Le Festival du film kurde de Londres s’ouvre avec 4 films d’Yilmaz Güney
Les Kurdes célèbrent le 30e anniversaire de l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne pour le Kurdistan d’Irak
KURDISTAN DU SUD – Il y a 30 ans jour pour jour, le Conseil de sécurité de l’ONU décidait d’instaurer une zone d’exclusion aérienne dans la région kurde d’Irak pour éviter que le dictateur Saddam Hussein ne commettent d’autres massacres après le génocide al-Anfal en 1988.
En ce trentième anniversaire de la résolution 688 du Conseil de sécurité des Nations Unies, les autorités kurdes ont renommé une des rues les plus fréquentées de la capitale Erbil (Hewler) en l’honneur de l’ancien premier ministre britannique Sir John Major pour son rôle essentiel dans l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne pour le peuple kurde en Irak en 1991. Une autre a été rebaptisée « Safe Heaven (Paradis sécurisé) », en référence à la sécurité que la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies a apportée aux zones kurdes réprimées par le régime de Saddam Hussein.
Cette décision a été prise alors que la région du Kurdistan commémore le 30e anniversaire de la résolution 688 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a ouvert la voie à une zone d’exclusion aérienne appliquée par les membres permanents du Conseil ainsi qu’à une aide humanitaire.
L’ancien premier ministre britannique, Sir John Major, a joué un rôle essentiel pour rallier le soutien aux Kurdes et leur fournir l’aide et la sécurité nécessaires.
La rue portant le nom de l’ancien premier ministre est située dans un quartier du centre-ville d’Erbil, entourée de tours d’affaires et de restaurants.
« Lorsque John Major verra les photos de la rue qui porte son nom, je sais qu’il se sentira honoré et humble », a déclaré James Thornton, consul général du Royaume-Uni à Erbil, lors de la conférence de presse, en remerciant les autorités du gouvernement régional du Kurdistan d’avoir renommé la rue.
FRANCE. Des politiciens, journalistes, avocats et cinéastes appellent à la libération d’Ocalan
La diaspora arménienne appelle l’État français à prendre des mesures fermes face aux Loups Gris
Les combattantes des YPJ : Nos forces ont été créées pour libérer les femmes


FRANCE. En criminalisant les militants kurdes, l’État français a encouragé les Loups Gris turcs
Le Collectif Internationaliste Marseille Solidarité Kurdistan appelle les autorités françaises à cesser de criminaliser les Kurdes de France en collaborant avec le régime turc:
Répression et attaques contre le mouvement kurde (et ses militant.e.s)…
Mardi 23 mars dernier, 10 personnes de la communauté kurde ont été interpellées et arrêtées par la brigade antiterroriste : 2 à Paris, 2 à Draguignan et 6 à Marseille. Leurs domiciles ont été violemment perquisitionnés, ainsi que le siège de l’association kurde à Marseille. Elles sont officiellement accusées de participation à une association de malfaiteurs, de financement d’une organisation terroriste et d’extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste. Il semblerait qu’une enquête, en cours depuis plusieurs mois soit à l’origine de ces arrestations.
Cette semaine, nous n’avions que très peu de nouvelles des camarades incarcéré.es : 3 ont été relâché.es, une personne sans contrôle judiciaire et deux sous assignation à résidence (une sous contrôle judiciaire simple, et une sous bracelet électronique). Elles ne peuvent ni être en contact avec certaines personnes ni sortir autour d’un certain périmètre (avec interdiction formelle de se rendre au Centre Démocratique Kurde de Marseille). Aujourd’hui, les sept personnes encore en détention sont réparties dans différentes prisons de haute sécurité dans les environs de Paris. Elles sont passées devant le JALD (juge administratif des libertés et de la détention) mais leurs demandes de sorties ont été refusées sous prétexte de risque de récidive. Elles vont donc rester en détention provisoire jusqu’à la date encore incertaine de leur procès, sachant que cela peut durer des mois. Au moins trois des personnes ont une santé fragile (leucémie, problèmes cardiaques…) et leur état n’est pas compatible avec une détention.
Il s’agit d’un des plus gros coups de filet de la police française dans les réseaux militants kurdes ces dix dernières années, et il intervient quelques jours après un échange téléphonique entre Macron et Erdogan et une rencontre de leurs 2 ministres des affaires étrangères, en plein Conseil Européen sur la géopolitique internationale.
La pression sur la communauté kurde est constante : la même semaine, près d’une centaine de personnes d’origine kurde ont été convoquées dans différents commissariats, partout en France. A Paris, la même semaine Vedat Bingol, ancien président du Conseil Démocratique Kurde a été convoqué pour outrage à Erdogan et propagande terroriste.
De plus, la répression en France sur les demandeurs et demandeuses d’asile ainsi que sur les réfugié.e.s kurdes s’accentue : en septembre 2020 Memet Yalçin a été renvoyé en Turquie alors qu’il était enregistré en tant que demandeur d’asile depuis plus de dix ans ; Huseyin, alors détenu en Centre de Rétention, écope de trois mois de prison pour ne pas avoir fait le test anticovid afin d’empêcher les autorités françaises de le livrer à la Turquie.
Ceux et celles qui ont le statut de réfugié.e.s politiques se retrouvent souvent menacées de ne pas voir reconduit leur titre de séjour après expiration, ou bien même de se le voir retirer, et ce malgré sa validité en cours.
Nous venons d’apprendre, ce samedi 3 avril, qu’un groupe de fascistes turcs, les Loups Gris (supposé être interdit en France) a attaqué le centre kurde à Lyon armés de barre de fer, saccageant tout sur leur passage et faisant 4 blessé-es.
Une collaboration entre l’état français (et les états européens) et l’état turc selon leurs intérêts géostratégiques
Encore une fois, les kurdes servent de monnaie d’échange aux tractations entre l’Europe et la Turquie dans le but d’améliorer les relations entre la France et Ankara.
C’est grave et ces arrestations soulèvent plusieurs points qu’il nous semble important de questionner.
La France accorde l’asile à des personnes venues se réfugier sur son territoire pour raisons politiques et fuir un régime totalitaire. Mais à la demande de ce même régime, pour apaiser ses relations diplomatiques et obtenir des intérêts géostratégiques, elle les arrête par la suite, au motif de leurs activités en faveur des droits humains dans leurs pays d’origine, qualifié de terrorisme.
Rappelons que la communauté continue de subir, en Europe, des menaces et des attentats extra-nationaux orchestrés par les services de renseignement turcs (MIT), à l’instar de l’assassinat des trois femmes et militantes kurdes à Paris en 2013, dont les commanditaires, bien qu’identifiés, n’ont pas été inquiétés par la justice.
Par ailleurs, la France soutient et accompagne logistiquement les forces résistantes kurdes qui se battent sur le terrain contre l’État Islamique et ont en charge la gestion du camp où sont enfermés les détenus djihadistes français et leurs familles dans le Nord de la Syrie3. D’un côté, l’état et son armée soutiennent les kurdes lorsqu’il s’agit de combattre le terrorisme islamique, de l’autre, et pour obtenir des faveurs d’Erdogan. Il les arrête et les emprisonne pour terrorisme. Ces arrestations de militant.es kurdes sur le sol français ne sont rien de moins qu’une trahison d’une ignoble hypocrisie. Pour asseoir ses intérêts, la France n’hésite pas à pactiser avec les dictateurs au mépris des droits humains et de ses engagements envers les kurdes.
Une répression pour anéantir un projet de société alternatif
Le triple féminicide de Sakine, Fidan et Leyla perpétré à Paris par un membre du MIT (service secret turc) n’est pas dû au hasard : il concerne trois militantes kurdes luttant pour le droit des femmes. Sakine a inspiré et a eu un rôle important dans le mouvement des femmes kurdes. L’objectif de l’état turc était d’anéantir le PKK et le projet émancipateur qui le caractérise. A savoir que le gouvernement turc multiplie les réformes patriarcales, défavorables aux femmes, et laisse impunis les crimes commis envers elles4.
Si les femmes ont une place primordiale au sein des mouvements kurdes, le mouvement de la jeunesse a un rôle moteur de part sa force, ses capacités d’imagination, et l’espoir qu’elle porte en elle.
Ainsi, la répression contre les jeunes est forte : on notera notamment qu’au sein des nombreuses arrestations des membres de la communauté kurde du 23 mars, la moitié sont des jeunes de moins de trente ans.
A cela se rajoutent les interpellations et les arrestations d’internationalistes effectuées le 8 décembre dernier « neuf militant·e·s libertaires, écologistes, pro-Kurdes, féministes et anti-racistes ont été perquisitionné·e·s et arrêté·e·s par la DGSI. Après plusieurs jours de garde à vue, deux furent libéré·e·s, deux autres placés sous contrôle judiciaire et cinq placé·e·s en détention provisoire. » Ils et elles sont « sont accusé·e·s de « participation à une association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ayant pour objet la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes », tel que défini dans l’article 421-1 du code pénal. » Les « lois antiterroristes » « servent aujourd’hui de base juridique pour traquer ceux qui ont voulu combattre le djihadisme en Syrie. Avoir pris les armes contre l’Organisation de l’État islamique devient un élément à charge pour la machine policière. »
En France, la répression que subissent les membres de la communauté kurde et les nombreuses arrestations des kurdes et internationalistes montrent non seulement la collaboration de l’état français avec l’état turc pour des intérêts géostratégiques, mais aussi la volonté d’écraser un projet politique alternatif – le confédéralisme démocratique – qui effraie les états capitalistes européens.
Liberté pour les camarades détenu.e.s en prison et dans les CRA !
Arrêt total des poursuites à leur encontre !
Retrait immédiat du PKK de la liste des organisations terroristes !
STOP à la collaboration française avec les états fascistes totalitaires !
FRANCE. Les nervis turcs des Loups Gris frappent de nouveau !
Manifestation kurde à Lyon contre les attaques des Loups Gris turcs
Gergerlioğlu: Ce n’est pas moi qui suis emprisonné, mais 90 000 personnes qui ont voté pour moi
FRANCE. Quatre blessés lors d’une attaque des Loups Gris turcs contre un centre kurde à Lyon
LYON – Vers 14h ce samedi, une vingtaine de Turcs cagoulés sont entrés dans locaux du centre culturel kurde de Lyon situés dans la Maison de la Mésopotamie à la Guillotière avec des barres de fer cassant tout sur leur passage. Les quatre Kurdes présents ont été sauvagement agressés. Blessés, ils ont été évacués par les pompiers.
L’association culturelle de Lyon dont les membres ont été visés avait déjà dénoncé il y deux semaines des menaces et des inscriptions attribuées aux Loups gris sur la porte de son local situé en rez-de chaussée.
Les initiales du parti ultra nationaliste turc MHP ainsi que les lettre RTE (pour Recep Tayyip Erdogan), avaient été taguées.
Il ne fait aucun doute que la criminalisation des Kurdes par les autorités françaises a encouragé les Loups Gris (soi-disant interdits en France après l’agression des Arméniens de France en automne 2020) à attaquer les Kurdes en France.