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TURQUIE. Disparition de Gülistan Doku: Mandat d’arrêt contre le beau-père du suspect

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TURQUIE / BAKUR – L’étudiante kurde, Gülistan Doku, 21 ans, a disparu en janvier 2020 à Dersim. Un tribunal a émis un mandat d’arrêt contre le beau-père du principal suspect, qui a été démis de ses fonctions de policier pour avoir divulgué des informations privées sur Doku.
 
Un tribunal a délivré un mandat d’arrêt contre le beau-père du principal suspect de la disparition de Gülistan Doku (21 ans) dans la province du Dersim début 2020.
 
Une plainte a été déposée contre Ergin Y., le beau-père de l’ami de Doku, ZA, pour ses publications sur les réseaux sociaux révélant des informations privées sur la femme disparue. Il est accusé d’avoir eu l’intention de « créer l’impression qu’elle s’était suicidée ».
 
En raison de ces postes, Ergin Y. a été démis de ses fonctions de policier en janvier pour violation de la confidentialité de l’enquête.
 
Gülistan Doku étudiait à l’Université Munzur de Dersim. On n’a plus jamais entendu parler d’elle après avoir quitté son dortoir le 5 janvier 2020. Sa famille demande ce qui lui est arrivé depuis 649 jours.
 
La famille et les avocats de Doku ont assisté à la quatrième audience de l’affaire au palais de justice de Tunceli. Le tribunal a émis un mandat d’arrêt contre Ergin Y., qui n’a assisté à aucune audience. La prochaine audience aura lieu le 2 décembre.
 
Sa soeur se bat pour retrouver Gulistan
 
La sœur de Gülistan, Aygül Doku a déclaré : « Nous avons insisté pour qu’il vienne [aux audiences] et cette décision a été rendue. »
 
S’adressant au ministère de la Justice, elle a déclaré : « Rendre justice. Est-ce justice que Gülistan n’ait pas pu être retrouvé pendant 649 jours ?
 
Je cherche ma sœur et je suis également jugée. Je ne sais pas quoi dire à ce sujet.
 
Ils ne recherchent pas le principal suspect. C’est évident. Gülistan est dans le noir depuis 649 jours et je ne veux pas laisser ma sœur dans le noir. C’est pourquoi je veux que chacun fasse ses devoirs.
 
Il y a de sérieux doutes sur cette famille et ces doutes doivent être clarifiés. Pourquoi cette famille a-t-elle soudainement quitté la ville ? Nous ne cherchons pas un tueur. Les doutes doivent être dissipés. Qu’est-il arrivé à Gülistan ? Nous voulons que cela soit révélé.
 
Nous voulons que les responsables, ceux qui ont fait disparaître Gülistan, soient tenus responsables devant la justice. Je suis jugé pour avoir dit cela. Je m’adresse au ministre de la Justice. Peut-il regarder ses enfants en face quand il rentre chez lui ? Il ne peut regarder que si justice est rendue. »
 
Que s’est-il passé?

Le 5 janvier 2020, l’étudiante universitaire Gülistan Doku n’est pas retournée au dortoir pour femmes où elle était logée. Comme ses colocataires ne pouvaient pas la joindre par téléphone, elles se sont inquiétées et ont fait appel à la Direction provinciale de la sécurité de Tunceli. Sa famille a également été informée du problème. La famille est venue à Dersim le 6 janvier et a signalé la disparition de Gülistan Doku à la direction de la sécurité.
 
En consultant ses amis et en suivant les signaux de son téléphone portable, les policiers ont également examiné les caméras de surveillance de la ville et ont découvert qu’elle était montée dans le minibus universitaire à l’arrêt de bus du quartier Atatürk à 11h29. Cependant, même si les caméras de surveillance de la ville en cours de route ont été examinées, il n’a pas été possible de déterminer où elle était descendue.
 
Le chauffeur du minibus a été identifié et entendu. Le chauffeur a déclaré que le minibus n’était pas entré dans l’université car c’était dimanche, le minibus est revenu vide et il ne se souvenait pas où Gülistan Doku était descendu.
 
On suppose que Doku est descendu au pont Sarı Saltuk dans le centre-ville, le seul arrêt de bus hors de vue des caméras de surveillance.
 
Grâce à la lutte des femmes et de la famille Doku, les autorités ont décidé de drainer l’eau du barrage pour la retrouver.
 
Le 17 juin, une requête a été soumise au bureau du procureur général de Tunceli pour arrêter Zeınal Abarakov, le principal suspect du dossier.
 
Le 29 août, le rapport d’expertise était terminé. Par la suite, Ali Çimen, l’avocat de la famille Doku, a fait une autre demande d’arrestation d’Abaravakov. Rejetant cette demande, le parquet général de Tunceli a décidé de prendre sa déposition.
 
Le 4 août, l’examen par des experts des images qui montreraient Gülistan Doku sautant d’un pont a été achevé.
 
Selon l’examen du cabinet du National Criminal Bureau, ce qui est vu dans les images n’est pas Doku sautant du pont Dinar, où elle a été vue pour la dernière fois.
 
« L’effet sur la culée du pont est un résidu de pixels et certainement pas une colonne d’eau créée par une personne ou un objet qui tombe dans l’eau », conclut le rapport.
 
Dans un communiqué publié par le bureau du gouverneur de Tunceli le 18 août 2020, il a été annoncé que les efforts de recherche en cours dans le barrage avaient pris fin.
 
Coordonnés par le bureau du gouverneur, les efforts de recherche ont repris dans le barrage le 15 octobre.
 

Les enfants des camps de réfugiés kurdes de Lavrio ont besoin de nous

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PARIS – Depuis plusieurs années, les réfugiés kurdes de Lavrio, en Grèce, ne reçoivent plus d’aide de l’État et des organisations officielles d’aide aux migrants à cause de la pression exercée par la Turquie. Alors, ces réfugiés se sont tournés vers l’auto-gestion de leurs deux camps, avec l’aide financière et matérielle apportée par des bénévoles et activistes mobilisés dans plusieurs pays européens, dont France, Corse, Italie, Suisse, Grèce…
 
Régulièrement, les activistes lancent des campagnes d’aide destinée aux camps de Lavrio qui abritent plusieurs centaines de réfugiés, dont des dizaines d’enfants. Grâce aux dons d’argent ou de produits de première nécessité, les réfugiés peuvent se nourrir, réparer les bâtiments vétustes, construire des aires de jeu pour les enfants… etc.  
Les deux derniers projets en cours au Lavrio concernent la construction d’un parc pour les enfants du deuxième camp de Lavrio et le tissage des liens entre des écoles suisses, corses, bretagnes, parisiennes et les enfants des camps de réfugiés kurdes à Lavrio à travers des dessins de colombes la paix dessinés par les enfants.
 
En France, ces projets sont portés notamment par le militant Jacques Leleu qui les explique en détail et appelle à la solidarité.
 
On partage avec vous son message:
 

Compte à rebours du prochain « convoi solidaire » qui sera à Lavrio fin novembre

Deux objectifs:

1 – tisser des liens durables entre des écoles en Suisse, corse, bretagne, région parisienne  et les enfants des camps de réfugiés kurdes de la ville de Lavrio… Comment ? en utilisant des dessins de colombes la paix. Nous demandons aux enfants des écoles de colorier ces colombes et d’écrire leur prénom et pays. Les dessins seront affichés dans les deux camps. A leur tour les enfants kurdes feront des dessins qui seront remis aux participants en Suisse, Corse, Bretagne etc …

2 – nous allons co-construire (avec nos amis, Corses, Bretons, Italiens, grecs …) un deuxième parc de jeux qui sera dans le camp extérieur.

J’ai besoin de vous !!!

En amont du départ (17 novembre), j’aimerais que vous m’envoyez , dès maintenant, (en pièces jointes ou à mon adresse) les dessins coloriés que vous avez récupérés. Mon objectif est de tenir le compte à rebours de notre départ en publiant régulièrement sur ma page Facebook les premiers dessins réalisés.

J’ai encore besoin de vous !!!

Vous savez que l’argent ne tombe pas du ciel. Le budget du prochain convoi est de 5500 euros (achat de la nourriture de base pour 500 personnes pour 2 mois, du fond de médicaments de l’infirmerie du camp, du matériel pour passer l’ hiver – radiateurs électriques et plaques de cuisson).

3500 euros sont nécessaires pour construire le deuxième parc de jeux.

A ce jour, nous avons récolté 60 euros !!!!

Vous pouvez autour de vous, dans vos réseaux,  récolter des dons que nous pouvons défiscaliser à 66 %.

La solidarité est notre force collective

Jacques

 
Les deux dessins colombes de la paix (aşitî en kurde) à faire colorier aux enfants:

ROJAVA. Devenue esclave de l’EI à 9 ans, une Yézidie veut que le monde sache l’enfer jihadiste

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SYRIE / ROJAVA – Une délégation d’associations franco-belges de victimes de terrorisme s’est rendue au Rojava où les Kurdes détiennent des milliers de terroristes de l’État Islamique (EI/DAECH), dont des ressortissants européens. La délégation a rencontré des responsables kurdes mais également des victimes de DAECH. Torture, viol, privation de nourriture… une jeune Yézidie de 18 ans a raconté à la délégation l’enfer qu’elle a vécu entre les mains des terroristes de DAECH qui l’ont capturée à l’âge de neuf ans.
 
« Ce que j’ai subi m’a appris à me battre. Je sais que je suis l’égale des hommes. Ils ne me font pas peur. Jamais plus je n’aurai peur des hommes. Je suis forte », Whata jeune rescapée yézidie qui a rencontré la délégation des victimes de terrorisme.

Georges Dallemagne, membre de la Chambre des députés belge qui dirige la délégation a publié le témoignage de la jeune yézidie qui a insisté pour sa publication.

Nous le partageons avec vous:
 
Whata est une toute jeune femme. Elle a dix-huit ans. Elle est membre d’une association de survivantes de Daech. Son sourire éclaire un visage d’une grande beauté. Elle est soulagée de nous rencontrer, de se confier à ces Belges du bout du monde qui ont reconnu le crime de génocide commis sur son peuple et cherchent des preuves de l’implication de leurs ressortissants. Elle insiste pour que son témoignage soit publié.
 
Nous prenons place dans les locaux de la Shengal Charities Organisation qui procure aide et réconfort aux réfugiés Yézidis. Dès ses premiers mots les yeux de Whata se voilent, son regard se perd dans les terreurs du passé, sa voix se fait sourde. Malgré la douleur des souvenirs elle veut que le monde sache, que chacun puisse mettre un nom et un visage sur les atrocités subies, que justice soit rendue.
 
Elle nous confie à mi-voix : « Lorsque j’ai été capturée en 2014, trois hommes m’ont achetée. J’avais neuf ans. Ils m’ont revendue à un Saoudien. Il avait l’âge de mon père. Lui et sa femme ont décidé de me violer ensemble. Cette femme était sauvage et brutale et faisait tout pour que ce viol soit violent. Pour eux je n’étais qu’une poupée de chiffon. J’essayais de percevoir s’ils ressentaient la moindre compassion pour moi, mais il n’y avait rien. Ils me traitaient comme si j’étais un robot. Alors, pour survivre, je suis devenue un robot. Je suis devenue folle de douleur. Ils m’ont revendue à un autre Saoudien qui m’a prêtée à un Belge, quelqu’un d’important. Ce Belge se faisait appeler Abou Hamza ».
 
Philippe Vansteenkiste, responsable de V-Europe*, interrompt doucement Whata et, avec sa permission, lui présente des photos de terroristes belges.
 
Son regard se fige sur l’une d’elles. Whata reconnaît formellement Sammy Djedou, – qui se faisait appeler Abou Hamza -, un Laekenois proche d’Oussama Atar, le cerveau des attentats de Paris et Bruxelles.
 
Elle reprend lentement son récit : « Sa femme était enceinte. Je suis restée six mois chez eux. J’avais été tellement frappée et violée par le couple saoudien que je ne pouvais plus marcher, j’étais physiquement et mentalement cassée. Malgré cela, ce couple belge m’a forcée à travailler comme servante. C’était terrible. Ils me battaient. Ils prenaient plaisir à me battre. Il y avait beaucoup d’autres Belges. Je me souviens notamment d’une femme plus âgée, une blonde aux yeux bleus, de type européen qui se faisait appeler Oum Ibrahim al Belgiki. Ces Belges venaient me voir comme une bête curieuse. Ils s’amusaient de voir une fille yezidie, comme si je venais d’une autre planète. »
 
Whata nous explique qu’elle est ensuite revendue à un saoudien qui, enfin, la prend sous sa protection et lui offre un répit inespéré.

« Il s’appelait Abou Khatab. Il a été comme un père pour moi. Il a voulu me mettre avec d’autres filles pour que je ne sois pas seule. Il m’a dit : « Ne me considère pas comme un Daech. Je sais que tu as été violée. Ne pense pas que je vais te violer ».
 
Grâce à lui j’ai survécu. Il voyait que je réclamais mes sœurs, que j’étais malheureuse. Il a entamé des recherches. Il m’a demandé pardon de m’avoir achetée. C’était le seul être humain là-bas. Un jour il a trouvé un passeur pour fuir vers le Kurdistan irakien. Mais il a été assassiné. Il savait qu’il allait être assassiné pour trahison. Je l’ai pleuré deux jours. C’était mon seul espoir.
 
Daech m’a ramenée à Raqqa. Abou Khatab mon regretté protecteur, avait demandé à un ami saoudien qui avait déjà une esclave yézidie, de s’occuper de moi s’il était assassiné. « Si je meurs il faut libérer cette fille » lui avait-il dit. Je suis resté un an chez lui. Il n’a pas respecté sa promesse. Il ne m’a pas libérée. Au contraire, il me torturait, il me privait de nourriture. Et puis il m’a revendue à un Kurde de Turquie. Cet homme m’a demandé de choisir : « Ou tu te maries, ou je te vends à trois hommes en même temps ».

Je me suis résolue à me marier. Mais c’était si dur…j’étais si jeune, j’avais douze ans…il en avait quarante. Je n’ai jamais connu un homme aussi brutal et pervers. Il frappait comme une machine.(…)

Nous avons finalement été capturés par les Forces Démocratiques syriennes**. Ils n’ont pas cru que j’étais yézidie. Ils pensaient que j’étais un membre de Daech. J’ai passé deux ans dans une de leurs prisons. Finalement, grâce à la Croix Rouge, j’ai été libérée…
 
Le récit de ce calvaire sans fin s’arrête dans un long silence.
 
Whata reprend finalement la parole, le regard dans le nôtre, avec plus d’assurance :
 
« Ce que j’ai subi m’a appris à me battre. Je sais que je suis l’égale des hommes. Ils ne me font pas peur. Jamais plus je n’aurai peur des hommes. Je suis forte ».
 
J’ai préféré masquer son visage.
 
* Association belge des victimes de terrorisme.
** la coalition kurde et arabe qui s’est battue aux côtés de la coalition internationale contre Daech.
 

« Happy Dreams Hotel », ou comment va le Kurdistan?

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PARIS – Les 7, 8 et 9 octobre dernier, le Théâtre Municipal Berthelot-Jean Guerrin accueillait le comédien kurde Aram Taştekin pour son spectacle « Happy Dreams Hotel » (anciennement« Happy Dreams, une histoire kurde ») qui avait fait peau neuve. Le metteur en scène d’Happy Dreams Hotel, Elie Guillou a enrichi la pièce, en y intégrant comme acteur le musicien Neşet Kutaş qui auparavant accompagnait le spectacle avec des percussions.

Lors de la reprise de «Happy Dreams Hotel» dans le théâtre montreuillois, de très belles surprises attendaient ceux qui avaient assisté aux précédentes représentations du spectacle depuis 2 ans. En effet, le talentueux Aram n’était plus l’unique acteur sur la scène. Il y avait aussi ce cousin (joué par Neşet Kutas) avec qui le héros avait grandit dans une belle complicité. L’hôtel miteux où les deux jeunes hommes attendent le RDV du cousin qui rejoindra la guérilla donne le « la » à cette comédie burlesque. Le reste du spectacle est un vertigineux voyage qu’Aram effectue au Kurdistan, toujours sous le regard attentif du cousin…

« Happy Dreams Hotel », ou comment va le Kurdistan ?

Il faut beaucoup d’imagination pour ne pas effrayer le public tout en lui racontant des horreurs, mieux encore, il faut le « divertir » car « les gens vont au théâtre pour se changer les idées puisqu’ils ont déjà assez de soucis comme ça » (phrase entendue maintes fois). C’est ce qu’Aram Tastekin a fait avec brio au théâtre municipal de Montreuil. Il a raconté la guerre au Kurdistan, les disparitions forcées des Kurdes, les incendies des villages kurdes par l’armée turque, l’exil forcé, la prison, la destruction de la nature et le patrimoine du Kurdistan, le génocide linguistique et la résistance du peuple kurde… le tout avec un air faussement naïf d’un jeune qui rêve juste d’être un grand acteur, comme le légendaire Yilmaz Guney.

Happy Dreams Hotel, une histoire drôle et amer à la fois
 
Dans « Happy Dreams Hotel », Aram Taştekin nous emmène dans son village montagneux de Xarabguryan, au fin fond du Kurdistan, où un gamin de 6 ans découvre que sa langue maternelle est interdite, qu’être Kurde l’est également. Il voit un de ses cousins rejoindre la guérilla kurde. Il apprend que, bien qu’il s’appelle Aram, il est « Ikram » pour l’État turc, que même la montagne de son village a deux « prénoms », un en kurde, l’autre en turc… Aram assiste à l’incendie de son village par les soldats turcs qui chassent tous les habitants de la région.
 
Aram doit s’adapter à sa nouvelle vie citadine à Diyarbakir (Amed). Un fois ado, il part en cachette à Antalya voir des filles russes et où il travaille comme animateur pour enfants de touristes dans le grand hôtel « Happy Dreams ». Un voyage qui se termine quand Aram rencontre une troupe de théâtre kurde qui cartonne à cause d’un quiproquo.
 
Malgré son sujet difficile, le spectacle nous fait rire grâce aux anecdotes – souvent absurdes – qu’Aram nous raconte. Par exemple, comment passer sans encombre 
un barrage militaire alors qu’il accompagne son cousin rejoindre la guérilla, son obsession d’être un « vrai » Kurde (même pour sa mère à la colère terrible qui est une Arménienne « auto-assimilée »), l’histoire de trois bouteilles de coca qui privent le village d’eau potable pendant une semaine, le petit garçon qui doit dire aux soldats turcs qu’il ne parle pas le turc, sa troupe de théâtre qui fait un tabac à cause de son titre que l’armée turque considère comme un message subliminal faisant la propagande de la guérilla kurde…

Elie Guillou, Neşet Kutas et Aram Tastekin
« Happy Dreams Hotel » a été écrite par Elie Guillou à partir du récit d’Aram Tastekin. Guillou a été assisté par Noémie Régnaut dans la mise en scène du spectacle.

En plus d’endosser le rôle du cousin, Neşet Kutas joue des percussions entre chaque sketch.

Pour ceux qui n’ont pas encore vu « Happy Dreams Hotel », il sera à l’affiche du Théâtre Antoine Vitez, à Ivry Sur Seine, les 9 et 10 décembre 2021. Un spectacle à voir pour prendre le pouls du Kurdistan qui résiste, encore et toujours…

IRAK. 10 des 65 Kurdes arrêtés à Kirkouk restent en prison

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IRAK / KURDISTAN – 65 résidents kurdes de Kirkouk ont été arrêtés par les forces irakiennes dans la soirée de 10 octobre lors des célébrations des résultats des élections générales. Ils ont été accusés de tir contre un convoi de l’armée irakienne. 10 d’entre eux sont toujours en prison tandis que les autres ont été libérés sous caution grâce à la mobilisation des avocats kurdes de Kirkouk.

Le 13 octobre, le service des médias de la police de Kirkouk a publié des photos des détenus au moment de leur libération lors d’une réunion avec le chef de la police.

L’armée et les forces de sécurité irakiennes ont arrêté 65 résidents kurdes de Kirkouk dans les quartiers kurdes de Rahimawa et Shorja pour avoir troublé la sécurité et la stabilité et entravé la circulation fluide dans certaines parties de la ville multiethnique, ont déclaré l’armée et la police irakiennes.

Les deux principaux partis kurdes, le Parti démocratique du Kurdistan (KDP) et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), ont déclaré que les détenus ont été libérés à la suite de leur intervention auprès du Premier ministre irakien Mustafa al-Kadhimi tandis qu’un groupe d’avocats volontaires kurdes à Kirkouk a déclaré que « la libération était conforme aux procédures légales et non selon les revendications politiques comme le prétendent l’UPK et le KDP. »

Un haut responsable de la sécurité de Kirkouk a déclaré anonymement à Kirkuk Now que « 10 personnes encore en prison sont des résidents de Rahimawa et accusés d’avoir tiré sur les forces de sécurité ».

Les avocats bénévoles ont déclaré hier lors d’une conférence de presse que certaines personnes parmi celles qui célébraient les célébrations du PDK à Rahimawa à Kirkouk pour avoir remporté deux sièges au parlement irakien avaient tiré sur un convoi irakien patrouillant dans les rues.

La plupart des détenus affirment avoir été arrêtés sans mandat d’arrêt du tribunal et n’avoir participé à aucune célébration car ils ont été arrêtés chez eux.

L’UPK a remporté trois sièges contre six en 2018, tandis que le KDP en a remporté deux, mais en 2018 a boycotté les élections à Kirkouk et la Nouvelle Génération a obtenu un siège pour la première fois. Le nouveau système électoral avancé de six mois à la demande des manifestants a divisé les 12 sièges parlementaires de Kirkouk en trois circonscriptions électorales.

Les Kurdes ont remporté six sièges tandis que les partis politiques arabes ont augmenté leur part de trois à quatre et les Turkmènes ont réduit leurs sièges de trois à deux seulement.

Située à 238 kilomètres au nord de Bagdad, Kirkouk est une province ethniquement mixte pour 1,6 million de Kurdes, d’Arabes et de Turkmènes, de musulmans, de chrétiens et de Kakaï. Elle a longtemps été au centre des différends entre Bagdad et Erbil (Hewler).

Les Kurdes contrôlaient a ville de Kirkouk jusqu’en 2017, lorsque les forces de sécurité irakiennes ont déclaré la victoire sur l’État islamique en Irak et en Syrie (DAECH / ISIS) et ont pris le pouvoir dans les territoires kurdes contestés, dont Kirkouk.

Actuellement, l’armée irakienne, la police locale et fédérale, la brigade 61 des forces spéciales ainsi que les paramilitaires chiites des Forces de mobilisation populaire PMF, sont sous le commandement des opérations conjointes de Kirkouk, un parapluie pour les forces de sécurité qui gèrent la sécurité de la province de Kirkouk. 

Hazhar Kaka’i, l’un des avocats bénévoles des détenus, a déclaré que ceux qui ont été libérés étaient obligés d’appliquer une caution de 3 millions de dinars irakiens (2 000 dollars).

L’article 222 du code pénal irakien stipule que « tout rassemblement conduit à un crime, un délit, entrave l’application de la loi ou les performances des autorités locales ou le public, les auteurs encourent une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans, une amende ou les deux ».

« La nuit où j’ai été arrêté, je regardais la télévision avec mes amis dans un mini stade. Je n’ai pas été à toutes les célébrations et n’a eu aucune idée de ce qui se passait et ont été soudainement entouré par la brigade spéciale 61 », a déclaré Sabah Jassim, l’une des personnes libérées sous caution le 13 octobre.

« Nous avons été gardés de 22 heures à 2 heures du matin dans un Humvee militaire puis ils nous ont remis à la police. Ils nous tiraient et nous poussaient. Nous avons été battus. »

Les deux principaux partis kurdes de la région, UPK et KDP disent avoir contacté le Premier ministre qui a promis de libérer tous les détenus.

« Nous avons pris en charge tous les cas. Cette nuit-là, nous sommes immédiatement allés voir la police et avons fait de notre mieux pour les libérer », a déclaré Kaka’i. « Toutes les procédures étaient légales, ils ont donc été légalement libérés sous caution et leurs dossiers n’ont pas encore été classés.

Ceux qui étaient en liberté sous caution n’ont pas fait partie du trouble, veuillez donc les interroger et les libérer sous caution. Aucun parti politique n’a joué de rôle dans leur libération et aucun d’entre eux n’a contacté la police locale. »

Un communiqué de la police de Kirkouk a déclaré mardi « nous sommes autorisés à suivre toutes les procédures légales contre ceux qui tentent de déstabiliser la stabilité à Kirkouk, car le devoir est de protester contre les personnes et leurs propriétés ».

« Les auteurs d’actes de sabotage ou ceux qui tentent de porter atteinte à la situation sécuritaire seront arrêtés. La stabilité actuellement restaurée est le résultat d’années de lutte et de service 24 heures sur 24, donc aucun acte de sabotage n’est autorisé et des procédures strictes seront suivies contre ces personnes dans l’intérêt de tous.

Chaque fois qu’il y a un problème, les partis politiques se taisent mais quand c’est réglé, ils prétendent qu’ils l’ont fait. Cette fois, ils ne peuvent certainement pas prétendre avoir réglé le problème », a ajouté Kaka’i.

Kirkuk Now 

En prétendant combattre la guérilla kurde, la Turquie soutient l’État islamique en Syrie et en Irak

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La guerre que la Turquie livre aux forces kurdes au Rojava / Syrie et au Bashur / Irak renforce l’État Islamique dans la région écrit le journaliste Uzay Bulut.
 
La guerre que la Turquie livre aux forces kurdes en Syrie et en Irak renforce l’État Islamique dans la région écrit le journaliste Uzay Bulut dans son article « Les frappes aériennes de la Turquie en Syrie et en Irak » (à lire sur le site Gatestone Institute)
  • La Turquie semble manœuvrer pour étendre un État islamique en Syrie et en Irak.
  • Le même gouvernement turc qui prétend lutter contre le « terrorisme » par sa lutte contre le PKK kurde soutient l’État islamique dans la région depuis des années.
  • « La capacité de l’État islamique à devenir un État fonctionnel si rapidement est en grande partie due à ses relations avec le président Erdoğan en Turquie. »
  • Le gouvernement turc, membre de l’OTAN, semble clairement se sentir sur une lancée djihadiste.
 

Les Kurdes du Rojava menacés par la guerre de l’eau

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PARIS – Au Rojava, les problèmes liés à l’eau se sont aggravés avec la mise à l’arrêt de la station d’eau d’Alouk, dans la région kurde de Serê Kanîyê et la diminution du niveau de l’eau d’Euphrate qui dessert la Syrie. Deux problèmes provoqués directement par la Turquie. L’utilisation de l’eau comme une arme de guerre a déjà provoqué un désastre dans la région qui se dépeuple, mais la communauté internationale continue à fermer les yeux. Jusqu’à quand? On attendant, voici un nouvel article qui détaille les conséquences dramatiques de cette guerre aquatique livrée par la Turquie colonialiste.
 
Les journalistes Chris DEN HOND et Chloé TROADEC signent un article sur la guerre de l’eau que la Turquie mène contre les Kurdes du Rojava sous le titre de « La Turquie mène une guerre de l’eau en Syrie » publié sur le site Orient XXI.
 
Le niveau de deux fleuves mythiques, le Tigre et l’Euphrate, qui traversent la Turquie, la Syrie et l’Irak, a drastiquement baissé. Si le changement climatique y est pour quelque chose, Ankara est pointé du doigt en raison de ses barrages qui limitent le débit des eaux.
 
Le barrage Atatürk sur l’Euphrate
Bernard Gagnon/Wikimedia Commons

 

 
La chute du débit de l’Euphrate est une nouvelle menace pour la population syrienne, déjà victime de plus de dix années de guerre sur son territoire. Cinq millions de Syriens risquent d’être privés d’eau et d’électricité. Le coordinateur de l’ONU pour la Syrie, Imran Riza, affirme dans un rapport publié en juin 2021 être « très profondément inquiet de l’impact de la baisse du niveau de l’eau sur la vie de millions de gens vivant en Syrie, surtout concernant l’accès à l’eau et à l’électricité ».
 
Ces derniers derniers mois, le débit des eaux fluviales a été fortement réduit, selon des chiffres cités par l’ONU : 200 m3 par seconde, au lieu des 500 m3 habituels. Le niveau de l’Euphrate se trouve désormais si bas que les équipements de pompage et les canalisations ne sont plus opérationnels. Le Rojava Information Center décrit une situation alarmante : « Ces derniers mois, la Turquie a grandement limité le flux du fleuve. Jamais le niveau de l’Euphrate n’a été aussi bas. Les barrages hydroélectriques de Tabqa, Tishrine et Firat, dans le nord et l’est de la Syrie, qui produisent de l’électricité pour toute la région, ne fonctionnent qu’alternativement, avec une seule turbine. La production agricole est sérieusement menacée ».

 

En Syrie, l’Euphrate alimente en effet trois barrages hydroélectriques et des stations de pompage d’eau potable. Sur le grand barrage de Tishrine, à l’est d’Alep, reconquis par les Forces démocratiques syriennes (FDS) des mains de l’organisation de l’État islamique (OEI) qui s’en était emparé en 2015, le niveau d’eau se trouve seulement à quelques dizaines de centimètres au-dessus du niveau « mort ». En dessous, les turbines cesseront de produire de l’électricité.

DE GRAVES MENACES POUR L’AGRICULTURE

Comme l’eau de l’Euphrate n’est plus systématiquement filtrée, les eaux usées et l’eau stagnante augmentent le nombre et la propagation de maladies. « L’eau venant de l’Euphrate n’est plus potable et les gens attrapent des maladies à cause de l’eau stagnante », nous confie Muslim Nebo, enseignant à Kobane. Pour Selman Barudo, coprésident de la Commission de l’agriculture et de l’économie de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie« le manque d’eau, en particulier à une saison de l’année aussi cruciale pour les cultures du blé et du coton, a un effet dévastateur sur l’agriculture et l’économie. Les régions agricoles de Tabqa, Rakka et Deir-ez-Zor sont les plus affectées par le manque d’eau. Le niveau de l’Euphrate est tellement bas que les appareils de pompage des agriculteurs ne sont plus immergés et ne peuvent donc arroser les cultures. Nous avons peur que cette sécheresse rende la terre infertile sur le long terme ».

L’administration autonome du nord et l’est est gérée par une coalition entre Kurdes, Arabes et Syriaques. Déjà confrontés à une guerre interminable, de multiples invasions de la Turquie dans le nord et un embargo, ils craignent un impact ravageur sur l’économie. « Nous avons effectivement peur pour les prochaines récoltes, puisque 80 % de l’eau utilisée pour l’arrosage des cultures provient de l’Euphrate », ajoute-t-il.

Les autorités turques martèlent que la baisse du niveau des fleuves en Syrie est due au changement climatique, mais leurs homologues kurdes et arabes dans le nord et l’est de la Syrie accusent la Turquie de faire de l’eau une arme politique. « Même si le changement climatique est la cause principale de cette sécheresse, la Turquie, avec ses barrages sur le Tigre et l’Euphrate, a techniquement la possibilité de faire couler plus d’eau vers la Syrie », nous dit Asya Abdullah, une responsable et fondatrice du Parti d’union démocratique (PYD), rencontrée en septembre à la fête de l’Humanité. « La Turquie piétine toutes les conventions internationales concernant l’eau. Jusqu’en 2019, il n’y a pas eu de sérieux problèmes, mais après l’invasion de la Turquie dans le nord de la Syrie, et depuis qu’elle occupe la zone entre Tal Abyad et Serekeniye (Ras Al-Ain en arabe), les problèmes de coupures d’eau ont commencé et ont aggravé les conséquences des sécheresses. L’afflux de l’eau dans la région de Hasake est aujourd’hui contrôlé par les milices proturques en amont, qui ont coupé l’eau 24 fois ces derniers 18 mois. La Turquie contrôle directement le niveau de l’Euphrate avec ses barrages ».

DE NOMBREUX BARRAGES

Barrages du haut bassin Tigre-Euphrate
X. Guimard/Wikipedia

En 1923, le traité de Lausanne divise le bassin hydrographique du Tigre et de l’Euphrate entre quatre États : la Turquie contrôle le bassin en amont des deux rivières, l’Iran contrôle le Zagros et la vallée Diyala, l’Euphrate irrigue le nord et l’est de la Syrie sur 675 km, et enfin les deux fleuves traversent l’Irak sur 1 200 km. La Turquie se trouve dans une position de force, parce qu’elle est maîtresse de la source des deux fleuves en amont. Elle compte accentuer sa mainmise avec la construction de barrages. Celui qui maîtrise l’eau contrôle les habitants. Or toute cette région (sud-est de la Turquie, nord-est de la Syrie, nord de l’Irak) est majoritairement peuplée de Kurdes.

En 1938, le premier barrage est inauguré près d’Ankara. En 1975, le barrage Keban est complété à Dersim (Tunceli), en amont de l’Euphrate. En 1977, avec le fameux « projet d’Anatolie du Sud-Est » (GAP), la construction de 22 barrages sur l’Euphrate et le Tigre est lancée. La Syrie construit son propre barrage. L’effet combiné est immédiat : une sécheresse en Irak.

Une guerre pour l’eau est évitée de justesse. En 1984, la Turquie signe un protocole sur l’eau avec l’Irak, et fait de même avec la Syrie en 1987. Elle garantit un niveau minimal annuel de débit d’eau de l’Euphrate : en moyenne 500 m3 d’eau par seconde. En contrepartie, la Syrie promet d’arrêter les activités du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur son territoire.

Au début des années 1990, la Turquie termine le barrage Atatürk, le quatrième plus grand barrage au monde, à 80 km de la frontière syrienne, dans le nord de Kobane. À partir de là, elle est en mesure de contrôler facilement le débit de l’Euphrate. La situation empire en 2019, quand la Turquie envahit et occupe — jusqu’à aujourd’hui — la zone entre Tal Abyad et Serekeniye. « L’eau de la station de pompage d’Allouk, à côté de Serekeniye est systématiquement détournée et coupée par les milices pro-turques, depuis que la Turquie occupe la zone en 2019 », explique le Rojava Information Center.

Les barrages ne servent pas seulement à irriguer les cultures et à produire de l’électricité. Le président turc Recep Tayyip Erdogan lui-même le reconnaît : « Nous ne voyons aucune différence entre protéger notre eau et protéger notre patrie ». La Turquie utilise l’arme de l’eau pour engendrer un déplacement de population et un changement démographique, dont les Kurdes sont les plus grandes victimes en Turquie et en Syrie. Pour Asya Abdullah, « chaque invasion de la Turquie en Syrie (2016, 2018, 2019) a entraîné un déplacement de population, donc un nettoyage ethnique. Maintenant elle utilise l’arme de l’eau pour pourrir la vie des gens et les pousser à partir ». Ces dernières semaines, malgré de fortes pluies en Turquie, le niveau de l’Euphrate n’est pas remonté

 

ROJAVA. Erdogan propose aux Russes d’échanger Idlib contre Tell Rifaat

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SYRIE / ROJAVA – Ces derniers jours, Erdogan profère des menaces d’invasion contre les Kurdes du Rojava alors que Joe Biden a déclaré que l’offensive militaire de la Turquie contre le nord-est de la Syrie sape la campagne visant à vaincre l’ÉI et met en danger les civils. Il semble qu’Erdogan se retourne vers Poutine à qui il propose le sud d’Idlib en échange de l’invasion de Tall Rifaat.
 
Pourquoi Tall Rifaat ? Tall Rifaat abrite une partie des Kurdes qui ont fuit Afrin lors de l’invasion turque de 2018. Selon le journaliste Amed Dicle, Erdogan est coincé au sud d’Idlib par la Russie. Alors, il veut retirer ses soldats de la région en échange d’occupation de Tall Rifaat…

Avec Erdogan, on joue aux chaises musicales en Syrie. Il veut partir du point A pour le point B et continuer son occupation dans la région. Ce qui est intéressant, c’est la réponse de Poutine: trahira-t-il de nouveau les Kurdes pour embêter les Etats-Unis? On le sera dans les semaines à venir.

KURDISTAN. L’avenir incertain des réfugiés yézidis

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IRAK / KURDISTAN – En août 2014, les Kurdes yézidis de Shengal étaient massacrés sauvagement par les terroristes du groupe État islamique. Depuis, les survivants yézidis vivotent dans des camps de fortune. Ils manquent de perspectifs concernant leur futur et le retour sur leurs terres natales semble impossible. Pour le moment, quelques ONG dont Action contre la faim leur apportent de l’aide.
 
Action contre la faim travaille en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Elle fourni un soutien en matière de santé mentale et un soutien psychosocial aux personnes touchées par le conflit en Irak. Elle vient de publier le témoignage d’une femme yézidie qui a échappé au génocide commis à Shengal mais qui a perdu des proches, dont son mari. Elle vit dans un camp avec ses enfants et bénéficie d’un soutien psychologique apporté par l’ONG française Action contre la faim.
 
Le génocide des Yézidis d’août 2014
 
Le 3 août 2014, DAECH (l’État islamique – EI) a commis un génocide à Shengal en massacrant des Kurdes yézidis et en capturant des milliers de femmes et d’enfants. Ce génocide est qualifié de « 74e ferman (décret) » subis par les Yézidis. Les plus importants massacres des Yézidis ont été commis par les Ottomans à partir du seizième siècle.
 
Avant l’attaque de Şengal par DAECH, plus de 400 000 Kurdes yézidis, ainsi que par des minorités kurde shabak, turkmène et arabe vivaient dans la région située à l’ouest du gouvernorat de la Ninive. La majorité des Yêzidis ont fuit la région et vivent désormais dans des camps de fortune, sans espoir de retour dans leur ville toujours en ruine et que de nombreux femmes et enfants capturés par DAECH sont toujours portés disparus…

Mère d’Hevrin Khalaf: Sans le procès d’Erdogan, les lois internationales sont caduques

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SYRIE / ROJAVA – Le 12 octobre 2019, des mercenaires islamistes de la Turquie ont tué sauvagement la politicienne kurde Hevrin Khalaf près de Tell Abyad, dans le nord du Rojava. Ils ont filmé leur crime et l’ont diffusé sur les réseaux sociaux. Ainsi, le monde entier a été témoin d’un acte barbare d’une cruauté sans nom. Mais, malgré cela, deux ans après les faits, rien n’a été fait au niveau international pour juger les assassins d’Havrin.

 
La mère d’Havrin Khalaf, Souad Mustafa déclare que le président Erdogan est responsable direct du meurtre barbare de sa fille et des crimes de guerre commis au Rojava et en Syrie par les gangs islamistes de la Turquie mais que les organisations de défense des droits de l’homme et l’ONU l’ignorent.
 

Souad s’est rendue sur la tombe de sa fille Hevrin, brutalement assassinée il y a deux ans par des mercenaires de l’État d’occupation turc.

Tôt le matin du 12 octobre 2019, avec l’appui des avions de combat turcs, les mercenaires islamistes ont pu entrer profondément dans les terres syriennes et atteint la route internationale M4 où ils ont assassiné Hevrin Khalaf et 9 autres civils, conjointement avec l’agression turque contre les régions de Serê Kaniyê et de Tal-Abyed.

Les mercenaires ont diffusé des séquences vidéo montrant l’assassinat de civils sur l’autoroute M4 à Tal Tamr, dans laquelle la voiture du politicien Hevrin Khalaf, semblait être visée par des dizaines de coups de feu, par un mercenaire du groupe « Ahrar al-Sharqiya ».

Avant son assassinat, Havrin Khalaf a occupé de nombreux postes dont la vice-co-présidence de l’organisme de l’énergie pour l’été 2014, avant de devenir co-présidente de l’organisme économique dans le canton de Jazirah et être élue au printemps 2018 le Secrétaire général du Parti Avenir de la Syrie.

La mère d’Hevrin, assise près de la tombe de sa fille, a déclaré : « elle croyait en la paix au sein d’un système participatif entre les composantes de toute la Syrie, et cherchait à mettre fin au conflit armé et à la guerre sanglante qui durait depuis 10 ans dans le pays. Erdogan était directement derrière son meurtre. Il visait à faire exploser la volonté des femmes et la révolution dirigée par les femmes au Rojava. »

Les États-Unis savent très bien qui est responsable du crime

 

Le 28 juillet 2020, département du Trésor américain a annoncé qu’il imposait des sanctions à Ahrar al-Sharqiya, groupe armé soutenu par la Turquie, pour des crimes contre les Kurdes en Syrie, dont le meurtre de la politicienne Havrin Khalaf.

Le mercenaire Hatem Abo Shagra est impliqué dans la commission de crimes contre les Yézidis dans le canton d’Afrin, après avoir occupé le canton, tandis que les médias ont souligné que Hatem Abo Shagra avait rencontré parmi eux des chefs de gangs de mercenaires, ceux qui ont rencontré le président turc Erdogan en avril 2018.

Souad a déclaré : « Les États-Unis se sont retirés à grande échelle du nord-est de la Syrie, ils savent bien où et comment ma fille a été tuée, mais ils ont fermé les yeux sur qui a commis cet acte horrible. Les Américains auraient pu empêcher tous ces crimes turcs et attaques contre des Syriens dans la région. »

Après sa tournée dans les pays européens il y a plusieurs mois, la mère d’Hevrin a indiqué qu’elle n’avait pas encore reçu de réponse, malgré les preuves irréfutables qui condamnent les auteurs. Elle a ajouté : « La démocratie et la protection des droits de l’homme ne sont qu’un manteau dont l’Europe se pare. Ils peuvent tout faire dans leur propre intérêt. Ni les Nations Unies ni les organisations des droits de l’homme, ni les tribunaux européens n’ont rien fait, et la raison en est clair ; c’est leur intérêt avec l’État turc. »

Souad Mustafa avait assisté à une session de la conférence kurde au Parlement européen en février 2020 et avait déposé une plainte auprès des tribunaux internationaux pour demander des comptes aux auteurs du meurtre de sa fille.

En conclusion, Souad Mustafa a appelé la communauté internationale à poursuivre les criminels de guerre en Syrie, au premier rang desquels se trouve le président turc Erdogan. Elle a noté que: « Sans cela, il n’y a aucun sens au droit international. C’est un projet démocratique et la révolution de la liberté est en cours. Ils ont assassiné Hevrin, mais des centaines d’autres Hevrin naissent chaque jour et font face au régime fasciste sanglant et elles n’accepteront pas l’injustice. » ANHA

 
En novembre 2020, à l’occasion de la Journée mondiale de lute contre les violences faites aux femmes, le Mouvement des femmes kurdes en Europe a lancé une pétition pour traduire en justice le président turc Erdoğan en donnant 100 raisons de juger Erdogan pour des féminicides et des crimes de guerre.

Il y a deux ans, Hevrin Khalaf était assassinée sauvagement par les gangs islamistes de la Turquie au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Il y a deux ans jour pour jour, la politicienne kurde et espoir d’une Syrie diversifiée et démocratique, Hevrîn Xelef, était exécutée par des mercenaires de la Turquie près de Tall Abyad / Girê Sipî, dans le nord du Rojava. Ses meurtriers sont toujours libres…
Hevrîn Xelef, 34 ans, a été assassinée par les gangs de l’État turc le 12 octobre 2019, tandis que l’État turc et ses mercenaires poursuivaient leurs attaques d’invasion contre Serê Kanîyê / Ras al-Aïn et Girê Spî.
 
Capturée sur l’auto-route M4, près du village de Tirwazî, entre Soulouk et Tall Tamer, la secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, a été violée et lapidée par les membres du «Bataillon 123» de la milice djihadiste «Ahrar al-Sharqiya», allié de la Turquie. Ses bourreaux ont aussitôt diffusé sur les réseaux sociaux les images de son calvaire qu’ils ont filmé. Le meurtre d’Hevrîn Xelef (Havrin Khalaf) a été l’un des nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par l’occupation turque dans la région.
UNE VIE DÉDIÉE À LA RÉVOLUTION DES FEMMES
Havrin Khalaf, ou Hevrîn Xelef, est née en 1984 à Dêrik, ville du nord de la Syrie. Elle a grandi enfant dans une famille socialement et politiquement engagée. Quatre de ses frères et la sœur d’Havrin, Zozan, ont rejoint la lutte de libération et sont tombés dans les rangs du mouvement de libération kurde.
 
Sa mère Sûad a participé à de nombreuses assemblées populaires d’Abdullah Öcalan. Ce qu’elle a appris ici a également eu une grande influence sur l’éducation et le développement de la personnalité de Havrin. Après avoir terminé ses études à Dêrik, Havrin a étudié l’agronomie à Alep. Après avoir terminé ses études, elle est retournée à Dêrik.
 
Avec le début de la révolution au Rojava, Havrin a participé à la lutte pour la liberté et au travail du mouvement des jeunes. Peu de temps après, elle a commencé à organiser des activités de développement de la société civile et a assumé des postes de direction au sein du Conseil économique de Qamishlo. En 2015, avec la proclamation de l’Administration démocratique autonome, elle a pris la responsabilité de coprésidente adjointe du Comité de l’énergie de l’autonomie démocratique du canton de Cizière.
Dans son travail, elle a accordé une attention particulière aux besoins économiques des femmes et au développement de l’économie des femmes. En 2018, Havrin a participé au processus de création et de fondation du Parti Avenir de la Syrie dans le but de défendre les intérêts de tous les groupes de population syriens et un renouveau démocratique de la Syrie. Lors de la fondation de son parti le 27 mars 2018 à Raqqa, elle s’est engagée de manière désintéressée dans la tâche de la secrétaire générale. S’exprimant à l’occasion du 8e anniversaire du soulèvement populaire en Syrie, Havrin a exprimé sa conviction que la crise politique en Syrie ne peut être résolue par la guerre.
Dans chacun de ses discours, Havrin a souligné l’importance du dialogue entre les différentes forces politiques et communautés syriennes. Elle insiste pour que les peuples déterminent leur propre avenir et façonnent ensemble leur propre vie politique et sociale. À travers sa lutte politique, Havrin a appelé tous les cercles de la société et les acteurs politiques à participer à une solution démocratique à la crise en Syrie.
Avec le début de la guerre d’occupation turque contre les territoires de l’administration démocratique autonome du nord et de l’est de la Syrie le 9 octobre 2019, Havrin a résolument poursuivi sa lutte politique, jusqu’au jour de son exécution.
Havrin Khalaf a joué un rôle majeur dans la révolution des femmes du Rojava et de la communauté des peuples avec sa vie et son travail. La commémorer, c’est défendre résolument la révolution des femmes du Rojava qui est un espoir pour tous les peuples du Moyen-Orient et du monde.

TURQUIE. Raid policier contre un mariage kurde à cause des vêtements traditionnels kurdes

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ANKARA – La police antiterroriste a mené un raid contre un mariage kurde à Ankara/Mamak, au motif que certains invités « portaient des vêtements locaux ».
 

La cérémonie de mariage d’une famille kurde dans le quartier de Türközü à Ankara / Mamak a été perturbé par la police antiterroriste. La police a évoqué des vêtements traditionnels kurdes et des signes de victoire comme raison du raid. Des policiers de la branche antiterroriste (TEM) ont demandé des images du mariage, affirmant qu’il y avait eu une plainte au sujet de la cérémonie. La police a vérifié les images de la caméra et a quitté le mariage, exigeant que les images leur soient remises à la fin du mariage, car il s’agissait d’un mariage sur deux jours.

İlhan Karaman, l’un des proches de la famille, a déclaré: « Nous organisons nos cérémonies de mariage ici de la même manière depuis 25 ans. La police est venue à nos mariages plusieurs fois auparavant, mais jamais la police antiterroriste. Auparavant, ils venaient invoquer des raisons telles que faire du bruit pendant les mariages. Nous sommes de Hakkari et nous avons toujours des mariages. C’est la première fois que nous rencontrons une telle situation. »

«Ils nous ont dit qu’il y avait eu une plainte concernant les « vêtements locaux ». Ils ont affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un mariage, mais plutôt d’un rassemblement politique. Ils nous ont dit que nous pouvions continuer l’événement, mais ils ont demandé des images pour les examiner plus tard. Ils voulaient que les images leur soient transmises après l’événement», a ajouté Kahraman.