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La zone de sécurité dont la Syrie du Nord a besoin

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SYRIE – MANBIJ – Le porte-parole du Conseil militaire de Manbij, Shervan Derwish demande à la communauté internationale de veiller à ce qu’une zone de sécurité dans le nord de la Syrie soit garantie par les forces internationales et non par la Turquie dont le but ultime est l’extermination des Kurdes syriens.
 
Par Shervan Derwish, porte-parole du Conseil militaire de Manbij :
 
« Les États-Unis doivent veiller à ce qu’une zone de sécurité soit garantie par les forces internationales et non par la Turquie.
 
La question de savoir si les États-Unis et la coalition internationale contre l’État islamique protégeront Manbij et les zones contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le nord de la Syrie d’un avenir incertain est un test significatif pour leur crédibilité.
 
Je vous écris de Manbij, une ville de 700 000 habitants située dans le nord de la Syrie et régie par une administration civile composée d’Arabes, de Kurdes, de Turkmènes et de Circassiens. Grâce aux combattants kurdes qui ont libéré Manbij en 2016, nous avons pu bénéficier de libertés inimaginables sous le régime de l’État islamique ou du gouvernement syrien.
 
À Manbij, où autrefois les femmes qui étaient achetées et vendues comme esclaves, elles dirigent maintenant des coopératives économiques, siègent au conseil militaire de Manbij et sont représentées à parts égales dans les conseils élus.
 
Pour la première fois dans l’histoire syrienne, nous avons organisé des élections locales libres. Nous avons rouvert ou construit plusieurs hôpitaux et 350 écoles fréquentées par 120 000 élèves. Nous avons donné 2 000 licences à des usines etc. La reconstruction physique de notre ville a été lente mais régulière. Le plus important est que les gens vivent sans peur.
 
Notre administration civile a donné au peuple le courage de reconstruire sa vie et, pour la première fois, de participer à la construction de la démocratie. Nous avons formé le Conseil militaire de Manbij, une force de sécurité composée principalement d’Arabes locaux, pour traquer les terroristes et les cellules dormantes, luttant pour que les groupes terroristes ne puissent plus jamais menacer le peuple syrien.
 
Sans l’appui international, rien de tout cela n’aurait été possible. Les forces de la coalition ont combattu aux côtés des femmes et des hommes des Forces démocratiques syriennes et des avions de la coalition ont frappé l’État islamique alors que nous combattions le groupe sur le terrain. Ensemble, nous avons libéré plus de territoire syrien du groupe terroriste que toute autre force. Les statistiques montrent que de moins en moins de personnes dans le monde meurent chaque année des attaques terroristes depuis 2015 , ce qui est en partie attribuable aux sacrifices consentis par nos forces pour éliminer l’État islamique.
 
Le système politique inclusif et démocratique établi dans le nord-est de la Syrie a sans aucun doute réussi à Manbij et menace les dictateurs et les terroristes qui souhaitent voir notre pays divisé sur des bases religieuses et ethniques.
 
Mais nous nous débattons avec un avenir précaire depuis que le président Trump a annoncé sa décision de retirer les forces américaines de la Syrie. La classe politique américaine ne comprend peut-être pas tout à fait cela, mais ces soldats qui ont servi avec nous le comprennent. Après l’annonce de M. Trump, un officier américain nous a dit : « Je suis à court de mots. Je ne peux pas vous dire pourquoi. (…) Ce sont des ordres ! » Des larmes coulèrent sur son visage.
 
Bien que l’État islamique soit presque vaincu, un nouvel ennemi nous menace tous les jours : le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan. Erdogan a annoncé à plusieurs reprises son intention d’envahir notre région, affirmant que les unités de protection du peuple (YPG) étaient présentes ici.
 
Nous avons insisté à plusieurs reprises sur le fait que les YPG ont quitté Manbij et que nos forces ne représentent aucune menace pour la sécurité nationale de la Turquie. Nous pensons que Erdogan ne craint ni la présence ni l’absence de toute force militaire, mais la coexistence pacifique et démocratique des Arabes, des Kurdes, des chrétiens et d’autres personnes dans le nord-est de la Syrie.
 
Erdogan ne peut pas exploiter une telle coexistence. Il compte utiliser l’opposition islamiste syrienne soutenue par la Turquie pour envahir Manbij, tout comme il l’a utilisé dans les régions voisines d’Azaz, de Jarabulus et d’Afrin.
 
Alors que la Turquie prétend rendre ces territoires à ses «vrais propriétaires», Erdogan abandonne les Syriens à l’occupation étrangère et au pouvoir de la milice et rend encore plus fictive la perspective de la paix après huit années de guerre brutale.
 
Cela ne peut être plus évident nulle part ailleurs qu’à Afrin, où la Turquie est accusée d’avoir enrôlé d’anciens membres de l’État islamique et des milices liées à Al-Qaïda pour décimer la région pacifique et son administration autonome. L’incursion de la Turquie à Afrin dans le nord de la Syrie a déplacé environ 300 000 personnes et les milices soutenues par la Turquie ont saisi, pillé et détruit les biens de civils kurdes.
 
Si les États-Unis autorisent la Turquie à attaquer Manbij, ce sera également notre destin.
 
Malheureusement, il semble que les puissances mondiales soient toujours disposées à jouer aux jeux de la Turquie. La «feuille de route» d’Erdogan pour Manbij ne sert pas et ne reflète pas les intérêts de sa population. Il propose également la création d’une «zone de sécurité» à la suite du retrait américain, plan que Trump semble avoir accepté sous une forme ou une autre.
 
Nous ne sommes pas opposés au concept de zone de sécurité. Nous pensons qu’il est possible pour les États-Unis de retirer leurs forces de notre région sans abandonner notre peuple. Cependant, nous n’accepterons aucune incursion turque dans les zones que nous avons libérées, quels que soient les mots utilisés pour la décrire.
 
Toute «zone de sécurité» dans le nord-est de la Syrie doit être garantie par les forces internationales et non par les troupes turques et les milices djihadistes se massant à nos frontières. Une zone de sécurité internationale garantirait la protection des frontières de la Turquie sans soumettre les habitants du nord-est de la Syrie à la miséricorde d’Erdogan. Cela faciliterait également les efforts de reconstruction en cours dans notre région, qui sont essentiels à la paix et à la stabilité.
 
Les États-Unis et les autres membres de la coalition doivent soutenir les efforts en vue d’un règlement négocié du conflit syrien et veiller à ce que notre administration soit représentée dans ces discussions. Depuis le début de la guerre, nous nous sommes battus pour construire un avenir stable et équitable pour tous les Syriens.
 
Avec la coalition, nous avons remporté des batailles historiques à Kobanê et à Raqqa. Maintenant que la guerre touche à sa fin, nous pensons que les forces internationales qui ont combattu aux côtés de notre peuple doivent jouer leur rôle moral pour assurer notre dignité, notre sécurité et notre vision de l’avenir de la Syrie.
 
À Manbij, où l’État islamique avait planifié des attaques contre l’Occident, les enfants grandissent maintenant dans un monde sans peur. Le monde a la responsabilité de veiller à ce que leur avenir reste sûr, sécurisé et pacifique. Nous demandons à nos partenaires de se montrer à la hauteur de cette dernière tâche morale. »
 
Shervan Derwish est porte-parole du Conseil militaire de Manbij.
Publié également par New York Times

Sauvons Leyla Guven et tous ceux qui résistent dans les prisons de la Turquie !

Le mouvement des femmes kurdes en Europe (TJA-E) a publié un communiqué pour attirer l’attention sur la grève de la faim illimitée menée par la députée kurde Leyla Guven, depuis 78 jours, ainsi que celle des centaines d’autres prisonniers politiques en Turquie.
 
Voici le communiqué de TJA-E :
 
BRISONS LES MURS ! SOYONS LA VOIX DE CELLES ET CEUX QUI RÉSISTENT DEPUIS LES PRISONS !
 
Leyla Güven, députée du Parti démocratique des Peuples (HDP) pour la province de Hakkari, Coprésidente du Congrès des Sociétés démocratiques DTK et membre du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe (CPLRE) est en grève de la faim depuis le 8 novembre, dans la prison de Diyarbakir en Turquie pour attirer l’attention de l’opinion publique internationale sur le régime d’isolement imposé au Leader kurde Abdullah Öcalan, régime qui s’étend à tous les prisonniers politiques en Turquie. Les motifs de la grève de la faim de Leyla Guven sont clairs : l’isolement carcéral est inacceptable au niveau étique, humain et politique.
 
Cette situation d’isolement total constitue une violation de la Convention des Nations Unies contre la torture que la Turquie à ratifiée en 1988. Elle est par ailleurs contraire à la Convention européenne des Droits de l’Homme (CEDH) ratifiée par la Turquie en 1954.
 
Sous l’ombre de l’Etat d’urgence, plus de 20 000 prisonniers politiques, dont des co-présidents du HDP, des élues, 16 députés, 93 maires, représentant.e.s de mouvements associatifs, journalistes exilé.e.s, féministes et activistes et environ 2800 enfants (entre 0 à 6 et 12 à 17 ans) sont incarcérés, souvent sans procès ou avec des parodies de « procès ». Le HDP a annoncé que 226 prisonniers politiques se trouvaient actuellement en grève de la faim dans les prisons turques. Ce système dictatorial s’est imposé à l’ensemble des prisonniers politiques détenus en Turquie ainsi qu’à toute la société civile et les violences de l’Etat Turc s’aggravent chaque jour.
 
Toutes les associations de femmes, maisons des femmes, agences de presse des femmes « JINHA » et les coopératives des femmes ont été fermées. Actuellement, plus de 9000 femmes sont en prison, dont 3502 détenues dans un état de santé grave. 57 détenues ont été assassinées dans des crimes classés comme des suicides.
 
Selon le rapport du 20 mars 2018 du HCDH, les conditions de détention dans les prisons turques comprennent des « privations et tortures ».
 
Le rapport de l’ONG Human Right Watch fait état de nombreux actes de tortures et de mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques.
 
Cette violation internationale des droits humains n’épargne pas le sort des enfants mineurs qui subissent le même système de détention arbitraire et de torture. Le taux de décès d’enfants imputable aux forces de l’Etat a considérablement augmenté : les récits de vie d’enfants assassinés dans les prisons ont été recueillis par le biais d’entretien avec leurs familles.
 
Le système judiciaire tente de légitimer tous les incidents relatifs à la violence et au harcèlement sexuel sur les enfants au-delà de 12 ans. Les crimes sont déqualifiés, les violences déconsidérées sous prétexte d’un prétendu consentement des victimes.
 
Leyla Güven représente la voix de la résistance et, par sa détermination, brise les murs des prisons et devient une figure importante de la lutte contre la répression et l’isolement arbitraire de tous les prisonniers politiques.
 
Nous devons briser l’isolement d’Imrali et dénoncer le système fasciste envers les détenu.e.s politiques. Briser ce système est indispensable pour assurer le développement de la liberté et de la démocratie en Turquie, mettre fin aux massacres du régime d’Erdoğan au Kurdistan, promouvoir la liberté et l’égalité entre les peuples.
 
Nous exigeons des Nations Unis, des institutions Européennes, la Cour Européenne des droits de l’homme, Comité pour la Prévention de la torture (CPT) qu’ils :
 
– exigent de la Turquie d’appliquer la convention européenne des droits de l’homme
 
– garantissent et évaluent le respect des droits fondamentaux des prisonniers politiques notamment dans la prison d’Imrali
 
– mettent en place une délégation internationale indépendante pour une mission d’observation afin de rendre visite aux prisonniers politiques.
 
Nous appelons toutes les organisations, personnalités civiles et politiques, en particuliers les femmes, à apporter leur soutien dans cette lutte pour la liberté, l’égalité et la démocratie.
 
Les premiers signataires :
 
Femmes Solidaires
Marche Mondiale des Femmes
Coordination pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF)
Réseau Féministe « Ruptures »
Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID
Annie SUGIER- Présidente de la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF)
Anne ZELENSKY- Présidente de la Ligue du Droit des Femmes
Le Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF)
Union des Femmes Socialistes (SKB)
Inclusief en Democratisch Comité-Gent / Belgique
Féministes pour une Autre Europe (FAE/Italie)
Femme en Noir, Genève
 
Laurence Cohen- Sénatrice du Val de Marne et vice présidente de la délégation aux droits des femmes
Danielle Simonnet -Coordinatrice du Parti de Gauche
Hélène BIDARD-Adjointe à la Maire de Paris en charge de l’Egalité Femmes-Hommes
Christine POUPIN et Olivier BESANCENOT-porte parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)
Jean François PELLISSIER co-porte parole nationale « ENSEMBLE »
Jean-Marc TAGLIAFERRI-Membre du conseil staturaire d’EELV
Marie Noel LIENEMANN-sénatrice de Paris
Marie Pierre Vieu députée européenne PCF/GUE
Caroline FIAT-députée nationale de la France Insoumise
Laurence LYONNAIS, Ensemble Insoumis, candidate aux élections européennes
Clémentine AUTAIN-Députée de la France Insoumise
Manon Mathilde PANOT députée nationale France Insoumise
Corinne Morel Darleux, Conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes
Nathalie Dinner- Vice-présidente du Conseil départemental du Val-de-Marne, Maire adjointe et Présidente de l’OPH de Villeneuve Saint-Georges
Halima MENHOUDJI- Adjointe au Maire en charge de la Coopération décentralisée, de la solidarité internationale de l’Europe et des populations migrantes
Fabienne LEFEBVRE- Membre du Comité exécutif du PCF, Conseillère municipale et territoriale de Vitry-sur-Seine
Le Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)
L’Association initiatives DIonysiennes
Gilles HOUDOIN-Conseiller régional de Normandie
Rose-Marie Lagrave, sociologue, directrice d’études à l’EHESS
Florence Cerbaï, conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes, EELV/rassemblement citoyen écologiste et solidaire (RCES)
Raphaëlle Primet Conseillère de Paris , Parti communiste français
Catherine PIAT- La présidente de l’association Résister Aujourd’hui
Laurence Pache ex conseillère régionale du Limousin
Janie Arnéguy Conseillère Municipale Nîmes
Laura Greaume militante de l’association de solidarité France-Kurdistan
Emmanuelle ESCAL- auteure-compositrice-Interprète
Jaet BIEHL écrivaine
Johanna Bouchardeau- féministe
Rudy Chaulet-écrivain (Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité)
Pierre Lieutaghi écrivain
Marie Ducaté Artiste
Isabelle ATTARD-ex députée écologiste
Caroline Sakine Brac de la Perrière- historienne et psychologue de formation
Marguerite ROLLINDE-militante des droits humains

La situation des médias en Turquie examinée par l’APCE

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STRASBOURG – La situation [dramatique] des médias en Turquie a été examinée par l’Assemblée générale de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

Les membres de l’AKP au sein de l’APCE ont fait valoir, comme toujours, que la Turquie n’a pas de tels problèmes. Mais plusieurs députés ont souligné la pression que subissent les médias dans 47 pays, à commencer par la Turquie, la Russie, l’Azerbaïdjan et l’Ukraine. Le député HDP, Hisyar Ozsoy, a parlé à l’Assemblée générale de l’APCE des journalistes arrêtés, poursuivis, licenciés et exilés.

Les médias sont prêts faire de la propagande gouvernementale

M. Ozsoy a déclaré que 95 % des médias étaient sous l’influence du gouvernement et a ajouté que les médias étaient fermés à l’opposition et à diverses opinions. Il a souligné qu’à l’approche des élections locales de fin mars, les médias contrôlés par le gouvernement accordaient peu ou pas de couverture à l’opposition et consacraient tout leur temps d’antenne à la propagande gouvernementale. Il a demandé au Conseil de l’Europe de prendre les précautions nécessaires en la matière.

Stefan Schennach :  » je ne pouvais croire mes yeux »

Stefan Schennach, Président de la Commission du travail social et de la santé de l’APCE, a déclaré qu’il avait vu in situ l’état des médias en Turquie de ses propres yeux. Il a donné l’exemple d’un match de football à la télévision où de courts documentaires montrant à quel point le président turc Recep Tayyip Erdogan était « victorieux » étaient projetés au début et à la fin du match, et même à la mi-temps. Incrédule, il « ne pouvait croire (ses) yeux ».

https://anfenglishmobile.com/news/state-of-the-media-in-turkey-discussed-in-pace-32362

 

Leyla Guven remercie toutes les femmes qui la soutiennent à travers le monde

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TURQUIE – La députée kurde en grève de la faim depuis 77 jours dans une prison turque, Leyla Guven remercie toutes les femmes qui la soutiennent à travers le monde. Elle leur a écrit cette lettre de remerciement dans laquelle elle explique les raisons de son action qui pourra lui coûter la vie si on ne répond pas à ses demandes légitimes :
 
Chères femmes,
 
Bien que nos géographies soient éloignées par des milliers de kilomètres, je suis heureuse de savoir que vous avez entendu ma voix. Même lorsque nous venons de coins très différents du monde, en tant que femmes, nous nous sommes toujours comprises les unes les autres. Comme le dit Hypatie, « aucun de nous ne se ressemble, mais les choses qui nous unissent sont plus grandes que celles qui nous séparent ». Nous sommes toutes sœurs. Ce qui nous unit le plus, c’est notre lutte pour la liberté, notre résistance contre toutes sortes de fascismes, la dictature et la mentalité patriarcale.
 
Les femmes qui résistent et luttent deviennent toujours des symboles – Clara Zetkin, Rosa Luxemburg, les sœurs Mirabal, Sakine Cansiz, Leyla Qasim et beaucoup d’autres femmes deviennent des symboles par leur lutte. En tant que femmes, nous constituons la moitié de la population mondiale. Pourtant, nous sommes toutes opprimées. Quand nous commençons à nous battre pour nos droits, on nous qualifie de terroristes.
 
Toutes les femmes du monde, doivent dire assez au fascisme, assez à la dictature !
 
Les meurtres de femmes par la violence domestique, les mutilations génitales féminines, les mariages des fillettes, les femmes condamnées à mort dans les prisons iraniennes – Zeynep Celalyan en fait partie – les femmes kurdes qui ont même vu leur langue maternelle interdite, les femmes arabes qui ont fui la guerre… tout cela indique un féminicide. En tant que femmes, qui sont prêtes à mourir, nous pouvons arrêter ce féminicide en reliant nos luttes. Tant que nous serons déterminées dans notre lutte.
 
Chères sœurs,
 
Je suis une femme kurde. Ma conscience de l’injustice envers les femmes s’est développée grâce à M. Aabdullah Öcalan. C’est à travers l’importance de la lutte que M. Öcalan a menée pour la liberté et la camaraderie des femmes que des millions de femmes ont développé une forte volonté. Les femmes ont vécu un réveil. Et je suis une de ces femmes. J’ai appris à être en paix avec mon genre, à lutter contre la mentalité patriarcale, et j’ai appris à être féministe. En apprenant de M. Öcalan qu’une société ne deviendra libre que lorsque les femmes seront libres, j’ai mené une lutte pour la liberté des femmes pendant de nombreuses années et je continuerai à le faire.
 
M. Öcalan, à qui je dois mon propre réveil, est enfermé dans une pièce isolée depuis 20 ans. J’ai entamé une grève de la faim pour demander la levée de l’isolement de M. Öcalan, que des millions de Kurdes considèrent comme leur volonté politique. M. Öcalan est un acteur important dans les efforts visant à instaurer la paix au Moyen-Orient et dans le monde. En tant que prisonnier, contre le droit national et international, il est privé de tous ses droits et libertés.
 
Pour demander la reconnaissance de ces droits, nous, politiciens kurdes du Parti démocratique des peuples (HDP) et du Conseil de la société démocratique (DTK), avons appelé à mettre fin à l’isolement. Nous avons dit qu’un tel isolement est un crime contre les droits de la personne. Cependant, pour nous faire taire, le fascisme de l’AKP (Parti de la justice et du développement) et du MHP (Parti du mouvement nationaliste) nous a enfermés en prison. Ils ciblaient spécifiquement les femmes. Plus de la moitié des parlementaires emprisonnés sont des femmes. C’est la même chose pour les maires des villes, qui ont été mis en prison. La mentalité qui n’accepte pas le quota de femmes en politique, a mis en œuvre une politique de quota de 60-70% de femmes en prison.
 
Je suis en prison depuis environ un an. Un prisonnier n’a rien d’autre que son propre corps. Alors, j’ai commencé cette grève de la faim. Aujourd’hui, avec moi, dans les prisons du pays, 230 amis, camarades prisonniers politiques, ont entamé une grève de la faim illimitée et irréversible. Hannah Arendt a une belle citation : « La liberté est synonyme d’action. Parce que la liberté ne peut être atteinte que par l’action. L’action est le moteur du mouvement qui résonne parmi les gens ». Les exigences de mon action sont légitimes. Si nos demandes ne sont pas satisfaites, des centaines de personnes peuvent perdre la vie. Si cela se produit au XXIe siècle, ce ne sera pas seulement la honte de la Turquie, mais une honte pour toute l’humanité. Pour que le monde ne soit pas confronté à une telle honte, les femmes du monde doivent faire tout ce qu’elles peuvent. Et sans perdre plus de temps. Nous continuerons à résister. La résistance nous fera gagner. Nous y croyons fermement. A cet égard, je vous invite toutes à résister.
 
Vive la solidarité des peuples et des femmes.
 
Leyla Güven

«Ta lutte est la mienne» : Lettres révolutionnaires à Leyla Güven

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Le 8 novembre 2018, Leyla Güven, députée kurde, ancienne maire, militante féministe et prisonnière politique, a entamé une grève de la faim en prison afin de briser l’isolement total imposé au dirigeant et penseur kurde Abdullah Öcalan sur l’île d’Imrali, avec les mots suivants :
« Aujourd’hui, la politique d’isolement à l’encontre de M. Öcalan ne lui est pas imposée, mais – à titre personnel – mais à toute la société dans son ensemble. L’isolement est un crime contre l’humanité. Je commence une grève de la faim illimitée pour protester contre l’isolement de M. Öcalan. Je ne me défendrai plus devant le tribunal. Je continuerai à protester jusqu’à ce que le pouvoir judiciaire ait mis fin à ses décisions illégales et jusqu’à la fin de cette politique isolationniste. Si nécessaire, je mènerai cette protestation jusqu’à la mort. »
 
Les femmes du monde entier, dans les prisons et dans les rues, ont élevé la voix pour affirmer que la lutte de Leyla Güven était la leur. À l’appui de sa demande de briser l’isolement d’Abdullah Öcalan, elles ont transformé chaque sphère de la vie en un centre de rébellion. Les femmes et les mouvements politiques de pays ayant des antécédents de résistance en prison et de grèves de la faim, tels que l’Irlande et le Pays basque, ont exprimé leur solidarité avec Leyla Güven et sa lutte. Malheureusement, le silence meurtrier sur le système inhumain et cruel de l’État turc prévaut.
 
Ci-dessous, nous partageons des lettres que lui ont écrites des femmes révolutionnaires qui ont construit l’histoire, elles-mêmes victimes de brutalité, d’emprisonnement, de torture et d’injustice.
 
Leila Khaled est membre du Front populaire de libération de la Palestine, ancienne prisonnière politique et militante depuis les années 1960. Elle a été la première femme à détourner un avion, une action dans laquelle elle a été impliquée deux fois dans sa vie. Sa vie s’est engagée à défendre le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à s’affranchir de l’occupation.
 
Angela Davis est une écrivaine afro-américaine, activiste politique et professeure émérite à l’Université de Californie à Santa Cruz. En 1970, elle a participé à une grève de la faim en prison pour protester contre les conditions inacceptables. Durant le mouvement des droits civiques, elle a été impliquée dans le parti révolutionnaire militant Black Panther.
 
Nora Irma Morales de Cortiñas est l’une des fondatrices et principales militantes des Mères de la place de mai, un mouvement de femmes dont les enfants ont été «disparus» pendant la dictature militaire en Argentine. Elle réclame justice et vérité pour son fils et les 30 000 autres Argentins disparus depuis quarante ans, en dépit de la violence et des intimidations de l’État.
 
Zeynab Jalalian est une militante politique kurde de Rojhelat (Kurdistan oriental / Iran). En 2008, elle a été condamnée à mort en tant qu' »ennemi de Dieu » par le régime iranien, avant que sa peine ne soit convertie en une peine de réclusion à perpétuité. Bien que des organisations de défense des droits aient attiré l’attention sur son état de santé détérioré, les autorités lui refusent un traitement médical, ce qui, selon Amnesty International, équivaut à de la torture.
 
Leila Khaled à Leyla Güven :
 
Ma chère amie Leyla Güven. Leyla dans les cachots des persécuteurs, des milliers de salutations chaleureuses.
 
Le donjon ne pouvait pas bloquer la voix qui nous était venue pour mobiliser tous les parlements mondiaux afin de répondre à la demande de libération des prisonniers politiques, en particulier le grand révolutionnaire Abdullah Öcalan.
 
Dans les prisons turques et israéliennes, les révolutionnaires ont entamé une grève de la faim pour la liberté, la justice, afin d’empêcher le système au pouvoir de briser la voix de ceux qui veulent la démocratie.
 
Au nom de moi-même et au nom des femmes palestiniennes, je dis que je vais utiliser ma voix contre toutes les attaques contre les révolutionnaires.
 
Ma chère amie Leyla,
 
Nous disons que la persécution des cachots ne durera pas. Ta patience et ta combat vaincra la faim.
 
Plus la grève de la faim est difficile, plus la lutte est honorable. Les peuples et tous les amoureux de la liberté dans le monde réagissent par leurs actions.
 
Je t’embrasse sur le front, je tiens ta main.
 
Vous êtes un modèle pour toutes les femmes du monde. Avec l’espoir de la liberté…
 
Ton ami en lutte
 
Leila Khaled
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La professeure Angela Davis dans le New York Times :
 
Leyla Guven, députée du Parti démocratique des peuples en Turquie, est en grève de la faim d’une durée indéterminée depuis deux mois. Après avoir consacré ses efforts politiques au fil des ans à la lutte contre les invasions militaires illégales et l’occupation des régions kurdes par l’État turc et contre les violations persistantes des droits de l’homme par la Turquie, elle offre maintenant sa vie pour protester contre l’isolement d’Abdullah Ocalan, dirigeant des travailleurs du Kurdistan ‘Parti, et d’autres prisonniers politiques kurdes.
 
Mme Guven est une source d’inspiration majeure pour les peuples du monde entier qui croient en la paix, la justice et la libération. Je me joins à tous ceux qui la soutiennent et condamne les conditions répressives de l’incarcération de M. Ocalan.
 
Comme Mme Guven, des milliers de dirigeants et de représentants du Parti démocratique des peuples et du Parti des régions démocratiques sont derrière les barreaux. Le plus grand mouvement de défense des femmes en Turquie, le Congrès des femmes libres, fondé au Kurdistan, a été dissous par la force et de nombreux militantes ont été emprisonnées. Et ceux qui se sont prononcés contre le massacre aveugle de milliers de Kurdes par l’armée turque depuis la rupture du processus de paix en 2015 ont été criminalisés de multiples façons.
 
Ceux d’entre nous qui, aux États-Unis, ont protesté contre l’expansion du complexe pénitentiaire-industriel ont été encouragés au fil des années par les actions courageuses des prisonniers politiques kurdes – en particulier par les femmes qui ont résisté aux prisons de type américain en Turquie.
 
Nous devrions maintenant suivre l’exemple et le leadership de Mme Guven pour avoir protesté contre l’isolement de M. Ocalan, reconnu comme le négociateur en chef représentant les Kurdes dans les pourparlers de paix avec la Turquie, et qui a déclaré que la lutte pour l’égalité des femmes était centrale dans le processus révolutionnaire. De même que d’autres personnalités politiques emprisonnées ont été libérées lors de l’élection au Parlement, Mme Guven devrait également être libérée.
 
Angela Y. Davis
Oakland, Californie
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Nora Cortiñas de Plaza de Mayo, Argentine
 
La camarade Leyla Güven,
 
Je suis Nora Cortiñas, mère de la Plaza de Mayo-Linea Fundadora.
 
Je vous écris pour exprimer votre solidarité avec la lutte que vous menez pour la liberté de votre peuple et pour mettre fin à l’isolement du leader emprisonné du mouvement kurde Abdullah Öcalan.
 
Nous savons que votre vie et votre santé sont en danger, mais vous êtes fermement résolue à poursuivre cette action jusqu’à ce que le régime Erdogan autorise Öcalan à communiquer avec son peuple.
 
Les mères de la Plaza de Mayo-Linea Fundadora ont plus de 40 ans de résistance à la dictature. C’est pourquoi nous savons que dans cette lutte, on engage sa vie de nombreuses façons.
 
Nous souhaitons que cette action qui se multiplie dans différentes prisons ne soit pas seulement un geste de dignité et un exemple, dans un monde secoué par l’indifférence. Nous souhaitons qu’il atteigne également l’objectif de la liberté de tous les prisonniers politiques.
 
Je vous embrasse et m’engage à crier très fort et à amplifier votre appel.
 
Je sais que cet étreinte sera bientôt réelle, que nous nous serrerons dans les bras et que nous continuerons à être proches de vous et à vous accompagner dans votre lutte pour la révolution des femmes au Kurdistan.
 
Hasta la victoria, siempre.
 
Nora Cortiñas
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Zeynab Jalalian de la prison de Khoy, Iran
 
Le Kurdistan est la mère de toutes les civilisations, mais les dictateurs autoritaires ont toujours cherché à détruire ce progrès en or. Le Kurdistan a été la cible de ces approches dictatoriales, dont le résultat n’est que la mort de milliers d’innocents. L’oppression contre les Kurdes en Turquie est féroce, la Turquie voit la solution en recourant à l’agression fasciste. Les crimes fascistes ne sont pas seulement perpétrés contre le peuple kurde. Cette oppression est également une cruauté pour les Turcs, car la crise économique en Turquie a aggravé de jour en jour la situation de la population turque. Les guerres dévastatrices dans la région ont provoqué la mort et le déplacement de centaines de milliers de personnes. Les Kurdes ont toujours souhaité la paix avec les États voisins et leur confédéralisme démocratique a été une quête de solution aux problèmes. Effectivement, cette idée est une menace sérieuse pour les régimes autoritaires, car elle donne la priorité aux intérêts des peuples. Depuis que les Kurdes dirigent ce projet, ils font face à des attaques plus que tout le monde. Avec leurs antécédents historiques de résistance, avec un dirigeant comme Abdullah Ocalan, des représentants tels que Leyla Guven et des milliers de combattants de la liberté, les Kurdes tentent de rompre l’isolement imposé à Ocalan.
 
Chère Leyla, Je sais que le manque d’informations sur les développements en cours est pire que la torture. Je te comprends de tout mon être. Je sais que tu es forte, libre et que tu a un esprit de résistance qui devient résilient à chaque pression des dictateurs. Ma chère Leyla; Je suis Zeynab, Zeynab Jalalian, derrière les barreaux de la prison. Lorsque j’entends l’écho de ta lutte pour la liberté, je suis plus déterminée et résiliente pour me battre pour les opprimés. J’espère qu’après tant de jours de grève de la faim, ton corps ne subira pas trop de dommages. T santé est très importante pour moi. Mes pensées sont avec toi. Leyla, ma chérie, aucun effort ne sera négligé. Je crois que tu réussiras avec taon endurance et ta résistance. Très chère Leyla, l’amour est le son des distances. Je t’embrasse de tout mon cœur et je te souhaite de réussir ce test historique. Parce que toi et des gens comme toi, vous êtes à l’avant-garde d’une lutte mondiale. Donc, vous méritez le meilleur.
 

Turquie : Non à la motion d’amnistie par le « mariage » pour les violeurs d’enfants

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Turquie – Istanbul – La Plateforme du TCK 103 (Code pénal turc) femmes, organisation faîtière regroupant 157 organisations de femmes et de LGBTI, a publié une déclaration au sujet du projet de loi prévoyant l’impunité pour les crimes sexuels en cas de « mariage » entre l’agresseur et la victime mineure.

Dans sa déclaration, la plate-forme a mis l’accent sur le fait que « les dispositions légales qui accordent l’amnistie aux condamnés pour viols visent à légitimer la maltraitance des enfants en exonérant les auteurs de crimes sexuels ».

C’est le 17 novembre 2016 que la même motion avait été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale de Turquie (TBMM). Toutefois, la motion a été retirée à la suite des réactions de la société civile.

Si la motion devient une loi, on s’attend à ce qu’environ 10 000 personnes, qui sont actuellement en prison pour des accusations de crimes sexuels, soient libérées.

Voici quelques-uns des points relevés par la déclaration de la plateforme :

« Le mariage forcé et précoce est un crime : comme nous l’avons également déclaré sous le nom de « La Plateforme des femmes TCK 103 » en 2016, nous n’acceptons aucune modification législative qui légitimerait le viol, le mariage précoce ou forcé. Nous nous opposons à la motion qui a de nouveau été présentée trois ans plus tard, par crainte de votes avant les élections locales. Les mariages forcés et précoces devraient être définis comme une infraction dans le Code pénal turc (TCK). Conformément à l’article 37 de la Convention İstanbul, dont la Turquie est signatairees. Les mariages précoces et forcés sont définis comme des infractions (…).

« Le viol déguisé en mariage : Le consentement des enfants de moins de 15 ans est légalement invalide et les allégations d’abus envers ces enfants font l’objet d’une enquête, qu’il y ait ou non recours à la force, à la violence ou à la tromperie et non qu’il y ait ou non plainte pénale. En outre, si les conditions nécessaires sont réunies, une action pénale est intentée et un verdict de culpabilité est rendu. Le projet de loi en question encourage le recours à la force et à la violence contre les enfants ainsi qu’à l’abus sexuel, qui est déguisé en mariage.

« Encouragement à la commission d’une infraction : une telle amnistie étoufferait l’infraction et encouragerait sa perpétration en créant la perception que de tels « mariages » illégaux avec des mineures rendront les infractions de violence envers les enfants impunies. Cela découragerait également les victimes de faire appel aux mécanismes juridiques et réintroduirait le concept de « mariage avec des auteurs de viol » dans la loi.

https://bianet.org/english/women/204710-withdraw-the-motion-foreseeing-marriage-amnesty-for-child-abusers

 

 

ROJAVA : des élus de la France insoumise en visite de solidarité auprès des Kurdes

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ROJAVA – DERIK – Des élus de la France insoumise se trouvent mardi dans les territoires kurdes du nord-est de la Syrie pour une visite de solidarité, alors que cette minorité est fragilisée par le retrait annoncé des forces américaines et la menace d’une offensive turque.
 
Les députées Danièle Obono et Mathilde Panot, accompagnées par Pascal Troadec, l’adjoint au maire de Grigny (Essonne), sont arrivés lundi dans cette région « fédérale » autoproclamée par les Kurdes en 2016 qui s’étend du nord au nord-est de la Syrie, sur près de 30% de la superficie du pays en guerre.
 
« Nous sommes présents aujourd’hui pour apporter notre soutien et exprimer notre solidarité avec le peuple du Rojava », a confié Mme Obono à un correspondant de l’AFP, utilisant le nom kurde donné à la région semi-autonome.
 
La délégation a visité un camp de réfugiés de la minorité yézidie, qui a souffert des exactions du groupe Etat islamique (EI), et a été reçue par des responsables locaux des autorités kurdes.
 
« Effectivement, il y a une grande inquiétude par rapport au risque que la Turquie intervienne et attaque la région », a-t-elle souligné lors de cet entretien réalisé dans la ville d’Amouda, dans le nord-est syrien.
 
« C’est une inquiétude que nous relayons et que nous tenions à relayer auprès du gouvernement français qui en est conscient », a-t-elle ajouté.
 
Les Etats-Unis ont annoncé en décembre le retrait à venir des quelque 2.000 soldats américains, engagés en Syrie pour épauler les forces kurdes dans la lutte contre l’EI.
 
Cette annonce a pris de court la communauté kurde, qui craint une offensive du voisin turc. Ankara a haussé le ton ces dernières semaines, menaçant de lancer une nouvelle offensive pour déloger de sa frontière les Unités de protection du peuple (YPG), principale forces kurde de Syrie.
 
Déclenché en 2011, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans. Il a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.
 
Info AFP
 
Image via ANHA

Les politiciens du HDP exhortent le Conseil de l’Europe et le CPT à agir

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STRASBOURG – De nombreux députés, maires et politiciens du HDP en exil ont organisé un rassemblement devant le Conseil de l’Europe pour attirer l’attention sur les grèves de la faim demandant la fin du régime d’isolement imposé à Abdullah Öcalan.
 
Alors que la coprésidente de la DTK et députée du HDP, Leyla Güven, est en grève de la faim illimitée depuis 76 jours et que plus de 250 prisonniers le sont depuis 38 jours contre l’isolement, des grèves de la faim illimitées solidaires se poursuivent à Hewler, Strasbourg, Pays de Galles, Toronto, Haye…
 
Alors que la solidarité avec les grèves de la faim se développe dans le monde entier, des dizaines de représentants élus du Parti démocratique des peuples (HDP) organisent une manifestation devant le Conseil de l’Europe.
 
La manifestation a pour but d’attirer l’attention sur les grèves de la faim menées à l’intérieur et à l’extérieur des prisons pour protester contre le régime d’isolement imposé au leader du peuple kurde, Abdullah Öcalan. Les membres du HDP exigent et mettent fin à l’isolement d’Öcalan et à la liberté de Leyla Güven.
 
Le communiqué de presse au nom des responsables politiques du HDP a été lu par l’ancienne députée du HDP à Van, Lezgin Botan, et l’ancienne députée de Sirnak, Leyla Birlik.
 
Voici l’appel des politiciens du HDP :
 
« Nous sommes ici aujourd’hui pour faire appel au Conseil de l’Europe en tant que responsables politiques qui ont dû partir pour l’Europe en raison des pratiques fascistes du régime de l’AKP, selon lesquelles des milliers de membres de notre parti, le HDP (Parti démocratique des peuples), y compris le les présidents, les parlementaires et les co-maires ont été emprisonnés sans aucune loi.
 
Leyla Güven est en grève de la faim depuis 76 jours. Leyla Güven a été élue dans la ville de Hakkari, la ville la plus à l’est de la Turquie, avec 70% des voix. Elle était en prison quand elle a été élue. Malgré l’absence de condamnation, elle est maintenue illégalement en prison.
 
Si elle n’était pas en prison, elle pourrait participer aux efforts de démocratisation et de paix de la Turquie déployés par le parlement. Cependant, elle maintient actuellement sa lutte pour la démocratie et la paix derrière les barreaux, en utilisant son corps même.
 
Leyla Güven n’a qu’une demande : elle souhaite que la torture sur l’île d’Imrali soit terminée.
 
Elle souhaite la levée de l’isolement total d’Abdullah Öcalan, qui n’a pas vu ses avocats depuis sept ans et sa famille depuis deux ans et demi.
 
L’isolement est une torture et un crime contre l’humanité.
 
C’est l’un des fondements de la Convention européenne des droits de l’homme proclamée par le Conseil de l’Europe.
 
Le CPT [Le Comité européen pour la prévention de la torture], l’une des principales institutions du Conseil de l’Europe, a été créé pour prévenir la torture et les violations des droits de l’homme dans les prisons.
 
En revanche, Abdullah Öcalan n’est pas un prisonnier régulier. Il représente une volonté politique et est hautement apprécié par le peuple kurde, qui reçoit une pétition de 3,5 millions de signatures indiquant «Öcalan est ma volonté».
 
À l’époque où il a pu voir sa famille et la délégation du HDP, il n’y a pas eu de meurtres commis lors de conflits armés.
 
Les jours où la Turquie était au plus près de la paix, étaient paisibles et pleins d’espoir.
 
Comme Leyla Güven le dit également dans sa lettre envoyée à la manifestation où des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées: « L’isolement d’Öcalan est un obstacle sur le chemin de la paix. M. Öcalan est une agence importante dans la construction de la paix », soulignant que son action ouvre la voie à la paix.
 
Après que Leyla Güven ait commencé sa grève de la faim, 239 personnes dans les prisons turques, une personne à Erbil et une à Londres, 14 personnes à Strasbourg ont entamé une grève de la faim à durée indéterminée. Il y a aussi d’anciennes parlementaires du HDP qui sont en grève de la faim. Dilek Öcalan à Strasbourg, Sebahat Tuncel et Selma Irmak à la prison de Kandira en Turquie poursuivent leur grève de la faim.
 
En raison de ces grèves de la faim, Öcalan a pu avoir une courte réunion avec son frère après deux ans et demi.
 
Mais cela ne signifie pas que l’isolement est terminé.
 
Pour lever l’isolement et mettre fin à la torture, Öcalan est tenu de voir ses avocats et les membres de sa famille à des intervalles légaux.
 
Si nous ne pouvons pas arrêter la grève de la faim de Leyla Güven, qui la mène pas à pas à sa mort, dans son 76ème jour, nous serons responsables de la mort de centaines de personnes.
 
Vous, nos collègues, êtes invités à reconnaître et à embrasser Leyla Güven et son action.
 
Nous pouvons la garder en vie, ensemble.
 
Nous pouvons tous protéger les principes du Conseil de l’Europe et la crédibilité de ses institutions.
 
Nous pouvons mettre fin ensemble au chaos, à l’isolement et à la torture sur l’île d’Imrali.
 
Chers membres du conseil,
 
Notre seule attente de votre part est de laisser votre institution faire son devoir.
 
Embrassons Leyla Güven et sa juste demande.
 
Nous vous saluons avec une grande conviction en la démocratie et la paix. »
 
Certains des participants du rassemblement sont :
 
Députés: Ahmet Yıldırım, Besime Konca, Demir Çelik, Faysal Sarıyıldız, Kemal Aktaş, Leyla Birlik, Lezgin Botan, Mehmet Emin Adıyaman, Nursel Aydoğan, Sibel Yiğitalp, Tuğba Hezer Öztürk.
 
Maires : Burhan Kocaman, Fatma Şık Barut , Fırat Anlı, Hüseyin Güneş, Leyla İmret, Orhan Şansal, Veysel Keser,
 

Responsables du parti : Filiz Koçali, Ali Şimşek, Emrullah Bingöl, Hasan Vural, Hayri Ateş, Sabiha Gündüz, İhsan Çelik, Songül Çelik.

ANF

Erdogan veut une de zone de sécurité contre les Kurdes syriens

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La Turquie a peur qu’il y aie une région autonome kurde en Syrie, comme celle déjà existante en Irak. Erdogan l’a encore répété ce lundi.

The Region rapporte les manœuvres de la Turquie pour envahir le Rojava syrien sous couvert de zone de sécurité avec la bénédiction des Etats-Unis :

Le président Tayyip Erdogan a clairement indiqué lundi que la Turquie ne permettrait pas qu’une zone de sécurité qu’elle envisage de créer dans le nord de la Syrie devienne une base pour les « séparatistes kurdes ».
 
La semaine dernière, à la suite de la décision du président américain Donald Trump, le 19 décembre dernier, de retirer les 2 000 soldats américains de Syrie, Erdogan a déclaré qu’il avait discuté avec Trump de la création par la Turquie d’une zone sûre de 34 km de profondeur à l’intérieur de la Syrie le long de la frontière turque.
 
Erdogan a déclaré que la Turquie travaillerait avec toute personne disposée à lui fournir un soutien logistique pour la zone, mais qu’elle prendrait des mesures en Syrie si les promesses ne sont pas tenues.
 
« Nous n’autoriserons jamais une zone sûre qui se transformera en un nouveau marais pour la Turquie, comme celui du nord de l’Irak [Erdogan fait allusion à la création de la région autonome kurde en Irak après la guerre du Golfe qui a bénéficié du soutien de la coalition américaine et du Conseil de sécurité de l’ONU.], où nous connaissons encore des problèmes », a déclaré Erdogan.
 
« Nous ne parlons pas d’une zone de sécurité (comme protection) contre la Turquie, mais plutôt contre les terroristes. »
 
Des avions turcs bombardent régulièrement les bases dans le nord de l’Irak appartenant au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis trois décennies pour l’autonomie et les droits des Kurdes dans les régions kurdes de la Turquie.
 
Dimanche, Erdogan a déclaré à Trump que la Turquie était prête à assurer la sécurité dans la ville syrienne de Manbij, où deux soldats américains et deux employés civils américains sont morts la semaine dernière dans une attaque revendiquée par l’État islamique.
 
La Turquie s’est félicitée de la décision de Trump de retirer ses forces américaines alors qu’il prépare une offensive dans le nord de la Syrie contre les forces kurdes syriennes du YPG, qui, selon la Turquie, est liée au PKK.
 
Les forces américaines ont aidé les YPG à chasser l’État islamique de certaines régions du nord de la Syrie, et la décision de Trump, qui a déconcerté sa propre équipe de sécurité nationale, a suscité des accusations au pays selon lesquelles il abandonne un allié.
 
« Si les promesses qui nous ont été faites sont tenues et que le processus continue, tant mieux. Si ce n’est pas le cas, nous avons déjà en grande partie terminé nos préparatifs et nous allons donc commencer à prendre des mesures conformes à notre propre stratégie », a déclaré Erdogan.
 
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une force alliée aux YPG, ont déclaré la semaine dernière qu’elles étaient prêtes à aider à la création de la zone de sécurité prévue.
 

Image via ANF

24 Janvier 2019 : Journée des avocats en danger en Turquie

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TURQUIE – L’Association des avocats démocrates européens (AED), l’Association européenne des avocats pour la démocratie et les droits de l’Homme dans le monde (ELDH) et l’Institut européen du barreau pour les droits de l’Homme (IDHAE) ont consacré « la Journée de l’avocat en danger le 24 janvier » aux avocats en Turquie.

Le 24 janvier, le barreau de İstanbul appelle à une manifestation sur la place Galatasaray sous le slogan : « Si les avocats sont réduits au silence, les citoyens sont réduits au silence ».

Depuis le 24 janvier 1977, date à laquelle quatre avocats des travailleurs de Madrid ont été assassinés dans un incident connu sous le nom de « Massacre d’Atocha », le 24 janvier de chaque année est commémoré comme la Journée de l’avocat en danger.

« Nous n’acceptons pas cette illégalité »

Engin Gökoğlu, avocat arrêté,  a eu son bras cassé en prison en raison de la violence des gardiens.  Son épouse Meral Yıldırım Gökoğlu a dit à bianet que l’avocat a été laissé avec des dommages permanents à son bras en raison de l’absence de traitement et qu’il ne reçoit toujours pas régulièrement de traitement physique.

Bien qu’aucune mesure n’ait été prise contre les gardiens qui ont agressé Gökoğlu, l’avocat a été interdit de visite et une action en justice a été intenté contre lui au motif qu’il avait « endommagé des biens publics ».

Meral Yıldırım Gökoğlu a déclaré qu’en tant que famille, elle n’accepte pas cette illégalité et qu’elle veut être « la voix des avocats arrêtés ».

La 37e Cour Pénale d’İstanbul a statué en faveur de la libération des 14 avocats le 14 septembre 2018. Un jour plus tard, elle a délivré un mandat d’arrêt à la suite de l’appel interjeté par le Bureau du Procureur. Six des avocats ont de nouveau été arrêtés.

Le rapport de l’ELDH commence par l’avocat kurde Tahir Elçi

Dans le rapport de l’ELDH, intitulé « Avocats en danger 2019 », le défunt bâtonnier de l’ordre des avocats de Diyarbakir, Tahir Elçi, a été commémoré par un message :  « Solidarité avec les avocats turcs et kurdes – En mémoire de Tahir Elçi ».

Elçi a été assassiné le 28 novembre 2015, dans la ville kurde de Diyarbakır.

Les avocats suivants ont été mentionnés dans le rapport de l’ELDH : Ahmet Mandacı, Akın Atalay, Bülent Utku, Mustafa Kemal Güngör, Aycan Çiçek, Aytaç Ünsal, Behiç Aşçı, Buket Yılmaz, Can Tombil, Engin Gökoğlu, Eren Keskin, Halil İbrahim Vargün, Naim Feyzullah Eminoğlu, Selçuk Kozağaçlı.

Selon le rapport, les avocats sont accusés « simplement parce qu’ils exercent leur profession. L‘État turc viole systématiquement les Principes fondamentaux relatifs au rôle du barreau de l’ONU et il est évident que cette violation a des conséquences directes sur le droit de la défense ».

https://bianet.org/english/law/204680-day-of-the-endangered-lawyer-dedicated-to-lawyers-in-turkey

 

« Il est irréaliste de croire que la Turquie puisse prendre la place des Etats-Unis en Syrie »

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« Nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’un partenaire comme la Turquie vienne prendre notre place, ou qu’un autre partenaire de la coalition prenne notre place. Ce n’est pas réaliste », a déclaré Brett McGurk.

L’ancien envoyé présidentiel américain auprès de la Coalition mondiale, Brett McGurk, a déclaré que les États-Unis n’avaient aucun plan pour la Syrie après son retrait, ajoutant qu’il était « irréaliste » que la Turquie prenne la place des États-Unis en Syrie.

Brett McGurk a démissionné après la décision du président américain Donald Trump de retirer les forces américaines de Syrie, il s’est entretenu avec CBS quelques jours après un attentat à la bombe dans la ville de Manbij, au nord de la Syrie, qui a fait 19 morts, dont quatre Américains.

« Il n’y a pas de plan pour la suite. À l’heure actuelle, nous n’avons pas de plan. Cela augmente la vulnérabilité de notre force. Cela augmente l’environnement sur le terrain en Syrie », a déclaré M. McGurk.

Après la décision de Trump de retirer les troupes américaines de Syrie, le secrétaire à la Défense américain James Mattis a également démissionné. Différents signaux sont venus de l’administration américaine et les responsables américains ont depuis lors fait des déclarations contradictoires. Le Pentagone a récemment déclaré que le processus de retrait avait commencé mais n’a fourni aucun détail sur le temps qu’il faudra pour retirer les forces américaines de Syrie.

« Le Président l’a dit clairement, nous partons. Et cela signifie que notre force devrait vraiment avoir une seule mission : sortir en toute sécurité », a déclaré McGurk

On ne peut s’attendre à ce que la Turquie prenne la place des États-Unis

L’ancien envoyé présidentiel américain auprès de la Coalition mondiale, Brett McGurk, a déclaré que la Turquie n’est pas crédible pour prendre la place des États-Unis : « Nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’un partenaire comme la Turquie vienne prendre notre place, ou qu’un autre partenaire de la coalition prenne notre place. Ce n’est pas réaliste », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons pas ajouter de missions supplémentaires à nos forces alors qu’elles tentent sous pression de se retirer, car se retirer sous pression d’une zone de combat est l’une des manœuvres militaires les plus difficiles que nous puissions demander à nos hommes de faire », a déclaré Brett McGurk.

McGurk a écrit un article pour le Washington Post le 18 janvier, mentionnant dans l’article que la Turquie n’avait pas les capacités militaires pour assumer un rôle similaire à celui des États-Unis en Syrie.

Donald Trump avait également déclaré que les Etats-Unis voulaient donner un rôle à la Turquie, mais McGurk et d’autres spécialistes doutent que cette alternative soit efficace.

McGurk a déclaré précédemment que le retrait des États-Unis de la Syrie renforcera la position de Bachar Al-Assad et affectera négativement l’influence américaine sur d’autres acteurs en Syrie, tels que la Russie et l’Iran.

https://anfenglishmobile.com/news/it-is-unrealistic-to-expect-turkey-taking-us-place-in-syria-32311

 

La CEDH condamne la Turquie à indemniser un politicien kurde

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La CEDH a condamné la Turquie à indemniser le politicien kurde Mahmut Alinak.
 
Le 14 février 2018, le tribunal pénal de Kars a condamné le politicien kurde Mahmut Alinak à 50 ans de prison pour avoir critiqué le système pénitentiaire d’Imrali et avoir demandé à la municipalité de Kars de donner les noms de Musa Anter, Deniz Gezmis, Vedat Aydin, Kemal Akbulut et Oruc Korkmaz aux rues de la ville.
 
Alinak a été emprisonné dans la prison de Susuz. Il a ensuite interjeté l’appel devant la Cour européenne des droits de l’homme.
 
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a estimé que les propos d’Alinak relevaient de la « liberté de pensée et d’expression » et a condamné la Turquie à verser 3 200 euros à titre de réparation.
 
Commentant la décision de la CEDH, Alinak a déclaré : « Je ne toucherai pas un centime de cet argent. Je le dépenserai dans une bibliothèque et un musée de mon village qui est un rêve pour moi depuis longtemps. »