, il semblait ne donner une place qu’aux responsables de l’occupation militaire turque et aux voix pro-Ankara. »

Franzman a ajouté que la Turquie met en place le changement démographique dans la région, notant que « la déportation des Kurdes et des Yazidis et la réinstallation des colons d’autres villes syriennes est très similaire à ce que le régime nazi allemand a fait lorsqu’il a occupé des zones en Europe de l’Est, où les nazis ont envoyé des Allemands dans les zones après avoir déplacé les habitants d’origine. »

Dans le même contexte, le journaliste espagnol Carlos Zorotosa a répondu aux deux articles par un reportage publié dans le journal basque Gara le 24 février dernier, sous le titre : « La colère kurde après l’opération – lavage du visage de l’occupation turque à Afrin ».

Zorotosa déclare : « Mon attention a été attirée sur l’accès exclusif à une région contrôlée par les milices islamistes, mais surtout, par le parti pris en faveur des occupants turcs. Il y a eu quelques tweets de journalistes espagnols et kurdes en Europe qui ont fortement critiqué les deux journaux, leur couverture subjective et très partiale de l’État d’occupation turc.

Ces reportages sont les premiers du genre après l’entrée des journalistes dans la région. Il est prévu que d’autres documents liés à divers sujets soient publiés, selon le programme de visite que nous avons obtenu de sources fiables. Ces visites font suite aux accusations généralisées des forces d’occupation turques et des groupes de mercenaires qui leur sont affiliés par les organisations internationales des droits de l’homme, mais la publication de ces rapports a montré le contraire et ce que la Turquie voulait, comme l’a confirmé le journal américain : « Comment la Turquie a-t-elle modernisé la ville et amélioré les conditions de vie de la population en introduisant sa monnaie et en alimentant la région par les lignes électriques turques, et comment les organisations d’aide turques aident-elles la population. »

Selon les analystes, la principale raison pour laquelle la Turquie a emmené des journalistes dans cette région après trois ans d’occupation, est de couvrir ses crimes documentés et publiés par les plus importantes organisations concernées par les crimes de guerre dans les zones de conflit, en plus de donner des points positifs aux reporters en Turquie, « devenue l’un des pays les plus répressifs pour la liberté d’expression, le journalisme et les journalistes », selon Reporters sans frontières (RSF).

ANHA

 

ROJAVA. Problème de surpeuplement dans le camp de réfugiés de Girê Spî

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SYRIE / ROJAVA – Des civils de la région kurde de Girê Spî fuyant les attaques de l’armée turque et ses gangs depuis 9 octobre 2019 continuer à arriver au camp de réfugiés de Girê Spî déjà surpeuplé, créant des problèmes sanitaires et humanitaires.
 
L’administration du camp de réfugiés de Girê Spî a annoncé que le camp avait dépassé sa capacité, ce qui suscitait de graves inquiétudes alors que de plus en plus de réfugiés continuent d’arriver.
 
Depuis octobre dernier, l’administration du camp a commencé à agrandir la troisième zone afin d’accueillir 600 familles de réfugiés. Des civils de Girê Spî ont été déplacés à la suite des attaques de l’armée turque occupée contre les régions du nord et de l’est de la Syrie le 9 octobre 2019.
 
Le camp de réfugiés de Girê Spî, situé près du village de Til Seman, au nord de la ville de Raqqa, a commencé à accueillir 725 familles et 3 530 réfugiés dans les tentes de première et deuxième section le 22 novembre de la même année.
 
L’administration du camp est confrontée à des difficultés en raison de l’arrivée quotidienne de familles de réfugiés dans le camp, car elles ne peuvent pas louer de maisons à Raqqa et Tabqa.
 
L’administration du camp a dû conclure des accords avec certaines organisations travaillant dans la région pour poursuivre l’expansion du camp en raison des ressources limitées. L’administration travaille à résoudre le problème d’agrandissement, reconstruction du camp, assurer les travaux d’assainissement et la construction de puits et l’approvisionnement en électricité du camp.
 
Le coprésident de l’administration du camp, Mihemed El-Şêx, a appelé les organisations à les aider et à poursuivre l’agrandissement des tentes de la troisième section et à accueillir les familles de réfugiés qui viennent au camp chaque jour.
 
L’administration a dû accueillir une cinquantaine de familles de réfugiés du canton de Girê Spî et les installer avec d’autres familles jusqu’à ce que l’agrandissement de la troisième étape soit achevé.
 
Le coprésident El-Şêx a appelé les parties concernées et les organisations humanitaires à achever l’expansion de la troisième zone pour accueillir les familles immigrées dès que possible.
 
Les travaux d’extension de la troisième section du camp devaient être achevés d’ici un mois, mais les travaux ont été suspendus il y a deux mois.
 

En Turquie, 3 406 personnes se sont suicidées en 2019

PAUVRETÉ. En Turquie, y compris dans les régions kurdes, 5 806 personnes se sont suicidées en raison de problèmes financiers entre 2002 et 2019. 3 406 de ces suicides ont eu lieu en 2019.
 
Une réalité dramatique a été mise en lumière par un rapport sur les suicides liés à la crise économique en Turquie malgré les tentatives du gouvernement AKP-MHP de cacher l’ampleur réelle de la crise et son impact. Selon les chiffres publiés par une commission du parti CHP, 5806 personnes se sont suicidées en raison de difficultés financières entre 2002 et 2019.
 
Selon le même rapport, 7 personnes se sont suicidées en une semaine à Kocaeli et 3 personnes en un jour à Aydın.
 
La part des suicides enregistrés pour des raisons économiques à travers le pays est passée de 7,3% en 2018 à 9,4% en 2019. Selon le Conseil de la santé et de la sécurité au travail, le nombre de personnes qui se sont suicidées uniquement sur le lieu de travail et / ou au travail- raisons connexes était de 54 au cours des 8 premiers mois de 2020.
 
Alors que 355 personnes entre 20 et 24 ans ont mis fin à leurs jours en 2016, ce nombre est passé à 414 en 2019. De plus, rien qu’en 2019, 3 406 personnes ont mis fin à leurs jours.
 
Sur ces 3 406 personnes, 9,4% (321 personnes) se sont suicidées en raison de difficultés financières.
 
Selon les données de l’Union des artistes de la musique et du spectacle (Muzik-Sen), environ 700 000 musiciens sont restés au chômage et plus de 100 musiciens se sont suicidés à la suite d’interdictions et de restrictions de concerts.
 

Dirigeants de Facebook personnellement impliqués dans la censure anti-kurde

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Régulièrement, des comptes et des pages kurdes sont censurés par Facebook, à travers le monde, bien qu’il n’y ait pas de violations des standards du fameux réseau social, mais plutôt à la demande de la Turquie qui ne supporte pas l’existence des Kurdes, même virtuellement. Nous mêmes et notre page Kurdistan au féminin, sommes régulièrement censurées / bloquées pour les raisons évoquées précédemment. 
 
Un article publié par le site ProPublica spécialisé dans les enquêtes sur les abus de pouvoir, déclare que Sheryl Sandberg et les principaux dirigeants de Facebook sont personnellement impliqués dans la censure anti-kurde à la demande du pouvoir turc. 
 
ProPublica a publié un courriel interne envoyé par Sheryl Kara Sandberg, directrice des opérations de Facebook, au sujet du blocage la page des Unités de protection du peuple (YPG) du Rojava en 2018 alors que la Turquie avait lancé son opération militaire pour envahir le canton kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie.
 
Facebook déclare que s’il ne se conforme pas aux demandes turques pour bannir les comptes kurdes, il risque d’être bloqué en Turquie. Alors, il cède au chantage turc sur le dos des Kurdes…