PARIS. Exposition sur Hasankeyf et le barrage Ilisu

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PARIS – Une exposition de photos sur la ville antique d’Hasankeyf engloutie sous les eaux du barrage Ilisu peut être visitée jusqu’à ce lundi 18 mai au Floréal Belleville, dans le 20e arrondissement de Paris, au pied du parc de Belleville.
 
Les architectes Lou-poko Savadogo et Anna Ellermets se sont rendues dans le Kurdistan du Nord observer les 22 barrages principaux construits sur les rives des fleuves du Tigre et de l’Euphrate dans le cadre du projet d’Anatolie du Sud-Est (Güneydoğu Anadolu Projesi ou GAP). Elles ont vu les conséquences dramatiques, tant au niveau politique, sociale, écologique et culturel, de ces barrages pour les Kurdes de Turquie. 

 

Parmi ces barrages, il y en a un qui a focalisé tous les regards. C’est le barrage Ilisu qui a englouti la ville antique d’Hasankeyf, vieille de plus de 12 000 ans. Une ville qui avait accueilli de nombreuses civilisations telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc. C’est pourquoi, l’exposition organisée par Savadogo et Ellermets est intéressante à visiter car, en plus des photos, des cartes et un film sur le barrage Ilisu et la disparation d’Hasankeyf projeté, les deux architectes vous expliquent en détails le projet du barrage Ilisu et ses répercutions sur l’environnement et sur les Kurdes. (photos en bas du texte)

Le comédien kurde, Aram Taştekin était également de passage pour voir l’exposition où il devait présenter un sketch de son spectacle  « Happy Dreams, une histoire kurde ». Mais le coronavirus a chamboulé tout.
 
Savadogo et Anna Ellermets écrivent :
 
« Nous avons vu l’eau monter.
 
Nous l’avons observée au cœur du Moyen Orient.
 
Sous ce territoire actuellement morcelé sommeille l’antique Mésopotamie, du grec meso « entre » et potamós « fleuves », littéralement le pays « entre les fleuves ».
 
La Mésopotamie berce nos rêves et nos songes. Ces fleuves nourriciers imprègnent les récits mythiques, lesquels content autant la fertilité des terres qu’ils traversent que la menace que représente la fluctuation de leur débit.
 
Ce que nous avons observé dans le Sud Est de la Turquie, ce sont des rivières sous contrôle. L’accumulation des contraintes sur le Tigre et l’Euphrate suite à la mise en oeuvre par le gouvernement du projet G.A.P. (Great Anatolian Project) et ses 22 barrages fait planer la menace d’un déferlement d’eau. À chaque mise en eau, des centaines de villages sont submergés et avec eux les vestiges de civilisations kurde, arménienne, chaldéenne, grecque et assyrienne.
 
On rapproche cette submersion avec celle contée dans les plus vieux récits de l’humanité, tel le Déluge.
 
L’étude de ce projet d’aménagement témoigne des mécanismes de l’état-Nation turc. Face à un grand récit national qui engloutit, niant les lieux emblématiques des cultures minoritaires, faisons émerger les récits symboliques, servons nous-en comme refuge d’une mémoire culturelle en danger.
 
« Seul le temps mythique est celui du devenir »
 
Nous ressentons le besoin d’ouvrir un espace de transmission.
 
Au Floréal Belleville, sur deux étages, le temps d’un thé, nous vous invitons à partager notre imaginaire, entrer dans l’arche et raviver la mémoire de ces communautés que nous avons rencontrées, et avec elle, la nôtre. »
 
Anna Ellermets et Lou-Poko Savadogo vivent et travaillent à Paris. Diplômées d’école d’architecture, elles questionnent, à travers leur travail, les relations entre mémoire et transmission et architecture.
 
À l’occasion du projet “ A Floating G.A.P.”, elles collaborent avec des artistes, musiciens, dramaturges et journalistes.
 
 
𝓘𝓷𝓯𝓸𝓼 𝓟𝓻𝓪𝓽𝓲𝓺𝓾𝓮𝓼
 
Tous les jours de 10h à 18h
Entrée libre
Œuvres et micro-édition en vente
Bar/Restaurant ouvert en vente à emporter
 
Floréal Belleville
43, rue des Couronnes, 75020 Paris
En métro : ligne 2, station Couronnes
En Bus : ligne 96, arrêt Couronnes ou Julien Lacroix
 
Les brochures parlant des 4 étapes du projet du barrage Ilisu, préparées par Lou-poko Savadogo et Anna Ellermets

Cette dernière photo a été prise par Noémie Zabrano

ROJAVA. L’incendie des champs de blé, l’autre arme de guerre anti-kurde de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – L’armée d’occupation turque et ses mercenaires ont incendié ce matin des champs de blé dans le village de Mushairfa, à l’est d’Ain Issa. Les villages dévorés par les incendies, sont adjacents aux villages sous l’occupation turque.
 
Depuis plusieurs jours, les gangs de terroristes agissant sous les ordres de la Turquie mettent le feu à des champs de céréales, dont ceux de la campagne de Girê Spî (Tall Abyad) et d’Aïn Îsa, dans le nord de la Syrie. On a apporté des incendies des champs également dans d’autres régions syriennes contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) une alliance des forces arabes, kurdes, arméniennes, syriaques de Syrie.
 
Comme en 2019, la Turquie et ses mercenaires islamistes brûlent les cultures de la région pour affamer la population, pour qu’elle fuit la région ou qu’il y ait des troubles liées à la famine dans le but de déstabiliser le Rojava car la Turquie veut détruire les gains des Kurdes syriens.
 
Ces incendies font partie d’une politique globale turque pour la destruction du Rojava. En effet, la Turquie a envahi plusieurs régions kurdes syriennes, dont la plus connue est l’invasion d’Afrin en mars 2018, où elle a changé la démographie de la région en chassant en masse les Kurdes. La Turquie a également réduit le débit du fleuve de l’Euphrate desservant le Rojava et la Syrie.
 
Avec l’arrivée de l’été dans une région aux températures caniculaires, la réduction par la Turquie du débit d’eau de l’Euphrate desservant le Rojava et la Syrie aura des conséquences dramatiques tant sur le plan sanitaire, dû notamment à la pandémie du coronavirus (COVID-19), que sur le plan de la sécurité alimentaire.
 
Malgré ces crimes punissables selon les lois internationales dont la Turquie est signataire, aucune organisation internationale, dont l’ONU, n’a encore réagi pour arrêter la Turquie, donnant à cette dernière carte blanche pour toute sorte de crimes. C’est pourquoi, nous ne pouvons que craindre l’arrivée de nouveaux incendies des cultures au Rojava et dans le Nord Est de la Syrie.
 
 

TURQUIE. Les rudes conditions de travail des ouvriers agricoles kurdes

TURQUIE / BAKUR – Chaque année, des dizaines de milliers de Kurdes quittent leurs villes appauvries par les politiques discriminatoires de l’Etat turc et se rendent dans les régions agricoles turques où ils travaillent, avec leurs enfants privés d’école, dans des conditions de travail difficiles pour un salaire de misère.
 
L’agence de presse Mezopotamya s’est rendue dans la région de Kesikköprü, près d’Ankara, pour voir sur place les condition de vie et de travail de ces Kurdes : enfants privés d’école, des femmes et des adultes.
 
A Kesikköprü, où nous sommes allés observer les difficultés rencontrées par les saisonniers sur place, nous avons été pris au piège de la « distance sociale » de la gendarmerie, mais nous avons vu que les saisonniers vivaient dans des tentes de 20 m2 bondées, sans électricité ni eau, dans des conditions déplorables d’hygiène. 
 
Des dizaines de milliers de personnes de Diyarbakır, Urfa, Mardin, Şırnak et de nombreuses autres villes migrent chaque année vers d’autres villes en tant que travailleurs agricoles, car elles n’ont pas de terres à cultiver. L’épidémie de coronavirus s’est ajoutée cette année aux conditions de vie difficiles des travailleurs saisonniers, privés de nombreux droits depuis des années.
 
Afin d’observer, documenter et partager avec le public les difficultés, les conditions de vie et les «mesures prises contre l’épidémie» sur place, nous avons emprunté la route du quartier Bala du district Kesikköprü, où se trouvent les ouvriers agricoles.
 
Au cours de ce voyage, nous avons appris qu’il est très difficile d’atteindre les ouvriers agricoles travaillant dans des conditions de travail difficiles. Le premier blocage a commencé à l’entrée du quartier Kesikköprü. Nous avons pu entrer dans le quartier après un long contrôle d’identité de la part des gendarmes qui nous ont arrêtés pour savoir « pourquoi nous sommes venus ». Cependant, avec l’équipe de gendarmerie, qui a commencé la fouille corporelle sans aucun avertissement, un mécanisme de surveillance, que nous rencontrerons avec des obstacles tout au long de la journée, a également été activé.
 
Journalistes empêchés par des gendarmes
 
Lorsque nous entrons dans le quartier en bordure de Kızılırmak, Erdal, l’un des résidents, nous accueille. Erdal, qui a commencé à expliquer que sa famille avait migré d’Urfa Siverek à Kesikköprü il y a environ 400 ans, n’arrive pas à imaginer que la gendarmerie nous suive,  a déclaré : « Je vois une telle chose pour la première fois ».
 
Erdal, qui est engagé dans l’agriculture, explique que le quartier compte 800 ménages et que beaucoup d’entre eux vivent à l’étranger. Tout en réalisant que les personnes vivant à l’étranger ne peuvent pas venir à cause de l’épidémie du coronavirus (COVID-19),  nous constatons, en revanche, que des personnes vivant sous des tentes ont parcouru des milliers de kilomètres pour venir travailler comme ouvriers agricoles.
 
10 personnes sous une tente de 20 m2
 
Berfîn, 12 ans, qui nous a accueillis dans la première tente que nous avons visitée, rapporte que sa famille originaire d’Urfa, est arrivé à Kesikköprü il y a deux semaines.
 
La famille de Berfîn vit dans une tente de 20 m2 comme des milliers d’autres familles. Il n’y a ni électricité ni eau dans la tente où Berfîn vit : « On dort 10 personnes côte à côte. » Il est impossible de parler de conditions d’hygiène …
 
Travail d’enfants privés d’école
 
 
Le rêve de Berfîn est de devenir enseignante, alors qu’elle se rend à l’école seulement pendant les mois d’hiver, comme des milliers d’enfants kurdes voyageant avec leur famille pendant 8 mois dans différentes villes pour travailler. Donnant des informations selon lesquelles sa famille travaille dans un commerce d’oignons à Kesikköprü, Berfîn dit qu’ils iront cueillir des noisettes au bord de la mer Noire après leur travail ici :  « La région de la mer Noire est plus jolie ».
« Je n’ai qu’une seule amie ici. Mais quand je vais au travail, je me retrouve seule », explique Berfîn.
Le véhicule des journalistes enlevé par la gendarmerie
 
Nous quittons Berfîn et nous nous dirigeons vers un groupe de tentes bondées, mais une fois que nous arrivons vers les tentes où logent les ouvriers, des gendarmes nous bloquent. La gendarmerie, qui nous a empêchés de rencontrer les travailleurs, a confisqué notre véhicule au motif d’une amende de circulation.
 
L’impossible « distance sociale »
 
Même si nous atteignons les tentes avec des travailleurs, nous ne pouvons pas parler, il y a des gendarmes entre nous. Les gendarmes déclarent qu’ «il y a une amende pour violation de la distance sociale» pour avoir parlé aux travailleurs. Cependant, nous constatons que les précautions concernant l’épidémie dans la circulaire du Ministère de l’Intérieur ne sont pas appliquées aux travailleurs que nous rencontrons mais ils ne peuvent pas en parler.
 
Afin de ne plus laisser les travailleurs en détresse dans une situation difficile, nous retournons à Ankara.
 
Alors que nous sommes sur la route d’Ankara, un travailleur nous appelle et explique que les gendarmes qui ont enlevé le véhicule les ont croisés et avertis de ne pas parler aux journalistes ni de donner leur avis.

Reportage d’Emrullah Acar, traduction Kurdistan au féminin

TURQUIE. Erdogan s’impose aux Kurdes par la violence

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TURQUIE / BAKUR – Erdogan n’hésite pas à recourir à la violence pour s’imposer aux Kurdes du Bakur (Kurdistan du Nord sous l’occupation turque) quand il n’arrive pas à les berner par la ruse. 

Ces deux images montrent des administrateurs (kayyum) nommés aux mairies kurdes à la place de leurs maires destitués et emprisonnés le 15 mai 2020. Ils entrent dans les mairies kurdes, avec les portraits d’Erdogan que les Kurdes avaient chassé de leurs villes par les urnes.
 
Hier, 5 mairies kurdes du HDP ont été confisquées par l’Etat turc. Les administrateurs nommés à la place des maires kurdes emprisonnés ont envahi les mairies avec des portraits d’Erdogan sous les bras.

 

En pleine pandémie du coronavirus (COVID-19), le régime turc continue sa répression visant le peuple kurde. Hier matin, des administrateurs ont été nommés dans les municipalités kurdes d’Igdır, Siirt, Kurtalan, Baykan et Altinova lors d’un assaut mené par la police turque. Les maires élus ont été emprisonnés.
Les maires élus des 5 municipalités :
les co-maires d’Iğdır, Eylem Çelik et Yaşar Akkuş ;
les co-maires de Siirt, Berivan Helen Işık et Peymandara Turhan ;
les co-maires de Baykan, Ramazan Sarsılmaz et Özden Gülmez ;
les co-maires Kurtalan, Baran Akgül et Esmer Baran ;
le maire d’Altinova, Casim Budak,
ont été arrêtés par la police turque lors de raid effectués aux domiciles des élus HDP.

45 municipalités des 65 municipalités kurdes remportées par le parti démocratique des peuples (HDP) lors des élections municipales du 31 mars 2019, sont aujourd’hui dirigées par des administrateurs désignés par l’Etat à la place des maires élus.

Le Rojava célèbre la fête de la langue kurde

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SYRIE / ROJAVA – Ce 15 mai, c’est la journée de la langue kurde. Une date associée à la première parution de la revue Hawar publiée en 1932. La particularité de la revue kurde Hawar (le cri) est qu’elle est publiée en alphabet latin utilisé pour la première fois alors qu’on utilisait l’alphabet arabe jusqu’alors. A l’occasion de la fête de la langue kurde, notre camarade Meyrîkê a préparé un article sur la situtation de la langue kurde au Rojava (Kurdistan de l’Ouest) et dans le Nord-Est de la Syrie.
 
Le dialecte kurde parlé au Rojava est le kurmancî. Il se décompose en plusieurs parlers régionaux dont Ashitî (région qui comprend l’Est du Rojava, à partir de Qamishlo), Xerbî (ouest de Qamishlo jusqu’à Serê Kaniyê), Koçerî (région du Koçerat, autour de Derîk), Kobankî (région de Kobanê), Efrînkî (région d’Efrin). Il existe aussi le parler Kîkî autour de Dirbesiyê.
 
Au temps du régime syrien, la langue kurde a été l’une des cibles des politiques coloniales et d’assimilation. Elle était interdite dans les institutions étatiques ainsi que dans les écoles. Si dans certaines villes presque exclusivement kurdes les enseignant-es, elles-même kurdes s’autorisaient à parler dans leurs langues maternelles aux enfants, les leçons et examens avaient lieu exclusivement en arabe. Le kurde n’a jamais été intégré au curriculum, même en tant que « langue étrangère ». Les enfants apprenaient l’alphabet latin en étudiant l’anglais ou le français. Beaucoup d’anciens élèves se souviennent des coups, humiliations et punitions qu’ils et elles ont reçu pour avoir échangé dans leur langue maternelle avec leurs camarades de classe.
 
Ainsi si la plupart des kurdes de Syrie parlaient le kurde au sein de leurs familles et dans leurs quartiers, très peu savaient l’écrire. Des dires de toutes, ce sont les mères qui ont joué un rôle de premier plan dans la préservation et la transmission de la langue. Elles sont celles qui par les comptines, contes et la tradition du « dengbejî » l’ont maintenue vivante. Beaucoup d’entre elles, reléguées hors de la vie publique, n’ont aussi de fait jamais appris l’arabe.
 
Dès les années 80, avec l’arrivée des militant-es du PKK en Syrie et jusqu’à 2011, des cours de langues s’organisent en secret. Les militant-es qui ont appris à écrire leur langue au sein de la guérilla ou dans les académies du Liban et de Damas l’enseignent à leur tour aux enfants. Malheureusement l’apprentissage n’est pas régulier, rassembler les enfants en secret reste dangereux et les militant-es sont régulièrement arrêté-es par le régime. Il faut alors attendre l’arrivée d’un-e autre enseignant-e à même d’assurer les leçons. Des leçons de langue kurde sont aussi données dans les quartiers, villages et familles liées au KDP (Parti originaire du Kurdistan du Sud, état irakien) par leurs propres militant-e-s.
 
Ce n’est donc qu’après la révolution qui commence en 2011 que l’expression en kurde devient libre. Les langues se délient, c’est euphorisant. On l’écrit sur les pancartes qui demandent la chute du régime, on proclame son existence dans sa propre langue. C’est avant tout une révolution kurde et la langue en fait pleinement partie.
 
L’Association de Langue Kurde, la SZK (Sazîya Zimanê Kurdî) est très rapidement créé. En 2012, elle n’a qu’un enseignant et 12 élèves. En 2016 le nombre de ses enseignants est passé à 1700. Très vite, des cours de langue sont organisés dans les villages, dans les quartiers. Des kurdes de tous les âges viennent apprendre à écrire leur langue. Au début c’est difficile. On ne comprend pas certaines enseignant-es qui parlent dans une langue académique. On était habitué-es à tous ces mots arabes dans la langue, on ne connaît pas les termes politiques. Les vieilles femmes qui n’ont jamais été scolarisées apprennent pour la première fois à écrire.
 
Des académies ouvrent sous l’impulsion de la SZK. La première, l’académie Sehîd Ferzat Kemenger de langue et littérature kurde ouvre à Afrin le 11 Août 2013. Elle enseigne tout d’abord aux enseignant-es. Elle est suivie par l’académie Viyan Amara à Kobanê, l’académie Celadet Bedîrxan à Amudê et l’institution Nûrî Dêrsimî de la science et de la pensée libre à Rimelan.
 
La première école ouvre en 2011 à Doraqliya, un petit village du district de Sera à Afrin, sous le nom de Şehîd Fewzî. Afrin, de manière générale, joue le rôle d’avant-garde. Dès le début, tout le système d’enseignement du régime est remplacé par un nouveau curriculum en kurde, du CP au baccalauréat. Il faut former des enseignant-es, vite. Celles-ci suivent des cours intensifs de langue kurde pendant l’été, valident leurs trois niveaux et sont envoyées dans les écoles. Les enfants sont heureux de toute façon, ils parlent dans leur langue, ils revivent. Les sourires de leurs mères quand elles feuillettent leurs cahiers sont assez. Ils apprennent d’abord l’alphabet. Ensuite viendront les cours d’histoire, de géographie, l’éducation culturelle. On apprend d’où l’on vient, on comprend où l’on va. Peu à peu les mots des adultes, qui leur racontaient leur histoire en secret, prennent tout leur sens. Amed c’est donc là, sur la carte, juste au-dessus de Serê Kaniyê. Eyşe Şan, que papa écoute dans la voiture, c’est à ça qu’elle ressemble.
 
Dans les régions de Kobanî et Jizirê, la guerre est plus présente, les attaques fréquentes. Cela prend un peu plus de temps. Les écoles ouvrent dès 2014 à Kobanê, mais l’offensive de Daesh (Etat Islamique) sur la ville oblige la population à fuir. La plupart d’entre elle passe de longs mois d’hiver dans les camps de réfugiés au Bakur (Nord-Kurdistan, état turc). Là, sous l’impulsion de la SZK et avec l’aide des associations de promotion de la langue kurde de leur région d’accueil, les leçons pour adultes et enfants continuent dans les camps, des écoles sont mises en place. A Jizirê aussi ça va très vite. Et Août 2014, lors de la rentrée des classes, 3000 enseignantes qui enseignent en kurde à plus de 49 000 enfants, dans 670 écoles.
 
Du côté de l’enseignement supérieur, c’est tout d’abord l’Académie Mésopotamie de Sciences Sociales qui est établie à Qamishlo en avril 2013. Les premiers cours commencent à la rentrée 2014. Tou-tes les étudiant-es, qui ont été à l’école en arabe, suivent d’abord des enseignements de langue kurde avant de commencer les cours de sociologie, histoire et droit. L’université d’Afrin est elle créée en 2015, et à la rentrée l’on y étudie enfin la littérature kurde. Cegerxwîn et Faqîyê Teyran on ne les lit plus en cachette, mais on étudie leurs poèmes, on accroche leurs photos sur les murs. Les sciences économiques de l’ingénieur, la médecine, l’ingénierie topographique, la musique, le théâtre et l’administration d’entreprise y sont aussi enseignées en langue kurde. En 2016, c’est l’Université du Rojava qui ouvre à Qamishlo. A côté de nombreuses autres disciplines, l’on étudie la littérature kurde mais aussi les sciences de l’éducation.
 
La langue kurde est aussi parlée librement dans toutes les institutions qui fleurissent au fur à mesure que la révolution avance et que les années passent. En 2014 elle est faîte langue officielle à côté de l’arabe et du syriaque. On le parle dans les réunions qui ont lieu dans les cantons kurde, on l’écoute déclamée dans les meetings politiques. On peut dire « Ziman me hebûna me ye » sur une scène devant mille personnes parce qu’on l’a démontré. Dans les régions mixtes, l’arabe reste de mise pour le travail collectif mais des mots kurdes passent aussi dans le vocabulaire commun. On va désormais aux réunions de la « komîn » appelées par les « heval ».
 
Le TEV-çand, mouvement culturel mixte et Kêvana Zerîn, le mouvement culturel des femmes s’activent. On chante Aram Tigran à tue-tête, Koma Botan enchaîne les tournées et l’on apprend le tambûr, l’erbanê, le bilur à des dizaines d’enfants. Cinéma, théâtre, danse, maintenant on conjugue tout en kurde. La littérature aussi s’organise au sein de l’Union des intellectuel-les. L’on organise des soirées poésies, des foires aux livres, des bibliothèques ouvrent et les presses tournent à plein régime. Abdullah Öcalan, Sakine Cansiz, Rustem Cûdî : les livres importants de l’idéologie du mouvement de libération du Kurdistan sont imprimés par milliers, en kurde. Mais c’est difficile quand même cette langue académique, surtout quand c’est une traduction depuis le turc. Donc on se rabat parfois sur les versions arabes. Mais on lit quand même dans sa langue, petit à petit. De toute façon le kurde est partout, sur les enseignes que les magasins se pressent de faire fabriquer. « Matram Abou Jiwan » devient « Xwaringeha Bavê Ciwan ». Les radios Orkeş , Dengê Rojava, Dengê Ciwan ou Star FM donnent les nouvelles en kurde et diffusent des chansons révolutionnaires. A la télévision on voit enfin sa grand-mère raconter sa culture, son père montrer comment s’organise le travail de sa commune, sa sœur expliquer le nouveau système d’enseignement mis en place dans leur école. La voix est au peuple, et le peuple parle sa langue.
 
Meyrîkê
 
1 Expression artistique qui consiste à chanter des histoires. Ces chansons sont transmises de génération en génération et font partie du patrimoine culturel du peuple kurde.
2 « Notre langue c’est notre existence »
3 « Commune »
4 « Camarades »
5 « Restaurant du père de Jiwan » en arabe et en kurde. Les pères et mères sont souvent désignés en fonction du nom de leur premier fils, mais aussi parfois leur première fille. C’est aussi « Abou / Oum Leyla » en arabe et « Bavê / Dayika Leyla » en kurde.

Campagne d’aide : De l’eau pour le Rojava

SYRIE / ROJAVA – Malgré le changement climatique, la pandémie du coronavirus et les attaques de l’armée turque en cours, les habitants du Rojava continuent de vivre en coopération, reconstruisant leur vie et leur économie dans le respect de l’environnement.
 
Les coopératives du Rojava viennent de lancer une campagne de financement participatif pour des projets d’eau vitaux dans le nord-est de la Syrie / Rojava. L’argent récolté servira à réparer les infrastructures de traitement et de distribution de l’eau endommagées par les bombes, à soutenir les coopératives de femmes, aider au renforcement de l’autonomie de la région.
 
Cette campagne intervient quelques semaines après que la Turquie ait réduit le débit du fleuve Euphrate desservant la Syrie. En effet, l’Etat colonialiste turc a réduit le débit des eaux de l’Euphrate desservant le Rojava et la Syrie. Ainsi, il met en péril les récoltes agricoles et les moyens de subsistance de millions de Kurdes et de Syriens, après avoir délibérément réduit le débit d’eau dans un scénario répété de l’été 2017. Ceci est la nouvelle guerre de la Turquie contre les habitants du nord et de l’est de la Syrie en pleine pandémie du coronavirus (COVID-19) alors que l’été arrive et que l’agriculture de la région dépend de l’eau de l’Euphrate.
 
Pour participer à la campagne, allez sur le site de la coopérative Co-operation in Mezopotamia. Co-operation in Mesopotamia est un projet de l’Association d’économie solidaire, une coopérative à but non lucratif et à parties prenantes multiples qui travaille à soutenir la croissance du mouvement de l’économie solidaire. Son travail principal se concentre sur l’éducation, la recherche et la promotion de l’économie solidaire – une économie qui incarne la justice sociale, la diversité et le pluralisme, la coopération, l’autogestion et la durabilité écologique.
Voici le message en anglais de Co-operation in Mesopotamia concernant la campagne « De l’eau pour le Rojava »

CAMPAIGN LAUNCH: WATER FOR ROJAVA

Supporting the Co-operative, Ecological and Feminist Revolution We are launching a big cooperative-led crowdfunding campaign for vital water projects in North-East Syria (also known by its Kurdish name Rojava) – repairing infrastructure damaged by bombs, supporting women’s co-ops, helping build up the region’s self-reliance. Despite climate change, a global pandemic and ongoing attacks, people in Rojava are still living cooperatively, rebuilding their lives, their ecology and their economy. And we can help. Sign up to our newsletter for ways to support the campaign See the rest of the Worker Coop Weekend programme here
 
 
 
 
 
 
 
   

TURQUIE. Coup d’Etat contre 4 autres mairies kurdes

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TURQUIE / BAKUR – Le gouvernement turc a arrêté les maires HDP des municipalités kurdes d’Igdir, Siirt, Kurtalan et Baykan. Des administrateurs (kayyum) ont été nommés à la place des maires destitués.
 
En pleine pandémie du coronavirus (COVID-19), le régime turc continue sa répression visant le peuple kurde. Ce matin, des administrateurs ont été nommés aux municipalités kurdes d’Igdir, Siirt, İğdır, Kurtalan et Baykan lors d’un assaut mené par la police turque.
 
Les maires élus des 4 municipalités : les co-maires d’Iğdır, Eylem Çelik et Yaşar Akkuş ;
les co-maires de Siirt, Berivan Helen Işık et Peymandara Turhan ;
les co-maires de Baykan, Ramazan Sarsılmaz et Özden Gülmez ;
les co-maires Kurtalan, Baran Akgül et Esmer Baran ont été arrêtés par la police turque lors de raid effectués aux domiciles des élus HDP.
 
44 municipalités des 65 municipalités kurdes remportées par le parti démocratique des peuples (HDP) lors des élections municipales du 31 mars 2019,  sont aujourd’hui dirigées par des administrateurs désignés par l’Etat à la place des maires élus.

HAWAR : La voix de la connaissance

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« Hawar est la voix du savoir. Le savoir est la connaissance de soi. Se connaître soi-même ouvre la voie à la libération et à la beauté. Quiconque se connaît peut également se présenter. Notre Hawar [cri] présentera l’existence de notre langue d’abord. Parce que la langue est notre principale raison d’être. Hawar est un nouveau-né et l’enfant de nos Kurdes. »
Le premier numéro de la revue kurde Hawar a été publié le 15 mai 1932. Depuis 2006, le 15 mai est célébré comme la Journée de la langue kurde.
 
La revue Hawar (Le Cri), qui a été pionnière de l’édition kurde, a une place importante dans l’histoire de la langue kurde.
 
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Le 15 mai 1932, avec le premier numéro de la revue Hawar, une nouvelle page sur les études de langue kurde a vu le jour à Damas, sous la direction de Celadet Ali Bedirxan, Kamûran Bedirxan, Qedrîcan, Osman Sebrî, Cegerxwîn et Nûredîn Zaza, des intellectuels kurdes chassés du Kurdistan du Nord par le pouvoir turc.
 
Hawar a été le premier magazine littéraire kurde en Syrie.
 
Alors qu’à ses début, la revue utilise l’alphabet arabe et latin, Hawar est publié en alphabet latin exclusivement, dès le 24ème numéro.
 
Hawar, qui occupe une place importante dans la préservation de la langue kurde, a été publié de 1932 à 1943.
 
Les 23 premiers numéros du magazine, sur un total de 57 numéros au cours de ses 11 années de vie, ont été publiés en alphabets latin et arabe, mais à partir du 24e numéro, seul l’alphabet latin a été utilisé.
 
Dans le premier numéro d’Hawar, Celadet Ali Bedirxan a écrit: « Hawar est la voix du savoir. Le savoir est la connaissance de soi. Se connaître soi-même ouvre la voie à la libération et à la beauté. Quiconque se connaît peut également se présenter. Notre Hawar [cri] présentera l’existence de notre langue d’abord. Parce que la langue est notre principale raison d’être. Hawar est un nouveau-né et l’enfant de nos Kurdes. »
 
Hawar a publié des articles principalement en kurde, arabe et français. Il y avait 3 à 4 pages de français dans chaque numéro.
 
Les premières pages de la revue comprenaient les écrits de Celadet Ali Bedirxan et Kamûran Ali Bedirxan. Après le 4ème numéro, de nouveaux auteurs ont commencé à écrire dans la revue. Ces écrivains deviendront plus tard des noms importants de la littérature kurde.
 
Depuis le 2006, le 15 mai, date à laquelle Hawar a été publiée pour la première fois, est célébré comme la Journée de la langue kurde.
 

15 mai, Journée de la langue kurde

Les Kurdes célèbrent le 15 mai la journée de la langue kurde. Une date associée à la première parution de la revue Hawar publié en 1932 par des intellectuels kurdes en exil. La particularité de la revue Hawar (le cri) est qu’elle est publiée en alphabet latin utilisé pour la première fois alors qu’on utilisait l’alphabet arabe jusqu’alors.
 
Le 15 mai 1932, paraît à Damas, le premier numéro de la revue kurde Hawar, sous la direction de Celadet Elî Bedirxan (Celadet Bedir Khan) et de ses amis, exilés en Syrie après la fondation de la République de Turquie en 1923. Revue à caractère littéraire, mais aussi politique, Hawar joue un rôle extrêmement important dans la renaissance et le développement de la langue kurde qui est menacée par les nouveaux États-nations occupant le Kurdistan.
 
Écrite essentiellement en kurmancî, principal dialecte kurde, mais aussi en soranî et zazakî, en plus de quelques publications en français, la revue bimensuelle contribue à la formation de grands noms de la littérature et de la langue kurde, comme le poète Cegerxwîn, et connaît un grand succès, avec ces 57 numéros publiés entre 1932 et 1943.
 
Outre son intérêt littéraire et linguistique, Hawar a pour particularité d’introduire l’alphabet latin dans l’écriture du kurde qui était jusqu’alors transcrit en alphabet arabe.
 
Fêtée depuis 2006, la journée de la langue kurde est l’occasion d’élever la revendication de l’enseignement dans la langue maternelle et de dénoncer les politiques répressives des Etats à l’encontre du kurde.
 
Des quatre Etats qui occupent le Kurdistan (Turquie, Iran, Irak, Syrie), c’est la Turquie qui a déployé les plus grands efforts visant à l’assimilation et la disparition de la langue kurde.
 
Alors que le kurde a toujours été interdit dans le sphère publique sous la République fondée par Atatürk, lAKP, le parti du président Erdogan, avait montré une « tolérance » certaine aux travaux et réalisation autours de la langue kurde dans les années 2000. Avec la première défaite du parti AKP lors élections de 2015, ce dernier s’est attaqué au parti HDP, tenu responsable de cette défaite. Et comme le HDP était un projet kurde pour les peuples de la Turquie, le pouvoir truc a mené une répression sans précédent à partir de 2016 : avec la déchéance et l’arrestation des maires kurdes du Parti démocratique des Peuples (HDP) et leur remplacement par des administrateurs désignés par le gouvernement turc, toutes les structures kurdes – écoles, centres de formation, centres pour la protection des femmes, institut de recherche et de langue, maison d’édition, chaînes de radio et de télévision- destinées à la préservation, la diffusion et le développement de la langue kurde ont été interdites.
 
Malgré les tentatives centenaires menaçant le kurde d’un génocide linguistique, cette langue reste bien vivante, que ce soit au Rojhilat, Rojava, Bashur et Bakur ou dans la diaspora. Au Rojava (Kurdistan syrien) en particulier, elle connaît un grand essor, avec l’institution par l’administration autonome d’un enseignement généralisé dans la langue maternelle, c’est-à-dire le kurde, mais aussi l’arabe, l’assyrien et l’arménien.
 
La préservation de la langue kurde occupe par ailleurs une place de premier ordre dans les activités des organisations de la diaspora kurde qui déploient de grands efforts pour développer son enseignement et le transmettre aux nouvelles générations.
 
Cejna zimanê kurdî pîroz be / Bonne fête de la langue kurde
 
 

La Turquie a empêché Huawei de sponsoriser le club de foot Dalkurd fondé par des Kurdes

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La Turquie a empêché le géant chinois de la technologie, Huawei, de parrainer Dalkurd FF, un club de football suédois fondé par des Kurdes en 2004.
 
Le président de Dalkurd FF, Ramazan Kızıl, a expliqué comment le géant chinois de la technologie Huawei a abandonné le parrainage du club: « La société Huawei nous a parrainés il y a deux ans. Ils ont donné 40 000 dollars en échange d’un parrainage. Nous avons écrit le nom d’Huawei sur nos uniformes. 4 mois plus tard, la société nous appelé et a dit: « Gardez l’argent. La Turquie [a discuté] avec nous sur cette question. Ils ont dit: « Si vous le sponsorisez, on arrête vos opérations en Turquie. »
 
Le président de Dalkurd FF, créé en 2004, Ramazan Kizil a déclaré que leur sponsoring par le géant Huawei a été bloqué par la Turquie. « La Turquie ne veut pas que nous nous trouvions face à face avec une équipe de football de leur ligue », a déclaré Kizil.
 
Le sponsoring d’Huawei bloqué par la Turquie
 
Un joueur de Dalkurd portant un maillot avec l’emblème d’Huawei
 
Kizil a déclaré que quand leur équipe réussit, l’Iran, l’Irak, la Turquie et la Syrie prennent des mesures pour que Dalkurd n’affronte pas une équipe de ces pays: « La Turquie ne veut pas que nous ayons des sponsors originaire de leur pays », a déclaré Kizil qui indique que la Turquie affecte également les sponsors en donnant l’exemple d’Huawei :
 
« La société Huawei nous a parrainés il y a deux ans. Ils ont donné 40 000 dollars en échange d’un parrainage. Nous avons écrit le nom d’Huawei sur nos uniformes. 4 mois plus tard, la société nous appelé et a dit: « Gardez l’argent. La Turquie [a discuté] avec nous sur cette question. Ils ont dit: « Si vous le sponsorisez, on arrête vos opérations en Turquie. »
 
Une approche hostile envers le club kurde
 
Déclarant qu’ils rencontrent fréquemment de telles situations en équipe, Kizil a déclaré qu’il était normal qu’ils aient ce genre d’obstacles. « Les moutons ne s’attendent pas à la clémence du boucher. Nous nous attendons pas à la clémence de la Turquie. Parce qu’ils nient les Kurdes. Ils n’acceptent pas notre nom, notre équipe, notre drapeau. Mais peu importe combien ils nient, nous nous protégerons. Nous expliquerons également cela à nos enfants et petits-enfants. »
 
La Turquie a peur de voir Dalkurd aller à la Coupe d’Europe
 
Ramazan Kizil
 
En 2017, Dalkurd s’est qualifié pour la 1ère Ligue suédoise en battant l’équipe GAİS. Indiquant qu’ils visaient la Coupe d’Europe, Kizil a déclaré : « Le gouvernement turc a peur que nous allions à la Coupe d’Europe. Parce que nous pouvons les affronter [une équipe turque] ici. Ils ont même peur de ce rêve. Ils ne peuvent pas accepter cela. C’est pourquoi ils font de leur mieux pour nous empêcher. Tous les Kurdes doivent voir cette injustice. J’appelle également les Kurdes de Turquie : Défendez vous, votre culture, nos valeurs. Demandons-nous pourquoi nous sommes ici. Ils ne nous voient pas comme une nation. Mais nous existons. Nous sommes une nation tout comme les Turcs sont une nation. »
 
Reportage donné au journal Duvar
 
Traduction : Kurdistan au féminin