André Hébert : un internationaliste français aux côtés des Kurdes syriens
Mobilisation pour Selahattin Demirtas à la fête de l’Humanité 2019
PARIS – Lors de la fête de l’Humanité 2019, les Kurdes et leurs amis se sont de nouveau mobilisés pour l’homme à multiples facettes qu’est Selahattin Demirtas. En effet, à lui seul, Demirtas porte tant de casquettes : avocat spécialisé pour la défense des droits humains, politicien, écrivain talentueux, poète, prisonnier politique (pour ne pas dire otage politique)…
Fresque réalisée par l’artiste KWIM
L’Association de solidarité, « France-Kurdistan » a lancé une campagne de signatures exigeant la libération de Selahattin Demirtas sur son stand à la fête de l’Huma.
De plus, la fête de l’Huma de cette année coïncidait avec la sortie en France du deuxième roman de Demirtas « Et tournera la roue » (Devran). Son éditrice, qui a également traduit Devran, Emmanuelle Collas est venue sur le stand de l’Association de solidarité France-Kurdistan pour nous parler d’ « Et tournera la roue » et l’homme politique engagé qui se trouve emprisonné dans une prison turque depuis novembre 2016 car il terrorise le pouvoir turc par ses efforts en faveur de la paix et la démocratie pour tous les peuples de la Turquie, dont les Kurdes…
Eyyup Doru, Francis Wurtz, Emmanuelle Collas et Sylvie Jan
Dans l’après-midi du samedi 14 septembre, l’ancien euro-député français, Francis Wurtz et le responsable du parti démocratique des peuples (HDP) pour l’Europe, Eyup Doru étaient présents aux côtés d’Emmanuelle Collas pour parler des élus kurdes empsionnés en Turquie mais aussi des maires HDP destitués dans trois grandes villes de Turquie.
Francis Wurtz a déclaré que Demirtas se trouvait en prison car il avait « cherché à résoudre la question kurde de manière pacifique » et appelé à sa libération immédiate.
De son côté, Eyyup Doru a parlé des menaces qui pèsent sur le HDP et les Mairies kurdes. Il a déclaré que le pouvoir turc cherchait à interdire le parti HDP, notamment en prétextant que le système de coprésidence paritaire en vigueur au sein d’HDP était contraire à la Constitution turque ! Concernant les maires destitués à Amed (Diyarbakir), Mardin et Van, Doru a déclaré que les accusations prétendant que les maires HDP avaient envoyé de l’argent des municipalités au PKK étaient complètement fausses étant donnés que les administrateurs (kayyums), placés à la tête de ces municipalités avant l’arrivée des nouveaux maires, avaient vidé les caisses et endetté lourdement les villes en question. Ce qui voulait tout simplement dire qu’il était impossible aux maires d’envoyer de l’argent au PKK, quand bien même ils auraient voulu le faire…
Enfin, Emmanuelle Collas a parlé surtout de l’écrivain Demirtas et de son roman « Et tournera la roue » qui est un recueil de nouvelles écrites en prison. Elle a également déclaré qu’elle espérait la libération rapide de Demirtas qui est un espoir pour tous les opprimés en Turquie. En effet, Demirtas et son parti HDP sont le seul espoir pour les laissés-pour-compte, que ce soit les femmes, les minorités ethniques, religieuses (les Alévis notamment), les LGBT+…
Si vous ne l’avez pas encore lu « Et tournera la roue », on vous le conseille vivement car on l’a lu et découvert que Demirtas s’était surpassé dans la qualité purement littéraire de son écriture dans ce nouveau roman alors que les histoires qu’il raconte sont si fortes et émouvantes, comme toujours. Dans l’une d’elles, vous allez croiser un gamin qui met le feu à la scierie de son oncle pour que sa petite copine n’est plus froid dans sa maison sans chauffage alors qu’il fait un froid de canard dans un hiver enneigé particulièrement rude. Ou encore, un ancien juge turc pris de remord qui retourne dans un village kurde reculé pour rencontrer les parents d’un jeune berger tué sous la torture par les forces armées turques et dont il s’était rendu coupable en couvrant l’affaire… Ou encore, celle d’un jeune diplômé sans emploi qui rêve de devenir riche.
Dans ce roman, la tristesse remplace le rire et vice-versa tout au long des pages qu’on a hâte de tourner pour lire la suite…
La musicienne Eléonore Fourniau était également présente au stand de France-Kurdistan après une soirée de concert, en compagnie d’autres artistes, en solidarité avec ses amis kurdes.
Un journaliste kurde empêché de se rendre au Royaume-Uni pour enseigner dans une université britannique
Le Conseil Démocratique Kurde à la Fête de l’Humanité
(Communiqué du CDK-F)
En Turquie, les coups d’Etat passent, l’injustice reste
Le résultat tragique du coup d’Etat du 12 septembre 1980 :
Le 12 septembre 1980, le Conseil national de sécurité (Milli Güvenlik Konseyi, MGK), dirigé par Evren, déclare le coup d’Etat sur la chaîne nationale. Le MGK a ensuite étendu la loi martiale à tout le pays, aboli le Parlement et le gouvernement, suspendu la Constitution et interdit tous les partis politiques et syndicats.
650 000 personnes arrêtées
1 683 000 personnes fichées
230 000 personnes jugées
517 personnes condamnées à mort
50 des personnes condamnées à mort ont été exécutées (26 prisonniers politiques, 23 délinquants et un militant arménien du groupe Asala).
71 000 personnes ont été jugées en vertu des articles 141, 142 et 163 du Code pénal turc.
98 404 personnes ont été jugées pour appartenance à une organisation de gauche, de droite, nationaliste, conservatrice, etc.
388 000 personnes ont été privées de passeport.
30 000 personnes ont été licenciées de leur entreprise car elles étaient suspectées de liens avec des organisations ou des partis politiques.
14 000 personnes ont vu leur citoyenneté révoquée.
30 000 personnes sont parties à l’étranger en tant que réfugiés politiques.
300 personnes sont mortes de manière suspecte.
171 personnes sont mortes sous la torture.
937 films ont été interdits car ils étaient jugés répréhensibles.
23 677 associations ont vu leurs activités interdites.
3 854 enseignants, 120 chargés de cours et 47 juges ont été démis de leurs fonctions.
400 journalistes ont été jugés pour un total de 4 000 ans d’emprisonnement.
Les journalistes ont été condamnés à 3 315 ans et 6 mois de prison.
31 journalistes ont été emprisonnés.
300 journalistes ont été agressés.
3 journalistes ont été tués par balles.
Pendant 300, les journaux n’ont pas été publiés.
303 dossiers ont été ouverts pour 13 grands journaux.
39 tonnes de journaux et de magazines ont été détruits.
299 personnes ont perdu la vie en prison.
144 personnes sont mortes de manière suspecte en prison.
14 personnes sont mortes dans des grèves de la faim en prison.
16 personnes ont été tuées alors qu’elles s’enfuyaient.
95 personnes ont été tuées lors de combats armés. (ANF)
Les militants internationalistes engagés dans les Forces Démocratiques Syriennes
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Selahattin Demirtaş sélectionné pour le Prix Médicis 2019