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La fille de Leyla Güven loue la détermination de sa mère

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TURQUIE – AMED – « Les actions qui ont suivi lui ont donné une force extraordinaire, et à chaque fois qu’elle en a l’occasion, elle remercie les gens pour leur soutien, elle remercie la solidarité venant du parti et des secteurs démocratiques », a déclaré Sabiha Temizkan, la fille de Leyla Guven.
 
Leyla Güven, députée HDP d’Hakkari et coprésidente du DTK, est en grève de la faim depuis le 8 novembre à la prison d’Amed.
 
Elle a entamé une grève de la faim pour exiger la fin du régime d’isolement imposé au dirigeant kurde Abdullah Öcalan.
 
Un mois de jeûne fait des ravages : les avocats déclarent que la santé de Güven se dégrade et qu’elle pourrait entrer dans une phase critique à tout moment.
 
L’action de Layla Güven a inspiré des milliers de personnes dans tout le Kurdistan et la Turquie mais aussi en Europe et jusqu’à Toronto. Des grèves de la faim de solidarité ont été lancées dans de nombreuses prisons et villes.
 
A Urfa, Van, Mardin, Mersin, Adana et dans de nombreuses villes turques, les citoyens protestent. La même chose se produit au Rojava et en Europe, tandis que les prisonniers du PKK et du PAJK ont également commencé des grèves de la faim le 27 novembre.
 
La fille de Leyla Güven, Sabiha Temizkan, a parlé à ANF de la situation de sa mère qui est dans la prison de Diyarbakır
 
Güven est déterminée à poursuivre son action
 
Sabiha Temizkan a déclaré qu’elle avait rencontré sa mère le 26e jour de son action.
 
« J’ai vu ma mère lors de la visite libre que j’ai eue avec elle le 26e jour de la grève de la faim. Elle était en bonne santé en général, bien qu’elle ait clairement perdu de nombreux kilos et qu’elle approchait de la phase critique.
 
Elle était dans un bon esprit et a dit qu’elle était déterminée à poursuivre l’action. Elle a déclaré que le dirigeant du PKK Abdullah Öcalan a un rôle important à jouer pour assurer la paix sociale en Turquie et a ajouté que le régime d’isolement qui lui a été imposé est en fait imposé à l’ensemble du peuple.
 
C’est pourquoi, cette action doit être considérée comme faisant partie des efforts visant à garantir la paix. En annonçant la décision de faire la grève de la faim, elle a présenté ses excuses aux Mères de la Paix et à notre peuple pour ne pas avoir apporté la paix. Et d’ajouter qu’avec la levée du régime d’isolement imposé à Öcalan, les espoirs de paix vont renaître. Elle a mis sa vie dans cette action avec détermination pour que sa demande reçoive une réponse positive. »
 
Les actions de solidarité donnent de la force à ma mère
 
Temizkan a partagé ses réflexions sur les actions de solidarité et les grèves de la faim lancées dans tout le pays, à l’étranger et dans les prisons.
 
« L’exigence de mettre fin à l’isolement imposé au leader du peuple kurde Öcalan n’est pas seulement celle de ma mère. C’est elle en tant que membre du HDP et coprésidente du DTK.
 
Ma mère a commencé cette résistance par sa propre volonté et a ouvert la voie. Les actions qui ont suivi lui donnent une force extraordinaire, et à chaque fois qu’elle en a l’occasion, elle remercie les gens pour leur soutien, elle remercie la solidarité venant du parti et des secteurs démocratiques. Elle croit que plus ces actions se diffusent, plus les chances d’obtenir une réponse positive à la demande sont grandes. Je demande à tous ceux qui veulent la paix d’élever la voix et de faire ainsi cesser les grèves de la faim dans les prisons et l’action de ma mère avant qu’elle n’atteigne le point critique. »
 
Je peux comprendre l’action de ma mère.
 
Temizkan a souligné que sa mère était une femme très forte et même dans les pires conditions, elle est toujours heureuse. « Ma mère me donne toujours la force. Quand je suis à côté d’elle, je me sens impuissante contre sa volonté. »
 
Temizkan ajoute : « Son corps s’affaiblit mais elle est très heureuse. C’est une motivation incroyable pour elle de savoir que les gens dehors la suivent et la soutiennent avec beaucoup d’espoir. En tant que femme et journaliste kurde, je suis les souffrances du conflit depuis des années. Avec le processus de solution, nous avons tous vu un espoir de voir la souffrance du peuple prendre fin.
Ma mère est une femme qui a consacré sa vie à la paix. Je peux comprendre ses préoccupations et les actions qu’elle a entreprises pour mettre sa vie en jeu.
 
La paix sociale est le besoin le plus urgent de tous ceux qui vivent dans ce pays. J’essaie de faire du journalisme en ces temps où la liberté de la presse et la liberté d’expression sont à leur pire état.
 
Je pense qu’il n’y a pas d’autre façon de dire « paix » plus fort à un moment où tous ceux qui élèvent la demande de paix, des universitaires aux médecins, sont traduits en justice. »
 
Via ANF
 

Justice pour les 3 militantes kurdes exécutées à Paris

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PARIS – Le conseil démocratique kurde en France (CDK-F) appelle à manifester le samedi 12 janvier pour exiger que la justice soit rendue dans le triple assassinat de trois militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013.
 
Voici le communiqué du CDK-F pour la manifestation du 12 janvier prochain :
 
« Mercredi 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez étaient froidement exécutées d’une balle dans la tête, dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, situés au 147 rue La Fayette, à Paris.
 
De nombreux indices révélés par l’enquête font apparaître que le meurtrier présumé, Ömer Güney, arrêté quelques jours après les meurtres, avait agi pour le compte des services secrets turcs (MIT), comme le confirme le réquisitoire du Procureur de la République dans cette affaire : « de nombreux éléments de la procédure permettent de suspecter l’implication du MIT dans l’instigation et la préparation des assassinats. »
 
Cependant, la mort, le 17 décembre 2016, de l’assassin présumé nous a privés du procès qui devait commencer le 23 janvier 2017, devant la Cour d’assises. Pourtant, ce procès aurait pu avoir lieu bien avant si la justice française avait été plus diligente, étant donné le grave état de santé de Güney, connu dès son arrestation.
 
En différant la tenue de ce procès, la France a manqué une occasion cruciale de juger, enfin, un crime politique commis sur son territoire ! Depuis les années 60, pas moins de 43 assassinats politiques ont été commis sur le sol français. A ce jour, ils sont tous impunis !
 
Les promesses faites, au lendemain des assassinats, par le Ministre de l’intérieur de l’époque Manuel Valls, ont très vite été jetées aux oubliettes : les autorités politiques françaises n’ont jamais cherché à faire la lumière sur ce triple assassinat. Toujours soucieuses de préserver leurs relations avec la Turquie, elles n’ont même pas eu la décence de recevoir les familles des victimes, ni les représentants de la communauté kurde.
 
La France ne se contente pas de fermer les yeux sur un crime d’Etat : à plusieurs reprises, Emmanuel macron a rencontré le Président turc Recep Tayyip Erdogan, allant même jusqu’à dérouler le tapis rouge devant celui qui est reconnu comme un dictateur notoire. Lors de ces rencontres, Macron, tout comme son prédécesseur Hollande, s’est bien gardé d’évoquer le sujet fâcheux du triple assassinat : il faut dire que les intérêts politiques et économiques de la France sont bien supérieurs à la justice. Ou, devrait-on dire, la justice est mise au service de ces intérêts, car chaque visite d’Erdogan en France se solde par des arrestations de militants kurdes réfugiés en France.
 
A l’issue d’une session « sur la Turquie et le peuple kurde », tenue à Paris les 15 et 16 mars 2018, le Tribunal Permanent des Peuples (TPP), juridiction internationale indépendante des États, a reconnu la responsabilité directe de l’État turc dans le meurtre des trois militantes kurdes. Pour cela, le TPP s’est fondé notamment sur des révélations récentes de deux agents du MIT capturés par le PKK, qui affirmaient que l’exécution des trois femmes avait été planifiée par de hauts responsables du MIT.
 
En mars 2018, les familles des trois militantes kurdes ont déposé une nouvelle plainte, demandant la saisie d’un juge d’instruction pour poursuivre l’enquête, eu égard notamment aux révélations des agents du MIT. Il est à espérer que la justice française aura, cette fois-ci, le courage d’identifier et condamner les commanditaires de ces assassinats politiques.
 
La mort du meurtrier présumé n’entame en rien notre détermination à lutter pour la vérité et la justice ! Le ou l’un des exécutants est mort, mais les commanditaires sont toujours vivants et libres ! Ils sont au pouvoir en Turquie ! 6 ans après, le silence des autorités françaises est plus assourdissant que jamais. Nous exigeons d’elles toute la lumière sur ces assassinats et, enfin, la justice !
 

PARIS, CAPITALE DE L’IMPUNITÉ !

JUSTICE POUR LES TROIS FEMMES EXÉCUTÉES ! »

Premiers signataires : Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), Mouvement des Femmes kurdes en France, Union des Etudiant.e.s kurdes de France (UEKF), France-Kurdistan, Parti communiste français (PCF), Parti de Gauche (PG), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Alternative libertaire, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Union syndicale Solidaires, SOS Racisme, La Maison du Tamil Eelam, Collectif des Amazighs en France, Secrétariat International de la CNT

Un film racontant les disparitions forcées des Kurdes en Turquie primé à Naples

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ITALIE – NAPLES – Le film BIR (puits) de Veysi Altay a remporté le prix du Festival du Cinéma des Droits de l’Homme de Naples.
 
Dans les années 90, des centaines de civils, dont des enfants, ont été arrêtés et placés en détention dans les régions kurdes de la Turquie. Ils ont été interrogés sous la torture et tués. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés. De nombreuses victimes ont été jetées depuis des hélicoptères ou enterrées dans des puits remplis d’acide.

Des milliers de personnes ont été tuées par des forces paramilitaires (JITEM et le Hezbollah) financées et soutenues par l’État turc.
 
Le documentaire raconte l’histoire de 7 Kurdes, dont 4 enfants, disparus dans la ville de Kerboran (Dargeçit) en 1995 et de la recherche incessante de leurs restes par leurs familles.
 
Veysi Altay est un réalisateur du Centre de Production du Cinéma Mésopotamie, la société de production cinématographique Mezopotamya Kultur Merkezi.
 
Il avait récemment déclaré à l’occasion du 27ème anniversaire du MKM à Istanbul que « le MKM a été fondé à une époque où la langue kurde, la culture et toutes les couleurs du peuple mésopotamien étaient interdites. »
 
Ces années, ce sont aussi les années des disparitions sous la garde des forces de l’Etat, comme les Mères du Samedi le rappellent tous les samedis à Istanbul, Amed, Batman, Izmir.
 
Via ANF

PARIS : Conférence sur la situation du dirigeant kurde Ocalan

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PARIS – Dans le cadre de la grève de la faim lancée par le mouvement de libération kurde dans toute l’Europe, le Mouvement des femmes kurde en Europe (TJK-E) a organisé une conférence sur la situation du dirigeant kurde Abdullah Ocalan, tenu en isolement carcéral sur l’île prison d’Imrali, en Turquie.

Les avocats d’Ocalan, Sukran Sincar, la représentante du TJK-E ainsi que Sylvie Jan, la présidente de l’association de solidarité France-Kurdistan ont pris la parole lors de la conférence/débat qui a eu lieu ce dimanche 9 décembre au siège du PCF dans le 19e arrondissement de Paris.

Les organisations kurdes au Kurdistan, en Turquie et en Europe et plus de 10 000 prisonniers politiques dans les prisons turques ont lancé une grève de la faim illimitée.

Des députés du HDP, des militants des organisations kurdes sont en grève de la faim. La grève a été lancé en solidarité avec Leyla Güven, en grève de la faim dans la prison de Diyarbakir.

La grève de la faim de la députée Leyla Guven, coprésidente du Congrès de la société démocratique (DTK) et membre du Parti démocratique des peuples (HDP), qui proteste contre l’isolement imposé au dirigeant kurde, Abdullah Öcalan, a atteint le 32e jour.

Selahattin Demirtas : « Aujourd’hui, c’est mon tour de vous demander soutien & solidarité »

Selahattin Demirtas, le politicien kurde et ancien co-président du Parti démocratique des peuples (HDP), incarcéré en Turquie, appelle à l’aide la communauté internationale pour obtenir justice en Turquie, où il a été condamné en septembre à quatre ans et huit mois de prison pour « propagande terroriste » et qui risque plus de 150 ans de prison dans de nombreux procès en cours intentés contre lui :
 
Je vous fais parvenir cette lettre par l’intermédiaire de mes avocats, depuis le Centre pénitentiaire de haute sécurité d’Edirne, où que je suis détenu en toute illégalité depuis maintenant deux ans. Le 4 novembre 2016, 12 députés et moi-même avons été arrêtés au mépris des lois. Tout ce que l’on nous reproche, ce sont les propos que nous avons tenus et publiés dans la presse. Nous sommes en réalité les otages d’un enchaînement de pressions et de décisions politiques qui nous visent, parce que nous constituons un obstacle à l’édification du pouvoir autocratique instauré en Turquie. À ce jour, près de 5 000 personnes liées à mon parti, le HDP (Parti démocratique des peuples), ont été arrêtées pour les mêmes raisons. Nous sommes actuellement 58 maires et 9 députés à être incarcérés dans la même prison.
 
Pas moins de 122 enquêtes ont été ouvertes à mon encontre au cours des deux dernières années. 47 d’entre elles ont entraîné l’ouverture d’un procès. Certains procès demeurent en suspens mais 19 sont en cours. Je ne dois mon incarcération qu’à l’un d’eux, et les propos que j’ai tenus alors me font encourir une peine de 150 années de prison. J’ai déjà été condamné, il y a peu, à une peine de 4 ans et 8 mois de prison ferme, lors d’un procès motivé par un discours en faveur de la paix que j’avais prononcé cinq ans plus tôt dans le cadre du processus de paix avec les Kurdes. Ce discours avait alors été salué par l’ensemble de la presse internationale comme un « grand message de paix ». Hélas, cinq ans plus tard, il s’est vu requalifier de « propagande terroriste ». Le jugement est actuellement pourvu en cassation.
 
Le 20 novembre 2018, la Cour européenne des droits de l’homme a reconnu que mon emprisonnement était de nature politique et a ordonné ma libération immédiate, ce à quoi Recep Tayyip Erdoğan, président de l’AKP (Parti de la justice et du développement) et président de la République, a rétorqué qu’il ne prendrait aucune décision de cet ordre. Dans la même journée, une autre haute juridiction a lancé la procédure permettant de confirmer ma condamnation à 4 ans et 8 mois de prison ferme. Mon procès principal n’avance que très difficilement à cause des pressions politiques. De plus, diverses manœuvres en tous genres sont ourdies dans l’urgence afin d’empêcher ma libération.
 
À l’époque où j’étais moi-même avocat des droits de l’homme, j’ai reçu de nombreuses lettres appelant à un soutien tel que celui auquel j’appelle aujourd’hui. Dans mon travail pour Amnesty International et l’Association turque des droits de l’homme, j’ai fait tout mon possible pour venir en aide aux personnes qui avaient besoin de moi. Aujourd’hui, c’est mon tour de vous demander soutien et solidarité en faveur de notre liberté d’expression, de notre droit à nous engager en politique, de notre identité kurde, de notre sécurité personnelle, et contre ces discriminations que nous subissons publiquement. C’est donc avec foi en la solidarité internationale ainsi qu’en la vie elle-même que je souhaite vous voir faire tous les efforts en votre pouvoir pour défendre la démocratie et la liberté.
 
Le 12 décembre prochain débuteront les audiences de mon procès, qui doivent durer trois jours. Je tiens beaucoup à ce que vous les suiviez, où que vous soyez, et que vous fassiez retentir à cette occasion un cri de soutien et de solidarité, de toutes vos forces.
 
Mes avocats, quoi qu’il arrive, vous tiendront informés de la suite des événements.
 
Je garde une foi inébranlable en la démocratie, la liberté et la paix.
 
Je vous prie de croire à mes plus chaleureuses salutations et j’espère vous revoir un jour.
Amicalement,
 
Selahattin Demirtaş, Ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP)
 
Edirne (Turquie), le 24 novembre 2018, Centre pénitentiaire de haute sécurité
 
Lettre traduite du turc par Julien Lapeyre de Cabanes et Emmanuelle Collas

A la recherche du « dernier terroriste kurde » en Turquie

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Aujourd’hui, les appels de la Turquie à poursuivre la guerre contre le terrorisme jusqu’à ce que « le dernier terroriste » soit tué ont atteint de nouveaux sommets. L’autre jour, j’ai commencé à penser au nombre de fois où j’ai entendu cette phrase en 40 ans d’existence.
 
Jusqu’à la mort de ce « dernier terroriste », la vie dans ce pays continuera avec la guerre, la destruction, les funérailles quotidiennes…
 
Dans ce cas, trouvons ce « dernier terroriste » pour que nous puissions reprendre une vie normale.
 
Mais où est ce « dernier terroriste », qui sont-ils ? Voyons si on peut les trouver ensemble.
 
La « dernière terroriste » pourrait-elle être la petite fille que j’ai visitée dans la ville de Cizre, dans le sud-est du pays, qui a vu son frère brûler dans la cave ?
 
J’ai vu la rage dans ses yeux et le potentiel de fuir dans les montagnes pour rejoindre la guérilla.
 
Le « dernier terroriste » pourrait-il être un enfant qui grandit dans n’importe quelle ville de Turquie, qui va à l’école primaire, qui ne comprend pas la langue que parle sa grand-mère, qui vit dans un environnement qui place l’identité turque sur un piédestal tout en dégradant l’identité kurde et qui se ferme au monde à mesure que sa douleur devient plus intense ?
 
Le « dernier terroriste » pourrait-il être un bébé bercé dans la ville de Şırnak, au sud-est de la Turquie, que j’ai visitée la semaine dernière, né dans une famille dont la maison a été démolie, obligeant la famille à vivre dans un abri en plastique pendant les trois dernières années ?
 
Qui est « le dernier terroriste », lequel de ces enfants l’est-il ?
 
Est-ce l’un des enfants dont les maisons ont été démolies à Alipaşa, dans la banlieue d’Istanbul ?
 
Est-ce l’un des jeunes qui sont en prison pour avoir chanté des chansons kurdes ?
 
Ou s’agit-il du bébé à naître d’une famille vivant à Yüksekova, près de la frontière iranienne, dont les lits ont été souillés par des excréments lors des couvre-feux imposés par le gouvernement ?
 
Serait-ce le frère cadet d’un des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui est mort dans des affrontements et dont les familles n’ont pas le droit de réclamer le corps ? Ou le jeune fils d’une famille aisée de la vallée de Dicle, à la périphérie de Diyarbakir, qui se bouche les oreilles et crie pendant les tirs incessants ?
 
Peut-être que « le dernier terroriste » sont les enfants d’enseignants kurdes qui ont été démis de leurs fonctions par décret du gouvernement. Ou peut-être que ce « dernier terroriste » sera l’un des enfants des jeunes qui ont été forcés de quitter les sous-sols du quartier Sur de Diyarbakır, sans vêtements. Ou pourrait-il s’agir d’un des enfants qui ont été séparés de leur mère et de leur père en raison d’actes d’accusation fictifs ?
 
Où que soit ce « dernier terroriste », ils doivent se révéler pour que notre gouvernement suprême puisse les neutraliser et que cette période de souffrance de 30 ans puisse prendre fin.
 
Quelqu’un croit-il vraiment que la survie de ce pays dépend de la mort du « dernier terroriste » ?
 
Dans « Jugement à Nuremberg », un film que je regardais l’autre jour, le juge condamne le ministre nazi de la Justice et les juges nazis à des peine inférieur à la prison à vie.
 
Dans leurs défenses, les bureaucrates et les juges nazis ont fait valoir à plusieurs reprises que le pays était confronté à un problème de survie. Pour répondre à ces demandes, le juge a inclus cette déclaration dans sa décision de détermination de la peine :
 
« Survivre, c’est quoi ? Un pays n’est pas un rocher, ce n’est pas une extension de soi. C’est ce qu’il représente. C’est ce qu’il représente quand se tenir debout pour quelque chose est le plus difficile. »
 
Comment les exigences d’un peuple dont la justice n’est pas protégée, dont la langue et la culture sont ignorées, dont les représentants sont jetés en prison, dont les tombes sont détruites, dont le droit d’être enterré avec honneur, de pleurer, de rendre un dernier hommage est violé… Comment ces exigences peuvent-elles être résolues par la mort, la guerre, le sang, la neutralisation du « dernier terroriste » ?
 
Comment la survie de ce pays peut-elle être garantie lorsque des bébés kurdes naissent dans ces conditions, que des enfants kurdes sont élevés dans ces conditions et que la langue, l’identité, le corps, la vie, le travail et les émotions kurdes sont déclarés nuls et non avenus ?
 
Je me pose vraiment la question. Aucune des personnes au pouvoir ne pense-t-elle à la Turquie ? Est-ce qu’aucun d’entre eux ne se soucie de ce pays ? Il est impossible pour quelqu’un qui aime son pays de ne pas voir ces faits. Tant que la cruauté, l’oppression et les morts se poursuivront, ce « dernier terroriste » continuera à se manifester sur cette terre.
 
Qui pourrait être « le dernier terroriste », où pourrait-il être… Sont-ils encore dans le ventre de leur mère ou couchés dans un berceau ?
 

MARSEILLE : Adieux solennels à Farid Medjahed, martyr français des YPG

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MARSEILLE – Le corps du volontaire franco-algérien des YPG, Farid Medjahed (Şahin Qereçox), est tombé martyr lors de combats face à Daesh à Hajin le 6 octobre – est arrivé à Marseille aujourd’hui.
 
Une cérémonie funéraire a été organisée au centre démocratique kurde de Marseille pour rendre un dernier hommage à Farid.

 

 
Medjahed, citoyen français, est décédé le 6 octobre au cours de l’offensive « Tempête de Cizirê » contre le soi-disant État islamique (Daesh) dans la région de Deir ez-Zor, dans le nord-est de la Syrie. Avant les funérailles, une cérémonie d’adieu a eu lieu au centre démocratique kurde de Marseille. Outre la famille du martyr des YPG, ses amis, des représentants du mouvement de libération kurde, des activistes en grève de la faim en solidarité avec la députée du HDP, Leyla Güven contre l’isolement carcéral d’Abdullah Öcalan, ont également assisté à la cérémonie.
 
Après une minute de silence pour Medjahed et les martyrs de la révolution du Rojava, le père du combattant des YPG, Salem Medjahed a prononcé un discours émouvant. Il a déclaré que son fils avait toujours défendu les droits des opprimés.
 
« Du côté des Kurdes, il a participé à leur combat pour l’humanité », a déclaré le père.
 
Par la suite, le politicien Xebat Öcalan a pris la parole au nom du Centre de la société kurde et a exprimé ses condoléances aux proches de Farid Medjahed.
 
Le corps du combattant internationaliste des YPG a ensuite été conduit par un long convoi au cimetière de Marseille.
https://kurdistan-au-feminin.fr/2018/10/10/le-combattant-francais-des-ypg-sahin-qerecox-farid-medjahed-tombe-martyr-a-hajin/

PARIS : Solidarité internationale avec la résistance kurde

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PARIS, Le 7 décembre, une soirée de solidarité avec le peuple kurde a été organisée par le Parti communiste français à Paris.

Hélène Bidard, adjointe au maire de Paris et Berivan Firat, la porte parole et coordinatrice du Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) se sont réunies pour discuter des luttes des femmes et des pressions exercées contre les Kurdes par la Turquie.

La réunion comprenait des activistes du Mouvement de la paix, des Jeunes communistes et des militants kurdes qui ont entamé une grève de la faim contre l’isolement carcéral imposé au leader kurde Abdullah Ocalan.
 
Berivan Firat a pris la parole pour parler des femmes kurdes et leurs luttes, des grèves de la faim conduites par les Kurdes en solidarité avec la députée HDP Leyla Güven, l’assassinat de Sakine Cansız, Leyla Saylemez et Fidan Doğan – trois militantes kurdes tuées à Paris en 2013 – de l’invasion turque à Afrin, des académies de jinologie et du village des femmes Jinwar, au Rojava.
 
Berivan Fırat, porte-parole du TJK-F, a parlé des dernières avancées de la politique kurde, des femmes kurdes et de leurs luttes. Elle a souligné que, depuis des années, les avocats et leur famille n’avaient aucun contact avec le dirigeant kurde Abdullah Öcalan.
 
Hélène Bidard a déclaré: « Je ne peux pas expliquer la lutte des femmes kurdes, mais ce que je peux dire, c’est que c’est un exemple pour nous. »
 
Se référant à la lutte de trois femmes révolutionnaires kurdes assassinées à Paris, Bidard nota que ce massacre n’était pas encore élucidé par les tribunaux parisiens et que la justice était lente dans ce qui est un génocide des femmes.
 
À propos du HDP et de son système de coprésidence, Bidard a déclaré que lors de sa visite dans les provinces du Kurdistan en 2015, elle avait eu l’occasion d’observer le rôle des femmes au sein du HDP.
 
Bidard a déclaré: «Le HDP n’est pas seulement un parti politique kurde. En Turquie aujourd’hui, non seulement les Kurdes, mais également de nombreuses femmes, universitaires et journalistes, sont en procès et en prison. « 
 
Bidard, qui se décrit comme une féministe et communiste, a déclaré qu’elle soutiendrait et rendrait visite aux Kurdes en grève de la faim à Paris.
Via ANF

Créez une, deux, plusieurs révolutions du Rojava !

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« La solidarité est une valeur fondamentale de l’Alliance socialiste. Partout où nous voyons des gens combattre la tyrannie ou l’oppression, notre réponse est solidaire. Beaucoup de nos membres fondateurs, dont moi-même, étaient parvenus à nos convictions socialistes lorsque nous faisions partie du puissant mouvement de solidarité pour la lutte vietnamienne contre l’impérialisme américain. »
 
Ainsi, lorsque les gens ont commencé à se lever au Moyen-Orient lors des révoltes du soi-disant « Printemps arabe », nous avons une fois de plus sauté dans l’action de solidarité. Solidarité genou-jerk avec les opprimés, pourrait-on dire. Nous étions dans la rue avec la communauté égyptienne quand elle est descendue dans les rues autour de l’Australie et quand la population syrienne s’est levée, nous avons aidé à organiser une des premières actions de solidarité à Sydney.
 
Au fur et à mesure que la guerre civile syrienne se poursuivait, nous avons commencé à remarquer les développements remarquables dans le nord de la Syrie/Rojava. Nous avons pu constater qu’il ne s’agissait pas seulement d’un soulèvement contre la dictature Assad, mais d’une révolution qui mettait le pouvoir entre les mains des gens ordinaires. Et bien sûr, nous avons été frappées par le rôle que les femmes y jouaient et par l’accent mis par cette révolution sur la libération des femmes.
 
Cela a démontré que la révolution du Rojava n’était pas seulement une révolution politique (où un pouvoir est remplacé par un autre) mais une véritable révolution sociale en cours.
 
L’assujettissement systématique des femmes est si intrinsèquement lié à tous les systèmes d’oppression de classe que la libération réelle des femmes ne peut avoir lieu que lorsque ces structures d’oppression et d’exploitation commencent à s’effriter.
 
Une autre preuve puissante qu’il s’agit d’un processus révolutionnaire est la manière dont ce mouvement, qui a été lancé par des combattants kurdes pour la liberté, a systématiquement atteint les autres peuples de la région. Plus tard, à mesure que ces forces ont libéré de plus en plus de territoire des terroristes d’État Islamique (Daesh), nous avons assisté à une démonstration épique à travers la région.
 
Nous avons pu constater que ce processus n’était pas le fruit du hasard. Il y avait un mouvement révolutionnaire qui dirigeait ce processus et il y avait des co-penseurs dans tout le Kurdistan, le pays d’un peuple qui s’est vu refuser une nation lorsque les impérialistes ont découpé le Moyen-Orient dans le fameux accord Sykes Picot.
 
Nous avons donc commencé à étudier ce mouvement et son développement idéologique. Ici, nous avons reconnu un terrain familier. Nous pensons également que le mouvement socialiste a besoin d’un renouveau révolutionnaire. Qu’il doit sortir de la prison du dogmatisme et du sectarisme et qu’il doit tirer les leçons de l’héritage monstrueux des régimes bureaucratiques qui ont détourné les révolutions en Russie et en Chine.
 
L’Alliance socialiste a une politique fortement antistaliniste, mais malheureusement, il y a encore des gens se disant socialistes ou communistes et qui pensent que ces bureaucraties d’Etat étaient révolutionnaires. Ils ont un culte pervers pour son grand Etat et son idéologie nationale-chauviniste.
 
En revanche, nous considérons l’État comme un instrument d’oppression et un instrument pour imposer la division et l’exploitation de classe. Nous reconnaissons que les révolutions ne peuvent être gagnées sans pouvoir, mais que tous les pouvoirs révolutionnaires doivent non seulement vaincre les oppresseurs, mais aussi construire simultanément les nouvelles institutions du pouvoir populaire de base pour déplacer l’Etat.
 
Depuis de nombreuses années, nous poursuivons notre propre processus de réflexion autocritique. Nous avons étudié les pensées des révolutionnaires en dehors des silos de nos propres lignées politiques et l’Alliance socialiste elle-même s’était formée comme un regroupement de socialistes de différentes tendances politiques. Parmi les textes que nous avons étudiés figurent ceux de Murray Bookchin, que nous avons rencontrés dans les années 1980 lors de discussions avec des personnes qui poursuivaient des perspectives écologiques radicales.
 
Nous avons tendu la main à la communauté kurde locale pour lui offrir notre solidarité et en apprendre davantage sur sa révolution. De nouveaux amis et camarades se sont faits lors de nombreux forums, réunions, manifestations avec la communauté. Nous avons été inspirés et informés par des rapports de première ligne par des témoins oculaires et par des liens Internet de notre ami et camarade Hawzhin du Rojava.
 
Une question qui empêche certains socialistes de soutenir la révolution du Rojava est celle des alliances militaires tactiques que les combattants de la libération ont organisées aujourd’hui sous le nom de Forces démocratiques syriennes (FDS). Cela a confondu une partie de la gauche.
 
Mais à notre avis, c’est vraiment très simple. Les deux parties avancent sur des voies complètement différentes : les Kurdes et leurs alliés veulent la liberté, les Etats-Unis veulent dominer le Moyen-Orient.
 
Les révolutionnaires du Rojava savent qu’ils ont des objectifs et des perspectives très différents de l’impérialisme américain. Les changements révolutionnaires qu’ils forgent dans les zones libérées sont un anathème pour l’élite dirigeante américaine. Une économie coopérative et communautaire, des pratiques environnementales durables…. c’est le pire cauchemar de Donald Trump !
 
L’impérialisme américain n’est pas intéressé à promouvoir la révolution dans le nord de la Syrie ou ailleurs. Les gouvernements impérialistes (y compris le gouvernement australien) considèrent le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les co-penseurs politiques du mouvement révolutionnaire du Rojava, comme des organisations « terroristes » interdites. Récemment, ils ont annoncé que les dirigeants du PKK sont sur leur liste de personnes recherchées mortes ou vivantes.
 
Les Etats-Unis ont essayé de créer une force pour combattre Daesh mais ont échoué. Seule leur faiblesse a forcé les Etats-Unis à se tourner vers les Kurdes. D’autre part, les Kurdes avaient besoin du soutien militaire de Washington, en particulier de sa puissance aérienne dévastatrice, pour vaincre l’EI, notamment dans la bataille pour Kobanê. Cependant, le refus américain d’aider Afrin a montré les limites de cette collaboration militaire purement tactique.
 
Toutes les luttes révolutionnaires ont été forcées de faire des alliances tactiques difficiles (y compris des alliances militaires) à un certain stade de leurs luttes afin d’avancer. Ce fut le cas des révolutions russe, chinoise et vietnamienne. Chacune d’entre elles avait des alliances tactiques militaires de courte durée avec les puissances impérialistes.
 
En 1966, le célèbre révolutionnaire Che Guevara appelait le monde entier à « Créer un, deux, beaucoup de Viet Nam ». C’est devenu un slogan révolutionnaire qui a résonné dans le monde entier. Aujourd’hui, nous devrions dire : « Créez une, deux, plusieurs révolutions du Rojava ! »
 
Peter Boyle est un activiste politique, correspondant du Green Left Weekly. Sydney. On le retrouve souvent dans les rues de Sydney en train de protester avec la communauté kurde pour les questions kurdes, ou encore de s’impliquer dans le changement climatique, les droits indigènes, les droits LGBTQAI+, les droits pro réfugiés, les droits des femmes et autres questions centrales de la gauche.
 

IRAN : Mort suspecte du réalisateur kurde Rahim Zabihi

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ROJHILAT / IRAN – Le corps brûlé du célèbre réalisateur kurde Rahim Zabihi et celui de son frère Kaywan Zabihi ont été retrouvés dans un véhicule brûlé. Tout porte à croire que les forces du régime iranien en sont responsables.
 
Vendredi après-midi, des passants près de la ville kurde de Banê, dans la province de Sinê (Sanandaj), ont trouvé le corps brûlé du célèbre réalisateur kurde Rahim Zabihi et son frère Kaywan Zabihi dans un véhicule brûlé sur une pente.
 
Les deux hommes étaient assis à l’arrière de la voiture avec leurs mains et leurs pieds attachés. Le véhicule n’a subi aucun autre dommage que le feu qui l’a brûlée. De plus, aucun conducteur n’a été trouvé.
 
Une connaissance des deux morts, dont le nom ne peut être mentionné pour sa propre sécurité, a déclaré à Hengaw que plusieurs forces et véhicules du régime avaient été repérés chez Rahim Zabihi le vendredi soir.
 
En outre, il a ajouté que Rahim Zabihi était très récemment en train de préparer un documentaire sur l’assassinat des kolbars (courriers kurdes/porteurs de marchandises transfrontalières) par les forces armées du régime iranien et qu’il avait donc été appelé et menacé plusieurs fois dans un centre des services secrets au cours du mois passé.
 
Les militants kurdes et les familles des deux défunts croient fermement que les forces des renseignement iraniennes ont assassiné Rahim Zabihi et son frère. Les militants civils kurdes sont à plusieurs reprises victimes du régime iranien sans scrupules. Plus récemment, l’assassinat de quatre militants civils et écologistes le 24 août 2018 à Meriwan a provoqué un grand tollé au Kurdistan. Parmi les morts se trouvait un activiste très connu et très populaire, Sharif Badjwer.
 
Rahim Zabihi, né à Bane, était un réalisateur kurde à succès qui a réalisé plusieurs films, dont « Hawar », « Satellite », « La fin de la guerre », « L’homme d’une promenade », « La danse des couleurs », le pays des légendes (Welate efsane) » et bien d’autres films documentaires, artistiques et socio-critiques.
 
Via Hengaw

PARIS : Manifestation « justice pour Sakine, Fidan & Leyla »

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PARIS – Les Kurdes de toute l’Europe et leurs ami-e-s vont manifester à Paris le samedi 12 janvier 2019 afin d’exiger la vérité et justice pour le triple meurtre des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, exécutées à Paris le 9 janvier 2013.
 
Près de six années années se sont écoulées depuis les meurtres de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez dans leur bureau du centre d’information kurde à Paris. Les trois militantes kurdes ont été exécutées de trois balles dans la tête chacune, le 9 janvier 2013. Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès.
 
La famille et les amis des trois femmes se sont donc vu refuser toute chance de justice et vérité. L’affaire restera une plaie ouverte dans le système judiciaire français jusqu’à ce que ceux qui ont ordonné ces meurtres épouvantables soient identifiés et condamnés. Le rôle joué par les services de secrets turcs était clairement indiqué dans l’acte d’accusation et dans le dossier de la juge d’instruction. Par conséquent, le dossier ne peut pas être considéré comme clos simplement par le décès de la personne qui a appuyé sur la gâchette. L’affaire est tellement plus profonde que cela.
 
Sakine Cansiz avait obtenu l’asile politique en France à la suite de sa persécution par l’État turc. Elle méritait un refuge et la sécurité de ses opposants politiques en Turquie, mais sa vie et celle de ses collègues ont été tuées dans un crime brutal qui n’a toujours pas été résolu.
 
Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.
 

Les meurtres ont eu lieu au moment quand le dirigeant kurde Abdullah Ocalan, en captivité en Turquie, a appelé à ce que les armes se tuent et à ce que les pourparlers de paix soient engagés entre l’Etat turc et le PKK. Il y avait beaucoup d’espoir à ce que le nouveau processus de paix porte ses fruits. Mais le dirigeant turc Erdogan y a mis fin subitement quand son parti a perdu la majorité aux élections parlementaires de 2017.

RDV à 10:30 devant la Gare du Nord, à Paris

 

10.000 prisonniers en grève de la faim pour la libération d’Ocalan en Turquie

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Dans l’article suivant, le Parti de Gauche français fait écho à la grève de la faim des prisonniers politiques en Turquie pour rompre l’isolement carcéral imposé au dirigeant kurde Abdullah Ocalan :
« Le dirigeant kurde Abdullah Ocalan est en prison depuis 1999. Depuis deux ans, il est à l’isolement total sur l’île-prison d’Imrali en violation des conventions des Nations-Unies.
 
Que fait le le Comité pour la Prévention de la Torture (CPT), organe du Conseil de l’Europe (dont la Turquie est membre fondateur) et qui a pour mission de protéger les personnes privées de liberté, contre la torture et les mauvais traitements?
 
Öcalan est le leader du mouvement de libération kurde. Il doit être considéré comme le Nelson Mandela des kurdes. Ainsi, entre 2008 à 2015 et depuis sa prison, il a initié les différents processus de paix entre la Turquie et le PKK et a mené directement les négociations avec le gouvernement turc.
 
En 2015, le gouvernement turc a mis fin unilatéralement au processus pour lancer une guerre totale contre la population kurde. Depuis deux ans, on n’a plus aucune nouvelle d’Öcalan.
 
La famille d’Ocalan, ses avocats, les organisations kurdes au Kurdistan, en Turquie et en Europe, ont appelé à une grève de la faim illimitée.
 
Des députés kurdes sont en grève de la faim dont Leyla Güven depuis 30 jours !
 
Aujourd’hui, plus de 10 000 prisonniers politiques dans les prisons turques ont déjà répondu à cet appel.
 
Le Parti de Gauche apporte tout son soutien à la lutte pour la libération d’Abdullah Öcalan, et pour retirer le PKK de la liste des organisations terroristes alors que les combattant-e-s kurdes ont libéré Kobané, Mossul et Raqaa.
 
Cette libération permettrait d’enclencher une véritable solution politique, indispensable pour la démocratie, pour les peuples de Turquie, pour les kurdes et pour l’ensemble du Moyen-Orient. »
 
Parti de Gauche