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ROJAVA. La Turquie a fait construire une colonie pour déplacés syriens dans un village yézidi d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie continue de changer la démographie du canton kurde d’Afrin qu’elle a occupé avec des gangs islamistes en mars 2018. Elle vient de faire construire par une organisation palestino – koweitienne une colonie pour déplacés syriens dans un village yézidi d’Afrin où elle a opéré un nettoyage ethnique en chassant les Kurdes/yézidis et des minorités religieuses.
 
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH/SOHR) a rapporté que le conseil local de la ville d’Afrin a ouvert un nouveau village surnommé « Koweït al-Rahma », le 30 août, destiné aux personnes déplacées de diverses régions de Syrie.
 
«Ce développement s’inscrit dans le cadre des efforts du gouvernement turc pour accomplir le changement démographique dans le canton d’Afrin en autorisant et en soutenant les organisations civiles à construire des unités résidentielles dans les villes et villages dont les résidents autochtones ont été déplacés, après que leurs maisons aient été détruites en raison de à l’opération « Rameau d’olivier » [à] Afrin», a déclaré OSDH.
 
Selon l’OSDH, le village récemment créé, « Kuwait al-Rahma », est situé entre les villages de Qibar et al-Khalidiyyah dans le district de Sherawa dans la campagne d’Afrin, tandis que les terres où les unités résidentielles ont été établies appartenaient à des Yézidis. Le village, qui a été créé par une association koweïtienne-palestinienne connue sous le nom de « Sham al-Khair » avec la participation de certaines organisations turques opérant dans la région du nord de la Syrie, abrite également près de 380 unités résidentielles, une mosquée, une école, un dispensaire, un institut coranique et un centre commercial.
 
L’OSDH a noté que le village d’al-Khalidiyah, dans lequel les unités résidentielles récentes ont été établies, est l’un des villages du district de Sherawa et qu’il est situé au sommet de la montagne Lelon. Le village est entouré de plusieurs villages, dont Maryamin à l’est et Qibar à l’ouest.
 
Le village a été complètement détruit par des avions de chasse turcs en janvier 2018, tandis que ses quelque 100 habitants, qui vivaient dans près de 20 maisons, ont été déplacés à cette époque lors de l’opération « Rameau d’olivier ». Les habitants du village dépendaient de l’agriculture et de l’élevage avant que leur village ne soit transformé en runes.
 
En mai, l’OSDH a signalé que des œuvres caritatives et des organisations travaillaient à la construction d’ensembles résidentiels au Rojava pour des personnes déplacées d’autres régions syriennes. Malgré le côté positif de ces opérations de construction, elles sont considérées comme faisant partie du changement démographique dans la région par ces associations caritatives qui étaient clairement soutenues par les Turcs.
 
Dans ce contexte, l’OSDH syrien a signalé qu’une organisation caritative appelée « Basma » travaillait à la construction d’un village résidentiel dans le village de Shadir dans la campagne de Sherawa (Jabal Laylon) dans la campagne d’Afrin.
 
L’association visait à construire 12 unités résidentielles composées de 144 appartements dans une première phase pour la réinstallation des familles affiliées aux factions pro-turques, en particulier « Turkmènes ».
 
« Le nouveau village a été construit avec le soutien de l’association des « Mains blanches » soutenue par le Koweït et comprenait la construction d’appartements de style à trois étages, chaque étage contenant quatre appartements, en plus de la construction d’une mosquée et d’un centre de santé. Le projet fournit également un réseau d’eau potable, d’électricité, de voirie et d’assainissement », a déclaré l’OSDH.
 
Il est à noter que la région d’Afrin connaît une présence importante d’associations et d’organisations qui construisent des unités résidentielles pour les personnes déplacées, tandis que les camps d’Idlib couvrent encore de grands espaces de la province.
 
Selon les statistiques de l’OSDH, plus de 270 000 personnes, familles des groupes islamistes alliés à la Turquie et les personnes déplacées des campagnes de Damas, Rif Dimashq, Hama, Homs, Idlib et l’ouest d’Alep, sur la base d’accords turco-russes, ont été installés dans des maisons et des biens appartenant aux habitants d’Afrin chassés de leurs terres, tandis que d’autres ont été installés dans des camps près d’Afrin, le village de Muhammadiyah à Jindires, village d’Afraz à Maabataly, aux districts de Rajo et Bulbul, et aux villages de Kafr Janah Deir Sawwan.
 
Récemment, les forces turques et les gangs islamistes ont commencé à construire sept villages pour installer les personnes déplacées venant d’autres provinces dans le cadre de changement démographique. Les nouveaux villages sont construits par des organisations turques, comme l’Agence turque de Gestion des catastrophes et des situations d’urgences (AFAD) et d’autres pays du Golfe. Ces villages sont situés dans le sud du village de Shadirrah, dans la montagne Sheikh Mohammed au nord de Kafr Safrah- Jindires, dans la région de Ligah entre les deux villages de Karmatlaq et Jiqla Tahtani, Shie/Shiekh al-Hadid près de l’hôpital, et un autre site montagneux près du village de Hag Hasna – Jindires, et un autre site proche du village de Khalta -Shirawa).
 

« Happy Dreams, une histoire kurde » est à l’affiche du Théâtre Municipal Berthelot-Jean Guerrin

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PARIS – Repoussé pour cause de pandémie, la pièce de théâtre « Happy Dreams, une histoire kurde » est de nouveau à l’affiche du Théâtre Municipal Berthelot-Jean Guerrin, à Montreuil. En effet, les 7, 8 et 9 octobre 2021, le comédien kurde en exil, Aram Tastekin jouera son spectacle qui a été accueilli avec enthousiasme par les spectateurs. Un spectacle drôle et tragique à la fois qu’il ne faut pas rater !
 
Dans « Une histoire kurde », Aram Taştekin nous emmène dans son village montagneux de Xarabguryanau fin fond du Kurdistan, où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’État turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui chassent tous les habitants de la région.
 
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams ». Un voyage qui se termine quand Aram rencontre une troupe de théâtre kurde qui cartonne à cause d’un quiproquo …

Par la compagnie La voix des autres
Conte – Durée : 1 h 10 – Dès 8 ans

Acteur : Aram Tastekin
Musique : Neşet Kutas
Ecriture et mise en scène : Elie Guillou
Assistante à la mise en scène : Noémie Régnaut
Collaboration artistique : Cecilia Galli
Regard extérieur : Rachid Akbal
Noémie Régnaut, Aram Tastekin, Elie Guillou, Neset Kutas 

Production : Guillou Frères. Co-productions : Maison du conte (Chevilly Larue), Théâtre Antoine Vitez (Ivry), Compagnie le Temps de vivre – Festival Rumeurs Urbaines, Festival des arts du récit en Isère.

Soutiens : Département du Val de Marne (94), SACD, l’atelier des artistes en exil, Théâtre Berthelot – Jean Guerrin (Montreuil), Le Strapontin (Pont-Scorff).

Dates et horaires:

Jeudi 7 octobre à 20 h 30
vendredi 8 octobre à 15 h et 20 h 30
et samedi 9 octobre à 20 h 30

Adresse:

Théâtre Berthelot
6, rue Marcellin-Berthelot
Tél. 01 71 89 26 70
Situer sur le plan

Réservations
Tél : 01 71 89 26 70
Mail : resa.berthelot(at)montreuil.fr

Tarifs

  • Plein tarif : 12 €
  • Tarif réduit : 8 € (Montreuillois, enfants, étudiants, groupes, allocataires handicapés, intermittents du spectacle et détenteurs de la carte senior)
  • Gratuit (chômeurs en fin de droits et allocataires du RSA)

Les billets sont délivrés le jour même de la représentation, les réservations sont conseillées. Le règlement se fait en espèces ou par chèque bancaire à l’ordre de la compagnie programmée.

 

Ressources numériques kurdes

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L’universitaire kurde, Bahadin H. Kerborani rappelle les tentatives d’effacement de la présence des Kurdes et de leurs réalisations dans les domaines de l’art, histoire, etc. par les États occupant le Kurdistan qui évitent de les mentionner dans les archives historiques relatives aux Kurdes. C’est pourquoi, les Kurdes ont créé leurs propres plates-formes dans la diaspora pour protéger les archives kurdes de cette anéantissement colonialiste.

Bahadin H. Kerborani a préparé une courte liste de ressources numériques kurdes en anglais. Le Groupe d’études transglobales l’a partagé sur son site la version française que nous partageons avec vous ci-dessous:

Une brève introduction aux ressources Kurdes en ligne

Les Kurdes, en particulier en Turquie, ont été confrontés à certaines des politiques d’assimilation les plus systématiques au Moyen-Orient depuis les premières années de la fondation de la République de Turquie. Les Kurdes n’ont pas été autorisés à établir leurs propres centres de production de connaissances dans les conditions incertaines et périlleuses du nord du Kurdistan et de la Turquie. Par conséquent, les Kurdes et leurs amis ont créé des organisations et des plates-formes indispensables dans la diaspora pour préserver les documents écrits et les artefacts culturels kurdes des tentatives d’anéantissement de l’État.

 

 

Trouver et accéder à des documents écrits, des artefacts culturels et du patrimoine musical kurdes peut être un obstacle majeur pour ceux qui s’intéressent à l’histoire et à la culture kurdes en raison des politiques et des attitudes des États dans lesquels vivent les Kurdes, ainsi qu’en raison de documents mal classés dans les bibliothèques de recherche. Par exemple, l’un des principaux sites Web pour localiser les manuscrits en Turquie est la Direction générale des bibliothèques du ministère de la Culture. Lorsque vous recherchez sur ce site Web « Kürdi », « Terkibü’l Kürdi » (La structure du kurde) figure parmi les résultats de recherche. Le titre indique qu’il a quelque chose à voir avec la langue kurde ou les Kurdes. Sur la page de détails de ce manuscrit, le sujet est décrit comme « Afro-Asyatik diller Sami dilleri » (langue afro-asiatique langues sémitiques), la section des langues est vide, et il n’y a aucune mention du kurde ou des kurdes. La deuxième classification bizarre peut être vue pour « Müntehâbât-ı eş’âr-ı Kürdiyye » (Poèmes choisis en kurde), le sujet est « Fars Dili ve Edebiyatı » (langue et littérature persanes) et encore une fois la section linguistique est vide. Ces types de classification erronée et l’absence de langue sont des exemples de déni d’existence de la langue kurde et des Kurdes. De plus, ce genre de traitement des sources kurdes rend plus difficile pour les chercheurs de mener à bien leur travail. Vous pouvez soutenir l’existence de la langue, des sources et de l’histoire kurdes. L’un de mes appels à mes collègues est le suivant : S’IL VOUS PLAÎT ne mentionnez pas seulement la lutte de Selahadînê Eyûbî, ou Saladin le Kurde, contre les Croisés lors de vos cours. Les Kurdes ont contribué plus que cela à l’histoire du Moyen-Orient. Vos efforts pour introduire la contribution des Kurdes dans différents domaines peuvent remettre en cause les politiques d’efffacement et de déni envers les Kurdes au Moyen-Orient.

« Vos efforts pour introduire la contribution des Kurdes dans différents domaines peuvent remettre en cause les politiques d’effacement et de déni envers les Kurdes au Moyen-Orient. »

Par conséquent, dans ce court article, je vise à présenter certaines ressources et collections kurdes primaires et secondaires en ligne qui pourraient rendre les connaissances et les sources plus accessibles en cette période de pandémie mondiale. Je présenterai également trois livres qui sont des exemples intéressants de la façon dont les Kurdes ont joué un rôle important dans l’histoire du Moyen-Orient, la production et la circulation du savoir, l’histoire de l’alimentation et le rôle des femmes dans l’histoire de la région. [1]

L’un des centres les plus utiles et pratiques pour les étudiants et les universitaires pour trouver des personnes intéressées par les études kurdes et le Kurdistan de différentes parties du monde est le Kurdish Studies Network (KSN). Le KSN a été créé en 2009, dans le but de « revitaliser et réorienter la recherche, l’érudition et les débats dans le domaine des études kurdes et de fournir des ressources précieuses en partageant des connaissances et en encourageant l’interaction et la collaboration grâce à son vaste réseau en ligne ». Une ressource importante créée par KSN est sa bibliographie de documents en anglais sur les Kurdes et le Kurdistan, qui est divisée en trois subdivisions : 1) Ouvrages, de 1829 à 2019 ; 2) Articles, de 1838 à 2018 ; et 3) Chapitres, de 1983 à 2015. KSN héberge également une liste de diffusion par e-mail à laquelle il est possible de s’abonner, afin de suivre et d’entendre parler des chercheurs en études kurdes et moyen-orientales. De plus, KSN publie une revue interdisciplinaire à comité de lecture, Kurdish Studies Journal, auquel les particuliers ou les institutions peuvent souscrire.

L’Institut Kurde de Paris a accueilli d’innombrables événements et individus depuis 1983. Selon leur site Web, la bibliothèque de l’Institut possède la plus grande collection kurde du monde occidental, comprenant 10 000 monographies sur les Kurdes en 25 langues et d’autres documents imprimés et enregistrements musicaux. De nombreux livres rares, périodiques et autres documents, ainsi que des titres plus récents, dans différentes langues, ont été numérisés et peuvent être téléchargés au format pdf via la Bibliothèque kurde.

Les Kurdes ont publié des périodiques dans leur langue maternelle, ainsi que dans d’autres langues, depuis le quatrième quart du XIXe siècle. Le premier journal kurde, Kurdistan, a été publié par Mîqdat Mithad Bedirkhan au Caire, à partir de 1898. Si vous habitez en dehors de la Turquie, vous pouvez accéder et télécharger des copies pdf de Kurdistan et de nombreux autres périodiques (journaux et magazines), livres, et documents relatifs à l’histoire et à la langue kurdes et aux partis et organisations politiques kurdes via Arşîva Kurd, un site Web consacré à l’accès à ces documents imprimés. Après avoir correspondu avec l’organisation, j’ai appris qu’un groupe d’intellectuels, de politiciens et d’individus sont derrière le site Web. En termes de matériel, ils numérisent les documents au besoin et rassemblent parfois des documents en ligne pour les ajouter à leur site Web. Malheureusement, si vous essayez d’accéder à Arşîva Kurd en Turquie, vous rencontrerez l’avertissement bouleversant ci-dessous, qui indique que le site Web a été bloqué par le tribunal. Ce type d’action en justice n’est pas unique en Turquie. Par exemple, Enstîtuya Kurdî ya Stenbolê (L’Institut kurde d’Istanbul), une organisation éducative qui se consacre à la langue, la culture et l’histoire kurdes, a été fermée à plusieurs reprises depuis sa fondation en 1992 par l’État turc.

 

 

SARA Distribution a été créée en 1987 à Stockholm, en Suède. Le fondateur et propriétaire de SARA Distribution (Le Musée Kurde), Goran Candan, a rassemblé des livres rares, des périodiques, des artefacts et de la musique relatifs aux Kurdes, en kurde et dans de nombreuses autres langues européennes et moyen-orientales. Le Musée de l’exil Kurde est un site Web sur lequel vous pouvez trouver ces matériaux et documents incroyables. En particulier, leur collection de timbres, cartes postales, et musique kurde valent le détour. Vous pouvez voir ces éléments en naviguant.

Les amis des Kurdes et les amoureux de la langue kurde ont joué un rôle déterminant dans le renforcement et la préservation des ressources kurdes et dans la défense de la nécessité des droits humains fondamentaux pour les Kurdes. L’érudite et archiviste de la culture kurde, Vera Beaudin Saeedpour (1930-2010), était l’une de ces personnes qui a lancé la Kurdish Heritage Foundation, la Kurdish Library et le Kurdish Museum à Brooklyn, New York, au début des années 1980. Elle a également publié deux importantes revues kurdes : The International Journal of Kurdish Studies et Kurdish Life. Le trésor inestimable de matériaux et d’artefacts de Vera Saeedpour peut aujourd’hui être trouvé aux Bibliothèques de l’Université de Binghamton. La Bibliothèque et la Collection Kurdes Vera Saeedpour se compose de 3 000 livres, revues et journaux en kurde et dans de nombreuses autres langues. Plus de détails sur les documents écrits de leur collection peuvent être trouvés via leur aide à la recherche. En outre, la collection contient des bijoux, des coiffes, des ceintures, des instruments de musique et de la musique enregistrée, ainsi que des textiles, dont les images peuvent être consultées sur leur site Web, ainsi que des descriptions. Si vous avez l’occasion de visiter le nord de l’État de New York (l’automne, en particulier, est recommandé), visitez l’exposition de la collection kurde à la bibliothèque Bartle de l’Université de Binghamton (SUNY).

 

 

Récemment, une information à propos des documents et collections de deux éminentes personnalités kurdes, le professeur Amir Hassanpour (1943-2017) et le professeur Omar Sheikhmous (1942-), a été mise à la disposition du public. Hassanpour était professeur émérite des civilisations du Proche et du Moyen-Orient à l’Université de Toronto. Le Fonds Amir Hassanpour contiennent sa correspondance avec d’autres personnalités kurdes, ses œuvres, interviews, publications, et d’autres documents. L’aide à la recherche décrivant le fonds est disponible en kurmandji, sorani, persan et anglais. Sheikhmous, un universitaire influent, militant et traducteur, a fait don de ses livres, documents personnels et périodiques à l’Université d’Exeter, où le Centre d’Études Kurdes a organisé de nombreux événements et conférences importants. L’archiviste James Downs a écrit une série de quatre articles de blog dans lesquels il met en avant les contributions de Sheikhmous et le contenu des documents. Le troisième article du blog, « Kurdish Studies and the archive » souligne certains points importants et soulève des questions importantes pour le développement des études kurdes en tant que discipline.

Le bibliothécaire et conservateur, Michael James Erdman a écrit et exploré les sources historiques kurdes à la British Library. En particulier, son article de blog « A Testament to Diversity: Kurdish Manuscript Collections at the British Library » mérite d’être lu. En plus de cela, il a préparé deux listes importantes relatives aux périodiques kurdes à la British Library.

En plus de ces ressources en ligne, j’aimerais présenter brièvement trois livres intéressants qui ont été largement diffusés au Kurdistan du Nord et en Turquie. Le premier récit est une traduction partiellement kurde d’un célèbre médecin et philosophe gréco-romain, Gelanos (129-216 apr. JC) (également connu sous le nom de Galen ou Calînûs Hekîm), par l’érudit kurde Melayê Erwasî (18e-19e s.).[2] Melayê Erwasî n’a pas seulement bénéficié du livre de Gelanos, il a également inclus quelques noms d’articles qui n’existaient pas à l’époque de Gelanos, comme le tabac.[3] Écrit au XVIIIe siècle, Tiba Melayê Erwasî (Le livre médical de Melayê Erwasî), a été écrit en kurde très simple, ce qui rend le livre facile à lire. Il commence le livre par « Calînûsê Hekîm gotiye » (« Le médecin Calînûs avait déclaré ») et il fournit des détails sur de nombreuses maladies et sur ce qu’une personne doit faire si elle présente des symptômes.

 

 

Deuxièmement, un livre de Mestûrê Mahşeref Erdelanî, ou Mestûreya Kurdistanê (1805-1847/8), Tarikh-i Ardalan (L’histoire d’Ardalan) a été écrit au milieu du XIXe siècle. Ce livre a été traduit en kurde et en turc récemment en Turquie et au Kurdistan du Nord.[4] Mestûrê Xanim couvre l’histoire de la dynastie kurde Ardalan, leurs relations avec les pouvoirs locaux et impériaux, et quelques détails sur sa propre vie. Malheureusement, nous n’avons pas beaucoup de livres écrits par des historiennes femmes de cette période au Moyen-Orient. Cela fait de Mestûrê Xanim un individu remarquable qui a produit des livres non seulement sur l’histoire, mais aussi sur les questions religieuses.[5]

Enfin, Fi Beyanî’l Et’îme we Mezaqîha de Şêx Muhyedînê Hênî (1849-1897) ou, en kurde, Beyana Xwarinan û Zewqên Wan (Recettes des aliments et descriptions de leurs goûts).[6] Ce livre de cuisine est unique dans son genre et est le plus ancien livre de cuisine en langue kurde, du XIXe siècle. Ce livre remarquable a été édité et translittéré par Mela Birhanê Tarînî en 2015. Şêx Muhyedînê Hênî décrit de nombreux aliments de différentes villes du Kurdistan et souligne ce qu’il faut manger et dans quelles circonstances en 186 couplets. De plus, le livre dresse un tableau intéressante des différentes classes sociales, à travers les explications de Şêx Muhyedînê Hênî sur ce que quelles classes mangent quels aliments et les habitudes alimentaires au Kurdistan ottoman. Fait intéressant, il décrit également les aliments que le Prophète mangeait et aimait. Beyana Xwarinan û Zewqên Wan mentionne 130 aliments différents et élargit notre compréhension des aliments et des saveurs du Moyen-Orient du point de vue kurde soufi Naqshbandi/Khalidi.

 

 

Bienheureusement, nous verrons bientôt ces trois livres kurdes importants, et d’autres, traduits en anglais, afin que les universitaires du monde entier puissent en bénéficier.

 

[1] Certaines sources historiques peuvent être trouvées sur : Kurdish Sources and the Khalidi Library.
[2] Nous ne connaissons pas la date exacte du livre ; certains érudits prétendent qu’il pourrait être du XVIIe siècle.
[3] Kadri Yıldırım, Ji Sedsala 18. Pirtûkeke Kurdî ya Bijîşkiya Gelêrî : Tiba Melayê Erwasî (Istanbul : Berdan, 2013). 20.
[4] Mestûreya Kurdistanî, Dîroka Erdelanê : Hoz, Tîre û Tayfeyên Kurd li Kurdistana Erdelanê trad. de Ziya Avci (Istanbul : Avesta, 2020), Mestûre Mahşeref Erdelanî, Erdelan Tarihi : Erdelan Kürt Mirliği Tarihi (1169-1867) trad. de Cafer Açar (Istanbul : Nûbihar, 2020), et Mestûre Kurdistanî, Dîroka Erdelanê trans. par Sabîr Ebdulahîzad (Van : Sîtav).
[5] Mah Sharaf Khanum Kurdistani, ‘ Aqayid, (Stukhulm : Pencînar, 1998), ce livre a été traduit en turc par Hatice Yılmaz Aslan sous le nom de Şer’iyat Risalesi : Bir Kürt Alimenin Fıkıh Kitabı (Istanbul : Nûbihar, 2014).
[6] Şêx Muhyedînê Hênî, Fi Beyanî’l Et’îme we Mezaqîha (Beyana Xwarinan û Zewqên Wan ) édité et transcrit par Mela Muhyedînê Tarînî (Istanbul : Peywend, 2015). La pierre tombale de Şêx Muhyedînê Hênî a été retrouvée récemment.

« A Short Introduction to Kurdish Online Resources », Hazine, 24/01/2021.

Hommage à Ferda Cemil Pacha et Nadir Nadirov

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PARIS – L’Institut kurde de Paris rend hommage à la féministe et mécène Ferda Cemil Pacha et au professeur et scientifique Nadir Nadirov, deux figures éminentes kurdes qui nous ont quittés en août dernier. 

Voici l’hommage de l’Institut kurde de Paris: 

« Décès de deux personnalités éminentes du monde kurde : Ferda Cemil Pacha, le 31 août à Istanbul et le professeur Nadir Nadirov, le 24 août à Almaty au Kazakhstan.
 

Figure de la société civile et de féminisme au Kurdistan, Ferda Cemil Pacha était aussi une mécène et une entrepreneuse pionnière qui a contribué à la reconstruction du Kurdistan.  Ce sont ses entreprises qui ont construit notamment les bâtiments de Ministère de la Culture, du Ministère de l’Intérieur, de l’Académie de police et plusieurs hôpitaux à Erbil.  Militante engagée dans l’humanitaire, elle était distinguée et récompensée par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour ses nombreuses initiatives dans l’accueil des réfugiés iraniens, afghans et plus tard Kurdes irakiens en Turquie. Parallèlement à ses activités professionnelles elle a continué des actions d’aide et de solidarité en faveur des réfugiés kurdes syriens et yézidis accueillis au Kurdistan irakien.  Proche partenaire de l’Institut, elle a été de 2007 à 2012 directrice des bureaux d’Erbil de notre chaîne culturelle kurde KURD1 et à ce titre très appréciée des artistes et intellectuels locaux.

Son parcours est à l’image des vicissitudes de l’histoire kurde au XXème siècle.  Elle est née en 1951 à Damas, en exil, dans une famille aristocratique kurde qui a joué un rôle de premier plan dans le mouvement national kurde dans les années 1910-1930.  Son arrière- grand-père, Cemil Pacha, était un haut dignitaire ottoman qui a été notamment gouverneur du Yémen.   Ses enfants, éduqués dans les meilleures écoles d’Istanbul et de Suisse, sont devenus des nationalistes kurdes militant, au lendemain de la Grande Guerre, pour la création d’un Kurdistan indépendant.  Après la victoire de Mustafa Kemal, ils ont dû quitter leur ville de Diyarbakir et s’exiler en Syrie, placée alors sous le mandat français, où ils ont poursuivi leur combat pour la cause kurde.

Tous leurs biens ont été confisqués.  Ce n’est qu’au début des années 1970 qu’à la faveur d’une éphémère période de libéralisation du régime turc que certains membres de leur famille, dont le père de Ferda, ont été autorisés à revenir en Turquie.  C’est ainsi à Diyarbakir que Ferda a pu terminer le lycée avant d’aller poursuivre des études de biologie à l’université Haceteppe d’Ankara qu’elle a achevées avec succès en 1980.  Son activité militante en faveur de la cause kurde et du féminisme, engagée pendant ses années d’université, poursuivie sous la dictature militaire dans la clandestinité, a continué jusqu’à sa mort prématurée à l’âge de 70 ans, dans un hôpital d’Istanbul.

Polyglotte, parlant couramment outre le kurde et le turc, l’arabe, l’anglais et le persan, généreuse et solidaire, elle était aimée et respectée au Kurdistan et parmi les démocrates turcs et syriens et au-delà parmi les nombreux occidentaux, dont français, passant par Erbil qui ont croisé son chemin.

Ses obsèques ont eu lieu le 2 septembre dans sa ville bien-aimée de Diyarbakir dans la cour d’honneur du Palais Cemil Pacha qui était leur résidence et que sa famille a offert à la Mairie de Diyarbakir qui en a fait un musée.

 

« LE MARECHAL DU GAZ ET DU PETROLE »

Le Professeur Nadir Nadirov était la figure la plus connue des Kurdes de l’ex-URSS symbolisant, à travers son parcours, le destin de sa communauté.

Né le 6 janvier 1932 dans le village Qirqac au Nakhitchevan, rattaché aujourd’hui à l’Azerbaïdjan, dans une famille originaire de Van ayant fui les persécutions turques, il connaît dès l’âge de 5 ans la déportation.  Sa famille, comme des dizaines de milliers de familles kurdes musulmanes du Caucase, est déportée par le régime de Staline vers l’Asie centrale.  Après un certain temps d’errance, elle s‘installe dans la ville kazakhe de Djambul.  Malgré des difficultés innombrables entravant l’éducation des enfants des déportés, il parvient à finir ses études secondaires.  Après la mort de Staline et la fin de son régime de terreur, la situation s’améliore et cet élève brillant est autorisé à aller étudier la chimie à l’université de Moscou. Il fait ensuite un doctorat en pétrochimie, puis en 1970 devient professeur d’université à Alma Ata, au Kazakhstan, plus tard académicien. Ses recherches, donnant lieu à la publication d’une trentaine de livres et plusieurs centaines d’articles scientifiques, lui valent plusieurs distinctions soviétiques et étrangères. On lui doit huit innovations techniques et plus de 200 patentes.  En 1993, il est nommé vice-président de l’Académie des Sciences du Kazakhstan et qualifié de « Maréchal du gaz et du pétrole » par le président kazakh de l’époque Kounaev.

Parallèlement à ses activités scientifiques, le professeur Nadirov qui, jeune étudiant de 23 ans, avait pu rencontrer à Moscou le légendaire leader kurde en exil, Mustafa Barzani, a poursuivi des activités d’abord en faveur de la bonne intégration des Kurdes au Kazakhstan, puis en faveur de la reconnaissance d’un statut pour la diaspora kurde en URSS et pour la prise en compte de la lutte de libération nationale kurde par la diplomatie soviétique.

En octobre 1989, il était venu à Paris à la tête d’une importante délégation soviétique participer à la conférence internationale sur les Kurdes organisée par l’Institut kurde et la Fondation France-Libertés au Centre de conférences internationales avec la participation de personnalités de 32 pays, dont un sénateur américain, des parlementaires britanniques, allemands… Son témoignage sur le sort des Kurdes en URSS, leur déportation, leurs épreuves), a été l’un des événements marquants de cette conférence qui a contribué à l’internationalisation de la question kurde.

A son retour, il a joué un rôle primordial dans la tenue à Moscou, en juillet 1990, d’une grande conférence, co-organisée par l’Institut du marxisme-léninisme du PCUS et l’Institut kurde de Paris. Près de 1400 délégués kurdes, venant de neuf républiques soviétiques et une vingtaine de dirigeants politiques et personnalités du Kurdistan ont participé à cet événement inédit dans l’histoire soviétique.  L’objectif officiel était la définition d’un statut pour les Kurdes de l’URSS.  Nadir Nadirov et une majorité de délégués demandaient la reconnaissance d’une autonomie culturelle incluant des droits linguistiques comme l’enseignement de la langue kurde à l’école, des émissions en kurde à la radio, etc. D’autres délégués demandaient aussi le rétablissement d’un Kurdistan autonome dans les territoires de Latchine et de Kelbajar situés entre l’Arménie et le Haut-Karabagh où de 1922 à 1929 avait existé un Kurdistan Rouge.  Des conseillers de président Gorbatchev qui assistaient à la Conférence ont plus tard reçu une délégation de la Conférence présidée par Nadir Nadirov.  Ils ont promis l’étude des diverses propositions de la Conférence. Mais l’effondrement de l’URSS quelques mois plus tard a emporté tous les projets.

Au lendemain de la Conférence, le conseiller pour la politique étrangère du président soviétique, Evgueni Primakov, devenu plus tard Premier Ministre, a longuement reçu les dirigeants kurdes irakiens présents à Moscou.  De l’avis des observateurs cette prise de contacts a eu un impact important sur la politique soviétique lors de la Guerre du Golfe et surtout lors de l’exode massif des Kurdes qui l’a suivie.  Contrairement à leur tradition, les Soviétiques n’ont pas opposé leur veto lors de l’adoption de la résolution 688 du Conseil de Sécurité, proposée par la France, autorisant la création d’une « non fly zone », une zone de protection au Kurdistan irakien, une zone qui a évolué vers l’actuelle Région du Kurdistan.

Gloire nationale au Kazakhstan, le professeur Nadirov est connu et respecté comme un savant patriote dans toutes les régions du Kurdistan et dans la diaspora kurde.  Son décès à l’âge de 89 ans a eu un large retentissement au Kazakhstan où l’ancien président Nazarbaev et son successeur le président Kassimov lui ont rendu hommage.  Les médias locaux, qui ont donné une large place à l’événement, ont aussi fait part des propositions de donner son nom à des institutions de recherche ainsi qu’à des rues ou à des places à Almaty et dans sa ville d’enfance Djambul.  Au Kurdistan, le président Nechirvan Barzani, son prédécesseur Massoud Barzani, le Premier ministre ainsi que les dirigeants des principaux partis politiques kurdes et des intellectuels ont publié des messages saluant sa mémoire, son œuvre et son attachement à la cause kurde.  Le président de l’Institut kurde et plusieurs de nos collègues ont participé à des programmes de télévision kurde rendant hommage au professeur Nadirov qui considérait notre Institut comme « Une ambassade de Kurdistan et de tous les Kurdes au cœur de l’Europe ».

Nadir Nadirov était marié à Mme Helima Amo, chimiste kurde qui, de son côté, a fait une brillante carrière universitaire. Outre ses publications professionnelles, elle a publié il y a quelques années, un livre de référence sur la cuisine kurde.  Leurs trois enfants restent actifs dans la vie culturelle et sociale des Kurdes d’Asie centrale. »

TURQUIE. Un enfant kurde tué par un blindé militaire turc à Şırnak

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TURQUIE / BAKUR. Mihrac Miroğlu, un enfant kurde de 7 ans, qui faisait du vélo dans le quartier d’İdil à Şırnak, est mort après avoir été heurté par un blindé militaire turc. Un crime ordinaire au Kurdistan colonisé.
 
Le Parti démocratique des peuples (HDP) a dénoncé les « accidents » mortels causés par les blindés militaires turcs dans les régions kurdes et a déclaré : Les morts impliquant les forces de sécurité et les véhicules qu’elles utilisent dans les provinces kurdes ne sont pas des accidents mais des massacres. Combien y a-t-il de massacres d’enfants, de femmes, de vieillards ? Ca suffit! (…) »
 
Selon le rapport sur les violations des droits de l’homme préparé en 2020 par la branche d’Amed de l’Association des droits de l’homme (IHD), 16 enfants sont morts dans 63 accidents impliquant des blindés militaires entre 2010 et 2020.

SYRIE. Les Kurdes du Rojava « ouvrent la porte aux négociations si Damas est prêt »

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SYRIE / ROJAVA – Suite aux déclarations du président syrien Bashar Hafez al-Assad concernant la décentralisation, la coprésidente du Conseil exécutif de l’AANES, Îlham Ehmed, a déclaré « si Damas est prêt, nous (…) ouvrons la porte aux négociations ».
 
Après le retrait des États-Unis et d’autres forces de l’OTAN d’Afghanistan et la prise par les talibans de villes à travers le pays en très peu de temps, la situation en Asie centrale a changé. Ce changement devrait également affecter particulièrement les pays du Moyen-Orient, où il existe des organisations qui ont une mentalité similaire aux talibans.
 
La Syrie, où la guerre dure depuis dix ans, mais aussi l’Irak sont des pays qui seront touchés. La Turquie a intensifié ses frappes aériennes dans le nord et l’est de la Syrie ces derniers jours et, pour de nombreux analystes politiques, la Turquie a profité des «développements» en Afghanistan, où l’attention du public s’est concentrée ces derniers jours.
 
En raison de l’augmentation des attaques, l’ambassade des États-Unis en Syrie a déclaré que les frappes aériennes turques dans le nord et l’est de la Syrie sont alarmantes, et elle a exhorté la Turquie à respecter la décision de cessez-le-feu.
 
« Les États-Unis sont profondément préoccupés par l’intensification des frappes aériennes et des bombardements dans le nord de la Syrie ces derniers mois, qui ont fait des dizaines de victimes civiles et de déplacements. Nous appelons toutes les parties à respecter le cessez-le-feu, à protéger les populations civiles et à œuvrer à une résolution politique du conflit, comme indiqué par la résolution 2254 de l’ONU », a-t-il déclaré.
 
Alors que les attaques se poursuivent – ​​malgré le cessez-le-feu – les déclarations du gouvernement syrien concernant la décentralisation ont également pris une importance accrue.
 
« La décentralisation permet un développement équilibré entre les différentes régions syriennes », a déclaré Bachar al-Assad le 14 août, lors d’une réunion avec le nouveau cabinet syrien. Il a ajouté qu’ « il y a maintenant une opportunité de passer de la centralisation à la décentralisation ». Une délégation américaine de haut rang aurait également participé récemment à des réunions dans le nord de la Syrie.
 
Figure clé de la région, la coprésidente du Conseil exécutif de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES), Îlham Ehmed, s’est entretenue avec l’ agence de presse Mezopotamya (MA) sur les récentes attaques de la Turquie, le rôle des États et la Russie, les déclarations d’Assad et d’autres développements dans la région.
 
« Il pourrait y avoir des attaques plus larges dans les prochains jours » de la part de la Turquie, a-t-elle déclaré, notant que « la stabilité dans la région est visée par la Turquie ».
 
Ehmed a déclaré que non seulement la Turquie mais aussi la Russie et les États-Unis sont également responsables des attaques car ils sont restés silencieux, malgré l’accord conclu entre ces pays.
 
« Cependant, la Turquie dit que, ‘Bien que j’aie passé un accord avec vous, je vais attaquer à nouveau.’ Dans l’accord avec les États-Unis et la Russie, la Turquie ne doit pas oser commettre ces attaques. Mais la Turquie invente des excuses pour les attaques. Des forces telles que les États-Unis et la Russie peuvent parfois utiliser la position agressive de la Turquie pour forcer l’Administration autonome et les forces du QSD à faire ce qu’elles veulent. C’est pourquoi nous ne considérons pas ces pays comme éloignés de ces attaques. La Russie, en particulier, en est responsable », a-t-elle déclaré.
 
Ehmed a noté que la situation actuelle en Syrie est basée sur un cessez-le-feu « mais cela ne signifie pas que la guerre ne recommencera pas ».
 
« Les affrontements ont repris à Deraa. De tels affrontements peuvent également avoir lieu à Idlib. Il peut également y avoir des manifestations à grande échelle sur les problèmes économiques dans les zones contrôlées par le régime syrien. Il peut y avoir des attaques dans notre région comme les attaques de la Turquie », a-t-elle déclaré, mais tous ces affrontements ne provoqueront pas une « grande guerre » dans le pays comme cela s’est produit dans le passé.
 
« Ils veulent que la Syrie reste dans une guerre froide. De cette façon, l’État syrien s’affaiblit progressivement. Il se désagrège de l’intérieur : au bout d’un certain temps, l’objectif d’établir une nouvelle administration en Syrie peut être renforcé. Cela pourrait passer par un accord général à Damas. Cette possibilité se démarque. Après toutes ces guerres, plus personne ne souhaite une grande guerre. »
 
Commentant la déclaration du président syrien Bachar al-Assad concernant la « décentralisation », Ehmed a souligné que la décision de renforcer la population locale et d’aller vers un système décentralisé avait en fait été prise en 2012 mais n’avait pas été réalisée.
 
« Si Damas veut des négociations, nous, en tant que Conseil démocratique syrien (MSD), ouvrons la porte aux négociations. C’est notre appel. La Syrie est en crise générale. Cela nous inclut, mais le régime syrien traverse le plus profond. Le régime en a besoin. Ce qu’ils font maintenant, c’est d’essayer de créer des tensions entre la gouvernance autonome et la société, et cela ne servira pas le régime. La meilleure façon pour le régime syrien est d’accepter cette réalité. L’existence des Kurdes est désormais indéniable. »
 
Ehmed a également abordé le débat sur le statut de la Syrie du Nord et de l’Est. « C’est aussi une question de constitution syrienne. Il doit être résolu avec la Syrie. L’ONU doit être directement impliquée. S’ils déclarent que l’AANES doit jouer un rôle dans la résolution de la crise syrienne, il n’y aura plus d’obstacles », a-t-elle déclaré.
 

KURDISTAN. La Turquie bombarde le camp de réfugiés de Maxmur

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Ce matin, des drones turcs ont frappé le camp de réfugiés kurdes de Makhmour (Maxmur) au sud-ouest d’Erbil (Hewler). Hier soir, la Turquie avait bombardé les Yézidis de Sinjar, tuant un combattant des forces yézidis (YBŞ) et blessant un autre.
 
L’armée turque a de nouveau bombardé le camp de réfugiés de Maxmur, reconnu par l’ONU, où 12 000 réfugiés kurdes, qui ont fui la violence turque dans les années 1990, y vivent depuis la fin des années 1990. A priori, il n’y a pas de victimes mais des dégâts matériels.

En juin dernier, l’ambassadrice des États Unis auprès de l’ONU, Linda Thomas-Greenfield avait déclaré que toute attaque contre le camp est « une violation du droit international et humanitaire ».
 

Il ne passe plus un jour sans que la Turquie bombarde les Kurdes du Bashur (Kurdistan d’ « Irak ») et ceux de Shengal, en toute illégalité, avec la complicité de l’OTAN et de la communauté internationale, ONU, Europe, Etats-Unis, etc.

 
Image: ANF

Documentaire: Filles du feu

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Filles du feu, documentaire suivant les femmes kurdes engagées au sein des YPJ qui ont participé à la défaite de DAECH / ISIS aux côtés de leurs camarades hommes des YPG, a été tourné en 2015 par le cinéaste Stéphane Breton. Arte le rediffuse jusqu’au 7 septembre prochain.

Si vous ne l’avez pas encore vu, c’est par ici le visionnage: Filles du feu

La lutte des femmes travailleuses du Kurdistan de l’Est

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IRAN / ROJHILAT – Dans les régions kurdes d’Iran condamnées à la pauvreté endémique, les femmes travailleuses luttent pour subvenir aux besoins de leurs familles alors que les mollahs iraniens et la société patriarcale les empêchent d’avoir leur autonomie économique.
 
Lorsque Mahnaz Amiri a décidé de se séparer de son mari il y a 12 ans, la responsabilité de subvenir aux besoins de ses enfants est tombée sur ses épaules.
 
Cette femme de 52 ans originaire de Sanandaj travaille comme tailleuse depuis plus d’une décennie pour subvenir aux besoins de sa famille et fait partie des plus de trois millions de femmes soutien de famille à travers le pays.
 
« Parfois, j’avais l’habitude de verrouiller la porte et de travailler secrètement par peur parce qu’ils [le gouvernement] ne me laissaient pas faire. Notre société ne nous soutient pas. Ils n’acceptent pas que nous soyons les soutiens de famille », a-t-elle déclaré.
 
Selon Nahid Tajadin, membre du comité social du parlement iranien, le nombre de femmes travaillant pour subvenir aux besoin de leurs familles a augmenté de 58 % au cours des 10 dernières années. Avec la propagation du coronavirus, beaucoup de ces femmes sont confrontées à des problèmes financiers et au chômage, aggravés par la stigmatisation sociale.
 
« Notre société ne nous soutient pas », a déclaré Amiri, ajoutant qu’en plus de travailler à l’extérieur de la maison pour subvenir aux besoins de leur famille, les femmes doivent également faire le ménage et s’occuper des enfants à la maison.
 
Bayan Nasrizar, 46 ans, a occupé plusieurs emplois au cours des 20 dernières années pour subvenir aux besoins de ses trois enfants, notamment en gérant un magasin où elle fabrique et vend des plats traditionnels.
 
« Je fais du kalana [un type de pain local] depuis trois ans. Je fais aussi des tartes. Je prépare également des plats kurdes traditionnels pour mes clients, notamment le doghawa [kofta], les légumes farcis et le hallaw [un plat à base de raisin et de viande] », a-t-elle déclaré. L’année dernière, elle a dû fermer sa boutique pendant trois mois à cause de la pandémie de coronavirus. Maintenant, ses ventes ont diminué.
 
C’est une vie difficile, mais elle est reconnaissante parce qu’elle est capable de subvenir aux besoins de sa famille. « Bien que mes revenus aient diminué, je suis heureuse car je ne dépends de personne » a-t-elle déclaré.
 
Les provinces kurdes de l’ouest de l’Iran ont toujours été aux prises avec un taux de chômage élevé, peu d’opportunités d’emploi en raison d’un manque d’investissement et d’une pénurie de services. Les femmes sont traditionnellement gardées à la maison, ce qui rend la situation doublement difficile pour celles qui ont besoin de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.
 
La militante des droits des femmes et chercheuse Bayan Azizi a déclaré que les femmes soutiens de famille sont confrontées à des défis importants, mais qu’elles constituent «l’un des éléments les plus importants de la société».
 
On pensait autrefois que seules les veuves avaient la responsabilité de subvenir aux besoins de leur famille. « Aujourd’hui, ce n’est plus vrai », a déclaré Azizi. Certaines ne sont pas mariées, d’autres sont mariées mais leurs maris sont partis travailler ou sont en prison.
 
Selon la militante, le nombre de femmes travailleuses est en augmentation.
 
« Nous avons fait des recherches dans la province du Kurdistan sur les problèmes des femmes soutiens de famille. En conséquence, nous avons découvert que 65% des problèmes de ces femmes sont financiers et que les petits prêts n’améliorent pas leur situation », a-t-elle déclaré. Le deuxième obstacle auquel ces femmes sont confrontées est les attentes sociales et sociétales concernant le rôle des femmes à la maison et à l’extérieur.
 

KURDISTAN. Trois filles se suicident après avoir subi le chantage d’une organisation criminelle

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Dans la ville kurde d’Erbil /Hewler, une organisation criminelle du nom « Govand » fait chanter des femmes et des hommes accusés de vivre dans le péché. Tout cela, au nom de la morale… Jusqu’à présent, au moins trois femmes victimes de Govand se seraient suicidées. 
 
L’information a été donnée sur Twitter par l’activiste kurde allias Aram qui déclare qu’au moins trois jeunes femmes se sont suicidées jusqu’à présent suite aux menaces et chantages émis par les membres de cette organisation criminelle.
 
Leurs méthodes consistent à faire chanter, à prendre ou à voler des photos nues/critiques de garçons/filles et à les forcer à avouer devant la caméra qu’ils se sont trompés, sinon les images sont rendues publiques écrit Aram.
 
Aram a publié de nombreuses photos (floutées) des victimes de Govand. Sur une des photos, on peut voir une jeune femme forcée d’embrasser les pieds de quelqu’un pour le pardon.
 
 
Aram déplore que le groupe criminel GOVAND publie les images des victimes sur Telegram où il y a d’autres groupes de même genre.
 
Le porte-parole de la police d’Erbil aurait déclaré que tant qu’il n’y a pas de plainte, ils ne peuvent rien faire. « Donc faire chanter, partager des photos nues et PRIVÉES d’une personne contre son gré n’est pas une raison d’agir », dit Aram qui ne cache pas sa colère vis-à-vis de la passivité des autorités kurdes d’Hewler.
 
Un autre activiste kurde sur Twitter, Diween Hawezy déclare que les victimes de Govand n’osent pas porter plainte, pour ne pas se retrouver au tribunal. Car, « cela signifie que leur famille devra être impliquée. C’est très peu attrayant pour les victimes d’emprunter cette voie, surtout s’il s’agit de victimes mineures. Surtout en raison des répercussions culturellement accentuées. »

TURQUIE. Un militant kurde en garde à vue est torturé depuis 9 jours

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TURQUIE – Le militant kurde Sonuç Gürdeğir subit la torture systématique depuis son arrestation à Istanbul le 24 août dernier, dit la branche de Diyarbakir (Amed) de l’Association des juristes libres (Özgürlükçü Hukukçular Derneği – ÖHD) qui cite les rapports médicaux confirmant que le prisonnier a été torturé.
 
L’avocat de Güdeğir a déposé une plainte pénale contre le personnel responsable d’actes de torture, de mauvais traitements (coups, insultes, empêcher le prisonnier de dormir en donnant des coups contre la porte de la cellule, en criant ou en diffusant de la musique à toute heure du jour et de nuit, le privant d’oreiller…). (Via l’Agence Mezopotamya)
 
Sonuç Gürdeğir avait été violemment arrêté par les policiers turcs dans un appartement à Istanbul et les médias turcs avaient qualifié Sonuç Gürdeğir, d’être un membre du PKK portant le pseudo Rodi Çevlik.
 

La Turquie et la Syrie contre le bureau de représentation du Rojava à Genève

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L’ouverture récente d’un bureau de représentation des Kurdes du Rojava* à Genève a mis en colère la Turquie et la Syrie qui ont appelé la Suisse à fermer le bureau en question. Genève très importante pour le Rojava car les pourparlers de paix pour la Syrie dirigés par l’ONU, auxquels l’administration kurde n’a pas été conviée à cause de l’hostilité de la Turquie, se tiennent ici. 
 
La Turquie a peur de l’ombre des Kurdes
 
Ayant colonisé la plus grande partie du Kurdistan, la Turquie ne tolère aucune présence officielle kurde dans le monde, certains de ses responsables disant qu’ils interviendraient même sur Mars si jamais les Kurdes y fondaient une quelconque organisation officielle… En ce sens, la convocation, par les autorités turques, du chargé d’affaires de l’ambassade suisse à Ankara ne surprend aucunement les Kurdes. Ils savent que la Turquie veut assimiler ou exterminer les Kurdes tôt ou tard, malgré la résistance acharnée des Kurdes. 
 
Bachar voit d’un mauvais œil les acquis des Kurdes du Rojava 
 
Le tyran syrien Bachar el-Assad s’accroche se plait encore à imaginer être le président d’un pays qui est divisé en trois depuis la guerre civile syrienne et dont une partie est dirigée par les Kurdes et une autre par les terroristes islamistes alliés à la Turquie, même s’il dirige la capitale Damas et la grande partie de la cote méditerranéenne, ainsi que d’autres région du sud et de l’est, grâce au soutien actif de la Russie et de l’Iran… C’est pourquoi, il a envoyé une note à Bern, exprimant son mécontentement devant l’ouverture d’un bureau kurde à Genève. 
 

La Suisse tente de calmer le jeu

En réponse à la colère turque et syrienne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a déclaré que le bureau kurde en question n’était pas une représentation officielle mais une association dont le nom complet est « Le bureau d’autonomie des régions du nord et de l’est de la Syrie en Suisse ». Ajoutant que la Suisse reconnaît l’ « intégrité territoriale » de la Syrie.

*L’Administration autonome du Rojava / Syrie du Nord et de l’Est a des bureaux dans d’autres pays européens comme la France, l’Allemagne, la Suède et le Benelux.