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LIÈGE. Le Rojava s’invite aux Troisièmes Rencontres Internationales de l’Écologie Sociale

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LIÈGE – Les troisièmes rencontres internationales de l’Écologie Sociale auront lieu à Liège, en Belgique, du 26 au 29 septembre 2019.

Le modèle de l’écologie sociale mis en place au Rojava sera également débattu lors de ces rencontres en présence d’une délégation venant du Rojava et d’une Kurde du centre de Jineologie de Bruxelles.

 
S’il y a des associations féministes qui veulent débattre avec la responsable kurde en charge de la Jineologie, afin de confronter les pensées, points de vue, pratiques, … qu’elles se fassent connaître on contactant ici le site d’écologie sociale en Belgique.
 
Voici la présentation des Rencontres Internationales de l’Écologie Sociale faite par le site d’écologie sociale :
 
« Avec sa multitude de projets écologiques et solidaires déjà existants, Liège est un terrain fertile pour les graines de l’écologie sociale. En tant qu’habitant·e·s de cette ville, nous avons eu envie de nous retrouver pour nous organiser et y accueillir, après Lyon et Bilbao, les Troisièmes Rencontres internationales de l’écologie sociale (IIIᵉ RIES) inspirées par la pensée de Murray Bookchin.
 
Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à chercher une voie pour dépasser ensemble un système capitaliste toujours plus autoritaire et destructeur. Ces rencontres seront un moment pour penser l’organisation et l’échange entre des personnes et des groupes qui se sentent concernés par la transformation de la société.
 
La raison de ces rencontres: repenser notre modèle de société
 
La logique capitaliste de marché et de profit intoxique l’ensemble de notre société, entraînant souvent la destruction des liens sociaux et des écosystèmes. La soumission au capitalisme, garantie par les gouvernements en place et par le système économique qui se base sur la compétition et la croissance continue, entretient des conflits armés et met en danger la vie sur notre planète.
 
Étant donné la profonde influence du capitalisme sur le fonctionnement de nos sociétés, des réformes politiques, économiques ou sociales partielles se révèlent insuffisantes, voire inutiles. Un bouleversement radical des structures actuelles et de notre façon de penser et d’agir est nécessaire. Les questions suivantes se posent alors : «Que faire ?», «Vers où aller ?».
 
Qu’est ce que l’écologie sociale ?
 
À travers une analyse des mouvements révolutionnaires et de l’histoire, l’écologie sociale articulée par Murray Bookchin offre des perspectives et des outils pour une société libre: l’autogestion politique et économique, la démocratie directe avec des communes qui travaillent ensemble dans une confédération. Aujourd’hui plusieurs expériences réelles montrent qu’une organisation selon les principes politiques de l’écologie sociale est possible, tels le confédéralisme démocratique au Rojava (Kurdistan) ou les communautés zapatistes au Chiapas (Mexique).
 
En Europe, des luttes exemplaires marquent une volonté de tendre vers ce type d´organisation comme les Gilets Jaunes de Commercy qui ont mis en place une assemblée populaire, revendiquée comme base au municipalisme libertaire ou la ZAD à Notre-Dame-des-Landes.
 
Rejoignez nous !
 
Ce n’est que collectivement que nous pouvons construire une société moderne, libre et écologique. Personne ne va le faire à notre place.
 
Nous vous invitons à nous rejoindre à Liège du 26 au 29 septembre 2019 pour des conférences/débats/ateliers/concerts/repas/noubas/ (…) afin de réfléchir ensemble pour mettre en route le mouvement ! »

FRANCE. Appel à manifester contre la saisie des Mairies kurdes en Turquie

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PARIS – Les organisations kurdes en France appellent à manifester le samedi 24 août contre la saisie des Mairies kurdes d’HDP à Amed, Mardin et Van par l’Etat turc. Des manifestations sont prévues à Paris, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, Rennes, Lorient et Grenoble (horaires et lieux des manifestations à voir ci-dessus).
 
Voici l’appel du Conseil démocratique en France (CDK-F) :
 
Lundi 19 août, les trois plus grandes villes du Nord-Kurdistan administrées par le Parti démocratique des Peuples (HDP) ont été privées de leur Maire sur décision du ministre de l’intérieur turc. Élus respectivement à 63%, 56% et 53% des voix le 31 mars dernier, les Co-maires de Diyarbakir (Selçuk Mizrakli), Mardin (Ahmet Türk) et Van (Bedia Özgökçe Ertan) ont été destitués de leur mandat et remplacés, manu militari, par des Préfets désignés le jour-même par le gouvernement turc.
 
Le même jour, des centaines de personnes, surtout des conseillers municipaux, mais aussi des dirigeants et membres du HDP ont été arbitrairement arrêtés.
 
On assiste là à un énième coup porté par le régime d’Erdogan à la démocratie et à la volonté du peuple kurde. La Turquie reprend la vague de répression commencée en 2016 qui avait conduit à la destitution de 95 Maires kurdes du HDP sur les 106 élus en 2014. Aux élections locales du 31 mars dernier, le HDP a récupéré 63 mairies dépouillées de leurs ressources par les fonctionnaires nommés par le gouvernement pour, soi-disant, les administrer. Aujourd’hui, le HDP ne dispose plus que de 60 municipalités, un chiffre qui risque encore de baisser au cours des jours et semaines à venir.
 
Depuis lundi, la population de Diyarbakir, Mardin et Van est dans la rue pour protester contre ce que le Co-maire destitué de Diyarbakir, Selçuk Mizrakli, a qualifié de « séisme pour les principes et valeurs de la démocratie ». Les manifestations qui ont lieu également dans les grandes métropoles de Turquie, comme Ankara et Istanbul, sont très durement réprimées par les forces de l’ordre.
 
On ne peut plus le nier : la Turquie a franchi depuis longtemps le seuil du fascisme et de la dictature. Prétextant d’une prétendue lutte contre le terrorisme, elle réprime à l’intérieur et se livre à des agressions militaires à l’extérieur, tout cela dans le cadre de sa politique anti-kurde. Après avoir envahi en 2018 la ville kurde d’Afrin au nord de la Syrie, avec le soutien d’une horde de djihadistes, elle menace aujourd’hui d’occuper le reste du Rojava.
 
Parallèlement, elle mène des incursions armées au Sud-Kurdistan (nord de l’Irak) qu’elle est en passe d’envahir, dans le silence consternant du gouvernement régional du Kurdistan (KRG), de l’Irak et de la communauté internationale.
 
On ne peut plus continuer à se taire face aux pratiques de la Turquie, à ses violations des droits humains et de la démocratie, à ses massacres et à son expansionnisme. Se taire reviendrait à dire « OUI » au fascisme.
 
Nous appelons les autorités françaises à réagir face à ce grave coup porté à la démocratie et à faire pression sur la Turquie pour le rétablissement des maires déchus dans leurs fonctions et la libération des prisonniers politiques.
 
Nous demandons aux institutions européennes de rappeler la Turquie à l’ordre et de prendre les mesures qui s’imposent dans les situations de violation grave de la démocratie.
 
Nous appelons les élus et toutes les forces démocratiques en France à se mobiliser à nos côtés pour dire « STOP » au fascisme et à la dictature en Turquie.
 
Les manifestations auront lieu à :
 
Paris, 17h
Marche de République à Châtelet
 
Marseille, 18h
Canebière
 
Bordeaux, 19h
Place de la Bourse
 
Strasbourg, 13h
Place Kleber
 
Rennes, 16h
Place du Colombier
 
Toulouse, 18h
Métro François verdier
 
Grenoble, 15h

Place Félix Poulat

Lorient, 17

Rue du Port

Les femmes kurdes appellent à la solidarité contre le fascisme turc

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Le Bureau des femmes pour la paix (Cenî) basé à Düsseldorf, en Allemagne, appelle à la solidarité avec le peuple kurde suite à la destituion des maires HDP de Van, Diyarbakir et Mardin le 19 août dernier.
 
Voici le communiqué du CENÎ :
 
Le 19 août 2019, les co-maires de Wan (Van), Amed (Diyarbakir) et Mêrdîn (Mardin), qui avaient été élus lors des élections locales du 31 mars dernier, Bedia Özgökçe Ertan, Adnan Selçuk Mızraklı et Ahmet Türk, respectivement, furent destitués et remplacés par les administrateurs, nommés par le président turc.
 
Dans plusieurs enquêtes, les co-maires du HDP (Parti démocratique des peuples) sont accusés par la justice turque d’ « appartenance à une organisation terroriste » et de faire de la « propagande terroriste ». Le principe de la coprésidence (selon lequel une femme et un homme assurent conjointement la présidence d’un parti, d’une association ou n’importe quelle autre organisation), qui est en vigueur dans toutes les structures du HDP, fait partie des accusations portées contre les politiciens kurdes. L’Etat turc prétend que ce principe a été introduit sur l’ordre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). En moins d’une journée, 418 membres du HDP ont été arrêtés dans le cadre de l’opération. Les bâtiments municipaux ont été entourés d’une importante présence policière, le droit de manifester ayant été interdit. Les manifestants, néanmoins déterminés, ont été attaqués avec des canons à eau. Malgré ces mesures, les manifestations ont duré jusqu’à la nuit et se sont poursuivies le lendemain.
 
Le HDP qualifie ces événements de « coup d’État politique » et de continuation de la politique menée depuis la tentative de coup d’État de 2016, suit à laquelle des centaines de milliers de personnes ont été arrêtées ou licenciées, et 96 élus locaux [dans les régions kurdes] ont été remplacés par des administrateurs nommés par le gouvernement.
 
À l’époque, toutes les organisations et tous les centres de femmes étaient interdits. La représentation des femmes à tous les niveaux des fonctions politiques par le biais du principe de la coprésidence a été remplacée par des administrateurs masculins. Ces hommes pillent les richesses communes, accumulées en grande partie par les femmes, et empêchent toute forme d’auto-organisation des femmes. En peu de temps, la situation des femmes s’est considérablement détériorée à la suite de ces politiques. La violence et les meurtres de femmes, les viols, les mariages d’enfants, la prostitution ont augmenté massivement. Avec les élections locales et la reconquête de la gouvernance municipale dans les régions kurdes, les femmes ont relancé leurs efforts d’auto-organisation et ont repris un rôle actif dans leurs villes. Elles ont mené des actions contre les meurtres de femmes, organisé des défilés de voitures pour la visibilité des femmes dans la traite, organisé des séminaires sur l’égalité des sexes et le rôle des femmes dans la société, et créé des coopératives de femmes. Elles sont redevenues une partie active et créative dans toutes les sphères de la société, jetant ainsi les bases de la démocratisation de la société et d’une paix digne.
 
Les attaques contre l’organisation des femmes, les administrations municipales démocratiquement élues et le HDP en tant que voix politique de la société kurde montrent une fois de plus que le régime fasciste AKP-MHP et ses alliés font tout leur possible pour réprimer toute forme d’organisation politique, sociale ou économique dans la société, dans le but de pousser la population à la lutte armée. L’Etat turc espère obtenir plus de succès avec son armée, bien équipée par ses alliés de l’OTAN comme l’Allemagne, qu’avec sa politique, marquée par l’incompétence.
 
Toutes les forces démocratiques, tous ceux qui parlent de démocratie, devraient manifester leur indignation contre cette campagne de destruction politique. Les politiques de l’AKP-MHP approfondissent la guerre et rendent impensables des solutions pacifiques. Le régime fasciste de l’AKP-MHP répond aux appels à la paix d’Abdullah Öcalan par la guerre à tous les niveaux. Nous appelons donc les gouvernements à cesser de soutenir le régime fasciste de l’AKP-MHP – par des ventes d’armes, un soutien financier et de l’argent pour le soi-disant accord sur les réfugiés. Nous appelons tous les démocrates, féministes et pacifistes à soutenir la lutte contre le régime fasciste et misogyne de l’AKP-MHP et à dénoncer la complicité des autres gouvernements avec l’Etat turc ! Nous appelons à une solidarité concrète et encourageons la participation aux actions de protestation du peuple kurde. Nous appelons toutes les femmes et tous les hommes opprimés à ne plus attendre pour s’organiser et se lever pour la liberté et le changement !
 
La violence patriarcale a un système et nous affecte toutes et tous !
Vive l’auto-organisation des femmes !
 
Kurdisches Frauenbüro für Frieden e.V. – Cenî
(Le Bureau des femmes pour la paix)
PF 10 18 05 , D-40009 Düsseldorf
tel. +49 (0) 211 59 89 251
Email : ceni_frauen@gmx.de, Web: www.ceni-kurdistan.de
 

TURQUIE. L’infernal cycle de répressions étatiques et la résistance du peuple kurde

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Depuis près de 100 ans, l’État raciste turc qualifie de « terrorisme » le refus du peuple kurde de devenir « turc » de force. En agissant ainsi, la Turquie a créé une colère si profonde, une humiliation, un traumatisme et une soif de justice profondément enracinés chez les Kurdes (et chez un nombre croissant d’autres personnes dans le monde). Le vrai visage de la Turquie est enfin devenu visible aux yeux du monde. La nouvelle répression de la mobilisation des Kurdes contre la destitution de leurs maires HDP à Amed, Mardin et Diyarbakir n’en est que le dernier exemple d’un cycle interminable de répressions étatiques et de résistance du peuple kurde.
 
La haine raciste turque envers les Kurdes et la terreur d’État turque recevront alors une réponse d’autodéfense kurde et il s’agira alors d’un cycle auto-perpétué de répression étatique et de résistance à la répression d’État toujours plus grande. L’État turc n’a jamais eu de dirigeant d’une telle force et d’une telle clairvoyance pour constater qu’un tort historique grave et raciste a été commis contre les Kurdes et qu’il faut en fait de la paix et une réconciliation pour réparer ce tort. Près de cent ans après, la Turquie continue de faire les mêmes erreurs encore et encore.
 

« Nouvelle et grave atteinte a la démocratie en Turquie : renforçons la solidarité ! »

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L’association de solidarité « Amitiés Kurdes de Lyon et Rhône Alpes » appelle à la solidarité avec le HDP suite à la destitution de 3 maires et l’arrestation de plusieurs centaines d’élus locaux dans plusieurs les villes kurdes d’Amed, Mardin et Van.
 
Voici le communiqué d’Amitiés Kurdes de Lyon et Rhône Alpes :
 
NOUVELLE ET GRAVE ATTEINTE À LA DÉMOCRATIE EN TURQUIE : RENFORÇONS LA SOLIDARITÉ !
 
Le 19 août dernier le dictateur turc Erdogan franchissait un nouveau pas dans l’affirmation de son pouvoir absolu.
 
À cette date, les forces spéciales turques ont mené des opérations violentes contre les municipalités reprises en mars dernier par le HDP. Dans cette opération, 416 élu.e.s et militant.e.s du HDP (Parti Démocratique des Peuples) et du BDP (Parti Démocratique des Régions kurdes -nom du HDP au Kurdistan de Turquie) ont été raflé.e.s.
 
Le maire de Diyarbakir, S. Mizrali, élu en mars dernier avec 63%des voix (qui succédait à G.Kisanak, emprisonné) ; La maire de Van, B. Ozgökçe (qui succédait à B.Kaya, emprisonné), élue avec 53% des voix, ont été destitué.e.s.
 
Le maire de Mardin, Ahmed Turk, destitué une première fois en 2016, emprisonné puis relâché suite à un vaste mouvement de protestation, réélu maire en mars dernier avec 56% des voix, est à nouveau destitué !
 
De nombreuses manifestations de protestation ont (eu) lieu dans les villes kurdes, contre lesquelles la répression se déchaîne : matraquages, gazages, et canons à eau veulent étouffer la démocratie…
 
À Diyarbakir, la jeune députée de Batman, l’avocate Ayse Acar Basaran a été blessée et hospitalisée. Elle avait été reçue le 28 juin 2019 au Conseil Régional de ARA puis par une délégation d’élu.e.s du groupe « Rassemblement des citoyens, écologistes et solidaires » (RCES)
 
Amitiés Kurdes de Lyon ne comprendrait pas que le Conseil Régional et son Président restent silencieux.
 
Pourquoi cet accès de violence anti démocratique ?
 
Ces destitutions ont été prononcées par le ministère de l’intérieur turc. En effet, pour remplacer les maires destitués (déjà) en 2016, l’État turc avait nommé des administrateurs. Les élu.e.s de mars 2019 ont constaté après leur élection que les ressources de toutes les municipalités saisies avaient été gaspillées, le ministère de l’intérieur et le gouvernement étant devenus un centre de corruption et de détournement de fonds. Erdogan n’a pas supporté ces révélations de corruption et d’irrégularités commises à grande échelle par les administrateurs : sa réponse est de franchir un nouveau pas dans la répression!
 
Il faut faire savoir à ce gouvernement que ce n’est pas par la fraude et la corruption qu’il retrouvera ce qu’il a perdu dans les urnes.
 
Depuis de nombreux maires de France jusqu’au « Frente Amplio » d’Uraguay, les protestations se multiplient !
 
Amitiés Kurdes de Lyon appelle les élu.e.s de notre Région (maires, député.e.s, sénateur/trice.s, conseillières et conseillers régionaux), toutes les associations et organisations politiques et syndicales attaché.e.s à la démocratie à multiplier les protestations auprès de l’Ambassade de Turquie à Paris et du consulat de Turquie à Lyon.
 
Exigeons le retour en fonction des élu.e.s du peuple, la libération des emprisonné.e.s et le retour à la démocratie en Turquie !
 
Le 21 août 2019

Les Kurdes dégustent la « démocratie » à la sauce turque

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Un nouveau séisme politique a frappé les Kurdes de Turquie le 19 août 2019 avec la destitution de leurs maires à Diyarbakir, Mardin et Van, et l’arrestation de plusieurs centaines d’élus locaux. Pour les Kurdes habitués aux violations de leurs droits en Turquie, ce séisme n’en est qu’un de plus pourrait-on dire, et pourtant, peur eux, c’est une goutte d’eau qui a fait débordé un puits profond remplis de massacres, de déportations et d’assimilations forcées de plus d’un siècle depuis la création de l’Etat fasciste turc.
 
Régulièrement, on entend les responsables turcs dire que tous les malheurs qui arrivent aux Kurdes sont dus à l’existence du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan), la guérilla kurde née il y a une quarantaine d’année. Mais pour ceux qui ont un minimum d’honnêteté, il est évident que le PKK est né en réponse aux violences et aux massacres dont étaient victimes les Kurdes de la part de l’Etat turc et qu’il revendiquer une lutte armée pour la défense des droits primordiaux des Kurdes, comme pouvoir parler leur langue, s’auto-gouverner ou encore profiter de leurs ressources naturelles pillées par le pouvoir turc…
 
En ce sens, le PKK est la conséquence de la barbarie turque au Kurdistan et non pas la cause. Du reste, les Kurdes n’ont pas attendu la naissance du PKK pour réclamer leurs droits les plus basiques. Il suffit pour cela de regarder l’histoire moderne de la Turquie. Il y a un pléthore de révoltes kurdes dont les plus importantes sont celle de « Koçgiri en 1921, de Cheikh Saïd Piran en 1925, d’Ararat en 1930 et la de Dersim en 1938. À la suite de ces révoltes, la loi martiale fut établie dans la région du Kurdistan turc et un grand nombre de Kurdes furent transférés. De plus, le gouvernement encouragea l’installation d’Albanais du Kosovo et d’Assyriens dans la région dans le but de modifier l’équilibre démographique régional. Ces événements et mesures eurent pour conséquence un état d’esprit de méfiance permanente entre Ankara et les Kurdes. » (Wikipédia)
 
Ce nouveau coup d’Etat turc contre la volonté du peuple kurde à Amed (Diyarbakir), Mardin et Van montre également l’hypocrisie du pouvoir turc qui dit aux Kurdes de déposer les armes et de venir défendre leurs droits sur la scène politique à travers les élections. Qui a oublié la violence déchaînée contre les Kurdes lors que le parti HDP, « pro-kurde », a réussi a envoyer des députés au parlement turc en réussissant à dépasser le barrage électoral de plus de 10% ? Depuis, il n’y a pas une seule élection dans les régions kurdes sans la violence et d’innombrables irrégularités du pouvoir turc afin de fausser les résultats électoraux. Sans être découragés par tous ces obstacles, les Kurdes ont accepté les règles imposées par le pouvoir turc en allant aux urnes et ont fait élire un bon nombres de représentants. Mais à chaque élection, ils ont vu leur choix bafoué et leurs élus locaux et leurs députés destitués et ou mis en prison. (On parle de milliers de responsables Kurdes, membres des partis HDP et du DBP, qui croupissent derrière les barreaux, dont certains depuis 2016).
 
En Turquie, les Kurdes ont le droit de se rendre aux urnes, mais à condition de voter pour des candidats désignés par le pouvoir turc qui garantiraient les intérêts de l’Etat turc et non ceux des Kurdes. Sinon, ils subiront la fureur du pouvoir turc qui lâchera ses forces armées déchaînées pour les écraser, si jamais ils osent critiquer cette règle. Cela a un nom : la démocratie à la sauce turque, préparée spécialement pour les Kurdes. Mais les Kurdes ont l’estomac fragile et vomissent tripes et boyaux en ce moment…
(A partager en donnant la source)
 
 
 
 

Le Kurdistan est sous l’occupation de la Turquie

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« Pourquoi parle-t-il si doucement ? » Me demandai-je en écoutant le message Whatsapp d’un de mes amis d’Amed (le nom kurde de Diyarbakır, Nord-Kurdistan). C’est parce que son maire lui a été enlevé une fois de plus. «Ça ne s’arrête pas, mon amie», dit-il. « J’ai 42 ans maintenant et je jure que je n’ai jamais passé une belle journée de ma vie. »

Et je vous jure, cher lecteur, qu’il n’y a pas une goutte d’exagération dans cela. Le Kurdistan est sous occupation, voyez-vous, et pour un Kurde, c’est fondamentalement insupportable. Tout le Kurdistan est occupé, mais je parle ici du nord, de la partie où la Turquie se déchaîne comme force occupante depuis plus ou moins un siècle. Lundi matin, la répression sans fin des Kurdes a connu un nouveau creux : trois maires élus ont été démis de leurs fonctions. À la fin du mois de mars, ils ont été élus par le peuple et l’État était maintenant venu pour les renvoyer de leurs sièges.

Luxe excessif

L’un de ces maires était le maire d’Amed, Adnan Selçuk Mızraklı, successeur de Gültan Kışanak. Kışanak est en prison depuis 2016. Elle aussi a été renvoyée par le ministre de l’Intérieur et remplacée par un «kayyum», ou «administrateur», représentant de l’État, dans ce cas, bien sûr, un membre de l’AKP d’Erdoğan. Il s’enrichit ( cliquez ici pour voir le moment où, après son élection, Mızraklı entra dans le bâtiment de la municipalité et vit le luxe excessif que l’AKP avait installé), ne fit rien pour la ville et ses habitants et à nouveau supprimé la langue et la culture kurdes qui avaient commencé à s’épanouir. Pas étonnant que les citoyens soient ravis quand ils ont réussi à écarter ce « mandataire ». Cela a duré cinq mois.

Que le Kurdistan soit occupé est un fait et non une opinion. Le mot «occupation» est généralement réservé aux occupations internationales, comme celle des États-Unis en Irak ou, il y a un peu plus longtemps mais restera bien gravée dans la mémoire, celle des Pays-Bas en Indonésie, mais la situation au Kurdistan n’est pas fondamentalement différente. Selon le droit international, un territoire est occupé lorsqu’il est « placé sous l’autorité de l’armée ennemie ». C’est le cas au Kurdistan, c’est clair comme le jour.

Détails horribles

L’armée turque est composée de loups gris assoiffés de sang qui n’ont aucune légitimité au Kurdistan après un siècle de meurtres de masse, d’exécutions, de disparitions et de tortures, après avoir brûlé des milliers de villages (…) et, il y a quelques années, l’incendie des bâtiments avec leurs habitants et ceux qui ont cherché refuge à l’intérieur encore. Je ne vais pas trouver un lien pour tous ces faits, vous pouvez facilement google que vous-même. Les archives de la Cour européenne des droits de l’homme seraient un bon endroit pour commencer à chercher, et les rapports de Human Rights Watch et Amnesty bien sûr, parallèlement à une série de reportages fiables. Tout est documenté de manière détaillée, avec tous les détails horribles. Cela ne peut pas être nié.

Donc, ce qui doit arriver, c’est que la Turquie doit partir rapidement. Tout comme les États-Unis ont dû se sortir de l’Indonésie et des Pays-Bas. Foutez le camp. D’abord l’armée, recouverte de goudron et de plumes. Ensuite, tous les hommes et femmes qui ne portent pas l’uniforme militaire mais qui ont tout autant envie de détruire tout ce qui est en kurde : les enseignants qui enfoncent le turc dans la gorge des enfants, les juges et les procureurs qui jettent les Kurdes en prison en se basant sur les lois en vigueur. les livres de loi des occupants, les « administrateurs » qui remplacent les maires élus mais sont si lâches et si effrayés qu’ils se rendent à l’édifice municipal dans une voiture blindée et qui disparaissent derrière des barrières (là où certains – oui, cela a été documenté aussi – n’ont pas hésité à mettre en place des réseaux de prostitution, oui ces mecs de l’AKP apparemment religieux, oui), tous les fonctionnaires qui chantent l’hymne national turc, les fêtes nationales turques et le drapeau de la puissance occupante, la police qui traîne des activistes pacifiques hors de chez eux à 5 heures du matin, ainsi de suite.

Tyrannie et oppression

Cela se fera-t-il « par des moyens démocratiques », selon vous ? Je ne le pense pas. Et alors ? Le droit international dit aussi quelque chose à ce sujet, le saviez-vous ? Voici une phrase du préambule de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : «S’il est essentiel, pour que l’homme ne soit pas obligé de recourir, en dernier recours, à la rébellion contre la tyrannie et l’oppression, il est essentiel que les droits de l’Homme soient protégés par la règle de droit. » La rébellion des Kurdes – la rébellion armée, je veux dire – a célébré son trente-cinquième anniversaire la semaine dernière, le 15 août.

La rébellion a sept ans de moins que mon ami d’Amed. Il a choisi la culture et la littérature pour sauver tout ce qu’il pouvait. Que vont choisir les jeunes femmes et hommes kurdes, qui ont peut-être voté pour la première fois en mars dernier et se voient voler leur vote maintenant? Emma Goldberg (1869-1940) a déclaré: « Si les élections changeaient quoi que ce soit, elles auraient été interdites. » Qui va les arrêter ? Qui les empêchera de se battre pour renverser l’Etat turc ?

Frederike Geerdink

Photo d’en-tête: des citoyens d’Amed manifestent contre le limogeage de leur maire, le 19 août 2019.

La version néerlandaise de cette chronique a été publiée à Frontaal Naakt.

SYRIE. Les FDS condamnent le meurtre de civils à Idlib et Hama

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SYRIE – « Les FDS condamnent avec la plus grande fermeté cet usage brutal d’une force excessive des deux côtés des tranchées dans les zones habitées », a déclaré Gabriel Kino.
 
Le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS) – alliance arabo-kurde – Kino Gabriel, a condamné le régime syrien, la Russie et les mercenaires affiliés à l’État turc pour l’usage excessif de la force dans les zones rurales d’Idlib et Hama.
 
Gabriel a déclaré que les civils sont les « victimes des intérêts régionaux et internationaux » et a ajouté : « Les affrontements se sont intensifiés récemment dans la campagne septentrionale d’Hama et Idlib, à la suite de l’insistance du régime syrien à contrôler les routes Alep – Damas – Lattakia. »
 
Gabriel a ajouté : « Selon les documents et informations divulgués lors de la dernière conférence de Sochi, il y a eu un accord entre les différentes parties participant à la conférence sur les termes de l’arrêt de l’escalade et du retrait des armes lourdes à une distance de 20 km des lignes de contact et sous la garantie de la Russie et la Turquie.
 
Pourtant, ce qui s’est passé coïncide avec les menaces turques contre le nord de la Syrie, le rythme des combats dans cette région s’est accéléré sans tenir compte de la vie de milliers de civils en danger et du fléau de la guerre. Et à la suite du déclenchement des combats et des bombardements aveugles des deux côtés du conflit, de nombreux enfants, femmes et civils ont été victimes de l’échec des garants qui ne pouvaient remplir leurs obligations envers la région et ses habitants.
 
Les FDS condamnent avec la plus grande fermeté cet usage brutal d’une force excessive des deux côtés des tranchées dans les zones peuplées. Nous exprimons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et appelons également la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à ce génocide contre les civils syriens », a déclaré Kino.
 

Les avions turcs ont bombardé le Kurdistan du Sud : 4 civils blessés

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KURDISTAN DU SUD – Des avions de guerre appartenant à l’armée d’occupation turque ont bombardé le lundi 19 août les villages de Silê et Bolê dans la région kurde de Qandil, au Kurdistan du Sud.
 
Quatre civils ont été blessés lors du bombardement.
 
Les villageois ont déclaré que leur vie était en danger à cause des attaques perpétrées par l’Etat d’occupation turc.
 

Neuf arrestations à Ankara lors d’une manifestation contre le limogeage des maires kurdes

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TURQUIE – ANKARA – La police turque a attaqué la foule qui protestait contre l’usurpation des municipalités kurdes d’Amed, Van et Mardin par l’AKP. Neuf personnes ont été arrêtées lors de l’attaque policière.
 
Les habitants d’Ankara sont descendus dans les rues pour protester contre la décision de l’AKP de saisir les municipalités métropolitaines d’Amed, Van, et Mardin, dirigées par le parti HDP.
 
Le député du HDP Antalya, Kemal Bülbül, des organisations de la société civile et des chambres de travail et professionnelles ont participé à l’action organisée par le HDP Ankara.
 
La police a attaqué la foule avec du gaz et des matraques. Pendant l’attaque, la foule a crié le slogan « Épaule contre épaule contre le fascisme ».
 
La police a détenu Fatma Kılıçarslan, co-porte-parole du Congrès démocratique du peuple (HDK) à Ankara, Hüseyin Gevher, coprésident du HDP à Ankara, membres d’HDP Yağmur Yurtsever, Betül Koca, Ecum Polat, Mustafa Bayraktar, Mustafa Ugur Akkaya et Zarif Kesiciler.
 

TURQUIE. Inacceptables arrestations des maires kurdes démocratiquement élus (PCF)

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FRANCE – Dans un communiqué, le parti communiste français (PCF) condamne avec vigueur la nouvelle vague de limogeage et d’arrestations de maires et de responsables politiques kurdes en Turquie.
 
Voici le communiqué du PCF :
 
Recep Tayyip Erdogan n’en finit pas de régler ses comptes avec le nombre croissant de démocrates qui s’oppose à sa politique. Les forces armées spéciales ont le 19 août 2019 conduit des opérations contre les municipalités reconquises de haute lutte, en avril dernier, par le Parti démocratique des peuples (HDP).
 
Les co-maires de nombreuses villes, dont celles de Diyarbakir, Van ou Mardin, ont été destitués par le ministre de l’Intérieur et remplacés par des administrateurs issus de l’AKP. Au total, 418 maires et militants du HDP se trouvent désormais emprisonnés.
 
Fragilisé par sa défaite retentissante à Istanbul, R.T. Erdogan n’en poursuit pas moins ses purges et le démantèlement du système municipal kurde. Celui-ci constitue le laboratoire du projet politique kurde au service des habitants. Il impulse des politiques publiques en faveur de la jeunesse, de la culture, de l’environnement, de l’égalité hommes/femmes… véritable alternative à la corruption généralisée, au népotisme et à la prédation capitaliste conduite depuis Ankara par les islamo-conservateurs.
 
Les municipalités kurdes étaient devenues la cible de R.T. Erdogan depuis 2015 puisque 94 maires sur 102 avaient été arrêtés. La veille du scrutin de 2019, le président turc annonçait, par anticipation, la destitution des futurs édiles. Cette violence du pouvoir traduit l’anéantissement de l’espace politique au Kurdistan de Turquie où la signification des élections est d’emblée entachée de nullité. Un régime qui s’affranchit de la légitimité des urnes bascule inéluctablement dans la dictature.
 
Le Parti communiste français (PCF) exprime sa totale solidarité avec les maires et les militants du HDP incarcérés. Il est aux côtés des peuples de Turquie qui se tiennent debout face à la dictature. Il appelle le gouvernement de la France et les pays de l’Union européenne, prompts à dénoncer sélectivement des atteintes à la démocratie, à condamner ce nouveau coup de force et à mettre un terme aux complicités avec cette tyrannie.
 
Parti communiste français,
Paris, 19 août 2019

HDP : Nous ne serons pas réduits au silence, la lutte continue

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TURQUIE / BAKUR – Le Parti démocratique des peuples (HDP) a publié le communiqué suivant après le limogeage de ses trois maires des municipalités kurdes de Diyarbakır, Mardin et Van par le pouvoir truc :
 
HDP : Nous ne serons pas réduits au silence, nous ne serons pas arrêtés…
 
Nos co-maires, élus avec 63% des voix à Diyarbakır, 56% à Mardin et 53% à Van, ont été, du jour au lendemain, démis de leur mandat sur décision du ministère de l’intérieur, une décision fondée sur des accusations mensongères.
La vague d’arrestations illégales visant les conseillers municipaux de nos mairies se poursuit. Il s’agit clairement d’un nouveau coup d’Etat contre la démocratie. C’est un acte ouvertement hostile visant la volonté politique du peuple kurde.
En prenant de telles décisions, le ministère de l’intérieur viole les droits et libertés et prive l’espace politique de toute démocratie.
Pendant la période des kayyım -administrateurs désignés par l’Etat pour remplacer les Maires destitués en 2016- les ressources de toutes les municipalités saisies ont été gaspillées. Comme l’ont révélé des rapports de la Cour suprême des comptes publics, le ministère de l’Intérieur et le gouvernement sont devenus un centre de corruption et de détournement de fonds.
Ce gouvernement et son ministère de l’Intérieur n’ont pas supporté les révélations de corruption et d’irrégularités commises à grande échelle par les kayyim.
Ce gouvernement n’a plus aucune légitimité démocratique. Les pratiques consistant à usurper la volonté du peuple et extorquer par la fraude et la contrainte étatique ce qui a été perdu dans les urnes, font partie de l’ordinaire de l’alliance AKP-MHP.
Notre peuple n’acceptera jamais de telles pratiques. Comme par le passé, il revendiquera et défendra sa volonté, ses représentants élus, ainsi que son parti.
Contre ce gouvernement qui usurpe la volonté du peuple et rejette les résultats des urnes, nous appelons à la solidarité de toutes les forces démocratiques, de tous les citoyens doués de conscience, des partis d’opposition, des organisations de la société civile, des syndicats et associations professionnelles.
Nous avons incontestablement le droit, conformément à la constitution et aux normes universelles, de lutter contre ce gouvernement par toutes les moyens légitimes et démocratiques. Nous ne pourrons atteindre la démocratie que par la lutte commune et déterminée de toutes les forces démocratiques.
Nous lançons ici un appel à toutes celles et tous ceux qui ont voté pour la démocratie et contre l’alliance AKP-MHP aux élections du 31 mars et du 23 juin en Turquie. Ceci n’est pas seulement le problème du HDP et du peuple kurde ; c’est un problème qui concerne tous les peuples ainsi que toutes les forces démocratiques de Turquie.
Ne restez pas silencieux – Garder le silence, c’est acquiescer.
 
Conseil exécutif central
Parti démocratique des peuples
19 août 2019