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Résolution finale de la 15e conférence sur l’UE, la Turquie et les Kurdes

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BRUXELLES – La Conférence internationale annuelle sur l’UE, la Turquie et les Kurdes a été organisée par la Commission civique pour la Turquie (CCET) en coopération avec la Gauche unie européenne – Gauche verte nordique (GUE / NGL), les Verts / Alliance libre européenne (Verts / ALE). ) et les groupes du Parlement européen de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S & D). Cette conférence s’est tenue avec succès les 5 et 6 décembre 2018 au Parlement européen à Bruxelles.
 
Voici la résolution finale de la 15e conférence annuelle de de la CCET :
 
RECOMMANDATIONS & EXIGENCES DE LA CCET
 
« La CCET souscrit à la vision du peuple kurde de devenir un acteur de la politique de renforcement de la stabilité au Moyen-Orient. Soutenir les aspirations des Kurdes à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient contribuera à la paix mondiale car les divers conflits interdépendants dans la région ont des caractéristiques et des ramifications mondiales. À cette fin, la CCET est fermement convaincue qu’il est urgent de modifier les perspectives politiques des acteurs européens et mondiaux en ce qui concerne les Kurdes, et que ces pouvoirs doivent reconnaître le peuple kurde en tant que partie prenante majeure au Moyen-Orient et en tant que partie prenante. un acteur non étatique important luttant pour la paix et la stabilité dans la région, plutôt que de simplement continuer à se concentrer sur une politique basée sur les États.
 
LES KURDES & LE MOYEN-ORIENT: DU FACTEUR D’INSTABILITÉ À L’ACTEUR DE STABILITÉ
 
La CCET appelle les institutions européennes, les États membres de l’UE, les Nations unies, Sa Sainteté le pape François et les États-Unis à exhorter le gouvernement turc à libérer immédiatement Abdullah Öcalan.
 
La CCET appelle le Conseil européen à prendre des mesures diplomatiques, politiques et juridiques pour contraindre la Turquie à respecter le droit international concernant l’isolement en cours d’Abdullah Öcalan. En outre, le Comité européen pour la prévention de la torture demande à nouveau au Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) d’envoyer immédiatement une délégation à Imrali pour une visite à Abdullah Öcalan.
 
La CCET appelle le gouvernement turc à mettre fin à l’isolement d’Abdullah Öcalan et à ce que M. Öcalan soit traité comme un otage politique, et demande la reprise des pourparlers de paix entre les représentants de l’État turc et ceux du peuple kurde.
 
La CCET adresse ses salutations de solidarité au député HDP emprisonné Leyla Güven et à tous ceux qui sont actuellement en grève de la faim en Turquie pour protester contre l’isolement persistant d’Abdullah Ocalan.
 
La CCET reconnaît le récent arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) demandant la libération immédiate de Selahattin Demirtas et l’appel ultérieur du Conseil de l’Europe en faveur de la libération de M. Demirtas en tant que contribution importante à la promotion de la justice et de la démocratie en Turquie et estime que des mesures similaires doivent être prises concernant Figen Yüksekdag et d’autres prisonniers politiques injustement détenus et persécutés en Turquie et demande la levée de toutes les restrictions imposées aux partis politiques et aux hommes politiques individuels dans le pays.
 
La CCET se félicite de l’arrêt de la Cour de justice générale européenne qui a déterminé que les décisions de maintenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur la liste des organisations terroristes de l’UE devaient être annulées. La CCET appelle l’Union européenne à retirer le PKK de sa liste.
 
La CCET appelle l’UE, les Nations Unies, le Conseil de l’Europe, les Etats-Unis, la Fédération de Russie, la Coalition mondiale contre le groupe État islamique à traiter l’occupation d’Afrin par la Turquie comme une violation manifeste du territoire syrien, contraire au droit international, à condamner la campagne de changement démographique menée par la Turquie sur Afrin et sur tout autre territoire occupé en Syrie, et à demander le retrait immédiat de la Turquie de ces régions.
 
La CCET demande aux Etats membres de l’UE et aux Nations unies de reconnaître l’Administration autonome syrienne du nord et de l’est comme un premier pas vers une solution politique aux conflits en Syrie.
 
La CCET demande au gouvernement turc de garantir des élections locales libres et équitables le 31 mars 2019 et exhorte le Conseil de l’Europe, l’UE et les Nations Unies à envoyer des délégations d’observateurs en Turquie avant ces élections et à veiller à ce que la Turquie respecte ses obligations juridiques internationales.
 
La CCET se félicite de l’engagement actif et autonome des femmes kurdes dans la construction de la paix et de la démocratie dans les domaines de la société, de la politique, de la gouvernance et de l’économie en tant que modèle de démocratisation du Moyen-Orient.
 
La CCET appelle l’Union européenne, l’ONU et le Conseil de l’Europe à pousser la Turquie à mettre fin aux frappes aériennes et à l’occupation dans la région du Kurdistan en Irak, ce qui constitue une violation flagrante du droit international.
 
Le Comité consultatif des affaires européennes regrette et condamne la décision soudaine et arbitraire prise par la présidence du Parlement européen d’empêcher M. Zubeyir Aydar de prendre la parole lors de notre conférence au Parlement européen. Cette action regrettable nie la liberté d’expression, la recherche de la paix et la démocratie. »
 
Via ANF

« L’état de santé de Leyla Guven est dans une phase critique »

TURQUIE – AMED – Les avocats ont publié une déclaration pour Leyla Guven au 30ème jour de sa grève de la faim et ont déclaré : « Les problèmes de santé ont commencé à surgir, elle a perdu beaucoup de poids la semaine dernière et c’est la phase la plus critique de la grève de la faim. »
 
La grève de la faim de la députée Leyla Guven, coprésidente du Congrès de la société démocratique (DTK) et membre du Parti démocratique des peuples (HDP), qui proteste contre l’isolement imposé au dirigeant kurde, Abdullah Öcalan, a atteint le 30e jour. Ses avocats ont fait une déclaration sur l’état actuel de Leyla Guven.
 
L’avocate de Leyla Guven, Cemile Turhalli Balsak, a déclaré : « Aujourd’hui, la grève de la faim est au 30e jour. Le 30ème jour est un seuil critique, et la situation de Leyla Guven a atteint des niveaux critiques. Elle a des vertiges et elle a perdu beaucoup de poids. Elle présente des symptômes comme la perte de mémoire et la difficulté à parler. Elle avait été hospitalisée après des problèmes de santé qu’elle avait eus lors d’une autre grève de la faim en prison en 2012, et les tests effectués ont révélé une tumeur au cerveau. Elle doit prendre des médicaments en permanence, mais elle ne le peut pas car elle fait une grève de la faim.
 
Nous avons eu des réunions avec l’administration pénitentiaire. L’administration a déclaré que le B1 devait venir de l’étranger et qu’elle ne pouvait pas le faire car ce n’est pas légalement approprié. C’est une vitamine qui pourrait être vitale. Nous croyons que l’administration a tort du point de vue du droit à la santé. Une loi a été adoptée récemment pour que de tels médicaments puissent être introduits, mais nous n’avons pas encore été en mesure d’obtenir une réponse. Comme la santé de Leyla Guven a atteint un état critique, et compte tenu des conditions de détention, nous pensons que son emprisonnement est illégal. Les gens qui font des grèves de la faim et de la mort ne choisissent pas la mort. Ils s’engagent dans cette voie pour relayer leurs idées à leurs interlocuteurs d’une manière ou d’une autre. C’est pourquoi nous insistons une fois de plus sur le fait que la vitamine B1 doit être fournie immédiatement. C’est une violation directe du droit à la santé.
 
Nous voulons que ses demandes soient prises en considération et qu’une réconciliation soit réalisée. Des mesures doivent être prises avant que les choses n’atteignent un stade traumatisant. Nous attendons des institutions démocratiques internationales et des partis qu’ils prennent conscience à travers vous. »
 
L’avocat Serdar Celebi a répondu aux questions des journalistes et a déclaré que Mme Guven avait reçu une sanction disciplinaire pour avoir chanté en kurde, et a ajouté qu’elle avait fait une déposition au bureau du procureur aujourd’hui sur une objection. Celebi a ajouté : « En tant qu’avocats, nous sommes d’accord pour dire que les exigences de Leyla Guven sont appropriées. Nous voulons que ses revendications soient à l’ordre du jour de l’ordre du jour public, tout comme son état de santé. Oui, nous exigeons de la vitamine B1, mais en mettant trop l’accent sur cette question, nous éclipserons l’objectif de notre cliente. L’isolement doit être levé et les exigences de Leyla Guven doivent être acceptées. Notre insistance prioritaire est ceci, et l’obtention de la vitamine B1. »
 
Via ANF

PARIS : La communauté kurde en grève de la faim pour briser l’isolement carcéral imposé à Ocalan

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PARIS – La communauté kurde a lancé une grève de la faim à Paris pour briser l’isolement carcéral imposé au leader kurde Abdullah Ocalan et à tous les prisonniers politiques en Turquie.
 
Les grévistes ont entamé leur grève de la faim dans le centre culturel kurde Ahmet Kaya, en solidarité avec la députée HDP, Leyla Guven qui est en grève de la faim depuis 30 jours dans une prison turque.
 
Le pouvoir turc refuse de négocier avec les représentants kurdes afin de résoudre la question kurde. Au lieu de cela, il s’est lancé dans une répression sans précédente dans les régions kurdes. Plusieurs localités kurdes ont été rasées au cours des années 2015/2016. Des centaines de milliers de personnes ont été chassées de leurs foyers, des milliers de membres et élus des partis politiques HDP et le DBP (le parti kurde) ont été emprisonnés.
 
L’Etat turc ne s’est pas contenté de réprimer le peuple kurde à l’intérieur des frontières de la Turquie. Il a attaqué également les Kurdes syriens, envahi le canton kurde d’Afrin en mars 2018 dans un massacre sanglant, installé des bases militaires au Kurdistan d’Irak… Il s’entête à employer de la violence armée contre le peuple kurde qui demande simplement ses droits fondamentaux qui sont : parler sa langue, vivre sa culture, s’auto-gouverner.

TURQUIE : La chanteuse kurde du Rojhilat, Yelda Abbasi arrêtée

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TURQUIE – ISTANBUL – La chanteuse kurde du Rojhilat, Yelda Abbasi venue à Istanbul pour chanter lors des célébrations du 27e anniversaire du Centre culturel de kurde de Mésopotamie (MKM), a été arrêtée le 6 décembre à l’aéroport d’Istanbul.
 
Abbasi est accusée par les autorités turques de faire de la « propagande d’une organisation terroriste [kurde] » pour sa participation en avril 2018 à un événement organisé à Van à l’occasion de la journée des avocats.
 
Via ANF

Grève de la faim illimitée contre l’isolement total imposé à Ocalan sur l’île-prison d’Imrali

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PARIS – Le Conseil démocratique kurde en France (KDK-F) a publié ce communiqué pour attirer l’attention sur la situation du dirigeant kurde Abdullah Ocalan et les actions mises en place par la diaspora kurde à travers le monde contre l’isolement carcéral imposé à Ocalan :
 
Le leader kurde Abdullah Ocalan a été enlevé et remis à la Turquie en février 1999, dans le cadre d’une opération menée conjointement par les services de renseignement américains, britanniques, israéliens, allemands, russes et grecs. Depuis, il est détenu à l’isolement sur l’île-prison d’Imrali.
 
Les Etats-Unis et l’Union européenne sont responsables, tout autant que la Turquie, de l’emprisonnement d’Abdullah Ocalan et de la torture qu’il subit au quotidien.
 
En tant que leader du mouvement de libération kurde, Ocalan n’est pas un prisonnier ordinaire. C’est lui qui a initié les différents processus de paix entre la Turquie et le PKK. De 2008 à 2015, il a mené directement les négociations avec le gouvernement turc. Parallèlement, des réunions ont eu lieu à Oslo entre des responsables turcs et des représentants du mouvement kurde en Europe, sous la supervision de certains États membres de l’Union européenne. Au cours de ce processus, le conflit a atteint son niveau le bas et le nombre de morts a considérablement baissé.
 
Cependant, en 2015, le gouvernement turc a mis fin unilatéralement au processus, avant de lancer une guerre totale contre la population kurde. Il a simultanément accru les pressions sur Ocalan. Dès avril 2015, toutes les rencontres avec Ocalan ont cessé. Alors que ses avocats étaient déjà interdits de visite depuis 2011, les membres de sa famille n’ont pu le voir qu’à une reprise, en septembre 2016.
 
Depuis, on n’a plus aucune nouvelle du leader kurde. Il est détenu dans un isolement total.
 
Cette situation d’isolement total constitue une violation de la Convention des Nations Unies contre la torture que la Turquie à ratifiée en 1988. Elle est par ailleurs contraire à la Convention européenne des Droits de l’Homme (CEDH) ratifiée par la Turquie en 1954.
 
Le Conseil de l’Europe, dont la Turquie est membre fondateur, est chargé de surveiller le respect de la CEDH. Par ailleurs, le Comité pour la Prévention de la Torture (CPT) qui est un organe du Conseil de l’Europe a pour mission de protéger les personnes privées de liberté contre la torture et les mauvais traitements. A ce titre, le CPT examine les conditions de détention par le moyen de visites dans les prisons et autres lieux de détention.
 
Cependant, malgré les nombreuses demandes de la famille et des avocats d’Ocalan, ni l’Union européenne (UE), ni le Conseil de l’Europe, ni le CPT n’ont pris de mesures sérieuses pour contraindre la Turquie à mettre fin à l’isolement. De plus, la CEDH a rejeté les requêtes des avocats d’Ocalan.
 
Pour rompre le silence de l’UE, du Conseil de l’Europe et du CPT, la famille d’Ocalan, ses avocats, ainsi que les organisations kurdes au Kurdistan, en Turquie et en Europe, ont appelé à une grève de la faim illimitée.
 
Des députés kurdes et plus de 10 000 prisonniers politiques dans les prisons turques ont déjà répondu à cet appel.
 
La diaspora kurde en Europe refuse de se taire face à l’isolement et à la torture imposés au leader du mouvement de libération kurde. Le 6 décembre 2018, dans toute l’Europe, commencent des grèves de la faim pour briser l’isolement.
 
Nous appelons tout-e-s les tenant-e-s de la démocratie à nous soutenir dans cette lutte contre le fascisme !
 
– BRISONS L’ISOLEMENT IMPOSE A OCALAN !
– RENVERSONS LE FASCISME !
– LIBÉRONS LE KURDISTAN ! »

« Le mouvement kurde est l’alternative la plus appropriée pour la nouvelle Syrie »

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BRUXELLES – Lors de la conférence du Parlement européen sur les Kurdes, Zubeyir Aydar, membre du conseil exécutif de KNK, a déclaré que le mouvement de libération kurde était toujours prêt à s’asseoir à la table des négociations.
 
S’exprimant lors de la conférence « L’UE, la Turquie et les Kurdes », Zubeyir Aydar, membre du Conseil exécutif du Congrès national du Kurdistan (KNK), a rappelé que le thème principal de la 15e conférence était l’émergence des Kurdes au Moyen-Orient dont les situations ont changé en tant que facteur de stabilisation pour surmonter les problèmes du Moyen-Orient.
 
Dans son discours, Aydar s’est davantage concentré sur les réponses aux questions suivantes : « comment la partie kurde voit-elle la situation actuelle, quelle position adopte-t-elle, que suggèrent-elle ? »
 
Aydar a rappelé que : « La solution du Moyen-Orient aux vainqueurs de la Première Guerre mondiale (Angleterre et France) est un modèle d’État-nation, dans lequel les réalités de la région ne sont pas prises en compte. Les frontières sont tracées en faveur des vainqueurs, et avec la politique de division et de gouvernement, leurs gouvernements affiliés étaient au pouvoir.Ce modèle a commencé à créer des problèmes dès le début. Il continue encore à créer des problèmes.En plus de nombreux problèmes, ce modèle a laissé les problèmes israélo-palestiniens et kurdes non résolus. Depuis cent ans, aucune solution convenable à ces deux problèmes n’a été trouvée. Ces deux problèmes concernent l’ensemble de la région et ont également de graves répercussions sur la scène internationale.
Le statu quo établi par les États occidentaux après la Première Guerre mondiale a toujours été problématique du début à la fin. Le statut établi ne répondait pas aux revendications de la population de la région et créait au contraire des problèmes dans le monde entier. En Iran, il a également créé un régime islamique unitaire et totalitaire qui confronte le système mondial et approfondit les problèmes autour de lui. En Irak, il a préparé le terrain pour le régime Baath et un dictateur comme Saddam. En Syrie, il a créé les régimes Assad et Baath, En Turquie, cité en exemple ou pays modèle pendant de nombreuses années, le régime unitaire et répressif d’Erdogan a été créé, qui sont les principaux pays de la région.Les problèmes de capacités de production des autres pays de la région ne sont pas inférieurs à ceux mentionnés.
Ce modèle a non seulement créé des régimes problématiques dans la région, mais également de nombreuses organisations problématiques. Al-Qaïda, les Talibans, Al-Nosra, Etat islamique et bien d’autres organisations salafistes sont les produits de ce processus. Si Al-Qaïda était capable de former un important réseau terroriste international, si l’Etat islamique pouvait s’emparer de la majeure partie des territoires irakien et syrien en peu de temps, si de telles organisations salafistes pouvaient toujours se lancer dans le javelot dans les pays de la région. pour mener des attaques dans des centres importants du monde, le système mis en place dans la région après la Première Guerre mondiale a pour résultat de ne pas résoudre les problèmes.
Mais les puissances occidentales ont toujours poursuivi leurs interventions dans la région. C’était d’abord l’Angleterre, et après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont pris le premier rôle. Les interventions américaines dans les années 1990 et au-delà ont été très complètes. En Iraq et en Afghanistan, les gouvernements ont été changés par des interventions militaires. Ils ont annoncé un projet intitulé« Le Grand Projet du Moyen-Orient: sur la base de ce projet, la région tout entière allait évoluer et des avancées démocratiques seraient réalisées, les États-Unis intervenant toujours dans tous les domaines de la région, mais ces interventions sont loin de créer des solutions.
Les Kurdes souffrent le plus du statu quo établi après la Première Guerre mondiale. Le Kurdistan est divisé en quatre contre la volonté du peuple kurde.
En ce qui concerne les puissances étrangères intervenant dans la région, la peur des Kurdes vis-à-vis des pays de la région était un facteur très utile. En fait, ils ont très bien utilisé cette carte. En fait, ce sont principalement eux Pour faire peur à ces pays, leur faire accepter leur politique les forçant à faire des concessions. À la suite de cette politique, les Kurdes ont dû être soutenus de temps à autre.
Cette politique n’est-elle toujours pas appliquée ? La réponse est oui. Mais les Kurdes ne sont plus les anciens Kurdes. En outre, les problèmes dans la région se sont aggravés à un point tel qu’ils forcent le monde entier.
La Turquie est une puissance importante dans la région et fait partie de l’OTAN. Elle est autoritaire et répressive dans sa politique intérieure. politique étrangère et politique expansionniste dans la ligne des Frères musulmans, qui fonde sa politique sur l’islam sunnite, dont les conséquences sont évidentes dans la région, en particulier en Syrie, en Égypte, en Libye et en Tunisie. L’Iran ne tolère pas la moindre opposition dans sa politique intérieure, mais il poursuit une politique étrangère hégémonique basée sur la secte chiite.En regardant la pratique en Syrie, au Liban, en Palestine, en Irak et au Yémen, devient clair ce que ces politiques causent.Le bloc sunnite dirigé par l’Arabie saoudite n’a d’autre approche que de maintenir le statu quo actuel.
La pratique du mouvement kurde au Rojava et dans le nord de la Syrie est visible et instructive. Il s’agit de la meilleure pratique tangible qui puisse être adoptée et illustrée lors de l’établissement de la nouvelle Syrie.
Contre les attaques brutales de l’Etat islamique et de forces similaires, le mouvement kurde n’est pas seulement une alternative militaire, mais « est l’alternative la plus appropriée avec ses approches idéologique, politique, sociale et administrative. La construction de la nouvelle Syrie et le processus politique, c’est l’aspect le plus important à voir. En particulier, les puissances américaine et européenne devraient se distinguer en reconnaissant cet aspect.
La décision de la Cour de justice des Communautés européennes du 15 novembre 2018 montrait à quel point la liste de terroristes créée était injuste et illégale.
Par ailleurs, le 6 novembre 2018, l’administration américaine a décerné un prix pour l’arrestation ou le meurtre de trois personnalités du Mouvement de libération kurde, Cemil Bayık, Murat Karayılan et Duran Kalkan. Nous considérons cette décision comme illégale, immorale, hypocrite et hostile. Ces amis-là n’ont nui à l’État américain ni à aucun autre Américain.
En fin de compte, la liste du terrorisme et de telles pratiques déloyales sont des décisions qui sont prises pour équilibrer et plaire à la Turquie. Avec de telles décisions, vous ne pouvez pas équilibrer les Kurdes et les Turcs. Vous ne pouvez pas suffisamment satisfaire la Turquie et pousser les Kurdes. Les demandes turques sont infinies. Erdogan demandera davantage pour éliminer tous les gains et toutes les réalisations du peuple kurde. Cela signifie la guerre et l’instabilité dans la région. Les puissances occidentales, en particulier les États-Unis et l’Union européenne, devraient abandonner la politique consistant à « Courir avec le lièvre et chasser avec les chiens de chasse » s’ils veulent faire le bon travail.
Le travail le plus précis et le plus bénéfique que ces forces doivent faire est de rassembler les Kurdes et les Turcs autour de la table de la paix et des négociations. Une telle situation satisfera la majorité et profitera à tous. Un statut juste, juste et approprié pour les Kurdes du Moyen-Orient apportera une contribution précieuse à la paix et à la stabilité de la région, dans la mesure où il en va de l’intérêt de tous. Je tiens à dire qu’en tant que mouvement pour la liberté du Kurdistan, nous sommes prêts à collaborer avec vous et écouter vos opinions et suggestions. »
 
Via ANF

Le conseil du village des femmes « Jinwar » est formé

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ROJAVA – HASEKÊ – Le village des femmes « Jinwar », qui a ouvert ses portes le 25 novembre, à l’occasion de la Journée mondial contre les violences faites aux femmes, avec une cérémonie publique, a formé son conseil de village.

Les institutions pour femmes de la région de Cizire ont commencé en 2016 à construire un village uniquement pour les femmes nommé Jinwar dans le district de Dirbêsiyê, dans le canton de Hesekê. Le village de Jinwar est le premier village du Moyen-Orient construit pour les femmes. Le village comprend 30 maisons, une école pour enfants, l’Académie Jinwar, un centre médical, une boulangerie et un magasin.

Le dirigeant kurde, Abdullah Öcalan a proposé la création d’un village de femmes. Après la révolution féministe du Rojava, cette idée a été mise en pratique. Les organisations de femmes et les ingénieures ont eu plusieurs réunions et ont finalement décidé de commencer les travaux pour le village en 2016.

Le village a été ouvert le 25 novembre, Journée internationale contre les violence faites aux femmes, et 8 familles se sont déjà installées et ont commencé à vivre en communauté dans le village préparé pour les victimes du patriarcat, les familles de martyrs et les femmes qui souhaitent vivre dans le village.

Une fois que les femmes se sont installées dans le village de Jinwar, elles ont commencé à organiser leurs efforts et ont formé leur conseil de village.

La porte-parole du village de Jinwar, Fatma Derwish, a souligné que le travail dans le village se ferait en commun: «Après l’ouverture du village, les femmes du village se sont réparties les tâches de la cuisine, de l’agriculture, de la sécurité et autres. Il y aura des réunions hebdomadaires et le conseil se réunira une fois par mois pour changer de lieu de travail. Pendant ce temps, des séances d’éducation seront organisées afin que les femmes puissent se connaître et évaluer leur situation.»

Derwish a déclaré que les portes du village sont également ouvertes pour les villages environnants. «Les autres villageois peuvent amener leurs enfants à l’école du village, acheter du pain à la boulangerie ou participer aux séances d’éducation.»

Via ANF

La Turquie emprisonne l’ancien député du HDP, Sırrı Süreyya Önder

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TURQUIE – ANKARA – Sırrı Süreyya Önder, membre de la délégation d’Imralı, a été incarcérée pour purger sa peine d’emprisonnement.
 
Le 26e tribunal pénal d’Istanbul avait condamné Selahattin Demirtas, ancien coprésident du HDP (parti démocratique des peuples), à une peine de quatre ans et huit mois et son ancien député, Sırrı Sureyya Önder, à trois ans et six mois de prison. Les deux hommes politiques, accusés de « propagande pour une organisation terroriste armée », avaient déposé un recours contre ces condamnations.
 
Ce mardi 4 décembre, la deuxième Cour pénale d’Istanbul a rejeté leur recourt et approuvé les peines de prison prononcées contre Demirtas et Önder.
 
Önder, ancien député du HDP à Ankara, a été arrêté et envoyé à la prison de Kandıra aujourd’hui, conformément à la condamnation définitive de 3 ans et 6 mois d’emprisonnement.
 

L’ancien député du HDP et porte-parole du Comité Imrali, Sirri Sureyya Onder, s’est rendu aujourd’hui à la prison de Kandira pour purger sa peine définitive de trois ans et six mois, pour son discours prononcé lors des célébrations de Newroz 2013.

Onder a publié un communiqué avant de se rendre en prison :

« Nous traversons une période qui n’est pas surprenante pour ceux qui travaillent pour la paix et la démocratie. Ce puits de guerre et de grossièreté ne va pas aussi profond qu’il y paraît. Ce qui se passe semble déconcertant, mais de beaux jours vont bientôt arriver dans tout le pays. (…) Chaque mot que nous avons dit, tous les efforts que nous avons déployés sont un honneur pour nous. S’il y a un prix à payer, ce sera également notre honneur. Je salue tous les amis avec mes voeux de réussite et de solidarité.”

Via ANF

Pas de paix pour les journalistes en Turquie

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TURQUIE – AMED – L’initiative des journalistes libres (ÖGİ) a publié son rapport de novembre sur les violations des droits des journalistes. Selon l’ÖGI, il y a 173 journalistes dans les prisons turques.
 
Le rapport a confirmé que la censure et la répression se poursuivaient à un rythme rapide et que les journalistes se heurtaient à des obstacles et à des arrestations.
 
« L’augmentation du nombre des procès terminés et le nombre de plaintes déposées contre les journalistes en novembre montre en réalité l’état de la liberté de la presse dans ce pays », indique le rapport.
 
Selon le rapport, 173 journalistes au total sont emprisonnés en Turquie.
 
Au mois de novembre, neuf journalistes ont été arrêtés, deux ont été placés en détention provisoire, dix ont été jugés, deux ont été poursuivis en justice, neuf ont été condamnés à des peines pécuniaires et à des peines de prison, et un bureau du magazine a été perquisitionné.
 
Via ANF
Image TGS

Europe: Grèves de la faim contre l’isolement d’Abdullah Ocalan

Les grèves de la faim contre l’isolement du dirigeant kurde Abdullah Ocalan se poursuivent en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne.
 
Le leader kurde, l’architecte du Projet du Confédéralisme démocratique, Abdullah Öcalan a été livré à la Turquie le 14 février 1999 suite à un complot international mené contre le mouvement kurde de libération le 9 Octobre 1998. Öcalan est en isolement depuis 19 ans, en violation du droit international relatif aux prisonniers politiques. Öcalan est en isolement carcéral total depuis plus de 3 ans sur l’ile prison d’Imrali.
 
Jusqu’à présent, les avocats d’Öcalan se sont vus refuser la visite de leur client 792 fois. La dernière rencontre avec son frère Mehmet Ocalan a eu lieu le 11 septembre 2016.
 
A Imrali, l’Etat turc met en place à Imrali un régime particulier qui ne peut être trouvé nulle part ailleurs dans le monde.
 
Ce système est en place depuis 19 ans sur le Kurdistan et le peuple turc. Ce système vise tout d’abord à rompre les liens avec la société. Des caméras surveillent Öcalan 24 heures sur 24. Il est interdit de lire la presse, écouter la radio, de passer des appels téléphoniques ou de recevoir de la visite de ses avocats ou sa famille.
 
Suite à la tentative de coup d’État du 15 juillet 2015, le dirigeant kurde Öcalan a été soumis à des conditions d’isolement carcéral encore plus difficiles. Aucune information concernant sont état de santé fragile ni, même s’il est encore en vie, n’est connue de qui que ce soit. Seul, l’Etat turc sait dans quel état est Ocalan et s’il est encore de ce monde.
 
L’Etat turc impose le silence absolu aux Kurdes et à leurs représentants ainsi que sur le dirigeant kurde emprisonné à Imrali. Sous l’ombre de l’état d’urgence, les coprésidents du HDP ainsi que des milliers de députés, des élu-e-s municipaux et des politiciens kurdes ont été incarcérés, souvent, sans procès ou avec des parodies de « procès ». Le système imposé au dirigeant kurde s’est étendu à l’ensemble de la Turquie.
 
Öcalan n’est pas une personne ordinaire, il est le chef du mouvement kurde de libération et des millions de personnes suivent ses idées politiques. Le gouvernement turc a peur des pensées d’Öcalan car ses idées sont une clé aux conflits du Moyen-Orient.
 
C’est dans ce contexte que des grèves de la faim contre l’isolement imposé Abdullah Öcalan, se propagent. Après la coprésidente de la DTK et députée de HDP, Leyla Guven, les manifestations se sont propagées à travers l’Europe.
 
ROME
 
Dans la capitale italienne, Rome, 25 grévistes de la faim ont publié un communiqué de presse sur la Piazza Dell Popolo.
 
Les militants ont distribué des tracts pendant trois heures et ont scandé «Be Serok jiyan nabe» (Pas de vie sans le leader) et «Bijî Serok Apo» (longue vie au leader Apo [Öcalan]).
 
LA HAYE
 
Les grèves de la faim ont lieu le cinquième jour à La Haye, aux Pays-Bas. Un deuxième groupe a repris la démonstration.
 
HILDESHEIM
 
La grève de la faim à Hildesheim, en Allemagne, est entrée dans la troisième journée.
 
Les militants poursuivent la grève de la faim dans les bureaux de Die Linke (parti de gauche), avec pour devise «La demande de Leyla Guven est notre demande et celle de millions de Kurdes, ajoutez votre voix à ce cri».
 
Les activistes appellent à sensibiliser l’opinion publique mondiale.
Via ANF
 

De Nouri aux YPJ : une vision évolutive de la féminité kurde

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Les femmes kurdes, comme la plupart des femmes du Moyen-Orient, naviguent sur un terrain patriarcal complexe d’oppression, d’effacement et de marginalisation. Les revendications croissantes des femmes kurdes en matière de liberté, d’autonomie physique et de libération sexuelle, en particulier dans la diaspora, sont progressivement en conflit avec les notions de féminité acceptable et idéalisée.
 
La situation la plus récente est celle de la chanteuse pop kurde et néo-zélandaise Nouri, qui a fait son apparition dans les vidéos musique pop avec sa chanson «Where Do We Go From Here?». sur son compte Instagram, elle présente une pléthore de commentaires désobligeants allant de « salope » à la « pseudo-kurde », en passant par la « star du porno », tout simplement en raison des vêtements qu’elle a choisis et du contenu de sa vidéo, qui a également été considéré « risqué ».
 
Le cas de Nouri témoigne d’une tension culturelle cruciale, qui n’est pas rare pour les femmes kurdes qui adoptent des modes de vie plus «occidentaux» et «libéraux». Cette tension ne réside pas seulement entre une représentation ouverte sexuée de la féminité et de la masculinité toxique, impliquant une résistance régionale contre le «féminisme libéral occidental» colonialiste, mais aussi un patriarcat et une misogynie intériorisés chez les femmes.
 
Les femmes kurdes ont toujours été soumises aux valeurs patriarcales. Des vêtements à la langue, en passant par l’éducation, le mariage, l’éducation des enfants, etc., presque tous les aspects de la vie d’une femme kurde sont régis par les normes patriarcales.
 
Des pratiques culturelles telles que les crimes d’honneur et les mutilations génitales féminines sont pratiquées dans les quatre régions, en particulier dans le sud du Kurdistan (nord de l’Irak) en raison de décennies de guerre. On sait que les sociétés déchirées par des conflits connaissent des taux plus élevés de violence sexiste. Ces pratiques oppressives ont continué à se développer en raison de décennies de guerre, du terrorisme imposé par l’État, des déplacements massifs, de l’urbanisation et de la perte de la culture traditionnelle.
 
Les gouvernements irakien, iranien, syrien et turc ont toujours imposé le sous-développement économique comme une forme de contrôle des droits des Kurdes et des aspirations séparatistes. Une partie de cette politique délibérée inclut le manque d’accès aux soins de santé, à l’éducation et à d’autres droits fondamentaux. En outre, comme moyen de dissuasion contre la politisation, le type de terrorisme imposé par l’État à la société kurde impliquait souvent la violence sexuée et sexiste. Les «chambres de viol» de Saddam en témoignent. Ces politiques ont eu un impact désastreux sur la poursuite ou l’exacerbation de ces pratiques traditionnelles.
 
Malgré cela, les femmes ont toujours résisté à l’intérieur de la communauté et à l’extérieur contre l’État. Bien que les femmes kurdes aient toujours occupé des positions exaltées au sein de leurs tribus et de leurs communautés, la modernisation croissante et tout ce que cela implique – exposition accrue à la modernité capitaliste, marchandisation, perte de terres et de cultures traditionnelles, imposition de frontières artificielles et terrorisme imposé par l’État – a vu la société devient de plus en plus traditionnelle et conservatrice comme moyen de préservation de soi.
 
Avec la montée des mouvements de libération kurdes, les femmes sont devenues de plus en plus impliquées dans la résistance, la critique et la création de nouvelles pratiques visant à éliminer l’oppression fondée sur le sexe au sein de la société kurde. Cela est clair chez les femmes kurdes qui font partie des forces de Peshmarga (bien que souvent à un niveau symbolique), ainsi que chez celles qui ont acquis une renommée internationale, telles que les forces de guérilla du PKK et, plus récemment, le courage des YPJ au Rojava.
 
«Les YPJ… une merveille féministe moderne»
 
Les discussions sur les droits des femmes au Kurdistan ne sont pas un nouveau concept. Récemment, toutefois, avec la montée des Unités de protection des femmes (YPJ) dans le Kurdistan occidental, dans le nord de la Syrie, connue sous le nom du Rojava, ces discussions sont devenues de plus en plus à l’avant-plan, contrastant avec l’alternative patriarcale. Les YPJ sont nés à la suite du soulèvement des Kurdes contre le régime d’Assad, lors des manifestations du printemps arabe en Syrie. Leur double engagement à mettre fin à l’oppression et à la violence à l’égard des femmes de forces extérieures telles que l’Etat islamique brutal (DAESH) ou le régime, ainsi que de l’intérieur de leurs propres communautés, les a marquées comme une merveille féministe moderne.
 
Vivant à travers le Rojava depuis près de 4 ans, j’ai eu le privilège d’assister à la complexité et aux nuances de la discussion sur la libération du genre. Dans le modèle du confédéralisme démocratique du Rojava, l’égalité des sexes est inscrite dans le contrat social. L’organisation de la société civile Kongreye Star (Mouvement des femmes), qui s’est efforcée de modifier les normes sociales par le biais de la création généralisée de Mala Jin (Maisons des femmes) dans la région, a pris en charge la libération des femmes. Ces maisons constituent des espaces sûrs où les femmes obtiennent un soutien dans des domaines tels que la violence domestique, les abus sexuels, le divorce, la garde des enfants et les pensions alimentaires, les querelles de famille, le mariage, etc. Certaines des lois introduites dans la région, par exemple, comprenaient l’élimination de la polygamie, les mariages forcés et les mariages d’enfants et l’interdiction des crimes d’honneur,
 
Ces lois ont été mises en œuvre à travers l’existence des YPJ mais aussi des forces féminines de l’Assayish (police), la formation généralisée des femmes à la légitime défense utilisant des armes, l’éducation collective continue de la société aux droits des femmes, la création d’espaces sûrs pour les femmes comme les maisons de femmes, le village des femmes libres de Jinwar et plus encore.
 
D’après ce que j’ai vu, cependant, il est prématuré de penser que l’oppression à l’égard des femmes est complètement éradiquée grâce à ces changements progressifs et aux efforts acharnés des femmes et d’autres éléments pro-démocratiques au sein des mouvements de la société civile à Rojava. En outre, les idées de libération au sein du mouvement kurde suivent en grande partie une vision essentialiste du genre et cis-hétéro normative.
 
Ces critiques sont valables mais relèvent également de la notion d’argument de la relativité culturelle. Ils sont valables parce que les mouvements révolutionnaires doivent adhérer à des notions intersectionnelles de progrès impliquant, par exemple, les droits des LGBTIA+. D’autre part, de tels arguments ne tiennent pas compte du fait que le sous-développement généralisé, le manque d’éducation, le conservatisme religieux et culturel ont enraciné les valeurs patriarcales, laissant peu de place à la visibilité des personnes queer. De plus, les comparaisons avec les réalisations féministes occidentales ne tiennent pas compte de la longue trajectoire de changement organique nécessaire dans les sociétés en développement pour atteindre un niveau similaire.
 
Beaucoup de choses restent taboues et de nombreux obstacles doivent être reconnus et résolus.
 
Cependant, les valeurs progressistes ne peuvent devenir organiques au sein d’une société du jour au lendemain. Malgré le travail en cours du Mouvement des femmes kurdes au cours des quarante dernières années, il reste encore beaucoup à faire, pas seulement les femmes, mais la société dans son ensemble est considérée comme véritablement libre.
 
L’identité culturelle qui prévaut dans la société kurde aujourd’hui est un paradoxe de valeurs de genre patriarcales et de normes plus progressistes toujours en tension les unes avec les autres. Ces éléments libéraux, vestiges d’une histoire matriarcale, sont constamment en conflit à l’intérieur du pays et sont de nouveau contestés en raison de l’oppression permanente des Kurdes par des régimes anti-kurdes.
 
Les droits des hommes garantissent que des femmes comme Nouri et d’autres femmes kurdes ordinaires qui souhaitent déterminer leur mode de vie, leur mode vestimentaire, leur mariage, etc., doivent souvent faire face aux opinions de l’ensemble de la communauté kurde.
 
Bien sûr, les femmes comme Nouri ont le privilège supplémentaire d’avoir vécu en Occident et ont la sécurité, les moyens et la capacité de vivre ouvertement leur sexualité. Des millions de femmes kurdes, non seulement celles qui vivent au Kurdistan mais également dans tout l’Occident, se voient interdire l’accès à ce privilège, à cette sexualité et à cette féminité.
 
La vision alternative et largement acceptée et idéalisée de la féminité dans la société kurde implique la modestie, la soumission et la piété religieuse. La manifestation ouverte de féminité sexuelle montrée par des femmes telles que Nouri agit en tension directe contre ces valeurs conservatrices et les visions idéalisées de la féminité à travers le Kurdistan.
 
De même, beaucoup de femmes deviennent souvent porteuses de la masculinité toxique et la perpétuent facilement et sans réserve envers d’autres femmes considérées comme n’adhérant pas aux normes culturelles. Nous devons reconnaître notre rôle dans l’internalisation des valeurs patriarcales qui nous sont imposées et le rôle important que nous jouons dans la surveillance et le contrôle mutuels en tant que femmes pour rester dans les limites de la féminité acceptée.
 
Un autre élément complexe de cette discussion est la nature capitaliste des relations hétérosexuelles à travers la région à travers la pratique culturelle généralisée des prix de la dot, toujours payés en sommes d’or exorbitantes. Traditionnellement, la dot constituait un mécanisme de sécurité économique pour les femmes dans des sociétés où elles étaient souvent empêchées d’accéder à la scène publique et manquaient d’indépendance financière. Cependant, le prix de la dot en or rend le corps de la femme plus abordable, et la sexualité devient un matériau achetable dans une relation transactionnelle qui place le pouvoir uniquement entre les mains des hommes. Inversement, s’il ne peut pas réunir la dot adéquate, il est incapable de participer au marché du mariage.
 
Plus tôt cette année, lorsque la Turquie et ses alliés djihadistes ont envahi la région nord d’Afrin, les forces des YPJ étaient à l’avant-garde du combat visant à protéger les communautés chrétienne, kurde, yézide et arménienne de la région. Peu de temps après, le corps mutilé d’une combattante des YPJ nommé Barin Kobanê a choqué le monde. Les seins mutilés, le corps brûlé, exposé et déshabillé de manière obscène, ont traumatisé la communauté kurde qui a été témoin du terrible prix que les femmes paient pour leur résistance aux forces fascistes et colonialistes. Cependant, des protestations de masse ont suivi, des hommes et des femmes portant des pancartes et scandant que le corps mutilé de Barin ne représentait pas la honte mais l’honneur de la communauté, qu’aucune force envahissante ou fasciste ne pourrait jamais prendre l’honneur des femmes kurdes. Ces vues progressistes, qui, des décennies plus tôt, auraient empêché des milliers de femmes de participer à l’activisme politique et à l’autodéfense, encouragent maintenant les femmes à adopter l’idéologie de Barin qui consiste à se protéger contre les forces fascistes et patriarcales.
 
À la fin de 2016, j’étais sur le point de quitter Kobanê, après plus d’un an de vie et de travail auprès du conseil de reconstruction de Kobanê. La veille de mon départ, j’ai décidé d’aller à pied au bureau de Kongreye Star pour dire au revoir à mes amies. Presque en face de leur bureau, j’ai vécu une terrible expérience de harcèlement de rue impliquant deux jeunes hommes à l’arrière d’une motocyclette, ce dernier cherchant à me donner une fessée avant de filer à toute vitesse.
 
J’étais submergée par un sentiment de profonde colère et de dégoût. Je me souviens d’avoir pensé «mais c’est Kobanê, la ville des femmes révolutionnaires, la ville des YPJ. Comment cela pourrait-il arriver ? »
 
Mais la réalité est que le patriarcat est évident partout et vit dans toutes les sociétés.
 
Le combattre et le briser est un impératif moral pour tous.
 
À ce jour, malgré ses limites, le Rojava continue de fixer la barre pour ce que nous devrions viser pour des droits collectifs et fondés sur le genre progressistes pour le Kurdistan d’une manière qui soit organique et rythmée.
 
Cependant, cela ne devrait certainement pas être le point final de la libération du genre.
 

La Turquie a commis des crimes contre l’humanité à Afrin & forcé les Yézidis à se convertir à l’islam

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ROJAVA – QAMISHLO – Au cours de la troisième et dernière session du Forum international sur le changement démographique et le nettoyage ethnique à Afrin, les participants ont souligné que la Turquie avait commis des crimes contre l’humanité à Afrin, contraint les Yézidis à se convertir à l’Islam et détruit les sanctuaires des minorités religieuses telles que les Yézidis et les Alévis.
 
Les discussions de la troisième session ont montré que la Turquie représentait désormais l’idéologie capitaliste nationale et l’islam radical et s’attaquait à tous les projets démocratiques de la région.
 
Les discussions ont porté sur la nécessité de confronter les organisations légales pour le changement démographique et le nettoyage ethnique pratiqué contre les habitants d’Afrin, décrivant ce que la Turquie est en train de commettre en tant que crime contre l’humanité. Soulignant que la Turquie n’a respecté ni le droit international ni le droit humanitaire lors de ses guerres, en particulier le droit international humanitaire, qui interdit de tuer ou de prendre pour cible des civils, en particulier des femmes et des enfants, en temps de guerre et de conflit.
 
Les discussions ont montré que l’un des plus grands crimes commis par la Turquie contre les minorités d’Afrin consistait à forcer les Yézidis à se convertir à l’islam et à faire la prière islamique, ainsi que de détruire leurs sanctuaires et les sites des Alévis.
 
Les discussions et interventions au cours de la session légale ont montré que l’occupation turque à Afrin était illégale. Par conséquent, la Turquie devait s’engager en tant qu’État membre de l’institution internationale à respecter les pactes et conventions internationaux et la communauté internationale devait reconnaître que la Turquie est un pays occupant.
 
Via ANHA