POÉSIE. Choman Hardi: « Considérer les femmes »

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KURDISTAN / FEMMES – Depuis quelques années, l’Occident découvre la littérature féministe kurde qui dénonce avec virulence la souffrance des femmes dans la société conservatrice kurde. Après les romans de Sara Omar, voici des poèmes de Choman Hardi pour entendre le cri de rage et de douleur des filles et des femmes kurdes qu’une société misogyne détruit à coup de « crimes d’honneur ».  Celles et ceux qui ont découvert Sara Omar, écrivaine danoise d’origine kurde, à travers « La laveuse de mort”, un roman coup de poing contre l’oppression des femmes kurdes, ont dû remarquer qu’être fille/femme pouvait signifier vivre l’enfer sur terre si vous avez la malchance de vivre dans une société patriarcale conservatrice, opprimée par les nations qui la colonisent et qui à son tour opprime et détruit les plus « faibles » de ses membres, à savoir la gent féminine. Autant La laveuse de mort de Sara Omar est un roman dérangeant qui met en scène des meurtres, torture, viols et agressions des filles et de femmes dans toute sa nudité, autant le recueil de poèmes « Considérer les femmes » de Choman Hardi tente de nous épargner la cruauté de ces mêmes horreurs en les drapant de la poésie.
Hardi, comme Omar, nous rappelle le génocide d’Anfal ordonné par le dictateur irakien Saddam Hussein, des milliers de femmes, hommes, enfants, vieillards raflés et qui ont fini dans des fosses communes au sud de l’Irak, loin de leurs terres du nord; des filles et des femmes vendues, violées par leurs bourreaux irakiens, des dizaines de milliers d’autres fuyant leur pays avec le souffle froid de la mort dans leur cou… Un peuple apatride, trahi de tous depuis plus d’un siècle et dont la malédiction semble être son destin pour toujours.  
 
En prose ou en poésie, vive la voix féminine kurde qui brise les chaînes du patriarcat et des colonisateurs du Kurdistan et qui montre aux femmes kurdes que les violences, les inégalités homme/femme, les mariages forcées, les féminicides, le colonialisme … ne sont pas une fatalité !
  Le recueil de poèmes « Considérer les femmes » a été publié par la maison d’éditions Kontr.   La poétesse et l’académicienne, Choman Hardi a survécu au génocide d’Anfal dans son enfance mais aussi l’exil au Royaume-Uni pendant 26. Une fois diplômée des prestigieuses universités d’Oxford et de Kent, Hardi est retournée au Kurdistan d’Irak pour enseigner l’anglais et intégrer l’Université américaine de Souleimaniye-Irak où elle a fondé en 2015 le Centre d’études sur le genre et le développement. Sous sa direction, ce centre a lancé les premières études interdisciplinaires de genre pour mineurs en Irak et est en train de développer des ressources pour les études de genre en kurde et en arabe en direction des universités du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord avec un financement de l’Union européenne. En 2019, elle a reçu le soutien du Global Challenges Research Fund au Royaume-Uni pour un projet quinquennal sur « masculinité et violence » en partenariat avec la London School of Economics.  

La communauté alévie de Turquie : politisation et redéfinition de ses revendications

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TURQUIE / BAKUR – « Les Alévis apparaissent, aux côtés des Kurdes, comme l’une des minorités subissant en Turquie les discriminations les plus médiatisées – et, partant, les plus connus. Si la position victimaire des Alévis est quasi-systématiquement soulignée par les différents médias traitant du sujet, ces derniers s’interrogent rarement sur l’activisme politique des Alévis et leurs positions vis-à-vis des enjeux identitaires et politiques en Turquie. »
 
Troisième des 4 volés d’un article traitant de la question alévie en Turquie, écrit par le journaliste Emile Bouvier.
 
A lire sur le site Les clés du Moyen-Orient

FRANCE. Des organisations de femmes demandent qu’Erdoğan soit traduit en justice pour le meurtre de trois femmes kurdes à Paris

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PARIS – Le mercredi 6 janvier, une marche blanche a été organisée par le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) en hommage à Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes exécutées à Paris le 9 janvier 2013.
 
Lors des prises de parole devant l’immeuble où les trois femmes kurdes ont été exécutées il y a 8 ans, les intervenantes ont demandé que le Président turc Erdogan soit poursuivi en justice pour le triple meurtre visant les militantes kurdes le 9 janvier 2013.
 
Le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F), Femmes Solidaires, Marche Mondiale des Femmes, Réseau Féministe «Ruptures», Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), France-Kurdistan, Union des Femmes Socialistes (SKB) font partie des associations et groupes de femmes qui ont publié une déclaration à l’occasion du 8e anniversaire du meurtre de Sakine Cansiz, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez à Paris, le 9 janvier 2013.
 
Le 9 janvier 2013, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes ont été assassinées par balle à Paris. Assez vite, de nombreux éléments de l’enquête ont pointé de doigt les services secrets turcs et Omer Guney, le présumé assassin, arrêté. Mais la justice française a laissé traîné l’affaire et le seul accusé arrêté dans ce triple meurtre est mort en prison. Suite à quoi, en mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre. Depuis, c’est silence radio au niveau de la justice française. Mais les Kurdes ne baissent pas les bras et redescendent dans les rues de Paris à chaque date anniversaire de ce triple meurtre.
 
«Notre colère et notre douleur sont toujours fortes. Nous condamnons leur assassinat tout en renouvelant nos protestations contre les institutions françaises et les gouvernements successifs qui n’ont toujours pas agi pour que justice soit faite tant que les auteurs et les sponsors sont connus », précise le communiqué.
 
« Depuis 8 ans, le peuple kurde et ses amis se battent pour que la vérité soit révélée et pour que le rôle joué par le gouvernement turc soit révélé. La France a raté une occasion cruciale pour enfin essayer un crime politique commis sur son territoire. Nous savons que ce meurtre et l’impunité dont jouit le meurtrier et dont jouissent toujours les auteurs du crime sont des attaques contre la lutte des femmes pour la liberté, l’égalité, la justice et la démocratie. Nous savons que toute violence contre les femmes est politique et idéologique. »
 
Le communiqué ajoute: «Par l’intermédiaire de Sakine, Rojbin et Leyla, nous commémorons toutes les femmes qui ont été assassinées de Dulcie September à Berta Caceres, à Marielle Franco.»
 
La déclaration se termine par un appel à toutes les femmes à participer à la grande marche contre l’impunité et pour que justice soit enfin rendue à Sakine, Rojbin et Leyla.
 
La manifestation aura lieu le samedi 9 janvier, à 14 heures, à Paris Gare du Nord.
 
Les premiers signataires de la déclaration conjointe sont:
 
Le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F), Femmes Solidaires, Marche Mondiale des Femmes, Réseau Féministe «Ruptures», Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), France-Kurdistan, Union des Femmes Socialistes (SKB), Laurence Cohen-Sénatrice du Val de Marne et vice-présidente de la délégation aux droits des femmes, Danielle Simonnet – Coordinatrice du Parti de Gauche, Halima MENHOUDJ-Adjointe au Maire en charge de la coopération décentralisée, de la solidarité internationale, Le collectif Libertaire Anti-Sexiste, Catherine Samary Féministe Altermondialiste, Fabienne Lefebvre- Conseillère municipale et territoriale de Vitry-sur-Seine, La Ligue des Femmes Iraniennes pour Démocratie (LFID), Collectif des Amazighs en France, Mouvement jeunes communistes de France (MJCF), La ligue des droits de l’homme (LDH).
 
Via ANF
 

TURQUIE. Il y a 25 ans, le journaliste Metin Göktepe fut tué sous la torture

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TURQUIE – Il y a 25 ans, le journaliste kurde, Metin Göktepe a été tué sous la torture par des policiers turcs à Istanbul.
 
25 ans se sont écoulés depuis le meurtre du journaliste Metin Göktepe qui a été tué sous la torture après avoir été détenu alors qu’il couvrait l’enterrement de deux prisonniers tués lors d’une émeute dans la prison d’Ümraniye, à Istanbul, le 8 janvier 1996. Le meurtre de Göktepe a eu de grandes répercussions en Turquie à l’époque.
 
Metin Göktepe, né en 1968 à Sivas/Gürün (une région kurde à l’est du pays), travaillait pour le journal Evrensel. Il s’était rendu au cimetière d’Alibeyköy, à Istanbul, le 8 janvier afin de couvrir les funérailles de deux détenus de gauche, Rıza Boybaş et Orhan Özen, qui ont été battus à mort pendant les émeutes de la prison d’Ümraniye, à Istanbul.
 
Le 4 janvier, Metin Goktepe a été arrêté par la police qui a bloqué la zone. Il a été battu et emmené à la salle de sport du quartier d’Eyüp. Au cours des contacts entre les avocats d’Evrensel, les autorités de police et le procureur d’Eyüp, il a été déclaré que Göktepe était en détention et qu’il serait libéré dans la soirée à moins que des poursuites judiciaires ne soient engagées. Un inconnu, qui a été arrêté puis relâché, a appelé le journal Evrensel vers 20 heures et a rapporté que Göktepe avait été battu à mort.
 
Faisant une déclaration sur l’incident, le procureur d’Eyüp, Erol Can Özkan, a déclaré que Göktepe, après avoir été libéré le 8 janvier au soir, avait été retrouvé mort dans un parc à 100 mètres de la salle de sport d’Eyüp vers 20 heures. Il a été établi plus tard que le corps de Göktepe avait été retrouvé non pas dans le parc mais devant un buffet près de la salle de sport. Les résultats de l’autopsie ont montré qu’une hémorragie interne du cerveau et des tissus de Göktepe, survenus à la suite de coups à la tête et au corps, étaient la cause du décès.
 
« Procès »
 
Dix policiers ont été jugés pour la mort de Göktepe. Cinq ont été acquittés et cinq condamnés à 18 ans de prison, commués en 7 ans en raison de leurs « bonnes manières au tribunal » et qu’il était « impossible de déterminer le véritable agresseur ». Après avoir passé 1 an et 8 mois en prison, les cinq policiers ont été libérés dans le cadre d’une amnistie.

ROJAVA. Une survivante yézidie raconte l’enfer vécu entre les mains de l’Etat islamique

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SYRIE / ROJAVA – La survivante yézidie, Assimah Jassim Khadr, raconte l’histoire de son enlèvement à l’âge de 12 ans, les massacres et les enlèvements de femmes et d’enfants à Shengal, ainsi que l’enfer qu’elle a vécu en tant qu’esclave sexuelle, jusqu’au jour où elle fut sauvée par les forces kurdes.
 
La survivante yézidie, Assimah Jassim Khadr, qui a 19 ans maintenant, est née dans le village de Beberouj, à Shengal (Şengal). Elle avait une grande famille de six femmes et trois hommes. Elle a été kidnappée à 12 ans lorsque des mercenaires de l’État islamique ont lancé une attaque brutale contre le Şengal et a été laissée aux mains des mercenaires de l’Etat islamique, lorsque les forces peshmergas du PDK ont abandonné le Şengal, laissant sa minorité religieuse yézidie dans les griffes de l’Etat islamique, et Assimah fut une des milliers de Yézidis abandonnés à la barbarie de l’État islamiques (EI / DAECH / ISIS).
 
Capturée en pleine nuit
 
Assimah, qui a été libérée après près de 7 ans de captivité, d’esclavage et de torture, a raconté à l’agence de presse Hawar certaines des horreurs qu’elle a rencontrées et a déclaré: « Nous vivions à Şengal en paix et en sécurité avant l’attaque de l’Etat islamique. En août 2014, nous avons entendu les bruits de tirs intenses et les forces peshmergas du Parti démocratique du Kurdistan quittant la région, elles étaient censées nous protéger. Ils ne nous ont même pas informés de ce qui se passait pour que nous puissions partir avant l’arrivée de l’Etat islamique.
 
Les Yézidis n’étaient plus en mesure de faire quoi que ce soit. Nous avons essayé de nous enfuir et de nous diriger vers le mont Şengal, mais des mercenaires de l’Etat islamique ont assiégé la foule yézidie, et ils ont tué de nombreux jeunes hommes à ce moment-là (…). »
 
Descente aux enfers 
 
« Après nous avoir rassemblés et trié les jeunes hommes, les jeunes femmes et les personnes âgées, et séparé toutes les familles les unes des autres, et transféré les filles à Mossoul, et je ne sais pas ce qui est arrivé à ma famille et au reste de la population de Şengal », dit-elle.
 
Après son arrivée à Mossoul, elle a été transférée à la soi-disant «Cour de la charia» de l’Etat islamique et emprisonnée à l’intérieur du tribunal pendant 10 jours, après quoi ils l’ont vendue à un membre de l’Etat islamique de nationalité irakienne, appelé «Al-Baraa», 21 ans, pour vivre la torture et les viols.
 
Torturée, brûlée et violée
 
Khader a déclaré: « Je suis restée avec le jeune irakien pendant deux ans et demi, au cours desquels j’ai vécu un véritable cauchemar et soumise à la torture, aux coups et aux insultes. Il était interdit de quitter la maison jusqu’à ce qu’il me brûle la main tatouée au nom de mon père, sous prétexte que c’est «interdit » !

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Tatouage brûlé
Khader fut ensuite vendue à un autre État islamique syrien de 45 ans, appelé « Al-Qaqaa », qui l’a transférée en Syrie.

Elle a poursuivi: «Je suis restée 2 ans en Syrie, puis il m’a aussi vendue à un autre membre de l’Etat islamique d’Al-Baghouz appelé« Abdul Karim »et je suis restée avec lui pendant un an et plusieurs mois et j’ai donné naissance à un enfant. Le mercenaire Abdul Karim a été tué à Al-Baghouz. »
 
D’Al-Baghouz au camp d’Al-Hol
 
Assimah dit qu’après la bataille d’Al-Baghouz, elle a été transférée avec le reste des femmes de l’EI par les FDS au camp d’Al-Hol, déclarant que les femmes de l’Etat islamique lui avaient ordonné de ne pas révéler son identité yézidie aux forces démocratiques syriennes (FDS), pour ne pas être envoyée à Şengal, où elle serait tuée par les gens de sa communauté. Elle dit qu’elle ne savait rien des FDS, elle a donc préféré garder le silence et rester avec les femmes de l’Etat islamique dans le camp d’Al-Hol pendant deux ans.
 
Évasion du camp d’Al-Hol
 
Assimah dit qu’après deux ans, certaines de ses amies du camp lui ont dit qu’elles fuiraient le camp par le biais de passeurs. Elles ont réussi à s’échapper et à atteindre la ville d’Al-Busairah, dans la campagne de Deir ez-Zor.
 
Elle a déclaré qu’elle vivait avec l’une des femmes de l’Etat islamique là-bas dans de mauvaises conditions de vie et a entendu des histoires de certaines des femmes de la ville sur la libération des femmes yézidies et de les amener à Şengal en toute sécurité sans leur faire de mal. Finalement, elle est allée au centre pour femmes Asayîş (forces de sécurité) à Deir ez-Zor et révélé son identité.
 
La délivrance
 
Les Asayîş de Deir Ezzor l’ont transférée dans la région de Jazira, et cette dernière a contacté la Maison yêzidie qui a reçu la survivante et la livrera bientôt à sa famille à Şengal.
 

FRANCE. Manifestations ce samedi 9 janvier en hommage aux 3 Kurdes assassinées à Paris en 2013

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PARIS – Ce samedi 9 janvier, plusieurs manifestations auront lieu en France en hommage aux 3 militantes kurdes assassinées à Paris le 9 janvier 2013 et dont la France empêche que leurs meurtriers soient jugés 8 ans après les faits.
 
Ce samedi 9 janvier, les Kurdes et leurs amis manifesteront à Paris, Strasbourg, Bordeaux, Rennes, Marseille et à Toulouse en hommage à Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Söylemez, trois militantes kurdes assassinées* à Paris le 9 janvier 2013, pour demander à la justice française de mettre fin à l’impunité dont jouissent les responsables de ce triple assassinat.
 
Voici les villes où auront lieu les manifestations kurdes ce samedi :
PARIS
Gare du Nord, 14h (arrivée place de la République)
 
MARSEILLE
Réformés – Canebière, 13h
 
TOULOUSE
Gare de Matabiau – Métro Esquirol, 13h30
 
BORDEAUX
Place de la Bourse – La Victoire, 13h30
 
RENNES
Dalle du Colombier, 14h
 
STRASBOURG
Place Kléber, 14h
 
 
*Le 9 janvier 2013, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes ont été assassinées par balle à Paris. Assez vite, de nombreux éléments de l’enquête ont pointé de doigt les services secrets turcs et Omer Guney, le présumé assassin, arrêté. Mais la justice française a laissé traîné l’affaire et le seul accusé arrêté dans ce triple meurtre est mort en prison. Suite à quoi, en mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre. Depuis, c’est silence radio au niveau de la justice française. Mais les Kurdes ne baissent pas les bras et redescendent dans les rues de Paris à chaque date anniversaire de ce triple meurtre.
 
Qui sont les 3 femmes abattues ?
 
Sakine Cansiz
 
Cofondatrice du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), Sakine Cansız est née dans la province de Dersim en 1957. Après plusieurs années d’activité dans le mouvement de la jeunesse étudiante à Elazıg, elle rejoint en 1976 le mouvement révolutionnaire kurde. Suite à sa participation au congrès du PKK, le 27 novembre 1978, la jeune femme est arrêtée à Elazıg et envoyée en prison avec un groupe d’amis. Soumise à de lourdes tortures dans la période ayant suivi le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, elle n’est libérée qu’en 1991. Après sa libération, elle poursuit ses activités militantes dans l’ouest et le sud du Kurdistan. Après de longues années de lutte dans les montagnes du Kurdistan, Sakine Cansız va en Europe où elle prend la direction du mouvement des femmes kurdes. Figure pionnière du mouvement de libération kurde, elle a grandement contribué au renforcement des organisations kurdes au sein de la diaspora.
 
Fidan Dogan
 
Fidan Doğan est née en 1982, à Elbistan, dans la province de Maraş. Fille d’une famille d’immigrés, elle grandit en France. Dès son enfance, elle se met en quête de son identité kurde. À partir de 1999, elle s’engage dans les organisations kurdes en Europe. À partir de 2002, elle travaille activement dans le domaine de la diplomatie. Elle devient représentante à Paris du Congrès national du Kurdistan (KNK).
 
Leyla Saylemez
 
Fille d’une famille originaire de Lice, dans la province de Diyarbakir, Leyla Saylemez est née dans la ville turque de Mersin où elle passe son enfance jusqu’à ce que sa famille déménage en Allemagne, dans les années 90. Après un an d’études en architecture, elle rejoint la lutte pour la liberté au Kurdistan et s’engage particulièrement dans les activités de la jeunesse kurde.
 
En attendant que la France veuille enfin faire la vérité sur ce triple meurtre politique, les Kurdes manifesteront de nouveau le samedi 9 janvier 2021, à l’occasion du huitième anniversaire de ce crime abject pour honorer la mémoire des trois femmes et pour demander à la France de juger les responsables ayant ordonné le meurtre des militantes kurdes.

ROJAVA. Affrontements entre les forces kurdes et celles du régime syrien

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SYRIE / ROJAVA – Les forces de sécurité intérieure ont répondu aux tirs des forces du régime syrien dans la ville de Qamishlo tenue par les forces arabo-kurdes.
 
Les forces du régime de Damas auraient ouvert le feu sur les forces de sécurité intérieure dans le quartier Hilko de la ville de Qamishlo, dans le nord de la Syrie, mardi midi.
 
Des combats ont éclaté sur les lieux après que les forces de sécurité intérieure ont riposté.
 

ROJAVA. La Turquie construit une base militaire près de l’autoroute M4, à Ain Issa

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SYRIE / ROJAVA – Les forces d’occupation turques ont commencé à construire une base militaire à 500 mètres de l’autoroute internationale (M4), au nord-ouest de la ville kurde d’Ain Issa.
 
La construction de la base militaire intervient au moment où l’armée d’occupation turque et ses mercenaires ont intensifié leurs attaques visant la région pour la septième semaine consécutive à proximité de la ville d’Ain Issa.
 
Des vidéos montrent la base turque, qui est à seulement 500 mètres; au nord de la route internationale, il est équipé de radars et de véhicules militaires, en plus d’armes lourdes, tandis que la base est entourée de monticules de terre.
 
La base militaire turque se trouve à 1 km du point commun entre les forces gouvernementales syriennes et les forces russes à l’extrémité sud de la route internationale M4.
 
Dimanche dernier, l’artillerie turque a bombardé depuis cette base la banlieue sud d’Ain Issa, faisant deux blessés civils.
 
Le 23 novembre, l’occupation turque a terminé le processus de construction d’une autre base militaire près du village de Sayda, à 2 km au nord de la ville Ain Issa.
 

Les forces turques et iraniennes ont tué au moins 67 kolbars en 2020

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IRAN / TURQUIE – L’année dernière, au moins 67 kolbars kurdes ont été tués dans la zone frontalière entre le Kurdistan du Nord (Bakur) et du Sud (Rojhilat). 59 d’entre eux ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires commises par les forces de sécurité turques et iraniennes.
 
Au moins 67 kolbars ont été tués dans la zone frontalière irano-turque en 2020 et 163 autres ont été blessés. Cela ressort d’un rapport publié par l’initiative Kolbarnews, qui contient des données sur tous les décès de kolbars enregistrés par la police ou publiés dans les médias. Cependant, le nombre de décès est probablement beaucoup plus élevé, car de nombreux incidents ne sont pas signalés. Ces dernières années, des corps de kolbars manquants ont été retrouvés à plusieurs reprises au printemps, après la fonte des neiges.
 
Selon le bilan de Kolbarnews, 59 kolbars sont morts l’année dernière à la suite d’exécutions extrajudiciaires par les forces de sécurité des deux pays. 53 kolbars ont été abattus par l’Iran Pasdaran, six autres ont été tués par les gardes-frontières turcs. Deux kolbars sont tombés dans une tempête de neige et seraient morts de froid, quatre autres ont subi un accident mortel en travaillant. Dans deux cas, la cause du décès a été signalée comme une noyade.
 
Le meurtre délibéré de kolbars augmente depuis la fin de 2018. Le vice-ministre de l’Intérieur de l’Iran, alors responsable des questions de sécurité, Hossein Zolfaghari, avait proclamé une fatwa anticonstitutionnelle et qualifié les kolbars travaillant dans la zone frontalière de «passeurs» qui «doivent être tués».
 
Le drame des kolbars et des kesibkar (commerçants frontaliers) s’approfondit. Les gens risquent leur vie dans les circonstances les plus difficiles en raison des mauvaises conditions économiques et du chômage élevé afin de gagner un revenu pour eux-mêmes et leurs familles.
 
Appauvrissement délibéré du Kurdistan iranien
 
Le régime iranien a appauvri le Kurdistan oriental grâce à une politique économique délibérée. Rojhilat est aujourd’hui l’une des régions les plus pauvres d’Iran. C’est la région où le moins d’investissements est fait. Le développement de l’agriculture et de l’industrie a été empêché, et les chiffres du chômage sont beaucoup plus élevés que ceux d’autres régions d’Iran.
 
130 kolbars blessés dans des bombardements
 
Selon Kolbarnews, 130 des 163 kolbars blessés ont été blessés lors de bombardements par des soldats iraniens et turcs. Onze autres ont été blessés à la suite de chutes, six d’entre eux ont été blessés, certains gravement, par l’explosion de mines terrestres. Cinq kolbars ont été capturés par les gardes-frontières iraniens et torturés, et deux autres ont chacun été blessés par le froid et des accidents de la route. Les soldats des deux pays patrouillent dans les zones frontalières comme de véritables escadrons de la mort sans avoir à rendre compte de leurs actions.
 
Qui sont les kolbars et les kesibkar?
 
Kolber ou «Kolbar» est composé des termes kurdes – «kol» – le dos et «bar» – le fardeau. Les kolbars vivent du transport de charges au-dessus de frontières dangereuses. Ces produits sont principalement des cigarettes, des téléphones portables, des couvertures, des articles ménagers, du thé et rarement de l’alcool. Les kolbars utilisent ces moyens dangereux pour faire du commerce entre les différentes régions kurdes. Les marchandises sont vendues à des prix très élevés dans des centres commerciaux comme Téhéran. Mais les kolbars qui risquent leur vie pour ce travail ne reçoivent qu’un salaire journalier très bas.
 
Les kesibkar sont des commerçants qui voyagent de ville en ville pour trouver des acheteurs pour les marchandises qui ont été amenées à travers la frontière par les kolbars. Des personnes âgées de 13 à 70 ans se trouvent parmi les kesibkar. Certains n’ont qu’un diplôme d’études primaires mais d’autres un diplôme universitaire.
 
ANF

PARIS. Marche blanche ce mercredi pour 3 militantes kurdes tuées à Paris en janvier 2013

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PARIS – Les Kurdes et leurs amis marcheront ce mercredi 6 janvier en hommage à Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Söylemez, trois militantes kurdes assassinées à Paris en 2013, pour demander à la justice française de mettre fin à l’impunité dont jouissent les responsables de ce triple assassinat.
 
Une marche blanche en hommage aux trois femmes* aura lieu à Paris, ce mercredi 6 janvier, à 11h, au départ du 16 rue d’Enghien, pour finir au 147 rue La Fayette où les trois femmes ont été assassinées le 9 janvier 2013. 
 
Par ailleurs, plusieurs manifestations auront lieu ce samedi 9 janvier en hommage aux 3 militantes kurdes dans les villes suivantes :
 
PARIS
Gare du Nord, 14h (arrivée place de la République)
 
MARSEILLE
Réformés – Canebière, 13h
 
TOULOUSE
Gare de Matabiau – Métro Esquirol, 13h30
 
BORDEAUX
Place de la Bourse – La Victoire, 13h30
 
RENNES
Dalle du Colombier, 14h
 
STRASBOURG
Place Kléber, 14h

Dessin de l’artiste kurde Zehra Dogan

*Le 9 janvier 2013, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes ont été assassinées par balle à Paris. Assez vite, de nombreux éléments de l’enquête ont pointé de doigt les services secrets turcs et Omer Guney, le présumé assassin, arrêté. Mais la justice française a laissé traîné l’affaire et le seul accusé arrêté dans ce triple meurtre est mort en prison. Suite à quoi, en mars 2018, les familles des trois femmes assassinées ont déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur le rôle des services secrets trucs dans ce triple meurtre. Depuis, c’est silence radio au niveau de la justice française. Mais les Kurdes ne baissent pas les bras et redescendent dans les rues de Paris à chaque date anniversaire de ce triple meurtre.