Manifestation le 9 janvier 2021 pour 3 militantes kurdes tuées à Paris
Taybet Inan, une femme kurde tuée par des soldats turcs et dont le corps est resté dans la rue pendant 7 jours
TURQUIE. Massacre des Kurdes alévis de Maras du 1978
TURQUIE / BAKUR – Entre 19 et 26 décembre 1978, plus de 500 Kurdes alévis ont été tués et des centaines d’autres blessés lors d’un pogrom planifié par le pouvoir à Maraş (kurde: Gurgum). Après cette tuerie, des dizaines de milliers de Kurdes alévis ont fuit la région tandis que les rescapés du massacre de Maras n’ont toujours pas obtenu justice après 44 ans de lutte face au pouvoir turc qui refuse de reconnaître officiellement ce pogrom.
En décembre 1978, des paramilitaires turcs de droite ont massacré des Kurdes alevis dans la ville de Maraş (kurde: Gurgum). Pendant des jours, une foule fasciste a marché dans la ville avec des slogans comme « Celui qui tue un Alévi ira au paradis ». Des maisons et des magasins d’Alévis et des « gauchistes », qui étaient auparavant marqués d’une croix, ont été pris d’assaut, des magasins détruits et des femmes violées. L’État turc n’est pas intervenu pendant des jours et a plutôt regardé le massacre. Selon des chiffres officiels, 111 personnes sont mortes dans les attaques, mais les témoins de l’époque parlent de plus de 1 000 personnes massacrées. Il n’y a toujours pas de monument commémoratif du massacre de Maras désormais presque exclusivement habité par des Turcs sunnites.
L’Iran condamne à 9 ans de prison Kameel Ahmady, anthropologue britannique d’origine kurde
ROJAVA. Le plan turc pour faire ressusciter l’Empire ottoman
SYRIE / ROJAVA – Un haut responsable arabe de l’administration du Rojava a déclaré que la politique colonialiste turque envers les Syriens et d’autres peuples – qu’il s’agisse de l’occupation du canton kurde d’Afrin jusqu’à l’envoie de mercenaires syriens en Libye ou en Haut Karabagh- avait pour objectif la résurrection de l’Empire ottoman.
Hamdan al-Abd, le vice-président du Conseil exécutif de l’administration autonome de la Syrie Nord et de l’Est, a parlé des violations commises par la Turquie dans les régions occupées du Rojava, et de ses ambitions en Syrie et au Moyen-Orient.
Évoquant le début de l’intervention turque dans la crise syrienne : « Deux semaines seulement après le début du mouvement en Syrie, la Turquie a ouvert ses portes à l’opposition syrienne, et à cette époque le dirigeant des Frères musulmans syriens, Mohamed Riyad Shaqfa, a tenu une conférence de presse sur son sol, dans laquelle il a annoncé le soutien de son groupe au mouvement de protestation syrien ».
« Erdogan, qui a ouvert les frontières turques pour accueillir les réfugiés syriens, et a construit au début des camps pour eux. il a pu par cette démarche obtenir un soutien financier, et a formé une carte de pression sur les pays de l’Union européenne afin d’obtenir l’adhésion à l’Union européenne ».
Voleur d’Alep
Al-Abd a indiqué que les factions armées ont pu, avec le soutien direct de la Turquie, contrôler de vastes zones géographiques des terres syriennes et s’affilier effectivement à l’État d’occupation, et que ces factions sont sorties de l’objectif national pour servir des programmes étrangers et professionnels.
Les régions de Raqqa, Deir ez-Zor, Hasakah, Alep et Idlib ont été le théâtre de pillages de récoltes, d’antiquités et de biens publics, en plus du pétrole syrien, et de leur vente à la Turquie.
Al-Abd a poursuivi : « Le plus grand bénéfice pour la Turquie a été le vol d’usines et de machines à Alep, et l’on sait que cette ville était la capitale économique de la Syrie, car les usines qui s’y trouvaient permettaient de subvenir aux besoins de la Syrie, en plus de les exporter à l’étranger ».
« Les mercenaires d’Erdogan continuent de voler des récoltes, des biens publics et privés, et les marchés européens, américains en témoignent après l’arrivée de l’huile d’olive africaine dans cette ville, et même les oliviers syriens ont été déracinés et transportés en Turquie ».
Adoption d’ISIS/DAECH
« Après l’islamisation de l’opposition armée, la Turquie a ouvert ses aéroports et ses frontières aux terroristes de différents pays du monde pour combattre en Syrie, ce qui a permis le renforcement de DAECH ».
« Les frontières turco-syriennes ont joué un rôle dans l’approvisionnement en armes de DAECH, l’expansion de son influence, le pillage du pétrole et d’une grande quantité d’antiquités et leur vente en Turquie, car elles étaient parmi les plus importantes sources de financement des mercenaires ».
Le prétendu calife
Al-Abd a affirmé que : « Erdogan a utilisé les combattants mercenaires de l’opposition dans les conflits étrangers de la Turquie comme carburant pour les guerres étrangères de la Turquie en Libye et en Azerbaïdjan en échange d’argent. Le Parti de la justice et du développement s’est appuyé sur les mercenaires syriens pour réaliser les ambitions ottomanes en Syrie, en Irak, en Égypte, en Tunisie et en Libye, et a délibérément nommé les factions armées avec des noms islamiques ».
Hamdan al-Abd a déclaré qu’Erdogan tente de faire croire au monde qu’il est le réformateur, le calife, le sauveur des musulmans et le sauveur de tout le Moyen-Orient.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme : « La Turquie a recruté plus de 20 000 mercenaires, dont 18 000 dans les pays arabes et en Afrique du Nord, et plus de 2 500 en Azerbaïdjan. C’est Erdogan qui a apporté des malheurs dans ces régions, non seulement au Moyen-Orient, mais dans le monde entier. »
Al-Abd décrit Erdogan comme un briseur de serment, et a rappelé sa position et la tournure soudaine de l’ennemi, après qu’il ait signé des accords d’échange commercial qui ont rapporté des millions à l’État turc.
« Erdogan a fermé les frontières terrestres et maritimes aux groupes de réfugiés, et a imposé des visas aux Syriens pour entrer en Turquie dès qu’il a obtenu un soutien européen, et Erdogan a continué à brandir la carte de réfugié jusqu’à sa récente crise avec la Grèce au sujet de la Méditerranée ».
« Erdogan a violé l’accord de cessez-le-feu signé entre les Forces démocratiques syriennes et l’État d’occupation turc avec la garantie de la Russie, et sa tentative continue de contrôler la zone stratégique d’Ain Issa sous les yeux du garant est en application de sa carte qu’il a présentée aux Nations unies, qui prévoit de couper d’autres parties de la Syrie et de les annexer à Iskenderun, en plus de la turquification et du changement démographique de la région, comme cela s’est produit à Afrin et dans d’autres zones occupées ».
Hamdan al-Abd a confirmé qu’Erdogan voulait faire de la région d’Idlib et du nord de la Syrie une entrée dans ses plans, car il a retiré les points d’observation prévus par un accord avec la Russie vers Idlib parce qu’il souhaitait les préserver et contrôler la route internationale M4 de Kirkouk [en Irak] à Kassab sur la côte syrienne pour activer la ligne de route al-Harir.
« Erdogan n’était pas seulement satisfait de la Syrie et de l’Irak, mais il a poursuivi son plan colonial et l’expansion ottomane vers la Libye, la Somalie, l’Azerbaïdjan et le Qatar parce qu’il voulait s’implanter dans toutes les régions ».
La peur de la politique à venir
Le vice-président du Conseil exécutif de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, Hamdan Al-Abd conclu : « Erdogan s’empresse de mettre en œuvre de nombreux plans avant que Joe Biden, qui s’oppose à la politique du Parti de la justice et du développement, ne prenne la présidence des États-Unis, car Trump est l’ami d’Erdogan ».
« C’est une période difficile pour la Turquie, Erdogan est en difficulté, car son parti connaît de nombreuses scissions, comme celle de Baba Jan et Ahmet Davutoglu, et il y a un effondrement de l’économie turque, après que l’OTAN ait imposé des sanctions à l’État turc bien qu’il soit membre de cette Alliance en raison de son achat à la Russie pour le système de missiles S 400 ».
L’Allemagne veut expulser un Kurde vers l’Iran où il risque la peine de mort
KURDISTAN. Bruits de bottes turques sur le front kurde
Le mardi 15 décembre, le commandant général des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi a condamné l’attaque armée des forces du PDK visant deux véhicules transportant des combattants du PKK près de Duhok le 13 décembre, demandant que les différends inter-kurdes soient résolus par le dialogue pour protéger les acquis kurdes. Il a également condamné les attaques visant les bureaux du Conseil national des Kurdes syriens (ENKS) à Qamişlo et Dirbesiyê qui ont eu lieu le 14 décembre.
En réponse à la condamnation de Mazloum Abdi, le vice-ministre des Peshmergas, Seebest Lezgin, a prétendu ce matin que des combattants kurdes des YPG avaient tenté d’infiltrer la base des Peshmergas à Amediye, au Kurdistan du Sud. Une annonce qui a provoqué la colère générale chez les Kurdes tandis que les responsables turcs étaient aux anges, le
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TURQUIE. Frappé par deux fascistes turcs pour avoir parlé en kurde
L’écrivaine kurde Sara Omar: « Certains craignent que les femmes, en me lisant, s’émancipent »
FEMMES – L’écrivaine danoise d’origine kurde, Sara Omar continue de recevoir des Prix prestigieux tant pour son écriture que pour les sujets qu’elles traites grâce à ses romans qui devenus best-sellers dans son pays d’adoption. Pourtant, sa propre histoire n’est que douleurs et souffrances mais qui donnent la force à sa plume qui dénonce tous les tabous touchant la société patriarcale kurde qui justifie sa violence par l’islam.
Le journal français, l’Humanité a publié une interview de Sara Omar dans laquelle elle revient sur sa lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants grâce à ses livres* et ses engagements auprès des ONG de défense des femmes et des enfants.
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