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Hommage à Yilmaz Guney

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Les Kurdes rendent hommage au cinéaste kurde Yilmaz Güney qui nous a quittés il y a 37 ans déjà.
 
La légende vivante du cinéma kurde, Yilmaz Güney a été persécuté par le gouvernement turc car il portait à l’écran les Kurdes colonisés et dont l’existence même était niée par l’Etat turc. Accusé d’avoir tué un juge (crime qu’il a réfuté), en 1974 Guney a été emprisonné. Mais il s’est évadé de la prison et s’est réfugié en France.
 
Yilmaz Guney, né le premier avril 1937, est le seul réalisateur au monde à avoir réalisé des films depuis la prison grâce à ses instructions données à son ami Zeki Ökten.
 
Yilmaz Guney était un réalisateur, scénariste, romancier et acteur kurde qui a produit des films en turc. La majorité de ses films avaient comme sujet le sort des Kurdes, le statut du Kurdistan colonisé et la classe ouvrière en Turquie. Güney a remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1982 – ex æquo avec Missing de Costa-Gavras – pour son film Yol qu’il a coproduit avec Şerif Gören.
 
Quelques uns des films les plus connus de Guney, considéré comme étant le plus grand cinéaste kurde du XXème siècle, sont : Yol (la Permission), Duvar (le Mur) et Sürü (le Troupeau).
 
Yilmaz Guney est décédé à Paris d’un cancer de l’estomac le 9 septembre 1984, à l’âge de 47 ans. Sa tombe se trouve au cimetière parisien de Père Lachaise, 62ème division, 1ère ligne, face au Boulevard, 30ème tombe à partir de la 61ème division.

Fondation de l’initiative des femmes kurdes contre l’expansionnisme turc

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AMSTERDAM – Les femmes kurdes ont fondé l’initiative des femmes kurdes contre l’expansionnisme turc lors d’un congrès à Amsterdam pour agir contre l’occupation turque. C’est ce qui ressort de la déclaration finale publiée hier par les organisatrices du congrès qui sont le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) et la Commission des femmes du KNK (Congrès national du Kurdistan). L’initiative enverra une délégation au Kurdistan du Sud pour promouvoir l’unité intra-kurde.
 
« Environ deux millions de Kurdes vivent en Europe en raison du colonialisme qui prévaut au Kurdistan, beaucoup d’entre eux dans des conditions difficiles en tant que réfugiés. Les pays européens poursuivent leurs relations avec les occupants du Kurdistan pour obtenir des avantages commerciaux. Tous ces éléments sont des raisons suffisantes pour les femmes kurdes de la diaspora de s’unir et de faire entendre leur voix », peut-on lire dans la déclaration final du congrès qui a eu lieu le week-end dernier.
 
« La question kurde est une question internationale »
 
Les participantes du congrès accusent les États de l’UE, l’ONU et d’autres organisations internationales de complicité dans la guerre contre les Kurdes en raison de leur inaction face aux crimes de la Turquie et de l’Iran : « Les États de l’UE criminalisent le mouvement de libération kurde à travers leur liste terroriste et veulent donner aux Kurdes un format qui convient à leurs propres intérêts. La question kurde est aussi une question internationale en Europe. Par conséquent, les femmes kurdes vivant en Europe doivent former une unité politique. »
 
L’Initiative des femmes appelle le PDK (Parti démocratique du Kurdistan) à cesser d’attaquer les guérillas du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) dans l’intérêt national et à cesser de soutenir l’occupation du sud du Kurdistan par la Turquie. L’initiative appelle également toutes les autres parties kurdes à s’opposer à l’occupation du Kurdistan en Turquie, en Irak, en Iran et en Syrie. Afin de créer l’unité entre les femmes kurdes, un réseautage est prévu avec des femmes artistes, universitaires, politiques et les familles des martyrs.
 
« Les femmes kurdes ne sont ni des Turcs ni des hommes »
 
Sur l’expansionnisme du gouvernement d’Erdogan, la déclaration finale précise que: « Cet expansionnisme est empêché par la résistance au Kurdistan. La résistance kurde est dirigée par des femmes. »
 

Des hackers de BladeHawk espionnent les Kurdes avec des fausses applications Android

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De fausses applications Android sont déployées sur les téléphones des Kurdes dans le cadre d’une campagne d’espionnage promue sur Facebook et d’autres réseaux sociaux. Même si les chercheurs qui ont dévoilé cet espionnage ne disent pas qui sont ces espions, on pense tout de suite à la Turquie et l’Iran qui mènent une répression anti-kurde sur tous les fronts: militaire, culturel, technologique, etc.
 
Les chercheurs d’ESET ont enquêté sur une campagne d’espionnage mobile ciblant les comptes kurdes. Cette campagne est active depuis au moins mars 2020, distribuant (via des profils Facebook) deux portes dérobées Android connues sous le nom de 888 RAT et SpyNote, déguisées en applications légitimes. Ces profils semblaient fournir des nouvelles d’Android en kurde et des nouvelles pour les partisans des Kurdes. Certains des profils diffusent délibérément des applications d’espionnage supplémentaires à des groupes publics Facebook avec du contenu pro-kurde. Les données d’un site de téléchargement indiquent au moins 1 481 téléchargements à partir d’URL promues dans quelques publications Facebook.
 
Les chercheurs ont identifié six profils Facebook connectés à BladeHawk au moment de la rédaction, qui ont tous été supprimés.
 
Pendant qu’ils étaient actifs, ces profils se sont fait passer pour des individus dans l’espace technologique et en tant que partisans kurdes afin de partager des liens vers les applications malveillantes du groupe.
 
Espionnage Android BladeHawk
 
L’activité d’espionnage rapportée ici est directement liée à deux cas divulgués publiquement et publiés en 2020. Le QiAnXin Threat Intelligence Center a nommé le groupe derrière ces attaques BladeHawk, que nous avons adopté. Les deux campagnes ont été diffusées via Facebook, à l’aide de logiciels malveillants créés à l’aide d’outils commerciaux automatisés (888 RAT et SpyNote), tous les échantillons de logiciels malveillants utilisant les mêmes serveurs C&C.
 
ESET dit qu’au minimum, les applications – hébergées sur des sites Web tiers, plutôt que sur Google Play – ont été téléchargées 1 481 fois.
 
Les fausses applications de BladeHawk ont ​​été promues en tant que services d’information pour la communauté kurde. Cependant, ils hébergent 888 RAT et SpyNote, deux chevaux de Troie d’accès à distance (RAT) basés sur Android qui permettent aux attaquants d’espionner leurs victimes.
 
SpyNote n’a été trouvé que dans un échantillon, et il semble donc que 888 RAT soit actuellement la charge utile principale de BladeHawk. Le cheval de Troie commercial, dont une version crackée et gratuite est disponible en ligne depuis 2019, est capable d’exécuter un total de 42 commandes une fois exécutées sur un appareil cible et une connexion au serveur de commande et de contrôle (C2) de l’attaquant est établi.
 
Les fonctions du cheval de Troie incluent la prise de captures d’écran et de photos ; exfiltrer des fichiers et les envoyer à un C2 ; suppression de contenu, enregistrement audio et surveillance des appels téléphoniques ; l’interception et le vol ou l’envoi de messages SMS ; numériser les listes de contacts ; voler des données de localisation GPS; et l’exfiltration des identifiants de Facebook, entre autres fonctions.
 
Les chercheurs disent que le RAT peut également être lié à deux autres campagnes : une campagne de surveillance documentée par Zscaler qui se propage via une application malveillante et fausse TikTok Pro, et Kasablanca, des acteurs malveillants suivis par Cisco Talos qui se concentrent également sur le cyberespionnage.
Via ZDnet

« 9 jours à Raqqa », ou la revanche des femmes sur DAECH

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PARIS – Aujourd’hui sera projeté dans les salles de cinéma le documentaire « 9 jours à Raqqa » qui suit Leïla Mustapha, Maire kurde de Raqqa depuis avril 2017. Sachant que Raqqa avait été la capitale syrienne auto-proclamée du groupe terroriste État Islamique (EI/DAECH), on ne peut qu’admirer le courage de cette jeune femme kurde d’une trentaine d’années à vouloir co-diriger la ville avec son homologue arabe. En effet, DAECH (et les autres groupes islamistes présents en Syrie) avait mené une guerre sanglante aux Kurdes/yézidis – qu’il qualifiait d’adorateurs du diable, tout en réduisant en esclavage sexuel les femmes et les fillettes kurdes/yézidies – aux minorités religieuses et aux femmes.
 
En 2014, Leïla et sa famille, comme tous les Kurdes de Raqqa, avaient fui la ville avec l’arrivée de l’EI. Aujourd’hui, elle est retournée à Raqqa détruite à 80% qu’elle reconstruit sans l’aide promise par la communauté internationale… Outre sa volonté de vivre dans une Syrie tolérante et féministe, avec son diplôme d’ingénieur en génie civil, Leïla Mustapha a toutes les qualités pour faire renaitre de ses cendres la ville martyre de Raqqa. 
 
Née à Raqqa le 12 septembre 1988, la jeune Leïla est déjà surnommée « Maire courage de Raqqa » que la journaliste Marine de Tilly a fait connaitre auprès du public français avec son livre « La Femme, la vie, la liberté » (éditions Stock, 2020). Aujourd’hui, Leïla Mustapha retrouve le public français à travers le documentaire du cinéaste Xavier de Lauzanne « 9 jours à Raqqa » qui sort dans les salles de cinéma en France. Une trilogie sur la vie après Daech qui commence par les femmes d’exception… 
 
« Mélange d’autorité compétente et de douceur, Leila Mustapha va montrer, au fil de ces 9 jours, à ses hôtes, accompagnés d’une jeune interprète, tout ce qui fait concrètement l’essentiel de sa vie : la reconstruction de Raqqa, détruite à 80% et criblée de milliers de mines, de ses infrastructures (électricité, assainissement des eaux etc.). Ils assistent avec elle à des visites de contrôle des chantiers de la ville : la centrale électrique, l’université, une école, un hôpital, le centre culturel d’une mosquée où a lieu un cours de peinture hors du temps ; ils voient des familles se promener à nouveau sur le rond-point al-Naïm, où Daech exposait les têtes de ses victimes. Leila évoque les problèmes de trafics en tous genres qui apparaissent et qu’il faut traiter. Puis leur itinéraire passera par l‘impressionnant cimetière de Kobané, la visite du camp d’Aïn-Issa (qu’elle a contribué à créer fin 2015) où vivent encore 13000 déplacés, puis d’une unité des forces démocratiques syriennes commandées par une jeune femme kurde. On prend là encore la mesure de l’importance des femmes dans la société syrienne : la libération de Raqqa, dit Leila, s’est faite grâce aux femmes, qui sont plus de 10 000 à présent à travailler dans l’administration ; ce modèle social, qui ne se trouve toutefois que dans le nord et l’est de la Syrie, s’est imposé en réaction à l’oppression qu’elles avaient subie pendant le khalifat. Du reste la devise de Leila Mustapha, qui est également le titre du livre qu’elle vient de co-écrire avec Marine de Tilly, c’est : « La femme, la vie, la liberté ». » écrit le Ligue des droits de l’Homme qui apporte son soutien au documentaire « 9 jours à Raqqa ».
 
Pour celles et ceux qui n’en pouvaient plus des clichés sur les amazones kurdes véhiculés à travers les images des combattantes kurdes présentées à la sauce occidentale, voici un documentaire qui montre que le courage ne réside pas uniquement dans le fait de prendre les armes et aller au front, elle réside également dans le fait d’être résiliant et de construire un monde juste et tolérant où des femmes et des hommes, ainsi que les minorités ethniques et religieuses vivraient en harmonie, sans craindre les uns les autres…
 

KURDISTAN DU SUD. La guérilla kurde publie des vidéos d’utilisation de gaz chimiques par la Turquie

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Les Forces de défense du peuple ont publié des vidéos montrant l’utilisation de gaz chimiques par l’armée d’occupation turque contre les tunnels des combattants kurdes dans la région kurde d’Irak. Cela fait des décennies que  la Turquie commet des crimes de guerre en utilisant des armes chimiques interdites mais étant donné que l’Occident a classé le PKK comme organisation terroriste pour plaire à la Turquie, cette dernière est à l’abris des poursuites judiciaires pour ces crimes anti-kurdes.

Des séquences vidéo prises par les Forces de défense du peuple (HPG, branche armée du PKK) montrent l’utilisation de gaz chimiques par l’armée turque contre les tunnels abritant les combattants du PKK dans la région d’Avaşîn, au Kurdistan du Sud (nord de l’Irak). Sur les vidéos, on voit sortir de la fumée des tunnels du PKK.

Les combattants du PKK filment les combats contre l’armée d’occupation turque

L’armée turque utilise des armes chimiques et des gaz toxiques depuis le 8 juin, date à laquelle elle a lancé une opération militaire dans la région de Werxelê, à d’Avaşîn. Les guérilleros de la région d’Avaşîn enregistrent des moments où les troupes turques utilisent des armes chimiques contre les guérilleros réfugiés dans les tunnels de Werxelê. La fumée des gaz toxiques sortant des tunnels est clairement visible dans les enregistrements vidéo.

L’armée turque n’a pas pu s’approcher des positions montagneuses du PKK depuis près de deux mois. Les explosifs et les gaz chimiques envoyés dans les tunnels ne sont que quelques exemples des crimes de guerre de l’armée turque dans cette région. Au cours de cette période de deux mois, des gaz chimiques ont été utilisés environ 100 fois contre les tunnels de Werxelê, et des centaines d’explosions ont été observées dans ces tunnels. Malgré cela, les forces turques ne purent briser la résistance de la guérilla.

Les guérilleros qui ont enregistré l’utilisation de gaz chimiques dans les tunnels disent que l’armée turque a utilisé toutes sortes de gaz chimiques contre ces tunnels. Les destructions causées par les explosions dans la zone où se trouvent les tunnels sont visibles dans les vidéos enregistrées par les guérilleros.

ANF

La Turquie a brûlé 35 % des forêts du Kurdistan du Sud

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Dans sa guerre totale livrée au Kurdes, la Turquie détruit également la nature et le patrimoine du Kurdistan. La destruction récente des 35 % des forêts du Kurdistan du Sud par l’armée turque fait partie de cette guerre d’extermination.
 
Sarwar Qaradaxi, membre de l’Organisation pour la nature du Kurdistan, a enregistré que l’État turc a brûlé plus d’un million trois cents mille dunams de terres boisées au Kurdistan du Sud, soit 35% de toutes les forêts du Kurdistan du Sud.
 

La Turquie colonialiste cible intentionnellement la nature du Kurdistan lors de ses attaques d’occupation génocidaires. Les attaques en cours depuis des années ont dévasté une vaste zone. Sous couvert de lutte contre le PKK, l’État fasciste turc a bombardé chaque montagne, plaine et vallée du Kurdistan du Sud.

Soulignant la dévastation des terres boisées à la suite des attaques de l’État turc contre le Kurdistan du Sud, Sarwar Qaradaxi a déclaré : « Selon de nombreux rapports, l’État turc a eu recours aux armes chimiques 11 fois jusqu’à présent. Ces armes utilisées contre les forces de guérilla endommagent également gravement la nature du Kurdistan. »

Sarwar Qaradaxi a rappelé que les avions de combat de l’État turc avaient bombardé le Kurdistan du Sud 698 fois entre 2015 et fin 2019 et a ajouté : « Au cours de cette période, ils ont également mené des attaques avec des obus d’artillerie 555 fois. Rien qu’en 2020, ils ont bombardé le Kurdistan du Sud 300 fois. »

Exprimant que les bombardements ont sérieusement dévasté la nature du Kurdistan, Sarwar Qaradaxi a poursuivi: « Toutes les créatures de la nature ont été affectées par ces attaques, qui ont également forcé de nombreuses personnes à immigrer. L’agriculture, un moyen fondamental de vivre dans la région, a subi des dommages à grande échelle lors des attaques. »

Rappelant le récent bombardement de l’État turc contre la région de Bencewin, Sarwar Qaradaxi a déclaré : « En raison des incendies déclenchés par les bombardements, une grande quantité de champs agricoles a brûlé. Le bombardement a brûlé les produits, seul moyen de subsistance des gens, qui ont été cultivés avec un an de travail. Ils ont tous été réduits en cendres par l’État turc. »

Sarwar Qaradaxi a informé que le Kurdistan du Sud abritait autrefois trente mille dunams de forêts post-plantées en plus de deux millions cinq cents mille dunams de terres boisées naturelles. Il a noté qu’en raison des attaques de l’État turc envahisseur, 1 million trois cents mille dunams de forêts ont été brûlés au cours des dix dernières années, ce qui représente 35% de toutes les forêts du Kurdistan du Sud. Il a condamné le silence du gouvernement et du parlement du Kurdistan du Sud contre les attaques et a déclaré : « L’État irakien, utilisant ses droits de souveraineté, peut exiger que l’État turc soit tenu de rendre des comptes. Cependant, le gouvernement irakien reste malheureusement silencieux contre ces derniers. C’est une honte. »

S’adressant aux organisations de conservation de la nature dans les quatre régions du Kurdistan, Sarwar Qaradaxi a appelé celles-ci à élever la voix contre les attaques de l’État turc.

 

Voyage diplomatique d’une délégation kurde en Russie et aux États Unis

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SYRIE / ROJAVA – Une délégation du Conseil démocratique syrien va se rendre prochainement en Russie et aux États Unis pour des rencontres diplomatiques disent des sources kurdes.
 
Des sources au sein du Conseil démocratique syrien (MDS) ont déclaré à notre agence qu’une délégation du Conseil démocratique syrien se rendrait bientôt aux États-Unis et en Russie pour rencontrer des responsables des deux pays.
 
La source n’a pas donné les détails concernant la visite de la délégation aux États-Unis et en Russie, mais les réunions porteraient sur les récents développements au Rojava et en Syrie et les solutions possibles et les attaques de la Turquie contre le Rojava. 
 
La visite précède une réunion attendue, réunissant à la fois Brett McGurk, conseiller de la politique de la Maison-Blanche au Moyen-Orient et coordinateur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au Conseil de sécurité nationale, le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Vershinin et Alexandre Lavrentiev, l’envoyé spécial de la Russie pour la Syrie.
 

LYON. Cérémonie de dévoilement de la plaque à la mémoire d’Hevrin Khalaf

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LYON – La Mairie du 7e arrondissement de Lyon organise une cérémonie de dévoilement de la plaque à la mémoire de la politicienne kurde Hevrin Khalaf* le mardi 21 septembre, à 18 heures.

En hommage à Hevrin Khalaf, féministe et politicienne kurde de Syrie assassinée le 12 octobre 2019 par des gangs islamistes alliés à la Turquie, une place à son nom sera inaugurée dans le 7ème Arrondissement le 21 septembre 2021 par le Maire de Lyon. 

Grégory Doucet, Maire de Lyon, Sonia Zdorovtzoff, Adjointe au Maire et Déléguée aux Relations, à la coopération et à la solidarité internationales ainsi que Fanny Dubot, Maire du 7ème arrondissement invitent le public à la cérémonie au cours de laquelle sera dévoilée la plaque portant le nom d’Havrin Khalaf (15 novembre 1984 – 12 octobre 2019).
 
La cérémonie sera suivie de l’inauguration de l’exposition « Hevrin Khalaf, sa vie, ses combats » à 19 heures; à la Mairie du 7ème. L’exposition a été réalisée par l’association humanitaire franco – kurde Soleil Rouge – Roja Sor France, en collaboration avec l’association Amitiés Kurdes de Lyon.

Le Maire de Lyon inaugure la place Havrin Khalaf

Le Maire de Lyon inaugurera la place portant le nom d’Hevrin Khalaf le 21 septembre 2021, en présence de personnalités lyonnaises et de représentants de la communauté kurde, très présente dans ce quartier de Lyon multi ethnique en plus du président de l’ONG humanitaire franco-kurde Roja Sor France, Alexandre Koroglu, du représentant du Rojava en France, Khaled Issa ainsi que des associations.
 
Deux plaques seront apposées sur les candélabres de la place et un troisième plaque commémorative sera offerte à la mère d’Hevrin Khalaf.
 
L’espace public choisi par la Mairie du 7ème arrondissement et la Ville de Lyon se situe au pied de l’ancien garage Citroën rénové et inscrit aux Monuments historiques.
 
Le même jour sera inaugurée sous le parrainage de Roja Sor (Soleil Rouge) France et en collaboration avec Amitiés kurdes de Lyon et Rhône Alpes, dans le hall de la Mairie, une exposition dédiée à Hevrin Khalaf, ainsi qu’au centre de soins de Qamishlo au Rojava qui ouvrira ses portes en octobre et portera son nom. Elle sera complétée par une présentation du Kurdistan, du Rojava et de Roja Sor France. Cette exposition durera 3 semaines : du 21 septembre au 12 octobre aux horaires d’ouverture de la Mairie. Un comité Roja Sor Lyon sera lancé lors de cet évènement.
 
*Qui est Havrin Khalaf?

Havrin Khalaf, ou Hevrîn Xelef, était la co-présidente du parti Avenir de la Syrie. Capturée sur l’auto-route M4, près du village de Tirwazî, entre Soulouk et Tall Tamer, elle a été violée et lapidée le 12 octobre 2019 par les membres du «Bataillon 123» de la milice djihadiste «Ahrar al-Sharqiya», allié de la Turquie.
 
Khalaf a œuvré à construire des ponts, à réconcilier différents groupes ethniques et à œuvrer pour une Syrie démocratique, pluraliste et décentralisée. Elle a également œuvré à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

TURQUIE. Qui protégera les enfants kurdes des blindés militaires ?

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TURQUIE / BAKUR – Hakan, Dilek, Raşid, Berfin… des dizaines d’enfants kurdes ont été tués après avoir été renversés par des blindés militaires turcs ces derniers décennies. Mais il y a assez de fachos turcs pour dire que « De toute façon, en grandissant, ils (ces enfants kurdes) allaient devenir des terroristes », se réjouissant de meurtres racistes commis par les forces armées turques.
 
Le 7 juin 2016, Bünyamin Bayram, 6 ans, est décédé après avoir été heurté par un blindé militaire dans le district de Cizre à Şırnak.
 
Le 24 juillet 2016, Taha Kılıç, 4 ans, qui a été renversé par un véhicule blindé devant la direction de la sécurité du district de İpekyolu dans la province centrale de Van, a perdu la vie.
 
Dans le Cizre de Şırnak, un véhicule blindé de police a frappé Hakan Sarak, 5 ans . La police a fui les lieux et Hakan est mort vidé de son sang.
 
Le 9 février 2017, Berfin Dilek, 7 ans, a perdu la vie après avoir été renversée par un blindé de police à Mardin/Dargeçit.
 
Le 2 août 2018, Raşid Oso, 7 ans, originaire de Syrie, a été heurté par un véhicule blindé et a perdu la vie à Okmeydanı à Istanbul.
 
Le 13 septembre 2019, Efe Tektekin, 6 ans, qui a été renversé par un véhicule blindé qui roulait dans la rue Emek, a perdu la vie dans le district central de Bağlar, à Diyarbakır (Amed).
 
Le 19 octobre 2017, Felek Batur, 6 ans, a perdu la vie après avoir été heurtée par un véhicule blindé dans le quartier Çal de Siirt.
 
Selon le rapport de juin 2019 de la branche de Diyarbakır de l’Association des droits de l’homme (İHD), au moins 63 accidents de véhicules blindés ont eu lieu entre 2009 et 2019.
 
En écrivant cet article, je n’ai cité que les noms des enfants dont le décès a été documenté dans ce rapport. Vendredi dernier (3 septembre), un autre nom, celui de Mihraç Miroğlu, a été ajouté à la liste.
 
Mihraç vivait à Şırnak. Alors qu’il faisait du vélo dans la rue où il habitait, il a été heurté par un véhicule blindé et a perdu la vie.
 
Si vous devez vous interroger sur les poursuites judiciaires concernant ces décès, laissez-moi les résumer en un mot : Impunité…
 
Laissez-moi vous donner un exemple concret
 
En 2017, toujours à Silopi dans la province de Şırnak un blindé militaire a heurté une maison et causé la mort des frères Muhammed Yıldırım, 7 ans, et de Furkan Yıldırım, 6 ans.
 
Dans le procès sur la mort des enfants, le conducteur du véhicule blindé et le policier Ö.Y. et son supérieur MM ont eu leur 8ème et dernière audience au 2ème Tribunal Pénal de Cizre le 2 mai 2019.
 
A l’audience, les avocats de la famille Yıldırım s’en sont pris à la justice qui n’a pas été rendue et au procès-verbal qui a conclu que les policiers avaient été « en partie négligents à la limite inférieure »
 
Des remarques frappantes ont été faites par l’accusé qui est l’agent de police Ö.Y.. Il a déclaré qu’il avait repris ses fonctions et a demandé la levée de sa libération surveillée. Le tribunal a accepté sa demande et a levé son obligation de signature dans le cadre des mesures de contrôle judiciaire.
 
Oui, les officiers qui ont été jugés pour avoir causé la mort de Muhammed et Furkan sont libres aujourd’hui, comme ils l’étaient hier.
 
Il n’y a toujours pas d’informations claires sur les officiers qui conduisaient le véhicule blindé qui a causé la mort de Mihraç.
 
Nous allons attendre et voir, nous allons le suivre.
(…)
 
Evrim Kepenek, pour Bianet

Gianni Tognoni: Le problème aujourd’hui est l’impunité des crimes contre l’humanité

Le collectif Paix au Kurdistan – Campagne pour une solution politique à la question kurde a interviewé Gianni Tognoni, Secrétaire général du Tribunal permanent des peuples basé à Rome.

Dans cette interview avec le journaliste Erem Kansoy, le Tognoni a parlé des crimes de guerre que la Turquie commet à Shengal, ainsi que des dimensions géopolitiques des actions récentes de la Turquie dans la région, dans le contexte des violations mondiales du droit international et de la nécessité de nouveaux mécanismes juridiques internationaux pour faire face aux situations de conflit contemporaines.

L’interview a été préparée avec le soutien de la campagne Liberté pour Ocalan et de la campagne Peace in Kurdistan en collaboration avec Medya Haber TV et Sterk TV.

Paix au Kurdistan – Campagne pour une solution politique à la question kurde  www.peaceinkurdistancampaign.com

ANF

Au Kurdistan du Sud, les survivants d’agressions sexuelles brisent le silence

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Les femmes et les hommes kurdes victimes de viols ou d’agressions sexuelles mènent une lutte acharnée pour briser le tabou autour des violences sexuelles dans une société patriarcale.
 
Perseng* a scruté le plafond de verre, hypnotisée par les étoiles et l’éclairage naturel qu’elles fournissaient à la pièce faiblement éclairée. Sa fascination pour les boules de gaz lumineuses lointaines l’a distraite des bavardages et des rires bruyants qui remplissaient le petit bar qu’elle et ses amis visitaient régulièrement. Elle se souvenait avoir pensé à quel point elles étaient belles, les étoiles. Aujourd’hui, elle a du mal à les regarder, car cette nuit-là, il les a ruinés.
« Je ferais des cauchemars où je me faisais violer par d’autres personnes que je ne connaissais pas. Ou ce sont des visages que je reconnais, comme des gens qui m’ont fait du mal auparavant. (…) maintenant, chaque fois que je regarde les étoiles, je le revit », a-t-elle déclaré.
Depuis plusieurs années, le mouvement #MeToo braque les projecteurs sur les abus et le harcèlement subis par 1 femme sur 3 dans le monde, publiant des témoignages de violence sexuelle/viols et soutenant les victimes. Le mouvement a lancé des discussions dans le monde entier sur les cultures de violence envers les femmes et les filles. La région du Kurdistan, cependant, a mis du temps à se joindre à la conversation. Le sexe et la violence sont des sujets tabous, maintenus fermement derrière des portes closes.
Le 20 juillet, un fil Twitter a ouvert la porte, publié par un compte anonyme, il a attiré l’attention des médias sociaux kurdes. Le fil racontait les histoires de sept jeunes filles et femmes qui avaient subi un viol ou une agression sexuelle, par le même agresseur.
Un soir de début d’été, Perseng et ses amis ont décidé d’aller boire un verre dans leur bar préféré. Ses amis avaient du travail le matin, donc la plupart d’entre eux sont partis tôt, mais Perseng est restée pour finir son verre. Elle laissa son regard vagabonder sur la foule, brumeux dans un nuage de fumée de narguilé, et reconnut un visage familier, son vieil ami d’école primaire Kamaran*, et décida de le rejoindre. Kamaran était accompagné de deux autres personnes, dont un certain Beza* et une copine.
Beza se tenait debout, exhibant de beaux traits avec juste la bonne touche de nervosité. Il était musicien après tout. Tout au long de la nuit, ils ont parlé de leurs artistes, genres et chansons préférés. Beza a passé sa propre musique et a insisté pour qu’elle l’écoute.
« Cette chanson est tellement triste. Sois prête », a-t-il averti Perseng avant de lui passer les écouteurs.
Perseng était hésitante, elle s’attendait à un morceau de mauvaise qualité, mais a étonnamment apprécié sa musique. Ses paroles étaient sombres, décrivant des pensées suicidaires. Elle a sympathisé avec lui, ayant ressenti des sentiments similaires dans le passé.
En même temps, elle trouvait qu’il était étrange. Si la chanson était interrompue de quelque façon que ce soit, il la rejouait en entier. Si un écouteur tombait, il la répétait. Si quelqu’un lui parlait, il la répéterait. Si elle était distraite et incapable d’accorder toute son attention à sa musique, il la répétait. Il l’a fait écouter, à ses conditions.
Une seule goutte d’eau descendit tranquillement dans son verre tandis que Beza remplissait régulièrement leurs boissons, les siennes sans exception toujours un peu plus pleines. Les doigts minces de Perseng se refermèrent autour du verre, l’humidité se refroidissant sur sa peau chauffée dans le bar surpeuplé.
La nuit avançait, on débarrassait les tables et les sièges se vidaient. Kamaran et son rencard sont partis ensemble. Alors que la foule diminuait, l’anxiété a commencé à s’installer. Perseng craignait de prendre un taxi au hasard pour rentrer chez elle tard dans la nuit, ce qui s’accompagne d’inquiétudes pour une femme non accompagnée à Sulaimani. Lorsque Beza a proposé de la reconduire chez elle, elle a été plus que soulagée et acceptée avec joie. C’était un ami d’un ami, alors elle a pensé qu’il serait plus sûr de monter dans sa voiture que dans le véhicule d’un étranger. Et si quelque chose arrivait, elle avait son téléphone sur elle. Elle serait en sécurité.
Les arbres et les lumières de la ville s’estompaient pendant qu’ils roulaient. Perseng entendit faiblement une musique douce jouer en arrière-plan, mais elle était trop distraite par le monde extérieur, les couleurs se mélangeant, créant une peinture abstraite émouvante pour ses yeux seulement. Cependant, elle s’est vite rendu compte qu’il conduisait dans des rues qu’elle ne reconnaissait pas.
« Oh ouais, ne vous t’inquiète pas. Je veux juste te montrer quelque chose très vite », lui dit-il lorsqu’elle lui lança un regard interrogateur. Il s’est arrêté à côté d’une aire de jeux pour enfants et ils sont sortis. Elle a vérifié son téléphone pour se rassurer, mais l’appareil ne s’est pas allumé et elle s’est rendu compte qu’elle devait être à court de batterie. En quelques secondes à peine, toutes ses précautions de sécurité semblaient s’être évaporées.
« Il est vraiment tard, raccompagnons-moi à la maison », supplia-t-elle en tendant la main vers la porte côté passager, mais Beza était soudain là. Il attrapa son bras et la poussa contre la voiture, son corps pressé contre son front.
L’esprit de Perseng était inondé de questions, la plupart se blâmant. Comment pouvait-elle être assez stupide pour faire confiance à un étranger ? Pourquoi est-elle sortie boire ? Pourquoi buvait-elle autant ? Comment pouvait-elle être si négligente ?
 

Des peintures murales peintes le long d’une rue animée d’Erbil font la promotion des droits des femmes et s’élèvent contre la violence sexiste, photographiées le 5 septembre 2021. Photo : Anis Ari/Rudaw
 
De nombreuses femmes victimes se blâment au début, selon Bahar Ali, directrice d’Emma, une organisation de défense des droits humains à but non lucratif qui fournit un soutien psychosocial et des conseils juridiques aux victimes de viols, d’abus sexuels et aux communautés vulnérables d’Erbil. « Pour nous, nous devons juste les convaincre de ne pas se blâmer », a-t-elle déclaré, attribuant de nombreux cas de suicide à des sentiments de culpabilité.
Les lèvres de Beza suçaient frénétiquement le cou de Perseng. Son corps se figea et son regard erra à nouveau vers la sphère céleste éblouissante au-dessus. En observant les étoiles, elle a commencé à chercher des constellations. « Oh, c’est l’étoile polaire ? Ils disent que l’étoile polaire est l’étoile la plus brillante du ciel », a-t-elle déclaré pour tenter de le distraire.
Quand ses doigts atteignirent les boutons de son chemisier, elle claqua. « Qu’est-ce que tu fais? Arrête! »
« Tu es si bonne », fut la seule réponse qu’elle reçut alors qu’il continuait à l’agresser, sa bouche se forçant contre la sienne et ses mains caressant sa poitrine.
« S’il te plaît, que penserait ma mère ? Elle s’inquiète pour moi. Il se fait vraiment tard », a dit Perseng. Elle espérait que s’il la considérait comme la fille, la sœur ou l’amie de quelqu’un, il arrêterait.
« Tu es si bonne », marmonna-t-il à nouveau. Les mots lui ôtèrent le dernier espoir auquel elle s’accrochait. Ce qui allait arriver, arriverait, avec ou sans son consentement. Elle ferma les yeux alors qu’il la pelotait et commença à lui enlever ses vêtements, ainsi que les siens.
Brusquement, des doigts se soulevèrent de sa poitrine, des lèvres humides se détachèrent de son cou, et le corps se pressant contre le sien, générant une chaleur insupportable, disparut. Il s’était éloigné d’elle et elle entendit un léger rire porté par une brise fraîche d’été.
Perseng, concentré sur ce que Beza lui faisait, n’avait pas remarqué qu’un groupe de personnes descendait la rue, vers la cour de récréation. Il arrangea ses vêtements ébouriffés, visiblement paniqué. Dire une prière rapide, elle a profité de l’état de distraction de Beza, a saisi la porte du côté passager et est remonté dans la voiture. Les taxis n’étaient nulle part en vue et il était sa seule option pour rentrer chez elle. Il a emboîté le pas. Sur le siège du conducteur, il se tourna vers elle, les lèvres entrouvertes, mais avant qu’un seul son puisse quitter sa bouche et traverser l’espace restreint de la voiture, elle explosa.
« S’il te plaît, ne me viole pas », a-t-elle supplié en pleurant hystériquement.
Il recula physiquement d’elle. « Je ne le ferai pas. Je ne l’ai pas fait ! » il a dit.
Perseng était confuse. Cependant, ses émotions de soulagement étaient plus fortes que ses sentiments de confusion et elle a donc fait la seule chose qui lui semblait juste à ce moment-là, elle l’a remercié parce que, à tout le moins, il ne l’avait pas violée.
 
En la conduisant chez elle, il n’arrêtait pas d’insister sur le fait que leur interaction était consensuelle, qu’elle ne pouvait dire à personne qu’il l’avait blessée.
Les yeux de Perseng dérivèrent par la fenêtre. Le ciel était toujours accessoirisé par son nombre habituel d’étoiles, mais quelque chose était différent. En levant les yeux, elle ne ressentit pas la même joie. La crainte qu’elle avait l’habitude d’éprouver sous le ciel nocturne manquait. Sa voix s’estompa au bruit de fond alors qu’elle regardait fixement dans le vide.
Perseng a déclaré qu’elle n’engagerait aucune action en justice contre Beza en raison de la pression sociétale et familiale. Elle ne veut pas non plus faire face à des procédures judiciaires épuisantes.
C’est courant, selon Emma d’Ali. « Un grand nombre de femmes victimes d’agressions ou d’abus sexuels ne le signalent pas parce que leur famille et aussi la société blâment les victimes, qui sont les femmes, pas la personne qui les a maltraités ou les hommes qui les maltraitent », a-t-elle expliqué.
La stigmatisation autour de la violence sexuelle est élevée dans la région du Kurdistan où la question est enveloppée dans des notions d’ « honneur ». Il est souvent sous-estimé. Les victimes cachent souvent la « honte » des agressions qu’elles subissent.
 
Perseng a décidé de raconter son histoire parce qu’elle veut la justice et qu’elle espère pouvoir contribuer à inspirer le changement social.
Elle n’est pas la seule personne à accuser Beza d’agression.
 
Viyan* était mineure lorsqu’elle a déclaré avoir été contactée pour la première fois par Beza sur les réseaux sociaux. Ils ont parlé pendant un certain temps en ligne avant de se rencontrer en personne. Elle a dit qu’elle aimait leurs conversations sur la musique.
Un soir, ils étaient dans un café populaire quand il lui a suggéré d’aller ailleurs.
« Allons à XLine. Je veux vous montrer quelque chose », se souvient Viyan en disant, une lueur espiègle dans ses yeux qui plaisait à une adolescente.
Elle a accepté avec enthousiasme. Elle n’était jamais allée à XLine auparavant mais a toujours voulu y aller. L’ancienne usine de cigarettes du centre de Sulaimani avait été reconvertie en centre communautaire pour les jeunes artistes, leur offrant un espace pour produire et présenter l’art. Le vaste terrain et le labyrinthe de bâtiments étaient vides et Viyan se souvenait avoir pensé que si quelqu’un voulait lui faire du mal ici, personne ne le remarquerait. Cependant, elle a repoussé ces pensées parce qu’elle était avec Beza et croyait qu’elle pouvait lui faire confiance.
Même s’il faisait encore clair dehors, il faisait sombre à l’intérieur de XLine. Il la conduisit au sous-sol, l’endroit calme et étrange, les salles de bains vides occupant la majeure partie de l’espace. Elle sentit sa main attraper la sienne et l’entraîner dans une cabine vide. Il a commencé à l’embrasser et Viyan a aimé ça.
« Viyan, enlève tes vêtements », a-t-il soudain demandé.
Viyan a été surprise et a refusé, mais il a insisté. Elle se souvient comment il a mis sa main autour de son cou et a resserré ses doigts, ce qui l’empêchait de respirer. Elle s’est presque évanouie et ne peut pas se rappeler ce qui s’est passé par la suite.
Elle n’a pas revu Beza après cette nuit-là, mais un amie proche a posé des questions sur lui et elle a décrit leur dernière rencontre. « C’est dégoûtant », a déclaré son amie, visiblement consternée. Viyan était confuse. Jusqu’à ce moment, elle n’avait pas compris ce qui lui était arrivé. Elle n’avait pas réalisé que c’était mal de sa part de la toucher sans son consentement.
Rudaw a contacté l’accusé. Il a nié les allégations portées contre lui, mais a refusé de commenter davantage.
Viyan a déclaré qu’elle parlait de son expérience depuis un certain temps, mais qu’elle ne se sentait pas entendue. Voyant comment les gens ont prêté attention et soutenu les survivantes dont les histoires ont été racontées dans le fil Twitter, elle s’est enhardie à s’exprimer à nouveau.
Elle n’était pas seule. Le fil Twitter a inspiré d’autres personnes à partager leurs histoires et des comptes de réseaux sociaux ont été créés pour offrir une plate-forme à ceux qui ont été victimes d’agression sexuelle ou de viol.
 

Des peintures murales peintes le long d’une rue animée d’Erbil font la promotion des droits des femmes et s’élèvent contre la violence sexiste, photographiées le 5 septembre 2021. Photo : Anis Ari/Rudaw
 
Rojin* a été harcelée sexuellement par son cousin à l’âge de sept ans. « Je regardais des photos et je l’ai vu dans l’une d’elles et cela m’est revenu », a-t-elle déclaré, se rappelant des morceaux de l’harcèlement.
Son histoire est devenue virale sur Twitter. Elle a dit qu’elle avait décidé de raconter son histoire en solidarité avec les autres victimes. « Je voulais être là pour les autres victimes avec tout ce qui s’est passé. Je voulais qu’ils sachent qu’elles ne sont pas seuls et que ce n’était jamais de leur faute », a-t-elle déclaré.
Il n’y a pas que les femmes qui sont victimes. Les hommes sont également des survivants d’agressions sexuelles, confrontés à des défis supplémentaires en raison des attitudes sociales et des stéréotypes sur la masculinité.
Shahid Mohammed était un jeune garçon lorsqu’il a été agressé. Les histoires des autres sur les réseaux sociaux lui ont rappelé de vagues souvenirs de l’incident.
« J’avais huit ans quand tout s’est passé. Nous leur avons rendu visite très souvent car ma famille et la leur étaient très proches. Il était gentil et me donnait son téléphone pour que je puisse jouer avec la plupart du temps », se souvient-il.
« Un jour, quand il m’a appelé dehors par une froide nuit d’hiver enneigée et m’a dit que si tu veux jouer sur mon téléphone, tu dois venir là-bas, [et] a indiqué une maison abandonnée », a-t-il déclaré.
Dans la maison, son cousin l’a assis sur ses genoux pour jouer avec le téléphone. Mohammed a déclaré qu’il n’avait remarqué ce qui se passait que lorsque l’homme a essayé de baisser son pantalon, frottant quelque chose sur l’anus de Mohammed. « J’ai essayé de m’enfuir mais il m’a poussé plus fort, j’ai crié et il a couvert ma bouche avec ses mains sales. »
Mohammed a résisté pendant quelques minutes jusqu’à ce qu’il jette le téléphone de l’homme au sol. L’homme l’a laissé partir de peur que son téléphone ne se brise.
« Finalement, j’ai arrêté d’y penser et je n’ai jamais essayé de m’en souvenir. Je voulais l’oublier et continuer ma vie. » Mais tout a refait surface après avoir lu les « horribles histoires de viol sur un fil Twitter », a-t-il déclaré.
Mohammed a choisi de rendre public sans anonymat parce qu’il veut que la honte passe enfin de la victime à l’agresseur. « Je refuse d’avoir honte de ce qui m’est arrivé », a-t-il déclaré.
La prise de conscience de la violence sexiste et sexuelle augmente lentement dans la région du Kurdistan et en Irak, aidée par de nombreuses campagnes des Nations Unies, d’organisations non gouvernementales et du gouvernement régional du Kurdistan (KRG). De plus en plus de femmes signalent les crimes sexuels. Rien qu’en juin, la Direction de la lutte contre la violence à l’égard des femmes du Gouvernement Régional du Kurdistan a reçu 1 044 plaintes de victimes de harcèlement ou d’abus sexuels.
« Beaucoup de femmes, en particulier de jeunes filles, viennent dans notre organisation. Elles partagent leurs histoires », a déclaré Ali, directrice d’Emma.
Le soutien aux survivants qui ont raconté leurs histoires sur Twitter et les vagues de personnes qui ont suivi leurs traces sont un signe que la jeunesse du Kurdistan a décidé qu’il était temps de mettre fin aux tabous concernant les violences sexuelles et les viols.
*Les prénoms ont été modifiés
 

Concert, film et conférence autour du Kurdistan et du peuple kurde

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CULTURE. En partenariat avec la Communauté de communes de Lalbenque-Limogne, l’association les visages d’ailleurs organise une semaine culturelle autour du Kurdistan le peuple kurde du 26 septembre au 2 octobre dans les communes d’Aujols et de Lalbenque, département du Lot, 46000.
 
Des Visages des Kurdistans
 
L’association Les visages d’ailleurs a nommé cette semaine culturelle kurde « Des visages des Kurdistans », pendant laquelle, vous pouvez assister à une projection du film « My Sweet Pepper Land » réalisé par le cinéaste kurde Hiner Saleem, à un conférence/débat autour du Kurdistan avec l’historien Hamit BOZARSLAN et Raymond Haroutioun KEVORKIAN, ainsi qu’à un concert de musique kurde par le trio Rusan Filiztek.
 

Voici le programme du festival:
 
Dimanche 26 septembre, à 16h
CINEMA: projection du film « My Sweet Pepper Land »
 
Réalisé par Hiner Saleem
Avec Korkmaz Arslan, Golshifteh Farahani, Suat Usta
Salle de conférence JJ Chapou, Lalbenque
tarif : 6 €
 
Jeudi 30 septembre, 20h30
CONFERENCE/DEBAT
La Question Kurde et la géopolitique du Proche-Orient
 
Avec Hamit BOZARSLAN et Raymond Haroutioun KEVORKIAN
Salle de conférence JJ Chapou, Lalbenque
Participation libre
 
Samedi 2 octobre, à 20h30
CONCERT
TRIO Rusan FILIZTEK
Avec Rusan FILIZTEK ; saz, oud et chant
François ARIA ; guitare flamenca
Mauro GARGANO ; contrebasse
Église d’Aujols, AUJOLS
Plein tarif ; 15 €
Tarif réduit: 12 € ( demandeurs d’emploi )
Réservations pour le concert, à partir du 13 septembre 
aux Offices de Tourisme Vallée du Lot
Lalbenque 0565315005 Limogne 0565243428
ou mail ava46@orange.fr
ou tel 0608700782
Il est prudent de réserver; nombre de places limité, selon conditions sanitaires