Pierre Bance: N’abandonnons pas la démocratie directe du Rojava
SYRIE / ROJAVA – Entre 2018 et 2019, deux régions kurdes du Rojava ont été envahies par la Turquie et ses gangs alliés avec la complicité de la Russie (à Afrin) et des Etats-Unis (à Serê Kanîyê). Le reste du territoire du Rojava est sous l’embargo et subit l’assaut des forces turco-jihadistes, surtout dans la région d’Ain Issa et de l’autoroute M4, mettant en danger le modèle politique avant gardiste que les Kurdes et leurs alliés syriens ont mis en place pendant la guerre civile syrienne. C’est dans ce contexte que le journaliste et écrivain, Pierre Bance appelle à soutenir le Rojava et sa démocratie directe.
N’abandonnons pas la démocratie directe du Rojava
Territoire du nord de la Syrie aussi grand que la Belgique, le Rojava
est le lieu d’une expérimentation démocratique exceptionnelle,
rappelle l’auteur de cette tribune. Mais, menacée par la Turquie,
cette expérience qui mêle révolutions sociale et écologique pourrait
succomber si les instances politiques internationales détournent
encore les yeux.
Nous avons nos soucis : le coronavirus, son vaccin, les plans sociaux qui se multiplient,
la dette qui grossit, des libertés publiques malmenées, les défaillances de la démocratie
représentative… Cela justifie-t-il que l’on oublie la petite république du Rojava ?
Là-bas, quelque part en Mésopotamie, se mène une expérience que nous devrions
soutenir et protéger. Parce que nous sommes redevables à ceux qui ont vaincu
territorialement l’État islamique au prix de plus de 11.000 morts et 24.000 blessés pour
un effectif de 70.000 combattants. Parce que le Rojava, ce n’est pas seulement cette
épopée militaire des Kurdes et de leurs alliés arabes, c’est aussi une expérience
démocratique inédite et fascinante.
Inédite, car la constitution du Rojava, nommé Contrat social de la Fédération
démocratique de la Syrie du Nord, lie démocratie directe et démocratie parlementaire.
Alliage improbable de communes autonomes, d’assemblées législatives et de conseils
exécutifs de cantons et de régions, tous fédérés par l’Administration autonome
démocratique.
Celle-ci ne se veut pas gouvernement. Bien au contraire, elle entend donner les plus
larges pouvoirs aux citoyens. Derrière cette intention, le but est annoncé : se passer de
l’État-nation pour mettre en place une société avec le moins d’État possible, le temps de
transférer aux institutions autoadministrées locales toutes les missions de service public,
toutes les fonctions régaliennes. Ainsi parviendra-t-on au confédéralisme démocratique
prôné par le leader kurde Abdullah Öcalan, qui n’a rien à envier au fédéralisme sans État
de Proudhon.
Fascinante, car la démocratie du Rojava s’épanouit au cœur d’un Proche-Orient pétri de
dictatures, de démocraties chaotiques, d’États-nations aux visées hégémoniques, au
milieu de sociétés aux coutumes patriarcales et aux pratiques religieuses conservatrices.
Cette démocratie protège les droits de l’homme et les libertés fondamentales que
n’importe quel autre pays démocratique, dans les mêmes conditions géopolitiques,
réduirait au nom de l’état d’urgence, des circonstances exceptionnelles ou de l’état de
siège.
Elle unit les peuples, kurde, arabe, assyrien, chaldéen, turkmène, arménien, tchétchène,
tcherkesse…, de diverses confessions, musulmane, chrétienne et yézidie, au sein de la
Fédération, à égalité de droits et de devoirs. Elle encourage la mosaïque culturelle et la
protège ; toutes les langues maternelles ont droit de cité, du jardin d’enfants à
l’université. Elle institue de manière absolue la parité et une coprésidence homme-femme
dans toutes les instances publiques et civiles. Les femmes y tiennent toute leur place,
assurant les plus hautes responsabilités administratives, politiques, militaires et civiles.
Là où régnait la loi du plus fort, prévalent désormais le principe d’égalité et la justice du
consensus.
Remplacer le capitalisme par l’autogestion, via des coopératives
Au même titre que l’État doit être réduit à quelques fonctionnalités, le capitalisme est
censé être progressivement remplacé par l’autogestion des activités productives agricoles
et industrielles. Les coopératives s’y emploient, dans le respect de l’écologie. Pas une
écologie environnementaliste, mais une écologie sociale telle que l’a théorisée le penseur
étasunien Murray Bookchin : remplacer le capitalisme naturellement destructeur par une
société débarrassée de la domination sous toutes ses formes, où la technologie est au
service de l’Homme, où la décentralisation de la production tend à l’autosuffisance locale.
Sans doute tout ne fonctionne pas à merveille au nord de la Syrie. Si les avancées en
matière de droits et de libertés sont incontestables et remarquables, sur le terrain
économique, l’alternative sociale et écologique reste modeste et, sur le plan politique, les
institutions constitutionnelles ont du mal à fonctionner. Quant à l’armée — les Forces
démocratiques syriennes —, elle a tendance à se substituer au pouvoir civil, ce qui,
diraient les zapatistes, n’est pas de bon augure. « Tout le pouvoir aux communes » reste
une ambition, constamment rappelée mais difficile à réaliser. Comment pourrait-il en
aller autrement avec la guerre impérialiste ottomane d’Erdogan, la pression des
obscurantistes du djihad, les menaces d’Assad de réinvestir le territoire et les trahisons
des alliés russes et occidentaux ?
Aujourd’hui, la situation est grave. La Turquie et ses mercenaires islamistes, chaque jour,
bombardent les villes et villages dans le nord du Rojava, préparent une quatrième
invasion après celles qui ont conduit à l’occupation du triangle Azaz-Bad-Jarablous en
2016, du canton d’Afrin en 2018 et de la bande Girê Spî-Serêkaniyê en 2019. Si rien ne
bouge du côté de la société civile, si les instances politiques internationales regardent
ailleurs, surtout si les États garants du cessez-le-feu de 2019 — Russie et États-Unis —
trahissent une fois encore Kurdes et Arabes, il en sera fini de cette expérience politique,
riche d’enseignements tant pour les démocrates que pour les révolutionnaires, de «
cette étrange unité qui ne se dit que du multiple », dont Gilles Deleuze et Félix Guattari
n’imaginaient pas qu’elle se réaliserait au cœur de ce Proche-Orient si peu libertaire.
Publié par Reporterre
Le parlement turc et les esclaves sexuelles kurdes des gangs de la Turquie
En décembre 2020, un apport de Sky News a révélé que la Turquie avait transféré en Libye de nombreuses femmes kidnappées dans le canton kurde d’Afrin comme esclaves sexuelles pour les mercenaires syriens envoyés en Libye. Des actes qualifiés de crimes de guerre selon les lois internationales…
Non seulement, la députée n’a pas eu de réponse, mais sa question n’apparait pas non plus dans les registres du parlement turc. On craint que le pouvoir turc veuille tout simplement censurer ce sujet relatif à la capture et vente comme esclaves sexuelles des femmes et filles kurdes par les forces armées alliées à la Turquie dans les régions syriennes occupées par la Turquie.
Militante et journaliste spécialisée sur les violations des droits des femmes dans les régions syriennes occupées par la Turquie, Meghan Bodette rappelle que depuis plusieurs années, des députées du parti HDP ont déposé de de nombreuses questions parlementaires concernant l’implication des mercenaires syriens de la Turquie dans le kidnapping, viol, torture, meurtre et la vente des femmes et filles kurdes capturées au Rojava. Presqu’aucune de ces questions n’ont reçu de réponse. Pire encore, elles n’ont même pas été enregistrées au registre parlementaire. Le parlement turc censure les questions relatives aux crimes de guerre commis par les forces turco-jihadistes en Syrie et dit « circulez, il n’y a rien à voir. »
Le parlement turc censure les questions relatives aux femmes capturées au Rojava
Après ce rapport, la députée du Parti démocratique des peuples (HDP), Tulay Hatimogullari a interpellé le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu au sujet des femmes kurdes envoyées en Libye comme esclaves sexuelles par l’Etat turc.
Femmes kurdes tuées à Paris. « Notre colère est aussi vive qu’il y a 8 ans »
PARIS – Le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) publié un communiqué après les manifestations du 9 janvier en hommage à Sakine Cansiz, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez, trois militantes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013 et dont l’assassinat est resté impuni.
Le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) a publié un communiqué concernant les manifestations organisées pour condamner une fois de plus le massacre de Paris à l’occasion de son huitième date anniversaire :
«Nous avons laissé derrière nous le 8e anniversaire du massacre de Paris. 8 ans se sont écoulés et ce massacre est toujours vivant dans l’esprit des femmes kurdes. Notre colère est aussi présente qu’elle l’était le premier jour. La promesse que nous avons faite il y a 8 ans que nous demanderions des comptes aux auteurs et que nous continuerons notre marche pour la liberté pour les 3 femmes révolutionnaires assassinées est toujours valable.
C’est pourquoi nous nous sommes descendus dans les rues de nombreux pays d’Europe, de différentes parties du monde: pour dire à ceux qui envisagent d’éliminer le mouvement des femmes kurdes en assassinant 3 femmes révolutionnaires, que ces 3 jeunes arbres sont maintenant devenus une forêt. Nous nous battrons non seulement pour les commémorer. Nous élargirons également notre lutte pour la liberté et ferons du système autonome et original des femmes un mode de vie.
Nous détruirons tout ce qui nous empêche (État, patriarcat ou pandémie) avec notre fidélité à nos camarades, notre colère envers les assassins, et nous serons dans les rues tous les 9 janvier, jusqu’à ce que le dictateur Erdogan, qui a ordonné le massacre sera jugé, et le massacre des femmes sera traité comme un féminicide, et non comme un accident local, par le droit international.
Nous saluons la détermination des femmes kurdes qui ont parcouru ce chemin avec nous dans 5 villes de France, notamment à Paris. Encore une fois, nous saluons tous nos amis qui se sont appropriée nos revendications comme leurs propres revendications, les représentants des partis politiques qui partagent notre voix, nos sœurs du mouvement féministe, nos amis du mouvement écologique, bref, tous nos amis qui ne nous laissent pas seul dans ces conditions difficiles.
Sakine Cansiz, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez restent vivantes à chaque instant où le passé, le présent et le futur se rencontrent; chaque fois que les femmes manifestent leurs sentiments de solidarité et de fraternité! Et Erdoğan, qui a ordonné le massacre, sera jugé comme un dictateur! »
ANF
photo: Berivan Firat
SHENGAL. Suicide de femmes yézidies qui ont survécu au génocide de 2014
IRAK / SHENGAL – La majorité des femmes et filles yézidies qui ont survécu au génocide commis par DAECH à Shengal en août 2014 souffrent de nombreux traumatisme alors qu’elles sont dans des camps de fortunes, notamment dans la région kurde de Duhok, au Kurdistan du Sud. Certaines de ces femmes mettent fin à leur vie en commettant des suicides. Une situation qui alarme le Mouvement des femmes yézidies pour la liberté TAJÊ.
Dans un communiqué écrit, TAJÊ appelle les femmes yézidies en détresse à s’adresser au TAJÊ pour chercher ensemble des solutions à leurs souffrances.
Le Mouvement des femmes yézidies pour la liberté (en kurde : Tevgera Azadiya Jinên Êzdi – TAJÊ) a publié un communiqué concernant les récents suicides dans les camps de réfugiés de Duhok. TAJÊ a exprimé sa tristesse pour les suicides et a noté que chaque problème a une solution et que le suicide ne peut être le point de départ d’aucune solution.
La déclaration a rappelé qu’il y avait encore des femmes, des enfants et des familles qui sont encore entre les mains de Daech, et a déclaré qu’il fallait penser à eux plutôt qu’au suicide. « Pendant le génocide perpétré par l’Etat islamique en 2014, ceux qui ont le plus souffert, vendus (…) torturés étaient (…) des femmes yézidies. Cependant, ce sont aussi les femmes yézidies qui demandent aujourd’hui de traduire les responsables du génocide en justice. C’est pourquoi nous, les femmes yézidies, avons une grande responsabilité. Nous devons diriger notre colère vers les envahisseurs et les forces qui veulent nous éliminer par le génocide. Personne ne devrait soutenir le sale plan que l’ennemi veut développer à travers les femmes yézidies. Le suicide n’est pas la solution. En tant que femmes organisées, nous sommes prêtes à résoudre tous les problèmes (…). »
Le communiqué indique que les femmes trouvent des solutions à leurs problèmes avec TAJÊ et ajoute: « Les assemblées de TAJÊ se trouvent dans toutes les villes et villages de Shengal. Toutes les femmes peuvent aller dans ces centres. Nous essayons de discuter et solutionner chaque problème. Nous sommes votre deuxième famille. »
ANF
Vers un Rojava turco-compatible ?
SYRIE / ROJAVA – Alors que le nouveau Président des Etats-Unis, Joe Biden s’apprête à prendre les rênes du pays, les Kurdes du Rojava – surtout ceux de la région d’Ain Issa, près de la route internationale M4 – sont victimes d’attaques répétées de la Turquie et de ses mercenaires alliés. De nombreux analystes prédisent une nouvelle invasion turque avant l’arrivée de Biden car l’État turc craint ne pas pouvoir agir au Rojava avec autant de liberté qu’il avait sous la présidence de Donald Trump.
Biden devrait pousser la Turquie à tolérer les Kurdes syriens
Après l’invasion par la Turquie des régions d’Afrin en 2018, de Serê Kanîyê en 2019, et le nettoyage ethnique des Kurdes de ces régions, on doute que les Kurdes hésitent encore longtemps devant les attaques turques. Plutôt que d’accepter une invasion totale de la région par la Turquie, ils risquent de se retourner vers le dirigeant syrien Bachar al-Assad, au grand dam des Etats-Unis qui n’auront plus d’emprise en Syrie. Alors, les Américains feront tout pour que la Turquie mette de côté sa haine de Kurdes, au moins en Syrie (elle a carte blanche au Kurdistan irakien et dans le Kurdistan turc), uniquement pour ne pas saboter les plans américains en Syrie. Autrement, les Kurdes préféreraient laisser leurs terres à Assad plutôt qu’à Erdogan.
Est-ce la fin de la révolution du Rojava ?
De plus en plus de voix s’élèvent à travers les cercles de gauche dans le monde pour dire que la révolution du Rojava est sur le point d’être liquidée par les puissances internationales présentes en Syrien, à savoir les Etats-Unis et la Russie, en laissant la Turquie et les groupes mercenaires attaquer les Kurdes du Rojava, pour leur faire accepter de force pour qu’ils s’alignent sur une ligne plus libérale que révolutionnaire. Après plusieurs années de guerre, les Kurdes ont sacrifié leurs enfants par milliers pour pouvoir vivre libres sur leurs terres et tant qu’à faire dans un modèle politique révolutionnaire unique au monde en prenant comme base l’égalité homme/femme, la protection de l’environnement, le féminisme, le pluralisme ethnique et confessionnel, ainsi que le communalisme à travers les coopératifs et autres initiatives qui sortent des sentiers battus du capitalisme. Mais on craint que ce modèle ne tienne plus pour longtemps, tant ses ennemis sont nombreux et unis…
Facebook censure les pages kurdes pour le compte de la Turquie
PARIS – Facebook-France avait supprimé le 6 avril 2018 la précédente page « Kurdistan au féminin » (KAF), qui avait près de 60 000 abonnés, car elle parlait des Kurdes et des injustices dont ils sont victimes dans les quatre parties du Kurdistan. Hier, il a supprimé une de nos images* montrant Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois femmes kurdes tuées à Paris le 9 janvier 2013. Facebook prétend que cette publication n’est pas conforme à ses standards et prévient que notre « Page est sur le point d’être dépubliée et fait l’objet d’une diffusion limitée et d’autres restrictions en raison d’infractions répétées aux Standards de la communauté ».
Image censurée par Facebook
Facebook nous avertit que notre page risque d’être supprimée
Facebook-France fait taire les voix kurdes pour plaire à la Turquie
Pour nous, la censure de notre page Facebook, basée en Europe, est ordonnée directement par le pouvoir turc qui a déjà banni notre site, ainsi que notre compte Twitter et notre page Facebook sur décision de la « justice ». La Turquie ne se contente pas de massacrer les Kurdes, les chasser de leurs terres, elle mène sa guerre anti-kurde sur les réseaux sociaux également, jusqu’en Europe. On vous entend dire « Pourquoi Facebook accepte d’agir dans l’intérêt de la Turquie, même en Europe ? » La réponse est simple: si Facebook veut ne pas être banni en Turquie, il doit accepter les 4 volontés de la Turquie, à savoir la censure des voix kurdes efficaces sur sa plateforme. En effet, les publications de KAF sont essentiellement en français et donc s’adressent à un public européen/occidental. Mais quoi de plus pénible pour la Turquie de voir les Kurdes entendus, vus dans le monde, alors qu’elle s’acharne à les liquider en tant que peuple? C’est pourquoi, elle utilise tous les moyens qui sont à sa disposition pour nous faire la guerre où qu’on soit dans le monde, y compris dans le monde virtuel.
On continuera à dire la vérité kurde, malgré la censure
La suppression de notre page Facebook précédente ne nous a pas empêché de dire la vérité sur ce que nous, les femmes et hommes kurdes, subissons de la part du régime turc. C’est pourquoi, la suppression probable de notre page actuelle ne nous réduira pas en silence. On en créera une autre et on continuer à parler de la réalité kurde, aussi gênante qu’elle soit pour la Turquie.
A bas la censure !
Vive la liberté d’expression, y compris celle des Kurdes !
On ne lâche rien et on compte sur nos lectrices et lecteurs qui seront nos relais à travers leurs sites, réseaux etc.
Image censurée par Facebook
Facebook nous avertit que notre page risque d’être supprimée
Facebook-France fait taire les voix kurdes pour plaire à la Turquie
Pour nous, la censure de notre page Facebook, basée en Europe, est ordonnée directement par le pouvoir turc qui a déjà banni notre site, ainsi que notre compte Twitter et notre page Facebook sur décision de la « justice ». La Turquie ne se contente pas de massacrer les Kurdes, les chasser de leurs terres, elle mène sa guerre anti-kurde sur les réseaux sociaux également, jusqu’en Europe. On vous entend dire « Pourquoi Facebook accepte d’agir dans l’intérêt de la Turquie, même en Europe ? » La réponse est simple: si Facebook veut ne pas être banni en Turquie, il doit accepter les 4 volontés de la Turquie, à savoir la censure des voix kurdes efficaces sur sa plateforme. En effet, les publications de KAF sont essentiellement en français et donc s’adressent à un public européen/occidental. Mais quoi de plus pénible pour la Turquie de voir les Kurdes entendus, vus dans le monde, alors qu’elle s’acharne à les liquider en tant que peuple? C’est pourquoi, elle utilise tous les moyens qui sont à sa disposition pour nous faire la guerre où qu’on soit dans le monde, y compris dans le monde virtuel.
On continuera à dire la vérité kurde, malgré la censure
La suppression de notre page Facebook précédente ne nous a pas empêché de dire la vérité sur ce que nous, les femmes et hommes kurdes, subissons de la part du régime turc. C’est pourquoi, la suppression probable de notre page actuelle ne nous réduira pas en silence. On en créera une autre et on continuer à parler de la réalité kurde, aussi gênante qu’elle soit pour la Turquie.
A bas la censure !
Vive la liberté d’expression, y compris celle des Kurdes !
On ne lâche rien et on compte sur nos lectrices et lecteurs qui seront nos relais à travers leurs sites, réseaux etc.
FRANCE. Les Kurdes victimes de l’injustice française
PARIS – Cela fait 8 ans jour pour jour, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, 3 militantes kurdes, ont été assassinées à Paris. Assez vite, de nombreux éléments de l’enquête ont pointé du doigt les services secrets turcs et un suspect arrêté. Mais la justice française a trainé l’affaire pendant plusieurs années car dévoiler une affaire d’assassinat politique impliquant un État étranger, en l’occurrence la Turquie, n’était pas anodin.
L’assassin présumé, Omer Guney est mort en prison en décembre 2016 et certains ont prié pour que l’affaire soit classée sans suite. Mais les familles des victimes ont porté plainte. Ainsi, un nouveau juge anti-terroriste fut saisi en mai 2019 et une information judiciaire a été ouverte pour « complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Depuis, c’est de nouveau silence radio.
La France espère que le temps aura raison des Kurdes qui cesseront de demander que la justice soit rendue aux trois militantes tuées au coeur de Paris le 9 janvier 2013. Mais les Kurdes restent mobilisés et descendent dans les rues de Paris à chaque date anniversaire de l’assassinat politique visant trois femmes il y a 8 ans.
Cette année, en raison des restrictions dues à la pandémie du coronavirus, les Kurdes n’ont pas pu faire une manifestation centrale à Paris. Ils ont défilé par milliers dans de plusieurs villes françaises, dont Paris, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, Marseille, Rennes… et ont demandé à la France de juger le dirigeant turc, Erdogan, pour le meurtre de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. A Paris, il y avait environs 5000 manifestants, dont de nombreux élus, représentants de partis politiques et d’organisations de la société civile.
Retour sur un crime d’Etat commis sur le sol français
Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez ont été abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris.
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès.
Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.
Une nouvelle enquête relancée autour du rôle des services secrets turcs
En mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre.
Un juge antiterroriste a été chargé en mai 2019 pour reprendre l’enquête sur l’assassinat en 2013 à Paris de trois militantes kurdes, à la demande des familles qui réclament d’approfondir la thèse de l’implication des services secrets turcs (MIT).
Qui sont les 3 femmes abattues ?
Sakine Cansiz
Cofondatrice du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), Sakine Cansız est née dans la province de Dersim en 1957. Après plusieurs années d’activité dans le mouvement de la jeunesse étudiante à Elazıg, elle rejoint en 1976 le mouvement révolutionnaire kurde.
Suite à sa participation au congrès du PKK, le 27 novembre 1978, la jeune femme est arrêtée à Elazıg et envoyée en prison avec un groupe d’amis. Soumise à de lourdes tortures dans la période ayant suivi le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, elle n’est libérée qu’en 1991.
Après sa libération, elle poursuit ses activités militantes dans l’ouest et le sud du Kurdistan.
Après de longues années de lutte dans les montagnes du Kurdistan, Sakine Cansız va en Europe où elle prend la direction du mouvement des femmes kurdes. Figure pionnière du mouvement de libération kurde, elle a grandement contribué au renforcement des organisations kurdes au sein de la diaspora.

Fidan Dogan
Fidan Doğan est née en 1982, à Elbistan, dans la province de Maraş. Fille d’une famille d’immigrés, elle grandit en France.
Dès son enfance, elle se met en quête de son identité kurde. À partir de 1999, elle s’engage dans les organisations kurdes en Europe. À partir de 2002, elle travaille activement dans le domaine de la diplomatie. Elle devient représentante à Paris du Congrès national du Kurdistan (KNK).

Leyla Saylemez
Fille d’une famille originaire de Lice, dans la province de Diyarbakir, Leyla Saylemez est née dans la ville turque de Mersin où elle passe son enfance jusqu’à ce que sa famille déménage en Allemagne, dans les années 90. Après un an d’études en architecture, elle rejoint la lutte pour la liberté au Kurdistan et s’engage particulièrement dans les activités de la jeunesse kurde.
ROJAVA. Les femmes lancent une campagne pour faire du vélo et protéger l’environnement
SYRIE / ROJAVA – Des militantes de la ville kurde de Qamishlo ont lancé l’initiative «Je veux un vélo» pour sensibiliser le public contre la pollution et pour encourager les femmes à faire du vélo.
Media Xanim, journaliste pour le journal Ronahî, et Şinda Ekrem, présentatrice d’une émission sur ÇIRA TV, ont lancé il y a quelques semaines l’initiative «Je veux un vélo».
L’initiative, qui a commencé avec deux femmes, s’est transformée en un groupe de femmes faisant du vélo quelques jours plus tard. Ce groupe se compose désormais de 15 femmes et son nombre devrait augmenter car la porte de l’initiative est ouverte à toutes les femmes.
L’initiative vise à protéger l’environnement et à réduire les embouteillages causés par l’augmentation du nombre de véhicules.
Les membres du groupe âgés de 18 à 35 ans assistent aux cours tous les vendredis et dimanches pour organiser un concours.
Une participante du nom Şînda Ekrem, membre de l’initiative «Je veux un vélo», a déclaré qu’elle avait commencé le cyclisme en 2017.
Şînda Ekrem a déclaré qu’elle trouvait cela très difficile parce que la société rejetait l’idée des femmes à vélo, mais elle a continué seule malgré les difficultés, et a ajouté qu’il est important d’encourager toutes les femmes à utiliser le vélo et de réduire le nombre de véhicules.
Déclarant que l’Association sportive du canton de Qamishlo répond aux besoins de l’équipe cycliste féminine, Ekrem a appelé à soutenir les institutions et organisations féminines.
Cilan Mihemed, également participante à l’initiative, a déclaré qu’elle était très heureuse d’entendre parler de cette initiative parce qu’elle aimait le vélo depuis son enfance et a appelé les femmes à rejoindre cette initiative.
FRANCE. Sakine, Fidan et Leyla: la recherche de la justice continue
Il y a huit ans aujourd’hui, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois femmes kurdes, ont été exécutées à Paris.
La cofondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez avaient étés tuées d’une balle dans la tête. Ce qui portait toutes les caractéristiques d’un assassinat ciblé.
Selon les autorités françaises, il n’y avait aucun signe d’entrée forcée, ce qui signifie que le meurtrier connaissait le code d’entrée ou avait été laissé entrer par les victimes.
Mais nous ne saurons peut-être jamais la vérité – le principal suspect Omer Guney, qui a été arrêté peu après les meurtres, est décédé en prison quelques jours à peine avant le début de son procès.
Sa mort laisse ce triple assassinat enveloppé de mystère, avec des allégations de camouflage et de crime d’État.
Les femmes assassinées étaient des personnalités clés du mouvement kurde. Dogan travaillait au centre d’information kurde à Paris et serait proche du leader du PKK Abdullah Ocalan.
Les propos tenus par le président français de l’époque, François Hollande, affirmant qu’il avait des réunions régulières avec l’un des tués – supposé être Dogan – ont attiré l’ire du président turc Recep Tayyip Erdogan.
Dans une apparition télévisée, il a exigé des réponses d’Hollande pour expliquer pourquoi il avait été «en communication avec ces terroristes».
Et il a critiqué sévèrement les pays européens qu’il a accusés d’abriter des «terroristes du PKK» sur leur sol.
Saylemez était une militante des droits kurdes qui, comme tant de ses contemporains, avait été accusée en Turquie d ‘«appartenance à une organisation terroriste».
Mais la principale cible des meurtres est considérée par beaucoup comme le leader révolutionnaire Sakine Cansiz.
Cansiz, connue sous le nom de Sara, avait une un rôle de premier plan dans le mouvement de libération kurde et a été co-fondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en 1978. Elle reste une source d’inspiration pour les femmes qui luttent pour la libération à travers le monde aujourd’hui.
La politicienne kurde, Sebahat Tuncel, a expliqué comment elle avait grandi en entendant parler de Cansiz, comment elle avait résisté et craché au visage de ses tortionnaires [dans la prison tristement célèbre de Diyarbakir].
«Elle était un nom très important pour les femmes kurdes. Elle était féministe et sa lutte était toujours à double tranchant: contre la domination masculine et pour les droits kurdes», a déclaré Tuncel.
Née dans une famille alévie de la ville kurde de Dersim, elle est devenue active dans le mouvement de libération kurde après avoir rencontré des militants à l’adolescence.
Elle a rencontré le leader du PKK Abdullah Ocalan pour la première fois dans un groupe d’étude universitaire et a commencé à débattre d’idéologie, en assistant et en organisant des réunions et des marches.
Cansiz a rapidement eu des ennuis avec les autorités et a été arrêté à Izmir, dans l’ouest de la Turquie, avant de retourner s’engager dans l’éducation sur la façon d’organiser le mouvement de libération kurde et la lutte révolutionnaire.
Elle a été de nouveau arrêtée dans le cadre du coup d’État militaire de 1980 et condamnée à 24 ans de prison pour avoir créé une branche du PKK à Elazig.
Elle a passé 10 ans dans la tristement célèbre prison de Diyarbakir, où la torture et les agressions sexuelles étaient monnaie courante. Il était connu pour sa brutalité, avec des chocs électriques et des passages à tabac au quotidien.
Pas une seule femme pendant cette période n’est devenue informatrice, ce qui est largement attribué à la force et à la résilience que Cansiz a inspirées aux autres.
Pour la communauté kurde, il existe une forte suspicion et conviction que les meurtres ont été ordonnés ou perpétrés par les services de renseignement turcs (MIT).
Guney a été pris avec du sang sur ses chaussures et de l’ADN le reliant à la scène du crime, des enquêtes révélant qu’il se trouvait au centre d’information kurde au moment où les meurtres auraient été commis.
On pense qu’il avait des sympathies nationalistes turques de droite, infiltrant le mouvement kurde en tant que chauffeur et assumant d’autres tâches.
Guney avait pris des photos des détails personnels d’environ 300 membres d’organisations kurdes qui ont été envoyés puis supprimés de son téléphone.
Et un enregistrement vocal publié sur Internet par une source anonyme serait celui de Guney parlant à des officiers non identifiés du MIT des plans d’assassinat.
Le dossier d’enquête contient également des documents affirmant que «l’ordre d’exécution» a été donné par quatre administrateurs du MIT.
Le document, intitulé «Réf: Sakine Cansiz, nom de code Sara», aurait été signé par les responsables du MIT Yuret, UK Ayik, S. Asal et H. Ozcan.
Il a allégué qu’un agent connu sous le nom de «légionnaire» avait reçu 6 000 euros pour préparer les assassinats et avait rencontré des agents du MIT en Turquie avant les meurtres.
Les services de renseignement turcs ont rejeté les preuves, affirmant que le document n’était pas authentique. Ils insistent sur le fait que les meurtres ont été perpétrés par un individu qui voulait faire dérailler les pourparlers de paix qui, selon les révélations, avaient lieu entre des agents du MIT et Ocalan quelques semaines avant les fusillades.
Certains ont suggéré qu’il s’agissait peut-être d’une querelle interne du PKK visant Cansiz, une figure importante du mouvement kurde.
Cependant, en janvier 2018, la coprésidence exécutive de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK) a publié une déclaration affirmant le nom de l’homme qui avait planifié les meurtres de Paris sous le nom de Sabahattin Asal, un haut responsable du MIT qui avait également pris part aux négociations de paix avec Ocalan.
La déclaration affirmait que deux officiers du MIT capturés par le PKK avaient avoué qu’Asal était la personne qui avait orchestré les meurtres.
Le KCK a déclaré que l’admission et le rôle d’Asal dans les pourparlers de paix d’Imrali jettent un nouvel éclairage sur le rôle du gouvernement turc dans les meurtres et sa véritable politique face à la soi-disant question kurde.
Ce ne serait pas la première fois que les services de renseignement turcs seraient soupçonnés ou accusés de jouer un rôle dans des exécutions extrajudiciaires.
Ces craintes ont pris une nouvelle importance en janvier 2018 avec les allégations du député arménien du HDP Garo Paylan selon lesquelles une nouvelle vague d’assassins serait envoyée à travers l’Europe avec une liste de succès, y compris d’éminents universitaires, journalistes et opposants politiques.
La tentative d’assassinat du footballeur kurde au franc-parler Deniz Naki, qui a subi des tirs alors qu’il était au volant de sa voiture sur une autoroute en Allemagne il y a trois ans, ne fait que renforcer ces affirmations.
Naki pense qu’il a été visé soit par un agent du gouvernement turc, soit par des nationalistes turcs de droite.
En octobre de l’année dernière, il est allégué que des membres de l’Organisation nationale du renseignement (MIT) étaient à l’origine d’un complot visant à assassiner le Parti de l’Union démocratique (PYD) Salih Muslim et Aldar Khalil du comité exécutif du Mouvement de la société démocratique (Tev-Dem).
Et en décembre, le citoyen italien Feyyaz Öztürk a affirmé avoir été soumis au chantage du MIT pour tuer ou blesser Berivan Aslan, une politicienne autrichienne d’origine kurde.
Les enquêteurs n’ont pas été en mesure d’identifier les auteurs des meurtres de Paris, mais les preuves jusqu’à présent indiquent Ankara, et en particulier les services de renseignement turcs.
On pense que c’est la première fois qu’un État est officiellement suspecté d’un «meurtre politique».
L’implication dans l’acte d’accusation est claire. «Il y a des indications qui donnent à penser que le MIT a été impliqué dans l’incitation aux meurtres et leur exécution.
On a découvert qu’Omer Guney était impliqué dans des activités d’espionnage et qu’il était en contact avec quelques espions en Turquie», lit-on.
Cela soulève la question: Guney en savait-il trop? Il n’y avait aucune preuve disponible pour suggérer que Guney était malade avant sa mort subite, qui est survenue quelques semaines à peine avant qu’il ne prenne la barre.
Si sa prétendue maladie avait été connue, pourquoi les procureurs ne l’ont-ils pas traduit en justice plus tôt?
Des rumeurs circulent selon lesquelles Guney aurait pu être tué pour mettre fin à l’affaire et la balayer sous le tapis avant que l’État turc ne devienne plus profondément impliqué et que les secrets soient dévoilés.
Cependant, l’avocat des familles Antoine Comte a déclaré que l’affaire n’était pas encore close et qu’il voulait interroger les agents du MIT qui ont été impliqués dans les meurtres.
«Il est presque impossible à l’heure actuelle d’extrader ces personnes avec des crimes finalisés du pays où ils se trouvent», a-t-il expliqué.
Comte a déclaré que les preuves et déclarations des officiers du MIT détenues par le PKK pourraient être «très importantes pour l’affaire» et pourraient confirmer les documents détenus par le procureur français.
La France a rouvert le dossier en 2019. Mais un nouveau rapprochement entre Paris et Ankara annoncé hier pourrait voir les deux nations se resserrer une nouvelle fois pour dénier justice et laisser les morts enveloppées de mystère.
Les services de renseignement français ont cherché à clore l’affaire malgré les preuves qu’ils ont fournies concernant une réunion en prison entre Guney et Ruhi Seman, un associé et collègue de travail alors qu’il vivait en Allemagne.
Cette réunion était remarquable car c’était la première que le suspect de meurtre était autorisé en prison. Même sa famille n’avait pas été autorisée à une visite à ce stade.
Mais malgré des preuves claires que Guney lui a passé une note détaillant une tentative d’évasion de prison, qu’il aurait voulu remettre au MIT, Semen n’a jamais été interrogé.
La conspiration internationale s’est élargie comme a rapporté hier ANF rappelant que Semen restait actif dans les organisations basées en Allemagne associées au MIT, y compris l’Union turco-islamique des affaires religieuses (DITIB).
Le DITIB exploite quelque 900 mosquées en Allemagne et serait la partie la plus importante du réseau de renseignement du régime d’Erdogan.
Semen dirigeait également le club de sport « Türkspor Hausham » qui est entre les mains des nationalistes turcs et qui aurait formé Guney à la manière de procéder à des assassinats de politiciens kurdes là-bas.
Le gouvernement allemand a confirmé que Guney avait été retrouvé avec une arme non autorisée lors d’un contrôle routier de la police en 2005 et à une deuxième fois en 2011, des policiers l’avaient surpris avec des gaz lacrymogènes et un couteau.
La vérité sur ce triple meurtre ne sera peut-être jamais connue, mais le combat pour la justice se poursuit.
Les femmes assassinées à Paris sont l’inspiration de celles qui mènent la lutte contre DAECH en Syrie et la dictature brutale et tyrannique d’Erdogan en Turquie.
Les femmes kurdes ont lancé la campagne de 100 raisons pour juger le dictateur Erdogan en compilant un dossier complet et une pétition à l’appui des efforts pour qu’Erdogan soit jugé devant la Cour pénal internationale de Laye pour crimes de guerre.
La campagne se déroulera jusqu’au 8 mars, Journée internationale de la femme. Elles appellent à soutenir leur campagne pour que le dirigeant misogyne et tyrannique de la Turquie rende des comptes.
Nous devons défendre la justice pour Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez et tous les progressistes doivent se rallier à la cause des femmes révolutionnaires au Rojava, en Turquie et dans le monde.
Jin, Jiyan, Azadi (femmes, vie, liberté).
ANF (Article de Steve SWEENEY)
TURQUIE. Les frais de justice du policier qui a tué Kemal Kurkut pris en charge par le ministère de l’intérieur
TURQUIE / BAKUR – Les honoraires de l’avocat représentant le policier turc Yakup S. accusé d’avoir tué l’étudiant kurde Kemal Kurkut seront pris en charge par le ministère de l’Intérieur.
Lors des célébrations du Newroz à Diyarbakır, Kemal Kurkut, un étudiant kurde de 22 ans, a été abattu par un policier turc au point de contrôle à l’entrée de la fête.
Yakup S., a été acquitté le 17 novembre 2020 par la 7e Haute Cour pénale de Diyarbakır dans l’affaire où il était jugé pour «meurtre délibéré» de Kurkut*.
Il a été révélé que la police Yakup S., a demandé à la Direction générale de la sécurité le paiement des honoraires d’avocat pendant le procès.
Le policier a exigé le paiement de ses honoraires d’avocat sur la base de la disposition selon laquelle les honoraires de l’avocat affecté à la police seront payés sur le budget de la Direction générale de la sécurité.
Le 21 mars 2017, Kemal Kurkut, un étudiant kurde de 22 ans, a été abattu par un policier turc, devant des dizaines de journalistes et une foule rassemblée pour célébrer le Nouvel-An kurde, à Amed (Diyarbakir).
Après le meurtre de Kemal Kurkut, les policiers ont immédiatement confisqué les appareils des journalistes pour effacer les images afin de cacher leur crime. Mais le journaliste Abdurrahman Gök a réussi à cacher la carte de son appareil dans la poche arrière de son pantalon. Ainsi, quand les policiers ont fouillé son matériel, ils n’ont rien trouvé tandis que le journaliste leur a menti en disant qu’il n’avait pas eu le temps de prendre des images. Gök risque 20 ans de prison pour avoir caché les images du meurtre…
