La France veut expulser un Kurde vers la Turquie

La France veut expulser vers la Turquie un Kurde qui avait combattu DAECH au Rojava.
 
Huseyin, un Kurde du Kurdistan du Nord avait déserté l’armée turque pour rejoindre les forces kurdes du Rojava pour combattre DAECH. Par la suite, il s’est réfugié en France pour échapper à la prison en Turquie, mais sa demande d’asile a été rejetée et il a reçu l’ordre de quitter la France.
 
Aujourd’hui, après ses refus répétés pour ne pas faire le teste du COVID19 préalable à son expulsion vers la Turquie, le jeune Kurde a été condamné à 3 mois de prison.
 
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Glossaire des groupes révolutionnaires turco-kurdes et de leurs satellites, de 1919 à nos jours

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TURQUIE / BAKUR – PKK, PJAK, PYD, YPJ, YPG…, le journaliste Emile Bouvier a répertorié les noms des dizaines de groupes révolutionnaires kurdes (qui débordent des frontières de la Turquie pour embraser les autres parties du Kurdistan, dont le Rojava « syrien ») et turcs de ces cent dernières années. A découvrir sur le site Les clefs du Moyen-Orient 

La Turquie ne peut pas détruire la résistance des femmes kurdes

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TURQUIE / BAKUR – En deux jours, deux militantes éminentes du mouvement des femmes kurdes en Turquie, Ayşe Gökkan et Zeynep Ölbeci, ont été arrêtées. Pour le Mouvement des femmes kurdes en Europe, cela fait partie de la politique ethno-féminicide du régime turc.
 
Le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) a publié une déclaration suite à l’arrestation par le régime turc de la porte-parole du TJA (Mouvement des femmes libres) Ayşe Gökkan et de l’activiste de la TJA Zeynep Ölbeci accusées de terrorisme. TJK-E a rappelé que Gökkan a déjà été arrêtée 83 fois et jugée 600 fois, rajoutant que : « Ayşe Gökkan est une militante internationale très connue qui mène une lutte inlassable pour la démocratisation de la société en Turquie et au Moyen-Orient. Dans les plateformes et conférences internationales des femmes, elle a apporté une contribution significative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et à la participation influente des femmes aux processus politiques. Nous condamnons cette guerre brutale contre les femmes qui luttent pour une société libre! (Mouvement des femmes kurdes en Europe), avec notre campagne « 100 raisons de poursuivre Erdogan! », Nous discréditerons et exigerons des comptes non seulement pour les crimes commis contre les femmes assassinées, mais aussi contre les femmes dont le régime a peur et veut donc silence. Ils peuvent emprisonner de plus en plus d’activistes – nous savons que la raison en est leur peur du Mouvement des femmes libres (TJA), qui mène une lutte imparable contre le régime du système patriarcal ! (…) »
 

IRAN. Les mollahs ou le pouvoir par la terreur

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IRAN / ROJHILAT – Les mollahs iraniens ont intensifié la répression visant les Kurdes d’Iran depuis le début de l’année 2021 en arrêtant près de 100 activistes et civils kurdes en deux semaines. Bien que moindre, cette répression frappe toute la société iranienne alors que la colère des Iranien.es appauvris de jour en jour ne fait que grandir devant la dictature théocratique du régime iranien dont la « réponse » est toujours plus de terreur, y compris la pendaison des manifestants anti-régime. C’est dans ce contexte que le coprésident du Parti pour une vie libre au Kurdistan (Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê – PJAK), Siamand Moini a accordé un entretien au site d’info ANF au sujet de la vague de répression du régime iranien au Rojhilat, les changements en cours dans la région et l’approche américain concernant l’Iran avec l’arrivée au pouvoir de Joe Biden. Siamand Moini Au Rojhilat, de nombreux étudiants et militants ont été arrêtés ces dernières semaines et la répression contre le peuple kurde s’est intensifiée. Que craint l’Iran et que peut-on faire contre ces attaques? Les arrestations de militants civils au Rojhilat ont récemment mis à jour une fois de plus la politique hostile du régime. L’un des objectifs des dirigeants iraniens est de créer la peur entre les peuples du Kurdistan et d’Iran. Depuis la création de la République islamique d’Iran il y a plus de 40 ans, les massacres de personnes épris de liberté au Kurdistan se sont poursuivis. Le gouvernement considère les Baloutches, les Arabes, les Turkmènes, les Azerbaïdjanais et les Kurdes d’un point de vue chauvin. Les Baloutches, les Arabes et les Kurdes en ont payé le prix fort. Selon les organisations de défense des droits humains, la plupart des personnes arrêtées et exécutées appartiennent à ces trois personnes. Cela témoigne de la vision chauvine du régime en Iran. Le peuple kurde doit se défendre contre ces attaques et prendre position contre les actions de l’Iran au Kurdistan. Il doit exprimer clairement sa protestation partout et montrer que la société kurde est debout parce qu’elle n’accepte ni l’oppression ni l’injustice. Les gens devraient visiter les familles des prisonniers politiques et ne pas les laisser seuls pendant cette période. C’est une méthode de lutte contre l’oppression du régime iranien. Lorsque les gens protestent de manière organisée, l’État doit ramer. Chacun doit être conscient que le système au pouvoir continuera tant que la population ne s’organisera pas. Par conséquent, chacun doit s’organiser dans l’esprit du paradigme de la liberté et se préparer à un changement à l’avenir. Que signifie le changement de gouvernement aux États-Unis pour l’Iran? Quelle influence ce changement aura-t-il sur la politique iranienne? La politique américaine sur l’Iran est claire. À ce jour, rien n’a été fait pour provoquer un changement de pouvoir en Iran. Ni sous Obama ni sous Trump il n’y a eu de projets pour cela. Les États-Unis peuvent éventuellement changer leur politique iranienne et chercher à améliorer les relations dans la région, mais cela ne signifie pas que l’agenda américain inclut un changement de pouvoir en Iran. Les États hégémoniques poursuivent leurs propres intérêts dans la région. Nous vivons à une époque d’importance historique. La façon dont les choses vont changer dépend également de l’engagement des gens. Si l’importance de cette période est comprise et mise en œuvre, des conditions d’or peuvent émerger à Rojhilat. Je m’attends à ce que Joe Biden maintienne et même augmente la pression sur l’Iran. L’Iran a récemment traversé une crise après l’autre. Le régime dictatorial a perdu le soutien de larges pans de la société et perd chaque jour de plus en plus de légitimité au niveau religieux, politique et social. Le peuple iranien devrait à nouveau oser se révolter comme il l’a fait en 1999, et les peuples épris de liberté devraient jouer un rôle important dans l’instauration du changement. Quel genre de position le peuple kurde devrait-il prendre à ce moment? Le peuple kurde doit se préparer dès maintenant aux changements futurs. Ils doivent se développer et construire des structures locales autodéterminées et des forces de défense en utilisant des méthodes démocratiques. Si cela peut être fait, une opportunité historique se présentera. Notre peuple ne peut pas réussir avec les politiques d’il y a cent ans. Par conséquent, tous les quartiers kurdes doivent remplir leur rôle en ce moment. Cette opportunité ne doit pas être manquée, pour cela nous devons lutter contre les ennemis de la liberté. Le Mouvement de libération du Rojhilat a publié deux déclarations dans le passé. Il n’y a eu aucune réponse positive de l’Iran. Que se passera-t-il si l’Iran poursuit sa politique de déni et d’anéantissement? Notre mouvement a toujours été en faveur du dialogue sur une solution aux problèmes existants. La question kurde au Rojhilat est un problème politique qui doit être résolu. Cependant, la République islamique d’Iran ne veut pas de solution et son traitement du peuple kurde est inacceptable. Nos gens sont à la recherche de solutions en cette période de changement dans la région. Leurs demandes ne peuvent plus être ignorées. Les peuples épris de liberté n’acceptent plus l’attitude chauvine du régime; ils y résistent. Nous pensons qu’un système de gouvernement démocratique en Iran serait utile et pourrait démocratiser toute la région. Comment se déroule la campagne « Time for Freedom » à Rojhilat? Comment les gens et les politiciens du Rojhilat et d’Iran y réagissent-ils? La société est toujours vivante et recherche la liberté. Les états dictatoriaux et les systèmes réactionnaires entravent le peuple et créent des conflits. Par conséquent, il y a toujours un conflit entre la société et ceux qui sont au pouvoir. La population veut la liberté et est prête à faire des sacrifices pour cela. Les gouvernements dictatoriaux protègent toujours les intérêts d’une seule section de la société. Ils ont souvent dû ramer face aux protestations de la population. Les gouvernements qui ont peur de la volonté du peuple utilisent diverses méthodes pour briser cette volonté. Récemment, le régime iranien a lancé une grande vague d’attaques contre des militants civils. Des centaines de personnes ont été détenues et arrêtées. Les arrestations visent à empêcher une avant-garde sociale de s’organiser. Les gens doivent être intimidés. Les dirigeants craignent la lutte pour la liberté et veulent maîtriser ce mouvement. Tout ce que je peux dire à cela, c’est qu’aucun système ne peut conserver le pouvoir pendant longtemps en assassinant et en terrorisant la société. Dans la mesure où les habitants du Rojhilat s’organisent, ils peuvent arrêter le gouvernement et se rapprocher de la liberté. ANF

ROJAVA. « La ceinture turco-daechienne remplace la ceinture arabe »

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SYRIE / ROJAVA – « La démographie des terres les plus stables et les plus sûres de Syrie est modifiée par le plan conjoint de l’ONU, des États-Unis, de la Russie et de l’Union européenne. La « ceinture arabe », qui avait été construite par le régime Baas, a été transformée en une « ceinture turco-daechienne » par le réseau international de pyromanes », écrit le journaliste kurde Ferda Çetin dans l’article ci-dessous.

Un jeu de dupes qui se déroule insidieusement sous les yeux de tous Les acteurs sont « respectés », donc ses illusions sont plus que prévues. Au Rojava, les Kurdes et d’autres peuples sont expulsés de leurs terres où ils vivent depuis des centaines d’années. Ces terres ont été prises aux propriétaires remis à la Turquie et à DAECH. La Chambre des représentants américaine, l’ancien président de la Commission des affaires étrangères Eliot Engel, a décrit l’ancien président américain Donald Trump comme « un pyromane se faisant passer pour un pompier ». Il y a tellement de pyromanes … La démographie des terres les plus stables et les plus sûres de Syrie est en train de changer grâce au plan conjoint des Nations unies (ONU), des États-Unis, de la Russie et de l’Union européenne (UE). La « ceinture arabe », autrefois construite par le régime Baas, est maintenant transformée en une « ceinture turco-daechienne » par le réseau international de pyromanes. À la frontière entre la Syrie et la Turquie, 50 000 maisons construites à Mashhad constituaient une partie importante de ce plan. Le premier objectif de ce puzzle est de construire des logements pour 1 million de réfugiés dans la « zone de sécurité ». Si rien n’est fait pour les empêcher, ces villes seront agrandies le long de la frontière. La « ceinture turco-daechienne » créée dans le nord de la Syrie et au Rojava n’est pas achevée ; elle est mise en place étape par étape, les peuples de la région et le public mondial s’y habituent. Souvenons-nous : Le 18 janvier 2018, la Russie a ouvert son espace aérien à l’aviation turque, amenant des troupes à la frontière syrienne. Deux jours plus tard, l’armée nationale syrienne (SNA ou ANS), formée par l’armée turque et les groupes armés qui lui sont affiliés, a occupé Afrin. Le 7 octobre 2019, l’administration américaine a annoncé le retrait de ses forces militaires en Syrie. Le 9 octobre 2019, les terres et l’espace aérien à l’est de l’Euphrate ont été ouverts à l’État turc. La Turquie, ainsi que les gangs de DAECH qui étaient à Serêkaniyê sont entrés et ont occupé Gire Spî. Le président turc Erdoğan a annoncé lors de la 74e Assemblée générale de l’ONU que la frontière syrienne serait transformée en « zone de sécurité ». Bien qu’il s’agisse d’une violation de la souveraineté de l’État, ni le Secrétaire général ni les membres de l’ONU n’ont émis d’objection. Au contraire, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déclaré qu’il soutenait l’invasion en disant : « L’ONU examinera les plans de zone de sécurité que l’État turc établira dans le nord de la Syrie », après sa rencontre avec Erdogan à Istanbul le 31 octobre 2019. La chancelière allemande Angela Merkel a non seulement fourni toutes sortes de soutiens politiques et économiques à l’État turc, mais a également convaincu les pays de l’Union européenne de ce plan. Merkel a également convaincu les membres de l’Union européenne qui veulent réduire l’aide financière, de verser des aides supplémentaires à la Turquie. Il y a trois jours, Merkel a fait un pas de plus et a levé les sanctions contre la Turquie. Au Rojava, la ceinture turco-daechienne a été menée ouvertement. En fait, tout le monde savait que le capitaine ment et a vu que les dés étaient pipés. J’avais écrit dans cette rubrique le 8 novembre 2019 ; « Les Kurdes et les peuples du nord de la Syrie seront expulsés de Serekaniyeê et Girî Spî et exilés dans les déserts syriens ; les bandes de violeurs, de pilleurs et de voleurs de DAECH seront placées sur leurs terres. La sensibilité de la Turquie qui tente de couvrir d’un mensonge est liée à sa sensibilité concernant la sécurité des frontières et l’affaire du terrorisme. Ce plan n’a pas de secret ». Ils veulent mettre fin à leurs économies et productions autosuffisantes et les rendre dépendants. Si ce plan est mis en œuvre, Erdogan construira des bâtiments pour les réfugiés et des villes avec le TOKI sur les terres abandonnées par les Kurdes. Les gangs de DAECH vivront dans leurs nouveaux lieux « dans la paix et la joie ». Ainsi, l’afflux de réfugiés en Europe, en Russie et dans le Caucase sera évité. C’est le plan et les avantages communs de ceux qui soutiennent ouvertement et secrètement l’occupation turco-daechienne. L’observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) basé en Grande-Bretagne a déjà annoncé que 50 000 mercenaires de DAECH combattaient activement en Irak et en Syrie. Tous les combattants sont morts ? Se sont-ils tous évaporés ou sont-ils devenus invisibles ? Bien sûr que non. Ils continuent à se battre pour la Turquie à Idlib, au Karabakh et en Libye. Les Nations unies, les États-Unis, la Russie, l’Allemagne et l’Union européenne savent très bien qu’ils sont sous le contrôle de la Turquie et savent très bien que c’est un crime au regard du droit international. Après la guerre de Libye, ils ont trouvé une « nouvelle » tactique pour ne pas voir la vérité en face : des forces militaires sous le contrôle de la Turquie [au lieu de dire que ce sont des mercenaires islamistes enrôlés par la Turquie]. On attend un bénéfice de cette vulgarité : Ces mercenaires, dont ceux d’Al-Qaïda, d’Al Nosra ou de DAECH, sont des terroristes selon la communauté internationale et devront être capturés, jugés et sanctionnés. L’État turc, qui est leur principal soutien, fera inévitablement l’objet d’un jugement international. En inventant le terme « les forces militaires turques », ils supposent que le meurtre, le vol, le pillage et le viol n’ont pas eu lieu ; par conséquent, DAECH et la Turquie seront acquittés. (…) Qu’est-ce qui rapproche ces forces qui ont des contradictions profondes et irréconciliables en Syrie ? Que peut-on faire contre ce grand siège et cette grande hostilité ? (…) La version anglaise est à lire sur le site ANF

Tentatives du sabotage de la révolution féministe du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Le 22 janvier dernier, des mercenaires de DAECH ont assassiné Saada al-Hermas, coprésidente du conseil municipal de Tel al-Shaer, et son adjointe, Hind al-Khudair, dans le canton kurde d’Hasakah. Un nouvel acte criminel ciblant le projet de libération des femmes promu par la révolution du Rojava.  
Saada al-Hermas et Hind al-Khader
La responsable de l’organe responsables des droits des femmes au sien de l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, Jihan Khedro, a déclaré : « (…) nous condamnons et dénonçons [l’assassinat des politiciennes] Saada al-Hermas et Hind al-Khudair, dans le district d’al-Dashisha, au sud du canton d’al-Hasakah (…) et nous disons que notre marche se poursuivra jusqu’à la victoire et la libération des femmes ».
Jihan Khedro
Cibler la liberté des femmes Jihan Khedro a expliqué que ce crime « vise principalement à créer de la confusion et à répandre la terreur pour revenir sur cette volonté, sans parler d’instiller la peur dans le cœur des femmes qui travaillent dans les institutions de l’Administration autonome, afin de contrecarrer ce projet démocratique qui croit et vise la liberté des femmes en premier lieu ». Elle a poursuivi : « Tout le monde sait que les femmes des régions du nord et de l’est de la Syrie sont devenues un exemple à suivre par le monde entier, et les ennemis du projet de l’Administration autonome, qu’il s’agisse de l’État turc ou de cellules affiliées au gouvernement syrien, visent à briser ce projet ». L’adhésion des femmes Jihan Khedro a ajouté : « Depuis la libération des régions du nord-est de la Syrie des terroristes de DAECH par les Forces démocratiques syriennes (…) les femmes, surtout les femmes arabes, ont rejoint en nombre le projet de l’Administration autonome, et de ce fait, les succès révolutionnaires et les valeurs de lutte dont elles bénéficiaient ont fait peur [aux ennemis du Rojava], par ce projet qui vise la liberté des femmes ». L’Administration autonome distinguée par la place des femmes La responsable du corps des femmes dans l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est , Jihan Khedro, a évoqué le ciblage des femmes et a déclaré « Les ennemis ciblent les femmes pour briser et contrecarrer ce projet, et parce qu’ils savent très bien que depuis sa création en 2014, sa continuité et sa force résident dans la présence des femmes dans tous les bureaux, organes et comités de l’Administration autonome. Donc ils essaient toujours de cibler les femmes qui sont organisées, qui réussissent et qui vont vers ce véritable projet démocratique ». Jihan Khedro a ajouté: « Nous, le corps des femmes du Nord et de l’Est de la Syrie et les femmes de cette région, suivrons les pas des martyrs qui sont tombés pour la liberté de la région en premier lieu et la liberté des femmes en particulier ». Une volonté forte La responsable du corps des femmes dans le nord et l’est de la Syrie, Jihan Khedro, a également condamné le silence international et le silence des organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme au sujet de ces massacres commis contre les femmes dans les régions du nord et de l’est de la Syrie, citant l’assassinat de militantes dans la campagne de Kobane, Zahra Berkel et ses camarades, et l’assassinat de la secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, Hevrin Khalaf. Elle a attribué ces cibles au fait qu’ « ils considèrent la libération des femmes comme une menace pour eux ». Jihan Khedro a expliqué que tous les crimes commis par l’Etat turc s’ajoutent aux crimes des mercenaires de DAECH, Jabhet al-Nusra, et d’autres qui tentent de saper la volonté des femmes. Elle a souligné que « cette volonté nous incite à rester unis contre les violations commises par les factions terroristes, avec le soutien du régime turc et des groupes extrémistes engagés par lui ». Adhésion au projet de 11 000 martyrs La responsable du corps des femmes dans l’administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, Jihan Khedro, a conclu son discours en disant « Nous insistons et adhérons de plus en plus à notre projet démocratique, qui a été construit avec le sang de plus de 11.000 martyrs dans les régions du nord et de l’est de la Syrie, et nous y croyons. Nous, les femmes en premier lieu, devons préserver les acquis de nos martyrs et les sacrifices des femmes ». ANHA

Empreinte et rôle des femmes au sein de l’Administration autonome du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – La coprésidente de l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, Berivan Khaled, déclare que les femmes travaillant au sein de l’Administration autonome ont un rôle claire et tangible visant à encourager les femmes à jouer leur rôle actif dans la société et qu’elles lutent pour protéger les acquis des femmes et se débarrasser de la mentalité autoritaire.

Afin d’évaluer deux ans d’activité et de travail des femmes au sein de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, l’agence ANHA a interviewé la coprésidente kurde de l’Administration autonome, Berivan Khaled, qui a attiré l’attention sur le rôle des femmes au sein de l’administration, soulignant les difficultés auxquelles elles sont confrontées, tout en insistant sur l’importance de l’influence et de la présence positive des femmes dans l’Administration et au coeur de l’appareil de décision.

Comment les femmes se sont-elles organisées au sein de l’administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, et comment pouvez-vous évaluer leur statut dans les deux ans qui suivent la création de l’administration ?

Les femmes au sein de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est, ainsi que des organisations civiles, ont assumé leur rôle dans tous les domaines, que ce soit dans la sphère politique, économique et militaire, et ont pris leur rôle de premier plan dans le domaine administratif.

Les femmes se sont organisées au sein de l’Administration autonome depuis le début de son annonce, d’abord dans les régions d’al-Jazira, d’Afrin et de l’Euphrate, puis dans les Administrations civiles de Tabqqa, Raqqa, Manbij et Deir Ezzor (…).

Cette organisation était au niveau de la co-présidence dans tous les organes, bureaux et comités, et au niveau des députés sous le nom de Coordination des femmes dans l’administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.

Qu’est-ce que la présence des femmes a changé dans l’administration autonome et qu’est-ce qu’elle y a ajouté ?

Les femmes ont une empreinte claire dans l’administration en général, et une présence positive et efficace dans tous les aspects, qu’ils soient administratifs ou organisationnels, même s’ il y a des obstacles, des difficultés auxquelles elles sont confrontées lors de leur participation aux coprésidences, le fait que les femmes dans notre société souffrent de la mentalité masculine qui n’accepte pas leur rôle au niveau de la coprésidence (…) au centre de décision et de responsabilité.

Bien sûr, les femmes font partie de la société, elles en représentent le segment le plus important, elles ont fait face à des difficultés et à des défis, et ont beaucoup souffert en 2020, tout comme la société en général, mais leur souffrance a été plus grande, et malgré les difficultés, les obstacles et les critiques, elles ont eu un rôle de premier plan et une empreinte claire dans tous les domaines. Grâce aux directives, à l’adhésion des femmes à leur essence et à l’esprit de responsabilité pour la protection de leurs acquis et de ce projet – car elles sont les premières responsables de la protection de ce projet et des acquis des femmes au sein de la révolution de la Syrie du Nord et de l’Est – les femmes ont joué un rôle positif dans tous les domaines de l’administration, qu’elle soit militaire, administrative, politique ou sociale, et ont en quelque sorte réussi à surmonter ces difficultés avec l’esprit des femmes libres.

Comment les femmes luttent-elles contre la mentalité masculine par leur présence dans l’administration autonome ? Comment jouent-elles leur rôle dans la correction des idées fausses que les régimes en place ont transmises à nos sociétés et ont confondu le pouvoir et l’administration ?

Les régimes au pouvoir avaient un concept et une orientation clairs, à savoir la représentation de l’autorité de l’homme sur les femmes et la société. L’homme est celui qui supervise, gère et préside, mais l’Administration autonome a pu surmonter cette mentalité en appliquant le principe de la coprésidence dans tous les organes, bureaux et conseils, qu’il s’agisse du Conseil exécutif, législatif ou judiciaire, et les femmes ont eu un rôle clair à jouer à cet égard.

Ce n’est un secret pour personne que la mentalité autoritaire imposée par les régimes au pouvoir souffre, tandis que les femmes la dépassent dans un esprit de responsabilité, de sensibilisation, de formation et d’éducation, et en se débarrassant de cette mentalité et en formant les hommes à leurs côtés. Pourtant, nous souffrons toujours de cette mentalité parce que les autorités au pouvoir ont beaucoup travaillé pour ancrer ces idées dans les esprits et au plus profond de la société, Il est donc difficile de les surmonter en quelques années seulement, il y a une lutte permanente et un chemin ardu devant nous, et les femmes de l’Administration autonome et de tous les domaines de la révolution dans le nord et l’est de la Syrie doivent travailler et intensifier leurs efforts pour se débarrasser de cette mentalité.

Comment les femmes freinent les conflits autoritaires et ne cherchent pas à transformer l’administration en pouvoir ?

Les directives se poursuivent par la tenue de réunions d’organisation, de cours de formation, de dialogues et de sessions de sensibilisation pour que les femmes se débarrassent des conflits autoritaires imposés par les régimes au pouvoir, et pour qu’elles assument leur rôle d’administratrices et non d’autoritaires, contrairement à ce que les autorités au pouvoir tentent de consolider dans l’esprit de la société.

La participation des femmes à l’administration a-t-elle motivé les femmes d’autres régions à revendiquer leurs droits dans l’administration ?

Les femmes au sein de l’Administration autonome et de ses régions ont un rôle clair et tangible à jouer pour encourager les femmes de toutes les villes et du monde entier à assumer leur rôle dans la société, et à prendre le modèle de l’Administration autonome comme modèle de base pour elles dans l’administration en Syrie en général et dans le nord et l’est de la Syrie en particulier, ainsi qu’au niveau du Moyen-Orient.

Quel soutien l’administration autonome, en tant que partie responsable, apporte-t-elle aux organisations de femmes dans le nord et l’est de la Syrie ? Existe-t-il un soutien particulier pour réduire la violence ?

Il existe des organes et des comités de femmes dans les administrations autonomes et civiles au niveau du nord et de l’est de la Syrie, et il existe des organisations de femmes et des organisations de la société civile dans le nord et l’est de la Syrie qui ont une coordination permanente avec ces organes et comités, en plus des campagnes de sensibilisation conjointes entre les deux parties, en plus du soutien apporté à toutes les organisations de femmes, qu’il soit moral, promotionnel ou financier.

Quels sont les avis que vous suivez sur l’administration en général et la participation des femmes à celle-ci en particulier, quelles délégations diplomatiques recevez-vous toujours ? Lors de vos échanges avec elles, comment trouvez-vous la position de l’Administration autonome auprès de ces délégations ?

Lorsqu’une délégation étrangère vient dans les régions de l’Administration autonome, elle est éblouie par le système de l’Administration autonome, en particulier par l’empreinte évidente des femmes au sein de cette administration avec tous ses organes, leur participation effective à tous les aspects de l’Administration autonome et la loi sur les femmes qu’elles admirent.

Ces délégations ont des opinions et des perspectives particulières sur le rôle des femmes et leur participation dans l’Administration autonome, et sur le modèle de l’Administration autonome en général, ce modèle qui découle du leadership des femmes.

Quelles sont les principales réalisations des femmes en 2020 ?

Au cours des années de vie de l’Administration autonome, les femmes ont connu des avancées et des réalisations dans les régions du nord et de l’est de la Syrie, à commencer par la loi sur les femmes, sa ratification et son application dans les régions du nord et de l’est de la Syrie pour protéger leurs droits et leurs devoirs, jusqu’au système de coprésidence, les femmes assumant leur rôle dans tous les domaines, bureaux et organes de l’Administration autonome, et leur leadership dans la révolution du nord et de l’est de la Syrie.

Il existe plusieurs acquis et projets pour les femmes du nord et de l’est de la Syrie, mais au niveau de 2020, plusieurs défis se posent aux femmes en particulier, et aux peuples du nord et de l’est de la Syrie en général, notamment des défis économiques, politiques et sociaux, et parmi eux des défis sanitaires auxquels le monde entier est confronté, comme le virus Corona qui a dominé le système de santé dans le monde, en plus du défi le plus difficile qui est les attaques de l’État turc sur les régions du nord et de l’est de la Syrie, qui ont affecté le travail de l’Administration autonome en général, et le travail des femmes en particulier.

ANHA

 

Le Front islamique du grand Orient, un des deux mouvement terroristes islamistes turcs

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TURQUIE / BAKUR – Pour ceux qui ne connaissent pas les organisations islamistes turcs qui agissent en étroite collaboration avec l’État turc pour détruire le mouvement de libération kurde, l’article suivant écrit par Emile Bouvier est pour vous. « L’organisation [Le Front islamique du Grand Orient] fonctionne sur deux volets : l’un légal et l’autre clandestin. Le volet légal est celui, essentiellement, de la presse et de la communication : les militants y conduisent des activités de propagande en publiant des livres, des revues, des magazines, en organisant des réunions politiques et en alimentant les différentes plateformes de propagande en ligne, au premier rang desquelles le site officiel de l’IBDA-C*. Le mouvement publie ainsi depuis 2001 un journal appelé « Beklenen Yeni Nizam » (« Le Nouvel Ordre attendu ») et « Kaide » (« Al-Qaeda ») dans lequel les activistes du mouvement apportent leur soutien plein et entier à Al-Qaeda. Le volet clandestin, quant à lui, est celui des militants convaincus et endoctrinés, prêts à passer à l’action armée de façon indépendante. Formant de petite cellules de trois ou quatre personnes maximum, ces unités revêtent des noms de guerre comme « Ultra force », « Altınordu », « Lazistan » ou encore « Union des révolutionnaires soufis ». *Le Front islamique du Grand Orient (en turc: İslami Büyükdoğu Akıncılar Cephesi, IBDA-C, Combattants du front du Grand Orient islamique) A lire sur Les Clés du Moyen-Orient 

Comment la Turquie a fait table rase de la présence officielle des Kurdes et des autres minorités?

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Il y a presqu’un siècle, le sanguinaire Ataturk, vu de l’Occident comme le fondateur de la Turquie « moderne », a mis officiellement fin à l’existence des Kurdes en les faisant passer pour des « Turcs des montagnes », en interdisant leur langue, en commettant des massacres à Zilan, dans la région kurde-alévie de Dersim, et changeant les noms de leurs localités, etc. Un siècle après ces génocides ethnique, linguistique, culturelle, des millions de Kurdes/Alévis du Bakur (Kurdistan du nord sous l’occupation turque) ont été assimilés. Mais des millions d’autres continuent à lutter pour leurs droits élémentaires sensés être protégés par les lois internationales dont la Turquie est signataire … En plus des Kurdes, les Arméniens, les Grecs et les Juifs, autres minorités non turques/sunnites de la Turquie, ont été massacrées et ou chassées du pays au fil des années. Charles Motais revient sur le triste destin des minorités dans une Turquie nationale/islamiste à travers son article intitulé « La Turquie et ses minorités » « En 1923, la Turquie reconnait officiellement trois minorités : les Arméniens, les Grecs et les Juifs. Les Kurdes, représentant pratiquement un quart de la population, sont déchus de leur droits politiques et sociaux provoquant le début d’une crise sociale sans fin. » A lire sur le site GEMONU  

La présence des femmes au sein des partis politiques kurdes

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En Occident, on parle volontiers des combattantes kurdes, de leur bravoure, de leur sens du sacrifice face à leurs ennemis sans foi ni loi, comme on l’a vu avec les soldats turcs ou les mercenaires islamistes qui les décapitaient, les torturaient, violaient, même après leur mort et, qui filmaient leurs actes barbares. Bien que moins médiatisées, les femmes kurdes se sont engagées également au sein de l’appareil politique kurde, malgré la répression étatique visant les partis politiques kurdes, d’où les arrestations des femmes politiciennes kurdes, y compris des députées et maires élues. Les chercheuses Fatemeh Karimi et Somayeh Rostampour se sont penchées sur la présence des femmes au sein des partis politiques et armés kurdes qui sont le PKK et le Komala dans leur article intitulé « La présence des femmes kurdes au sein des organisations politiques kurdes : le Komala et le PKK » Karimi et Rostampour concluent ainsi leur article : « Malgré la défaite du Komala sur les plans politique et armé et l’exil de nombreux·ses membres – notamment vers des pays européens au début des années 1990 –, la présence massive des femmes kurdes dans la vie politique et armée, à l’instar du cas des femmes du PKK, présente une rupture profonde dans le processus de la socialisation des femmes, confinées pour la grande majorité au statut d’épouse et de mères. Cela permet ainsi une reconfiguration dans la division sexuelle du travail au sein de la société kurde. La mort violente de centaines de femmes du Komala et du PKK tombées au combat (48 femmes pour le Komala et des centaines pour le PKK) ou assassinées en prison dans le cas de Komala (41 femmes) ou lors d’attaques-suicide parmi les combattantes du PKK (11 cas entre 1996 et 2013), prouvent que les femmes sont également capables de combattre et mourir pour leurs convictions politiques. En ce sens, elles constituent une rupture dans les normes de genre dominantes parmi la société kurde avant les années 1970. Dans les deux cas, loin des stéréotypes de genre considérant les femmes comme « vulnérables » ou « pacifiques », toutes les femmes peuvent choisir de participer à la branche armée. La volonté personnelle et les capacités physiques et mentales sont les seules conditions requises pour participer au domaine armé, marqué par la « masculinité » et la « non-mixité ». Les deux contribuent à modifier plusieurs normes de genre qui font du « sujet politique », « combattant », « peshmerga/guérilla », « martyr », des caractéristiques exclusivement « masculines ». Si les femmes peshmergas du Komala n’ont pas réussi, en une courte décennie marquée par un échec organisationnel, à remettre en question leur invisibilité dans leur organisation, c’est désormais chose faite pour les femmes du PKK. C’est avec la continuité/permanence de la lutte du PKK pendant plus de 40 ans, que le statut des femmes au fil du temps ainsi que leur visibilité ont pu évoluer en profondeur au sein de l’organisation. Si c’est au sein de Komala qu’émerge pour la première fois la figure d’une femme kurde combattante, c’est le PKK qui la popularise massivement comme un modèle pour les jeunes kurdes politisées, dans un idéal de style de vie lié à l’identité de genre. Le rôle des femmes au front est symboliquement reconnu et certains visages féminins sont progressivement héroïsés et iconisés à travers la lutte des femmes du PKK. » A lire sur le site RITIMO