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BAKUR. 63,2% des Kurdes au seuil de la famine, 87,1% des femmes au chômage

TURQUIE / BAKUR – Les résultats des recherches effectuées dans les régions kurdes du Sud-Est de la Turquie (Bakur) sur le statut socio-économique des femmes sont tragiques : 63,2% des Kurdes vivent au seuil de la famine tandis que 87,1% des femmes kurdes sont au chômage.
 
Le centre de recherche « Sosyo Politik Saha Araştırmaları Merkezi » a réalisé un travail de terrain centré sur la situation socio-économique auprès de 6 907 femmes à Diyarbakır, Van, Mardin, Batman, Siirt, Bitlis, Şırnak, Iğdır, Şanlıurfa, Ağrı, Bingöl, Muş, Hakkâri ve Kars, Ardahan et Dersim, au Kurdistan du Nord, en novembre 2019. 34,1 % des femmes interrogées étaient âgées de 25 à 34 ans, 24,1 % de 35 à 44 ans et 3,1 % de 18 à 24 ans. La proportion de participantes âgées de 18 à 34 ans, qui sont considérés comme des groupes de jeunes, était de 57,2 %.

Les résultats des recherches montrent encore une fois que les Kurdes sont les parias en Turquie. En effet, 63,2% des Kurdes vivent avec des revenus de 0 à 2 mille livres turques qui correspondent au seuil de la pauvreté fixé par l’Institut de la statistique de la Turquie (Türkiye İstatistik Kurumu – TÜİK).
 
Les femmes kurdes frappées de plein fouet par la pauvreté
 
Un autre point important qui sort de ce travail de terrain, c’est le chaumage massif des femmes kurdes avec 87,1% d’entre-elles qui ne travaillent dans aucun emploi salarié. En revanche, elles sont presque toutes des esclaves domestiques assumant l’intégralité du travail domestique, non rémunéré, non reconnu par la société. Un drame absolu qui montre que l’autonomie des femmes kurdes et celle du peuple kurde sont intimement liées, mais que les femmes sont les première victimes des politiques anti-kurdes de l’Etat turc.
 
La structure familiale kurde modifiée en profondeur
 
Les réponses des participants concernant le nombre de personnes vivant dans le ménage montrent également que la structure familiale kurde surpeuplée est atomisée. En effet, 65,9% des participants sont des ménages de 4 à 7 individus, 15,5% de 1 à 3, 6,5% de 8 à 11, 2,1% sont des ménages avec 12 personnes et plus. Cela montre la fin de la vie traditionnelle kurde où jadis 2 à 3 générations vivaient dans le même foyer.
 
Les diplômés et les non-diplômés logés à la même enseigne
 

Selon l’étude, qui a tenté d’obtenir des données sur la relation entre l’âge et l’éducation entre le mariage et l’emploi, 88,4 % des femmes analphabètes du groupe de recherche sont des « travailleuses [non rémunérées] à domicile », 5 % sont « inaptes à travailler », 4,4 % sont « au chômage », 88,3 % des femmes qui savent lire et écrire mais qui sont sans diplômes sont des « travailleuses [non rémunérées] à domicile », 4,9 % sont « au chômage » et 2,6 % sont « inaptes à travailler ».

Selon les résultats sortis des recherches, une grande partie des femmes qui n’ont pas été inscrites et qui ont pu fréquenter l’école secondaire sont positionnées dans la vie sociale comme « travailleuses [non rémunérées] à domicile » ; 27,1 % des femmes ayant obtenu le baccalauréat sont « au chômage », 24,9 % sont « fonctionnaires », 17,9 % sont « étudiantes » ; 36,4 % des femmes ayant fait des études supérieures sont « fonctionnaires », 21,2 % sont « travailleuses [non rémunérées] à domicile » et 15,2 % sont « étudiantes ».

« Le plus grand problème, c’est la question kurde et le chômage »

A la question « Selon vous, quel est le plus gros problème en Turquie ? », 31,8% des femmes qui ont participé à l’étude ont dit «l’économie / le chômage», 20,4% «le problème kurde», 15,9% «la violence et un environnement conflictuel», 9,8% «l’absence de démocratie», 7,3% «le gouvernement», 5,9% «l’absence d’opposition politique», 4% «le nouveau système politique / le système présidentiel», 2% «la politique étrangère», 1,5% « autre », 0,3% « DAECH / ISIS » et 0,2% « le nationalisme [turc]».

Via l’agence Mezopotamya

Image via TJA Wan

 

Non à la suppression de la page Kurdistan au féminin !

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Facebook avait supprimé le 6 avril 2018 la précédente page « Kurdistan au féminin » (KAF), qui avait près de 60 000 abonnés, juste par ce qu’elle parlait des Kurdes et des injustices dont ils sont victimes dans les quatre parties du Kurdistan. Aujourd’hui, Facebook nous a averti qu’à cause de nos publications qui ne seraient pas conformes à ses standards [apologie du terrorisme car on a relayé une info où il était question du leader kurde Abdullah Ocalan], il allait supprimer notre page. Bien que Facebook ne le dise pas ouvertement, pour nous, la suppression de KAF a été manigancée par les nervis du pouvoir turc directement. En effet, le site Kurdistan au féminin est banni en Turquie sur décision de la « justice » turque.

En agissant ainsi, le pouvoir turc admet la force de « Kurdistan au féminin » et nous montre que nous sommes sur la bonne voie. Bien sûr, nous n’allons pas parler des nombreuses menaces « anonymes » venant des trolls turcs qu’on a reçues via Facebook…
 
Facebook a suspendu notre précédente page en prétextant qu’elle ne respectait pas les standards de la communauté de Facebook suite aux signalements de devinez qui. Aujourd’hui, Facebook est revenu en force en nous déclarant qu’à cause du « non respect » [répété] des standards de Facebook, il allait supprimer notre page. Qu’est-ce que FB nous reproche ? Que nous parlions du barrage Ilisu qui inonde la ville antique d’Hasankey, parler de Sakine Cansiz, du leader kurde Ocalan, du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK)…
Pour nous, Facebook veut nous faire taire car nous dérangeons le pouvoir turc étant donné que nous informons de manière efficace l’opinion publique internationale sur les violations des droits du peuple kurde en Turquie, au Kurdistan et partout dans le monde où la Turquie intervient…
 
Facebook ne va pas s’arrêter en si bon chemin et peut de nouveau supprimer notre page pour plaire au pouvoir turc qui veut notre peau. Mais il ne peut pas nous empêcher de crier haut et fort qu’en agissant ainsi, il se rend complice de l’Etat turc dans sa guerre de censure visant ses opposants et les Kurdes en Turquie et dans le monde. Il a déjà supprimé notre ancienne page mais n’a pas réussi à nous faire taire. Si jamais notre nouvelle page est supprimée, on reviendra encore plus déterminées qu’avant.

Nous sommes les femmes fières du Kurdistan, les sœurs de Zarife Xatun, Leyla Qasim, Sakine Cansiz, Leyla Guven, Zehra Dogan… La censure de Facebook et les attaques terroristes turques ne font que renforcer notre conviction de savoir que notre travail est utile pour tous les peuples du Moyen-Orient.
A bas la censure !

Vive le droit à l’information !

Au delà des lignes du front, la construction du système démocratique de la Syrie du Nord et de l’Est

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SYRIE / ROJAVA – L’invasion du territoire syrien par la Turquie, le 9 octobre 2019, a entamé un nouveau chapitre de la Guerre Civile syrienne et ouvert de nouvelles arènes aux jeux politiques des pouvoirs régionaux et internationaux.
 
Au moment où les Forces armées turques (TAF) et leurs milices franchissaient la frontière, soutenues par des frappes aériennes et d’artillerie, il est devenu plus urgent de répondre à la question : « Qu’est-ce qui est en jeu dans le nord et l’est de la Syrie ? » L’attention des médias internationaux dirigée vers le nord et l’est de la Syrie a mis en lumière la « trahison » des États-Unis envers les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le coût civil catastrophique de l’invasion. Pourtant, pour bien comprendre l’assaut de la Turquie sur la Syrie du Nord et de l’Est, il est nécessaire de comprendre le caractère social et politique unique du système que les Forces démocratiques syriennes se battent pour protéger.
 
Les institutions civiles qui composent ce système social et politique – avec lequel les FDS sont alignées – cherchent à offrir une nouvelle orientation politique au Moyen-Orient en présentant un modèle d’organisation qui se décrit comme révolutionnaire. Le projet politique s’organise à travers le système d’ « autonomie démocratique confédéraliste », issu initialement du Mouvement pour les droits kurdes au sein des régions à majorité kurde du Nord de la Syrie – généralement appelé le Rojava. Cependant, il s’est depuis élargi pour inclure les régions à majorité arabe, ces zones ayant été libérées de l’État islamique par les FDS. Ce projet politique a jeté les bases d’une société démocratique multi-ethnique basée sur l’égalité de genre, la régénération écologique et un pouvoir décentralisé et local. Des milliers de militant·e·s, chercheurs, chercheuses et professionnel·le·s internationales et Syrien·ne·s sont venu·e·s dans la région pour soutenir et rejoindre le travail des institutions locales. Alors qu’elle en est encore à ses débuts et reste ouverte à des critiques valables – en ce qui concerne un certain nombre d’incohérences et de lacunes – la « révolution du Rojava » a fait un bout de chemin et démontré la viabilité de ses structures.
 
Ce rapport décrit les structures politiques et sociales de la Syrie du Nord et de l’Est, et le contexte social et historique qui les façonnent. Nous expliquons l’évolution des institutions depuis le développement de l’autonomie en 2012 ainsi que l’expansion et l’adaptation de ces institutions suite à la libération de régions auparavant sous contrôle de l’État islamique, de 2016 à 2019. Bien que nous mettions en évidence les écarts entre la théorie et la pratique, l’objectif de ce rapport n’est pas d’évaluer si le projet politique en Syrie du Nord et de l’Est a été un « succès », mais de décrire la situation telle qu’elle se présente et ce qu’elle tend à devenir. Quelques parallèles peuvent être établis avec le système des caracoles des zapatistes au Chiapas (Mexique) et des projets à plus petite échelle comme le projet confédéraliste municipal FEJUVE à El Alto, en Bolivie. Cependant, à bien des égards, le système de la Syrie du Nord et de l’Est s’aventure dans un territoire politique inexploré. Ayant déjà survécu plus longtemps et réalisé plus que ce que beaucoup d’observateurs attendaient, sa trajectoire future ne peut être anticipée. Par conséquent, une analyse du système politique doit nécessairement s’aventurer sur le terrain de l’idéologie et de l’histoire afin de rendre la compréhension du système plus accessible à ceux et celles qui s’y intéressent.
 
L’invasion turque a menacé la survie du projet, en particulier dans les régions occupées de Tel Abyad (Giré Spi), Seré Kaniyé (Ras Al-Ain) et la campagne environnante, ainsi que dans la région d’Afrin, qui a est occupée par la Turquie et ses mercenaires depuis 2018. Cependant, malgré une couverture médiatique acharnée cherchant à prouver le contraire, les institutions politiques et sociales restent intactes, fonctionnelles et autonomes dans tout le reste du nord et de l’est de la Syrie. Les interviewé·e·s locales ont souligné leur volonté de poursuivre le travail de construction du système politique même s’ils et elles continuent de se défendre des attaques turques.
 
Au moment de la publication – deux mois après le début de l’invasion – il y a des signes que, bien que secouées et poussées à bout, les institutions locales et les gens continueront à développer le projet politique qui a pris racine dans le nord et l’est de la Syrie.
 
Le dossier complet à télécharger ici
 
Par Rojava Information Center
 
 
 

LYON. L’importance de resté mobilisé pour Tuna ALTINEL

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LYON – Lors d’une réunion / débat sur le massacre des civils kurdes à Cizire en 2015, le Comité Lyonnais pour la Libération de Tuna Altinel a rappelé l’importance de rester mobiliser pour que le mathématicien tenu en otage en Turquie puisse revenir à Lyon où il enseignait.
 
Voici le compte-rendu de la réunion fait par les Amitiés Kurdes de Lyon et Rhône Alpes :
 
« Jeudi 27 février 2020, le Comité Lyonnais pour la Libération de Tuna Altinel organisait une réunion débat au Palais du travail de Villeurbanne. Cette soirée fut une réussite puisque ce sont 85 personnes qui y participèrent.
 
Cette initiative était proposée un an (presque jour pour jour) après une initiative identique qui s’était elle-même déroulée à Villeurbanne. En 2019 en effet, l’association Amitiés Kurdes de Lyon avait organisé une réunion d’information sur les crimes de guerre commis par l’armée turque dans la ville de Cizre au Kurdistan de Turquie. Ce soir-là, Tuna Altinel, de nationalité turque et enseignant- chercheur depuis plus de 20 ans à l’Université Lyon 1, avait servi d’interprète franco-turc. En représailles, profitant d’un de ses séjours auprès des sien s dans son pays, l’Etat turc l’avait arrêté, maintenu en prison 80 jours et lui avait confisqué son passeport, lui interdisant ainsi de rentrer en France pour poursuivre son enseignement et ses recherches en mathématiques.
 
Les organisations Amitiés Kurdes de Lyon, Association France Kurdistan 69, Comité universitaire de soutien à Tuna Altinel, Ensemble ! 69, Espace Culturel Mésopotamie, FSU 69, Gauche Républicaine et Socialiste 69, Génération.s 69, Ligue des droits de l’homme 69, Libre Pensée 69, NPA 69, Parti Communiste Français 69, Parti de Gauche 69, UD CGT69, CNT 69, Union Syndicale Solidaires 69, parties prenantes du COMITÉ LYONNAIS POUR LA LIBÉRATION DE TUNA ALTINEL ont voulu avec cette manifestation :
 
– Susciter un débat et un travail de mémoire sur les événements qui ont eu lieu, apporter notre soutien au peuple kurde de Cizre et d’ailleurs.
 
– Participer à la mobilisation pour la paix en Turquie au côté des Universitaires pour la Paix et de tous les démocrates qui payent de leur liberté leur engagement.
 
– Renouveler leur soutien et leur solidarité à Tuna Altinel
 
Devant un large public, c’est d’abord le sénateur Gilbert-Luc Devinaz qui ouvrait la soirée en apportant à Tuna et à notre initiative le soutien de la mairie de Villeurbanne, rappelant les démarches entreprises par quelques élus auprès du gouvernement (et particulièrement auprès du ministère des Affaires Etrangères) pour demander au gouvernement et à la « justice » turque l’abandon des poursuites contre Tuna et la restitution de son passeport. Car il est à noter que si Tuna a été acquitté des accusations portées contre lui le 24 janvier 2020, le procureur s’est pourvu en cassation, ce qui a annulé le jugement d’acquittement et interdit toujours la restitution de son passeport.
 
Après l’intervention de l’élu villeurbannais, un membre d’Amitiés Kurdes de Lyon a rappelé les faits dénoncés, à savoir l’assassinat en 2016, par l’armée et les forces spéciales turques de plus de 170 hommes, femmes et enfants dont les corps furent retrouvés calcinés dans les caves de trois immeubles de la ville de Cizre. Ces victimes étaient des civils et non des combattants : il s’agit donc bien là d’un crime de guerre qui est resté impuni à ce jour…
 
Puis un représentant du Comité Universitaire de soutien à Tuna Altinel (constitué à l’initiative de ses collègues universitaires), au moyen d’un vidéo- reportage, donna la parole à Tuna. Ce fut un moment très fort de la soirée. Dans cette vidéo, Tuna rappelait d’abord les faits qui l’avaient amené à dénoncer les crimes de l’armée turque. Et dans un deuxième temps, le reportage nous donna à entendre (et voir) la déclaration de Tuna à ses juges lors de son procès, intervention toute de fermeté, de courage, de dignité et de détermination : non, il ne regrette rien, non, il ne retire rien de ses déclarations, oui, il continuera à se battre pour la paix, pour la démocratie, pour la liberté d’opinion et d’expression, toutes valeurs actuellement bafouées et piétinées par le gouvernement d’Erdogan en Turquie.
 
L’émotion était palpable lorsque Faysal Sarıyıldız prit la parole. Ces propos furent traduits du Turc par un membre d’Amitiés Kurdes de Lyon. Faysal était député du HDP (Parti Démocratique des Peuples) de Cizre lors des évènements auquel il assista « en direct ». Son témoignage fut encore un grand moment d’émotion, d’autant qu’à son propos il ajoutait la projection de photos sur le sens desquelles on ne pouvait se tromper (et il faut préciser que les photos les plus « explicites » nous furent épargnées par souci de ne pas tomber dans le sensationnalisme…).
 
L’intervention de Faysal fut suivie d’un long et enrichissant débat avec le public. Malheureusement, l’heure tournant, la prestation attendue du musicien et chanteur Adem Kantekin dut être raccourcie… sous les applaudissements du public qui était resté nombreux.
 
AUJOURD’HUI PLUS QUE JAMAIS, LA SOLIDARITÉ AVEC TUNA ALTINEL RESTE À L’ORDRE DU JOUR. »

Les jeunes femmes de Dersim dans le viseur de l’Etat turc

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TURQUIE / BAKUR – Selon des témoignages recueillis par l’agence de presse Mezopotamya, des membres des forces spéciales turques rôdent autour des foyers pour étudiantes à Dersim, agressent et violent des jeunes femmes. Pour chaque fille piégée, ils se disent entre eux : « Nous avons tué une autre Kurde ».
 
On annonce que ces cas de viols auxquels les femmes sont confrontées dans la ville sont une politique spéciale mise en place par l’Etat turc pour détruire la société kurde.

 

La province kurde de Dersim est de nouveau à l’ordre du jour avec les cas de harcèlement et de viol de femmes et d’enfants et la disparition de Gülistan Doku, étudiante à l’Université de Munzur. On rapporte que des sergents spécialisés qui attendent constamment avec leurs véhicules devant les foyers pour étudiantes de Tunceli et celui d’Ehlibeyt communiquent avec les étudiantes via les réseaux sociaux. Des sergents des forces spéciales turques, qui travaillent dans un réseau systématique et organisé, auraient dit « Nous avons tué une autre Kurde » pour chaque étudiante qu’ils ont piégée. Les étudiantes qui ont été victimes de harcèlement et de viol de sergents spécialisés auraient quitté l’université, la ville ou se seraient suicidées.
 
Une étudiante qui a été violée dans la ville récemment aurait été transportée à l’hôpital et une bourse lui aurait été attribuée pour éviter qu’elle porte plainte, tandis que le sujet des «étudiants qui ont avorté» est constamment évoqué dans les foyers d’étudiantes. Les étudiantes qui réagissent contre les agissements et font des demandes légales sont systématiquement renvoyées sans réponses.
 
On annonce que ces cas de viols auxquels les femmes sont confrontées dans la ville sont une politique spéciale mise en place par l’Etat turc pour détruire la société kurde.
 

Via l’agence MEZOPOTAMYA

Le message du 8 mars des YPJ depuis le front de Til Temir

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SYRIE / ROJAVA – Les combattantes, qui ont résisté aux attaques de l’État turc et de ses mercenaires sur le front de Til Temir, célèbrent le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.
 
À l’occasion de la Journée internationale de la femme du 8 mars, l’ANF a tourné son objectif vers les combattantes qui résistent sur le front de Til Temir.
 
Xemlin Zechariah, membre kurde du Conseil militaire de Til Temir originaire d’Afrin, a déclaré que les attaques d’invasion menées par l’État turc se poursuivent et a ajouté: « Les combattantes répondent aux attaques. L’ensemble du front où nous sommes déployées est composé de femmes combattantes. C’est le front le plus proche de l’ennemi. Avec cette conscience, nous apportons aujourd’hui la réponse nécessaire aux attaques de l’ennemi. »
 
La combattante arabe Beritan Cudi, de Til Temir, a déclaré qu’elle avait rejoint la lutte pour protéger son peuple. « Notre résistance mettra fin à l’occupation. L’État turc nous appelle « terroristes », mais ce sont nous les enfants de cette terre. Ce sont eux qui attaquent notre terre. Notre devoir est de protéger notre peuple contre toutes sortes d’attaques. »
 
Beritan Cudi a souligné qu’ils accueillaient le 8 mars sur le front de la résistance et en étaient fiers.
 
Rappelant la brutalité de l’État turc à Serêkaniyê et Girê Spî, une autre combattante Rumaf Amude a déclaré qu’ils n’oublieront jamais les larmes des mères et se battront jusqu’à ce que les envahisseurs soient expulsés.
 
Célébrant le 8 mars de toutes les femmes, Amûdê a déclaré: « Les combattantes passent tous les jours de l’année avec résistance et lutte. Dans aucune armée, les femmes ne sont impliquées à ce niveau. Par conséquent, en tant que combattantes, c’est une source de fierté pour nous de prendre part à cette résistance. »
 
Deniz Serêkaniye, de Serêkaniye, a également rappelé que les attaques brutales de l’État turc ne sont pas nouvelles. « Ils ont attaqué le peuple pendant des années. Cependant, au cours des 5 derniers mois, la Turquie a perpétré une brutalité sans bornes dans notre ville, libérant toute sa force technique. Ceci est contré par une résistance unique. »
 
Célébrant le 8 mars de toutes les femmes en lutte, Serêkaniyê a déclaré qu’elles feront de 2020 une année de succès.
 

Conférence : La place des femmes dans la société kurde

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GRENOBLE – A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Association Iséroise des Amis des Kurdes organise une conférence sur la place des femmes dans la société kurde, le dimanche 8 mars.
 
Après avoir rappelé l’histoire et l’évolution de l’empire ottoman suite aux traités de Sèvres et de Lausanne, et la situation des Kurdes, Maryvonne Mathéoud, co-présidente d’AIAK, éclairera le public sur la particularité de la place des femmes dans la société kurde. Elle relatera également ses rencontres avec les kurdes en France et en Turquie.
 
RDV le dimanche 08 mars, à 17h
Au siège du PCF de l’Isère
20 rue Eymile Geymard

La Turquie expulse le père et 2 frères de Çiçek Kobanê

TURQUIE / BAKUR – Trois proches de la combattante des YPJ, Çiçek Kobanê, qui a été capturée par les forces d’occupation turques lors de l’invasion du Rojava, ont été expulsés de Suruç vers Kobanê.
 
Trois proches de Çiçek Kobanê (Dozgin Temo), qui a été blessée et emprisonnée en octobre dernier au cours de l’invasion turque dans les zones autonomes du nord de la Syrie et détenue en Turquie en violation du droit international, ont été expulsés vers Kobanê.
 
Les policiers turcs ont pris d’assaut le lieu de travail de Salih Temo, le père de Çiçek Kobanê, et l’ont arrêté lui et ses fils Mahmut (15) et Mustafa (18) lundi dans la ville frontalière de Suruç, dans la province d’Urfa, au Kurdistan du Nord. Tous les trois ont ensuite été expulsés vers le nord de la Syrie via le poste frontière de Mürşitpınar, qui est fermé pour les passages frontaliers. Lors de l’expulsion extrêmement violente, presque tous les doigts de Salih Temo auraient été cassés par ses bourreaux.
 
Les autres membres de la famille, qui vivent à Suruç depuis l’attaque de DAECH / ISIS contre Kobanê en 2015, quitteront également la Turquie dans les prochains jours. On ne sait pas s’ils partiront volontairement ou si les autorités leur ont ordonné de partir.
 
Enlèvement de Çiçek Kobanê
 
La combattante des Unités de défense des femmes (YPJ) Çiçek Kobanê a été blessée et est tombée dans les mains de la milice djihadiste Ahrar al-Sham / Bataillon Darat Izza dans le village de Mishrefa près d’Ain Issa le 21 octobre. Le groupe Darat Izza a participé à l’invasion du Rojava aux côtés de la Turquie, partenaire de l’OTAN et de sa soi-disant « Armée nationale syrienne ». Des photos et des vidéos de la capture de Çiçek Kobanê sont apparues sur les réseaux sociaux, dans lesquelles les gangs ont annoncé l’exécution de la combattante.
 
Les djihadistes ont présenté la combattant des YPJ et ont crié: «À l’abattoir, à l’abattoir». Ce n’est qu’après les protestations internationales qu’elle a été transférée en Turquie. A cause de ses blessures à la jambe, elle ne peut pas se tenir seule et ne peut pas prendre soin d’elle-même.
 
Après sa capture, elle a été emmenée au département antiterroriste du siège de la police turque. En décembre, on a appris que le bureau du procureur général Urfa avait porté des accusations contre Çiçek Kobanê et au moins 98 autres prisonniers de guerre du nord de la Syrie. Ils sont accusés de « perturber l’unité et l’intégrité de l’État [turc] », « d’appartenir à une organisation terroriste armée » et de « tentative de meurtre intentionnel ». Ils sont tous détenus dans différentes prisons de la Turquie. Çiçek Kobanê est actuellement emprisonnée dans prison de haute sécurité d’Urfa.
 

Veysel Keser: «Avant que les oiseaux aussi nous quittent»

Appel à la paix et à la fraternité entre les peuples de Turquie, par Veysel Keser
 
Dans les œuvres littéraires de l’écrivain kurde Yaşar Kemal, une pensée envers le public a toujours prévalu, et il l’a réalisée en la combinant avec la pensée politique. Dans ses œuvres, il a essayé de ne pas rompre avec les valeurs humaines dans la poésie populaire, comme dans les épopées.
 
«A cette époque, des milliers d’oiseaux étaient gardés dans la plaine de Florya, des milliers d’oiseaux ont été emmenés à Istanbul, devant la mosquée Eyüp, la mosquée Yeni, le sultan Ahmed, Sainte-Sophie, le sultan Mihrimah, la mosquée Fatih; «Azat buzat, regarde-moi à la porte du ciel»… Les gens attaquaient les cages en rivalisant entre eux afin d’acheter un oiseau. À cette époque, les ornithologues amateurs d’Istanbul n’arrivait pas fournir assez d’oiseaux. Devant les synagogues des églises, on lisait des prières et libérer des milliers de oiseaux de leurs cages chaque jour et on regardait avec joie et espoir les joyeux oiseaux qui retrouvaient leur liberté.
A cette époque, l’aviculture était une activité très rentable pour les enfants. À cette époque, on ne pouvait pas dire que les gens étaient mieux, qui sait, mais ils étaient différents. Peut-être qu’ils aimaient plus les oiseaux. Peut-être qu’ils étaient remplis de déchirures, de plus de miséricorde et plus d’amour. Peut-être étaient-ils plus proches de la nature, qui sait… »
 
« L’humanité est-elle morte? » dis-je.
 
« Non, dit-il, elle n’est pas morte, mais quelque chose s’est passé, elle a dû resté coincée quelque part »
 
«Où est-elle ? »
 
« Les oiseaux sont partis », a-t-il dit. [extrait du roman « Alors, les oiseaux sont partis »]
 
Yaşar Kemal [Yachar Kemal – Kemal Sağdıkgöğceli] a déclaré que son point de vue politique et son art étaient parallèles et qu’il croyait aux «personnes et à la nature». Il nous a fait aimer ce grenadier par ses fissures dans l’écorce de l’arbre, l’écume de la Méditerranée, la perte d’érosion, la montagne, la pierre, le lézard, l’oiseau, la fourmi et surtout son bandit.
 
Cela nous a fait aimer la pluie, la neige, l’hiver, le printemps, l’été, l’automne, la femme, le blé, le coton, de ce pays…
 
La douleur, l’amour, l’épopée, la littérature, les ennuis de ce pays …
 
Il nous a fait aimer les gens de ce pays…
 
Un extrait d’İnce Memed (Mèmed le mince) ; Abdi Ağa télégraphie à Ankara et dénonce la cachette de Mèmed. Les gendarmes coincent Mèmed. Il y a des tires entre eux. Juste à ce moment, Hatçe accouche. Mèmed se rend pour sa femme et son enfant, mais Hatçe est abattue entre-temps. Le monde de Mèmed s’effondre. Il est libéré après une amnistie. Une amie de prison d’Hatçe prend l’enfant et l’emmène dans un village de Gaziantep.
 
Mèmed, qui tient Abdi Ağa responsable des événements, vient au village et tue Abdi Ağa. Les paysans qui sont satisfaits de cette situation feront la fête. Ensuite, Mèmed
chevauche son cheval en direction des montagnes et on n’a plus de nouvelles de lui depuis.
 
 
Depuis ce jour-là, les villageois de Dikenlidüzü brûlent les chardons avant de labourer la terre. À ce moment précis, une boule de lumière explose au sommet d’Alidağ, et elle reste allumée pendant trois jours et trois nuits.
 
Yaşar Kemal est venu à l’ordre du jour avec ses déclarations concernant la solution du problème kurde par des méthodes démocratiques, le dialogue et la paix.
 
À chaque fois, il n’a pas renoncé à insister sur la fraternité, la paix et l’égalité. Il a été jugé par des Tribunaux de sécurité de l’État (DGM). « La Turquie doit renoncer à assécher l’eau pour attraper le poisson … » disait-il.
 
«Jusqu’à cette époque, les cultures se nourrissaient les unes des autres, elles ne se détruisaient pas. Cependant, à notre époque, les cultures ont été délibérément utilisées pour détruire les cultures, par les impérialistes. Pour moi, le monde est un jardin culturel aux mille fleurs; Je suis d’avis que, même la disparition d’une fleur est une grande perte pour le monde.»
 
« Dans ma jeunesse, pendant mes années de journalisme, j’ai écouté les Turcs, les Kurdes et leurs souvenirs d’amour et d’amitié, qui ont combattu ensemble dans la guerre de libération. Aujourd’hui, leurs enfants et petits-enfants ne devraient pas accepter une telle guerre entre frères et sœurs. Ils ne l’acceptent pas. Cette guerre a pris un temps incroyablement long. Les Turcs et les Kurdes veulent que cette guerre prenne fin, je n’en doute pas. »
 
(…)
 
« Ô peuple turc, peuple kurde, tous les peuples qui font la richesse culturelle de ces terres, ma parole s’adresse à vous tous; J’ai appelé depuis plus de vingt ans à ce que tous vivent avec l’honneur, en paix dans ce pays…
 
Il est entre nos mains de sauver la dignité, le pain et la richesse culturelle de notre pays. Réunissons-nous avec nos esprits et nos cœurs pour établir un ordre démocratique approprié.
 
Ceci est un appel. Il s’adresse à vous. »
 
Il a renouvelé à chaque fois son insistance sur l’appel à la paix.
 
Dans son discours d’ouverture à la conférence «La Turquie est à la recherche de la paix», en tant que soutien actif, il a déclaré:
 
«Si les gens d’un pays choisissent une vie à vivre humainement, le bonheur et la beauté, cela passe d’abord par les droits humains universels, puis la liberté de pensée universelle et sans limites. Les populations des pays qui s’y opposent vivent comme des personnes qui ont perdu leur dignité au XXIe siècle et qui sont tombées dans des situations qui ne peuvent pas regarder l’humanité dans les yeux.
 
Soit une vraie démocratie, soit rien … »
 
Nous ne t’oublierons pas, maître de la paix, de la parole, du cœur humain, de la langue, Homère des Kurdes. Nous tisserons la paix avec les mots que que nous avons hérités de toi…
 

3 martyrs des YPG, dont Kendal Breizh, commémorés à Lorient

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LORIENT – Les proches et les amis de Kendal Breizh (Olivier François Jean Le Clainche), combattant breton tombé martyr au Rojava aux côtés de Baran Galicia (Samuel Prada Leon), ont organisé une commémoration publique en hommage à ces héros ce 1er mars à Lorient.
 
Baran Galicia (Samuel Prada Leon) de Galice et le Breton Kendal Breizh (Olivier Le Clainche) sont tombés martyrs en résistant contre les troupes d’invasion turques à Afrin le 10 février 2018. Baran Sason (Sjoerd Heeger) des Pays-Bas a perdu la vie dans la bataille contre DAECH / ISIS à Deir ez-Zor le 10 février 2018.
 
Des discours ont été prononcés lors de la cérémonie de commémoration par Fehmi Kaplan, coprésidente du Centre démocratique kurde de Rennes, Eylem Balta, coprésidente du Conseil des femmes kurdes de Rennes, et Ricou Hervé de l’Association d’amitié gréco-bretonne.
 
Balta et Kaplan ont souligné l’importance de défendre les valeurs créées par la révolution du Rojava et les sacrifices consentis par les internationalistes dans le cadre de cette lutte.
 
Ricou Hervé a rendu compte de la terrible situation dans le camp de réfugiés de Lavrio en Grèce et a fermement condamné l’utilisation de réfugiés comme moyen de chantage. Il a critiqué la politique de guerre de la Turquie et a appelé à la résistance.
 
Des amis ont ensuite raconté leurs souvenirs du combattant breton des YPG Kendal Breizh.
 

8 MARS. « Faisons de ce siècle l’ère de la révolution des femmes ! »

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« Construisons notre système autonome et détruisons le patriarcat. Ce sera la réponse la plus significative à la violence masculine et étatique qui rendra justice aux femmes et à tous nos maris : Organiser, résister, assurer la liberté !

Avec la conviction que le 8 mars de cette année sera une journée de lutte pour rapprocher l’organisation des femmes à l’échelle mondiale, des montagnes du Kurdistan aux vallées du Moyen-Orient, des steppes d’Afrique aux rues d’Europe, des hauteurs d’Asie aux forêts d’Amérique du Sud, des plaines d’Australie aux places d’Amérique du Nord, nous envoyons nos saluts révolutionnaires à toutes les femmes en lutte dans le monde entier. »
 
Le Mouvement de libération des femmes kurdes a publié un communiqué à l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.
 
« Femmes, sœurs, camarades ;
Nous traversons une période historique, une phase de transition qui n’arrive qu’une fois par siècle. L’ancien système mondial est en train d’être transcendé, tandis que le nouveau attend d’être construit. Mais cette fois-ci, ce ne sont pas les maîtres du monde, mais nous, qui allons déterminer à quoi va ressembler le nouveau ! Nous, c’est-à-dire les femmes dont le cœur bat pour la liberté, la révolution et la véritable égalité ! Nous sommes la force révolutionnaire de cette époque ! Nous sommes celles qui construiront une vie libre et égale.
 
Nous constatons que le système capitaliste patriarcal, plus dévastateur que jamais, qui a proliféré au XXe siècle en tant que système mondial n’est pas viable. Cette situation se manifeste par la montée des crises et du chaos dans le monde entier. La prolifération des guerres, les déplacements des populations, les morts, les catastrophes climatiques, les écocides, la pauvreté et la violence montre le niveau de cette crise et de ce chaos.
 
Dans le premier quart du XXIe siècle, le système capitaliste mondial a multiplié les attaques contre les femmes. Les femmes sont particulièrement touchées par les guerres, les massacres, les déplacements, la violence et les privations parce qu’elles sont des femmes.
 
En même temps, la lutte des femmes pour la libération, l’égalité et la justice est ce qui pose le plus grand défi au système dominé par les hommes. Aujourd’hui, plus que jamais, les femmes s’organisent pour défier le système patriarcal vieux de 5 000 ans en élevant la voix contre l’oppression, l’injustice et l’exploitation et pour la liberté et l’égalité. Les femmes s’élèvent contre toutes les formes de harcèlement et de viol, de violence, de sexisme, d’inégalité, d’exclusion, d’asservissement, d’exploitation et de pacification causés par la mentalité masculine ! Les femmes sont dans la rue pour obtenir de manière significative les droits et libertés qu’elles ont sur papier, pour briser les limites et les inégalités que leur imposent la religion, le droit et les systèmes judiciaires et pour être celles qui sont maîtresse de leur vie dans tous les aspects de la vie ! Contre l’occupation, la destruction, la déforestation, la pollution, la marchandisation et l’exploitation de la nature et contre la mentalité qui place le profit de quelques humains au-dessus de la nature, les femmes sont, pour tous les êtres vivants, au premier rang des luttes écologiques !
 
Aujourd’hui, les femmes constituent la plus grande force antisystème à l’échelle mondiale. La lutte des femmes est le mouvement social le plus populaire de notre temps. En tant que femmes, nous avons le pouvoir de mobiliser de grandes foules en peu de temps. Soyons conscientes de notre force. En tant que femmes, nous imaginons les formes d’action les plus créatives, les plus bruyantes et les plus contagieuses. Soyons conscientes de la puissance de notre créativité. En tant que femmes, nous sommes celles qui effraient le plus le système dominant. Faisons en sorte qu’il ait encore plus peur !
La dualité de la bataille entre la liberté et l’esclavage, la paix et la guerre, l’égalité et l’exploitation, qui est aussi vieille que le système patriarcal, s’exprime le plus profondément dans la question féminine.
 
La modernité capitaliste s’exprime dans la réalité des femmes, dans sa forme la plus barbare, car la femme est le premier esclave, le premier objet, la première classe et la première colonie de l’histoire. Cela a conduit à une telle rupture qu’elle a ouvert la voie à toutes les autres formes d’oppression. Qu’il s’agisse des hommes ou des animaux, des peuples ou des classes sociales, de la nature aux pays, du travail à la mentalité, il n’y a rien que le système dominant n’ait pas objectivé. Le fait que les femmes constituent le premier maillon de cette chaîne d’exploitation montre que la question des femmes est la première contradiction sociétale. Par conséquent, une véritable libération et une véritable égalité sociétales ne peuvent se produire que par la libération des femmes.
 
Le système en crise, dominé par les hommes, est conscient de cette réalité. Il tente de sécuriser son pouvoir en approfondissant ses attaques contre les femmes par la violence, le sexisme et la misogynie. Il cible en particulier la lutte des femmes. Rien que l’année dernière, Hevrin Xelef, une femme politique de premier plan du Rojava (Kurdistan syrien), a été brutalement assassinée par l’État turc et ses collaborateurs ; l’artiste de rue Daniela Carrasco, qui a participé aux manifestations au Chili, a été violée et assassinée par pendaison ; la professeur Diana Isabel Hernandez Juarez, coordinatrice du comité écologique du Guatemala, a été assassinée ; la Palestinienne Esraa Gharib, qui a partagé une photo avec son fiancé sur les réseaux sociaux, a été tuée par sa famille au nom de « l’honneur ». Tous ces cas de féminicides témoignent d’une mentalité visant à réduire les femmes au silence. Partout dans le monde, le système patriarcal contre-attaque l’approfondissement de la conscience des femmes, à leur quête de liberté et à leur lutte contre les massacres.
 
Cependant, il ne parvient pas à atteindre les résultats souhaités. Contre la mentalité masculine qui accroît la « solidarité des hommes » face à la solidarité croissante entre les luttes des femmes, nous nous multiplions au mépris de ceux qui veulent diminuer notre nombre. Nous répondons à l’assassinat de chaque femme tuée par la violence masculine et étatique, qui constituent les deux faces d’une même médaille : en renforçant nos liens, en augmentant notre détermination à lutter. C’est ainsi que nous résistons à l’exploitation patriarcale et capitaliste. Plus que jamais, le 8 mars 2020, nous comprenons que la résistance en elle-même ne suffit plus. Afin de surmonter le système dominé par les hommes, qui est organisé à l’échelle mondiale, nous avons besoin d’un système de femmes ! Seul un système alternatif basé sur la liberté, la démocratie réelle et l’écologie peut mettre fin à l’hégémonie patriarcale et capitaliste.
 
Alors qu’entendons-nous par système de femmes ? Notre but n’est pas de créer une nouvelle hégémonie ou de construire simplement un système pour les femmes par les femmes. Au contraire, nous voulons mettre un terme à toutes les formes de pouvoir, de domination et d’exploitation. Nous voulons un système basé sur la démocratie, l’écologie et la liberté. Les peuples et les sociétés ont vécu sur la base d’un tel système sociétal pendant des millénaires. Le moment est venu de reconstruire ce qui nous appartient.
 
Plusieurs facteurs historico-sociétaux font des femmes les principaux sujets du mouvement révolutionnaire du XXIe siècle. Les mouvements révolutionnaires des deux derniers siècles ont montré des approches différentes de la question des femmes. Ils ont séparé la question des femmes de la société en général, au prix de la dissimulation du caractère systémique du problème, ce qui à son tour a constitué un obstacle à la capacité de la lutte des femmes à devenir un mouvement social plus large. En réalité, les mouvements révolutionnaires qui ne sont pas centrés sur la libération des femmes ne peuvent pas réussir dans leur lutte pour s’opposer au système. Si nous voulons changer notre époque et faire du XXIe siècle le siècle de la libération des femmes, il est de la plus haute urgence de développer des solutions pour tous les problèmes du siècle et de déclarer la guerre à tous ceux qui posent consciemment des obstacles à ces solutions. Pour cela, les femmes doivent se préoccuper de toutes les questions politiques, militaires, diplomatiques, sociales et culturelles que les États-nations décident de régler. Elles doivent développer leur propre politique. Afin de surmonter l’état de mouvement de réaction, la lutte des femmes doit créer et déterminer ses propres projets, plans et programmes d’action. Une nouvelle lutte stratégique est primordiale.
 
Bien sûr, cette lutte stratégique doit être basée sur un paradigme particulier et une perspective idéologique différente. En tant que Mouvement de libération des femmes du Kurdistan, le paradigme dont nous nous inspirons dans notre lutte est le paradigme démocratique-écologique-féministe de libération développé par notre leader Abdullah Öcalan, qui a été tenu en otage depuis 21 ans par l’OTAN, l’organisation qui représente le plus l’esprit masculin/étatique aujourd’hui. Nous pensons que ce paradigme est la solution et l’alternative à la crise systémique. L’idéologie de la libération des femmes présente l’essence de ce paradigme. Son expression scientifique est Jineolojî, la science de la femme et de la vie. Au Rojava, où le mouvement pour la révolution des femmes du XXIe siècle a fait d’importants progrès, le processus de construction d’un système alternatif a été lancé sur la base de cette perspective idéologique. Après la défaite de DAECH / ISIS sur notre territoire révolutionnaire, cette fois-ci, l’État turc et ses forces mandataires ont lancé des attaques contre le Rojava avec l’aide des États-Unis, de la Russie et de l’Europe. Ce qui est visé et tenté d’être annihilé est l’option de vie libre et le système démocratique qui a commencé à être construit autour du slogan « Jin-jiyan-azadî ». C’est la révolution. Nous saluons toutes nos sœurs et camarades du monde entier, qui se sont mobilisées pour défendre notre révolution contre les politiques d’occupation et d’anéantissement avec le slogan « Les femmes défendent le Rojava ».
 
Pour transformer la phase actuelle en une ère de révolution féminine, la chose dont nous avons le plus besoin est l’organisation. Pour trouver un équilibre optimal entre le spécifique et l’universel à l’échelle mondiale, nous proposons le confédéralisme mondial des femmes démocratiques comme forme d’organisation de notre lutte commune. Cependant, si nous construisons une union forte, si nous construisons nos points communs sans limiter nos spécificités, si nous rassemblons notre expérience, nos connaissances et nos perspectives, nous pouvons ébranler le système dominé par les hommes en développant une mentalité féminine commune. Nous devons nous débarrasser de tout ce qui nous occupe, nous limite, nous divise et nous sépare. Nous pouvons y parvenir. Le confédéralisme mondial des femmes démocratiques peut être la base commune de cette lutte. Rassemblons-nous et construisons ensemble notre système confédéral des femmes, formulons son accord, avec tous ses principes et ses valeurs.
 
En tant que Mouvement de libération des femmes kurdes, nous comprenons le 8 mars dans ce sens. Avec notre slogan « La lutte des femmes, c’est l’existence, la résistance, la liberté », nous voulons que notre lutte prenne forme afin de pouvoir ébranler les fondements du système dominé par les hommes. Construisons notre système autonome et détruisons le patriarcat. Ce sera la réponse la plus significative à la violence masculine et étatique qui rendra justice aux femmes et à tous nos maris : Organiser, résister, assurer la liberté !
Avec la conviction que le 8 mars de cette année sera une journée de lutte pour rapprocher l’organisation des femmes à l’échelle mondiale, des montagnes du Kurdistan aux vallées du Moyen-Orient, des steppes d’Afrique aux rues d’Europe, des hauteurs d’Asie aux forêts d’Amérique du Sud, des plaines d’Australie aux places d’Amérique du Nord, nous envoyons nos saluts révolutionnaires à toutes les femmes en lutte dans le monde entier. Avec l’excitation de l’époque révolutionnaire et la détermination de faire de ce siècle l’ère de la révolution féminine, nous vous saluons toutes en cette Journée internationale de la femme.
La lutte des femmes, c’est l’existence, la résistance, la liberté !
Vive le 8 mars !
Jin – Jiyan – Azadî ! »
 
Mouvement de libération des femmes kurdes
Mars 2020
 
 
 

FILM. Une Britannique dans les rangs des YPJ

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LONDRES – Le drame « Only Mountains (Seules les montagnes) » , réalisé par Nadia Molinari, sera diffusé sur BBC Radio 3 le 8 mars.
 
« Only Mountains », inspiré du scénario original de Maxime Peake, met en scène la décision controversée d’une jeune femme britannique de rejoindre les YPJ, les unités féminines kurdes combattant l’État islamique en Syrie.
 
Arrivée à Istanbul pour voir sa meilleure amie, Pearl rencontre des Kurdes et ses convictions politiques sont renforcées par ses rencontres.
 
Le drame suit une jeune femme britannique, Pearl, et son cheminement pour devenir membre des YPJ – unités féminines kurdes combattant activement DAECH et créant une nouvelle société démocratique féministe au Rojava, en Syrie.
 
Le drame explore ce qui pousse Pearl à prendre la décision de rejoindre les YPJ, les risques qu’elle est prête à prendre pour ses convictions politiques et le contentieux autour de sa décision.
 
Il remet en question la racine du sacrifice ultime de mettre votre vie en jeu pour vos croyances, en particulier lorsque la bataille se déroule sur un sol étranger.
 
Il s’agit d’un récit fictif bien que basé sur des recherches détaillées avec de vraies personnes et organisations. D’ailleurs, le film nous rappelle Anna Campbell, alias Helin Qereçox, une femme Britannique qui avait rejoint les YPJ. Elle a été tué par l’armée turque à Afrin en mars 2018.