PARIS – Les Kurdes en quête de justice depuis 7 ans…

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PARIS – Le pot de terre contre le pot de fer. On pourrait résumer ainsi la quête de justice menée par les Kurdes depuis 7 ans pour que la justice française fasse la lumière sur le triple féminicide visant les Kurdes à Paris en 2013. En effet, le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont été exécutées à Paris. Le présumé coupable, Omer Güney est décédé en prison le 17 décembre 2016, un mois avant le début du procès. Depuis, une nouvelle enquête judiciaire a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.
 
Les Kurdes et leurs amis ont organisé une marche blanche aujourd’hui, à l’occasion du septième anniversaire du massacre de trois femmes kurdes à Paris le 9 janvier 2103.
 
Cette année, le portrait de la politicienne kurde Havrin (Hevrin) Khalaf – co-présidente du parti Avenir de la Syrie violée et lapidée le 12 octobre par les mercenaires de la Turquie dans le nord du Rojava – a rejoint ceux de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, tuées à Paris en 2013.
 
Depuis sept ans aujourd’hui, les Kurdes luttent pour obtenir justice et reprochent à la France de vouloir classer l’affaire pour protéger ses intérêts étatiques d’avec la Turquie considérée comme étant le commendataire de ce triple assassinat.
 
La Confédération des communautés du Kurdistan en Allemagne (KON-MED) a déclaré dans son communiqué d’aujourd’hui : « Il s’agit du 7e anniversaire du meurtre connu sous le nom de massacre de Paris et dont les auteurs sont bien connus. Ce massacre a été perpétré dans le but d’intimider toutes les femmes kurdes représentées par Sakine Cansız. Cependant, contrairement à ce que les auteurs des massacres pensaient, les Kurdes et les femmes en particulier sont désormais plus déterminés. Ce massacre n’a pas effrayé les femmes kurdes. »
 
Rappelant l’engagement et la détermination de Sara, Rojbin et Ronahi (Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez), la KON-MED a déclaré qu’elles étaient devenues des « icônes pour le peuple kurde ».
 
KOM-MED a condamné la justice française pour « ne pas avoir rempli son devoir et pour avoir persécuté les auteurs du massacre, l’Etat fasciste turc et le régime du dictateur Erdoğan. »

Qui sont Sakine, Fidan et Leyla ?

Cofondatrice du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), Sakine Cansız est née dans la province de Dersim en 1957. Après plusieurs années d’activité dans le mouvement de la jeunesse étudiante à Elazıg, elle rejoint en 1976 le mouvement révolutionnaire kurde.

Suite à sa participation au congrès du PKK, le 27 novembre 1978, la jeune femme est arrêtée à Elazıg et envoyée en prison avec un groupe d’amis. Soumise à de lourdes tortures dans la période ayant suivi le coup d’Etat militaire du 12 septembre 1980, elle n’est libérée qu’en 1991.

Après sa libération, elle poursuit ses activités militantes dans l’ouest et le sud du Kurdistan.

Après de longues années de lutte dans les montagnes du Kurdistan, Sakine Cansız va en Europe où elle prend la direction du mouvement des femmes kurdes. Figure pionnière du mouvement de libération kurde, elle a grandement contribué au renforcement des organisations kurdes au sein de la diaspora.

Fidan Doğan est née en 1982, à Elbistan, dans la province de Maraş. Fille d’une famille d’immigrés, elle grandit en France.

Dès son enfance, elle se met en quête de son identité kurde. À partir de 1999, elle s’engage dans les organisations kurdes en Europe. À partir de 2002, elle travaille activement dans le domaine de la diplomatie. Elle devient représentante à Paris du Congrès national du Kurdistan (KNK).

Fille d’une famille originaire de Lice, dans la province de Diyarbakir, Leyla Saylemez est née dans la ville turque de Mersin où elle passe son enfance jusqu’à ce que sa famille déménage en Allemagne, dans les années 90. Après un an d’études en architecture, elle rejoint la lutte pour la liberté au Kurdistan et s’engage particulièrement dans les activités de la jeunesse kurde.

 
 

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