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Les Kurdes s’invitent à la fête de l’Humanité

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PARIS – Quand on sait que la traditionnelle fête de l’Humanité est l’occasion pour tous les peuples opprimés du monde de porter à la connaissance du public leurs luttes et l’oppression dont ils sont victimes, on ne s’étonnera pas de la présence des Kurdes à cette fête populaire née il y a 89 ans.
 
Cette année encore, il y aura de nombreux stands consacrés aux Kurdes, dont celui de l’Association de solidarité France – Kurdistan, celui du Conseil démocratique kurde en France, co-géré par le Mouvement des femmes kurdes en France et le centre culturel kurde (Ahmet Kaya) de Paris.
 
Du 13 au 15 septembre, des artistes, des militants, des politiciens kurdes … se relayeront aux stands kurdes pour faire découvrir la cuisine, musique et culture kurdes, pour parler du peuple kurde, de la lutte menée par les femmes et hommes kurdes, des prisonniers politiques kurdes, dont Selahattin Demirtas qui nous a révélé le grand écrivain qui sommeillait en lui durant son temps de captivité dans une prison turque depuis près de trois ans maintenant. 
 
Deux de ces rendez-vous importants à ne pas manquer auront lieu au stand de France – Kurdistan le samedi 14 septembre, à partir de 17 heures. En effet, l’éditrice de Selahattin Demirtas, Emmanuelle Collas Galaade sera sur le stand du France – Kurdistan pour un débat autour d’ « Et tournera la roue« , le deuxième roman de Demirtas sorti le 6 septembre dernier. A 18 heures, toujours sur le même stand, il y aura le grand rendez-vous de soutien aux maires HDP destitué.es dans les trois villes kurdes de Turquie.  
 
Alors, si vous voulez apprendre plus sur le peuple kurde et passer des moments agréables en compagnie des Kurdes et de leurs ami.es, RDV à la fête de l’Humanité dès le 13 septembre prochain.
 
Aucune description de photo disponible.L’emplacement du stand de France – Kurdistan à la fête de l’humanité, via Sylvie Jan.

La fête de l’Humanité a lieu au arc Départemental Georges-Valbon, à La Courneuve, en région parisienne.

 
 
 

Appel urgent : Une crise humanitaire menace le camp de réfugiés de Maxmur

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KURDISTAN DU SUD – ERBIL – Le Conseil populaire du camp de réfugiés de Maxmur tire la sonnette d’alarme devant la crise humanitaire qui menace le camp de réfugiés kurdes de Maxmur et appelle la communauté internationale à agir d’urgence.
 
Voici l’appel des responsables du camp de Maxmur :
 
« Le camp de réfugiés de Maxmur, qui abrite plus de 13 000 réfugiés kurdes, a enduré de nombreuses épreuves, y compris des agressions militaires. Les frappes aériennes militaires turques du 6 décembre 2017 et du 13 décembre 2018 ont tué 8 résidents du camp et blessé d’autres personnes, et une nouvelle vague d’attaques et de pressions sur le camp de Maxmur a commencé le 19 juillet.
 
Après l’attaque du 17 juillet dans le restaurant Huqqabaz, à Erbil, contre des employés du MIT (Agence nationale de renseignement) turc qui a fait trois morts, les forces de sécurité du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) ont fermé toutes les entrées et sorties du camp Maxmur, qui est maintenant encerclé et sous un embargo strict.
 
– Les attaques récentes ont commencé le 19 juillet 2019, date à laquelle au moins 3 bombes ont été larguées à proximité du camp.
– Deux civils ont été ensevelis sous la terre à cause des explosions. Les blessés ont été secourus et emmenés à l’hôpital par des résidents du camp et tous deux vont bien maintenant.
– Les bombardements ont également endommagé les vignobles et les vergers des habitants du camp.
– Le même jour, les forces de sécurité du PDK ont arrêté des résidents civils du camp. Les familles des personnes arrêtées n’ont pas encore pu voir leurs proches et aucune information à leur sujet n’est disponible.
– Depuis le 19 juillet, l’entrée et la sortie du camp sont interdites. Personne n’est autorisé à quitter le camp, même en cas d’urgence médicale ou autre. Cela a déjà conduit à plusieurs cas de fausses couches.
– Les résidents du camp qui travaillent à l’extérieur du camp ne sont pas autorisés à quitter le camp, et de nombreux résidents du camp qui travaillent dans des villes comme Erbil (Hewler) ont perdu leur emploi.
– La discrimination, le harcèlement et la pression psychologique sont exercés sur les résidents du camp.
– Les menaces de violence incessantes obligent les habitants du camp à quitter la région du Kurdistan et l’Irak.
– Les « Mères de la Paix » du camp ont protesté contre ces mesures. En conséquence, ils ont été violemment attaqués par les responsables du PDK.
 
Alors que le Conseil populaire du camp de réfugiés de Maxmur a clairement indiqué que les résidents du camp n’ont rien à voir avec l’attaque du restaurant Huqqabaz, l’agression et les autres formes de pression contre le camp augmentent. Le camp de Maxmur est aujourd’hui gravement menacé et les résidents du camp ont peu accès à la nourriture, aux soins médicaux et au travail. Les habitants sont de plus en plus isolés, leurs besoins fondamentaux sont ignorés et ils vivent dans un état d’urgence de facto. Outre les abus susmentionnés, ces mesures constituent explicitement de la violence à l’égard des femmes. Les Mères de la paix, qui ont été à l’avant-garde des manifestations ces dernières semaines, ont été confrontées à la violence des responsables du PDK, qui ont traîné les femmes au sol par les cheveux. En outre, des femmes enceintes ont fait des fausses couches en raison d’un accès inadéquat aux soins de santé en raison de l’embargo. Le camp, qui abrite des structures féminines autonomes, dont une assemblée des femmes et une académie des femmes, condamne ces attaques contre les femmes.
 
Nous, les résidents du camp Maxmur, pensons que les attaques et agressions perpétrées par l’Etat turc contre nous s’intensifieront tant que le gouvernement irakien et les Nations Unies (ONU) garderont le silence. Nous avons écrit de nombreuses lettres et fait de nombreuses déclarations publiques aux représentants des institutions concernées au sujet de l’embargo en vigueur et de la détérioration de la situation, mais le silence collectif concernant cette menace pour la vie humaine persiste. Jusqu’à présent, ni le gouvernement irakien ni l’ONU n’ont réagi à l’agression illégale perpétrée par l’État turc. Selon le droit international, les frappes aériennes de l’armée turque constituent une violation flagrante de la souveraineté de l’Irak et contreviennent aux accords internationaux de l’ONU et du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui est chargé de protéger les réfugiés, les personnes déplacées et les apatrides.
 
Nous appelons urgemment les Nations unies (ONU), et en particulier la HCR (L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés), à remplir leurs obligations et à prendre des mesures pour faire respecter le droit et les conventions internationales en demandant des comptes à la Turquie pour ses attaques contre le camp de Maxmur, qui accueille plus de 13 000 réfugiés. La Turquie est elle-même signataire de la Charte des Nations unies et des accords internationaux relatifs aux droits de l’homme.
 
Nous demandons à l’ONU de veiller immédiatement à ce que l’embargo sur le camp Maxmur soit levé et à ce que le camp Maxmur ait accès aux vivres et aux soins médicaux.
 
Nous appelons à mettre fin à l’agression militaire turque contre le camp de Maxmur. Si la Turquie est autorisée à agir en toute impunité, elle continuera de prendre pour cible les résidents du camp de Maxmur, ce qui entraînera davantage de morts et de destruction.
 
Le gouvernement irakien doit assumer la responsabilité des crimes commis contre les civils qui vivent à l’intérieur des frontières de l’Irak et qui sont maintenant la cible de frappes aériennes militaires dans l’espace aérien irakien. Nous appelons donc le gouvernement irakien à agir contre cette violation de sa souveraineté.
 
Nous appelons la communauté internationale, les défenseurs des droits humains et la société civile à réagir contre les actes illégaux et meurtriers de l’agression militaire turque contre le camp Maxmur. »
 
Conseil populaire démocratique du camp de réfugiés de Maxmur
Septembre 2019
 
Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :
Mme Ayşe Mihemed, E-Mail : dalyanmavi@hotmail.com ; Téléphone : 00964 750 69 72 72 264
 
Bref aperçu du camp de réfugiés de Maxmur
 
Maxmur (Makhmour) est une ville située à 60 kilomètres au sud-ouest d’Erbil, la capitale de la région du Kurdistan irakien. Le camp de réfugiés de Maxmur, situé à Maxmur, est un camp de réfugiés reconnu par les Nations Unies qui, depuis 1998, accueille des milliers de réfugiés du Nord Kurdistan (Turquie). De nombreux habitants du camp ont été contraints de fuir leurs foyers dans le nord du Kurdistan en 1993-1994, l’État turc ayant mené une campagne brutale d’agression contre le peuple kurde, niant l’existence de ce dernier, interdisant l’expression de son identité kurde et réprimant la culture kurde, tout en utilisant ses militaires pour détruire des milliers de villages et déplacer des centaines de milliers de personnes. Aujourd’hui, la population du camp de Maxmur a plus de 13 000 résidents, dont de nombreux enfants du camp sont nés apatrides.

Le camp de Maxmur est situé à un endroit stratégique, servant de porte d’entrée vers le sud du Kurdistan (Irak) depuis le sud. En août 2014, alors que DAESH / ISIS envahissait une grande partie de l’Irak et de la Syrie, l’organisation terroriste a pris Maxmur pour cible afin d’avancer sur Erbil, la capitale et la plus grande ville de la région du Kurdistan en Irak. DAESH a envahi et occupé le camp, bien que les habitants de Maxmur se soient joints à d’autres combattants pour résister à l’avancée de DAESH, et les milices populaires, les forces d’autodéfense, les femmes et les jeunes ont finalement expulsé DAESH (l’Etat islamique) après des jours de combat, empêchant une invasion catastrophique du Sud-Kurdistan en organisant une résistance pour l’humanité entière, sans laisser passer DAECH. Après cette victoire, M. Massoud Barzani, alors Président de la région du Kurdistan irakien, a visité le camp Maxmur et a exprimé ses remerciements aux forces d’autodéfense pour leur rôle dans cette victoire.
 

Le réservoir du barrage Ilisu se remplit malgré la mobilisation populaire

Les images satellites du 7 septembre 2019 montrent que le niveau du réservoir du barrage d’Ilisu continue d’augmenter. Le niveau du réservoir d’Ilisu affecte déjà un tiers de la surface de la rive du Tigre qui sera inondé. Au moins 20 villages sont déjà inondés. Si cela continue, le niveau des eaux du barrage atteindra bientôt Hasankeyf et augmentera la destruction écologique, sociale et culturelle. (Image via Ercan Ayboga du collectif Hasankeyf Matters)
 
Malgré ce bras de force engagé par les autorités turques, la lutte contre ce projet de destruction, d’exploitation et d’hégémonie se poursuit. L’ONG de protection d’Hasankeyf appelle tout le monde à se joindre à la Journée mondiale d’action pour Hasankeyf le 14 septembre.
 
La coordination de la protection d’Hasankeyf a publié un communiqué pour le 14 septembre : « Où que vous soyez dans le monde, emportez vos instruments, jouez et / ou chantez des chansons pour la vallée du Tigre menacée. Dessinez votre Hasankeyf, le Tigre et d’autres habitats et espèces menacés sur la toile, le papier, les murs ou le sol à l’aide de votre pinceau, de votre stylo ou de vos mains. »

Les dangers du barrage Ilisu
 
« Si la biodiversité riche et unique (…) du Tigre et ses nombreux affluents est détruite, le climat de la région changera encore plus rapidement. La ville antique d’Hasankeyf qui a été le berceau de nombreuses civilisations de manière ininterrompue, pendant 12 mille ans est menacée de disparition. Dans le musée à ciel ouvert d’Hasankeyf, au moins 300 monticules n’ont pas encore été fouillées. Plus de 80 000 personnes vivent dans 200 localités [autours d’Hasankeyf]. Cela signifie perdre une mémoire profonde. Depuis que le Tigre traverse l’Irak, les peuples qui y vivent se sont construits autour du Tigre depuis des milliers d’années. Par conséquent, le barrage Ilısu accouchera des effets que nous pouvons qualifier d’une catastrophe là-bas également », déclaré la coordination.
 
« Il y a tant de valeur que nous pouvons sauver »
 
« Élevons nos voix contre Ilisu, un projet de destruction et d’exploitation, avec l’art que nous produirons et présenterons avant et le 14 septembre. Malgré toutes les protestations, nous avons réalisé le 23 juillet 2019 que le gouvernement [turc] avait commencé à remplir [le réservoir d’Ilisu] et qu’il voulait nous mettre face à un fait accompli. Mais nous n’accepterons jamais cela maintenant ou à un stade ultérieur. La vallée du Tigre n’est pas encore perdue, il y a tant de valeurs que nous pouvons sauver. Tout d’abord, il y a de l’espoir pour la nature, la culture et les lieux de vie », a poursuivi la coordination.
 
« Nous pouvons arrêter le projet »
 
« Où que vous soyez dans le monde le 14 septembre, prenez vos instruments et jouez dehors ou chez vous et / ou chantez vos chansons pour le patrimoine culturel et naturel de la vallée du Tigre menacée. Avec votre pinceau, votre stylo ou vos mains, dessinez sur la toile, le papier, les murs ou le sol Hasankeyf, le Tigre et d’autres espèces et habitats menacés. Pour Hasankeyf (…) nous avons forcément quelque chose à faire. Hasankeyf et le Tigre vous attendent, toi et moi. Ne laissons pas arracher le cœur de notre [région] pour faire gagner plus d’argent à quelques entreprises et pour que le gouvernement [turc] développe ses politiques de domination. (…) », a ajouté la coordination d’Hasankey qui vous invite à partager vos photos et vidéos d’actions pour Hasankeyf avec le hashtag qui sera donné le 14 septembre par leur compte Twitter.
 
Jusqu’à présent, d’autres actions de ce genre en été réalisées et partagées avec le hashtag #HasankeyfİçinGeçDeğil (il n’est pas trop tard pour Hasankeyf).
 
Pourquoi Hasankeyf doit être protégée ?

Premièrement, Hasankeyf est le patrimoine culturel du monde entier avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc.
Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…

Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires.

Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par le barrage Ilisu alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.

Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.
 

Début des patrouilles turco-américaines à la frontière du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Les forces américaines et turques ont commencé dimanche des patrouilles conjointes dans le nord-est de la Syrie, en coordination avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes.
 
La première patrouille était composée de six véhicules blindés turcs, de quatre véhicules blindés américains et de deux véhicules américains anti-mines, appuyés par un appui aérien intensif fourni par des hélicoptères américains et turcs, a rapporté l’agence de presse locale North Press.
 
La patrouille s’est dirigée vers les villages de Hashisha et de Guilan, situés à 30-35 km à l’est de Tal Abyad.
 
Mustafa Bali, responsable des FDS, a déclaré que «les patrouilles américano-turques se dérouleront de la manière coordonnée et convenue entre les FDS et la coalition dans la zone du mécanisme de sécurité où nos forces se sont retirées et laissées aux unités de protection des frontières des conseils locaux».
 
Il a poursuivi: « Les forces de protection des frontières formées par la coalition en coordination avec les conseils militaires locaux combleront le vide où nos forces se sont retirées. »
 
Il a ajouté que les conseils militaires locaux assureraient la stabilité et « auront un effet positif sur notre lutte contre les vestiges de Daesh [l’État islamique] ».
 
Les patrouilles conjointes font partie d’un plan de sécurité convenu antérieurement entre Washington et Ankara au début du mois d’août.
 
Ce plan est conçu pour répondre aux préoccupations spécifiques de la Turquie, qui souhaite que des zones situées le long de sa frontière soient débarrassées des Unités de protection du peuple kurde (YPG), groupe qui assure la direction militaire des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis.
 
La Turquie considère le YPG comme la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Les YPG ont nié ces liens et ont souvent accusé la Turquie de soutenir l’État islamique par le passé.
 
Selon une déclaration antérieure du commandement de l’armée américaine en Europe (EUCOM), le plan prévoit « la sécurité dans le nord-est de la Syrie afin que l’Etat islamique ne puisse pas renaître et permet à la coalition de rester concentrée sur la réalisation de la défaite durable de l’Etat islamique ».
 
Ce n’est pas la première fois que des patrouilles conjointes américano-turques sont effectuées en Syrie.
 
Des patrouilles conjointes turco-américaines ont débuté le 1er novembre 2018 dans une zone en dehors de Manbij sous le contrôle des FDS, séparant les forces du bouclier de l’Euphrate soutenues par la Turquie et le Conseil militaire de Manbij soutenu par les FDS.
 
C’est cependant la première fois que les troupes turques patrouillent conjointement avec les troupes américaines dans les territoires contrôlés par les FDS.
 

Image d’une patrouille américaine, via le journaliste Mohammed Hassan

Hommage à Yilmaz Guney, le plus grand cinéaste kurde du XXème siècle

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Yılmaz Güney (né Yılmaz Pütün) était un réalisateur, scénariste, romancier et acteur kurde qui a produit des films en turc. Beaucoup de ses œuvres portées au cinéma avaient comme sujet le sort des gens ordinaires de la classe ouvrière en Turquie. Güney a remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1982 avec le film Yol qu’il a coproduit avec Şerif Gören.

Güney était constamment harcelé par le gouvernement turc en raison de la représentation de la culture, du peuple et de la langue (notamment en ce qui concernait les Kurdes dont l’existence même était niée par l’Etat turc) dans ses films. Après avoir été condamné en 1974 en étant accusé d’avoir tué un juge, ce dont Guney a nié, il s’est réfugié en France après s’être évadé de la prison et a ensuite été déchu de la citoyenneté turque. Guney est le seul réalisateur au monde à avoir réalisé des films depuis la prison grâce à ses instructions données à son ami Zeki ökten.
 
Quelques uns des films les plus connus de Guney, considéré comme étant le plus grand cinéaste kurde du XXème siècle, sont : Yol (la Permission), Duvar (le Mur) et Sürü (le Troupeau).
 
Guney est décédé à Paris d’un cancer de l’estomac le 9 septembre 1984, à l’âge de 47 ans. Sa tombe se trouve au cimetière de Père Lachaise, dans le 20ème arrondissement de Paris.
 

Les femmes kurdes descendent dans la rue à travers l’Europe

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Le mouvement des femmes kurdes mène une campagne en Europe sous le slogan « Debout pour la liberté et le changement ».
 
Des manifestations ont été organisées à Paris, Cologne, Stuttgart, Copenhague, Bâle, Luxembourg et dans d’autres villes européennes dans le cadre de la campagne du mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) sous le slogan « Debout pour la liberté et le changement » (« Rise up for freedom and change »).
 
PARIS
 
A Paris, les Kurdes et leurs amis se sont rassemblés sur la place de la République pour une marche à l’appel du Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) contre les féminicides, contre la destitution des maires HDP dans 3 grandes villes kurdes, en Turquie. 
 
COLOGNE
 
A Cologne, en Allemagne, des femmes sont parties de la cathédrale à Rudolfplatz. De nombreux politiciens se sont également joints à la marche où des manifestants ont protesté contre les attaques génocidaires de l’Etat turc contre le peuple kurde, portant des banderoles saluant la lutte des femmes pour la liberté.
 
STUTTGART
 
Dans la ville allemande de Stuttgart, des centaines de personnes ont organisé une marche pour protester contre la mainmise du régime turc sur les municipalités d’Amed, Van et Mardin, gérées par le HDP.
 
Les manifestants, qui ont parcouru trois kilomètres, ont également été rejoints par de nombreuses organisations de la plate-forme Solidarité avec le HDP, dont ADHK, AGİF, Alınteri, Alınteri, ATİK, DİDF, FCK, HDK, SKB, SYKP, l’Association de la solidarité et culture de Becekli Göktepe, AABF, BA-WÜ, le Congrès de construction de Dersim et le MLPD.
 
La manifestation s’est terminée par un rassemblement à Schlossplatz.
 
COPENHAGUE
 
Une autre manifestation a eu lieu à Copenhague où le Le Conseil des femmes (kurdes) Sevê a installé un stand d’information.
 
Les manifestants ont condamné la violence contre les femmes et la saisie des municipalités HDP d’Amed, Mardin et Van.
 
BÂLE
 
A l’appel de l’Union des femmes kurdes de Suisse (YJK-S) et du Comité du Rojava, une manifestation a eu lieu à Bâle.
 
Des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place Claramatte et ont manifesté contre le patriarcat et la mentalité d’occupation de l’Etat turc,
 
Les banderoles portées par les manifestants lisaient « Occupants, sortez de nos terres », « Pas de guerre, pas d’occupation », « Épaule contre épaule contre le fascisme » (…).
 
D’autre part, des jeunes internationalistes de Turquie, du Kurdistan et de Suisse ont mené une campagne de graffiti pour protester contre l’invasion turque au Rojava. Les manifestants ont fermé la route à la circulation à Dreirosenbrücke où ils ont organisé un rassemblement.
 
Un discours prononcé au nom du Comité du Rojava déclarait : « Nous avons libéré le Rojava, nous la défendrons ensemble. Nous parviendrons à l’illumination contre les ténèbres, à la libération des femmes contre le système à prédominance masculine et nous réaliserons l’espoir des peuples opprimés d’un avenir libre par la lutte internationaliste. »
 
Le rassemblement s’est terminé après les discours de la YJK-S et des jeunes militants de la lutte.
 
LUXEMBOURG
 
Une longue marche a été organisée de la gare à l’hôtel de ville de Luxembourg. Protestant contre la mainmise du régime turc sur les municipalités HDP et les attaques d’occupation au Kurdistan, les manifestants ont scandé des slogans « Fasciste Erdoğan », « Le PKK est le peuple et le peuple est ici », « Le fascisme sera enterré au Kurdistan » et « Les administrateurs sortiront du Kurdistan ». Certains milieux socialistes et démocratiques luxembourgeois se sont également joints à la marche par solidarité.
 
ROME
 
Dans la capitale italienne, Rome, les communistes ont organisé une marche à laquelle les Kurdes ont également participé et ont protesté contre la prise de municipalités dirigées par des maires HDP. Des tracts relatant la politique fasciste de l’Etat turc ont été distribués pendant la marche.
 

Que dit Mediapart des suicides d’anciens volontaires occidentaux des YPG ?

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Un Britannique qui avait combattu aux côtés des forces kurdes YPG au Rojava s’est suicidé le 4 septembre dernier. Jamie Janson est le deuxième volontaire étranger des YPG à s’être donné la mort après Kevin Howard qui nous a quitté 30 avril 2019 après une lutte infructueuse contre le stress post-traumatique subi au Rojava.

« Janson avait participé à plusieurs opérations en Syrie, contre Daesh ainsi que contre l’État turc, à Afrin. Il n’est pas impossible que les poursuites engagées contre lui (comme contre d’autres volontaires) par les autorités britanniques et l’absence de fait de soutien psycho-social aient pu conduire à un tel geste », a écrit un vétéran français qui souhaite garder l’anonymat. 

On ne sait pas s’il y a eu d’autres suicides parmi les vétérans du Rojava car la plupart d’eux vivent dans l’anonymat par peur d’être stigmatisés, de subir des représailles de DAESH / ISIS ou encore d’être poursuivis par la justice de leurs pays.
 
Sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux à évoquer, souvent de manière anonyme, leurs souffrances dues aux traumatismes vécus sur le champ de bataille. Ils se plaignent qu’il n’y ait pas de suivi post-traumatique mis en place pour les vétérans du Rojava, qu’ils soient étrangers ou originaire de la région.
 
 
Dimitri (un pseudo) est un ancien volontaire français des YPG qui a passé 3 ans au Rojava. Il avait réagi au suicide de Kevin qui s’est donné la mort suite au stress post-traumatique (ESPT).
D’après Dimitri, la plupart des ces volontaires qui souffrent de l’ESPT ne parlent pas de leurs difficultés dans la vie civile car ils n’ont personne vers qui se tourner et ont peur d’être rejetés par la société.
Dimitri nous avait déclaré : « Nous n’avons pas de nouvelles de certains [des anciens volontaires] car on n’a pas leur vrais noms ni contact avec certains. Certains d’entre eux se sont très certainement suicidés eux aussi. »
 
Mais quel rapport avec Mediapart nous direz-vous. Eh bien, Mediapart a publié le lundi premier septembre, il y a sept jours, un article fallacieux prétendant que des vétérans du Rojava étaient une menace pour la France. Admirez le titre de Mediapart « Ces revenants du Rojava qui inquiètent les services de renseignement » et qui poursuivait : « Les services de renseignement surveillent des militants d’ultragauche ayant combattu au côté des Kurdes en Syrie. Certains d’entre eux voudraient passer à l’acte en France. »… Donc, on se demande si les suicides et les traumatismes des vétérans du Rojava attireront également l’attention de Mediapart ou si Medapart cherche seulement à faire du sensationnalisme et que c’est le cadet de ses soucis si par ailleurs ces vétérans se meurent dans leurs coins après les horreurs dont ils ont été témoins au Rojava.
 

TURQUIE. 13 autres municipalités kurdes menacées d’être saisies par le pouvoir turc !

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TURQUIE / BAKUR – Deux nouveaux documents portant la signature du ministère de l’intérieur ciblent 13 municipalités HDP. L’avocat Sertaç Buluttekin a déclaré que le pouvoir turc préparait le terrain pour nommer de nouveaux administrateurs à la place des maires élus démocratiquement.
 
Le 19 août, le ministère turc de l’intérieur a ordonné la destitution des maires HDP des municipalités métropolitaines d’Amed, Van et Mardin. De nouveaux documents portant la signature du ministère et qui demandent une enquête concernant 13 maires HDP des localités kurdes viennent d’être divulgués.
 
Sertaç Buluttekin, avocat du barreau d’Amed (Diyarbakir), a partagé sur son compte Twitter les instructions préparées par la Direction générale de l’administration provinciale du ministère de l’Intérieur.
 
Buluttekin a déclaré : « Cette lettre a été demandée par le ministère de l’Intérieur. »
La lettre est datée du 9 août et a été envoyée au gouverneur de Diyarbakir. Elle se lit comme suit : « J’aimerais vous demander les informations générales sur les personnes mentionnées dans le tableau ci-joint et les envoyer à notre ministère avant le 16-08-2019. »
 
Un autre document, daté du 16 août, s’intitule « Procédures judiciaires des gouverneurs ». Ce document contient des informations sur les maires de Bismil, Çınar, Dicle, Eğil, Ergani, Hazro, Kayapınar, Kocaköy, Kulp, Lice, Silvan, Sur ve Yenişehir, dans la province d’Amed. Tous les districts mentionnés ont été gagnés par le parti démocratique des peuples (HDP) aux dernières élections du 31 mars 2019.
 
L’avocat Sertaç Buluttekin a déclaré que la maire de la municipalité de Sur, Filiz Buluttekin, était sa cliente, et a ajouté que « la Direction générale de l’administration provinciale effectue le travail pour le compte du ministère de l’Intérieur. Ils cherchent à savoir s’il y a des poursuites et des enquêtes contre les maires. Nous pensons qu’ils se préparent à nommer de nouveaux administrateurs [kayyums]. »
 
 

Vive la rentrée littéraire à la kurde !

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Cette année, nous avons été gâtées au niveau littéraire par deux romans d’auteurs kurdes. En effet, la maison d’éditions Emmanuelle Collas Galaade a publié « Et tournera la roue », le deuxième roman du politicien et écrivain kurde Selahattin Demirtas, après celui d’ « Aurore » primé deux fois. La même maison a publié également « Ouverture à la française », le premier roman de la jeune écrivaine franco-kurde Dora Djann.
 
Vous voilà aidé.e.s par Kurdistan au féminin à faire vos choix pour cette rentrée littéraire qui en voit des vertes et des pas mûres !
 

Pour en savoir plus sur ces deux livres – à lire et ou à offrir – , vous pouvez lire cet article, où on écrivait, entre autre, « Le premier roman de la jeune franco-kurde, Dora Djann, « Ouverture à la française ». Ce roman a pour héroïne une jeune femme franco-kurde qui est déchirée entre sa communauté d’origine plutôt conservatrice et son désire d’émancipation (elle finit toutefois par embrasser la lutte de libération du peuple kurde).

« Dans cette vie de solitude, Ziné est en quête d’identité, cherchant ses racines et une réconciliation familiale. Née l’hiver du coup d’Etat militaire de 1980 à la frontière turco-syrienne, elle a laissé son passé en prenant l’avion pour Paris. Cette jeune réfugiée s’intègre entre pavillon de banlieue et HLM, transgression des coutumes et aspiration à une forme d’indépendance. L’auteure dessine alors, le portrait d’une femme égarée mais aussi celui d’une famille éclatée et d’une communauté menacée.

Le deuxième roman est celui de Selahattin Demirtas, avocat et politicien kurde qui nous a révélé l’écrivain talentueux qui sommeillait en lui en écrivant « Aurore » une fois jeté en prison en novembre 2016 par le pouvoir turc car il était devenu la bête noire de Recep Tayyip Erdogan, actuel Président turc. (Il est toujours en prison et on ne sait pas quand il retrouvera l’air libre)…

Le nouveau roman de Demirtas s’appelle « Et tournera la roue ». Dans ce roman, tous les protagonistes, « quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, on les reconnaît, ces gens ordinaires dont le destin se mêle à celui d’un pays, la Turquie », écrit le site Babelio. »
 
Bonne lecture !
 
 
 

« Femmes, organisons-nous contre la guerre, le fascisme, le sexisme & le féminicide ! »

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EUROPE – Le Mouvement des femmes kurdes en Europe (IRKWM) appelle les femmes du monde entier à unir leurs forces pour lutter contre la guerre, le fascisme, le sexisme et le féminicide.
 
Voici l’appel d’IRKWM :

« Femmes, organisons-nous contre la guerre, le fascisme, le sexisme et le féminicide !
 
Les pouvoirs dominant actualisent leurs politiques à travers le renforcement des guerres de colonisation au Kurdistan, au Moyen-Orient et partout dans le monde. Notre campagne « DEBOUT POUR LE CHANGEMENT ET LA LIBERTÉ » que nous avons lancée à l’occasion de la célébration de la révolution du Rojava, est une réponse contre toutes ces attaques. La résistance est la seule forme pour contrer tous ces réseaux systémiques, dont Daesh qui a commis un nettoyage ethnique en particulier un féminicide à Shengal et au Rojava.
 
La résistance et la lutte des peuples menées par les femmes ont donné un souffle d’espoir à toutes les femmes et à tous les peuples du monde. La mise en évidence de l’importance des organisations des femmes et de la lutte globale dans tous les domaines de la société ont été des caractéristiques de la révolution au Rojava face à la violence du système patriarcal.
 
La modernité capitaliste fondée sur le patriarcat se poursuit en formant et développant, à tous les niveaux de la société, une politique nationaliste, intégriste religieuse, positiviste, militariste et sexiste. La modernité capitaliste exclut d’office les femmes, les valeurs créées par celles-ci, leurs travaux, réflexions, leurs missions pionnières dans la société et ceci en s’immisçant dans leur âme et pensées collectives car les politiques dominatrices, antisociales et anti écologiques n’ont aucune chance de vivre dans une société influencée par la synergie, la fluidité, l’émotion et la pensée créées par les femmes.
 
L’indifférence face aux violences faites aux femmes depuis 5000 ans par le système patriarcal engendre une banalisation de la destruction, la colonisation, l’exploitation, l’oppression et les violences dans la société. La modernité capitaliste condamne les femmes et les hommes au système patriarcal en imposant à chacun des rôles où les hommes contrôlent la nature et la société. Dans ce système, les femmes sont considérées comme une main d’œuvre, un outil, et au service de la jouissance masculine. La violence sexuelle, le mariage non- consenti, la polygamie, le harcèlement, le viol, l’inceste et l’excision sont légitimés. Les lois ne protègent pas les victimes des violences, ne reconnaissent pas le droit à la vie des femmes ainsi qu’aux jeunes et aux enfants. Bien que le système fournisse une pensée libertaire moderniste à travers des applications adoucies, il nuit à son identité sociétale.
 
Les standards de vie ne sont pas appliqués de façon égale à toute la société et les politiques d’immigration des Etats européens créent une grande inégalité entre les peuples d’Europe et ceux qui ont été forcés à l’exil. En expliquant que le taux de chômage et les crises économiques sont liés à l’immigration, les politiques étatiques encouragent la discrimination et l’exclusion des immigrés. On néglige la responsabilité des politiques guerrières et économiques des Etats dans l’exil des femmes et des peuples. On impose aux personnes une vie en exil. L’exil forcé est un phénomène où la personne est dépaysée, déracinée, déchirée – séparée de sa source. L’individu est entraîné vers une perte d’identité dans un système et une société où les liens avec la langue maternelle, la culture et le pays sont de plus en plus rompus. La transformation de l’organisation des femmes en une organisation de toute la société, permettra également de développer l’auto-défense face aux diverses attaques. La plus grande auto-défense des femmes sera l’organisation et la prise de conscience féminine ou alors les rôles sociaux des femmes seront déterminés par le système, où elles sont exploitées, victimes d’attaques et violences. Ceci permettra de penser que toute violence exercée sur les femmes est une violence exercée sur soi-même. Ainsi, la résistance collective pourra se développer. Lorsque la pensée d’appartenir à l’autre sera surmontée, que son appartenance à sa propre existence et « être soi-même » seront acquis, la construction de la nation démocratique pourra aboutir. Nous avons l’ambition et la force d’être une alternative et d’atteindre la vie libre.
 
Nous voulons : Travailler pour une prise de conscience de la société sur les sujets suivants : les femmes et l’immigration, les femmes et la violence, les femmes et l’économie, l’écologie, la vie commune et libre, la famille démocratique, les femmes et la liberté, les femmes et la formation féminine et la culture, la langue maternelle etc. Dénoncer les politiques nationalistes, positivistes, militaristes et sexistes de la modernité capitaliste et propager la nécessité de rompre les rôles sexistes attribués par la société aux femmes. Développer la sensibilisation et l’intervention rapide pour prévenir les violences contre les femmes et les féminicides. Renforcer les structures déjà existantes (assemblée, commune, initiative, association etc) avec la devise « la liberté est l’auto-défense » pour de nouvelles organisations qui répondront aux besoins et mettront en évidence le potentiel féminin. »
 
Le Mouvement des femmes kurdes en Europe (IRKWM)
 
Kurdish.women.movement@gmail.com

Un ancien volontaire français des YPG répond à l’article mensonger de Mediapart

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Il y a quelques jours, Mediapart a surpris les milieux alternatifs et de gauche par un article publié sur son site qui accusait d’anciens combattants français des YPG de participer à des actions violentes en France, avec ce titre bien racoleur : « Ces revenants du Rojava qui inquiètent les services de renseignement ».
 
Les réponses des intéressés n’ont pas tardé.
 
Voici celle d’André Hébert, un ancien combattant des YPG cité dans l’article de Mediapart :
 
« Étant un ancien volontaire français du YPG, je n’ai pas d’autre choix que de répondre à l’article insultant de Mediapart nous concernant. Ce réquisitoire, qui a écœuré beaucoup d’entre nous, nous calomnie suivant un schéma narratif qui, depuis plusieurs années déjà, est presque mot pour mot celui du ministère de l’Intérieur. Le terme de « revenants », habituellement utilisé pour désigner les vétérans du djihad, sert à faire passer ceux qui les ont combattus pour de potentiels terroristes. Les journalistes se rendent coupables d’innombrables erreurs qui ont déjà été relevées par certains observateurs avisés. Il reprennent les méthodes de la DGSI : accuser sans preuve, citer des « sources » qui sont en réalité des mythomanes et des parasites qui ont brillé par leur inutilité quand ils étaient dans les rangs du YPG, ou exhumer de vidéos faites sur le coup de l’émotion, qui n’engagent que leurs auteurs. Le journaliste de Mediapart avait, avant même de me rencontrer, une idée très précise de ce qu’il voulait écrire. De mon livre, qu’il cite à plusieurs reprises, il n’a lu que quelques pages, comme il me l’a dit dès le début de notre rencontre. Fin connaisseur de la région, il semblait moins intéressé par ma version des faits que par celle de ses mystérieux « témoins » sur place ou celle de la DGSI.
L’erreur la plus grossière concerne la prétendue « décision de justice rendue en décembre 2016 et qui privait un militant de son passeport et l’empêchait de repartir sur zone ». Ce militant c’est moi et ce n’est en aucun cas à la suite d’une décision de justice que mon passeport m’a été retiré. En décembre 2016, quatre policiers se rendent chez moi, deux jours avant que je ne prenne l’avion pour retourner au Rojava, afin de me confisquer et de détruire mon passeport ainsi que ma carte d’identité. Ils agissent uniquement sur ordre du ministère de l’Intérieur. En lisant la notification qui m’a été remise, j’apprends qu’il m’est reproché d’entretenir des liens avec « l’émanation d’un groupe terroriste » et d’être susceptible d’utiliser mon expérience militaire afin de « porter atteinte aux intérêts français ». L’extrait me concernant stipule : « Considérant que si M… parvenait à rejoindre à nouveau les rangs des combattants des Unités de Protection du Peuple (YPG), son retour sur le territoire national constituerait une menace particulièrement grave pour l’ordre public, l’expérience opérationnelle acquise sur place étant susceptible d’être utilisée dans le cadre d’actions violentes de l’ultra-gauche révolutionnaire perpétrées contre les intérêts français ». En janvier 2017, j’ai contacté Maître Raphaël Kempf avec la ferme intention de contester cette décision et de défendre mes droits. Conformément à la procédure, j’ai pu avoir accès aux arguments du ministère de l’Intérieur avant l’audience. Sur le plan juridique, l’État se basait sur l’article L224-1 du code de la sécurité intérieure pour tenter de l’appliquer à ma situation. L’article concerne pourtant « les déplacements ayant pour objet la participation à des activités terroristes ou des déplacements à l’étranger sur un théâtre d’opérations de groupements terroristes ». Pour distorde le sens de cet article, et l’appliquer à ma situation, le YPG était qualifié « d’émanation d’un groupe terroriste » alors qu’il n’est pourtant pas considéré comme tel par la France, ni par aucun autre pays du monde (Turquie mise à part). Devant cette évidence, le second argument du ministère était de considérer le Nord-Ouest syrien dans son ensemble comme « un théâtre d’opérations de groupements terroristes » puisque l’État islamique y était actif. Suivant cette logique, que l’on aille en Syrie pour rejoindre l’État islamique ou le combattre, cela ne fait aucune différence aux yeux de l’administration. Le troisième et principal pilier de l’accusation était mes opinions politiques et mon appartenance à « l’ultra-gauche révolutionnaire ». Le simple fait d’être communiste et de me rendre en Syrie pour défendre « la révolution marxiste du Rojava » ferait donc de moi une menace. N’ayant trouvé aucune preuve de mon appartenance à une organisation violente en France et en dépit de mon casier judiciaire vierge, cela suffisait à l’État pour me considérer comme un terroriste potentiel. Comme l’a révélé le dossier d’enquête, même en ayant fouillé mon compte sur un réseau social, épluché mes courriers électroniques, écouté mes conversations téléphoniques passées depuis la Syrie et interrogé « une source humaine » protégée par l’anonymat, la police n’a rien pu trouver de suffisamment significatif pour convaincre les juges de ma prétendue dangerosité. Pour justifier le manque de matière étayant son dossier, le ministère a invoqué de mystérieux documents ne pouvant être communiqués au tribunal car étant « protégés par le secret de la défense nationale » et les non moins énigmatiques « techniques de dissimulation » que je mettrais en œuvre pour cacher mes véritables intentions. Ces allégations étaient tellement grossières et déconnectées de toute réalité que mon avocat a soupçonné les auteurs du dossier d’avoir repris tels quels certains passages figurant dans des documents ayant précédemment servi à incriminer des djihadistes. Devant cet absolu vide argumentaire, il apparaissait clairement que cette accusation était d’ordre politique, et relevait bien plus du délit d’opinion que de la sureté de l’État. Comme j’étais l’un des premiers français politisés à m’être rendu sur place, la police a voulu faire un exemple en me retirant mes papiers d’identité et adresser un message de fermeté à tous les communistes et anarchistes souhaitant se rendre au Rojava. Après une audience rapide, à laquelle le ministère de l’Intérieur n’a envoyé aucun représentant, le tribunal a cassé logiquement l’arrêté me concernant, en l’absence de preuve de ma dangerosité et pour la simple raison que le YPG ne peut être considéré comme une organisation terroriste.
 
Avant l’écriture de cet article de Mediapart, j’ai proposé à leur journaliste d’avoir accès à ce jugement, ce qu’il a refusé. Le fait qu’un dangereux « revenant d’ultra-gauche » ait été blanchi par la justice ne rentrait visiblement pas dans la narration anxiogène qu’il s’apprêtait à écrire.
 
L’un des auteurs de l’article se complaît dans l’idée que « l’inexpérience militaire des recrues françaises, (…) conduisait la direction des milices kurdes YPG (…) à les affecter en priorité à des travaux d’aménagement et de terrassement, ». Cette affirmation est parfaitement fausse. Les volontaires occidentaux du YPG (dont une vingtaine de Français) participèrent activement à toutes les offensives contre les djihadistes. À chacune de ses offensives, des combattants internationalistes étaient tués, d’autres mutilés, certains quelques semaines après leur arrivée au Rojava. 40 de nos camarades européens ou américains (dont trois Français) sont tombés au front, des dizaines d’autres ont été gravement blessés et beaucoup souffrent encore des blessures invisibles qu’ils ont récoltées sur le champ de bataille. Pendant que nous luttions pour libérer les territoires occupés par Daech, les agents de la DGSI nous espionnaient par le trou de la serrure, surveillaient nos conversations, nos fréquentations et, dans certains cas, exerçaient des pressions sur notre entourage. L’officier cité dans l’article, qui a passé « sa carrière à surveiller l’ultra-gauche », et qui nous décrit ironiquement comme tout juste capables de « crever des pneus de Vélib’ » devrait se souvenir que chacun d’entre nous à bien plus contribué à la lutte contre les djihadistes et à la sécurité du monde que lui dans toute sa carrière. Alors qu’il a passé sa vie derrière un bureau, à jouer les espions par écran interposé, nous étions en première ligne contre les commanditaires des attentats de Paris et de Nice.
 
Pour combattre Daech, il nous fallait évidemment une « formation militaire » dont la DGSI semble avoir si peur. Le but de cette formation était de nous préparer aux combats impitoyables qui allaient suivre, pas de nous entraîner à commettre de quelconques « attaques contre les forces de l’ordre françaises » qui sont le cadet de nos soucis.
 
Je connais personnellement la quasi-totalité des anciens volontaires français du YPG. Quand je les regarde aujourd’hui, je vois des hommes qui reprennent le fil de leur vie, qui ont à cœur de défendre les idées qui sont les leurs par un travail politique et non par de prétendues « cellules pré-terroristes » qui n’existent que dans l’esprit d’agents du renseignement accros aux conspirations et de journalistes avides d’histoires visant à susciter la peur. Cet article insultant, plein d’insinuations et de rumeurs, a tout l’air d’une commande de la DGSI aux journalistes de Mediapart. Ces derniers sont visiblement prêts à tout pour rendre service à leurs sources au sein de cette agence de renseignement. Les intérêts des journalistes et des policiers convergent lorsqu’il s’agit de nous caricaturer et de nous calomnier. Cette entreprise de dénigrement vise à discréditer les objectifs pour lesquels nous nous sommes battus : construire un futur basé sur une véritable démocratie et sur le partage des richesses. Ces idées, qui sont au cœur de la révolution du Rojava, sont aussi réclamées de plus en plus ardemment par les Français. C’est cela qui inquiète le pouvoir. Ils ne veulent pas que ce qu’ils appellent notre « radicalité » se répande en France. Ils craignent plus que tout au monde que se diffuse ce « virus » qui crée les révolutionnaires : le fait d’accepter de risquer sa vie pour un avenir meilleur. »

André Hébert a publié son livre « Jusqu’à Raqqa » qui parle de la lutte anti-Daesh qu’il a mené aux côtés des Kurdes.

Des mercenaires soutenus par la Turquie ont enlevé 10 autres Kurdes à Afrin

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L’Etat turc occupant et ses alliés mercenaires ont enlevé 10 autres civils à Afrin.
 
SYRIE / ROJAVA – AFRIN – Les attaques inhumaines de l’Etat turc et de ses alliés mercenaires contre les Kurdes d’Afrin se poursuivent.
 
Selon des sources locales, dix civils, dont une femme, auraient été enlevés dans le village de Ciwêq, à Afrin.
 
Les noms des civils enlevés sont : Mihemed Qasim, Nîhad Xerîb, Bekir Wehîd, Ebdo Subhîsa, Idrîs Reşîd Ereb, Yehya Hisên Reşîd, Fethî Emara, Mihemed Hec Mehmûd, Henîf et Mewlîda.
 
Aucune information n’était disponible sur le sort des civils kidnappés.