« Les filles de Kobanê » et madame Hilary Clinton

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Depuis la bataille héroïque de Kobanê, les femmes kurdes font fantasmer pas mal de monde en Occident où elles ont été les héroïnes de nombreux films, livres ou romans véhiculant parfois des clichés… Qu’importe, les Kurdes n’ont pas d’autre choix que de s’y habituer, disant qu’au pire, on donne une visibilité à la question kurde en Occident. Toutefois, à chaque sortie de livres, films, etc. sur les Kurdes du Rojava, on ne peut s’empêcher de se dire « pourvu qu’ils ne racontent pas trop de bêtises concernant les Kurdes ».
 
L’écrivaine Gayle Tzemach Lemmon est l’une de ceux qui se sont intéressés aux combattantes kurdes. En effet, Gayle Tzemach Lemmon publie un livre en février prochain sur les femmes kurdes de Kobanê sous le titre de « The Daughters of Kobani » (« Les filles de Kobanê ») ayant pour sujet la lutte des YPJ contre DAECH lors de la bataille de Kobanê. On ne va pas trop s’attarder sur le livre lui-même, ne l’ayant pas lu. Mais on veut parler de mme Hilary Clinton, politicienne démocrate et l’épouse de Bill Clinton, l’ancien président des USA qui a dirigé le pays de 1993 à 2001. En effet, Hilary Clinton et sa fille Chelsea Clinton ont acheté les droits du livre « Les filles de Kobanê » pour en faire un film.
 
De nombreux Kurdes et d’autres personnes sensibles aux souffrances des Kurdes critiquent* Hilary Clinton, l’accusant d’être hypocrite car son parti et son mari sont loin d’avoir soutenu les Kurdes. Pire, ils ont collaboré avec la Turquie contre les Kurdes, même en Syrie et qu‘en ce moment même, le Rojava, y compris la ville de Kobanê, est menacée d’invasion par la Turquie qui veut mettre fin à l’autonomie kurde. Alors, avant de faire un film sur les combattantes kurdes, Hilary Clinton devrait œuvrer, en tant que politicienne, pour mettre fin aux attaques anti-kurdes de la Turquie. C’est à ce moment-là qu’on lui accordera un minimum de crédit. 
 
 *La chercheuse Meghan Bodette est allée plus loin dans la critique visant mme Clinton. Elle a écrit sur Twitter au sujet du projet de film: « Va-t-elle inclure les parties concernant la manière dont son département d’État a armé et formé les groupes djihadistes qui terrorisent ces femmes et leurs communautés, ou le soutien de son mari aux atrocités commises par la Turquie contre les Kurdes dans les années 1990 ? »
 

Il y a 6 ans, les Kurdes de Kobanê faisaient subir à l’EI sa première défaite

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SYRIE / ROJAVA – Grâce à une résistance acharnée, les Kurdes de Kobanê ont infligé sa première défaite à l’État islamique le 26 janvier 2015 et ont fait entrer le nom de leur ville dans l’histoire de l’humanité. Six ans après, ces mêmes Kurdes sont menacés par la Turquie et ses alliés islamistes avec la complicité de la communauté internationale…
 
Six années se sont écoulées depuis la libération de Kobanê par les combattant.es des YPG et des YPJ après une lutte héroïque entre le 15 septembre 2014 et 26 janvier 2015, date de la libération de la ville.
 
La défaite des mercenaires de DAESH qui avaient tenté de conquérir cette localité fut en effet un tournant dans la guerre syrienne et marqua également le premier recul territoriale du califat autoproclamé depuis son apparition dans le pays en 2013.
 
La résistance héroïque de Kobanê, dirigée par les unités d’autodéfense des YPG et des YPJ, composées de jeunes hommes et femmes, a fait la une de l’actualité mondiale pendant plusieurs mois, certains prédisant une prise rapide de la ville par DAECH surarmé face aux Kurdes qui ne possédaient que des armes légères. Après près de cinq mois de lutte acharnée et de sacrifices humaines, les femmes et hommes des YPJ / YPG ont libéré leur ville le 26 janvier 2015.
 
Le sacrifice ultime d’Arin Mirkan
 
Un des actes héroïques de Kobanê a été réalisé le 5 octobre 2014 par Arin Mirkan (Dilar Gencxemis), quand cette jeune femme de 22 ans a explosé sa grenade au milieu de mercenaires de l’EI qui avaient encerclé la colline stratégique de Mushtanur, à l’est de Kobanê, et leur a infligé de lourdes pertes en se donnant la mort.
 
On dit que Kobanê est la Guernica (une ville du Pays basque espagnol immortalisée par Picasso) des Kurdes qui sont déterminés à honorer leurs martyrs, afin de semer la vie au milieu d’innombrables pertes matérielles et humaines causées lors de l’attaque barbare de l’EI.
 
Kobanê fait face à de nouvelles menaces
 
Aujourd’hui, six ans après la libération de Kobanê, la ville fait face à la menace d’invasion turque. En effet, la Turquie voit d’un très mauvais œil l’émancipation du peuple kurde à l’intérieur de la frontière syrienne. C’est pourquoi, elle a déjà envahi la région d’Afrin en 2018 avec la complicité de la Russie et celle de Serekaniyê en octobre 2019 avec le retrait des soldats américains ordonné par Donald Trump.
 
Depuis l’invasion d’Afrin et de Serekaniyê, les Kurdes syriens s’attendent aux pires des scénarios car ils savent qu’ils n’ont aucun vrai allié dans la région. Même les Etats-Unis, « alliés » des Kurdes dans la lutte contre DAECH, n’ont pas hésité à les trahir pour leurs propres intérêts d’avec la Turquie, membre de l’OTAN. La situation est pire avec la Russie qui veut que les Kurdes abandonnent le Rojava à Bachar al-Assad et qui les menace par la Turquie, comme on l’a vu à Afrin.
 

De Shengal à Afrin, la Turquie persécute les femmes yézidies

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SYRIE / ROJAVA – Kidnappées, torturées, vendues comme esclaves sexuelles, mariées à des mercenaires, converties à l’Islam, la barbarie subie par les femmes yézidies du canton kurde d’Afrin n’est pas différente de celle commise par l’Etat islamique à Shengal en 2014. Les femmes yézidies d’Afrin sont persécutées par la Turquie et ses mercenaires islamistes responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Depuis plusieurs siècles, les Yézidis ont été persécutés par l’État turc. Victimes de nombreux massacres à l’époque ottomane, ils ont survécu aux campagne de génocide grâce à leurs structures de résistance. Essayant d’achever ce que les Ottomans n’ont pas pu faire, l’État turc continue d’exterminer les Yézidis au XXIème siècle. L’État turc, qui a occupé Afrin grâce à la complicité de la communauté internationale, vise également les Yézidis vivant ici. Afrin, qui compte 23 villages yézidis, est également la ville qui accueille le plus grand nombre de Yézidis après Shengal. Il est possible de rencontrer des personnes appartenant à la confession yézidie dans de nombreux quartiers d’Afrin. Les persécutions visant les Yézidis d’Afrin sont similaires à la barbarie que l’Etat islamique a commise à Shengal en 2014. L’État turc, cherchant à détruire tout ce qui appartenait à la croyance yézidie, a détruit 19 temples yézidis à Afrin. L’un des objectifs du changement démographique opéré par la Turquie à Afrin vise les Yézidis. Ce sont les femmes yézidies qui souffrent le plus des crimes brutaux commis par l’Etat turc et ses mercenaires islamistes. Depuis l’occupation d’Afrin en mars 2018, les crimes contre les femmes yézidies ne font que s’amplifier. Alors que les gangs ont enlevé des centaines de femmes yézidies et en ont libéré certaines en échange d’une rançon, le sort de la plupart d’entre elles est encore inconnu. Une femme yézidie nommée Xaliya Seid qui a été enlevée du village de Ceqlê a été libérée contre 7 000 euros. Aucune nouvelle n’a été reçue d’une autre femme yézidie nommée Xezalê, qui a été enlevée dans le village de Basofa après avoir subi de graves tortures. Edulê Sefer, kidnappée dans le village de Qestel Cindo, a été libérée en échange d’une rançon de 6 mille dollars après être resté en captivité des gangs pendant 6 mois. Une femme nommée Fatima Nesro a été enlevée du village de Qibar. Fatima a également été libérée pour 1 000 dollars. L’armée turque menace les femmes yézidies, forçant les Yézidis à fuir Afrin Eyşê Seydo, membre de la Coordination des femmes yézidies, a déclaré que le sort de centaines de femmes yézidies kidnappées est inconnu et que l’État turc a forcé de nombreuses femmes yézidies à se marier [avec des mercenaires islamistes de la Turquie]. Rappelant que cet act barbare était également pratiqué par l’État islamique à Shengal en 2014, Eyşê a déclaré que l’armée turque voulait éloigner les Yézidis de leurs croyances, les forcer à se convertir à l’islam ou à quitter la région. Gulê Cafer, l’une des responsables de la coordination des organisations de la société civile de la région d’Afrin, a parlé des pratiques à l’égard des femmes yézidies et a rappelé que des dizaines de femmes yézidies sont toujours aux mains de l’État turc et de ses gangs. Selon les données partagées par l’Union yézidie à Afrin, des dizaines de Yézidis ont été massacrés dans la ville occupée par la Turquie. L’Union yézidie, qui communique les noms et les informations d’identité des victimes, partage avec les institutions internationales des droits de l’homme toutes les données et documents qu’elle obtient. Malgré tout cela, la communauté internationale, maintenant son silence, encourage l’État turc à commettre davantage de crimes. Les gangs, qui ne reconnaissent aucune loi lorsqu’ils s’en prennent aux Yézidis, les dépossèdent également de droits de propriété. Récemment, les gangs ont fait une descente dans une maison du village de Feqira et ont annoncé qu’ils avaient confisqué tous les biens de Xano Iso (65 ans) qu’ils ont enchaîné. L’État turc, avec ses pratiques dignes de l’Etat Islamique, tente également de relancer Daech. Les institutions yézidies d’Afrin considèrent cela comme un effort pour faire revivre l’époque ottomane. Il y a quelques mois, le président turc Recep Tayyip Erdoğan, dans une déclaration qu’il a faite à propos de Shengal, a déclaré: « Nous pourrons venir soudainement une nuit », signalant qu’ils continueraient les massacres visant la communauté yézidie. ANF

SYRIE. Une crise économique pour achever les rescapés de la guerre?

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SYRIE / ROJAVA – Avec la loi américaine (Caesar Act) prévoyant des sanctions pour les entreprises et les particuliers qui commercent avec le régime de Bachar Al Assad, c’est tout le peuple syrien qui est mis à genou. Ils ont survécu à des années de guerre et maintenant, ils sont menacés par la famine accentuée par les sanctions américaines. Même le Rojava kurde, « allié » des États Unis, est touché par le Caesar Act. Si la communauté internationale ne réagit pas vite, on assistera à une nouvelle crise humanitaire en Syrie à cause des sanctions économiques américaines.
« Aujourd’hui, la Syrie ne peut plus compter sur elle-même dans aucun domaine. Depuis la guerre, ce pays s’est transformé en un terrain de chasse ouvert aux intérêts russes et iraniens, ses principaux alliés qui ont mis la main sur une grande partie de ses richesses (ports, mines de phosphates, etc.) En plus d’être un champ de tir pour Israël, qui poursuit les milices pro-iraniennes du Hezbollah libanais. Sans oublier la Turquie qui occupe une partie de son territoire dans le nord peuplé de Kurdes, et dont on ignore les desseins », écrit le journaliste Henri Mamarbachi dans son article intitulé « Jours de misère en Syrie ».   A lire sur le site OrientXXI

Les Kurdes rendent hommage à Mama Risha

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KURDISTAN DU SUD – De nombreux Kurdes rendent hommage au courageux peshmerga Najmadin Shukr Rauf, surnommé Mama Risha (« Oncle barbu »), à l’occasion de la date anniversaire de son assassinat le 25 janvier 1985 lors d’un embuscade tendu par Tahsin Shaways en coopération avec les renseignements irakiens.
 
Mama Risha était un membre éminent des Peshmerga fidèles à l’Union Patriotique Kurde (UPK), au Kurdistan du Sud. Il s’est fait remarqué par son héroïsme durant la guerre contre les forces armées du gouvernement irakien dans la lutte pour l’autonomie du Kurdistan irakien. Mama Risha (oncle barbu) avait hérité ce surnom pour avoir dit qu’il ne se raserait pas jusqu’à ce que le Kurdistan soit libre.

Najmadin Shukur Rauf Zanganeh, surnommé Mama Risha, est un nom bien connu des Kurdes et des Irakiens, pour son courage et son intrépidité, qui est devenu un Peshmerga héroïque et courageux et a sacrifié sa vie pour la libération du Kurdistan. Plus de 36 ans après son assassinat, Mama Risha est toujours une légende pour le peuple kurde.
 
Mama Risha est né le 1er juillet 1957 dans le village de Talaban, près de Kirkuk, dans une famille pauvre de Chamchamal. Adulte, il a rapidement été reconnu pour ses qualités de combattant ainsi que pour ses qualités personnelles comme la bravoure, le courage, la sincérité et l’équité. Il est devenu le commandant de Karti 4 Jabari en 1982, sous son commandement Karti 4 est devenu l’une des forces les plus efficaces de l’UPK.
 
Sa force mentale ainsi que sa force physique, son endurance et sa rapidité lui ont conféré un statut quasi mythique dans la société kurde qui subissait l’oppression sous le régime de Saddam Hussein. Selon certaines sources kurdes, il a choisi le surnom Mama Risha car il avait juré de ne jamais se raser la barbe avant que le Kurdistan ne soit totalement libéré du contrôle du parti Baas. Il a également été surnommé « l’homme de fer » pour ses batailles et embuscades furieuses et bien organisées contre les forces irakiennes près de la région de Kirkouk.
 
À la fin des années 1970, il a rejoint les forces Peshmerga de l’Union patriotique du Kurdistan dirigée par Jalal Talabani. Il est considéré par la plupart des Kurdes comme un modèle et un combattant légendaire. Najmadin a été tué le 25 janvier 1985, à l’âge de 28 ans, dans une embuscade tendue par Tahsin Shaways, en coopération avec les renseignements irakiens.

Le Kurdistan d’Irak plus isolé que jamais?

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IRAK / KURDISTAN DU SUD – Le Kurdistan d’Irak est la première des quatre régions kurdes à avoir obtenu une autonomie régionale dans les années 1990 et qui a fait naitre l’espoir qu’il y aura peut-être un Kurdistan libre à terme. Trois décennies plus tard, à part le Rojava, région autonome kurde de Syrie non reconnue sur le plan international, les Kurdes semblent restés bloqués dans leur désir d’indépendance étatiques et les derniers développements régionaux sont loin d’être en leur faveur… La journaliste Julie Clauss a écrit un long article pointant du doigt l’avenir incertain de la région autonome kurde d’Irak pris en sandwich entre l’Iran et la Turquie, deux ennemis du historiques du Kurdistan. D l’heure actuelle, alors que ses alliés historiques démobilisent massivement au Moyen-Orient, le Kurdistan se retrouve isolé politiquement et dans la nécessité de se reposer sur les investissements et le soutien des deux pays qui constituent pourtant sa plus grande menace : la Turquie et l’Iran. A lire « Essor, objectifs et limites de la paradiplomatie kurde » de Julie Clauss sur le site Les Clés du Moyen-Orient 

La Turquie renoue-t-elle avec les disparitions des opposants et des Kurdes ?

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TURQUIE – ISTANBUL -Gökhan Güneş, un jeune kurde de 23 ans, a été enlevé par des inconnus après avoir descendu du bus qu’il avait pris pour se rendre à son lieu de travail à Başakşehir, Istanbul.  Il n’y a aucune nouvelle de lui depuis le 20 janvier.  Malgré les images de l’enlèvement enregistrées par les caméras de sécurité, le manque d’explications de la part des responsables de l’État suscite des inquiétudes. Son oncle, Sami Elvan, qui peine à avoir des nouvelles de son neveu depuis 4 jours, s’est entretenu avec ANF.

Sami Elvan est le père de Berkin Elvan, un adolescent kurde 14 ans, qui a été tué après avoir été touché par une cartouche de la police turque lors de la résistance du parc Gezi.

Berkin Elvan est décédé après être resté dans le coma pendant 269 jours. Aujourd’hui, Elvan tient le ministre de l’Intérieur responsable de l’enlèvement de son neveu et attire l’attention sur le fait que les jeunes qui s’opposent à ce gouvernement sont enlevés les uns après les autres.

« S’il y a un crime, il y a la loi de la République de Turquie. Alors pourquoi font-ils disparaître de force des gens? »  demande Elvan, ajoutant que ce qui se passe ressemble aux années sombres des années 1990 en Turquie.

« Le vice-président d’un parti d’opposition est lynché au milieu de la rue, des gens sont jetés d’hélicoptères ou enlevés en plein jour. Vous aimerez peut-être l’opinion politique du peuple, vous n’aimerez peut-être pas ça,  ne peut pas faire ça. »

Soulignant qu’il n’y a pas de sécurité pour la vie au point atteint, Elvan a attiré l’attention sur le fait que tout le monde a peur et risque la mort à ce stade.

Ce pays est comme un camion sans freins

Elvan a comparé le pays à un camion sans freins, et a ajouté que le gouvernement devient de plus en plus agressif s’il sent qu’il peut gouverner : « Le gouvernement prend nos impôts, mais au lieu de nous faciliter la vie, il bat les gens, les fait taire, nous enlève la vie. »  Déclarant que la police, qui devrait assurer la sécurité de la société, agit presque comme le tueur à gages du parti politique au pouvoir, Elvan a souligné qu’il n’est pas possible d’accepter cela.

« Ramenez mon neveu sain et sauf »

Elvan a dit que Gökhan connaissait très bien la douleur de ses parents.  Il a ajouté qu’il vit la même douleur qu’il vit depuis 7 ans : « Ils ont assassiné mon enfant en parfaite santé. Je ne peux même pas penser qu’une telle chose est arrivée à mon neveu Gökhan en ce moment; ils devraient nous le ramener sain et sauf. »

Soulignant que personne ne vivra en sécurité dans un pays où il n’y a pas de justice, Elvan a appelé tout le monde à faire preuve de sensibilité et [aux autorités] à expliquer ce qui est arrivé à son neveu Gökhan Güneş

ANF

IRAN. Une poétesse kurde menacée d’avoir la langue tranchée

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IRAN / ROJHILAT – Des agents de sécurité iraniens ont kidnappé la jeune poétesse kurde, Taraneh Mohammadi, à Baneh, et l’ont menacée de lui couper la langue si elle continue d’écrire des poèmes. Cela intervient après que la jeune femme ait déclaré sur Instagram qu’elle ne se considérait pas faire partie de l’Iran mais du Kurdistan.

Le lundi 11 janvier 2021, les forces de sécurité iraniennes de la ville de Baneh ont tenté de kidnapper la jeune poétesse et écrivaine kurde Taraneh Mohammadi, 21 ans, surnommé «Tanya» (seule). Elle a été emmenée hors de la ville, harcelée et menacé par l’un des agents qui l’a menacée de lui couper la langue si elle continue à écrire des poèmes.

Selon une source proche de la famille de Mohammadi, qui ne voulait pas être identifiée pour des raisons de sécurité, Tanya a dit à sa famille que: « Quatre personnes (les forces de sécurité iraniennes) se trouvaient dans une voiture MVM blanche aux vitres fumées (…). Après avoir fait un long trajet en voiture, ils m’ont emmenée hors de la ville et sans rien dire et ils ont commencé à me menacer et à m’insulter. Après environ deux heures, ils m’ont de nouveau mis le sac sur la tête et m’ont abandonnée dans l’un des quartiers proches de chez nous. »

La source a ajouté que Tataneh Mohammadi avait été menacée par des appels téléphoniques avec des numéros anonymes au cours du mois dernier et avait été convoquée et interrogée à plusieurs reprises par les services de renseignement et de police iraniens à Baneh. 

L’enlèvement et la menace de la jeune poétesse sont survenus après qu’elle a déclaré, lors d’un échange en direct sur Instagram avec Hila Sediqi, que: « J’ai lu un poème dans une langue commune [persan]. » En réponse à Hila Sediqi a demandé: « Que voulez-vous dire par un langue commune? Cela signifie que vous ne vous considérez pas comme appartenant à l’Iran, mais au Kurdistan. » Elle a répondu: « Oui, vous avez raison. Je me considère appartenir au Kurdistan. » (Elle a également été en direct avec l’éminent chanteur kurde, Najmadin Gholami.) 

 Taraneh Mohammadi, 21 ans, est née à Baneh et est actuellement étudiante en travail social à l’Université Mahabad. Elle parle couramment le kurde, le persan et l’anglais.

 Taraneh a commencé à composer de la poésie à l’âge de 16 ans et est très populaire parmi les jeunes du Kurdistan. Le contenu de ses écrits et poèmes porte principalement sur les droits nationaux des Kurdes, les droits des femmes, les enfants et le mariage forcé.

Hengaw Human Rights Organization

IRAN. Poursuites judiciaires contre les membres d’un groupe de musique féminin kurde

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IRAN / ROJHILAT – Les musiciennes du groupe féminin kurde « Glaris » ont été arrêtées à Kirmanchah par le régime iranien qui les a relâchées jusqu’à la fin de leur procès intenté pour des «comportements contraires aux mœurs» suite, entre autres, à des clips vidéos publiées par le groupe.
 
Le bureau du procureur de Kermanshah (Kirmaşan) a intenté une action en justice contre cinq membres du groupe de musique féminin kurde Glaris en raison de leur performance conjointe avec une chanteuse et de la publication de clips vidéo de la performance en ligne.
Les membres du groupe avaient auparavant été convoquées par la «police des mœurs» islamique de la ville pour une raison similaire et interrogées sur leurs activités artistiques après avoir publié des vidéos d’une chanteuse interprétant une chanson.

Une source fiable à Kirmanchah a déclaré: « La musicienne principale du groupe de musique Glaris, Elham Yazdanipour, ainsi que les quatre autres membres, Samira Farahnaki, Nastaran Yazdanipour, Nazanin Atabaki et Malihe Moradi ont été informées des accusations intentées contre elles, dans l’un des bureaux du procureur de Kermanshah, en raison de leur performance conjointe avec une chanteuse. »

Selon cette source, avant l’interrogatoire mentionné et après la sortie d’un clip vidéo de ce groupe à l’occasion de la nuit de Yalda, tous les membres du groupe de musique Glaris ont été convoquées deux fois par téléphone au commissariat de «police des mœurs» islamique de Kermanshah. Les processus d’interrogation et d’enquête les ont obligées à s’engager par écrit à ne pas utiliser de chanteuses dans leurs performances et vidéoclips.

Évoquant l’interdiction du chant des femmes et les restrictions en Iran sur les activités des femmes dans le domaine de l’art et de la musique, Mme Fatemeh Karimi, directrice du Kurdistan Human Rights Network, a déclaré: « Outre les barrières de la tradition et de la normalité dans la société, qui sont des obstacles importants à la manière dont les femmes chantent et se tournent vers la musique, les lois et les politiques de la République islamique [d’Iran] sont les obstacles principaux et les plus sérieux pour les femmes dans ce domaine. Selon la loi iranienne, les concerts donnés par des chanteuses ne sont autorisés que pour le public féminin et les chanteuses ne peuvent se produire que comme choristes de renfort lors de concerts publics pour chanteurs masculins. (…) La délivrance d’une autorisation pour des concerts de chanteuses pour un public féminin dans des villes autres que Téhéran est soumise à beaucoup plus de restrictions et d’obstacles. »

Mme Karimi, chercheuse spécialisée dans les questions féminines, a en outre souligné que le Ministère de la culture et de l’orientation islamique est chargé de superviser les productions artistiques et musicales. Karimi a déclaré que la convocation des membres du groupe Glaris par la «police des mœurs» islamique était conforme à la sensibilité du gouvernement aux activités artistiques et à ses efforts pour empêcher les femmes de chanter. Elle a ajouté: «En appliquant des lois non écrites et en citant les fatwas des références religieuses chiites, les autorités de la République islamique [d’Iran] veulent empêcher les femmes de se produire en solo et arrêter leurs activités artistiques sous forme de concerts et de production de clips vidéo. Cependant, [les] femmes n’ont ni succombé aux coutumes sociales patriarcales, ni cédées aux politiques sexistes de la République islamique. Et malgré divers obstacles, elles sont entrées dans le domaine du chant. Le nombre de ces femmes a augmenté ces dernières années, en particulier au Kurdistan.»

Le groupe de musique féminin Glaris a été formé en 2017 dans la ville de Kermanshah et a réalisé divers concerts dans différentes villes ainsi que dans la région du Kurdistan irakien. L’année dernière, le groupe a refusé une invitation d’une chaîne de télévision turque car elle coïncidait avec l’offensive militaire turque contre le Kurdistan de Syrie, également connue sous le nom de Rojava.
 

ROJAVA. Les forces turco-jihadistes ont tué deux enfants et une femme à Tall Rifaat

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SYRIE / ROJAVA – Les forces turco-jihadistes ont tué deux enfants et une femme à Tal Rif’at qui abrite des réfugiés kurdes ayant fuit Afrin après l’invasion turque.

Le district de Tal Rif’at, dans le canton de Shahba, vient d’être attaqué par les forces d’occupation turques et les groupes de mercenaires affiliés avec des obus de mortier.

Trois civils dont deux enfants et une femme ont été tués tandis que six autres civils ont été blessés par l’attaque des forces occupantes turco-jihadistes.

Maged Yasser Sakran, 5 ans, Ebid al-Mohsen Sakran, 12 ans, et Nazliye Mohamed Mustafa, une femme réfugiée d’Afrin, ont été tués dans les bombardements turcs.

Sakran, Aliya, Haydar Habash, Xaled Mohamed al-Aliya, Sadeq Mohamed Habash et Mohamed Reshid ont été blessés dans les bombardements.

Ceci n’est pas le premier massacre de Tal Rifaat perpétrés par les forces d’occupation turques et les mercenaires affiliés. Le 2 décembre 2019, un autre attaque a été menée contre les personnes déplacées d’Afrin vivant à Tal Rifaat qui a fait 10 morts civils, principalement des enfants, en plus de 12 blessés.

ANHA