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La Turquie va noyer des dizaines de villages kurdes sous les eaux d’un nouveau barrage

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TURQUIE / BAKUR – Pour chasser les Kurdes de leurs terres, il fût un temps, l’Etat turc mettait le feu aux villages. Ces derniers décennies, il les engloutit sous les eaux des barrages qui poussent comme des champignons sur les rives des fleuves de la Mésopotamie, commettant un écocide au passage avec la destruction de la faune et la flore de la région…

Après l’engloutissement de près de 200 villages et de la ville d’Hasankeyf, vieille de 12 000 ans il y a un an, c’est le tour du village de Riz et dizaines d’autres, dans la province de Bingol, de disparaitre sous les eaux d’un nouveau barrage que l’État turc veut construire dans la région. Le village de Riz avait été vidé et brûlé dans les années 1990 où l’armée turque avait ainsi vidé près de 4 000 villages kurdes pour dépeupler le Kurdistan.
 
« Situé au Sud-Est de la Turquie, dans la région kurde, près de Bingöl, le village de Riz a déjà été brûlé trois fois au cours de son histoire : par l’armée ottomane pendant le génocide des Arméniens en 1915, par l’armée turque au cours de la répression de la révolte de Sheyh Saïd en 1925, puis en 1993 lorsque le pouvoir cherchait par tous les moyens à couper la guérilla kurde de ses soutiens dans la population rurale », écrit au sujet Riz, Lionel Citot dont la compagne Zeynep est originaire…
 
A lire la suite du texte « Ils veulent noyer le village de Zeynep! », de de Lionel Citot sur le site Comme un isthme

TURQUIE. Les femmes se battent pour le maintien de la Convention d’Istanbul

TURQUIE – En mars 2021, la Turquie s’est officiellement retirée de la Convention d’Istanbul qui oblige les pays signataires à promulguer des lois pour combattre efficacement les violences faites aux femmes au sein du foyer qui ne cessent d’augmenter en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays. Depuis, les femmes luttent avec acharnement pour que l’Etat revienne sur sa décision et applique enfin la Convention d’Istanbul.
 
Le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul, ordonné par le président Erdogan, sera officiellement mis en œuvre le 1er juillet. La Convention n’était pas suffisamment mise en œuvre avant cela, les femmes continuent néanmoins à se battre pour sa préservation.
 
Malgré les vives protestations du mouvement des femmes et de larges pans de la société, la coalition au pouvoir de l’AKP et du MHP en Turquie se prépare à se retirer de la Convention d’Istanbul le 1er juillet. Le retrait sera considéré comme terminé trois mois après notification au Conseil de l’Europe. Ce délai expirera le 1er juillet. La Turquie deviendra ainsi le premier pays à se retirer de la Convention sur la protection des femmes. Les femmes continueront à descendre dans la rue en Turquie jusque-là.
 
Nupelda Çelik de l’Initiative de libération des femmes (Kadınların Kurtuluşu) a parlé à ANF des activités prévues du mouvement des femmes. Çelik a souligné le slogan central utilisé par le mouvement des femmes pour exiger le maintien de la convention : « La Convention d’Istanbul laisse vivre ». Cette phrase, a-t-elle dit, souligne le fait que la Convention protège la vie des femmes, des enfants et des LGBTI+. Il est conçu pour fournir des garanties contre la violence et pour punir les actes de violence », a-t-elle déclaré. Des millions de femmes et LGBTI+ sont descendues dans la rue depuis le début du processus de retrait.
 
Le 12 juin, une manifestation de femmes à vélo est prévue dans le quartier Kadiköy d’Istanbul. Le 19 juin, un rassemblement d’une large alliance de femmes doit se tenir à Bakirköy. « Jusqu’au 1er juillet, nous exprimerons les raisons pour lesquelles la décision de retrait doit être retirée. Les femmes descendront également dans la rue le 1er juillet pour protester », a déclaré Nupelda Çelik.
 
Cependant, l’activiste a également souligné que la Convention d’Istanbul n’avait pas été mise en œuvre en Turquie avant même la déclaration de retrait. « Ce n’était pas une convention qui était effectivement appliquée. Avant la décision de retrait, nous exigions sa mise en œuvre. Maintenant, nous exigeons la préservation de la Convention d’Istanbul et sa mise en œuvre pratique », a ajouté Çelik.
 

KURDISTAN. Affaire des détenus de Badinan renvoyés devant la Cour de cassation

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KURDISTAN DU SUD – L’affaire des cinq journalistes et activistes kurdes de Badinan, qui ont été condamnés à six ans de prison pour « atteinte à la sécurité nationale », a été renvoyée devant la Cour de cassation quelques jours après un appel d’avocats contre la décision du tribunal.
 
Bashdar Hassan, chef d’une équipe d’avocats représentant les cinq condamnés de Badinan (les journalistes indépendants Sherwan Sherwani, Guhdar Zebari et Ayaz Karam et les activistes Shivan Saed Omar Brushki et Harwian Issa Ahmed), a déclaré le 20 mai qu’ils avaient présenté leur dernier recours devant la Cour de cassation à Erbil.
 
Récemment confirmés par la cour d’appel, trois journalistes et deux activistes ont été condamnés à six ans de prison par un tribunal pénal d’Erbil en février dernier, pour avoir porté atteinte à la stabilité et à la sécurité de la région du Kurdistan.
 
« Dans notre appel, nous avons souligné que la justice n’a pas été rendue lors du procès et avons demandé à la cour de revoir précisément l’affaire », a déclaré un avocat des détenus lors d’une conférence de presse.
 
Les procédures judiciaires contre les détenus de Badinan sont toutefois en cours et leur cas doit encore être réglé après l’appel, mais ils sont restés derrière les barreaux pendant environ 10 mois jusqu’à présent.
 
La région du Kurdistan a été critiquée pour la décision du tribunal et son approbation par les missions étrangères dans et hors de la région du Kurdistan et plusieurs organismes de surveillance internationaux.
 
« Nous espérons que la Cour de cassation de la région se prononcera en faveur des condamnés de Badinan en raison des pressions internes et externes », a déclaré Bashdar Hassan au site d’info Zhyan.
 
L’été et l’automne derniers, un certain nombre de journalistes et de militants, dont ces cinq personnes, ont été arrêtés par les forces de sécurité affiliées au Parti démocratique du Kurdistan (PDK) à Duhok.
 
Cette répression a été perçue comme une tentative de réprimer les critiques formulées à l’encontre de la décision du gouvernement régional du Kurdistan (GRK) de retarder et de réduire le versement des salaires du secteur public dans un contexte de détérioration des conditions économiques.
 

AFRIN. Un Kurde meurt torturé par les gangs de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Mohamed Hisein Misto, un Kurde de 49 ans, est mort à cause de la torture qu’il a subie entre les mains des gangs islamistes alliés à la Turquie. Sa famille a payé un million de livres syriennes pour obtenir son corps en plus de 1000 dollars payés auparavant pour le libérer de la prison.

 

Mohamed Misto du village de Be’ye de Sherwaw a été enlevé par la Faylaq al-Cham (« Légion du Levant » ou la « Légion du Cham ») et emmené à la prison d’Ayska. Il fût libéré dix jours plus tard après que sa famille ait payé une rançon de 100 dollars américains et 5 bidons d’huile d’olive.

Misto a été enlevé à nouveau le 15 avril alors qu’il se rendait au travail dans ses champs. Il fût torturé pendant trois jours à Ayska puis il a été transféré à un hôpital d’Afrin, où il est décédé le 4 juin. Sa famille a récupéré son corps après avoir payé un million de livres syriennes.

 

KURDISTAN DU SUD. Les 5 peshmergas ont été tués par une attaque aérienne

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KURDISTAN DU SUD – Le 5 juin, 5 peshmergas affiliés au PDK ont été tués lors d’une attaque dans la région kurde de Metina. Le PDK s’est empressé d’accuser le PKK d’en être responsable. Qadir Khorani, commandant du ministère des peshmergas, déclare que le véhicule des peshmergas tués a été touché par une attaque aérienne, ajoutant que: « C’est une attaque planifiée. Le but de cette attaque est de provoquer une guerre entre les Kurdes, de commettre un génocide kurde et de détruire le Kurdistan. »

Le commandant peshmerga Qadir Khorani, qui dirige actuellement le ministère des peshmergas, a parlé de l’explosion d’un véhicule peshmerga et de la mort de peshmergas. Xorani, qui est également un expert militaire, a partagé une publication sur sa page Facebook (publication disparue depuis), attirant l’attention sur l’attaque dans la région de Metin visant les forces peshmergas.

 
Xorani a déclaré dans son communiqué que le véhicule blindé des peshmergas, qui a été pris pour cible dans la région de Metin le 5 juin, avait été bombardé par des avions de chasse F-16 (avions de l’armée turque) ou des drones armés.
 
Xorani a clarifié cette question en trois points et a déclaré :
 
* J’ai moi-même roulé dans une voiture blindée. Cette machine est très solide et robuste.
 
* Il n’y a aucune trace de balles sur le véhicule blindé, s’il était attaqué par des missiles il aurait dû toucher le véhicule ou les pneus du véhicule auraient été abimés.
 
* Selon les peshmergas blessés, il n’y a pas eu de combat. Les peshmergas blessés ont déclaré qu’une attaque avait été menée contre eux depuis les airs. Les photos partagées montrent également que des F-16 ou des avions sans pilote ont frappé le véhicule.
 
Qadir Khorani a déclaré à la fin de son message : « À mon avis, cet acte terroriste a été perpétré soit par des avions F-16, soit par des véhicules aériens sans pilote par les forces terroristes contre les peshmergas. « C’est une attaque planifiée. Le but de cette attaque est de provoquer une guerre entre les Kurdes, de commettre un génocide kurde et de détruire le Kurdistan. »
 
Que s’est-il passé?
 
Dans la matinée du 5 juin, cinq peshmergas affiliés au PDK ont été tués et quatre autres blessés par l’explosion de leur véhicule au mont Metina à Dohouk.
 
Le PDK a affirmé que les forces du HPG (branche armée du PKK) les avaient attaqués. Les forces du HPG ont réfuté les accusations et ont demandé une commission d’experts pour enquêter.
 
Plus tôt dans la journée, le PDK a déclaré dans un communiqué de presse que des avions de guerre avaient provoqué l’explosion mais l’ont ensuite modifiée.
 

« Angela, tes amis turcs sont des gangsters »

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Une analyse des aveux du chef de la mafia turque Sedat Peker qui dévoile les liens entre l’État turc et la mafia, ainsi que les groupes terroristes en Syrie (des liens qui seraient connus de l’Occident) par le journaliste kurde Firaz Amargi.
 

Les proverbes sont des expressions d’expériences sociales profondes. Ils contiennent le pouvoir et la sagesse des connaissances acquises au cours des siècles et des millénaires. Cela s’applique également au proverbe si souvent utilisé : « Dis-moi qui sont tes amis et je te dirai qui tu es. »

Récemment, la presse internationale a également repris ce qui a été intensément discuté en Turquie depuis plus d’un mois : les aveux du fasciste et chef de gang Sedat Peker. En huit vidéos, Peker – lui-même partisan déclaré de l’idéologie panturque Turan, qui a passé plusieurs années en prison en tant que membre d’Ergenekon – a une fois de plus mis en lumière le vrai visage de l’État turc. Il a identifié quels députés, membres du gouvernement et bureaucrates de l’État ont violé des femmes, organisé le trafic de drogue en Turquie ou fourni des armes à l’EI et à Al-Nosra en Syrie ces dernières années.

Ce qui est particulièrement intéressant dans les confessions de Sedat Peker pour le public international, c’est qu’il tient également un miroir pour les gouvernements d’Allemagne, d’Angleterre et des États-Unis. Quels mots peut-on utiliser pour décrire les personnes qui entretiennent des relations étroites avec des violeurs, des meurtriers, des trafiquants de drogue et des islamistes ? Alors quand Angela Merkel ou Heiko Maaß voyagent en Turquie ou reçoivent Erdogan et Cavusoglu à Berlin, quels mots peut-on utiliser pour en parler ?

Sedat Peker parle d’une jeune femme de 21 ans du Kazakhstan qui a été violée et assassinée par un cadre de l’État turc. Il mentionne une marina dans le centre touristique de Bodrum, dans le sud de la Turquie, par laquelle des tonnes de drogues sont introduites en Turquie en provenance d’Amérique du Sud. Cette liste pourrait être continuée presque à l’infini. Exactement avec cette Turquie – une structure étatique composée de gangs fascistes, qui cachent leur vrai visage sous des noms de parti et des titres de fonction à consonance officielle – depuis plusieurs mois maintenant, les représentants du gouvernement allemand et de l’UE insistent sur un « agenda positif ». Dans quelques jours, Erdogan rencontrera Angela Merkel, Joe Biden et Boris Johnson au sommet de l’OTAN à Bruxelles et s’assurera de leur soutien au fascisme et à la guerre en Turquie. Plus particulièrement, il insistera pour obtenir encore plus de soutien militaire et économique à l’occupation turque du Kurdistan du Sud. Car malgré les armes chimiques, des milliers de frappes aériennes et l’utilisation de mercenaires islamistes, les attaques turques là-bas, qui durent depuis six semaines, progressent lentement ou pas.

Alors si les amis d’Angela Merkel sont des gangsters, des violeurs, des meurtriers et des trafiquants de drogue, qu’est-ce que la chancelière allemande ? Pour le dire un peu plus généralement : si la nature de l’État turc est telle, qu’en est-il de la culture d’État de son proche partenaire, l’Allemagne ? Un bref aperçu de l’évaluation d’Abdullah Öcalan des relations historiques entre l’Allemagne et la Turquie peut aider : « Une pratique similaire à celle des soi-disant « Turcs blancs » peut être observée en même temps dans les nations (nations étatiques, nations développées par les États , et les États qui ont émergé sur la base du nationalisme) qui ont tardé à faire partie de la modernité capitaliste – en particulier l’Allemagne, l’Italie et le Japon. Les cadres bureaucratiques du mouvement « İttihat et Terakki » voulaient également former un État à partir du nationalisme turc Ce faisant, ils considéraient leurs partenaires allemands de la Première Guerre mondiale et leur nationalisme et militarisme allemands comme leur fondement. Ils étaient non seulement très similaires ou congruents avec le nationalisme nazi, mais faisaient pratiquement partie de ses membres fondateurs. Lorsque Hitler a commencé le génocide juif, il a directement admis qu’il s’appuyait sur l’expérience du génocide arménien commis par le gouvernement « İttihat et Terakki » [Comité Union et Progrès, dirigé par les Jeunes Turcs].  Si l’on suit le bilan d’Abdullah Öcalan, on peut ainsi diagnostiquer une similitude essentielle entre la culture d’État turque et allemande. La volonté d’Angela Merkel ou de Heiko Maaß de considérer les membres du système de gangs turcs comme leurs partenaires et amis est ainsi l’expression actuelle d’un longue tradition historique.

Si nous rappelons encore une fois le proverbe mentionné au début, nous pouvons arriver à la conclusion suivante : Si vous ne voulez pas être condamné et ostracisé par la société, vous devez choisir judicieusement vos amis. Après tout, quelle société peut accepter d’être gouvernée par des gens qui considèrent les fascistes, les meurtriers, les violeurs et les trafiquants de drogue comme leurs amis ?

 

Une jeune Kurde devenue Miss goal du championnat féminin d’Iran de futsal pour le sixième fois

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IRAN / ROJHILAT – Sara Shirbeigi, la joueuse kurde de futsal* en Iran, est devenue la meilleure buteuse du tournoi de championnat en Iran en marquant 27 buts avec l’équipe de football de la province de Khorasan et devenue par la même occasion Miss goal pour le sixième fois.
 
Sara Shirbeigi, après avoir remporté le titre de Miss goal avec l’équipe de Nami Neuve il y a deux ans, est devenue la meilleure buteuse du tournoi féminin iranien de 2021 également en marquant 27 buts avec l’équipe de futsal de Khorasan.
 
En 2018, Shirbeigi était devenue meilleure buteuse de championnat d’Asie en 2018 de futsal féminin en marquant neuf buts. Sarah Shirbeigi a également été sélectionnée comme l’une des 10 dernières candidates pour le titre de joueuse de futsat féminin mondial 2019.
 
Shirbeigi est originaire de Şabad, dans la province kurde de Kirmaşan. En 2014 elle a remporté la meilleure joueuse de la première ligue de futsat avec 67 buts. Elle est devenue la joueuse de futsal féminin de la saison 2015-2016 en plus de remporter le Championnat d’Asie de futsat féminin avec l’équipe iranienne en 2015 et 2018.
 
*Futsal, ou footsal, est un sport de balle joué sur un court dur, plus petit qu’un terrain de football, et principalement à l’intérieur.

La Turquie ressuscite le pacte impérialiste ottoman

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KURDISTAN – Déplacement des villageois kurdes, bombardement d’un camp de réfugiés, installation des bases militaires turques, transfert de mercenaires syriens, déforestation massive.. la  nouvelle agression militaire turque au Kurdistan d’Irak fait partie de la mise en place du « Misak-ı Millî », pacte impérialiste hérité de l’empire ottoman.

En février dernier, le site ANHA écrivait un long article au sujet de l’impérialisme turc au Kurdistan. Aujourd’hui, alors que la Turquie semble avoir gagné le soutien ouvert du KDP au pouvoir au Kurdistan du Sud pour s’installer dans la région kurde d’Irak, prétextant sa guerre contre le PKK, relisons les détails de ce pacte ottoman qui prévoit l’annexion du Kurdistan du Sud à la Turquie. (Une annexion soutenue par l’Europe et les USA car ils espèrent ainsi affaiblir l’influence iranienne en Irak.):

Les mouvements en cours de l’État turc au Rojava, en Syrie, dans la région autonome kurde d’Irak et dans le Moyen-Orient en général poussent à croire que la Turquie et ses dirigeants veulent sérieusement ramener la région à l’ère ottomane en mettant en œuvre le pacte national hérité de l’empire ottoman (« Misak-ı Millî ») par l’intermédiaire des « nouveaux Ottomans ». Qu’est-ce que ce pacte et comment le Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan a-t-il « exploité » les conditions de la région pour commencer à le mettre en œuvre ?

 

L’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement, dirigé par Recep Tayyip Erdogan, en Turquie en 2002 a été un événement exceptionnel en raison des développements qui ont suivi en Turquie et dans la région en général.
 
L’approche du parti a entraîné une forte polarisation ethnique, a nié d’autres identités, en particulier celle des Kurdes, et a cherché à les liquider politiquement et militairement, en plus d’une congestion sectaire profonde sans précédent.
 
Les dirigeants de ce parti ont travaillé depuis le début pour évoquer l’histoire et jouer sur les sentiments du peuple, en particulier des Arabes et des musulmans.
 
En 2003, après son arrivée au pouvoir, Abdullah Gul a déclaré dans une interview à un journal turc : « La création de la Turquie au sein de l’Anatolie et son emprisonnement là-bas est impensable. Les frontières complètes de la Turquie ne sont pas des frontières officielles. L’influence et les intérêts de la Turquie vont au-delà de ses frontières. »
 
Quand on a demandé à Gul : « Est-ce un nouvel Ottoman ? » Il a répondu : « Décrivez-le comme vous le souhaitez car les Balkans, le Moyen-Orient et l’Asie centrale sont des régions qui nous concernent de près, et la Turquie ne peut pas être enfermée en Anatolie. »
 
Pour sa part, l’ancien ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu a déclaré le 24 novembre 2009 : « Nous avons un héritage de l’ère ottomane. On dit néo-ottoman, oui nous sommes de nouveaux Ottomans. Nous devons prendre soin des pays de notre région ainsi que des pays d’Afrique du Nord. »
 
Par ces déclarations, les responsables de l’AKP transmettaient des messages et des termes historiques, tels que le pacte Misak-ı Millî (Pacte national ou serment national).
 
Sur la question de l’octroi de la citoyenneté turque aux réfugiés syriens, le ministre turc de l’intérieur Suleyman Soylu a déclaré en janvier 2019, « Ils sont venus des terres des frontières du Pacte Misak-ı Millî« , considérant que c’est une raison qui leur donne le droit de devenir turcs.
 
Qu’est-ce que le pacte Misak-ı Millî?
 
L’Empire ottoman a subi de lourdes pertes par les Forces alliées pendant la Première Guerre mondiale, et a été forcé de signer l’Armistice de « Mudros » le 30 octobre 1918, puis les forces grecques ont envahi l’Anatolie occidentale en mai 1919, et le commandant militaire turc, Mustafa Kemal Ataturk a annoncé le lancement de la « Guerre de libération », le 19 mai 1919.
 
Clauses du pacte :
 
En janvier 1920, Mustafa Kemal Ataturk ordonna la convocation du Parlement ottoman, connu sous le nom de « Conseil des deux envoyés », et le Conseil se réunit le 28 du même mois, et ce fut sa dernière réunion, et elle se termina par l’annonce du « Pacte Misak-ı Millî« , qui servit de document de démarcation des nouvelles frontières de la Turquie, de sorte que la « guerre d’indépendance » est menée en vue de son approbation et de son imposition.
 
Après une série de conférences et de réunions, le Parlement ottoman a approuvé la « Charte de Misak-ı Millî » en 1920 en tant que document « délimitant les nouvelles frontières de la Turquie » après la chute du sultanat ottoman. Ce pacte se compose de six principes : l’avenir des territoires de l’Empire ottoman qui étaient contrôlés par les alliés, qui avaient une majorité arabe au moment de la signature de l’accord des « Mudros », qui sera déterminé par référendum. Quant aux régions qui n’étaient pas soumises au contrôle des alliés « à la signature de l’accord » et qui sont habitées par une majorité de musulmans turcs, elles sont considérées comme la patrie de la nation turque car « le statut de Kars, Ardakhan, Batumi sera également déterminé par le référendum ; cependant, le « statut de la Thrace occidentale » sera déterminé par sa population.
 
Selon cette charte, la Turquie actuelle et tout le nord de la Syrie, depuis Iskenderun, Idlib et Alep jusqu’à l’Euphrate et Deir Ezzor, puis l’Irak, Mossoul et le Kurdistan, sont inclus dans la charte.
 
Les alliés ont rejeté catégoriquement le « pacte de Misak-ı Millî« , le considérant comme un déni de la défaite que l’Empire ottoman avait subie pendant la guerre.
 
Au cours de l’été 1920, les forces grecques ont commencé à lancer des opérations offensives de grande envergure pour tenter d’avancer au plus profond de l’Anatolie. En même temps, le 10 août 1920, les Alliés imposèrent au gouvernement ottoman de signer le « Traité de Sèvres », qui limitait les frontières de l’État turc proposé à une zone inférieure à la moitié de la taille de l’Anatolie.
 
Atatürk refusa de reconnaître le traité, et déclara qu’il ne reconnaissait pas le gouvernement ottoman qui l’avait signé, l’accusant de trahir le « pacte Misak-ı Millî », et de former un nouveau gouvernement à Ankara, suivi du début des avancées sur le front occidental et d’une confrontation ouverte avec les forces grecques, pour mettre fin à la guerre turco-grecque en octobre 1922 par la victoire de l’armée turque.
 
Par la suite, le gouvernement d’Ankara a acquis une reconnaissance internationale et a été invité aux négociations de paix dans la ville suisse de Lausanne en novembre 1922.
 
Lors de la première série de négociations, Ismet Inönü, le chef d’état-major général de l’armée turque de l’époque, a exigé l’approbation des termes du « Pacte Misak-ı Millî« , qui a été complètement rejeté par les négociateurs représentant les alliés (France, Grande-Bretagne, Italie et Grèce). Puis, le deuxième cycle de négociations a commencé en avril 1923, qui s’est terminé par la signature de l' »Accord de Lausanne », le 24 juillet 1923, selon lequel l’Anatolie entière était accordée au nouvel État turc, en échange de la reconnaissance par la Turquie des frontières des États indépendants de l’Empire ottoman, y compris les deux pays arabes, la Syrie et l’Irak, et de leurs frontières connues aujourd’hui. Ainsi, le traité de Lausanne n’a pas reconnu les revendications du pacte de Misak-ı Millî dans les deux États arabes.
 
Aujourd’hui, l’AKP, dirigé par Erdogan, tente de revenir dans la région, de suivre les traces de ses ancêtres et de rechercher leur héritage.
 
La Syrie … Occupation et changement d’identité
 
En Syrie, l’occupation turque a profité du déclenchement de la crise syrienne au printemps 2011 pour soutenir des groupes militants aux dépens de l’opposition nationale, pour ensuite se transformer en mercenaires pour la Turquie, hissant ses drapeaux et glorifiant ses symboles comme s’ils étaient turcs.
 
Les responsables de l’État turc ont promu des termes et des noms destinés à imposer leur présence dans la région, comme la « zone de sécurité », le bouclier de l’Euphrate, et d’autres.
 
L’occupation turque s’est efforcée d’établir sa présence à Idlib et Alep, et a tenté de s’étendre dans le nord de la Syrie en général, mais en chemin elle a rencontré les Forces démocratiques syriennes, qui sont contre la division de la Syrie, comme cela s’est produit dans la brigade Iskenderun.
 
Les responsables de l’Etat turc n’ont pas laissé une seule occasion de rappeler l’histoire de leurs ancêtres en Syrie, et le 8 août 2011, M. Erdogan, qui était premier ministre, a déclaré : « La Syrie n’est pas une question extérieure, mais nous la considérons comme une question turque interne. »
 
Le 15 juillet 2012, M. Erdogan a déclaré : « La Syrie n’est pas une question extérieure, mais nous la considérons comme une question interne à la Turquie. Ils nous demandent les raisons de notre préoccupation pour la Syrie ; la réponse est très simple car nous sommes un pays fondé sur le reste de l’Empire ottoman. Nous sommes les descendants des Seldjoukides, nous sommes les descendants des Ottomans, et nous sommes tout au long de l’histoire les descendants de nos ancêtres qui ont lutté. »
 
Le 11 janvier 2018, M. Erdogan a déclaré « Le nord de la Syrie était dans les limites du pacte du Misak-ı Millî. »
 
Le 16 septembre 2018, un jour avant l’accord de Sotchi, Erdogan a déclaré « Nous ne reconnaissons pas le régime syrien et nous ne reconnaissons pas l’État syrien. Si certaines forces disent être en Syrie à l’invitation du régime, alors nous y sommes à l’invitation du peuple syrien. A Idlib, les gens ne hissent pas de drapeaux russes ou américains, mais plutôt des drapeaux turcs ».
 
L’occupation turque a fixé la date du début de ses attaques sur Jarablus, al-Bab et Azaz au 24 août 2016, date de la bataille de Marj Dabiq entre le sultan Selim Ier et Qansu al-Ghuri, le chef des Mamelouks, au cours de laquelle les Ottomans sont entrés dans l’Orient arabe, l’Afrique du Nord et l’Égypte. Un mois après ces attaques, un nouveau terme a commencé à apparaître en dehors du néo-Ottoman, qui est le terme « Misak-ı Millî ».
 
Au cours des dernières années, l’occupation turque et ses mercenaires syriens ont mis en œuvre un certain nombre de mesures visant à changer l’identité des zones syriennes occupées, telles que Jarablus, Al-Bab, Azaz, Afrin, Serêkaniyê et Girê Spî.
 
Parmi ces mesures, le gouvernement intérimaire et ses conseils affiliés ont annoncé plus tôt qu’ils se préparaient à délivrer des cartes d’identité, une mesure dangereuse qui menace l’identité nationale syrienne.
 
Il a également modifié la démographie de ces régions en déportant leurs habitants d’origine et en installant des milliers de mercenaires et leurs familles, en particulier des Turkmènes, en plus de hisser des drapeaux turcs et d’imposer la circulation en monnaie turque à la place de la monnaie syrienne.
 
Dans la dernière étape pour frapper les fondations et l’identité de l’État syrien, le président de l’État d’occupation turc, Recep Tayyip Erdogan, a publié un décret présidentiel pour ouvrir un institut et un collège affiliés à une université turque dans les zones syriennes occupées.
 
Grignotage progressif
 
A ce sujet, le secrétaire général du Parti syrien du changement et de la renaissance, Mustafa Qala Ji, a déclaré « La Turquie continue de pratiquer son occupation des terres syriennes, à commencer par l’Iskenderun, en plus d’autres zones, et nous ne devons pas penser que la Turquie fait cela seule, elle fait partie d’une alliance internationale tripartite, Astana, Russie et Iran, et en même temps elle fait partie d’une autre alliance internationale qui inclut la plupart des pays hypocrites de l’Union européenne, en plus du parrain de la politique dans la région, les États-Unis d’Amérique, représentés par son alliance avec les pays de l’OTAN. »
 
Qala Ji a déclaré que « la Turquie n’est pas seule. Tous ceux que j’ai mentionnés conspirent contre nous, indépendamment de nos affiliations nationales. »
 
Il a expliqué que « la Turquie, il y a environ cent ans, a envahi l’Iskenderun et la Cilicie et grignoté quotidiennement des mètres le long de la bande frontalière, attaquant la souveraineté nationale syrienne, avant que la malédiction du printemps arabe ne s’abatte sur les Syriens ».
 
Concernant les pratiques d’occupation actuelles, le politicien syrien a déclaré : « La Turquie, avec l’aide de ceux que j’ai mentionnés, imposant ses mercenaires et leur fournissant toutes sortes de soutien politique, économique et militaire, a occupé une nouvelle zone plus grande qu’Iskenderun. Elle occupe maintenant Al-Bab, Jarablus, Azaz et Afrin, atteignant des zones qui supervisent presque la côte syrienne. La zone qui se trouve entre Ras al-Ain et Tel Abyad, et elle cherche jour et nuit à occuper Ain Issa et ses environs pour traverser la route internationale M4. Tout cela se passe sous les yeux et les oreilles de la communauté internationale immorale représentée par la coalition internationale dirigée par les États-Unis. »
 
L’imposition d’une existence définitive du pacte national turc dans la région
 
Il a poursuivi : « La Turquie consolide son occupation de ces zones et accorde aux Syriens qui s’y trouvent la citoyenneté turque, en plus du recrutement de notre peuple dans l’armée de son régime, et pour information, les habitants des zones que j’ai mentionnées ont traité en lires turques, en eau, en électricité et en communications turques, et la poste turque ptt a ses bureaux répartis dans toutes les régions et villes syriennes usurpées, et ceux qui supervisent l’administration de ces zones sont des officiers turcs qui imposent la politique de turquisation ».
 
Le politicien syrien a évoqué l’ouverture des facultés d’une université turque dans la région d’Al-Rai et a déclaré « Celles-ci ont d’autres indications très dangereuses. La plupart des habitants de cette région sont des Turkmènes syriens, c’est donc un indicateur très dangereux par lequel vous divisez les gens d’une même nation et convainquez une partie de la logique d’imposer une éventuelle présence turque dans les zones du soi-disant pacte du « national turc ».
 
Qala Ji estime que « le danger qui nous menace tous, les Syriens, en tant qu’État et opposition, et même dans les zones d’administration autonome, est notre confiance excessive dans les pays occupants, partenaires de la Turquie dans la région, et ces pays ne peuvent pas privilégier nos intérêts par rapport aux leurs. »
 
Il a ajouté : « Par conséquent, nous ne devons pas leur faire confiance et que la classification de chacun doit être correcte et claire, et que nous nous réunissons sur une base claire et équitable qui garantisse les droits de tous les Syriens. Nous devons reformuler le contrat social syrien sur la base d’une répartition équitable des richesses et du pouvoir et élaborer une constitution pour le pays dans laquelle les Syriens s’accordent sur la forme de gouvernement. »
 
Il a poursuivi : « Les États-Unis nous trompent et volent nos richesses, comme c’est le cas des pays impliqués à Astana, car c’est nous qui négligeons nos droits, que ce soit par notre consentement ou par la force des armes. La préoccupation du Syrien ne sera intéressée que par le frère syrien, et la logique des choses ne reviendra pas à la normale si nous ne nous libérons pas devant la terre de notre subordination à l’autre. »
 
Qala Ji a envoyé un message aux Syriens : « Ils devraient tous lutter et coopérer pour libérer toutes les terres syriennes et en expulser toutes les occupations. C’est un bon début. Nous devons nous libérer de la dépendance de l’autre et être conscients qu’ils ne sont pas des sociétés de bienfaisance. Pour ceux qui disent et annoncent que la résolution 2254 des Nations unies est la solution et qu’elle est sincère, je voudrais leur rappeler que les Nations unies ont publié de nombreuses résolutions qui sont restées sur le papier, notamment les résolutions 242, 338 et 251, et bien d’autres encore. »
 
L’Irak et les rêves impérialistes ottomans des temps modernes
 
Les mouvements d’occupation turque ne se sont pas limités à la Syrie uniquement, mais à l’Irak et à d’autres régions. En octobre 2016, après que le gouvernement irakien ait refusé la participation de la Turquie au processus de libération de la ville de Mossoul dans le nord de l’Irak de DAECH, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a répondu à la décision irakienne en disant : « Ils doivent lire le pacte national pour comprendre la signification de Mossoul pour nous … Mossoul était à nous. »
 
M. Erdogan a également déclaré : « Alors que nous sommes témoins des événements en Syrie et en Irak, la nouvelle génération doit bien savoir quelque chose ; demandez-vous ce qu’est le pacte national, nous devons le savoir très bien. Si nous disons que nous avons une responsabilité à Mossoul, alors pour cela nous devons être à la table et sur le terrain, et pour cela il y a une raison. Malheureusement, nous n’avons pas pu protéger notre pacte national à nos frontières occidentales ou méridionales, ils ont voulu nous enfermer dans une coquille, et nous rejetons ce concept, depuis 1923, ils veulent nous enfermer dans ce concept pour nous faire oublier notre passé seldjoukide et ottoman. »
 
A une autre occasion, il a déclaré : « Nous ne pouvions pas protéger notre charte. Si nous réfléchissons attentivement à l’évolution de la situation en Syrie et en Irak, il y a quelque chose que je veux dire, nous devons une fois de plus être les détenteurs du pacte. »
 
L’occupation turque s’est efforcée d’étendre sa présence au Başûr (Kurdistan d’Irak) en établissant de nombreuses bases militaires en coopération avec le Parti démocratique du Kurdistan.
 
Non seulement en Syrie et en Irak, mais l’État turc a travaillé à étendre son influence à la Méditerranée orientale, à la Libye, à l’Azerbaïdjan et à d’autres pays.
 
Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré le 25 décembre 2019 : « Quiconque connaît l’histoire moderne de la Turquie sait clairement et précisément que la sécurité de la Turquie commence derrière les frontières du pacte national. Nous devons tracer une ligne plus large pour notre ceinture de sécurité, c’est pourquoi nous nous soucions de la Libye. »
 
Encore une fois, Ibrahim Kalin a déclaré : « À l’ère de la mondialisation, la sécurité nationale turque commence derrière les frontières du pacte du Millî. La Libye peut sembler distante, et dire que toute question en Libye reflète une vision étroite des autres. »
 
Ambitions colonialistes, une culture turque
 
L’écrivain et analyste palestinien Mohamed Abu Muhadi a parlé des ambitions turques dans la région et a déclaré: « Les ambitions turques dans les pays voisins et dans le monde sont un vieux sujet, nouveau dans la culture de la société turque, dont on a parlé après la chute de l’État dit du califat ottoman, et qui a été ressuscité à l’époque du président turc Receb Tayyib Erdogan et de ses alliés nationalistes ».
 
Il a expliqué que « pendant la période entre la chute de Bagdad due à l’invasion américaine en Irak et la vague du printemps arabe qui a frappé de nombreux pays arabes, leur préoccupation pour les questions de terrorisme et la recherche de la stabilité, Erdogan a essayé de profiter de ces situations d’urgence pour accéder aux zones souveraines arabes en Syrie et en Irak, en particulier les régions à majorité kurde, a lancé plusieurs invasions militaires dans le nord des deux pays, leur a imposé un contrôle militaire et a soutenu des organisations extrémistes qui lui étaient fidèles, en profitant de la faiblesse de l’État central dans les deux pays et de la position internationale qui a établi ces invasions, et en a été le partenaire. »
 
Le silence international a aidé la Turquie
 
L’écrivain palestinien a ajouté : « Les ambitions du régime turc ne se limitaient pas aux terres du nord de la Syrie et de l’Irak. Il a exploité le silence de la communauté internationale pour intervenir en Libye, en Mauritanie et en Somalie, aux frontières de la Grèce et de la région du Caucase, et est allé intervenir ouvertement dans la crise du Karabakh jusqu’à ce que le monde commence à remarquer la gravité de ce qui est fait ,la position européenne a mûri en raison de ses pratiques en Méditerranée orientale, et d’une attaque contre la souveraineté des pays européens, et ensuite des mesures pour imposer des sanctions aux personnalités et sociétés turques travaillant dans l’exploration pétrolière, et d’autres qui fournissent des armes à la Libye ».
 
Il a poursuivi : « Le silence international, qui ressemblait davantage à un état de collusion avec les ambitions turques, s’est arrêté jusqu’à ce que l’électeur américain arrive à une nouvelle administration qui avait une position dure envers le régime Erdogan, ce qui l’a poussé à reconsidérer ses calculs politiques et à lancer un discours conciliant avec les pays de la région et du monde ».
 
La culture coloniale est endémique à la pensée du parti AKP
 
L’écrivain palestinien a affirmé que « la culture de l’expansion coloniale est endémique dans la pensée politique du Parti de la justice et du développement et de son allié nationaliste. Elle ne peut être freinée que par une réelle volonté internationale, ou une défaite devant les forces d’opposition turques, qui ont accru leurs chances électorales à la suite de l’échec économique qui a frappé la Turquie en raison des politiques d’Erdogan et de son parti au pouvoir, et placer la majorité des Turcs au centre d’un désastre économique est difficile à surmonter dans un avenir proche ».
 
L’écrivain et analyste palestinien Mohamed Abu Muhadi a conclu son discours en disant « Dans tous les cas, il y a des variables globales et internes qui empêcheront Erdogan de poursuivre ses aventures dans les pays du monde, du moins y mettront-elles fin après que la vérité de ce régime ait été exposée et poussée au bord de l’abime. »
 
 

TURQUIE. Devenue réfugiée dans son propre pays, une femme kurde vend des plantes dans la rue après l’incendie de son village

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TURQUIE / BAKUR – Il y a des gens à chaque coin de rue d’Amed qui vendent toutes sortes de marchandises posées dans des brouettes ou sur des tables. L’histoire de Fatma Özdemir est un exemple de la façon dont les histoires des pauvres dans les grandes villes kurdes peuvent être retracées jusqu’aux 4 000 villages incendiés par l’armée turque dans les années 1990 pour vider le Kurdistan de ses habitants.
 

Fatma Özdemir est une femme kurde de 66 ans qui gagne sa vie en vendant des herbes aromatiques qu’elle a cultivées dans le magnifique jardin Hevsel de Diyarbakır (Amed).

Elle est arrivée dans la ville il y a 27 ans après que son village a été incendié par des soldats dans le cadre de la politique de la terre brûlée de l’État turc dans les années 1990, lors d’affrontements intenses entre les forces armées turques et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le village d’Özdemir n’était que l’un des centaines de villages qui ont été évacués de force. Elle vit maintenant dans le village de Çeltikli à Dicle, Diyarbakır. Son village natal lui manque terriblement et a beaucoup souffert pendant de longues années en tant que réfugiée dans son propre pays.

Sa routine quotidienne commence tôt le matin. À 6 heures du matin, elle se rend dans les jardins historiques de Hewsel. Elle ramasse des herbes aromatiques dans les champs pendant 2-3 heures, puis les charge dans sa brouette pour les ramener à la maison où elle les nettoie et les prépare pour la vente.

Lorsque cela est fait, Özdemir repart avec sa brouette, s’arrêtant à divers endroits dans les rues de Sur, dans le centre de Diyarbakır, pour essayer de les vendre.

« Je travaille comme ça depuis 25 ans. Notre village a été incendié. C’est mon travail depuis que je suis arrivée à Diyarbakır », a-t-elle déclaré.

Elle vend trois bouquets d’herbes aromatiques pour 10 livres turques (moins de 1 euros).

« Je continue de vendre les herbes que j’ai ramassées jusqu’à neuf heures du soir », dit-elle, alors qu’elle essaie de rester hors de vue de la police.

« Il y a beaucoup de pression de la police, je dois continuer à me déplacer. À mon âge, c’est difficile de déplacer cette charge par moi-même. »

Depuis qu’elle a eu 66 ans il y a deux mois, elle perçoit la pension de vieillesse, mais elle doit encore travailler car la pension est inférieure au tiers du SMIC : « Je dois payer un loyer, c’est dur de joindre les deux bouts, donc je dois travailler », dit-elle.

« Nous essayons tous de gagner notre pain et notre beurre. Je dois continuer à travailler, même à mon âge. J’aimerais avoir un endroit fixe pour vendre mes plantes. »

 

Nadia Murad appelle les USA à agir pour rendre justice aux Yézidis

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Sept ans après le génocide yézidi commis par DAECH, les survivants qui sont restés au Kurdistan du Sud, dans le nord de l’Irak, vivotent dans des camps de fortune, désespérés de voir que personne ne se préoccupe de leur sort, que la Turquie veut éradiquer les Yêzidis kurdes en attaquant Shengal. La majorité d’entre eux disent qu’ils n’ont plus d’avenir dans la région et espèrent se réfugier en Europe…

C’est dans ce contexte que Nadia Murad, lauréate du prix Nobel de la paix et ancienne esclave de DAECH, a exhorté l’administration Biden à intervenir pour la reconstruction de Shengal et le jugement des auteurs de crimes de guerre et crime contre l’humanité commis contre les Yézidis depuis 2014.

Plus tôt cette année, lors de la cérémonie funéraire pour plus de 100 victimes yézidis de massacre commis par DAECH dans ma ville natale de Kocho, Sinjar, en Irak, les membres de ma communauté m’a demandé de prononcer un discours. Je pleurais mes frères Masud et Basee et j’ai été submergée par les souvenirs du jour où ils ont été assassinés sans raison en 2014, le même jour où mes sœurs, nièces et moi avons été emmenées en captivité pour être vendues comme esclaves sexuelles. J’avais envie de me concentrer uniquement sur le repos de mes frères, mais je savais pourquoi ma communauté m’avait demandé de parler.
 
Contrairement aux forums internationaux de plaidoyer, mes amis et voisins de Kocho ne voulaient pas que je répète et revive mon expérience en captivité de Daech. Mon histoire n’est pas exceptionnelle dans la communauté yézidie. Nous sommes une petite minorité ethno-religieuse indigène du nord de l’Irak qui a historiquement été reléguée aux marges de la société irakienne. L’Etat islamique a exploité cette vulnérabilité pour tenter d’éradiquer la foi yézidie, ainsi que d’autres minorités ethniques et religieuses.
À la suite du génocide de l’Etat islamique, tout le monde dans ma communauté a perdu des maisons, des parents et des libertés . En fait, je suis considéré comme relativement chanceux d’avoir pu enterrer mes frères. Des milliers de familles ont des êtres chers qui sont toujours portés disparus en captivité ou qui n’ont pas été exhumés dans des fosses communes . Ils peuvent ne jamais recevoir la clôture d’un enterrement honorable.
 
Le jour de la cérémonie, ma communauté avait besoin d’entendre que les Yézidis recevront justice. Ils devaient savoir que les innombrables autres fosses communes de Sinjar seront exhumées avant qu’il ne soit trop tard, que les 2 800 femmes et enfants disparus en captivité seront sauvés et que les criminels de l’Etat islamique seront jugés devant les tribunaux.
 
Je me suis adressée à la foule en deuil et j’ai parlé de la poursuite du combat pour la justice . Cependant, j’étais parfaitement consciente que ce n’était pas moi qui devais tenir cette promesse de justice. La communauté yézidie a besoin d’un engagement de la part des autorités nationales et internationales qui ont le pouvoir d’agir – les mêmes entités qui louent les principes des droits de l’homme mais s’abstiennent d’agir lorsqu’elles sont appelées à les défendre.
 
En mai, j’ai présenté le plaidoyer de ma communauté en faveur de la justice au Conseil de sécurité des Nations Unies où l’Équipe d’enquête pour promouvoir la responsabilité des crimes commis par Daech/EIIL a présenté « des preuves claires et convaincantes que les crimes contre le peuple yézidis constituaient clairement génocide. »
 

J’ai plaidé dès 2017 avec mon amie et avocate Amal Clooney pour la création de l’UNITAD, qui a réussi à recueillir des témoignages de première main, des preuves médico-légales et des dossiers d’ISIS. Mais comme Clooney l’a dit aux États membres de l’ONU, « l’enquête a toujours été censée être le début et non la fin. »

Avec des preuves documentées selon les normes internationales, il ne reste plus qu’à trouver la volonté politique d’engager des poursuites. Je crains que les Yazidis ne reçoivent que des promesses vides. Les survivants ont risqué la honte et la stigmatisation pour partager leurs expériences de violence sexuelle dans l’espoir que les autorités tiennent leurs agresseurs responsables. Les survivants comme moi revivent leur traumatisme non pas simplement pour obtenir une justice personnelle, mais parce que nous croyons que la responsabilisation empêchera les militants de continuer à utiliser la violence sexuelle comme arme de guerre. Malgré d’innombrables audiences de l’ONU, la communauté internationale a négligé d’établir un plan clair pour les procédures judiciaires.

 
La justice est plus qu’un principe juridique abstrait. Elle affecte concrètement notre vie de tous les jours. L’anniversaire imminent du génocide des Yézidis le 3 août marquera la septième année depuis que l’Etat islamique a systématiquement attaqué la communauté yézidie en Irak. Pour être parfaitement clair, c’est la septième année depuis le génocide a commencé . Cela ne prendra pas fin tant que tous les Yézidis ne seront pas en mesure de vivre dans un environnement sûr et digne.
 
Des vies yézidies ont été détruites en 2014 parce que les gouvernements d’Irak et de la région du Kurdistan, ainsi que la communauté internationale, ont négligé leur responsabilité de protéger les personnes vulnérables. L’intention de l’Etat islamique de commettre un génocide contre les yézidis n’aurait pas pu être plus claire. Les appels à l’aide de ma communauté n’auraient pas pu être plus urgents. Malgré cela, personne n’est venu à notre secours.
 
Chaque année, à l’occasion de l’anniversaire du génocide, les Yézidis ressentent à nouveau cet abandon. Chaque jour, une femme yézidie subit l’esclavage sexuel, un enfant ne peut pas retourner à l’école et une famille ne peut pas gagner de revenus, cela nous rappelle ce qui nous a été pris et le peu qui a été fait pour le restaurer.
 
Près de sept ans plus tard, ma communauté est toujours dans les limbes sans les ressources nécessaires pour reconstruire ses maisons, ses hôpitaux, ses fermes et ses écoles à Sinjar. Contrairement à de nombreuses autres populations déplacées dans le monde, les yézidis ont une opportunité réalisable de rentrer chez eux et de se reconstruire. Cela nécessite des investissements dans les services et les infrastructures de base de Sinjar, l’amélioration de la sécurité et de la gouvernance locale de la région et l’inclusion des survivants à chaque étape du processus. Nous ne méritons rien de moins.
Condamner les auteurs de l’EI pour des crimes de génocide et de violence sexuelle avec toute la force de la loi est crucial pour la capacité de ma communauté à guérir, à reconstruire et à se protéger contre de nouvelles persécutions. La violence se répète lorsque l’impunité est acceptée. Les Yézidis ont subi des cycles de marginalisation, de persécution et de violence pendant des siècles. Les agresseurs marchent toujours en liberté. Pour briser ce cycle, les tribunaux doivent envoyer le message que la violation de nos droits est inacceptable.
 
Une législation établissant des tribunaux spéciaux pour poursuivre l’EI a récemment été introduite dans les gouvernements national irakien et régional du Kurdistan. Pour que ces tribunaux contribuent de manière significative à la justice et à la réconciliation, les auteurs doivent être jugés pour génocide et violences sexuelles, qui traitent la gravité de leurs crimes de manière plus appropriée que les chefs d’accusation de terrorisme. La foi de la communauté yézidie dans le processus judiciaire repose sur l’inclusion des survivants et la surveillance des juges internationaux. Sans pression multilatérale, cette nouvelle législation risque de prendre de la poussière au milieu de la pile d’accords destinés à améliorer la sécurité et la gouvernance de Sinjar mais jamais vraiment mis en œuvre.
 
 
La nouvelle administration Biden a l’opportunité de mener les prochaines étapes décisives sur la voie de la justice. Si les États-Unis veulent stabiliser la région et aider durablement les communautés qu’ils ont promis de protéger, ils utiliseront leur pouvoir diplomatique unique pour résoudre la discorde politique qui entrave la justice et la réconciliation. Si l’administration veut faire preuve d’un véritable leadership mondial en matière de droits humains, elle soutiendra les poursuites pour génocide et violences sexuelles aux niveaux national et international. Si les Américains veulent protéger la liberté religieuse dans le monde, ils prendront position pour les Yézidis.
 
Nadia Murad est une militante yézidie des droits humains et lauréate du prix Nobel de la paix 2018, qui défend les survivants de violences sexuelles et de génocide. Elle est ambassadrice de bonne volonté de l’ONUDC et fondatrice de Nadia’s Initiative.d

La version anglaise de la lettre de Nadia Murad est ici

Le gouvernement irakien et l’ONU responsables de l’attaque turque contre le camp de réfugiés à Makhmour

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KURDISTAN DU SUD – Le samedi 5 juin, trois civils kurdes ont été tués par un drone de la Turquie dans le camp de réfugiés de Makhmour (Maxmur), dans le nord de l’Irak, que le président turc, Erdogan, avait menacé de « nettoyer », l’accusant d’être une pépinière du PKK. Leyla Arzu Ilhan, membre de la commission diplomatique de l’Assemblée d’Ishtar à Maxmur, a déclaré : « La responsabilité de l’attaque contre Maxmur incombe à l’ONU et au gouvernement irakien. »
 
Réagissant à l’attaque de la Turquie contre Maxmur samedi, Leyla Arzu Ilhan, membre du comité diplomatique de l’Assemblée de Maxmur Ishtar, a déclaré que l’ONU et le gouvernement irakien sont responsables des attaques et qu’ils doivent agir immédiatement.
 
S’adressant à l’agence de presse ANHA, Ilhan a déclaré : « Ces événements se sont développés à la suite de la décision prise par l’Etat turc, qui veut occuper le Kurdistan du Sud, et par le PDK, qui veut en tirer une force politique. Depuis 27 ans , le camp de Maxmur a fait l’objet d’attaques de la part de l’Etat turc. Parce que l’Etat turc considère la vie organisée dans ce camp comme un grand danger pour lui-même. Nous avons demandé à plusieurs reprises au gouvernement du Kurdistan du Sud de lever l’embargo imposé au camp, mais à chaque fois ils ont dit que la décision a été prise d’en haut. Même à partir de ce discours, il est clair que la décision a été prise par l’État turc et que le gouvernement du Kurdistan du Sud l’a mise en œuvre. »
 
Ilhan a ajouté que cette nouvelle attaque contre le camp montre le concept de destruction complète que poursuit le gouvernement turc et a poursuivi : « Ils veulent occuper le camp de Maxmur, tout comme ils l’ont fait à Afrin, Serekaniye et Gire Spi. Le KDP, quant à lui, sert à légitimer ces attaques. Selon les informations que nous avons reçues, le PDK morcelle les terres du Kurdistan et les vend à l’État turc, juste pour qu’il puisse maintenir son pouvoir pendant un certain temps. »
 
Ilhan a ajouté : « L’ONU et le gouvernement irakien sont également responsables de cette dernière attaque. L’attitude nécessaire doit être prise contre l’État turc et l’ONU doit protéger ce camp qui est sous leur contrôle.
 
L’Etat turc recourt à de nouveaux coups bas à chaque fois qu’il subit une défaite. Ce qui se cache derrière l’attaque du camp, c’est la défaite imposée par la guérilla à l’Etat turc. Ce camp a résisté à toutes sortes d’attaques pendant 27 ans. . Aujourd’hui, cette résistance continue. Tout le monde doit savoir qu’avec le soutien de notre peuple, nous réussirons contre les attaques colonialistes fascistes et génocidaires. »
 

ROJAVA. Şeyda Asmin publie un nouveau livre en dialecte zazakî

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L’écrivaine kurde, Şeyda Asmin a publié un recueil de nouvelles mettant en scène la résistance du peuple kurde face aux mercenaires de l’EI. Le nouveau livre de 80 pages, « Raywanîya Rojawa », de Şeyda Asmin est écrit en zazakî (ou kirmanckî), un des dialectes kurdes.

Les histoires de Şeyda Asmin racontent l’amour, la patrie, la trahison, les déceptions, les aspirations et les désirs. Elle les a écrites à Kobanê, Afrin, Qamishlo, Alep et Xinere entre 2012 et 2020.

L’une des histoires marquantes du livre mentionne un soldat turc capturé par la guérilla dans le district de Qileban à Şirnak en 1994.

En plus d’un autre livre en kirmancki, « Zeman Sey Fekê Kardî Bi-Hîkayeyê Koyî » (Le temps était comme un conte de la montagne de la lame), l’autrice a publié des nouvelles et des poèmes dans diverses revues et publications.

« Ces histoires sont un miroir du Rojava« , écrit Kamer Söylemez, ajoutant qu’elles parlent d’avant et d’après la révolution du 19 juillet et des blessures profondes causées par la guerre,  toujours vivantes et qui prendront  plusieurs années pour guérir.

La couverture du livre a été dessinée et conçue par Sinan Hezer.

Dès juillet prochain, on peut commander le livre en contactant la maison d’édition Meyman :

Courriel : meyman2018@gmail.com
Twitter : @Wesanen_Meyman – Tel : 0031 65 79 13 039 – Site : pirtukxane.net

ANF