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Les Loups Gris ont attaqué un rassemblement kurde à Lyon

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LYON – Les Loups Gris ont attaqué les Kurdes et leurs amis en marge du rassemblement du samedi 19 juin, place Bellecour, suite à l’attaque fasciste du 17 juin contre le bâtiment du HDP à Izmir, ayant coûté la vie à Deniz Poyraz.
 
L’attaque des Loups Gris a fait 3 blessés.
 
Les Loups Gris turcs ont une forte implantation à Lyon où ils ont déjà agressé des Arméniens et des Kurdes.

L’attaque nationaliste turque contre le HDP pro-kurde n’est qu’un début

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Pour chaque jour où la question kurde de la Turquie n’est pas résolue, la Turquie restera un pays de meurtres non résolus, d’opposition écrasée et d’abus de pouvoir autoritaire. Il y aura toujours une justification toute faite pour la prochaine mort, la prochaine dérive autocratique et la prochaine guerre – une réalité qui menace à la fois les peuples de la région et les intérêts internationaux.
 
Les récentes allégations du chef de la mafia en exil, Sedat Peker, ont remis à l’ordre du jour le rôle du gouvernement turc dans des meurtres non résolus plus anciens. Dans tous ces cas, aucune enquête indépendante pour confirmer ou nier une collusion active de l’État n’a jamais été autorisée.
 
Il n’y a également aucun moyen de savoir combien d’autres attaques suivront. Les attentats de l’Etat islamique qui ont frappé le HDP et ses alliés il y a six ans se sont produits à moins de douze mois d’intervalle. Onur Gencer est loin d’être le seul citoyen turc aux préjugés ultra-nationalistes à avoir séjourné dans les zones de conflit en Syrie. Alors que les sondages d’Erdogan continuent de baisser et que les sentiments anti-kurdes et anti-HDP restent au cœur de la politique turque, il y a, sans aucun doute, d’autres désireux et capables de faire ce qu’il a fait ou pire – un sérieux défi pour la démocratie et la stabilité dans le pays.
 
Implications internationales
 
Pour chaque jour où la question kurde de la Turquie n’est pas résolue, la Turquie restera un pays de meurtres non résolus, d’opposition écrasée et d’abus de pouvoir autoritaire. Il y aura toujours une justification toute faite pour la prochaine mort, la prochaine dérive autocratique et la prochaine guerre – une réalité qui menace à la fois les peuples de la région et les intérêts internationaux.
 
Ce n’est pas un problème que la communauté internationale peut ignorer. Pendant des décennies, les États-Unis et leurs alliés européens ont soutenu les efforts de la Turquie pour rechercher une solution militaire à son problème politique le plus fondamental. Pourtant, ce faisant, ils ont créé un conflit internationalisé et un gouvernement qui menace désormais leurs propres intérêts. Le régime d’Erdogan se fait des alliés autoritaires , protège les djihadistes et occupe le territoire de pays étrangers. Sur le plan intérieur, l’instabilité ne fait que croître.
 
Fermer violemment le dernier espace politique civil dans lequel les Kurdes peuvent opérer et laisser libre cours aux extrémistes pro-gouvernementaux ne fera qu’accélérer cette tendance. Le soutien international à un règlement politique garantissant au peuple kurde ses droits et libertés fondamentaux pourrait libérer la Turquie de cette voie dangereuse et lui permettre de devenir une véritable démocratie et un acteur constructif dans la région. Il n’est pas nécessaire d’attendre une autre crise pour se rendre compte que la trajectoire actuelle du pays est insoutenable pour la région et le monde.
 
Meghan Bodette, chercheuse indépendante dont les travaux ont couvert le nord et l’est de la Syrie, la Turquie et les affaires kurdes. Elle est titulaire d’un diplôme en politique internationale de la School of Foreign Service de l’Université de Georgetown.
 
La version anglaise de l’article de Bodette peut être lue ici

KURDISTAN. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) exige la libération immédiate du journaliste Omed Baroshky

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KURDISTAN – Le journaliste kurde Omed Baroshki a été reconnu coupable de trois chefs d’accusation par un tribunal de Duhok mardi 22 juin et condamné à un an de prison et au paiement d’une amende.

 
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) exige la libération immédiate d’Omed Baroshky et exhorte les autorités kurdes d’Irak d’arrêter de harceler les journalistes.
 
Le CPJ a dénoncé la condamnation du journaliste Omed Baroshki à un an de prison et au paiement d’une amende et a appelé à sa libération immédiate, à l’abandon de toutes les charges supplémentaires retenues contre lui.
 
Mardi, un tribunal de Duhok a condamné Baroshky pour deux chefs d’accusation de violation de l’article 2 de la loi sur l’ « utilisation abusive des appareils de communication » et a prononcé des peines de six mois pour chacun.
 
Il a également été condamné à une amende de 240 000 dinars irakiens pour violation de l’article 240 du Code pénal irakien, qui criminalise la désobéissance à l’ordre d’un agent public.
 
L’avocat de Baroshky, Reving Yaseen, a déclaré qu’ils feraient appel de la décision.
 
Baroshky devrait faire face à des accusations supplémentaires lors d’une audience le 29 juillet. À l’exception d’une brève libération sous caution de cinq heures, il est en prison depuis août 2021.
 

LYON. Tuna Altinel va encore énerver les Loups Gris turcs

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FRANCE – Voici le message (en kurde*) de soutien de Tuna Altinel à l’avocate et politicienne kurde Zerrin Bataray candidate aux élections régionales 2021 sur la liste de Fabienne Grébert (EELV) en Auvergne Rhône-Alpes.
 
Le message de soutien en kurde de Tuna Altinel
 

Sachant qu’à Lyon il y a un noyau dur de Loups Gris turcs qui font parler d’eux depuis des mois pour avoir attaqué des Arméniens et l’association kurde de Lyon, ce message en kurde de Tuna Altinel à une politicienne franco-kurde risque de faire des remous dans les rangs du sultan Erdogan en France.

 
*Le mathématicien Tuna Altinel a été tenu en otage en Turquie pendant 2 ans pour avoir participé en France à une soirée sur le massacre des Kurdes par les forces turques à Cizre. C’est le consulat de Turquie à Lyon qui avait signalé au régime turc la présence d’Altinel à la soirée en question et à son arrivée en Turquie quelques mois plus tard, il se trouvait en prison pour « terrorisme ».
 
Tuna Altinel a commencé à apprendre le kurde quand il était en prison avec de nombreux prisonniers politiques kurdes. Une langue interdite qui est sensé disparaitre avec le peuple kurde…

Mini-festival autour du Kurdistan à Douarnenez

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Conteur et metteur en scène, Elie Guillou clôture sa résidence à Douarnenez par un mini festival autour du Kurdistan avec les artistes kurdes Aram Tastekin, Rusan Filiztek et des invités surprises le samedi 26 juin après une soirée de lecture à Loquémo le 25 juin.

Voici le programme du 25 et 26 juin communiqué par Elie Guillou:

Le résidence à Douarnenez, c’est presque fini. Pour clore en beauté et ensemble, deux rendez-vous autour du Kurdistan :

Vendredi 25 Juin à 19h au café Théodore (Loquémo) : Je lirai des extraits du livre à venir accompagné par Aram Tastekin (récits) et Rusan Filiztek (Oud, Saz et chant)

Samedi 26 Juin : Mini-festival autour du Kurdistan à Douarnenez

13h-14h et 14h- 15h : Lecture d’extraits du livre à la Librairie l’Angle rouge, avec Rusan Filiztek. reservation@librairiedelanglerouge.com (Pensez à réserver ! Covid oblige, il y a peu de place.)

16h-17h : Balade contée avec Aram Tastekin, départ devant l’Angle rouge pour une belle errance aux Plomarc’h.

18h : Vernissage à la petite Galerie du 22 rue Kérivel ( à côté du Kebab), avec les photographes Gaël Le Ny et François Legeait suivi d’une rencontre à la Maison Griffon.

19h30 : buffet kurde et concert de Rusan Filitek avec des invités surprise.

Plus de précisions ? rhizomes-dz@gmail.com

EUROPE. Journée d’actions le 3 juillet contre l’invasion du Kurdistan par la Turquie

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EUROPE – L’Initiative Internationale « Défendre le Kurdistan » a appelé à une journée européenne d’actions le samedi 3 juillet contre l’occupation turque au Kurdistan du Sud, contre les politiques expansionnistes néo-ottomanes turque qui menacent en premier lieu les Kurdes mais aussi le Moyen-Orient et la région méditerranéenne.
 
Les revendications sur les anciens territoires de l’Empire ottoman et les visions de grande puissance d’Ankara sont actuellement particulièrement évidentes au Kurdistan du Sud (Région autonome kurde d’Irak). Depuis deux mois maintenant, la région est attaquée en violation du droit international, inaperçue de la communauté internationale des États – avec l’aide de mercenaires djihadistes ramenés de Syrie.
 
Les réactions habituelles de l’UE et de l’OTAN aux agressions militaires de la Turquie contre ses pays voisins, telles que « nous condamnons ces mesures » ou « nous en sommes préoccupés », sont absentes cette fois. (ANF)

PARIS. Manifestation, meeting et concert contre l’invasion du Kurdistan par la Turquie

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PARIS – Alors que d’invasion turque au Kurdistan du Sud menace l’existence du peuple kurde, le Conseil Démocratique Kurde en France organise le dimanche 4 juillet une manifestation suivie d’un meeting et d’un concert en présence du chanteur légendaire Şivan Perwer et du Trio Gayaneh composé de Richard, Marie-Jeanne et Amandine Khayadjanian qui puisent leur musique dans leurs origines arméniennes, Vicken Tarpinian et Fatoum pour la musique berbère. Toutes les personnes soutenant la lutte de survie du peuple kurde sont conviées à cet événement.
 
RDV à 14 heures, à la Gare du Nord pour participer à la marche qui partira en direction de la place de la République où le meeting et le concert auront lieu.
Voici le communiqué annonçant l’événement du 4 juillet:
 
DÉFENDRE LE KURDISTAN CONTRE L’INVASION TURQUE

Grande marche à Paris, le 4 juillet, 14h
Gare du Nord – République

Suivie d’un meeting et d’un concert

En avril, la Turquie a lancé une nouvelle campagne militaire de grande envergure au Sud-Kurdistan (nord de l’Irak). De lourdes batailles se poursuivent dans la région, les forces de la guérilla kurde résistant farouchement à cette invasion illégale. Ces attaques à grande échelle ne visent pas seulement la guérilla du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), elles tendent aussi à occuper le Kurdistan du sud.

Profitant de l’absence de réaction, tant au niveau régional qu’international, le régime turc a mis en place un plan d’occupation de l’ensemble du Rojava (région du nord et de l’est de la Syrie) et du Sud-Kurdistan, déterminé à procéder à un nettoyage ethnique de cette vaste zone kurde – longue de 1400 km – allant du nord-ouest de la Syrie à la frontière irako-iranienne. Dans le même temps, la Turquie mène une guerre de drones contre le camp de réfugiés de Makhmour, au mépris profond du droit international, et tente de dépeupler la région de Shengal (Sinjar), où vivent les Yézidis, cherchant à réaliser ainsi ce que Daech n’a pu faire.

Ces crimes s’inscrivent dans la logique impérialiste qui s’est également traduite par l’offensive lancée par la coalition turco-azerbaïdjanaise contre la République du Haut-Karabakh le 27 septembre dernier. Une guerre qui a fait au moins 4000 victimes arméniennes et qui a débouché sur l’occupation d’un quart de l’oblast du Haut-Karabakh, dans la perspective néo-ottomane d’établir une continuité terrestre panturque depuis la Méditarannée jusqu’à la Caspienne. D’où les menaces actuelles sur l’intégrité territoriale de l’Arménie, 100 ans après le génocide de 1915, tandis que l’armée d’Erdogan multiplie les provocations militaires contre la Grèce et Chypre en méditerranée, les interventions en Syrie, en Irak, en Libye, en Afrique, tout en proférant des menaces à peine voilées sur l’Europe, tenue en respect par toutes sortes de chantages.

Face à l’invasion de leurs terres par la Turquie, le gouvernement régional du Kurdistan (KRG) et le gouvernement irakien gardent un silence consternant. Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), au pouvoir dans la région, va même jusqu’à collaborer avec le régime expansionniste turc, tentant de légitimer son occupation. Quelle que soit la pression économique d’Ankara, le PDK ne doit pas se laisser transformer en mandataire de la Turquie, car les conséquences de cette guerre peuvent être graves pour l’ensemble du Kurdistan et de la région.

Depuis l’été 2012, les Kurdes du Rojava et du nord-est de la Syrie travaillent main dans la main avec les communautés locales arabe, assyrienne, turkmène et arménienne. Ils ont mené ensemble une révolution qui a abouti à la création d’une administration autonome, démocratique et basée sur l’égalité de genre. Afin de détruire tous les acquis de cette administration, la Turquie a utilisé des mercenaires djihadistes pour attaquer et occuper ces régions du Rojava, notamment Afrin, Serêkaniyê (Ras al-Aïn) et Girê Spî (Tall Abyad). Ses forces d’occupation s’y livrent à des crimes de guerre systématiques (enlèvements, viols, meurtres, pillages), provoquant des déplacements massifs de population, ceci dans le cadre d’une stratégie turque de nettoyage ethnique et d’annexion de ces terres.

La guerre antikurde sévit également à l’intérieur des frontières de la Turquie. Le dernier exemple de l’hostilité implacable d’Erdoğan à l’égard des acquis politiques et sociaux kurdes réside dans sa tentative de dissoudre le Parti démocratique des Peuples (HDP). Il s’agit de la dernière étape d’une campagne menée depuis des années contre le HDP qui a conduit à l’emprisonnement de milliers de membres de ce parti.

Le monde doit reconnaître que la Turquie tente de perpétrer un génocide contre le peuple kurde. Le PKK représente le seul rempart contre cette campagne génocidaire et contre l’expansionnisme du régime d’Erdogan qui n’a jamais caché son ambition de restaurer la gloire perdue de l’Empire ottoman.

Alors que la Turquie ne cesse de fouler aux pieds les normes les plus fondamentales du droit international, l’OTAN, les Nations unies, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe gardent un silence assourdissant qui encourage Erdoğan dans la poursuite de son autoritarisme et de ses crimes de guerre.

Nous appelons toutes les personnes, partis et institutions attachés aux valeurs démocratiques, à la paix, la liberté, à briser le silence, à joindre leurs voix pour exiger l’arrêt immédiat de l’invasion turque au Kurdistan et le retrait de la Turquie de toutes les zones occupées.

 

Premiers signataires :
Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F)
Conseil de coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF)
Parti Communiste Français (PCF),
 

A quand la justice pour les 3 femmes kurdes tuées à Paris?

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PARIS – Cela fait plus de 8 ans que trois femmes kurdes ont été tuées à Paris par un tueur à gage lié aux services secrets turcs (MIT) mais les proches des victimes n’arrivent pas à obtenir justice car l’affaire relève de raison d’État. Malgré cela, les Kurdes et les familles des 3 victimes restent mobilisés pour obtenir justice.
 
Dans l’article suivant, Joseph Andras revient sur cette recherche de vérité semée d’embuches: 
 
Militantes kurdes assassinées à Paris: un crime à l’ombre de la raison d’État
 
L’enquête sur l’assassinat, le 9 janvier 2013, de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Söylemez se heurte au mur du secret-défense. Leurs familles, leurs camarades en demandent la levée.
 
Paris, rive droite. Dans le 10e arrondissement, un immeuble haussmannien s’élève sur six étages. Toiture de zinc, ciel de printemps. Au numéro 147, une plaque honore la mémoire des trois militantes kurdes assassinées le 9 janvier 2013 au moyen d’un pistolet semi-automatique de calibre 7,65.
 
On pousse la lourde porte grise à deux vantaux, on traverse le hall d’entrée, on franchit une deuxième porte, on gravit l’escalier étroit : le pallier est exigu. Au fond, à droite. C’est ici. La porte beige est en partie esquintée ; il reste des scellés de cire rouge et des morceaux de ruban adhésif. Les deux pièces du local – celui, alors, du Centre d’information sur le Kurdistan – demeurent inhabitées depuis huit ans.
 
Elles s’appelaient Sakine Cansiz, Fidan Dogan (dite Rojbin) et Leyla Söylemez.
 
Un carnage commandité
 
Toutes trois sont nées dans le Kurdistan du Nord, dans le sud-est de la Turquie ; toutes trois se sont battues pour la reconnaissance des droits du peuple kurde, l’égalité entre les sexes et l’émancipation socialiste. À l’heure de tomber sous les projectiles, la première a 54 ans, la deuxième 30 ans et la troisième vient tout juste de fêter ses 24 ans. Sakine Cansiz a cofondé le Parti des travailleurs du Kurdistan – le PKK – et bénéficiait de l’asile politique en France ; Fidan Dogan y a grandi et représentait le Congrès national du Kurdistan ; Leyla Söylemez a passé une grande partie de sa vie en Allemagne et séjournait depuis peu sur le sol français.
 
Ce 9 janvier, entre 18 et 19 heures, derrière la lourde porte de l’immeuble parisien, personne n’a rien entendu.
 
L’homme qui a tiré a pour nom Ömer Güney. Un nationaliste turc de 34 ans, sympathisant du mouvement fasciste des Loups gris ; il vivait en France depuis deux ans. Pas à pas, il a infiltré le Centre d’information et gagné la confiance de la dirigeante révolutionnaire en proposant ses services de traducteur et de chauffeur. La police retrouvera de la poudre sur son sac, du sang sur ses mains et, dans son téléphone portable, plusieurs centaines de documents confidentiels qu’il a pris soin de photographier. Güney était, preuves en l’appui, en lien direct avec les services de renseignements de la Turquie – le MIT. Deux agents turcs capturés par le PKK au nord de l’Irak le confirmeront en 2017. Le présumé coupable n’a pourtant jamais pu être jugé : incarcéré à Fresnes, le militant nationaliste est mort fin 2016 d’un cancer du cerveau.
 
Le MIT niera toute implication et, en France, l’affaire sera classée sans suite.
 
Obtenir justice
 
Les familles des victimes, que les présidents François Hollande et Emmanuel Macron n’ont jamais cru bon de recevoir, n’entendaient, bien sûr, pas en rester là. En mars 2018, elles ont déposé plainte, avec constitution de partie civile, dans l’espoir d’obtenir la reprise des investigations ; un an plus tard, une information judiciaire était ouverte, un juge antiterroriste reprenant l’enquête. Un élément des plus troublants s’était même ajouté au dossier : des documents belges ont fait état de la possible complicité de l’ancien ambassadeur de Turquie en France Ismail Hakki Musa, connu pour ses états de service auprès du renseignement turc.
 
Pour la première fois, jeudi 20 mai 2021, le juge d’instruction a reçu les familles.
 
« Il y a un blocus sur le dossier. On n’arrive pas à avancer concrètement, nous confie Agit Polat un mois plus tard en sa qualité de porte-parole du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F). Même si le dossier belge permet, très partiellement, une légère avancée. »
 
Un blocus qui n’a pourtant rien d’inéluctable. Lors d’une conférence récemment organisée par l’association France-Kurdistan, le CDK-F et les Amitiés kurdes de Bretagne, l’un des trois avocats en charge de l’affaire, Jean-Louis Malterre, a ainsi fait savoir que l’une des principales entraves à l’obtention de la vérité et de la justice n’était autre que le refus, dûment formulé par le ministère de la Défense, de déclassifier l’intégralité des documents. Autrement dit de lever le secret-défense. C’est que l’article 413-9 du Code pénal stipule que sont classées telles les données dont l’accès « est de nature à nuire à la défense nationale ou pourrait conduire à la découverte d’un secret de la défense nationale ».
 
Le ministère de l’Intérieur n’a, quant à lui, pas répondu.
 
Déjouer le silence
 
« Ce que veulent avant tout les familles, poursuit Agit Polat, c’est la levée immédiate du secret-défense. Pour que cette affaire soit enfin élucidée et que les commanditaires de ce triple assassinat soient jugés, il faut que l’État partage avec le juge d’instruction l’ensemble des informations qui sont en sa possession. » Le sénateur Rémi Féraud, maire du 10e arrondissement de Paris au moment des faits, s’engage donc à contacter les différents groupes au Sénat en vue d’obtenir l’attention du gouvernement. Et le porte-parole du CDK-F d’ajouter : « Aussi, les familles veulent être reçues par les autorités françaises. Elles veulent être entendues. C’est une nécessité. Malheureusement, le gouvernement reste silencieux. »
 
Déjouons, dès lors, ce bien trop long silence.
 
Article de Joseph Andras, publié sur le site l’Humanité

Actions de commémoration pour Zehra, Hebûn et Amina tuées par la Turquie le 23 juin 2020 à Kobanê

ROJAVA – Le 23 juin 2020, trois femmes, Zehra Berkel, Hebûn Xelîl et Amina Waysî ont été assassinées par l’État turc dans le canton kurde de Kobanê.
 
Le mouvement des femmes Kongra Star appelle les femmes et les organisations à partager leurs réflexions et leurs actions pour rendre hommage à Zehra Berkel, Hebûn Xelîl et Amina Waysî ont été assassinées par l’État fasciste turc dans le village de Helincê à Kobanê. Kongra Star a rappelé que les trois femmes « ont été ciblées parce qu’elles s’organisaient politiquement en tant que femmes et défendaient les droits des femmes ».
 
Kongra Star a ajouté : « L’anniversaire approche, nous l’utilisons pour attirer à nouveau l’attention sur notre lutte quotidienne contre le féminicide. En ce jour, nous appelons les femmes et les organisations du monde entier à s’activer contre cette attaque brutale, qu’il s’agisse d’actions physiques ou en ligne, et à nous envoyer des photos de vos actions.
 
Une attaque contre une femme est une attaque contre toutes les femmes. Les attaques contre les femmes sont une attaque contre la société. Afin d’arrêter et de traduire en justice ces attaques perpétrées par les systèmes capitalistes et patriarcaux contre les femmes, nous devons agir ensemble. »
 
Kongra Star a également rendu hommage à Deniz Poyraz qui a été assassinée à Izmir le 19 juin à la suite d’une attaque contre le bâtiment provincial du HDP.
 
Le 23 juin, un drone turc a délibérément tué trois militantes du mouvement des femmes à Kobanê. Zehra Berkel était une membre dirigeante de l’organisation de femmes Kongra Star, Hebûn Mele Xelîl et Amina Waysî étaient également actives dans la révolution des femmes au Rojava.
 

AFRIN. Une fillette de six ans capturée par les gangs de la Turquie

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ROJAVA – ROJAVA – Dans le canton kurde d’Afrin, les gangs islamistes de la Turquie continuent à kidnapper des fillettes et des femmes qui deviennent esclaves sexuelles.
 
Cette fillette de six ans s’appelle Roya Muhammed Khater. Elle a été kidnappée par des gangs liés à la Turquie qui occupent Afrin depuis 2018. 
 
Le mouvement des femmes du Rojava, Kongra Star a condamné cette énième kidnapping et déclaré « Les organisations internationales doivent assumer leur responsabilité de nommer et de mettre fin aux violations des droits humains, aux crimes de guerre, aux violations du droit international et aux crimes contre l’humanité commis par la Turquie contre la région du nord et de l’est de la Syrie et partout où il y a des Kurdes. »

Les ONG locales de défense des droits humains rapportent régulièrement des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis depuis des années par les mercenaires et les forces turques dans les régions syriennes qu’ils occupent, en vain. La communauté internationale reste complice de la Turquie dans ses crimes visant les Kurdes au Rojava, au Kurdistan du Nord et au Kurdistan du Sud.

 

TURQUIE. Vers la fermeture définitive d’HDP

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TURQUIE – Aujourd’hui, la Cour constitutionnelle turque a accepté l’acte d’accusation demandant l’interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde accusé d’être la vitrine politique d PKK…
 
La Cour constitutionnelle turque avait reçu en mars l’examen d’une demande d’interdiction du HDP, mais elle avait renvoyé le dossier au procureur pour un supplément d’information car elle avait constaté des vices de procédure.
 
En Turquie, les Kurdes n’ont pas le droit de défendre leurs droits sur la scène politique et quand ils prennent les armes, ils sont qualifiés de « terroristes » par les pays qui occupent le Kurdistan, mais aussi par l’Occident, dont l’Europe..
 
Jusqu’à présent, tous les partis pro-kurdes ont été interdits

 

La fermeture de partis politiques, en particulier de partis kurdes, est une vieille tradition dans l’histoire de la Turquie. Jusqu’à présent, la Cour constitutionnelle turque a interdit six partis politiques kurdes. Le premier fut le Parti du travail du peuple (HEP) créé le 7 juin 1990. Le HEP a rejoint le Parti social-démocrate (SHP) pour les élections générales de 1991 et obtenu 22 sièges à l’assemblée nationale turque. En juillet 1993, le HEP fut interdit. Ensuite, ce fut le tour du Parti de la Liberté et de la Démocratie (OZDEP) : fondé en mai 1993, il a été interdit le 23 novembre 1993. Le Parti de la démocratie (DEP) lui a succédé. En mars 1994, le Parlement turc a levé l’immunité de six députés du DEP, qui ont ensuite été condamnés à 15 ans de prison pour « terrorisme ». Le 16 juin 1994, la Cour constitutionnelle a interdit le DEP qui fut remplacé par le Parti de la Démocratie du Peuple (HADEP), le 11 mai 1994. Lors des élections locales de 1999, le HADEP a remporté 37 municipalités dans la région kurde, dont sept grandes villes. Pourtant, en mars 2003, la Cour constitutionnelle turque a également interdit le HADEP. Le 9 novembre 2005, a été fondé le Parti pour une Société démocratique (DTP). Ses candidats se sont présentés de manière indépendante aux élections générales de 2007, obtenant 22 sièges au parlement turc. Lors des élections locales de 2009, le DTP a remporté des mairies dans plus de 100 villes et villages de la région kurde. Il fut interdit le 11 décembre 2009.

 

La fermeture prochaine du HDP sera la suite logique des choses et l’État turc dit ouvertement aux Kurdes qu’ils n’ont pas le droit de faire de la politique, comme ils n’ont pas le droit de parler leur langue, vivre leur culture, s’auto-gouverner. En un mot, ils doivent garder leur statut de colonisés sur leurs propres terres et tant que le Kurdistan sera occupé par la Turquie, la démocratie sera un vain mot pour les Kurdes.

 

Les autres partis turcs, qui sont tous anti-kurde, ne sont pas à l’abri d’une interdiction non plus. Qu’il s’agisse du CHP kémaliste et même ceux de l’extrême-droite MHP ou IYI, s’ils gênent le parti AKP du Président Erdogan, ils feront face à des demandes d’interdiction et il n’est pas sûr qu’ils aient plus de chance que le HDP.

TURQUIE. La police menace le père de Deniz Poyraz

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TURQUIE – La police turque a menacé Abdülillah Poyraz, père de Deniz Poyraz, la militante kurde qui a été assassinée par un fasciste turc dans le local d’HDP à Izmir le 17 juin.
 

Deniz Poyraz, qui a été assassinée le 17 juin à la suite de l’attaque contre le bâtiment provincial d’Izmir du Parti démocratique des peuples (HDP), a été enterrée le 18 juin lors d’une cérémonie de masse.

Après les discours et les slogans lors de la cérémonie, la police turque a menacé les membres de la famille de Deniz en disant que le père avait fait de la propagande terroriste.

Selon l’agence Mezopotamya, un proche de la famille, qui n’a pas voulu donner son nom pour des raisons de sécurité, a déclaré : « L’un des policiers qui attendaient autour de la mosquée de Kadifekale, où se tenait la prière funéraire, est venu me voir et m’a dit : « Vous avez mal agi. Quand Abdülillah Poyraz [le père de Deniz] a pris la parole lors de la cérémonie, il a fait de la propagande pour le PKK. Nous ne le laisserons pas comme ça».

La police turque menace les membres de la famille d’une part tandis que d’autre part, elle a fait preuve de compassion envers le tueur Onur Gencer, lorsqu’il a été arrêté. Gencer faisait partie des groupes de gangs armés que l’État turc a formés pour envoyer et commettre des crimes au Rojava et en Syrie.