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Coronavirus, mon amour

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Le monde post-coronavirus ne sera jamais comme celui qu’on a connu jusqu’à présent. Il est en gestation et c’est encore trop tôt pour le prédire. Mais on peut être sûr que nos vies changeront à jamais. En attendant, l’envie d’aller vers nos semblables se fait de plus en plus pressante à mesure que le confinement se prolonge. Pour vous donner un peu de baume au cœur en ces temps difficiles, voici un petit message de Keça Bênav :
 
« Moi qui étais de nature réservée, voire introvertie, cachant ses sentiments, depuis une semaine, j’ai l’impression que je distribue des morceaux de mon cœur à qui le veut, en le coupant en petits pains qui se démultiplient à l’infinie…
 
Je cris « Tenez, mangez, ceci est mon coeur ! » Celle ou celui qui dit « j’en veux pas » est un-e imbécile à qui mon père aurait dit « Se hingiv naxin (les chiens ne mangent pas de miel) ! »
 
Keça Bênav / La fille sans nom (en kurde, Bênav signifie « sans nom » et Keç « fille »)

CUISINE. Le katmer ou la calzone à la kurde

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Bonjour les confinés du coronavirus. Pour le déjeuner de ce midi, on vous propose une recette kurde. C’est le katmer ou la calzone à la kurde. Une pâte fine que vous remplissez en demie lune avec une farce de votre choix et que vous cuisez au four ou dans une pizza Pan. 
 
Recette pour 4 personnes:
 
500 gr de farine
1 levure du boulanger
Beurre
Huile d’olive
sel
eau
 
1ère étape:
 
Verser la farine, la levure et le sel dans un récipient creux et la pétrir avec de l’eau jusqu’à l’obtention d’une pâte compacte.
 
Former une pâte extensible et élastique. Une fois la pâte pétrie, laissez-la se reposer une demi-heure.
 
2ème étape :
Mettre le çolik, toraq (fromage sec kurde, à chercher dans des épiceries kurdes ou un fromage de chèvre sec ou frais de votre choix) dans un récipient creux également, hacher finement 2 oignons et le persil plat. Mélanger le tout.
 
3 ème etape:
 
Commencer à faire des boules de la pâte préparée, grandeur d’un œuf.
Étaler de la farine sur votre plan de travail. Étalez la pâte à l’aide d’un rouleau à pâtisserie pour obtenir une fine galette.
Étalez la farce déjà préparé en une demie lune avec le dos d’une cuiller à soupe, puis rabattre le côté vide de la pâte comme en demi cercle. (Voir l’image des katmers.)
 
Cuisson:
 
Utiliser une « pizza Pan » sans le couvercle, ou le four. Chauffer le four à 220 degré.
Posez le katmer sur un lèche-fritte huilée ou sur du papier sulfurisé et laissez-le cuire pendant 3 minutes de chaque côté.
 
Nosican be / bon appétit

TURQUIE. « Le virus nommé à 5 mairies kurdes »

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TURQUIE / BAKUR – Hier, pendant que la Terre s’est arrêtée de tourner pour lutter face à un ennemi commun : le Covid-19, le gouvernement turc a ignoré la crise sanitaire à venir et le nombre croissant d’infections sur son territoire. Il a attaqué 5 municipalités kurdes en plein confinement dû au coronavirus.

 
Le gouvernement turc a limogé les maires HDP des municipalités de Batman, Silvan, Lice, Eğil et Ergani, au Kurdistan du Nord. Les co-maires ont été arrêtés et des administrateurs (kayyum) ont été nommés à leur place.
Des membres du HDP, des civils qui voulaient empêcher la prise de contrôle de leur municipalité par une personne nommée par l’AKP, ont été arrêtés par la police turque.
Des membres du HDP, des civils qui voulaient empêcher la prise de contrôle de leur municipalité par une personne nommée par l’AKP, ont été arrêtés par la police turque.
 
Le journal kurde Yeni Ozgur Politika a titré son article au sujet des 5 mairies kurdes HDP saisies hier par le régime turc : « Le virus nommés à 5 mairies », en clin d’œil au coronavirus. 

UNICEF : « La Turquie augmente les risques d’épidémie en Syrie »

SYRIE / ROJAVA – Des centaines de milliers de personnes dans le nord-est de la Syrie en guerre risquent de contracter le nouveau coronavirus (Covid-19) en raison notamment de pénuries d’eau, a averti lundi le Fonds de l’ONU pour l’enfance (Unicef).
 
Depuis plusieurs jours, la station d’approvisionnement en eau d’Allouk à Serê Kaniyê / Ras al-Aïn, une ville située à la frontière syro-turque et contrôlée par la Turquie et ses supplétifs syriens, ne pompe plus d’eau à destination des zones contrôlées par les forces kurdes syriennes, ennemies d’Ankara.
 
Cette interruption a été décidée par la Turquie, a assuré dimanche l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
 
La station d’Allouk fournit habituellement de l’eau à environ 460.000 personnes, dont les habitants de la ville de Hassaké et du camp surpeuplé de déplacés Al-Hol, où vivent des milliers de proches de combattants du groupe jihadiste Etat islamique (EI).
 
« L’interruption de la distribution d’eau, en plein effort face à la propagation du nouveau coronavirus, fait courir des risques inacceptables pour des enfants et des familles », a dénoncé dans un communiqué Fran Equiza, représentante de l’Unicef en Syrie.
 

Kurdî (Kurde): A la recherche d’une langue interdite

« Qui peut dire que dérober sa langue à un peuple est moins violent que la guerre ? »  Ray Gwyn Smith

De nos jours, la probabilité d’entendre un Kurde vous dire : « Je suis kurde mais je ne parle pas le kurde » est très élevée. En effet, depuis la division du Kurdistan au début du XXe siècle, les États occupants ont voulu mettre fin à l’existence du peuple kurde en mettant en place des politiques de génocide linguistique. Il était en effet très difficile d’exterminer physiquement des millions d’individus, malgré les nombreux massacres perpétrés, comme à Dersim, Zilan, Halabja… C’est pourquoi ces États (Turquie, Iran, Irak*, Syrie) ont sévèrement interdit la pratique du kurde dès la deuxième moitié du XXe siècle.

Les Kurdes ne peuvent recevoir un enseignement en langue kurde, ne peuvent assurer leur défense devant la justice, etc., ni même prétendre qu’ils ont une langue qui s’appelle le kurde. Car la Turquie nie l’existence même de cette langue millénaire et la fait passer dans ses registres comme « langue X » (X pour dire « inconnue ») !

Retour sur un génocide linguistique à travers le regard d’une rescapée.

Ma famille vivait dans une ferme isolée dans la montagne, au Kurdistan du Nord (Bakur) sous occupation turque. Pendant l’hiver, le seul lien que nous avions avec le monde extérieur était le poste de radio que mon père s’était acheté et de rares invités qui venaient des villages alentour quand la neige ne bloquait pas trop les sentiers menant à la montagne. Un jour, alors que j’étais encore bébé, mon père a déclaré à ma mère que dorénavant tous les enfants devaient parler uniquement le turc, car l’État turc avait interdit formellement notre langue, sous peine d’amende et/ou de prison.

Cette interdiction de parler notre langue maternelle allait causer des traumatismes insoupçonnés chez les nouvelles générations. Il m’a fallu des années pour que je me rende compte de sa gravité. De nombreux flash-back me rappellent cette lente destruction d’un peuple à travers sa langue bannie.

Notre village, où il y avait une école primaire récente, était à plusieurs kilomètres de notre ferme et les mois d’hiver enneigés empêchaient mes frères et sœurs de s’y rendre. Mon père a donc dû les envoyer en internat.

Pour « couper » la langue kurde à la racine, dès les années 1980, l’État turc avait décidé de créer des internats pour les enfants kurdes. Dès l’âge de 7 ans, les Kurdes passaient leur année scolaire en internat, à la merci d’enseignants et de surveillants dont la mission était d’inculquer la langue turque à des enfants qui n’en connaissaient pas un mot et de les turquifier en les coupant de leur famille, de leur culture et de leur langue. Je ne veux même pas m’attarder sur les sévices psychiques, physiques et sexuels dont étaient victimes de nombreux enfants kurdes dans ces internats de l’horreur…

Quelques années après, nous avons dû abandonner notre ferme et nous nous sommes rapprochés de la petite ville où mes frères et sœurs étaient internés. Ils ont ainsi pu quitter l’internat et revenir à la maison. Mais nous parlions tous le turc entre nous et avec notre père. Le kurde était réservé à notre mère, qui parlait très mal le turc.

Le fait que les enseignants nous répètent à longueur de journée qu’il n’y avait pas de Kurdes en « Turquie » (car pour la Turquie, il n’y avait ni Kurdes ni Kurdistan), moi, petite fille, je me sentais coupable. Coupable d’exister alors qu’en toute logique, je ne le devais pas, puisque c’est ce que nos enseignants disaient. Coupable aussi de parler, en cachette, une langue qui n’existait pas. Un jour, notre maître a demandé s’il y avait des enfants qui ne savaient pas parler le kurde et qu’ils devaient lever le doigt. Je me suis exécutée aussitôt. J’étais la seule et je n’en étais pas très fière…

Avec l’école, la télé et la radio turques, nous n’avions plus besoin de faire d’effort pour oublier cette langue clandestine. L’État turc avait tout prévu pour nous. Il suffisait de se laisser faire. Notre vocabulaire en kurde diminuait de jour en jour, remplacé par le turc, jusque dans nos rêves, et ceci sans « aucun » regret. De toute façon, nous n’aimions pas cette langue illégale. Qui aime l’illégalité, surtout quand on est un enfant qui veut tout bien faire ?

Moi, la petite fille « sage » et « intelligente », j’étais la chouchoute de mes enseignants et j’avais même eu droit au surnom « la Turque » dans le voisinage pour avoir commencé à parler le turc avant le kurde, tandis que les autres enfants avaient plus de difficultés à devenir de parfaits petits Turcs du jour au lendemain. Et que dire de la honte que je ressentais devant ma mère qui ne maîtrisait pas le turc ? Honte d’appartenir à un peuple qui ne devait pas exister, un peuple « arriéré », selon la définition de l’État colonialiste qui voulait en finir avec nous en nous turquifiant bien comme il faut.

Une fois adulte et devenue exilée dans un pays occidental (la France), dont je ne connaissais pas la langue, j’ai tout de suite voulu apprendre le français pour me défaire du turc. Cet exil physique a été le déclic pour un retour mental à mes origines. Soudain, j’ai commencé à avoir les fameux flash-back qui me rappelaient toutes les humiliations que nous avions subies en tant que Kurdes et enfants, et l’interdiction de parler notre langue sur notre propre terre.

Je passais mes journées à écouter des cassettes d’apprentissage du français, je lisais, je discutais avec des non-Kurdes pour apprendre vite la langue. La nuit, j’avais le dictionnaire Le Petit Robert dans mon lit (je dis toujours que Petit Robert fut mon premier amant français !). En quelques mois, j’ai réussi à me débrouiller correctement et, au bout de quelques années, le français est devenu ma première langue. Mais je ne parlais toujours pas correctement ma langue maternelle et mon entourage m’avait cette fois surnommée « la Française » !

Il y a quelques mois, je discutais avec un ami kurde qui m’avait demandé si j’étais née en France car mon français était « très bien ». Je lui ai dit que non, que j’étais venue à l’âge adulte, sans passer par la case école. Il me croyait à peine ! Je lui ai parlé de mes deux surnoms liés aux langues, avant d’ajouter que j’avais réussi à être turque et française et que maintenant, il était temps que je (re)devienne kurde et qu’on m’appelle enfin « Kurdê » (la Kurde) !

Aujourd’hui, je lis et écris le kurde, avec difficulté, sauf quand ce sont des poèmes orphelins qui viennent frapper à ma porte pour m’emmener au pays. Mais je ne désespère pas, je vais réussir à devenir une « vraie Kurde » qui parle sa langue, même s’il va falloir trébucher sur les mots, tomber à terre, après tant d’années passées dans une paralysie linguistique imposée. Et vive la revanche des « vaincus » !

(Keça Bênav)

Notes de contexte

*Dans les autres parties du Kurdistan, en Irak, Iran et Syrie, on avait à peu près les mêmes interdictions. Aujourd’hui, au Kurdistan autonome d’Irak et au Rojava, on enseigne en langue kurde tandis qu’en Iran, le kurde continue à être criminalisé… C’est pourquoi, aujourd’hui, beaucoup de Kurdes, ceux en Turquie essentiellement, ne parlent plus leur langue. Mais ils sont nombreux à lutter pour avoir le droit de la réapprendre et de la parler, de s’approprier de nouveau leur musique, leurs us et coutumes, pillés et interdits par leurs colonisateurs. Le prix à payer pour les Kurdes, afin d’obtenir ce qu’ils veulent, reste très élevé. Cela coûte souvent des vies, mais ils restent déterminés.

Cette décision mise en œuvre a plutôt réussi, avec des effets dévastateurs qu’on peut facilement deviner sur le plan psychique et/ou socio-culturel chez les enfants kurdes et les adultes qu’ils sont devenus.

« Un pain en turc » ou comment interdire aux Kurdes de parler leur langue maternelle

Nous sommes dans les années 1980, dans une région kurde sous occupation turque. Un paysan court à la boulangerie de son village au retour de son champ et voudrait acheter un pain avant le coucher du soleil qui est proche, car dans cette région kurde, l’État turc a décrété un état d’urgence avec couvre-feu au coucher du soleil. Le paysan lance à la hâte « ka nanakî, bi tirkî » en kurde, qu’on pourrait traduire par « un pain, en turc ». Ce pauvre paysan ne sait pas parler le turc mais il faut bien qu’il achète son pain d’une façon ou d’une autre.

Maintenant, imaginons un instant que cette scène ait lieu en France, pendant l’occupation nazie : un paysan corrézien de retour de son champ court à la boulangerie de son village. Le soleil va bientôt se coucher, or il y a le couvre-feu à la tombée de la nuit. Les Nazis ont interdit de parler le français et ont imposé la langue allemande dans tout le pays, mais notre paysan corrézien ne parle pas un mot d’allemand. Alors, il dirait vraisemblablement : « Un pain, en allemand. »

En effet, l’État turc avait interdit le kurde dans tout le pays, y compris dans les régions kurdes, et ce depuis la création de la Turquie en 1923. Même au sein de leurs foyers, les Kurdes ne pouvaient parler leur langue sous peine d’être arrêtés et/ou torturés, en plus de payer une amende. (L’État turc avait dépêché des fonctionnaires à cet effet dans tout le Kurdistan.)

Encore aujourd’hui, en Turquie, la langue kurde reste interdite, même si dans le cadre de la vie privée on peut la parler…

« Ka nanakî bi tirkî / Bana türkçe bir ekmek ver » est le nom d’une nouvelle de Cezmi Ersöz, écrivain et journaliste kurde.

« L’Etat turc est un coronavirus pour le peuple kurde »

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TURQUIE / BAKUR – Pendant que la Terre s’arrête de tourner pour lutter face à un ennemi commun : le Covid-19, le gouvernement turc ignore la crise sanitaire à venir et le nombre croissant d’infections sur son territoire. Il attaque les municipalités kurdes en plein confinement dû au coronavirus.
 
Le gouvernement turc a limogé aujourd’hui les maires HDP des municipalités de Batman, Silvan, Lice et Ergani, au Kurdistan du Nord. Les co-maires ont été arrêtés et des administrateurs (kayyum) ont été nommés à leur place.
 
Des membres du HDP, des civils qui voulaient empêcher la prise de contrôle de leur municipalité par une personne nommée par l’AKP, ont été arrêtés par la police turque.
 
Alors que l’UE continue de crier que les Kurdes doivent faire valoir leurs droits de manière démocratique, chaque politicien qui tente de le faire est arrêté, les maires choisis sont démis de leurs fonctions et remplacé par des administrateurs (kayyum) nommés.

CUISINE. Guacamole à la kurde

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CUISINE. Aujourd’hui, nous sommes un milliards d’humains confinés à cause du coronavirus à travers le monde. Mais on ne va pas arrêter de vivre, ni de manger ! Alors, voici une recette de guacamole originale à la sauce kurde. C’est bon, diététique et nourrissant !

 
Ingrédients :
 
2 avocats murs
Un demi citron
Un demi pot de yaourt 
Une gousse d’ail
Huile d’olive
Sel
piment ou pouvoir

Écrasez à la fourchette les avocats une fois la chair sortie de son écorce avec une cuillère à souper. Ajoutez-y l’ail et le citron pressés, l’huile d’olive, le sel et le piment ou poivre. Vous pouvez la manger en l’étalant sur des tartines de pain ou avec des tortillas en chips.
 
Nosican be / bon appétit ! 

CUISINE. Salade sucrée-salée à la kurde

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CUISINE – Pour les confinés du coronavirus privés de resto, voici une recette de salade originale sucrée-salée à la kurde ! C’est délicieux et bon pour la santé !
 
Ingrédients :
 
Un oignon
Une Salade verte
Un demi citron
Une grenade
6 noix
Une cuillerée à soupe de sésame
Huile d’olive
Sel
piment ou pouvoir

Coupez l’oignon en très fine lamelle et arrosez-le du jus du citron pressé. Laissez-le mariner pendant au moins deux heures, en le remuant de temps à autre. Ensuite, ajoutez-y la salade verte (laitue ou des jeunes pousses d’épinard), les graines de la grenade, les cerneaux de vos noix, le sésame, l’huile d’olive, le sel et le piment ou poivre.
 
Nosican be / bon appétit ! 

CUISINE. Salade de chou à la kurde

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Pour les confinés du coronavirus privés de resto, voici une recette de salade de chou blanc râpé assaisonnée à la kurde ! C’est délicieux et bon pour la santé !
 
Ingrédients :
 
Un chou blanc
Cumin en grain
Un citron
Huile d’olive
Une gousse d’ail
Sel
piment ou poivre

Râpez le chou, pressez l’aille et le citron, assaisonnez le chou avec le jus de citron, l’ail, huile d’olive, sel, piment ou poivre.
 
Nosican be / bon appétit ! 
 
 
 
 

Coronavirus: le réveil ne sonnera plus et l’aspirateur peut attendre !

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Ça y est, c’est le 20 mars, le premier jour du printemps selon le calendrier zoroastrien célébré encore aujourd’hui par les Kurdes et nombreux autres peuples de la Mésopotamie et de l’Asie centrale. Mais cette année, le nouvel-an kurde Newroz n’est pas un jour de fête comme les autres années étant donné que presque toutes les populations de la Mésopotamie sont confinées à la maison à cause de l’épidémie du coronavirus qu’on ne vous présente plus. 
 
On a parlé, à juste titre, des inconvénients du confinement forcé : risques de dépression, augmentations des violences domestiques dont sont victimes les femmes et les enfants, et tant d’autres. Mais, comme c’est Newroz et que je suis un peu fatiguée de faire l’oiseau de malheur on ne donnant presque que des mauvaises nouvelles venues du Kurdistan, j’ai décidé que j’allais parler d’une bonne chose liée au confinement « coronavirus ». Si, si, ne faites pas cette tête-là, il y a bien une bonne chose liée au confinement et dont beaucoup de femmes en sont contentes : C’est de ne pas se sentir obligé de faire le ménage, ranger, passer l’aspirateur… puisqu’on ne reçoit plus d’invités, ni même la famille (qu’elle soit « belle » ou pas !). 
 
Merci coronavirus ! Grâce à toi, je n’entends plus le réveil sonner et l’aspirateur peut s’emmerder tous seul dans son coin, je n’ai plus envie de lui, j’ai d’autres chats à fouetter ! D’ailleurs, chute, j’entends un couple d’oiseaux faire la sérénade sous ma fenêtres, bercés sur une branche d’un arbre en fleurs. 
 
 
Keça Bênav / La fille sans nom (en kurde, Bênav signifie « sans nom » et Keç « fille »)

Newroz 2020, le nouvel-an kurde cononavirusé

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CULTURE – Le confinement en masse des populations dû au coronavirus va, pour la première fois, obliger les Kurdes à célébrer le Newroz (nouvel-an kurde) enfermés à la maison. C’est la première fois que les Kurdes ne pourront sortir chanter et danser autour du feu du Newroz. Cela n’était pas arrivé même quand l’armée turque semaient la terreur dans les ville kurdes où elle tirait à balles réelles sur les civils, sans faire de distinction entre femmes, enfants, vieillards, dans les années 90…
 
Oui, comment fêter le Newroz*, sans un grand feu autour duquel chanter et danser et par dessus lequel sautaient les plus hardis ? Drôle de Newroz 2020, la fête ancestrale qui a été transformée au fil du temps en un moment de révolte contre les tyrans oppresseurs du peuple kurde dans tout le Kurdistan.
 
Les origines du Newroz
 
Newroz ou Nawroz fait référence à la célébration du Nouvel an zoroastrien dans la culture kurde. Avant l’islamisation des peuples iraniens en Asie, les ancêtres des Kurdes étaient des adeptes du zoroastrisme. Dans la doctrine zoroastrienne, le feu est un symbole de vision, de bonté et de purification. Angra Mainyu, l’esprit démoniaque opposé au dieu Ahura Mazda dans le zoroastrisme, était défié chaque année par un grand feu par les Zoroastriens. Dans la légende kurde, la fête célèbre la délivrance des Kurdes du tyran Dehak et elle est considérée comme une autre façon de démontrer le soutien à la cause kurde.

La célébration du Newroz – célébré depuis au moins 3 000 ans et profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du zoroastrisme – coïncide avec l’équinoxe de mars, qui tombe généralement le 21 mars et se déroule habituellement du 18 au 24 mars. Le festival occupe une place importante en termes d’identité kurde pour la majorité des Kurdes. Les Kurdes se rassemblent pour accueillir la venue du printemps. ils portent des vêtements colorés et dansent ensemble.
 
Il y a longtemps, entre les grands fleuves d’Euphrate et du Tigre, il y avait une terre appelée la Mésopotamie. Au-dessus d’une petite ville de la Mésopotamie, sur le flanc des montagnes de Zagros, il y avait un énorme château en pierre avec de hautes tourelles et des hauts murs sombres.

Le château était taillé dans la roche de la montagne. Les portes du château étaient fabriquées à partir du bois du cèdre et sculptées en forme de guerriers ailés. Au fond du château vivait un roi assyrien cruel appelé Dehak. Ses armées terrorisaient tous les habitants du pays, alors que tout allait bien avant le règne de Dehak en Mésopotamie.
 
Les rois précédents avaient été bons et gentils et avaient encouragé les gens à irriguer la terre et à garder leurs champs fertiles. Ils mangeaient des aliments composés uniquement de pain, d’herbes, de fruits et de noix. C’est sous le règne d’un roi nommé Jemshid que les choses ont commencé à tourner mal. Il se croyait au-dessus des Dieux du soleil et commença à perdre la faveur de son peuple. Un esprit appelé Ahriman le Mal, a saisi l’occasion de prendre le contrôle.
 
Il choisit Dehak pour prendre le trône, qui tua ensuite Jemshid et le coupa en deux. Le mauvais esprit, déguisé en cuisinier, nourrit Dehak de sang et de chair d’animaux et un jour, alors que Dehak le complimentait sur ses plats de viande, il le remercia et lui demanda d’embrasser les épaules du roi. Alors qu’il embrassait les épaules de Dehak, il y eut un grand éclair de lumière et deux serpents noirs géants sortir de chaque côté de ses épaules. Dehak était terrifié et a tout essayé pour s’en débarrasser. Ahriman le Mal s’est déguisé à nouveau, cette fois en médecin et a déclaré à Dehak qu’il ne pourrait jamais se débarrasser des serpents et que lorsque les serpents auraient faim, Dehak ressentirait une douleur terrible, qui ne serait soulagée que lorsque les serpents seraient nourris avec le cerveau des jeunes enfants. C’est ainsi qu’à partir de ce jour sombre, deux enfants ont été choisis dans les villes et villages qui se trouvaient sous le château. Ils ont été tués et leurs cerveaux ont été emmenés aux portes du château et placés dans un grand seau fait du bois de noyer et maintenu fermement par trois fines bandes d’or.
 
Le seau de cervelle fut ensuite soulevé par deux gardes forts et emmené chez le méchant Dehak et les cerveaux ont été dévorés par les serpents affamés. Depuis que le roi serpent a commencé son règne sur le royaume, le soleil a refusé de briller. Les cultures, les arbres et les fleurs des paysans se sont mis à faner. Les pastèques géantes qui y avaient poussé pendant des siècles ont pourri sur pied. Les paons et les perdrix qui se pavanaient autour des grenadiers géants étaient partis. Même les aigles qui avaient volé haut dans les vents de la montagne étaient partis. Maintenant, tout était froid et sombre. Les gens du pays étaient très tristes. Tout le monde était terrifié par Dehak. Ils chantaient des lamentations tristes et douloureuses qui exprimaient leur douleur et leur détresse. Et le son envoûtant d’une longue flûte en bois résonnait toujours dans les vallées. Sous le château du roi vivait un forgeron qui fabriquait des fers pour les célèbres chevaux sauvages de Mésopotamie et des chaudrons et des casseroles pour les habitants de la ville. Il s’appelait Kawa. Lui et sa femme étaient affaiblis par le chagrin et haïssaient Dehak car il avait déjà pris 16 de leurs 17 enfants.
 
Chaque jour, transpirant à la sortie du four, Kawa frappait son marteau sur l’enclume et rêvait de se débarrasser du roi maléfique. Et tandis qu’il frappait le métal chaud rouge, de plus en plus fort, les étincelles rouges et jaunes s’envolaient dans le ciel sombre comme des feux d’artifice et pouvaient être vues à des kilomètres à la ronde. Un jour, l’ordre vint du château que la dernière fille de Kawa devait être tuée et son cerveau devait être amené à la porte du château dès le lendemain. Kawa passa toute la nuit sur le toit de sa maison, sous les étoiles brillantes et les rayons de la pleine lune, pensant comment sauver sa dernière fille des serpents de Dehak. Alors qu’une étoile filante glissait dans le ciel nocturne, il eut une idée. Le lendemain matin, il est monté sur le dos de son cheval, tirant lentement la lourde charrette en fer avec deux seaux en métal qui cliquetaient sur le dos. La charrette a grimpé la route pavée escarpée et est arrivée à l’extérieur du château. Il vida nerveusement le contenu des seaux métalliques dans le grand seau en bois à l’extérieur des énormes portes du château. Alors qu’il se retournait pour partir, il entendit les portes se déverrouiller, trembler et se mettre à grincer lentement.
 
Il a jeté un dernier coup d’œil et s’est dépêché de partir. Le seau en bois a ensuite été lentement soulevé par deux gardes et emmené dans le château. Les cerveaux étaient donnés aux deux serpents géants affamés qui avaient poussé sur les épaules de Dehak. Quand Kawa est rentré chez lui, il a trouvé sa femme agenouillée devant un feu de bois rugissant. Il s’agenouilla et souleva doucement son grand manteau de velours. Là, sous le manteau, il y avait leur fille. Kawa balaya ses longs cheveux noirs et épais de son visage et embrassa sa joue chaude. Au lieu de sacrifier sa propre fille, Kawa avait sacrifié un mouton et avait mis son cerveau dans le seau en bois. Et personne ne l’avait remarqué. Bientôt, tous les habitants de la ville en ont appris la malice de Kawa. Alors quand Dehak leur a demandé un sacrifice d’enfant, ils ont tous fait la même chose. Ainsi, des centaines d’enfants ont été sauvés. Alors tous les enfants sauvés allèrent, dans l’obscurité, dans les montagnes les plus hautes et les plus éloignées où personne ne les trouverait. Ici, dans les hauteurs des montagnes de Zagros, les enfants ont grandi en liberté.
Ils ont appris à survivre par eux-mêmes. Ils ont appris à monter à cheval, à chasser, à pêcher, à chanter et à danser.
 
De Kawa, ils ont appris à se battre. Un jour, ils retourneraient dans leur patrie et sauveraient leur peuple du roi tyran. Le temps passa et l’armée de Kawa était prête à commencer sa marche sur le château. En chemin, ils traversaient des villages et des hameaux. Les chiens des villages aboyaient et les gens sortaient de leurs maisons pour les encourager et leur donner du pain, de l’eau, du yaourt et des olives. Alors que Kawa et les enfants approchaient du château de Dehak, les hommes et les femmes quittèrent leurs champs pour les rejoindre. Au moment où ils s’approchaient du château, l’armée de Kawa s’élevait à plusieurs milliers. Ils s’arrêtèrent devant le château et se tournèrent vers Kawa. Kawa se tenait sur un rocher. Il portait son tablier de forgeron et tenait son marteau à la main. Il se retourna et fit face au château et leva son marteau vers les portes du château. La foule s’avança en masse et déferla sur les portes du château qui avaient la forme de guerriers ailés et qui ont rapidement pris le dessus sur les hommes de Dehak.
 
Kawa se précipita directement dans la chambre de Dehak, descendit les escaliers de pierre sinueux et, avec son marteau de forgeron, tua le roi serpent maléfique et lui coupa la tête. Les deux serpents se flétrirent. Il grimpa ensuite au sommet de la montagne au-dessus du château et alluma un grand feu de joie pour dire à tous les habitants de Mésopotamie qu’ils étaient libres. Bientôt, des centaines de feux furent allumés dans tout le pays pour répandre le message et les flammes s’élevèrent haut dans le ciel nocturne, l’illuminant et purifiant l’air de l’odeur de Dehak et de ses mauvaises actions. Les ténèbres avaient disparu. Avec la lumière de l’aube, le soleil est venu de derrière les nuages sombres et a réchauffé la terre montagneuse une fois de plus. Les fleurs commencèrent lentement à s’ouvrir et les bourgeons des figuiers éclatèrent en fleurs.
 
Les pastèques ont recommencé à pousser, comme elles l’avaient fait pendant des siècles auparavant. Les aigles sont revenus et ont volé sur les vents chauds entre les sommets de la montagne. Les paons éventèrent leurs magnifiques panaches qui scintillaient sous le soleil chaud du printemps. Des chevaux sauvages aux longues crinières noires galopaient sur les plaines plates et poussiéreuses. Les perdrix se perchaient et chantaient sur les branches des poiriers. Les petits enfants mangeaient des noix mûres enveloppées dans des figues fraîches et l’odeur du pain fraîchement cuit dans les fours en pierre atteignait leur nez à l’aide d’une légère brise. Les feux brûlaient de plus en plus haut et les gens chantaient et dansaient en rond en se tenant la main avec les épaules qui montaient et descendaient rythmées par la flûte et le tambour.
 
Les femmes en robes pailletées de couleurs vives chantaient des chansons d’amour et les hommes répondaient en se déplaçant autour des flammes comme un seul homme. Quelques-uns d’entre eux planaient au-dessus du feu, ivres au son de la musique, les bras tendus comme des aigles qui volent dans le ciel. Maintenant, ils étaient libres. Jusqu’à ce jour, le même jour de printemps de chaque année, le 21 mars (qui est aussi l’équinoxe du printemps), les Kurdes, les Perses, les Afghans et les autres peuples du Moyen-Orient dansent et sautent au-dessus des flammes pour se souvenir de Kawa et de la libération de la tyrannie et de l’oppression et pour célébrer la venue du nouvel an. Ce jour s’appelle Newroz ou Nouveau-jour. C’est l’une des rares « fêtes populaires » qui a survécu et précède toutes les grandes fêtes religieuses. Bien que célébrée par d’autres, elle est particulièrement importante pour les Kurdes car elle marque également le début du calendrier kurde et célèbre la longue lutte des Kurdes pour la liberté.
 

Newroz : Le nouvel-an kurde

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Cette année, le confinement « coronavirus » oblige, les Kurdes célébreront le Newroz  (nouvel-an kurde) depuis leurs domiciles, les plus chanceux dans leurs jardins, les autres aux balcons ou aux fenêtres. Retour sur l’origine de cette fête ancestrale qui a été transformée au fil du temps en un moment de révolte contre les tyrans oppresseurs du peuple kurde.
 
Newroz ou Nawroz fait référence à la célébration du Nouvel an zoroastrien dans la culture kurde. Avant l’islamisation des peuples iraniens en Asie, les ancêtres des Kurdes étaient des adeptes du zoroastrisme. Dans la doctrine zoroastrienne, le feu est un symbole de vision, de bonté et de purification. Angra Mainyu, l’esprit démoniaque opposé au dieu Ahura Mazda dans le zoroastrisme, était défié chaque année par un grand feu par les Zoroastriens. Dans la légende kurde, la fête célèbre la délivrance des Kurdes du tyran Dehak et elle est considérée comme une autre façon de démontrer le soutien à la cause kurde.
 
La fête du Newroz – célébré depuis au moins 3 000 ans et profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du zoroastrisme – coïncide avec l’équinoxe de mars, qui tombe généralement le 21 mars et se déroule habituellement du 18 au 24 mars. Le festival occupe une place importante en termes d’identité kurde pour la majorité des Kurdes. Les Kurdes se rassemblent pour accueillir la venue du printemps. ils portent des vêtements colorés et dansent ensemble.

Voici le mythe du Newroz chez les Kurdes :
 
Il y a bien longtemps, entre les grands fleuves d’Euphrate et du Tigre, il y avait une terre appelée la Mésopotamie. Au-dessus d’une petite ville de la Mésopotamie, sur le flanc des montagnes des Zagros, il y avait un énorme château en pierre avec de hautes tourelles et des hauts murs sombres.
 
Le château était taillé dans la roche de la montagne. Les portes du château étaient fabriquées à partir du bois du cèdre et sculptées en forme de guerriers ailés. Au fond du château vivait un roi assyrien cruel appelé Dehak. Ses armées terrorisaient tous les habitants du pays, alors que tout allait bien avant le règne de Dehak en Mésopotamie.
 
Les rois précédents avaient été bons et gentils et avaient encouragé les gens à irriguer la terre et à garder leurs champs fertiles. Ils mangeaient des aliments composés uniquement de pain, d’herbes, de fruits et de noix. C’est sous le règne d’un roi nommé Jemshid que les choses ont commencé à tourner mal. Il se croyait au-dessus des Dieux du soleil et commença à perdre la faveur de son peuple. Un esprit appelé Ahriman le Mal, a saisi l’occasion de prendre le contrôle.
 
Il choisit Dehak pour prendre le trône, qui tua ensuite Jemshid et le coupa en deux. Le mauvais esprit, déguisé en cuisinier, nourrit Dehak de sang et de chair d’animaux et un jour, alors que Dehak le complimentait sur ses plats de viande, il le remercia et lui demanda d’embrasser les épaules du roi. Alors qu’il embrassait les épaules de Dehak, il y eut un grand éclair de lumière et deux serpents noirs géants sortir de chaque côté de ses épaules. Dehak était terrifié et a tout essayé pour s’en débarrasser. Ahriman le Mal s’est déguisé à nouveau, cette fois en médecin et a déclaré à Dehak qu’il ne pourrait jamais se débarrasser des serpents et que lorsque les serpents auraient faim, Dehak ressentirait une douleur terrible, qui ne serait soulagée que lorsque les serpents seraient nourris avec le cerveau des jeunes enfants. C’est ainsi qu’à partir de ce jour sombre, deux enfants ont été choisis dans les villes et villages qui se trouvaient sous le château. Ils ont été tués et leurs cerveaux ont été emmenés aux portes du château et placés dans un grand seau fait du bois de noyer et maintenu fermement par trois fines bandes d’or.
 
Le seau de cervelle fut ensuite soulevé par deux gardes forts et emmené chez le méchant Dehak et les cerveaux ont été dévorés par les serpents affamés. Depuis que le roi serpent a commencé son règne sur le royaume, le soleil a refusé de briller. Les cultures, les arbres et les fleurs des paysans se sont mis à faner. Les pastèques géantes qui y avaient poussé pendant des siècles ont pourri sur pied. Les paons et les perdrix qui se pavanaient autour des grenadiers géants étaient partis. Même les aigles qui avaient volé haut dans les vents de la montagne étaient partis. Maintenant, tout était froid et sombre. Les gens du pays étaient très tristes. Tout le monde était terrifié par Dehak. Ils chantaient des lamentations tristes et douloureuses qui exprimaient leur douleur et leur détresse. Et le son envoûtant d’une longue flûte en bois résonnait toujours dans les vallées. Sous le château du roi vivait un forgeron qui fabriquait des fers pour les célèbres chevaux sauvages de Mésopotamie et des chaudrons et des casseroles pour les habitants de la ville. Il s’appelait Kawa. Lui et sa femme étaient affaiblis par le chagrin et haïssaient Dehak car il avait déjà pris 16 de leurs 17 enfants.
 
Chaque jour, transpirant à la sortie du four, Kawa frappait son marteau sur l’enclume et rêvait de se débarrasser du roi maléfique. Et tandis qu’il frappait le métal chaud rouge, de plus en plus fort, les étincelles rouges et jaunes s’envolaient dans le ciel sombre comme des feux d’artifice et pouvaient être vues à des kilomètres à la ronde. Un jour, l’ordre vint du château que la dernière fille de Kawa devait être tuée et son cerveau devait être amené à la porte du château dès le lendemain. Kawa passa toute la nuit sur le toit de sa maison, sous les étoiles brillantes et les rayons de la pleine lune, pensant comment sauver sa dernière fille des serpents de Dehak. Alors qu’une étoile filante glissait dans le ciel nocturne, il eut une idée. Le lendemain matin, il est monté sur le dos de son cheval, tirant lentement la lourde charrette en fer avec deux seaux en métal qui cliquetaient sur le dos. La charrette a grimpé la route pavée escarpée et est arrivée à l’extérieur du château. Il vida nerveusement le contenu des seaux métalliques dans le grand seau en bois à l’extérieur des énormes portes du château. Alors qu’il se retournait pour partir, il entendit les portes se déverrouiller, trembler et se mettre à grincer lentement.
 
Il a jeté un dernier coup d’œil et s’est dépêché de partir. Le seau en bois a ensuite été lentement soulevé par deux gardes et emmené dans le château. Les cerveaux étaient donnés aux deux serpents géants affamés qui avaient poussé sur les épaules de Dehak. Quand Kawa est rentré chez lui, il a trouvé sa femme agenouillée devant un feu de bois rugissant. Il s’agenouilla et souleva doucement son grand manteau de velours. Là, sous le manteau, il y avait leur fille. Kawa balaya ses longs cheveux noirs et épais de son visage et embrassa sa joue chaude. Au lieu de sacrifier sa propre fille, Kawa avait sacrifié un mouton et avait mis son cerveau dans le seau en bois. Et personne ne l’avait remarqué. Bientôt, tous les habitants de la ville en ont appris la malice de Kawa. Alors quand Dehak leur a demandé un sacrifice d’enfant, ils ont tous fait la même chose. Ainsi, des centaines d’enfants ont été sauvés. Alors tous les enfants sauvés allèrent, dans l’obscurité, dans les montagnes les plus hautes et les plus éloignées où personne ne les trouverait. Ici, dans les hauteurs des montagnes des Zagros, les enfants ont grandi en liberté.
 
Ils ont appris à survivre par eux-mêmes. Ils ont appris à monter à cheval, à chasser, à pêcher, à chanter et à danser. De Kawa, ils ont appris à se battre. Un jour, ils retourneraient dans leur patrie et sauveraient leur peuple du roi tyran. Le temps passa et l’armée de Kawa était prête à commencer sa marche sur le château. En chemin, ils traversaient des villages et des hameaux. Les chiens des villages aboyaient et les gens sortaient de leurs maisons pour les encourager et leur donner du pain, de l’eau, du yaourt et des olives. Alors que Kawa et les enfants approchaient du château de Dehak, les hommes et les femmes quittèrent leurs champs pour les rejoindre. Au moment où ils s’approchaient du château, l’armée de Kawa s’élevait à plusieurs milliers. Ils s’arrêtèrent devant le château et se tournèrent vers Kawa. Kawa se tenait sur un rocher. Il portait son tablier de forgeron et tenait son marteau à la main. Il se retourna et fit face au château et leva son marteau vers les portes du château. La foule s’avança en masse et déferla sur les portes du château qui avaient la forme de guerriers ailés et qui ont rapidement pris le dessus sur les hommes de Dehak.
 
Kawa se précipita directement dans la chambre de Dehak, descendit les escaliers de pierre sinueux et, avec son marteau de forgeron, tua le roi serpent maléfique et lui coupa la tête. Les deux serpents se flétrirent. Il grimpa ensuite au sommet de la montagne au-dessus du château et alluma un grand feu de joie pour dire à tous les habitants de Mésopotamie qu’ils étaient libres. Bientôt, des centaines de feux furent allumés dans tout le pays pour répandre le message et les flammes s’élevèrent haut dans le ciel nocturne, l’illuminant et purifiant l’air de l’odeur de Dehak et de ses mauvaises actions. Les ténèbres avaient disparu. Avec la lumière de l’aube, le soleil est venu de derrière les nuages sombres et a réchauffé la terre montagneuse une fois de plus. Les fleurs commencèrent lentement à s’ouvrir et les bourgeons des figuiers éclatèrent en fleurs.
 
Les pastèques ont recommencé à pousser, comme elles l’avaient fait pendant des siècles auparavant. Les aigles sont revenus et ont volé sur les vents chauds entre les sommets de la montagne. Les paons éventèrent leurs magnifiques panaches qui scintillaient sous le soleil chaud du printemps. Des chevaux sauvages aux longues crinières noires galopaient sur les plaines plates et poussiéreuses. Les perdrix se perchaient et chantaient sur les branches des poiriers. Les petits enfants mangeaient des noix mûres enveloppées dans des figues fraîches et l’odeur du pain fraîchement cuit dans les fours en pierre atteignait leur nez à l’aide d’une légère brise. Les feux brûlaient de plus en plus haut et les gens chantaient et dansaient en rond en se tenant la main avec les épaules qui montaient et descendaient rythmées par la flûte et le def.
 
Les femmes en robes pailletées de couleurs vives chantaient des chansons d’amour et les hommes répondaient en se déplaçant autour des flammes comme un seul homme. Quelques-uns d’entre eux planaient au-dessus du feu, ivres au son de la musique, les bras tendus comme des aigles qui volent dans le ciel. Maintenant, ils étaient libres. Jusqu’à ce jour, le même jour de printemps de chaque année, le 21 mars (qui est aussi l’équinoxe du printemps), les Kurdes, les Perses, les Afghans et les autres peuples du Moyen-Orient dansent et sautent au-dessus des flammes pour se souvenir de Kawa et de la libération de la tyrannie et de l’oppression et pour célébrer la venue du nouvel an. Ce jour s’appelle Newroz ou Nouveau-jour. C’est l’une des rares « fêtes populaires » qui a survécu et précède toutes les grandes fêtes religieuses. Bien que célébrée par d’autres, elle est particulièrement importante pour les Kurdes car elle marque également le début du calendrier kurde et célèbre la longue lutte des Kurdes pour la liberté.