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Pendant que certains célèbrent la fête de la musique…

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PARIS – Puisque ce 21 juin, c’est la fête de la musique en France, on veut vous rappeler que Nûdem Durak, une jeune Kurde de 33 ans, croupit dans les geôles turques depuis 2015 pour avoir chanté dans sa langue maternelle.
 
Cela fait plus de 6 ans que la chanteuse kurde Nûdem Durak est en prison pour avoir chanté dans sa langue maternelle. Elle doit retrouver sa liberté en 2034. Un châtiment de 19 ans pour lui enlever le goût de chanter les chansons de son peuple… ou montrant la fausseté du discours officiel turc parlant de leurs « frères kurdes ».
 
La justice turque a condamné la chanteuse kurde Nudem Durak à 19 ans de prison pour avoir enseigné la musique kurde.
 
Originaire de Cizre, Nûdem Durak enseignait des chansons kurdes aux enfants. (Vous pouvez entendre Nûdem chanter en kurde ici) En 2015, Elle a été arrêtée et condamnée à dix ans et demi de prison pour «promotion de la propagande kurde» en chantant dans sa langue maternelle. En juillet 2016, sans accusation ni condamnation supplémentaires, sa peine a été portée à 19 ans. (Vous pouvez écouter une chanson de Nudem ici)
 
Les Kurdes subissent la persécution et l’assimilation forcée depuis des décennies par la Turquie, l’Iran, la Syrie (jusqu’à récemment par l’Irak) et qui occupent le Kurdistan. Ils sont condamnés à disparaitre en tant que peuple.
 
Pour le gouvernement turc, qui a même interdit les mots «Kurdes», « Kurdistan », jusqu’aux années 1990 (les appelant plutôt «Turcs des montagnes»), chanter ou parler en kurde était tout simplement interdit. Aujourd’hui, on peut parler ou chanter kurde dans le cadre privé, à condition ne pas parler du statut de colonisé des Kurdes, leur assimilation forcée, la destruction et le pillage de leur culture, leurs richesses naturelles, leur patrimoine… mais louer (en kurde) les « bienfaits de la colonisation » turque au Kurdistan qui a sorti les « sauvageons kurdes » de leurs grottes et les a « civilisés » à coup de massacres, de déportation et d’assimilation forcée. Elle n’est pas belle la vie en turque?

Une réfugiée kurde meurt de fatigue sur la route de l’exil vers l’Europe

Mehri Nabizadeh, une réfugiée kurde du Rojhilat est décédée d’une crise cardiaque due à la fatigue alors qu’elle marchait avec son mari et leurs deux fillettes vers la Grèce. Ces six derniers mois, 11 réfugiés kurdes du Rojhilat sont morts sur la route de l’exil vers l’Europe.
 
Selon un rapport reçu par l’ONG Hengaw, le lundi 14 juin 2021, une demandeuse d’asile de 27 ans, identifiée comme étant Mehri Nabizadeh, originaire de Sardasht, est décédée d’une crise cardiaque alors qu’elle se rendait en Grèce.

 

Le mari de Mehri Nabizadeh porte le corps sans vie de son épouse alors qu’il continue sa route avec ses deux fillettes
 
Mehri Nabizadeh, accompagné de son mari et de ses deux filles âgées de 4 et 7 ans, tentaient de rejoindre la frontière grecque par voie terrestre. Elle est décédée d’une crise cardiaque en raison d’une longue distance et de la fatigue due à la marche.
 
Selon les statistiques enregistrées par le Centre de statistiques et de documentation de l’Organisation des droits de l’homme Hengaw, au moins 11 demandeurs d’asile kurdes d’Iran sont morts au cours des six derniers mois alors qu’ils se rendaient dans des pays européens. Neuf d’entre eux venaient de Sardasht.
 

TURQUIE. L’assassin de Deniz Poyraz espérait tuer plus de monde dans le local d’HDP

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TURQUIE – L’assassin de la jeune kurde Deniz Poyraz tuée dans le local du parti HDP a déclaré qu’il s’attendait à tuer plus de monde, ajoutant qu’il ne regrette absolument pas son acte. D’autres informations font état d’une liste de politiciens à abattre que le tueur aurait préparée. L’ancien dirigeant d’HDP Selahattin Demirtas, actuelle coprésidente d’HDP Pervîn Bûldan, l’ancienne députée Leyla Zana et Bariş Atay, l’ancien député HDP passé au TIP, seraient sur la liste en question.

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Selahattin Demirtas, Pervîn Bûldan, Leyla Zana et Bariş Atay

Un mercenaire turc qui a attaqué jeudi le bureau du Parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde à Izmir, tuant une femme membre du parti, a déclaré aux autorités qu’il s’attendait à trouver d’autres personnes sur les lieux pour tuer un maximum de Kurdes qu’il qualifiait de « rejetons d’Arméniens ».

 
Onur Gencer, un soi-disant agent de santé d’une vingtaine d’années (mais en réalité un mercenaire formé aux armes en Syrie), a tué Deniz Poyraz après l’avoir laissé entrer dans le bâtiment vers 11 heures, heure locale. Le HDP a déclaré que Poyraz était au local à la place de sa mère.
 
Dans un témoignage après avoir été arrêté par la police, Gencer a déclaré : « J’aurais tiré sur d’autres aussi, s’il y avait plus de monde dans le bâtiment. »
 
« Je n’ai fait aucune distinction », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il pensait que des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) « fréquentaient » les locaux.
 
Troisième formation parlementaire, le HDP est accusé par le gouvernement et ses alliés nationalistes de liens avec le PKK, partenaire d’un conflit interne avec l’État turc depuis les années 1980.
 
Une grande partie des dirigeants du HDP, y compris l’ancien coprésident Selahattin Demirtaş, sont actuellement emprisonnés. Plus tôt ce mois-ci, le plus haut procureur du pays a déposé un nouvel acte d’accusation demandant la fermeture légale du parti pour activité terroriste présumée.
 
Gencer a déclaré avoir mené l’attaque « spontanément » en ayant « rêvé de tuer des membres du PKK depuis son enfance ».
 
Cependant, dans le même communiqué, le tireur a déclaré qu’il s’était inscrit dans une école de langues située à un étage au-dessus des bureaux du HDP pour explorer le bâtiment après l’avoir recherché en ligne en janvier.
 
Une analyse des tendances de Google par l’utilisateur de Twitter Emre Ecevit a montré deux petits pics dans les recherches de « HDP İzmir » la veille de la fusillade, suggérant des liens possibles.
 
 
Gencer a nié toute association avec des groupes politiques et a déclaré à la police que sa famille vivait dans le district de Gaziemir à Izmir, où se trouvent plusieurs zones industrielles de la ville.
 
Il a déclaré que la police de Gaziemir lui avait délivré un permis d’armes de poing en mai.
 
« J’ai mis 10 balles dans un pistolet Ruger que j’ai acheté pour 3 500 lires (400 dollars).
 
J’ai tiré les 10 coups de feu dans le bâtiment HDP. Mon objectif était de trouver quelques personnes là-dedans. Mais il n’y avait qu’une seule personne. »
 
Une vidéo de scène de crime obtenue par l’agence de presse Pir montrait jusqu’à 18 impacts de balles dans les portes et les murs des bureaux du HDP, contredisant apparemment le témoignage de Gencer (à moins que d’autres assaillants n’aient été présents sur les lieux).
 
Le réseau d’information Tele1 a publié une photo floue qui aurait été prise à partir du statut WhatsApp de Gencer montrant un corps sur le sol avec la légende: « Cadavre 1 ».
 
Dans sa déclaration, Gencer a semblé confirmer les informations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles il s’était récemment rendu en Syrie, affirmant qu’il s’était rendu dans la ville de Manbij en tant que travailleur de la santé au début de 2020.
 
Un compte Instagram au nom de Gencer comprend des images d’un homme tenant un fusil avec Manbij étiqueté comme emplacement. « Sur le chemin du retour du devoir », peut-on lire sur une autre photo prise dans la ville frontalière de Gaziantep.
 

De retour de sa captivité en Turquie, Tuna Altinel reste mobilisé pour les droits du peuple kurde

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LYON – Le 11 juin dernier, le mathématicien Tuna Altinel retournait à Lyon après plus de 2 ans de captivité en Turquie où il avait été poursuivi en justice pour avoir dénoncé la persécution et le massacre des Kurdes par l’État turc, notamment dans l’est du pays entre 2015 et 2016. A l’instar de l’écrivaine Asli Erdogan et l’universitaire Pinar Selek, Tuna Altinel était persécuté par le régime turc pour avoir osé, en tant que Turc, soutenir les droits du peuple kurde. Grâce à une mobilisation active menée en France par son comité de soutien, Altinel a pu quitter l’enfer turc et retrouver ses étudiants de l’université Claude Bernard Lyon 1.
 
Tuna Altinel est arrivé à Lyon le 11 juin dernier et dès sa descente de l’avion, il a tenu à remercier – lors d’une conférence de presse – tous ceux qui se sont mobilisés pour lui et rappelé pour quoi il s’opposait au régime dictatorial d’Erdogan, ajoutant que le drame kurde était toujours d’actualité. D’ailleurs, l’invasion du Kurdistan du Sud par l’armée turque depuis avril dernier et le meurtre de la militante du parti politique HDP, Deniz Poyraz sont les derniers exemples de la guerre turque sur le front kurde… 
 
Voici la déclaration de Tuna Altinel faite à la presse le 11 juin:
 
« C’est une victoire pour celles et ceux qui s’investissent pour le soutien des valeurs démocratiques et dans le monde où nous vivons ces valeurs sont en recul malheureusement, sont menacées. Et plus particulièrement dans mon pays d’origine la Turquie.
 
Cette victoire n’aurait pas été possible en fait sans une mobilisation internationale qui transcende toutes les frontières. Une mobilisation de solidarité en Turquie mon pays d’origine, en France mon pays d’adoption et dans d’autres pays aussi en fait. Puisque nous sommes en France je veux juste mentionner deux acteurs principaux de ce soutien, de cette solidarité, parce que je pense que c’est très important pour souligner le travail accompli.

Je commence d’abord par l’université Claude Bernard Lyon 1 qui m’a soutenu effectivement depuis le début de mes problèmes. Elle a envoyé des avocats pour me représenter à mes procès. Elle m’a soutenu par des déclarations, par l’envoi de lettres de soutien partout et peut-être plus important, le plus important de tout, elle n’a pas coupé mon salaire.
 
C’est très important parce que en effet c’était l’objectif cruel mais bien précis de l’État qui m’a retenu pendant deux ans sans passeport: c’est effectivement l’objectif de couper mes ressources de vie pour que je meurs comme on dit en Turquie par « la mort civile ». Et le rôle joué par l’université Claude Bernard dans ce sens a été essentiel. Et je suis reconnaissant. Et je profite de l’occasion pour souligner l’importance de l’Université, l’Université publique en France, parce qu’en Turquie, à l’instant le corps universitaire est en train d’être démantelé et parfois je vois avec consternation, de loin j’ai vu, j’ai observé cela qu’en France aussi [via] les collègues qui m’ont soutenu dans mon comité de soutien – parce qu’il y avait beaucoup de collègues qui se sont investis – ont été violemment attaqués pour leur prise de position démocratique et humanitaire en France aussi. Or en fait cette victoire que nous vivons aujourd’hui ça montre l’importance de l’Université, de l’Université publique en France et y compris dans le débat public.
 
Et le 2ème acteur de la solidarité autour de moi en France c’est le comité de soutien dans lequel se sont invertis des collègues, des camarades d’associations et finalement plus tard s’y est articulée la mairie de Villeurbanne en m’accordant la citoyenneté d’honneur. Je suis fier et je suis aussi conscient que ce qui a été fait me charge de responsabilités supplémentaires et j’essaierai de le faire le plus possible. Et le comité de soutien a mobilisé pour diverses occasions, pour diverses campagnes et sans cette mobilisation je pense que le soutien se serait déjà terminé avant longtemps.
 
Pour finir – j’ai beaucoup de choses à dire mais je ne veux pas vous ennuyer beaucoup trop – je pense qu’il faut que je me rappelle pourquoi j’ai vécu cela, pourquoi beaucoup de gens vivent cela. Parce que en fait ce n’est pas juste un combat pour Tuna Altinel. En Turquie et dans beaucoup d’autres pays, mais je souligne en Turquie, un pays aux portes de l’Europe, des milliers de cerveaux de haute qualité, de ressources humaines de haute qualité, il y a beaucoup d’autres, il y a des dizaines, des centaines, des milliers peut-être de Tuna Altinel sans aucun comité de soutien.
 
Ce qui nous montre que le combat que nous menons n’est pas du tout terminé, il en est bien loin, et il nous faut encore beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres victoires à gagner. Et dans mon cas particulier et je suis arrivé à ce point là j’ai passé ces deux dernières années en rétention, en diverses sortes de rétentions juste parce que j’étais intervenu dans une soirée légale, publique, organisée par l’association dont je suis fier d’être membre d’ailleurs Amitiés Kurdes Lyon et Rhône-Alpes dans des locaux de la mairie de Villeurbanne.
 
C’était une soirée sur les droits humains et mon intervention a été de tenir le rôle de traducteur franco-turc et d’ailleurs le fait que cette soirée soit concernée par les revendications d’un peuple, le peuple Kurde en l’occurrence, et que cette soirée questionne les crimes d’état était en fait la raison pour laquelle le consulat de Turquie à Lyon m’a dénoncé.
 
C’est franchement triste de voir que le consulat de son propre pays, de son pays d’origine ne serve plus à servir les gens mais plutôt se contente d’être un centre d’espionnage. Là où nous sommes, deux ans plus tard, oui on a gagné une victoire mais ce consulat continue à être ce qu’il était il y a deux ans.
 
Les souffrances du peuple [kurde], des gens dont on parlait au cours de notre soirée restent aussi brûlantes. En parler, malheureusement, en parler n’est qu’un acte dans le cadre de l’expression de la liberté de l’expression, mais dans mon pays c’est vu comme du terrorisme. C’est pour cela qu’il y a encore beaucoup, beaucoup d’autres victoires à gagner au monde.
 
Merci. »

PARIS. Manifestation de solidarité avec les femmes turques contre le retrait de la Convention d’Istanbul

PARIS – Suite au retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul prévoyant de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, les femmes turques et kurdes du pays se sont de nouveau descendues dans la rue pour que la Turquie applique l’accord alors qu’on assite à des violences masculines et à des féminicides toujours plus nombreux dans un pays où la justice est clémente avec les auteurs de ces crimes visant les femmes et les fillettes.

Le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul a également indigné les femmes à travers le monde où des manifestations de soutien à leurs sœurs en Turquie ont lieu dans des grandes villes. A Paris, le premier juillet prochain, une manifestation de soutien aux femmes de Turquie aura lieu à l’appel de plusieurs collectifs féministes et d’associations de défense de droits humains, etc.

Les manifestants se réuniront devant l’Ambassade de la Turquie, à 14h, au 16 Avenue de Lamballe, 75016 Paris.

Voici l’appel des organisateurs de la manifestation:

« Le 23 mars 2021 la Turquie d’Erdogan a pris la décision de se retirer de la Convention d’Istanbul (CI). Cette convention est le premier instrument juridiquement contraignant qui « crée un cadre juridique complet et une approche pour lutter contre la violence à l’égard des femmes » et se concentre sur la prévention de la violence domestique, la protection des victimes et la poursuite des auteurs. Elle donne un cadre légale aux termes :

La dénonciation de la Convention par la Turquie est une déclaration de guerre à toutes les femmes et aux personnes LGBTQ+ du monde entier et donne libre cours à la violence patriarcale et à la répression de la liberté sexuelle. Le talon de fer turc écrase les politiques et les mesures de prévention, protection et soutien des victimes, et veut s’assurer que la violence domestique et de l’État contre les femmes et les personnes LGBTQI+ et les tortures, abus sexuels et emprisonnements des femmes et enfants kurdes par les fonctionnaires restent impunis et sans appel.

Le 1er juillet 2021, le retrait de la Turquie de la CI sera officiel.

Ce jour-là sera un jour de lutte et de grève dans toute la Turquie.

Mais cela ne suffit pas ! Nous appelons à faire du 1er juillet une journée mondiale de lutte pour répondre par un soulèvement commun à l’attaque patriarcale que nous subissons partout.

D’autant que le retrait de la Turquie de la CI n’est pas isolé :

De nombreux pays de l’Europe centrale et orientale ne ratifient plus la Convention d’Istanbul.

En Pologne, une convention alternative est en cours d’élaboration par les mêmes forces qui ont presque totalement interdit l’avortement à la fin de l’année dernière.

Les gouvernements mènent à bien des politiques d’entrave au divorce, de baisse des budget des centres antiviolence, de limitation, voire interdiction de la liberté d’avortement, de criminalisation des personnes LGBTQI+, d’expulsion de personnes et de ségrégation des communautés entières, principalement des Roms, à la périphérie des villes dans des conditions dégradées, de légitimation des viols et des tortures contre les femmes migrantes et réfugiées.

Nous appelons faire du 1er juillet la journée de lutte de l’AUTRE EUROPE, car :
L’Union Européenne ferme les yeux sur tout cela tant que le régime d’Erdogan maintient les demandeurs d’asile hors des frontières de l’UE.

L’Union Européenne n’est pas le rempart de l’égalité des sexes, mais au contraire – elle tolère et même encourage la violence patriarcale grâce à son FRONTEX, à sa violence policière, au racisme institutionnel et au chantage du permis de séjour.

Le 1er juillet, nous voulons crier que la lutte des personnes LGBTQI+ pour la liberté sexuelle et contre leur criminalisation et la lutte contre la violence patriarcale envers les femmes est une lutte transnationale commune pour la subversion de la reproduction néolibérale et raciste de la société patriarcale. »

SIGNATAIRES :

La Cabane des Associations (à l’appel de)
Transnational Migrants Coordination
ACORT
Et d’autres collectifs/groupes en cours

Kurdistan au féminin apporte son soutien à cet appel à manifester

 

KURDSTAN. « Une révolution kurde massive est imminente »

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KURDISTAN – Le secrétaire du Parti démocratique du Kurdistan de Syrie, Abdulkarim Seko, a déclaré que les positions des partis politiques kurdes et des combattants peshmergas, qui ont dénoncé l’occupation turque et les politiciens qui la soutiennent, sont les signes avant-coureurs d’un soulèvement kurde massif, disant que les Kurdes se révolteront contre l’occupation turque.

 

Abdulkarim Seko
 
Les combats entre les combattants des Forces de défense du peuple (Hêzên Parastina Gel – HPG – branche armée du PKK) et l’occupation turque à Başûr (Kurdistan du Sud) se sont intensifiés, suite à la récente attaque terrestre et aérienne sur les zones de défense légitime le 23 avril, utilisant des armes interdites internationalement, cherchant à participer le PDK dans ses plans, ce qui a mis en colère le peuple kurde qui a exprimé son ressentiment envers l’occupation et ses plans.
 
À cet égard, le secrétaire du Parti démocratique du Kurdistan de Syrie, Abdulkarim Seko, a déclaré dans la déclaration à l’agence ANHA que, après les tentatives infructueuses d’Erdogan pour mettre en œuvre ses plans de retour de l’Empire ottoman éphémère, qui a été révélé sur fond de ses mouvements cherchant à pénétrer dans le territoire de la Syrie, la Libye, l’Arménie et Chypre et en Égypte, il n’a pas d’autre choix que de créer des combats intra-kurdes.
 
Abdulkarim Seko a rappelé que l’Etat turc ne cesse de prendre pour cible les Kurdes et de renforcer ses positions militaires à l’intérieur du Başûr (Kurdistan du Sud), visant ainsi l’ensemble du Kurdistan. Il a ajouté : « Erdogan ne peut accepter l’idée du nationalisme kurde. Depuis [longtemps], il commet des massacres contre les Kurdes.
 
Combattre la Turquie et son ciblage continu du HPG dans le sud du Kurdistan est aussi un combat pour les forces peshmerga. Ainsi, les Kurdes n’ont que deux options, la première est de s’aligner sur l’ennemi, la seconde sur l’ami qui continue à résister à l’occupation.
 
Ce qui se passe dans le sud du Kurdistan contre l’occupant turc et de soutenir les Forces de défense populaires. Je ne sais pas pourquoi les forces peshmergas se dirigent vers les positions du HPG. Que veulent-ils ? Ils attaqueraient les forces de la guérilla ? »
 
Seko a expliqué que les positions manifestées par la présidence irakienne, certains partis kurdes et les combattants Peshmerga du Sud-Kurdistan dénonçant l’occupation turque, et a souligné : « La résistance de la guérilla est une victoire du Kurdistan. Ils sont l’espoir du peuple kurde, et tous les Kurdes responsables se lèveront face à l’occupation et ne l’accepteront pas. »
 
Le secrétaire du Parti démocratique du Kurdistan de Syrie, Abdulkarim Seko, a appelé le Parti démocratique kurde à revenir sur ses positions : « Neçivan Barzani doit être bien conscient qu’ils ne seront pas en mesure de provoquer un combat entre les pouvoirs kurdes », soulignant que les positions du peuple kurde et de ses alliés, ainsi que des partis politiques, se sont intensifiées contre l’occupation et les politiques qui la soutiennent.
 

TURQUIE. L’assassin de Berkin Elvan obtient une réduction de peine

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ISTANBUL – En Turquie, les assassins des Kurdes et des opposants du régime peuvent compter sur la complicité de leur système judiciaire pour éviter de répondre de leurs crimes. Le policier qui a causé la mort de Berkin Elvan aussi a bénéficié de la « justice » de son Etat…
 
Lors de l’audience finale de l’affaire concernant la mort de Berkin Elvan, un enfant de 14 ans qui a été assassiné lors des manifestations de Gezi, le policier Fatih Dalgalı a été condamné à la réclusion à perpétuité. La peine a été réduite à 16 ans et 8 mois de prison, mais il y a peu d’espoir de le voir un jour en prison.
 

Le 17e tribunal pénal d’Istanbul a rendu son verdict dans l’affaire du meurtre de Berkin Elvan. Le tribunal a condamné le policier Fatih Dalgalı à 16 ans et 8 mois de prison pour « meurtre avec intention éventuelle ».

Cependant, le tribunal n’a pas arrêté le policier, lui imposant simplement une interdiction de voyager à l’étranger.

Le tribunal a d’abord décidé que l’accusé devait être condamné à perpétuité pour l’accusation d’homicide volontaire, puis a réduit la peine à 20 ans en faisant valoir qu’il y avait eu une éventuelle intention. Et finalement, le tribunal a décidé que la peine de prison devait être réduite à 16 ans et 8 mois.

Les avocats de la famille Elvan ont exigé que le policier soit condamné pour « homicide volontaire ».

L’accusé Fatih Dalgalı a déclaré qu’il n’avait pas beaucoup parlé pendant le procès et a demandé son acquittement en disant : « J’ai servi mon État pendant 11 ans et je le fais toujours. »

Berkin Elvan (14 ans) a perdu la vie le 11 mars 2014, 269 jours après avoir reçu une balle dans la tête avec une bombe lacrymogène tirée par un policier à Istanbul lors de la manifestation du parc Gezi.

 

SYRIE. L’idéologie de DAECH est bien vivante dans les camps des familles de DAECH

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PARIS – Les Kurdes syriens qui « gèrent » les camps où sont détenus les familles et combattants du groupe terroriste État Islamique (EI / ISIS / DAECH) l’ont répété maintes fois: ces camps abritant des dizaines de milliers de femmes, enfants et combattants sont devenus un terreau où l’idéologie islamiste est bien nourri avec des nouvelles générations de terroristes élevées par des femmes qui sont prêtes à commettre les pires barbarie au nom du « Califat ».

Les journalistes français Nicolas Delesalle et Frédéric Lafargue qui se sont rendus dans certains de ces camps ont vu de leurs propres yeux cette menace terroriste que l’Occident et l’Europe préfèrent cacher à leurs citoyens, mais jusqu’à quand?

« Qu’ils crèvent là-bas. Qu’on ne les revoie jamais. Voilà ce que je lis souvent sur les réseaux à propos des familles de Daech emprisonnées dans les camps sous la surveillance des Kurdes qui les ont combattus sur le terrain. Et je comprends cette réaction épidermique. Daech nous a meurtris, tous, à un instant ou à un autre, directement ou par ricochet.

Pourtant, en allant en Syrie, en rencontrant ces gens, car, en dépit de tout, il s’agit bien d’êtres humains, il ne faut pas être bien malin pour comprendre plusieurs choses. Les camps sont les usines où se façonnent les terroristes de demain, où l’idéologie extrême de l’Etat islamique prospère, dans la misère, les chiottes bouchées, les virus, sur les paillasses des enfants qui crèvent de maladie sous un soleil de plomb, par 45 degrés. Il faut les voir ces gamins en guenilles pleins de fureur mimer l’égorgement et lancer des pierres en vous fixant dans les yeux. 70000 personnes vivent dans le camp d’Al Hole, les deux-tiers sont des enfants emprisonnés deux fois : entre les barrières physiques du camp, dans l’idéologie mortifère de leurs parents.
 
A Roj camp, on a aussi rencontré les veuves des frères Clain, ceux-là même qui ont revendiqué les attentats de Paris. Rencontres surréalistes. Il me faudra du temps pour foutre des mots dessus. Mais j’ai compris que ces femmes n’ont pas dévié d’un iota. Pour elles, nous sommes l’ennemi sanguinaire, les tueurs, ceux qui ont assassiné leurs maris ou leurs enfants. Pas d’excuse. Pas de repentir. Elles ne veulent pas rentrer. Elles rêvent du retour de Daech. De la fureur contenue, encore. Comme 80 % des femmes des camps, ces veuves se sont encore endurcies à l’épreuve de cette détention arbitraire sans statut juridique. Pas de procès prévus. Pas de retour pour être jugées en France.
 
Reste à peu près 20 % de femmes repenties, qui veulent rentrer, être jugées, faire leur peine, recommencer leur vie. Elles fument et écoutent de la musique en cachette, avec tous les jours, la peur au ventre. Beaucoup sont battues ou assassinées. Il faudra un jour regarder en face ce qu’il se passe là-bas ; faire face aujourd’hui pour protéger demain », a écrit le journaliste Nicolas Delesalle sur Facebook au sujet de leur reportage publié cette semaine dans Paris Match

TURQUIE. « L’assaillant d’HDP n’était pas un loup solitaire »

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TURQUIE – Malgré le récit officiel voulant faire passer l’attaque sanglante du local d’HDP à Izmir qui s’est soldée par le meurtre de la jeune militante kurde Deniz Poyraz, comme étant l’œuvre d’un loup solitaire, le député d’opposition et journaliste d’investigation, Ahmet Şık a déclaré dans une série de tweets que l’assaillant Onur Gencer n’avait pas agi seul, que la fusillade était une attaque fasciste organisée.
 
Şık, journaliste d’investigation de profession et membre actuel du Parti des travailleurs de Turquie (TİP), a déclaré que l’auteur d’un meurtre politique planifié avait été soustrait aux yeux du public en 24 heures.
 
« Avec qui (Gencer) a-t-il des relations ? Quelles entités politiques ? Qu’a-t-il fait en Syrie ? Comment s’est-il procuré son arme ? Si c’est une arme à feu enregistrée, comment a-t-il obtenu un permis si facilement ? Pourquoi l’enquête n’a-t-elle pas été étendue au fil de ses appels téléphoniques ? De nombreuses autres questions restent sans réponse », a déclaré Şık.
 
Gencer a été placé en garde à vue jeudi, peu de temps après être entré dans les bureaux provinciaux d’HDP à Izmir et avoir tiré sur le bâtiment, ce qui a entraîné la mort de la militante du parti Deniz Poyraz de six balles. Dans son premier témoignage au poste de police, Gencer a déclaré aux autorités qu’il « aurait tiré sur d’autres aussi », s’il avait rencontré plus de personnes lors de sa fusillade.
 
Le tireur a déclaré qu’il avait tiré 10 coups, cependant, il y avait au moins 18 impacts de balles documentés par les journalistes après l’attaque.
 
Şık a déclaré qu’un total de 33 impacts de balles avaient été découverts dans les bureaux. «Si son témoignage est correct, qui a tiré les coups restants ? » demanda le député du TIP.
 
« Ce n’est pas une provocation, ce meurtre politique est une attaque fasciste organisée », a poursuivi Şık. « Chaque étape a été planifiée et exécutée sans cachoterie. »
 
« Ils essaient de (nous) faire croire que le meurtrier est un loup solitaire fou. Oui, c’est un « loup », mais il n’est pas seul », a déclaré Şık, impliquant un lien avec le Parti du mouvement nationaliste (MHP), le partenaire mineur de la coalition gouvernementale au parlement et dont l’organisation de jeunesse s’appelle les Loups gris.
« Celui qui organise le commerce de la cocaïne entre l’Amérique du Sud et la Turquie, qui a fait de la justice le centre de la roue de la corruption, et au nom de qui l’extorsion de 10 millions d’euros a été exigée, ce sont eux les auteurs de ce meurtre politique », a déclaré Şık. « C’est pour que l’ordre mafieux établi perdure ».
 
Şık a souligné que le chef du MHP, Devlet Bahçeli, avait publié plusieurs tweets dénonçant tout lien avec le tueur, et que le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu n’avait pas commenté l’affaire, malgré plus d’une journée complète qui s’est écoulée depuis.
 
Le ministre avait publié sur Twitter des statistiques sur la valeur des saisies de drogue en Turquie jeudi à minuit, et a déclaré: « Nous savons pourquoi certains crient ».
 
La comparaison de Soylu était « un signe d’affrontements au sein du bloc gouvernemental et de l’État », a déclaré Şık.
 
Le chauffeur de taxi qui a été vu déposer Gencer quelques minutes avant son attaque meurtrière a témoigné à la police vendredi, et a déclaré que le tireur était un de ses clients réguliers.
 
Gencer se rendait fréquemment dans un hôtel de Balçova, à Izmir, dans la province voisine de Manisa et dans les bureaux du HDP.
 
« L’administration de l’hôtel thermal Balçova a été remise au public il y a quelques années », a déclaré Şık. « Le chef de son conseil d’administration est le gouverneur d’Izmir et les membres du conseil sont les adjoints du gouverneur. »
 
« L’hôtel a accueilli de nombreux événements par le gouvernorat d’Izmir, et parmi ses invités figurait un vice-ministre de l’Intérieur », a ajouté Şık.
 
Les autres liens de Gencer avec le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir incluent le stand de tir qu’il fréquentait, un certain Poligon İzmir, qui appartient à İlhan Çelik.
 
Çelik dirige le soi-disant Mouvement de la société civile, une initiative de l’AKP, et a posé sur des photos avec plusieurs bureaucrates et politiciens de l’AKP, a déclaré le journaliste Bahadır Özgür.
 
La journaliste Tuğba Özer a publié une photo du site Internet du stand de tir qui montre un gouverneur de district, un chef de police de district et le commandant local des forces de gendarmerie posant aux côtés de Çelik.
 
Gencer « a avoué que sa cible était les politiciens de haut rang », a déclaré le député d’HDP Tayip Temel dans un tweet. « Il avait entendu dire que des députés allaient venir. »
 
Selon le député, Gencer a détaillé qui l’avait entraîné à utiliser des armes à feu dans son nouveau témoignage devant le tribunal où il a été arrêté.
 
« Le fait que le suspect ait été emmené au palais de justice dans la précipitation et envoyé en prison avant même l’enterrement de Deniz Poyraz, les forces de sécurité ne demandant pas de temps supplémentaire de garde à vue pour approfondir l’enquête nous montre que l’affaire est vue comme un simple affaire », a déclaré Murat Yılmaz, le président de l’Association des avocats contemporains (ÇHD) Ankara.
 
« Le témoignage de Gencer n’a pas été recueilli au bureau des homicides mais à l’unité antiterroriste », a déclaré Yılmaz.
 
«La police aurait dû enquêter sur ses relations, rassembler des preuves et lui poser des questions sur les preuves lors de son témoignage. Mais ils ne l’ont pas fait », a déclaré Yılmaz. Au lieu de cela, il a été incarcéré avec précipitation. 
 
L’enquête aurait pu s’étendre à d’autres personnes sur la base des réponses de Gencer, a déclaré l’avocat.
 
« Bien sûr, le parquet mènera également des enquêtes. L’arrestation de l’agresseur n’est pas un obstacle à cela. Cependant, la rapidité avec laquelle le processus a été exécuté crée des soupçons inhabituels. La seule possibilité de liens avec le terrorisme était suffisante pour une détention prolongée », a ajouté Yılmaz.
 

TURQUIE. L’assassin de Deniz Poyraz se rendait régulièrement à l’hôtel dont le gouverneur d’Izmir est le président du conseil d’administration

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TURQUIE. Depuis le début, les Kurdes ont déclaré que le meurtre de la militante d’HDP, Deniz Poyraz par Onur Gencer à Izmir, avait été prémédité avec la connaissance des cercles proches du régime turc. De nouveaux éléments viennent appuyer cette information. 
 
Le gouverneur d’Izmir et ses assistants siègent à la présidence du conseil d’administration de l’hôtel thermal de Balçova, où Onur Gencer, l’assassin de Deniz Poyraz, se rendait fréquemment. Parmi les visiteurs de l’hôtel figurent le vice-ministre de l’Intérieur Muhterem İnce et des membres de l’organisation provinciale d’AKP (parti d’Erdogan) İzmir.
 
Le chauffeur de taxi que Gencer a payé pour être conduit à l’organisation provinciale HDP d’İzmir, a déclaré à la police que le tueur montait fréquemment dans son taxi et souhaitait être conduit à Manisa, à l’hôtel thermal Balçova et à l’organisation provinciale d’HDP d’Izmir.

 

L’une des adresses que le chauffeur de taxi a donnée, en disant que Gencer s’y rendait souvent est l’hôtel thermal de Barçova, une institution publique et le président du conseil d’administration de l’hôtel n’est d’autre que le gouverneur d’Izmir, Yavuz Selim Köşger.

 

Le conseil d’administration composé de 7 personnes dont le gouverneur Köşger sont les sous-gouverneurs Hüseyin Karameşe, Faik Arıcan, Fatih Kızıltoprak, le directeur du Département ministériel du suivi et de coordination des Investissements (Yatırım İzleme ve Koordinasyon Başkanlığı – YİKOB) Nurettin Yıldız, le chef de cabinet du gouverneur Özgür Çetin Çınar et le directeur général de l’hôtel Zakir Kılç

 

Parmi les visiteurs de l’hôtel figurent le vice-ministre de l’Intérieur Muhterem İnce et des membres de l’organisation provinciale d’AKP (parti d’Erdogan) İzmir.
 

Poétesses, combattantes et rêveuses : les femmes kurdes racontent leurs propres histoires

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« Kurdish Women’s Stories » donnent la parole aux femmes qui « ont maintenu en vie l’élan de la lutte politique au Kurdistan » mais dont les expériences sont souvent éclipsées.
 
J’ai dit: « Écoutez, quand je ramènerai le corps d’Aram à la maison, ne pleurez pas et ne vous frappez pas parce que les forces de sécurité seront avec nous. Et ils vont adorer voir ça. (…) Ne laissez pas l’ennemi prendre une quelconque satisfaction de ce genre. » Tranquillement et calmement, nous avons ramené le corps de mon fils à la maison, et nous n’avons laissé aucun des meurtriers baasistes voir nos larmes.
Mère Sabria, née en 1950, Sulaymaniyah
 
Le fils de 17 ans de Mère Sabria a été arrêté par les forces de sécurité de Saddam Hussein en 1988 pour son association avec des groupes complotant contre le régime. Elle dit qu’il a été torturé et exécuté à la prison d’Abou Ghraib.
 
La sienne n’est qu’une des 24 histoires poignantes de l’anthologie Kurdish Women’s Stories, publiée en traduction anglaise plus tôt cette année.
 
C’était fin 2019 lorsque la militante et écrivaine féministe, et mon amie et collègue kurde, Houzan Mahmoud, m’a approchée pour travailler avec elle sur l’édition anglaise de l’anthologie. Je collaborais avec Mahmoud depuis 2017, en contribuant à des articles et en aidant Culture Project, une plateforme bilingue co-fondée par elle et dédiée aux artistes, féministes et militantes kurdes de la patrie et de sa diaspora.
 
Houzan Mahmoud

Après avoir accepté son offre de travailler sur cette nouvelle collection, j’ai passé les mois suivants à me plonger dans les histoires étonnantes de dizaines de femmes, couvrant plusieurs générations et originaires de toutes les régions kurdes et de la communauté kurde du monde entier.
 
Ce que j’ai lu était tout simplement remarquable, alors que je suivais ces femmes extraordinaires qui avaient bravé des épreuves inimaginables, de la torture dans les cellules de prison aux conditions désastreuses dans les camps de guérilla.
 
Kobra Banehi, née en 1966 à Baneh, dans la région kurde d’Iran (également connue sous le nom de Kurdistan oriental), est l’une de ces femmes. Dans son chapitre, The Prison Speakers Played Islamic Verses, elle raconte comment elle a été emprisonnée et torturée pour son implication avec Komalah, un parti politique prônant l’autodétermination kurde.
 
« J’ai été emmenée dans une chambre de torture au sous-sol », raconte Banehi. «Je pouvais voir des chaînes accrochées au mur et un lit en métal avec un dessus noir. L’homme m’a dit : ‘Je vais rendre ta vie aussi noire que le haut de ce lit.’ » Elle a refusé d’avouer sa culpabilité et « d’écrire que Komalah était un traître du peuple ».
 
Une autre est Nasrin Ramazanali, née en 1967 à Sanandaj, également dans la région kurde du nord-ouest de l’Iran. Dans son chapitre Combattre un régime islamique, elle écrit : « Quand j’ai eu dix-sept ans, en 1983, un membre de ma cellule de résistance a été capturé. Craignant qu’il ne mentionne mon nom sous la torture, je me suis enfuie dans les montagnes et j’ai rejoint les Peshmergas. Je portais le kawa pantol, la salopette ample traditionnelle que portent les combattants peshmergas. La seule chose qui me distingue des hommes, c’est mes cheveux longs. On m’a donné trois mois de formation et ma propre Kalachnikov. Dès lors, ma vie est devenue une marche perpétuelle, de combat en combat. »
 
Les deux femmes vivent maintenant en Allemagne.
 
Affronter la persécution
 
Avec des événements de l’histoire récente – y compris la lutte contre l’État islamique d’Irak et de Syrie et la révolution du Rojava – braquant les projecteurs sur les femmes kurdes, « l’image de la combattante est devenue une icône… [qui] a captivé les gens partout », écrit Mahmoud dans l’anthologie englobant 24 histoires de femmes, qu’elle a édité.
 
Le conflit a longtemps caractérisé la région ; les femmes de la propre famille de Mahmoud étaient engagées dans la lutte armée des décennies plus tôt contre le régime de Saddam Hussein, et elle « a été témoin des grands sacrifices » qu’elles ont consentis.
 
Alors que des récits similaires occupent inévitablement beaucoup de place dans l’anthologie – de la brutalité de l’État turc à celle des régimes Baas en Syrie et en Irak – Mahmoud est impatiente d’offrir aux lecteurs « un aperçu de la vie colorée des femmes kurdes », allant au-delà de la les représentations médiatiques et les récits officiels des partis et mettant plutôt en évidence la richesse et la diversité de l’expérience dans les histoires de ces femmes.
 
Ces femmes sont des poètes, des combattantes, des amantes et des rêveuses qui ont dû se battre pour accéder aux plaisirs les plus simples de la vie et aux droits les plus fondamentaux.
 
L’une de ces femmes est Hero Kurda, de Kirkouk, dont l’amour pour la poésie et la détermination à devenir poète sont restés inébranlables face au déplacement, à la mort dans sa famille et à la présence masculine intimidante dans la littérature qui l’a amenée à croire, enfant, que Dieu avait « spécifiquement choisi » des hommes pour écrire de la poésie.
 
Tout aussi poignante est l’histoire de Shahla Yarhussein, qui aimait farouchement son fiancé malgré sa peur des hommes et qui s’attira la colère de son père pour avoir simplement pris des photos de fiançailles. Dans le chapitre Les photos perdues des fiançailles, elle écrit : J’aurais adoré exprimer à mon fiancé à quel point j’étais amoureuse de sa beauté, de ses expressions et que j’avais toujours envie d’entendre sa voix et de lui parler. D’autant plus que j’aurais aimé lui raconter toutes les peurs qui m’ont été inculquées quand j’étais enfant, sur le mariage et les hommes, et comment, en tant que femmes, on nous a dit de faire ce qu’ils disent et de prendre soin d’eux.
 
Ayant été impliquée dans Culture Project pendant plusieurs années, j’étais consciente que caractériser la vie de tant de femmes kurdes était un double combat contre la persécution politique et sexuelle, et dans ce livre comme ailleurs, les deux combats sont inextricables. La route de la libération des femmes est une route qu’elles empruntent et marchent souvent seules ; des vérités inconfortables sur l’oppression qu’elles subissent de la part des hommes de leur propre communauté peuvent être aliénantes.
 
Ces femmes, cependant, racontent sans broncher l’injustice qu’elles ont subie sous toutes ses formes – qu’elles soient infligées par l’État ou par la société patriarcale. Ce faisant, elles remettent directement en cause l’effacement des expériences vécues par les femmes kurdes dans les récits dominants.
 
« Ces dernières années, de nombreux hommes au Kurdistan du Sud (Irak) qui étaient politiquement actifs à l’époque de Saddam ont écrit sur leurs luttes politiques et leur emprisonnement », écrit Mahmoud dans son introduction au livre.
 
« Les librairies regorgent de telles biographies écrites par des hommes, citant souvent leur bravoure et les jours révolus de l’héroïsme. En revanche, les histoires de femmes, qui étaient aussi des combattantes, qui ont été emprisonnées, qui ont souffert et qui ont maintenu en vie l’élan de la lutte politique au Kurdistan, sont absentes ou éclipsées par « l’héroïsme » masculin.
 
Même là où des histoires de femmes sont racontées, elles sont blanchies par les publications officielles du parti et les médias conçus pour tourner autour de ces femmes proches de l’establishment, ou qui ont un statut politique ou social élevé. La raison en revient toujours à la nature de partis politiques au Kurdistan du Sud, majoritairement masculins. 
 
Kurdish Women’s Stories est ainsi né de cet impératif d’affirmer l’existence de femmes dont les rôles dans la société kurde étaient tout aussi vitaux que leurs homologues masculins, mais dont les récits étaient amoindris ou carrément effacés par les structures hiérarchiques dominantes. En janvier 2018, Mahmoud a lancé un appel sur le site Web de Culture Project, invitant les femmes kurdes à écrire sur leurs expériences vécues.
 
« Nous avons publié quelques histoires, ce qui a vraiment encouragé d’autres femmes à se manifester », m’a dit Mahmoud ; le besoin de partager leurs expériences était si puissant que même les femmes qui ne savaient ni lire ni écrire se sont présentées comme des collaboratrices enthousiastes, racontant leur vie pour des écrivains comme Amira Mohammed, qui « enregistraient fidèlement leurs histoires », les transcrivant telles qu’elles étaient racontées par les femmes. »
 
Combattre l’effacement
 
La collection a été publiée pour la première fois en dialecte sorani par la maison d’édition kurde danoise Nusyar et lancée à Sulaymaniyah en novembre 2019, en présence de plusieurs des contributeurs. L’édition anglaise, initialement censée sortir en juin 2020, est sortie en janvier de cette année après un retard dû à la pandémie.
 
« C’est formidable de voir le livre en anglais enfin imprimé », a déclaré Mahmoud. « J’ai l’impression d’avoir accompli quelque chose qui aurait dû être fait bien avant, c’est-à-dire que les femmes kurdes racontent leurs propres histoires. Ce n’est pas seulement un moyen de sensibiliser les femmes kurdes, mais aussi un moyen pour elles d’affirmer leur pouvoir et d’occuper un espace dans le domaine de l’écriture. »
 
Alan Pary, poète et propriétaire de Nusyar Publishing, a déclaré : «Kurdish Women’s Stories a réussi à occuper une place importante dans l’esprit des lecteurs. Les histoires sont écrites par les femmes elles-mêmes, et c’est quelque chose d’unique et de nouveau pour les lecteurs kurdes. Le livre a définitivement laissé son impact sur la scène éditoriale ici. »
 
Lors du lancement en ligne organisé par Pluto Press en février dernier, une collaboratrice de Kurdish Women’s Stories, Ruken Isik – dont le chapitre raconte ses expériences avec l’identité, le changement de nom, l’activisme étudiant et l’emprisonnement dans la région kurde de Turquie – a parlé de l’importance de la « décolonisation » et remettre en cause les discours que les États-nations ont imposés au peuple kurde.
 
« Si nous ne racontons pas nos histoires, quelqu’un d’autre viendra et en sera l’auteur », a-t-elle déclaré.
 
Un courant majeur qui traverse l’histoire d’Isik est celui de l’effacement, de sa propre identité et du peuple kurde en général.
 
« L’officier a insisté sur le fait que [mon nom] n’était pas turc, donc ma naissance n’a pas pu être enregistrée. Il y avait peu d’options : soit mes parents renoncent au nom et m’enregistrent, soit je ne serais pas enregistrée sous le nom de Ruken », écrit-elle.
 
Plus loin dans le chapitre, elle raconte ses expériences à l’université, lorsque le mouvement étudiant kurde, dont elle faisait partie, a demandé que le kurde soit proposé comme cours au choix à l’université.
Dans ce qui équivaudrait à un autre cas de suppression violente et d’effacement de la culture kurde aux mains de l’État, l’université a criminalisé la pétition, et Isik a été expulsée puis emprisonnée. Elle finira par terminer ses études aux États-Unis et poursuivra un doctorat sur l’activisme des femmes kurdes.
 
Vera Eccarius-Kelly, professeur de sciences politiques et de relations internationales au Siena College à Albany, New York, a souligné l’importance de faire entendre la voix des femmes kurdes.
 
Eccarius-Kelly, dont les recherches se concentrent sur la diaspora kurde, a déclaré qu’il n’y avait «pratiquement aucune mention dans les projets d’histoire orale », remarquant le manque de littérature sur les expériences vécues des femmes kurdes. « Et, pour autant que je sache », a-t-elle ajouté, « l’historiographie est dépourvue de voix de femmes kurdes ».
 
Après avoir effectué des recherches préliminaires, elle a trouvé des récits présents dans le contexte de la langue, de l’emploi, de la violence et de la persécution sexuelles et du génocide. Cependant, aucune de ces voix n’était axée sur des voix kurdes individuelles, ce qui souligne encore davantage l’importance d’une anthologie exclusivement consacrée à les amplifier.
 
« Cette collection émouvante nous donne un aperçu des luttes des femmes kurdes pour leur survie », a déclaré le Shilan Fuad, chercheuse au Centre de politique de sécurité de Genève, membre du Kurdish Women Studies Network et analyste culturelle spécialisée dans les études du Moyen-Orient et du Kurdistan.
 
« Les différents testaments capturent le combat acharné pour être vue et entendue et pour vivre en tant que femmes libres dans un monde visant à restreindre leur existence », a-t-elle déclaré à Middle East Eye.
 
« Je peux avoir ma propre voix »

Mahmoud travaille actuellement sur un deuxième recueil d’histoires et, en janvier de cette année, a lancé une série de sessions en ligne pour les femmes kurdes du Kurdistan et de toute la diaspora. Les sessions, organisées via Zoom, visent à éduquer sur les différentes écoles de pensée au sein du féminisme et sur les luttes des femmes dans le monde. Plus de 25 femmes ont répondu à ce jour.
 
Pour de nombreuses femmes présentées dans cette anthologie, une conscience féministe leur a permis non seulement de comprendre leur oppression, mais aussi de briser le moule étouffant de la société patriarcale, de survivre et d’effectuer des changements significatifs.
 
« Le féminisme m’a appris à croire que je peux être vue et que je peux être entendue ; Je peux avoir ma propre voix et ma propre vision du monde », écrit Khanda Hameed, née en 1988 à Ranya, dans le nord de l’Irak. Elle est chercheuse et coordinatrice du Projet Culture au Kurdistan.
 
Dans son chapitre, Une poignée de sang, elle raconte son horrible expérience en tant que « l’une des millions de filles qui ont été victimes de [la] pratique horrible » de la mutilation génitale féminine.
 
« Le féminisme m’a permis d’exprimer ma douleur dans sa propre langue… Je veux raconter mon histoire sur ce phénomène injuste dans l’espoir qu’il n’affectera plus les filles et les femmes… La première étape pour défier cette réalité est de parler de ce crime. »
 
Comme les autres femmes de cette anthologie, Hameed a fait ce premier pas avec audace au mépris d’une réalité qui a longtemps supprimé des histoires comme la sienne.
 
Par Sarah Mills, pour Middle East Eye

TURQUIE. Victime d’attaques sanglantes, HDP demande l’intervention de la communauté internationale

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TURQUIE – Suite une nouvelle attaque visant un bureau du parti politique pro-kurde HDP à Izmir qui s’est soldée par le meurtre de la jeune militante Deniz Poyraz, le HDP a publié un communiqué appelant la communauté internationale « à faire pression sur le gouvernement turc pour qu’il mette fin à la politique de criminalisation contre le HDP et empêche les attaques contre ses membres et les bureaux de son parti ».
 
Voici le communiqué d’HDP:
 
« Le HDP est visé depuis plusieurs années par des attaques politiques sévères du gouvernement AKP, en particulier depuis les élections générales du 7 juin 2015. Nous avons fait face à des opérations de police, des arrestations et des détentions, mais aussi à des attaques physiques qui ont été perpétrées par des foules ultranationalistes, dirigées ou provoquées par le gouvernement. Des milliers de membres, de cadres et de co-maires du parti ont été arrêtés et détenus tout au long de cette période, et de graves attaques physiques ont eu lieu en conséquence de la politique de criminalisation menée par le gouvernement contre le HDP. La dernière attaque physique a eu lieu contre le siège régional du HDP à İzmir, et, malheureusement, une jeune femme qui se trouvait dans le bâtiment a été assassinée par les tirs de l’assaillant.
 
Le 17 juin 2021, l’assaillant armé d’un fusil de chasse a attaqué notre bureau à İzmir. Deniz Poyraz, la fille d’un employé du parti, qui se trouvait dans les locaux, a perdu la vie suite aux tirs de l’agresseur. Comme l’ont déclaré les responsables de notre parti à İzmir, notre siège régional est visé depuis des mois. Il y a un mois environ, la police a mis en place un point de contrôle devant le bâtiment où campe une famille qui proteste contre le HDP, alléguant que son enfant a été emmené dans les montagnes par le PKK. Les responsables de notre parti à İzmir avaient prévenu la direction de la police et le gouvernorat d’une possibilité de provocation, en vain. Il est également important de préciser que cette attaque, comme les précédentes, s’est déroulée sous les yeux de la police sans aucune intervention, ni prévention. Notre bâtiment a été bloqué par la police juste après l’incident ; les responsables du parti et la mère de Deniz Poyraz ont été empêchés d’y d’entrer.
 
Ce n’est pas la première fois que nos bureaux sont attaqués. Juste après les élections générales de juin 2015, puis à nouveau en 2016, des centaines de nos bureaux, dont notre siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes, et beaucoup ont été incendiés. Ces attaques se sont également produites sous les yeux de la police et du ministère de l’Intérieur, qui n’ont pris aucune mesure pour les empêcher ou pour en poursuivre les auteurs. Toutes nos tentatives de communication avec les représentants de l’État et du gouvernement concernant ces attaques sont restées sans réponse. Jusqu’à présent, personne n’a été traduit en justice pour les attaques contre les membres et les bureaux de notre parti.
 
Cette dernière attaque meurtrière, dans laquelle une jeune femme a été assassinée, est le résultat de la politique de criminalisation du gouvernement contre le HDP. Ce n’est pas une coïncidence si l’attaque a eu lieu alors que l’affaire Kobanê se poursuit et que le HDP est menacé de fermeture. En outre, dans une période où les relations sales entre le gouvernement et la mafia ont été mises en lumière, cette attaque montre une fois de plus que le HDP est ciblé dans une phase chaotique et critique.
 
Il est clair que la coalition AKP-MHP est la principale responsable de cette grave attaque. Les groupes qui ont attaqué nos bureaux ont toujours été encouragés par les incitations du gouvernement à la haine et au racisme contre le HDP. Nous invitons la communauté internationale démocratique à faire pression sur le gouvernement turc pour qu’il mette fin à la politique de criminalisation contre le HDP et empêche les attaques contre ses membres et les bureaux de son parti. »
 
Feleknas Uca et Hişyar Özsoy
Co-porte-paroles d’HDP pour les affaires étrangères