IRAN. Kolbarî ou la dignité bafouée des Kurdes pour un salaire de misère

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IRAN / ROJHILAT – Condamnés à une pauvreté étatique, des milliers de Kurdes du Kurdistan de l’Est sous domination iranienne travaillent comme kolbars (porteurs de charges) pour un salaire de misère dans les régions montagneuses entre l’Iran, l’Irak et la Turquie. En plus du travail éreintant et dangereux qu’ils effectuent en empruntant des chemins abrupts hiver comme été avec de la marchandise sur leur dos, les kolbars kurdes sont également victimes d’exactions commis par les gardes frontaliers iraniens et turcs (rappelez-vous le massacre de Roboski) et de la raquette extorquée par ces gardes frontaliers. La digité des Kurdes est bafouée encore une fois par leurs colonisateurs pour qui les Kurdes doivent s’assimiler de force ou disparaitre de la surface de la terre.

 

L’ONG kurde basée à Paris, Kurdistan Human Rights Network rappelle dans une vidéo publiée sur Facebook que pas moins de 70 000 Kurdes tentent de survivre grâce à la kolbarî malgré tous les dangers cités plus haut: 
 
« Des milliers de civils kurdes doivent travailler comme kolbars pour gagner leur vie dans les zones frontalières de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie.
 
Les Kolbars sont les personnes qui transportent différents types de marchandises sur leur dos ou utilisent parfois des mules à travers les frontières. Si les marchandises ne sont pas les leurs, ils reçoivent en échange un salaire insignifiant du propriétaire des marchandises pour ce travail dangereux et épuisant.
 
Selon des statistiques officieuses de mars 2020 à mars 2021, le nombre de kolbars dans les provinces frontalières occidentales est de plus de 70 000 personnes.
 
Les lois de la République islamique d’Iran considèrent le travail comme kolbar comme de la « contrebande ». Pour les marchandises de contrebande, selon leur nature et leur montant, des amendes et des peines d’emprisonnement sont prises en considération. Cependant, les forces de sécurité ciblent les kolbars indépendamment de la loi sur l’usage des armes à feu, sans avertissement préalable et à courte distance.
 
Selon les rapports officiels publiés par le gouvernement, les kolbars ne sont responsables que de 0,5% des marchandises qui entrent dans le pays par des voies non officielles. Les provinces frontalières occupent les derniers rangs pour divers indicateurs économiques. Un indicateur clé est le revenu par habitant, qui est bien inférieur à la moyenne nationale.
 
Kurdistan Human Rights Network (KHRN) est une organisation indépendante et à but non lucratif basée en France qui promeut les droits humains et la documentation des violations dans la région kurde d’Iran. »
 
 
Qui sont les kolbars et les kesibkar?
 
Kolber ou «Kolbar» est composé des termes kurdes – «kol» – le dos et «bar» – le fardeau. Les kolbars vivent du transport de charges au-dessus de frontières dangereuses. Ces produits sont principalement des cigarettes, des téléphones portables, des couvertures, des articles ménagers, du thé et rarement de l’alcool. Les kolbars utilisent ces moyens dangereux pour faire du commerce entre les différentes régions kurdes. Les marchandises sont vendues à des prix très élevés dans des centres commerciaux comme à Téhéran. Mais les kolbars qui risquent leur vie pour ce travail ne reçoivent qu’un salaire dérisoire.
 
Les kesibkar sont des commerçants qui voyagent de ville en ville pour trouver des acheteurs pour les marchandises qui ont été amenées à travers la frontière par les kolbars. Des personnes âgées de 13 à 70 ans se trouvent parmi les kesibkar. Certains n’ont qu’un diplôme d’études primaires mais d’autres un diplôme universitaire.

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