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PARIS – Les Kurdes en quête de justice depuis 7 ans…

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PARIS – Le pot de terre contre le pot de fer. On pourrait résumer ainsi la quête de justice menée par les Kurdes depuis 7 ans pour que la justice française fasse la lumière sur le triple féminicide visant les Kurdes à Paris en 2013. En effet, le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont été exécutées à Paris. Le présumé coupable, Omer Güney est décédé en prison le 17 décembre 2016, un mois avant le début du procès. Depuis, une nouvelle enquête judiciaire a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.
 
Les Kurdes et leurs amis ont organisé une marche blanche aujourd’hui, à l’occasion du septième anniversaire du massacre de trois femmes kurdes à Paris le 9 janvier 2103.
 
Cette année, le portrait de la politicienne kurde Havrin (Hevrin) Khalaf – co-présidente du parti Avenir de la Syrie violée et lapidée le 12 octobre par les mercenaires de la Turquie dans le nord du Rojava – a rejoint ceux de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, tuées à Paris en 2013.
 
Depuis sept ans aujourd’hui, les Kurdes luttent pour obtenir justice et reprochent à la France de vouloir classer l’affaire pour protéger ses intérêts étatiques d’avec la Turquie considérée comme étant le commendataire de ce triple assassinat.
 
La Confédération des communautés du Kurdistan en Allemagne (KON-MED) a déclaré dans son communiqué d’aujourd’hui : « Il s’agit du 7e anniversaire du meurtre connu sous le nom de massacre de Paris et dont les auteurs sont bien connus. Ce massacre a été perpétré dans le but d’intimider toutes les femmes kurdes représentées par Sakine Cansız. Cependant, contrairement à ce que les auteurs des massacres pensaient, les Kurdes et les femmes en particulier sont désormais plus déterminés. Ce massacre n’a pas effrayé les femmes kurdes. »
 
Rappelant l’engagement et la détermination de Sara, Rojbin et Ronahi (Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez), la KON-MED a déclaré qu’elles étaient devenues des « icônes pour le peuple kurde ».
 
KOM-MED a condamné la justice française pour « ne pas avoir rempli son devoir et pour avoir persécuté les auteurs du massacre, l’Etat fasciste turc et le régime du dictateur Erdoğan. »

Qui sont Sakine, Fidan et Leyla ?

Cofondatrice du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), Sakine Cansız est née dans la province de Dersim en 1957. Après plusieurs années d’activité dans le mouvement de la jeunesse étudiante à Elazıg, elle rejoint en 1976 le mouvement révolutionnaire kurde.

Suite à sa participation au congrès du PKK, le 27 novembre 1978, la jeune femme est arrêtée à Elazıg et envoyée en prison avec un groupe d’amis. Soumise à de lourdes tortures dans la période ayant suivi le coup d’Etat militaire du 12 septembre 1980, elle n’est libérée qu’en 1991.

Après sa libération, elle poursuit ses activités militantes dans l’ouest et le sud du Kurdistan.

Après de longues années de lutte dans les montagnes du Kurdistan, Sakine Cansız va en Europe où elle prend la direction du mouvement des femmes kurdes. Figure pionnière du mouvement de libération kurde, elle a grandement contribué au renforcement des organisations kurdes au sein de la diaspora.

Fidan Doğan est née en 1982, à Elbistan, dans la province de Maraş. Fille d’une famille d’immigrés, elle grandit en France.

Dès son enfance, elle se met en quête de son identité kurde. À partir de 1999, elle s’engage dans les organisations kurdes en Europe. À partir de 2002, elle travaille activement dans le domaine de la diplomatie. Elle devient représentante à Paris du Congrès national du Kurdistan (KNK).

Fille d’une famille originaire de Lice, dans la province de Diyarbakir, Leyla Saylemez est née dans la ville turque de Mersin où elle passe son enfance jusqu’à ce que sa famille déménage en Allemagne, dans les années 90. Après un an d’études en architecture, elle rejoint la lutte pour la liberté au Kurdistan et s’engage particulièrement dans les activités de la jeunesse kurde.

 
 

CAMPAGNE. Des machines à coudre pour les femmes kurdes réfugiées en Grèce

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GRÈCE – LAVRIO – L’invasion turque au Rojava a chassé des centaines de milliers de Kurdes de leurs terres. La majorité de ces exilés vivent dans des camps de fortune dans d’autres régions du Rojava, au Kurdistan du Sud, tandis que d’autres ont échoué aux portes de l’Europe. Les deux camps de réfugiés kurdes de Lavrio, près d’Athènes, en ont accueilli plusieurs centaines depuis l’occupation d’Afrin en 2018.
 
Ces hommes, femmes, et enfants sont entassés dans des bâtiments vétustes laissés à l’abandon et survivent grâce à la solidarité internationale. Le bénévole français, Jacques Leleu participe activement aux campagnes d’aide à destination de Lavrio, ainsi qu’aux travaux en cours dans les deux camps. Jacques vient d’annoncer que les femmes kurdes de Lavrio ont besoin de 6 machines à coudre, du tissus et du matériel de couture pour réaliser des objets.
 
Voici le message complet de Jacques :
 
« Il y a quelques jours après discussion (et accord) avec les femmes du camp du centre ville nous leur avions donné du matériel de dessin, des perles et des fils de couleur pour confectionner des bracelets. Les femmes qui passent par les prisons du dictateur Erdogan ont une réelle pratique de la confection des bracelets.
 
Aujourd’hui (mercredi 8) c’est le dernier jour du 4 ème convoi solidaire. Nous sommes passés dans les camps pour récupérer les dessins et bracelets confectionnés. Une fois plastifiés les dessins feront partie d’une exposition qui tournera en France. Dans ces expos nous présenterons aussi les bracelets confectionnés. Les bracelets seront vendus et les gains seront reversés aux femmes.
 
Dans le prochain convoi solidaire (20 mars) nous apporterons des machines à coudre, du tissu et du matériel pour que les femmes confectionnent des sacs, pochettes etc … Evidemment c’est en accord avec elles que ce matériel sera collecté et apporté dans les deux camps. Nous allons également collecter des perles, du fils etc …. pour développer l’atelier de fabrication des bracelets.
 
Nous sommes à la recherche de 6 machines à coudre qui partiront dans le prochain convoi.
 
Du côté des hommes un projet de réalisation d’objets en métal fait l’objet d’une concertation au sein des camps.
 
Une photo montre l’aménagement d’une salle de classe en dortoir pour accueillir les réfugiés qui fuient la guerre au Rojava.
 
Quatre photos montrent le travail réalisé pour cloisonner des chambres en plusieurs pièces. Cela donnera plus d’intimité aux familles. Ce matériel a été acheté grâce aux dons que nous avons collecté. D’autres travaux ont été financés par les dons notamment la construction de auvents qui permettent d’éviter les infiltrations d’eau. En outre le toit du bâtiment a été badigeonné d’un produit qui stoppe l’infiltration de l’eau de pluie. Il reste 300 mètres carrés de toit à isoler. Nous n’avons pas pour le moment l’argent pour effectuer ce travail.
 
Les deux dernières photos montrent l’état actuel des travaux de construction de l’école du deuxième camp. Les travaux sont stoppés faute d’argent. Les murs sont en bois recouverts de bâches plastiques. Le vent pénètre dans les salles. Il faut donc poser des plafonds en placo (coût des travaux 500 euros). Il faut également faire l’électricité (coût non chiffré.
 
Les Kurdes ont éradiqué les terroristes de DAESH au prix de 11 000 morts. L’Europe les a trahit et les abandonne. Nous leur devons la solidarité.
 
La solidarité est l’arme de peuples. »
 
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BRUXELLES. Manifestation kurde devant l’ambassade de France

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BRUXELLES – La communauté kurde de Bruxelles appelle à manifester le jeudi 9 janvier devant l’ambassade de France pour dénoncer l’absence de procès et donc de justice dans le triple meurtre des militantes kurdes à Paris il y a 7 ans maintenant.

Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont été exécutées à Paris. Le présumé coupable, Omer Güney est décédé en prison le 17 décembre 2016, un mois avant le début du procès. Depuis, une nouvelle enquête judiciaire a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.

Les Kurdes reprochent à la France de vouloir classer l’affaire pour protéger ses intérêts étatiques d’avec la Turquie considérée étant derrière cet assassinat. 

RDV à 13h, devant l’ambassade de France
Boulevard du Régent
1000 Bruxelles

IRAN. 79 kolbars et commerçants kurdes sont morts, 66 autres blessés en 2019

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IRAN / ROJHILAT – L’ONG kurde « Kurdistan Human Rights Network » (KHRN) a annoncé que 79 kolbars et commerçants kurdes ont été tués et 66 autres blessés par les forces armées iraniennes, ou lors d’accidents le long des routes de commerce transfrontalier en 2019.

Selon les statistiques compilées par le KHRN, 57 kolbars [porteurs de marchandises entre les Kurdistan d’Irak (Bashur) et le Kurdistan d’Iran (Rojhilat)] et commerçants (kasibkars) ont été tuées par des militaires iraniens et des gardes-frontières, et 22 autres ont été tuées dans des accidents tels que les chutes dans les montagnes, d’avalanches, d’accidents de la route lors de poursuites policières et dans des explosions de mines.

«Comme les années précédentes, le meurtre systématique des kolbars kurdes se poursuit malgré la pression du public au Kurdistan et en Iran pour qu’on cesse ces tueries. Malgré le taux de chômage élevé au Kurdistan et l’augmentation générale du taux d’inflation, le gouvernement iranien continue de tuer Kolbars sans offrir de possibilités d’emploi aux frontaliers», a déclaré Rabin Rahmani, membre du conseil d’administration du KHRN.

«Depuis le début, la République islamique d’Iran a traité les questions politiques, sociales, culturelles et économiques au Kurdistan d’Iran comme une question de sécurité. Le phénomène socio-économique de Kolbari [métier de porteur de marchandises transfrontalières] est l’une de ces questions, même s’il peut être résolu en créant des opportunités d’emploi alternatives», a ajouté Rahmani.

Rahmani a précisé que cibler les personnes qui sont forcées de choisir ce dur labeur pour survivre à la grave situation économique au Kurdistan est une indication de «la violence organisée et l’irresponsabilité du gouvernement envers les citoyens du pays».

Le meurtre systématique de kolbars se poursuit tandis que le représentant de Sardasht et Piranshahr au Parlement a admis la semaine dernière que seulement 5% des marchandises de contrebande étaient passées par le passage de Kolbari et que les 95,5% restants étaient passés par les voies officielles (…). En d’autres termes, le gouvernement ciblent les kolbars au lieu de s’occuper des principales sources de contrebande de marchandises.

En outre, Rahmani a évoqué le manque de responsabilité du pouvoir judiciaire pour poursuivre les responsables des décès, ainsi que l’échec de la législation interdisant d’empêcher les forces militaires de continuer les meurtres de kolbars.

«Au cours de l’année écoulée, les troupes dans les zones frontalières de Khoy et Sardasht ont laissé au moins trois Kolbars blessés dans l’obscurité après les avoir pris pour cible. Ils sont morts hémorragie après plusieurs heures en raison du retard de leur transport à l’hôpital», a déclaré Rahmani.

En 2019, le public iranien en général, et la société kurde en particulier, a remis en question l’utilisation par le gouvernement iranien de la violence contre les Kolbars, en particulier lors du meurtre du kolbar Ismail Sawjinejad, 16 ans, par balles directes et la mort de Farhad Khosrawi, 14 ans, et de son frère Azad Khosrawi, 17 ans, dans la neige en décembre 2019 alors qu’ils fuyaient les forces armées iraniennes.

 

KHRN 

Le journaliste kurde, Metin Goktepe a 28 ans depuis 1996

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TURQUIE – Né le 10 avril 1968, le journaliste kurde, Metin Goktepe a été tué sous la torture par la police turque à Istanbul le 9 janvier 1996. 24 ans après sa mort, Goktepe a toujours 28 ans…

 

La vidéo de son enterrement avec le cri de sa mère « Uy ben ölim lo ! » (des mots turcs et kurdes entremêlés…)

Vidéo intégrée

Metin Göktepe, né en 1968 à Sivas/Gürün (une région kurde à l’est du pays), travaillait pour le journal Evrensel. Il s’était rendu au cimetière d’Alibeyköy, à Istanbul, le 8 janvier afin de couvrir les funérailles de deux détenus de gauche, Rıza Boybaş et Orhan Özen, qui ont été battus à mort pendant les émeutes de la prison d’Ümraniye, à Istanbul, le 4 janvier, a été arrêté par la police qui a bloqué la zone. Göktepe a été battu et emmené à la salle de sport du quartier d’Eyüp. Au cours des contacts entre les avocats d’Evrensel, les autorités de police et le procureur d’Eyüp, il a été déclaré que Göktepe était en détention et qu’il serait libéré dans la soirée à moins que des poursuites judiciaires ne soient engagées. Un inconnu, qui a été arrêté puis relâché, a appelé le journal Evrensel vers 20 heures et a rapporté que Göktepe avait été battu à mort. À l’initiative des avocats du journal, on a reconnu la mort de Metin Göktepe. Faisant une déclaration sur l’incident, le procureur d’Eyüp, Erol Can Özkan, a déclaré que Göktepe, après avoir été libéré le 8 janvier au soir, avait été retrouvé mort dans un parc à 100 mètres de la salle de sport d’Eyüp vers 20 heures. Il a été établi plus tard que le corps de Göktepe avait été retrouvé non pas dans le parc mais devant un buffet près de la salle de sport. Les résultats d’une autopsie ont montré qu’une hémorragie interne du cerveau et des tissus de Göktepe, survenus à la suite de coups à la tête et au corps, étaient la cause du décès.
 
Procès
 
Dix policiers ont été jugés pour la mort de Göktepe. Cinq ont été acquittés et cinq condamnés à 18 ans de prison, commués en 7 ans en raison de leurs « bonnes manières au tribunal » et qu’il était « impossible de déterminer le véritable agresseur ». Après avoir passé 1 an et 8 mois en prison, les cinq policiers ont été libérés dans le cadre d’une amnistie.
 

IRAN vs USA. Les retombées géopolitiques de l’assassinat de Soleimani

En tuant le général iranien Qassem Soleimani, les Etats-Unis ont – sans le vouloir (?) – mis en difficulté les Iraniens, les Irakiens et les Kurdes qui combattaient le régime despotique des Mollahs iraniens. L’analyste des conflits mondiaux, Thoreau Redcrow revient sur cet assassinat et ses conséquences pour tout le Moyen-Orient. 
 
« En tant qu’analyste des conflits mondiaux, je crains qu’il manque beaucoup au discours actuel sur l’assassinat du général iranien Soleimani par l’armée américaine – un événement majeur qui aura des répercussions géopolitiques retentissantes.
 
En mettant de côté les concepts non pertinents de « bon » ou de « mauvais », ce que je peux dire, c’est que du point de vue du gouvernement américain, la décision était imprudente, contre-productive et stratégiquement stupide pour de nombreuses raisons.
 
[1] Plutôt que le désir déclaré d’affaiblir l’Iran, l’assassinat de Soleimani a créé un martyr crucial pour le gouvernement iranien, ce qui ne fera qu’améliorer sa survie, car il est maintenant un puissant et symbolique cri de ralliement à travers le spectre politique et permet à Téhéran de dépeindre toute opposition intérieure à leur régime comme une trahison soutenue par les États-Unis.
 
[2] Cela laisse le gouvernement irakien dans une position incontrôlable où il doit exiger des forces américaines qu’elles quittent l’Irak afin d’apaiser la colère de la majorité de sa population chiite. Ne pas le faire fera passer les dirigeants de Bagdad pour de malheureux larbins des Etats-Unis où leur souveraineté peut être ouvertement violée.
 
[3] Cela nuit à la lutte contre un DAECH renaissant et d’autres jihadistes wahhabites en Syrie (Al-Nusra, Al-Qaida, HTS, etc.), car Soleimani a aidé à coordonner avec le Hezbollah et d’autres forces alignées sur l’Iran la lutte contre ces restes dans les zones contrôlées par Assad. Ce que la politique américaine fait essentiellement maintenant, c’est combattre DAECH et combattre ceux qui combattent DAECH, après avoir abandonné auparavant les meilleurs alliés américains contre DAECH (les Kurdes de Syrie).
 
[4] En parlant de cela, elle place les Kurdes, c’est-à-dire les YPG/J dans le nord de la Syrie et le GRK dans le nord de l’Irak, dans une position extrêmement précaire où ils risquent d’être visés par les représailles de l’Iran ou de ses mandataires pour la coordination stratégique avec les forces américaines. De plus, comme la Turquie est la plus grande menace existentielle pour le mouvement de libération kurde, le fait de faire pression sur les Kurdes de Syrie et d’Irak pour qu’ils soient des ennemis directs de l’Iran alors qu’ils sont assiégés par les ambitions néo-ottomanes de la Turquie, les laisse coincés de manière insoutenable entre deux grandes puissances régionales.
 
[5] Si les Etats-Unis ne voulaient pas que l’Iran devienne une puissance croissante au Moyen-Orient, alors peut-être n’auraient-ils pas dû supprimer et combattre leurs deux plus grandes menaces, Saddam Hussein et les Talibans. En fait, on pourrait dire que l’Iran a été le vainqueur de tous les conflits au Moyen-Orient au cours des 20 dernières années, de l’Afghanistan à l’Irak, en passant par les Houthis au Yémen, le Hezbollah au Liban et la survie d’Assad en Syrie. Même la destruction justifiée de DAECH et d’Al-Qaïda a profité involontairement à l’Iran. Il est donc un peu malhonnête de la part du gouvernement américain d’aider involontairement la domination régionale iranienne, puis de s’en plaindre et de vouloir un renversement par la guerre avec l’Iran en raison de cette force. Cela pue l’opportunisme immoral qui a conduit Washington à vendre des armes à l’Irak et à l’Iran tout au long des années 1980, alors qu’un million de personnes ont trouvé la mort (un conflit qui a fait de Soleimani ce qu’il est devenu).
 
[6] Il est difficile de trouver beaucoup de gagnants dans ce scénario, à part les (a) les fabricants d’armes américains dont les stocks s’envolent à l’idée d’une « pratique de ciblage » iranienne, (b) les flagorneurs éhontés du Département d’État américain et les membres du groupe de réflexion DC Likudnik qui croient que les États-Unis devraient maintenant faire marche arrière et s’allier aux djihadistes sunnites soutenus par la Turquie et les Frères musulmans pour contrer l’Iran et arrêter « l’autoroute chiite » de Téhéran à Beyrouth, (c) Les cellules dormantes de DAECH qui se réjouissent de l’ironie des missiles américains « kafir » qui tuent maintenant les chiites « rafida » qu’ils méprisent tant, et (d) l’atout d’avoir un coup de pouce pour les sondages (…) et une distraction opportunément programmée pour la mise en accusation. Quant au reste d’entre nous, nous serons probablement tous plus mal lotis.
 
* Je soutiens que tout ceci est la réalité, quel que soit le camp du côté duquel on se range en ce qui concerne la légitimité du gouvernement iranien actuel. »
 
Thoreau Redcrow

«Şervano», le chant de la résistance

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La résistance du peuple kurde contre l’invasion du nord et de l’est de la Syrie par l’armée turque et ses mandataires se poursuit. Depuis le début de la guerre d’agression le 9 octobre 2018, les Kurdes du Kurdistan et du monde entier ont réagi à l’occupation de diverses manières, du travail politique aux manifestations de rue et à l’autodéfense physique. Leur résistance a reçu un grand soutien des internationalistes du monde entier, qui se tiennent à leurs côtés solidairement pour mettre fin au régime fasciste du président turc Recep Tayyip Erdoğan.

L’art a toujours joué un grand rôle dans l’histoire du peuple kurde et de ses luttes. Entre autres, la chanson «Şervano» (prononcer Shervano) est devenue le symbole de la résistance du Rojava contre le fascisme de l’État turc. Sortie la même semaine que le début de l’opération d’occupation «Sources de la paix» de l’armée turque, la chanson est devenue un élément important des manifestations et des lignes de front. Elle est même jouée lors de funérailles en l’honneur des martyrs, chantée par le public, qui la connait par cœur.

La chanson est devenue emblématique avec la diffusion de vidéos des funérailles du combattant des YPG Yusif Nebi, qui avait demandé à sa famille de ne pas pleurer, mais de chanter et de danser, s’il mourrait au combat. Entouré d’une foule de personnes en deuil, son frère et sa mère ont dansé comme un acte de résistance contre le fascisme.

L’interview suivante avec le compositeur a été réalisée par le magazine Kurdistan Report basé en Allemagne. «Şervano» a été écrit par l’artiste kurde Şêro Hindê, qui travaille à «Hûnergeha Welat» (atelier de la patrie) au Rojava, et est également membre de « Komîna Fîlm A Rojava » (la Commune du Film du Rojava). Il est le réalisateur des documentaires «Darên bi tenê» (Arbres solitaires) et «Bajarên wêrankirî» (Villes détruites).

 

Dans quelles circonstances la chanson «Şervano» a-t-elle été créée? Où a été tourné le clip?

Le soir du 9 octobre où le gouvernement turc et ses alliés ont commencé l’invasion, nous étions dans Qamişlo ensemble avec le musicien Mehmud Berazî et l’auteur Ibrahim Feqe. Ensemble, nous avons écrit la chanson et composé la musique. Entre-temps, des bombes ont été larguées sur Qamişlo, tuant six personnes et en blessant beaucoup d’autres.

Cette nuit a été très significative parce que les résistants ont inlassablement et sans peur pris position pour protéger les populations civiles et en même temps les préparer à la guerre. La vue de ces braves combattants nous a persuadés de mettre de côté ce que nous avons vu dans l’écriture et la composition. Nous avons donc littéralement vu la chanson «Şervano» devant nos yeux et le lendemain, nous avons commencé à tourner la vidéo sur la base des événements de la nuit précédente. Nous avons consciemment travaillé sans images ni techniques extravagantes afin d’avoir le plus d’authenticité possible.

Le combattant de l’unité de protection du peuple (YPG) de la vidéo, Elî Feqe, est également membre de la Commune du film de Rojava. Il est caméraman et joue un rôle actif dans l’art cinématographique.

 

Vous attendiez-vous à un si grand impact de «Şervano»? Quelles ont été les réactions?

Nous nous attendions à ce que la chanson atteigne et touche les gens, mais nous aussi nous avons été surpris par les dimensions de l’affect. Nous essayons toujours de créer de l’art, qui reflète le Zeitgeist [notion empruntée à la philosophie allemande signifiant littéralement « l’esprit du temps », au sens d’« esprit de l’époque »]. Cependant, il est important pour nous d’exprimer, de rester en vie et de rendre justice à nos traditions artistiques séculaires et d’exprimer notre culture folklorique et notre musique dengbej.

Je voudrais souligner que notre camarade Mehmûd Berazî, le compositeur de «Şervano», apporte la plus grande contribution à la musique du Rojava et a la plus forte influence.

Les gens aiment nos chansons, en particulier «Şervano». Certes, il y a eu d’autres chansons populaires auparavant, telles que «Nivişta Gerilla», «Tîna Çiya», «Edlaye» et «Tola Salanîya Efrînê», qui sont également souvent jouées lors des funérailles de nos amis disparus, lors de manifestations ou lors de manifestations. première ligne. Les éléments essentiels de cette culture musicale sont les résistants féminins et masculins, qui ne craignent pas l’ennemi. Bien sûr, notre travail musical nous influence et nous touche autant que quiconque. Les spécificités émotionnelles de notre œuvre proviennent de l’amour et de l’estime qui nous sont témoignés.

Cela est devenu évident aussi par le martyr Yusuf Nebî. Sa dernière volonté était que les gens ne pleurent pas à son enterrement, mais dansent à la place. À la suite de son dernier testament, sa famille a joué la chanson «Şervano» lors des funérailles, a chanté le long des versets significatifs et a dansé. Cette vue était à la fois très douloureuse et émouvante à la fois. Pour nous comme pour tout le monde.

 

Vous continuez votre travail pendant la révolution. Que faites-vous ?

Nous étions déjà artistiquement actifs avant le début de la révolution. Cependant, nous ne pouvions pas nous exprimer aussi librement que maintenant. En effet, il est étonnant que nous nous sentions plus libres qu’auparavant dans le développement de notre art, compte tenu des conditions de vie défavorables, de l’intensité de la guerre, des pertes quotidiennes de nos combattants et des décès civils. De cette façon, nous, artistes kurdes, voulons apporter notre contribution à la révolution. Une révolution a différents domaines. Notre tâche est de transmettre à l’extérieur les émotions et l’esprit de la révolution en relation avec la douleur que doit endurer notre peuple. Ce faisant, cela ne nous dérange pas comment le public interprète notre art, que ce soit positivement ou négativement. Notre objectif principal est de rendre justice à notre peuple. Illustrer et soulager les souffrances et garder le moral.

Nous produisons également des films. La Commune du film de Rojava a été fondée en 2015. Nous tournons des documentaires, des courts métrages, des clips et des longs métrages. Personnellement, je me concentre principalement sur la musique, mais aussi sur mes projets de films. En ce moment, je réalise un documentaire sur la culture musicale du dengbej . Avec le titre « Daren bi Tène » (Arbres Solitaires), nous avons documenté dengbêj chansons Sengal (Sinjar). Nous avons également réalisé un documentaire sur la vie de l’artiste inoubliable Mihemmed Şêxo. Je m’exprime mieux avec l’aide de la musique.

En tant qu’artistes de la Commune du film de Rojava et de Hûnergeha Welat, nous voulons ajouter de nouveaux éléments à l’art de la révolution. Nous ne voulons pas diffuser de l’art classique et connu comme un slogan, mais refléter plutôt l’esprit et les sentiments actuels et révolutionnaires de la société du Rojava.

 

Rencontrez-vous des difficultés dans votre travail?

Nous travaillons dans des conditions très dures, en pleine guerre. Pourtant, nous nous efforçons de capturer des photos nettes et des sons clairs. Notre travail n’est possible que grâce aux institutions collectives, car nous résistons tous ensemble. Autant les temps de résistance sont remplis de créativité, ils sont aussi liés aux difficultés. Les grands projets ne sont évidemment pas possibles en pleine guerre. Nous avons commencé un grand projet de recherche sur le dengbêj (chansons) du Rojava. Entre autres choses, nous avons voulu en enregistrer de Dicle (Tigre) à Xabûr et les reconstituer dans un documentaire. Mais en raison des conditions de guerre actuelles, nous avons été obligés de le laisser de côté. Notre seule possibilité pour le moment est de montrer au public, à l’aide de nos projets, l’omniprésence de la résistance. Mais malheureusement, cela ne suffit pas. Pour la réalisation de nos projets, nous avons besoin de ressources qui sont suffisamment fournies à d’autres institutions, qui ne veulent ni collaborer avec nous, ni être liées à nous ou au Rojava en aucune façon. Ils volent nos projets et les vendent comme les leurs. Dans un avenir proche, nous voulons prendre des mesures pour empêcher ces vols et d’autres vols, bien sûr.

 

Des publications de nouveaux projets sont-elles à prévoir?

En ce moment, nous travaillons surtout sur des projets, qui documentent principalement la résistance. Serê Kanîye (Ras al-Ain) est un site important de cette grande et forte résistance. Nous voulons enregistrer cette grande résistance pour l’histoire, à l’aide de projets artistiques.

Il est important pour nous de ne pas produire des films de révolution typiques, mais de réaliser des projets qui créent la conscience parmi les gens pour comprendre que nous sommes ceux pour qui les résistants combattent et sacrifient leur vie. C’est la direction de notre travail et elle sera révélée dans un proche avenir. Autant nous recevons l’amour et l’appréciation des gens, parfois nous recevons aussi des critiques. Ceci est important pour l’amélioration de nos futurs projets. Nos chanteurs Xalît Derîk, Haci Musa, Sîdar, Eyşe et Şefîka Şehriban Güneş, qui chantent toujours des chansons folkloriques séculaires avec des sentiments profonds, tentent de garder vivante la musique folklorique culturelle.

 

Comment Hûnergeha Welat a-t-elle été fondée et comment est-elle constituée?

Hûnergeha Welat a été fondée le 1er juillet 2014 à Qamişlo. Il y a deux domaines différents: la musique et la documentation. Chaque année, de la musique est produite avec des artistes et des musiciens dengbejs [bardes, conteurs kurdes], ainsi que des films et des documentaires.

90% des chansons et vidéos dédiées à la révolution et qui ont été produites au Rojava, sont des productions de Hûnergeha Welat. Le nom est à la mémoire du martyr Welat. Ce camarade a été tué par une dénomination d’une voiture piégée du soi-disant État islamique. C’était un ami très important, qui s’occupait de la musique et de l’art et qui en savait beaucoup sur les arts.

Hûnergeha Welat était un projet que nous voulions réaliser avec lui. Au lieu de cela, nous avons créé le projet et nous nous sommes souvenus de lui en le nommant d’après lui. Le camarade Mehmûd Berazî travaille actuellement sur la musique. De même, d’autres amis, tels que Kawa, Serxebên, Comerd, Ozan, Evan et bien d’autres. Dans la section du film documentaire, les camarades Alab et Ali sont les principaux interlocuteurs. Bien sûr, il y a beaucoup plus de membres, que je n’ai pas nommés ici, mais qui sont une partie essentielle de notre travail.

Lisa Çalan : DAECH lui a volé ses deux jambes, l’Etat turc lui a volé son travail

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TURQUIE / BAKUR – DİYARBAKIR – L’Administrateur nommé à la municipalité kurde d’Amed a licencié huit employés, dont Lisa Çalan, la cinéaste qui a perdu ses deux jambes dans l’attentat à la bombe de DAECH en 2015.
 
Hasan Basri Güzeloğlu, l’administrateur (kayyum) nommé à la municipalité métropolitaine de Diyarbakır à la place des maires kurdes d’HDP, a licencié 8 personnes, dont Lisa Çalan qui a perdu ses deux jambes dans l’attentat à la bombe de Daech contre le rassemblement électoral organisé par le Parti démocratique des peuples (HDP) le 5 juin 2015. Çalan, qui travaille en tant que scénographe au Département de la culture et des affaires sociales de la municipalité depuis 2016, Ruknettin Gün qui a été licencié par l’ancien fiduciaire Cumali Atilla en 2016 mais a repris le travail avec une ordonnance du tribunal, Rezan Kaya, Zeycan Ateş, Sarya Yiğit Cengiz, Abdulhalim Biçer, Islam Dagdeviren et Hoşyar Öncü ont également été licenciés parce qu ‘«on n’avait pas besoin de leurs postes». Sarya Yiğit Cengiz a accouché il y a 8 jours et elle était en congé de maternité.
 
Çalan, contactée par téléphone, a déclaré: « Ils nous ont dit que nos postes n’étaient pas nécessaires. » Çalan déclarant qu’elle a un rapport médical et les 7 autres personnes avaient été réintégrées sur ordonnance du tribunal, a déclaré: « J’ai commencé à travailler à la municipalité métropolitaine de Diyarbakır en 2016. Il n’y avait pas de kayyum à l’époque. Lorsqu’ils ont nommé un kayyum en 2016, j’étais à Ankara pour me faire soigner. J’ai subi de nombreuses interventions chirurgicales au cours des 4 dernières années. J’avais une plaie ouverte, (…) je devais faire attention. J’ai été victime. Je suis allée au tribunal pour obtenir justice. Nous allons retourner devant le tribunal (…). Le kayyum nous a licenciés. Nous allons intenter une action en justice pour cela. J’ai passé la majeure partie de ma vie devant les tribunaux depuis l’attaque de l’Etat islamique et maintenant je dois revenir en arrière et exiger justice cette fois pour mon travail. »
 
QUI EST LISA ÇALAN ?
 
Lisa Çalan est une réalisatrice, scénariste, actrice et directrice artistique kurde. Elle est membre de l’Académie de cinéma du Moyen-Orient. Elle a réalisé de nombreux courts métrages, documentaires, longs métrages et projet de série télévisée. Elle filmait le rassemblement électoral organisé par le Parti démocratique des peuples (HDP) le 5 juin 2015 lorsqu’une bombe de l’Etat islamique a explosé. Elle a perdu ses deux jambes dans l’attaque.
 
 

Via agence Mezopotamya

La peur et l’incertitude persistent dans la ville légendaire de Kobanê qui a résisté à Daech

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SYRIE / ROJAVA – L’armée syrienne est entrée dans la ville symbolique de Kobanê en octobre 2019 pour empêcher un assaut turc après le départ des forces américaines – une ville qui est devenue internationalement célèbre pour sa résistance contre l’État islamique en 2014. Cependant, les gens dans la région disent qu’ils ont toujours peur pour l’avenir.

Le marché local de Kobanê est maintenant rempli de tunnels et est plutôt vide en raison de la détérioration de la situation économique.

Des tunnels sont encore visibles sur le marché de Kobanê, le 11 décembre 2019. (Photo: Kurdistan 24 / Wladimir van Wilgenburg)

Des tunnels sont encore visibles sur les marchés de Kobani, le 11 décembre 2019. (Photo: Kurdistan 24 / Wladimir van Wilgenburg)

Le nom «Trump» a même été retiré d’un restaurant local du nom du président américain Donald Trump suite au retrait américain.

Le célèbre restaurant Trump Falafel à Kobani a changé de nom après le retrait des États-Unis du nord de la Syrie, le 10 décembre 2019. (Photo: Kurdistan 24 / Wladimir van Wilgenburg)

Restaurant Rojava dans la ville de Kobani. (Photo: Kurdistan 24 / Wladimir van Wilgenburg)

« L’augmentation de la valeur en dollars américains et le manque d’importations alimentaires ont tous aggravé les difficultés que les gens éprouvent dans leur vie quotidienne à Kobani », a déclaré Anwar Muslim, un haut fonctionnaire de Kobani.

Des ONG internationales qui employaient des locaux sont également parties.

«C’est une situation difficile; les récentes attaques [turques] ont affecté l’économie de Kobani. Avant cela, les gens construisaient leurs maisons, mais maintenant ils ont arrêté », a ajouté Muslim.

«Nous, en tant qu’auto-administration, continuons d’offrir assistance et services aux civils dans la mesure de nos ressources.»

Anwar Muslim, co-président du Conseil exécutif de l’administration démocratique autonome (DAA) de la région de l’Euphrate, sourit lors d’une interview avec Kurdistan 24 à Kobani, le 10 décembre 2019. (Photo: Kurdistan 24 / Wladimir van Wilgenburg)

Les journalistes visitent rarement la ville depuis que des groupes soutenus par la Turquie ont bloqué la route internationale M4, et il faut maintenant au moins huit heures pour se rendre à Kobani depuis Qamishli, ce qui a également affecté le commerce entre les deux villes.

« Regardez ma boutique, elle est presque vide, mais pourquoi je ne la ferme pas? », A demandé Soz Kobani, un commerçant de 30 ans. «Parce que j’attends que la situation devienne claire. Je ne peux ni l’améliorer ni la fermer avant cela. Nous sommes en grand danger à Kobani, d’autant plus que nous sommes à la frontière avec la Turquie.

Nous espérions que les États-Unis protégeraient les Kurdes en Syrie, et il y aurait une situation similaire à la région du Kurdistan où il y a de la sécurité, et il y a des entreprises européennes. Nous l’espérions, mais au final, le pétrole était plus important que la vie humaine. »

Ismet Sheikh Hassan, le chef aux cheveux gris du Conseil militaire de Kobani, a déclaré au Kurdistan 24 que la situation se compliquait.

« Nous ne savons pas à quoi ressemblera l’avenir lorsque différentes parties – les Américains, les Russes et le gouvernement syrien – se rapprocheront en tenant compte de leurs intérêts communs », a déclaré Hassan.

Ismet Sheikh Hassan, chef du Conseil militaire de Kobani, lors d’une interview avec Kurdistan 24 à Kobani, le 10 décembre 2019. (Photo: Kurdistan 24 / Wladimir van Wilgenburg)

«Et il y a des conflits partout autour de nous; il y a du chaos dans tout le Moyen-Orient. Par conséquent, nous ne pouvons pas prédire ce que l’avenir réserve à la région.»

Il a ajouté que les gens ont à juste titre peur lorsqu’ils «voient des enfants massacrés; lorsque des civils sont assassinés en grand nombre.»

Hassan a déclaré que les attaques turques en octobre ont rappelé aux habitants de Kobani les jours de mort et de destruction lorsque l’État islamique (DAECH / ISIS) a assiégé la ville il y a des années.

En conséquence, certains civils ont fui Kobani en octobre et ne sont pas revenus. D’autres sont rentrés ou sont simplement restés en ville. « Il y a encore des gens qui préfèrent mourir dans leur pays d’origine plutôt que de partir », a déclaré Hassan.

Une boutique à Kobani. (Photo: Kurdistan 24 / Wladimir van Wilgenburg)

Jusqu’à présent, l’administration locale de Kobani a poursuivi son travail et les forces de l’armée syrienne ne sont positionnées qu’à la frontière.

Muslim a déclaré que les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) avaient quitté Kobani et que les forces internes locales géraient la sécurité de la région.

«Les forces gouvernementales syriennes sont positionnées aux frontières. Mais les services civils sont toujours fournis par l’administration locale.»

Néanmoins, certaines personnes, comme Soz Kobani, craignent que le gouvernement syrien ne puisse «retourner et réimposer ses institutions» à l’avenir.

« Les jeunes partiront tous, personne ne restera. Ils n’hésiteront pas à m’enrôler – je connais des gens qui sont enrôlés depuis huit ans au sein des forces armées syriennes ! » a-t-il dit.

Soz Kobani a noté qu’il ne pouvait pas être enrôlé car il soutient financièrement trois familles.

De nombreux Kurdes ont de mauvais souvenirs de la domination de Bachar al-Assad dans la région avant que les Kurdes ne prennent le contrôle de la plupart des enclaves kurdes en 2012.

Hassan lui-même a été emprisonné «dans presque toutes les prisons syriennes» après avoir donné à ses enfants des noms kurdes. D’autres politiciens kurdes ont disparu dans les prisons du régime.

« Le peuple a à juste titre peur, mais nous avons 11 000 martyrs et 27 000 blessés, nous avons reconstruit la ville de Kobani après sa destruction », a déclaré Hassan.

«Par conséquent, nous n’accepterons pas un retour à l’époque où le parti Baas gouvernait et opprimait le peuple. Pourtant, nous craignons d’être de nouveau abandonnés.»

Wladimir van Wilgenburg pour Kurdistan 24 

 

ROJAVA. La Turquie fait ouvrir de nouvelles écoles islamistes à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – « Afrin activists, le compte d’activistes basés à Afrin, annonce que la Turquie a fait ouvrir une autre école coranique pour enfants dans le canton kurde d’Afrin qu’elle a envahi en 2018.
 
« Les associations turkmènes ouvrent de nouveaux centres à Afrin pour diffuser l’idéologie de l’islam radical.
 
L’occupation turque continue à répandre l’islam radical qui correspond à ses orientations et à ses avantages. L’association turkmène « Al-Nour » a ouvert une autre école coranique pour les enfants du village de Kota, dans la campagne de Bilbil.
Les familles sont obligées d’envoyer leurs enfants dans ces écoles dans le but de faire grandir une génération radicalisée par un islam extrémiste.
 
Tout cela est soutenu par le Bureau de la Religion Turque, qui est considéré comme le parti officiel lié au gouvernement turc qui répand des pensées terroristes dans des dizaines de pays du monde entier. Ce bureau exploite les situations économiques difficiles des pays du tiers monde pour atteindre ses objectifs sous le nom d’organisation humanitaire. »
 

Iran vs USA. Les Kurdes et les « bons » impérialistes

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L’assassinat d’un responsable militaire iranien par les USA en Irak a secoué le Moyen-Orient, déjà en proie à de nombreux conflits armés et de contestations populaires en Syrie, en Irak et en Iran…
 
Que l’assassinat de Qassem Soleimani à Bagdad par les Etats-Unis soit condamnable est compréhensible, mais qu’on érige ce boucher – responsable de la mort de civils, dont des Kurdes, en Irak et en Iran – en héros est totalement insensé.
 
Ceux qui pleurent Soleimani en criant « à mort l’impérialisme américain », oublient un peu vite que l’Iran aussi est un Etat impérialiste puisqu’il occupe l’Est du Kurdistan (Rojhilat) niant les droits les plus élémentaires des Kurdes condamnés à la famine, sans parler de la domination des peuples (Arabes, Baloutches, Azéris, Turkmènes, Lors, Gilakis et Mazandaranis) et les confessions minoritaires (sunnites, yarsans…) par les « Perses ». Le plus ridicule de ces cries vient de la Turquie, le pays qui occupe plus de territoire kurde, en plus d’une partie du Rojava depuis 2018. En effet, ceux qui soutiennent la guerre et le colonialisme turc au Kurdistan, même dans le nord de l’Irak, en rêvant de ressusciter l’empire ottoman, ne voient pas d’inconvénients à dénoncer l’impérialisme américain. Est-ce parce que ce dernier n’est pas halal, contrairement à l’impérialisme turc et iranien qu’on bénit en embrassant le Coran ?
 
Le problème, c’est que les Kurdes victimes de l’impérialisme depuis que l’Occident a redessiné la carte du Moyen-Orient il y a un siècle – les privant d’un Etat souverain – subissent un génocide ethnique. C’est-à-dire, leur assimilation forcée à l’intérieur des frontières des 4 Etats occupant le Kurdistan : Turquie, Syrie, Irak et Iran. Dans ces quatre Etats, l’identité et la langue des Kurdes sont niées et de nombreuses campagnes génocidaires menées depuis le massacre de Dersim en 1937-38 visent à mettre fin à leur existence en tant que Kurdes. Ainsi, la plupart de ces bonnes âmes qui dénoncent l’impérialisme américain soutiennent ouvertement l’impérialisme turco-irano-irako-syrien au Kurdistan, nous apprenant par la même occasion qu’il y a des bons et des mauvais impérialismes.

PARIS. Deux manifestations pour les militantes kurdes tuées à Paris

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PARIS – Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont été exécutées à Paris. Le présumé coupable, Omer Güney est décédé en prison le 17 décembre 2016, un mois avant le début du procès. Depuis, une nouvelle enquête judiciaire a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.
 
A l’occasion du septième anniversaire de leur exécution, deux manifestations auront lieu cette semaine pour rendre hommage à ces trois militantes et exiger que la justice leur soit rendue :
 
– Jeudi 9 janvier : Rendez-vous à 11 heures, devant le Centre démocratique du Kurdistan (16 rue d’Enghien, Paris 10) pour une marche jusque devant le local où les trois femmes ont été exécutées, au 147 rue La Fayette (Paris 10).
 
– Samedi 11 janvier : Grande marche « Vérité et Justice », au départ de la Gare du Nord. Rendez-vous à partir de 10h30.
 
Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) appelle à une participation massive « à ces manifestations pour rendre hommage à Sakine, Rojbîn et Leyla, exiger de la France la justice et combattre l’impunité des crimes politiques ».