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THÉÂTRE. Aram Taştekin, le conteur kurde des temps modernes

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PARIS – Aram Taştekin n’a que 32 ans, mais de ses épaules tombe une poussière centenaire chargée d’une tragédie nommée Kurdistan. Aram est le conteur kurde des temps modernes, assis sur une montagne d’histoires accumulées au fil des âges, faisant de lui le gardien de la mémoire collective kurde. Une mémoire orale qu’il retransmet au public en tant que comédien hors-pair, tout en la posant sur le papier en parallèle. L’enfant à mille et une blessures, Aram dont la devise est la résilience, s’est réfugié dans l’humour et les mots pour échapper aux maux qui le rongent depuis trop longtemps.
 
Aram Taştekin est un enfant kurde écorché vif, dont les yeux ont vu des horreurs semblables à celles qu’on voit dans des films de fictions interdits aux moins de 18 ans. En effet, l’enfant Aram a assisté à la torture des habitants de son village qui a été incendié par l’armée turque. Il a connu le génocide linguistique, l’exil forcé et de nombreuses arrestations à cause de son identité kurde. Et enfin, pour échapper à plus de 7 ans de prison à cause de ses activités artistiques au sein du théâtre municipal de Lice, dans la province d’Amed (Diyarbakir), il s’est réfugié en France avec l’aide d’un ami français, en 2017.
 

Aujourd’hui, « installé » à Paris, Aram ne sait plus où donner la tête entre son spectacle « Happy Dreams*, une histoire kurde » qui est joué dans plusieurs villes françaises, les invitations aux festivals, des cours de théâtres donnés à des artistes exilés à l’Atelier des artistes en exil et à des réfugiés à la Maison des Métallos, la rédaction de sa thèse universitaire pour son Master Théâtre qu’il suit à l’université PARIS VIII. 

Révolté par l’interdiction faite par les autorités turques de parler sa langue maternelle, Aram s’est mis à écrire ses textes exclusivement en kurde, il s’est réfugié dans sa langue maternelle et a voulu la faire vivre envers et contre tous. Aujourd’hui, il écrit ses textes en français car il monte sur la scène en France.

 

Malgré sa souffrance due à sa condition d’exilé, Aram n’est pas un homme à pleurer sur son sort et à rester à ne rien faire. En effet, en plus de toutes ses activités artistiques actuelles, Aram a un projet de création théâtral qui a pour sujet la vie d’Evdalê Zeynikê, un grand dengbêj (barde) kurde qui a vécu au XIXe siècle et qu’on l’avait surnommé l’Homère kurde) à l’université Paris VIII pour la saison 2020-2021. Pour l’anecdote, lors d’un concours de contes, Evdalê Zeynikê a battu le conteur officiel du Shah de l’Iran qui a tué son conteur après sa défaite. Aram a également un projet de livre autour des récits kurdes et pourquoi pas un film à terme.

 

De quoi parle « Happy Dreams*, une histoire kurde » ?

 

Dans « Une histoire kurde », drôle et touchant à la fois, Aram Tastekin nous emmène dans son village montagneux de Xarabguryan, au fin fond du Kurdistan, où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’Etat turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui vident le village.
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams ». Un voyage qui se termine quand Aram rencontre une troupe de théâtre kurde…
 

Malgré son sujet lourd, « Happy Dreams, une histoire kurde » nous fait rire grâce aux anecdotes – parfois drôles, souvent absurdes – qu’Aram nous raconte. Par exemple, l’obsession d’être un « vrai » Kurde (même pour sa mère à la colère terrible qui est une arménienne « auto-assimilée »), l’histoire ubuesque de trois bouteilles de coca, le petit garçon qui doit dire aux soldats turcs qu’il ne parle pas le turc, mais en turc, le spectacle « Un Kurde sur Mars » de sa troupe de théâtre qui fait un tabac à cause de son titre que l’armée turque considère comme un message subliminal faisant la propagande du PKK…

 
Lors du spectacle, on peut aussi entendre Aram chanter, en kurde et en turc, accompagné par le musicien Neşet Kutas qui joue de la tembûr et des percussions.
 
On peut voir ce spectacle au théâtre Kibélé, à Paris, le 3 avril prochain.

 

Berkin Elvan aura toujours 15 ans

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Il y a six ans, Berkin Elvan, un enfant kurde de 15 ans blessé par une cartouche de gaz lacrymogène, mourrait après un an passé aux soins intensifs.

Berkin Elvan a reçu à la tête une cartouche de gaz lacrymogène tirée par un policier à Istanbul lors des manifestations anti-gouvernementales (Gezi) de juin 2013 en Turquie. Il est mort le 11 mars 2014, après un coma de 269 jours. Au cours de la dernière semaine de sa vie, son poids était passé de 45 kg à 16 kg.

Berkin Elvan est un des nombreux enfants kurdes – les papillons de l’humanité – tués par les forces turques.

TURQUIE. Deux musiciens du Grup Yorum en jeûne de la mort enlevés par la police turque

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TURQUIE – ISTANBUL – Helin Bölek et İbrahim Gökçek, deux musiciens du Grup Yorum en jeûne de la mort depuis 265 jours, ont été enlevés cette nuit par la police turque à leurs domiciles.

Helin Bölek et İbrahim Gökçek,sont dans l’hôpital publique d’Ümraniye pour qu’on leur administre de force des aliments.

Helin Bölek et İbrahim Gökçek, membres du groupe de musique Grup Yorum, sont en grève de la faim depuis le 16 mai 2019 à cause des restrictions à leur liberté d’expression artistique imposées par les autorités. En raison des chants politiques de Grup Yorum, le gouvernement turc considère les membres comme des terroristes et a emprisonné plusieurs membres du groupe pour « appartenance à une organisation terroriste ». D’autres membres du groupe se sont réfugiés à l’étrangers pour échapper à la prison.

Les membres de Grup Yorum en grève de la faim demandent :

– La libération des membres du Grup Yorum et l’abandon des poursuites.

– Fin des descentes de police au Centre culturel d’İdil [à Okmeydanı, İstanbul], qui a été perquisitionné 10 fois en 2 ans
– Suppression des «listes de terroristes recherchés» du ministère de l’Intérieur sur les membres et sympathisants du Grup Yorum.
– Fin d’interdiction des concerts et des lieux des concerts du Grup Yorum

 

 

« Aram Tastekin, un vrai Kurde et un acteur vrai »

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PARIS – Le comédien talentueux kurde, Aram Taştekin joue son spectacle « Happy Dreams, une histoire kurde » les 13, 15 mars et 3 avril, à Paris (voir l’adresse plus bas). Un spectacle drôle et tragique à ne pas rater !
 
Dans « Une histoire kurde », Aram Tastekin nous emmène dans son village montagneux de Xarabguryanau fin fond du Kurdistan, où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’Etat turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui vident le village.
 
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams ». Un voyage qui se termine quand Aram rencontre une troupe de théâtre kurde… 

Voici ce que le journaliste Jean-pierre Thibaudat dit d’Aram et de son spectacle majestueux :

« Qu’est-ce qui vous reste quand, enfant, vous avez vu, impuissant, un soldat qui la veille essayait de vous tirer le vers du nez, brûler la maison de votre famille, et que, conséquemment, vous avez dû tout recommencer, et, de fil en aiguilles et en années de guerres, fuir votre pays et vous retrouver réfugié dans un autre pays ? Oui, qu’est-ce qui vous reste? Un trésor : votre langue. Minoritaire peut-être, mais unique au monde. Qu’est-ce qui vous reste encore ? Votre mémoire, toutes ces histoires, ces fredaines, vraies ou pas, qui ont bercé votre enfance, votre jeunesse. Alors si, en plus de cela, vous avez étudié le théâtre par amour du jeu et de l‘imaginaire, si vous êtes devenu acteur, qu’est-ce qui vous reste à faire : partager tout cela sur une scène. Oui, mais vous vivez maintenant dans un pays étranger où votre langue est peu enseignée et peu parlée, alors, pour vous faire comprendre, vous apprenez au pas de course la langue du pays qui vous a accueilli. Et tout cela c’est ce qui est arrivé à Aram Tastekin.

Né il y a 32 ans ans en Turquie, le Kurde Aram Tastekin est diplômé de la faculté de théâtre de l’université d’Hewlér au Kurdistan irakien. Inutile de rappeler ici les raisons politiques, économiques et professionnelles qui l’ont poussé en 20I7 à demander et obtenir l’asile politique en France. Deux ans plus tard le voici assistant de Peter Brook lorsque ce dernier monte Why ? au théâtre des Bouffes du Nord. Quelques mois plus tard encore et le voici seul en scène avec un musicien (Neşet Kutas). Il a été aidé à l’écriture par Elie Guillou (qui a souvent voyagé dans les régions turques et kurdes) qui signe aussi la mise en scène (tout en étant, par ailleurs étudiant en scénario à la FEMIS). » (à lire la suite sur Mediapart)

Aram joue les 13 mars et 3 avril, à 20 heures, au Kibélé – café théâtre

12 rue de l’Echiquier
75010 Paris

Et le dimanche 15 mars, à 19, au Floréal Belleville43, rue des Couronnes

75020 Paris

Le garçon kurde brûlé par des armes interdites au Rojava est retourné au Kurdistan du Sud

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KURDISTAN DU SUD – « Je veux retourner à Kobanê et retrouver mes amis. Kobanê me manque. Mes amis me manquent. Je veux retourner à l’école ».

Mohammed Hamid, un enfant kurde de 13 ans, qui a été gravement brûlé lors d’une attaque d’armes incendiaires par la Turquie le 22 octobre, au Rojava, est retourné au Kurdistan du Sud après avoir reçu des soins médicaux en France.

Hamid a des brûlures sur 70% de son corps à la suite d’une attaque menée par la Turquie contre la ville de Sari Kaniye (Ras al-Ain) le 18 octobre, au milieu de combats acharnés entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les gangs islamistes soutenus par la Turquie.

Hamid a été emmené dans la région du Kurdistan le 22 octobre, puis transporté par avion vers la France le lendemain.

« Je suis en bonne santé. Dieu merci, ma santé est meilleure maintenant qu’elle ne l’était auparavant. J’espère que ça ira mieux pour que je puisse sortir », a-t-il dit sur son lit d’hôpital au journaliste de Rudaw, avant de rajouté « Je veux retourner à Kobanê et retrouver mes amis. Kobanê me manque. Mes amis me manquent. Je veux retourner à l’école ».

Des responsables médicaux locaux ont accusé la Turquie d’utiliser des armes non conventionnelles et interdites dans la bataille – allégations démenties par Ankara. Des dizaines de civils, dont plusieurs enfants, ont été gravement blessés à la suite de l’utilisation signalée du produit chimique incendiaire dans l’offensive turque dans le nord de la Syrie, qui a commencé le 9 octobre.

L’Organisation des Nations Unies pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a ouvert une enquête sur l’attaque chimique contre des civils kurdes.

L’utilisation de phosphore blanc, couramment utilisé pour créer des écrans de fumée, est autorisée par plusieurs traités. Cependant, son utilisation sur les civils est interdite par le Protocole de Genève et la Convention sur les armes chimiques.

Via Rudaw

Les femmes kurdes pleurent la perte d’Hasankeyf

TURQUIE / BAKUR – Les femmes kurdes dont les maisons sont noyées sous les eaux du barrage d’Ilisu promettent de garder leurs souvenirs vivants.

La Turquie a construit un barrage immense sur les rives du fleuve Tigre, dans la région kurde de Batman. Le barrage qui engloutit près de 200 villages dévore en ce moment même la ville antique d’Hasankeyf, vieille de plus de 12 000 ans, que l’UNESCO aurait dû inscrire sur sa liste des sites protégés… Un écocide doublé d’un ethnocide.

Habibe Sacik était assis sur les rives du Tigre et pleurait.

« Je suis venue voir mon village une dernière fois », a-t-elle déclaré quelques jours avant que les eaux du barrage d’Ilisu inondent son village avec des dizaines d’autres. « Où que vous alliez, jusqu’où que vous voyagiez, la maison est chez vous. Vous sentez sa perte. »

Sacik est l’une des deux femmes qui racontent l’histoire de la région à travers les yeux des femmes, dans un nouveau documentaire intitulé « Siya Ave », qui signifie «l’Ombre de l’eau» en kurde. En voyageant le long des rives du Tigre, les deux femmes racontent leur vie affectée par le barrage d’Ilisu. Ilisu est le plus grand barrage hydroélectrique de Turquie et le joyau de la couronne du projet d’Anatolie du Sud-Est (en turc, Güneydoğu Anadolu Projesi ou GAP) du gouvernement turc dans les régions kurdes du Sud-Est. Mais Ilisu engloutit également Hasankeyf, une ville vieille de 12 000 ans dans la province kurde de Batman et qui abrite de nombreuses  civilisations de la Mésopotamie. Quelque 80 000 personnes ont déjà quitté les terres de leurs ancêtres et se sont déplacées à contrecœur vers les nouvelles localités proposées, à environ 10 kilomètres.

Le village de Sacik,  Celtikbasi, ne se trouve pas dans Hasankeyf de renommée internationale mais plus à l’est, dans le quartier Kurtalan de Siirt. Situé dans la vallée du Tigre, Celtikbasi, avec une demi-douzaine de villages voisins, a également été vidé de ses habitants l’année dernière.

 

Sacik, qui a déménagé à Batman, a visité son village une dernière fois, avec son meilleur amie d’enfance, Firyaz Yoksu, qui avait déménagé à Istanbul il y a des décennies. Yoksu est également la mère du réalisateur du documentaire, le journaliste Metin Yoksu.

Le  documentaire de 25 minutes  montre comment les femmes se rendent une dernière fois dans leur village et dans d’autres parties de la région, partageant des souvenirs et racontant leur histoire familiale. « Nous n’oublierons jamais notre village – jamais », a déclaré Yoksu à la caméra. « Mais nos petits-enfants ne le verront pas. »

Sacik a ajouté: « C’est notre arrière-grand-père qui s’est installé ici, mes parents sont nés ici. Je cuisinais quand j’ai entendu que la montée des eaux avait atteint le village à côté de nous. Alors je suis venue immédiatement, je savais que j’avais peu de temps pour le voir une dernière fois. »

Alors que Sacik a pris un bus de la ville voisine, Yoksu a demandé à son fils de la conduire d’Istanbul, ce qui a pris une journée entière. «Je devais le voir une dernière fois», a-t-elle déclaré. « Je sais que je porterai le désir de ma ville natale à ma tombe. »

L’histoire du barrage controversé dans le sud-est  remonte aux années 1950  et à plus de 60 ans de campagne contre sa construction, malgré les avantages qu’il apporterait à la région où l’eau est rare. Après de nombreux zigzags de gouvernements consécutifs, la construction a débuté par une cérémonie en 2006 à laquelle assistait le Premier ministre d’alors, Recep Tayyip Erdogan. Onze ans plus tard, en mai 2017, les autorités ont  relocalisé le mausolée  du guerrier du XVe siècle  Zeynel Bey  dans un  spectacle mis en scène  conçu pour faire taire les critiques en montrant soi-disant que le gouvernement respecte le patrimoine historique.

Pour les habitants, le déménagement de la tombe était le dernier clou du cercueil. «Je savais qu’une fois le tombeau déplacé, rien, plus personne ne pouvait rester à Hasankeyf», a expliqué Sacide Yagan, qui a regardé le déménagement depuis la terrasse de son ancienne maison, maintenant sous l’eau. « Je savais que nous devions déménager très, très bientôt – les vivants et les morts « , a-t-elle déclaré à Al-Monitor.

Plus d’artefacts ont été déplacés, bien que certains soient restés et les résidents ont été progressivement transférés dans leurs propres maisons. Les eaux qui montent lentement ont commencé à avaler les vallées, puis les villages voisins et enfin le quartier historique.

Beaucoup de femmes disent que ce sont elles qui se sont le plus souciées de laisser leur maison où elles ont passé la majeure partie de leur vie. « J’ai vécu dans la même maison pendant 50 ans, j’y ai élevé tous mes enfants », a déclaré à Al-Monitor Emine Demirkan, une résidente de Hasankeyf âgée de 70 ans. « Nous avons construit cette maison nous-mêmes, apportant des améliorations chaque fois que nous avions un peu d’argent. Puis nous nous sommes arrêtés parce que nous avons réalisé que nous devions quitter la maison. Nous obtiendrons 230 000 lires turques [33 000 euros] pour cette maison. Nous ne le voulions pas au début, mais nous devions le prendre, que pouvions-nous faire d’autre ? La nouvelle maison est beaucoup trop petite, nous avons dépensé beaucoup d’argent pour la rendre habitable. »

Une autre femme pleurait: « J’ai tellement de choses à dire, mais pas de mots, seulement de la douleur. Je ne veux pas quitter ma maison, mais que puis-je faire? » elle sanglota, mais secoua la tête lorsqu’on lui demanda son nom, peu disposée à le donner.

Tous les habitants d’Hasankeyf ne se sont pas vu offrir une nouvelle maison dans la nouvelle ville, à environ 10 kilomètres. Ceux qui n’ont pas présenté de demande à temps ont été rejetés au motif qu’il ne leur restait plus de maison.

Nilufer Iridil, 34 ans, dont le mari est au chômage, a déclaré à Al-Monitor qu’elle ne savait pas quoi faire car ils avaient tardé à postuler et n’avaient pas de maison dans la nouvelle ville. « C’est ma maison et c’est tout ce que j’ai. Nous n’avons pas d’emplois, pas d’employeurs. Nous avons trois enfants. Où irons nous ? Nous irons vivre dans des grottes si nous n’avons pas le choix. »

Sa mère, Remziye Celik, vivait dans les habitations troglodytiques qui entouraient la ville et a donné naissance à son premier enfant dans la grotte avant de déménager dans une maison du vieux Hasankeyf, a expliqué Iridil. La famille Celik a maintenant une maison à Hasankeyf. « Mais ma mère n’est pas heureuse », a ajouté Iridil. « La vieille ville lui manque, le vieux quartier lui manque à elle et à moi. »

Kadriye Atmaca, une mère de huit enfants de 67 ans, faisait ses valises lorsque Al-Monitor lui a parlé. « Nous aimons beaucoup nos maisons et c’est avec des larmes que nous partons. Nous ne le faisons que parce que nous le devons. Nous avons grandi ici, nous aimons ici. Nous ne partons pas volontairement. Je n’oublierai pas Hasankey – mon paradis – jusqu’à ma mort. Je vais en parler à mes petits-enfants et montrer les photos », a-t-elle déclaré.

Un reportage de Mahmut Bozarslan pour Al Monitor

 

MUSIQUE. La chanteuse Helin Bölek est en train de mourir au 263ème jours du jeûne de la mort

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TURQUIE – Les médecins qui ont examiné Helin Bölek, une chanteuse de Grup Yorum qui est en grève de la faim depuis 263 jours, ont déclaré que son état de santé a empiré.
 
Helin Bölek et İbrahim Gökçek, membres du groupe de musique Grup Yorum, sont en grève de la faim depuis le 16 mai 2019 en raison des restrictions à leur liberté d’expression artistique imposées par les autorités. En raison des chants politiques de Grup Yorum, le gouvernement turc considère les membres comme des terroristes et a emprisonné plusieurs membres du groupe pour « appartenance à une organisation terroriste ». D’autres membres du groupe se sont réfugiés à l’étrangers pour échapper à la prison.
 
Le guitariste du Grup Yorum, İbrahim Gökçek et 5 autres membres du groupe ont été placés par la Turquie sur la liste des «terroristes les plus recherchés». Il y a une récompense de 300 000 lires turques (46 000 euros) pour chacun d’entre eux qui sont en fuite à l’étranger. Gökçek était emprisonné depuis près de 2 ans sur la base d’une déclaration de «témoin secret» et sans acte d’accusation ni audience.
 
La musicienne Bahar Kurt a suspendu sa grève de la faim tandis que le guitariste İbrahim Gökçek et Helin Bölek ont ​​transformé leur grève de la faim en un jeûne de la mort. Bahar Kurt et Helin Bölek ont ​​été libérées de prison fin 2019.
 
Gökçek a été libéré de la prison récemment, après que son état de santé se soit dégradé dangereusement suite à sa grève de la faim transformée en jeûne de la mort.
Les membres de Grup Yorum en grève de la faim demandent :
– La libération des membres du Grup Yorum et l’abandon des poursuites.
– Fin des descentes de police au Centre culturel d’İdil [à Okmeydanı, İstanbul], qui a été perquisitionné 10 fois en 2 ans
– Suppression des «listes de terroristes recherchés» du ministère de l’Intérieur sur les membres et sympathisants du Grup Yorum.
– Fin d’interdiction des concerts et des lieux des concerts du Grup Yorum

Image via Welg Medya

 
 
 

A chaque Kurde exilé-e…

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A cette Kurde âgée qu’on a chassée de son village natal, qui doit vivre dans un autre pays qui ne veut pas d’elle et dont la bâche en plastique qui lui servait de toit a été brûlée par un horde de fascistes dans une nuit d’hiver où une pluie glaciale s’abattait sur elle et ses enfants…

A cette jeune femme kurde qui a dû fuir le Kurdistan et qui s’est rendu compte qu’où qu’elle soit, elle sera toujours une « étrangère », qu’elle aura toujours un accent (« charmant » lui diront certains) dans n’importe quelle langue du monde, que même naturalisée dans le pays d’ « accueil », elle sera française juste « par définition »

A cette femme kurde qui s’est réfugiée dans la langue française pour ne plus parler la langue de l’Etat colonialiste turc qui lui a arraché sa langue maternelle, cette femme amoureuse des mots qui est devenue l’amante fougueuse du français et qui dormait avec un dictionnaire dans le lit, tellement il y avait de mots à boire jusqu’à l’ivresse.

A cette jeune réfugiée kurde qui ne savait pas où elle allait dormir le soir venu alors qu’elle se trouvait à Paris, qui devait faire la queue dans la nuit devant la préfecture afin d’obtenir un ticket pour avoir un titre de séjour temporaire en attendant que son dossier d’asile soit examiné par l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides).

A ce jeune Kurde qui s’est retrouvé à Paris pour échapper à la prison pour ses activités artistiques, qui ne supportait pas que des Français bien attentionnés essayent de lui apprendre les bonnes manières françaises alors qu’il pleurait son pays et que l’exil lui brisait le coeur.

A ce Kurde exilé qui doit lutter contre des acouphènes violents pendant une semaine tous les mois depuis qu’il a été torturé en Turquie il y a quelques années.

A ces deux garçons qui demandent à leur mère, quand est-ce qu’ils iront au Kurdistan, voir le village de leur mère.

A ce jeune Kurde à qui la préfecture refuse de renouveler le titre d’étudiant car une fois il a osé dire qu’il n’était pas normal que tous ces étrangers fassent la queue pendant une bonne partie de la nuit pour un ticket mais que la plupart doivent repartir, faute de tickets suffisants…

A cette femme kurde qui ne parle plus le turc qu’on lui avait imposé à la place de sa langue maternelle quand elle était enfant et qu’une autre Kurde qui a grandi en France lui avait dit avec condescendance « Pourquoi tu ne parles pas turc ? Tu as un accent quand tu parles français. »

A cet autre Kurde du Rojhilat qui est parti au Kurdistan du Sud après avoir subi des attaques racistes dans un pays nordique…

A cette Kurde à qui les odeurs de la cuisine de son enfance manquent cruellement et à qui on a dit que, du pays d’origine, on « oublie » en dernier les saveurs culinaires…

A cette jeune Kurde qui a été violée sur le chemin de l’exil mais qui n’a pas osé en parler à qui que ce soit…

A ce Kurde homosexuel anarchiste qui a été agressé par d’autres hommes à cause de son orientation sexuelle.

A ces Kurdes qui attirent les foudres de « Français qui sont chez eux » car ils osent manifester pour que la justice française élucide le meurtre de trois militantes kurdes tuées au cœur de Paris un jour d’hiver 2013…

A ces Kurdes qui ne savent pas comment faire pour « coller » à l’image orientaliste que l’Occident a d’eux : « Des gens courageux, qui ont terrassé DAECH / ISIS et qui luttent contre le régime sanguinaire turc. » Ces Kurdes qui n’ont même pas le droit d’être comme tout le monde et qui doivent jouer les forts, beaux, parfaits, comme si avoir des défauts allait leur retirer le droit à la liberté !

A toutes ces femmes et ces hommes kurdes arrachés à leurs terres, qui luttent pour vivre normalement malgré les multiples traumatismes dont ils ont été ou sont encore victimes.

J’embrasse de mon regard chaque Kurde dont le visage est un miroir qui me renvoie mes blessures en attente de guérison…

Keça Bênav / La fille sans nom (en kurde, Bênav signifie « sans nom » et Keç « fille »)

 

 

 

 

 

Kurdistan au féminin cherche abonnés actifs

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CENSURE – Comme vous le savez, il y a une guerre ouverte visant les pages / comptes kurdes sur les réseaux sociaux. La page Kurdistan au féminin (KAF) fait partie de ces pages et comptes visés par les sbires du pouvoir turc qui veulent étouffer la voix des Kurdes. D’ailleurs, notre précédente page du même nom a été fermée, en avril 2018, par Facebook dans le cadre de cette guerre médiatique (voir les détails ici).
 
Aujourd’hui, notre page est de nouveau menacée de fermeture pour les mêmes raisons (« propagande terroriste »). C’est pourquoi nous faisons appel à votre aide. Controns ensembles ces attaques fascistes anti-kurdes. Partagez, « likez » nos publications, invitez vos amis à aimer notre page tandis que nous, les bénévoles volontaires de la page et du site de la KAF seront occupées à publier de l’information concernant les Kurdes, les femmes, le Kurdistan…
 
Facebook et les sbires turcs se trompent en pensant qu’ils peuvent nous faire taire si facilement. Nous sommes les femmes fières du Kurdistan, les sœurs de Zarife Xatun, Leyla Qasim, Sakine Cansiz, Leyla Guven, Zehra Dogan… La censure de Facebook et les attaques terroristes turques ne font que renforcer notre conviction de savoir que notre travail est utile pour tous les peuples du Moyen-Orient.
 
On ne lâche rien !
 
Vive la solidarité entre les peuples et les opprimé-e-s !

Kışanak : Nous sommes les femmes qui ne peuvent être faites prisonnières

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« La notion de « 8 mars, pas qu’un seul jour » est un slogan puissant qui peut mettre fin à la fois aux féminicides et à la guerre ainsi qu’au régime autoritaire réactionnaire. Le moment est venu de renforcer les rangs et d’intensifier la lutte contre le pouvoir et l’énergie que nous tirons d’ici pour être la principale réponse. Il est maintenant temps de jeter un pont sur la route de la paix en portant le flambeau de la liberté et de l’égalité, de le brûler le 8 mars et au Newroz. Nous, les femmes qui ne peuvent être faites prisonnières, serons (…) à vos côtés, avec nos tililis, nos chants et notre govend (ronde dansante). »
 
TURQUIE / BAKUR – Gültan Kışanak, qui est retenue en captivité dans une prison de la Turquie depuis quatre ans, a déclaré qu’il s’agissait « des femmes qui ne peuvent pas être prises en otage ».
 
Les femmes s’apprêtent à descendre dans la rue pour célébrer le 8 mars. Bien que le ministre turc de l’intérieur Süleyman Soylu ait interdit cette année la célébration à Istiklal Caddesi à Istanbul, où la marche traditionnelle des femmes a lieu chaque année, les femmes sont déterminées à aller jusqu’au bout de la marche.
 
ANF a interrogé l’ancienne co-maire d’Amed, Gültan Kışanak, détenue dans la prison de Kocaeli depuis 2016, sur le processus politique actuel, la situation en prison, le système de coprésidence, la signification du 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes.
 
« Le devoir d’inverser ce processus antidémocratique ne doit pas être laissé aux seules femmes. Le mouvement des femmes devrait également jouer un rôle qui encourage et donne aux forces démocratiques le pouvoir d’agir ensemble », a déclaré Kisanak.
 
Les meurtres de femmes ont augmenté, il y a des controverses sur la subsistance. Comment évaluez-vous le processus que la Turquie traverse en ce moment du point de vue des femmes ?
 
En termes de droits et de libertés démocratiques en général, la Turquie traverse une période troublée. Cependant, les résultats de ce style d’administration autoritaire sont bien plus dévastateurs pour les femmes, en raison de l’exaltation de l’autorité et du pouvoir ; de l’élimination de la plus petite opposition par la force ; de la déclaration de ce qui dit le contraire comme un traître. Cette mentalité crée une atmosphère qui exalte la domination masculine et légitime la violence masculine contre les femmes qui tentent de contrôler leur vie.
 
La fermeture des institutions féminines, le procès des coprésidents, l’interdiction des activités des femmes, les attaques contre les femmes qui sortent dans la rue et veulent faire une déclaration à la presse, tout cela est le résultat du régime autoritaire général. Nous pouvons compter des dizaines d’interventions politiques effectuées par le pouvoir.
 
Parlant de deux poids deux mesures, l’opposition est en prison depuis des années alors que les hommes qui violent, blessent ou menacent les femmes marchent dans les rues.
 
Une situation plus dangereuse est l’abandon de la Convention d’Istanbul, qui traite et prend en charge le mariage des enfants, les pensions alimentaires et la prévention de la violence domestique.
 
Comment évaluez-vous l’attitude du mouvement des femmes face à ces attaques ? Les réactions sont-elles suffisantes ? Comment parvenir à une position commune plus forte ? Quels sont les obstacles ? Comment les surmonter ?
 
La position du mouvement des femmes face à cette vague d’oppression et d’intimidation de longue date n’a pas été retirée de la rue. Cette position a été une source de force et de moral pour nous. Je pense que la résistance des femmes de cette période prendra sa place dans l’histoire de la lutte des femmes.
 
La tâche de renverser ce processus antidémocratique ne doit pas incomber aux seules femmes. Le mouvement des femmes devrait également jouer un rôle qui encourage et ouvre la voie aux forces démocratiques pour qu’elles agissent ensemble. Les femmes, les jeunes, les travailleurs, les pauvres, les différentes identités et croyances, tous les groupes opprimés, s’ils peuvent adopter une position commune dans la lutte pour les droits, la loi, la liberté et la paix, cette mauvaise tendance peut être arrêtée.
 
Pourquoi la coprésidence est-elle importante pour les femmes ? Est-elle suffisamment défendue ?
 
La coprésidence est la plus importante réalisation de la lutte pour l’égalité des sexes. Tout d’abord, c’est une méthode qui brise la passivité enseignée aux femmes, qui les fait se considérer comme des sujets et les encourage à poursuivre leurs rêves, qui développe le sentiment de « femme qui peut le faire » et qui donne du pouvoir aux femmes. Une autre dimension consiste à résoudre le problème de l’inégalité entre les sexes. Il ne s’agit pas d’opposer les différents sexes, mais d’apprendre à établir ensemble une relation démocratique et égalitaire.
 
La raison la plus importante de l’inégalité entre les sexes est que les hommes ne voient pas les femmes sur un pied d’égalité. Afin de briser la mentalité dominée par les hommes qui définit les femmes sur le plan émotionnel, les voit incomplètes et inadéquates, il faut un niveau dans lequel elles ont des devoirs et des responsabilités égales. C’est ce que propose la coprésidente. La deuxième dimension de la coprésidence consiste à démocratiser la politique. Une conception de la politique et du gouvernement qui exclut de la politique et des mécanismes de décision les femmes qui constituent la moitié de la société ne peut être démocratique. Depuis des milliers d’années, ce sont les hommes qui décident à la place des femmes. Pour que les femmes soient une entité autonome, elles doivent avoir la possibilité de décider d’elles-mêmes et de leur avenir. La coprésidence donne aux femmes ce pouvoir, tout en ouvrant la voie à une essence démocratique de la politique et de la gestion.
 
La troisième dimension de la coprésidence concerne également la société. Là encore, pendant des milliers d’années, la mentalité dominée par les hommes a saisi la société et détruit le caractère démocratique de la société naturelle. Elle s’est transformée en un réflexe social selon lequel les femmes doivent vivre avec les hommes. En fait, les règles sociales qui doivent protéger le droit à l’égalité sont façonnées en fonction de cette pré acceptation (domination masculine). Corriger cette erreur est une étape importante pour répondre à l’essence démocratique de la société. La quatrième dimension de la coprésidence est que la gestion montre qu’il ne s’agit pas d’établir / de dominer le pouvoir, mais que la gestion est une question de « coordination ».
 
Alors, comment passez-vous vos journées en prison ?
 
La prison est un espace qui vise à déshumaniser. Pour les individus qui en sont conscients, au contraire, elle se transforme en un espace où l’on se déplace vers la créativité, où l’on rêve sans limite, où l’on fonctionne de façon autonome, où l’on renforce sa volonté, où l’on ouvre de nouvelles fenêtres sur le monde de l’émotion et de la pensée. Par conséquent, le temps ne suffit pas aux personnes. Vivre sans routine et sans modèles abandonnés procure aux gens une joie incroyable lorsqu’ils réussissent. Même le fait de pouvoir se faire entendre de ses amis en criant donne aux gens le plaisir de briser l’isolement. Ou de cuisiner dans un samovar, de tricoter à l’aide de stylos … Surtout pour ne pas avoir de soucis lors de la lecture des livres, lire chaque ligne est un plaisir incroyable.
 
Les préparatifs d’occasions spéciales comme le 8 mars, font que l’effort de chacun pour participer est si important qu’il donne des capacités musicales même à ceux qui n’ont jamais essayé de chanter dans leur vie. En bref, la mentalité autoritaire à dominante masculine ne fait rien de sage en nous mettant en prison.
 
Quel est votre message aux femmes pour le 8 mars ?
 
Toutes les femmes célèbrent la Journée internationale des femmes travailleuses le 8 mars. Je souhaite que la volonté et la posture des femmes se reflètent dans les rues et sur les places pour mener un nouveau processus. Nous, les femmes, ne pouvons répondre à toutes les attaques contre notre corps, notre identité, notre volonté, notre travail et notre existence qu’en renforçant la solidarité et l’organisation entre les femmes.
 
La notion de « 8 mars, pas qu’un seul jour » est un slogan puissant qui peut mettre fin à la fois aux féminicides et à la guerre ainsi qu’au régime autoritaire réactionnaire. Le moment est venu de renforcer les rangs et d’intensifier la lutte contre le pouvoir et l’énergie que nous tirons d’ici pour être la principale réponse. Il est maintenant temps de jeter un pont sur la route de la paix en portant le flambeau de la liberté et de l’égalité, de le brûler le 8 mars et au Newroz. Nous, les femmes qui ne peuvent être faites prisonnières, serons sur la place, à vos côtés, vous avec nos zilgit, nos chants et notre govend (ronde dansante).
 

8 mars. Peace in Kurdistan solidaire des femmes kurdes

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Peace in Kurdistan, le collectif œuvrant pour la paix au Kurdistan, a publié un communiqué à l’occasion u 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, exprimant sa solidarité avec toutes les femmes kurdes, au Kurdistan, et dans la diaspora, et toutes celles qui sont engagées dans la lutte pour la libération et pour leurs droits démocratiques justes.
 
Voici le communiqué de Peace in Kurdistan :
 
« Nous nous tenons aux côtés de toutes les femmes qui luttent pour la justice et l’absence de violence de l’État, qui sont si souvent à l’avant-garde des mouvements de libération mondiale.
 
En ces temps tragiques où le conflit kurde-turc a bel et bien enflammé la Syrie, la lutte du peuple kurde pour sa véritable libération reste plus urgente que jamais. Face à la violence systématique et à l’oppression de l’État, les voix et l’activisme des femmes kurdes sont parmi les plus forts et les plus intrépides du mouvement populaire de masse qui a émergé au cours des dernières décennies.
 
Elles paient si souvent le prix le plus élevé. Des femmes politiques ont été délibérément prises pour cible pendant le conflit, par exemple, Hervin Khalaf, secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, politicienne et diplomate très respectée, qui a été assassinée par des mercenaires soutenus de la Turquie en Syrie en octobre 2019.
 
Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Soylemez qui ont été brutalement assassinées à Paris en 2013, toutes des femmes inspirantes qui avaient joué un rôle de premier plan dans la double lutte des femmes kurdes contre le patriarcat et la répression de l’État turc de leur culture, linguistique et politique Confronter à la fois la violence étatique et la violence de genre demande beaucoup de courage; ces femmes formidables n’ont jamais manqué de démontrer leur capacité à relever le défi et leur exemple inspire les autres à les imiter maintenant et à l’avenir.
 
Nous saluons les combattantes kurdes qui ont joué un rôle central dans la lutte contre l’attaque de Daech (ISIS) et nous souvenons avec douleur des femmes qui ont été réduites en esclavage, à la fois celles qui ont été libérées et celles qui n’ont pas encore été trouvées. Nous salue le courage des femmes du Rojava qui ont lutté pour la création d’une société démocratique inclusive et équilibrée entre les sexes. Leur auto-administration est devenue un modèle pour tous les peuples qui cherchent à reconstruire une nouvelle société fondée sur la justice sociale pour tous.
 
Le Mouvement des femmes kurdes est une source d’inspiration pour les femmes du monde entier et nous honorons sincèrement leur énergie et leur courage remarquables alors que nous célébrons la Journée internationale de la femme en 2020. »
 
 

ROJAVA. Les déclarations d’Assad concernant les Kurdes sont un suicide politique

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SYRIE / ROJAVA – « Assad dit qu’il n’y a pas de question arménienne, pas de question syriaque, pas de question kurde et bien sûr ni de question druze ni de question sunnite. (…) Alors, quel est le problème en Syrie, peut-on le savoir ? »
 
Foza Yûsif, membre du conseil d’administration du Parti de l’Union démocratique (PYD), a commenté les dernières déclarations du président syrien Bachar al-Assad qui a ignoré les Kurdes en disant « en Syrie, il n’y a pas de problème kurde ».
 
Foza Yûsif a fait ces commentaires dans le cadre d’une émission spéciale de Ronahi Tv où elle a répondu aux questions de Mihemed Seydî.
 
Yûsif a déclaré : « [Au Moyen-Orient] il y a tellement de guerres et de conflits chaotiques. Ce que dit le président syrien est une répétition de ce qu’il a dit auparavant. Nous connaissons bien ces déclarations (…). La raison de la guerre de 9 ans qui dévaste la Syrie est précisément cette mentalité et cette approche ».
 
Ces déclarations négationnistes sont une politique qui a échoué
 
Yûsif a ajouté : « La Turquie a quelque chose à voir avec ces déclarations. Connaissant la phobie des Kurdes que la Turquie a, voici un message pour elle, Assad dit, rapprochons-nous sur certaines questions. C’est une politique très classique et c’est aussi une politique qui a échoué, qui est condamnée à s’effondrer. Ce n’est pas une politique qui apporte une solution à la Syrie. Dans ses déclarations, Assad dit qu’il n’y a pas de question arménienne, pas de question syriaque, pas de question kurde et bien sûr ni de question druze ni de question sunnite. (…) Alors, quel est le problème en Syrie, peut-on le savoir ? ».
 
Yûsif poursuit : « Ignorer et nier les problèmes est en fait un suicide politique. En même temps, aborder les problèmes de cette manière conduit à plus d’interventions étrangères et fait de la Syrie un second Irak. De telles déclarations contiennent des signes négatifs plutôt que l’espoir d’une solution.
 
La phrase « le cas kurde est un cas imaginaire » est une phrase qui complète celle d’Erdogan qui dit : « Si vous n’y pensez pas, il n’existe pas ». Les deux phrases ont en fait un dénominateur commun, qui est le déni ».
 
Si vous niez l’existence d’un peuple, ce peuple a le droit de résister
 
Yûsif a continué : « Si vous niez un peuple, ce peuple a le droit de résister. Cela conduit à une situation encore pire en Syrie. C’est pourquoi ce sont des mots qui méritent qu’on s’y attarde. Nous devons tous agir de manière responsable. Qu’est-ce qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes en Syrie et la migration de millions de personnes ? Cette politique de déni a provoqué une révolte. Où la révolte a-t-elle commencé ? Elle a commencé à Dera. Il y a eu un déni du peuple arabe là-bas. Le problème n’est donc pas le même que dans les déclarations faites.
 
Les Kurdes ne sont venus de nulle part. Les Kurdes étaient sur cette terre, ils sont nés ici, ils ont grandi ici. Pour savoir combien de temps nos racines sont ici, laissons cela aux historiens. Nos origines sont en Mésopotamie tout au long de l’histoire. Mais nous n’avons jamais dit que ce sol n’était que le nôtre. Nous agissons sur la base de l’unité des peuples. Nous croyons que c’est l’unité des peuples qui assurera l’unité de la Syrie ».
 
Nous luttons pour une solution démocratique
 
Une fois de plus, Yûsif a réitéré: « Nous luttons pour une solution démocratique. Nous l’avons dit bien avant l’arrivée des États-Unis. Nous sommes pour la solution politique et l’unité de la Syrie. Nous disons la même chose depuis le début. Nous l’avons dit pendant que nous progressé et libéré chaque jour des lieux, et nous le disons aujourd’hui face à l’occupation turque.
 
Nous n’avons invité aucune force étrangère en Syrie. Si le régime syrien s’était battu contre Daech, l’Amérique ne serait pas venue. Par exemple, pendant la guerre de Kobanê, l’Etat islamique a attaqué avec des chars syriens. Pourquoi? Parce que l’armée syrienne n’a pas résisté à Daech et Daesh nous a attaqués avec leurs chars. « 
 
Nous avons eu plus de 500 martyrs à Serêkaniyê
 
Yûsif a insisté: « Nous n’avons donné aucune raison aux États-Unis de venir ici, ni aucune raison à la Russie. Il en va de même pour la Turquie. M. Bashar Assad a affirmé que nous n’avions pas tiré une seule balle contre la Turquie. Quelque chose pour vous laisser étonné, en fait …
Nous avons résisté pendant 2 mois à Afrin, nous avons donné plus d’un millier de martyrs. Nous avons donné plus de 500 martyrs à Serêkaniyê. À ce jour, nous n’avons pas vu un seul avion envoyé par la Syrie pour Idlib. Nous avons donné 11 mille martyrs contre l’Etat islamique, mais il peut facilement dire que nous n’avons tiré aucune balle. « 
 
Les déclarations provoquant une rupture émotionnelle doivent être évitées
 
Yûsif a terminé ses remarques en disant: « Si nous n’avions pas résisté comme nous l’avons fait, aujourd’hui Damas serait soit la capitale du califat d’Abubakir al-Bagdadi, soit la capitale de Tahrir al-Sham. Si nous n’avions pas résisté, avec Raqqa et Deir Ez -zor ils auraient aussi pris Damas.
 
La chose qui provoque la plus grande réaction chez les gens est le déni. Des précautions doivent être prises à cet égard. Assad doit agir avec un sens des responsabilités. Les déclarations provoquant une rupture émotionnelle doivent être évitées. »
 
ANF