La destruction écologique au Kurdistan sera protestée lors de la Journée mondiale pour le climat
Le journaliste kurde emprisonné, Nedim Turfent devient membre honoraire de PEN Melbourne
Le nom d’Hevrin Khalaf donné à une place de la ville de Lyon
LYON – Le 21 septembre, la Maire du 7e arrondissement de Lyon, Fanny Dubot a inauguré la place portant le nom d’Hevrin Khalaf, politicienne kurde assassinée par des gangs de la Turquie le 12 octobre 2019, lors de l’invasion du Rojava.
De nombreux militants et personnalités kurdes ont assisté à l’inauguration de la place Hevrin Khalaf dans le quartier de la Guillotière: Le président de l’ONG humanitaire franco-kurde Roja Sor, Alexandre Koroglu, des responsables du Conseil Démocratiques Kurde en France, le Président de l’Institut kurde de Paris, Nezan Kendal.
Sur la plaque érigée en mémoire d’Hevrin Khalaf, on peut lire « Place Hevrin Khalaf, 1984-2019, féministe et femme politique kurde »
Plusieurs élu.e.s lyonnais ainsi que des membres de l’association Amitiés kurdes de Lyon et Rhône Alpes, le mathématicien Tuna Altinel, le directeur Général de la Fondation Danielle Mitterrand, Jérémie Chomette étaient également présents lors de l’inauguration de la place Hevrin Khalaf par la Maire Fanny Dubot et Sonia Zdorovtzoff, Adjointe au Maire et Déléguée aux Relations, à la coopération et à la solidarité internationales.


L’espace public choisi par la Mairie du 7ème arrondissement et la Ville de Lyon se situe au pied de l’ancien garage Citroën rénové et inscrit aux Monuments historiques.
Le nom d’Hevrin Khalaf a été choisi dans le cadre des efforts déployés par le maire Gregory Doucet pour donner féminiser les noms des rues.
« Le 7e arrondissement et le conseil municipal veulent louer la lutte du peuple kurde contre l’État islamique et féliciter tous les hommes et femmes qui luttent pour la paix et la démocratie en Syrie », a déclaré Sonia Zdorovdzoff.
Exposition Hevrin Khalaf



Le festival international kurde de 2021 se tient aux Pays-Bas
Festival dédié au révolutionnaire Sinan Dersim
Le festival est dédié au révolutionnaire Sinan Dersim (Dalokay Şanlı), qui est tombé martyr lors d’une frappe aérienne turque au Kurdistan le 27 octobre 2020. Auparavant, Sinan Dersim était en Europe et a fait campagne pour l’expansion des institutions kurdes et un réseau organisé au sein de la diaspora kurde. Il a été membre du Conseil de commandement des Forces de défense du peuple (HPG, branche armée du PKK) et du Conseil exécutif du HBDH (Mouvement révolutionnaire uni des peuples).
Il y a des cars qui partent pour le festival depuis plusieurs grandes villes européennes. Contactez les centres kurdes de vos régions pour trouver un moyen de transport à destination du festival.
Au Kurdistan du Sud, 4 000 femmes victimes de violences masculines ont contacté le RJAK en 6 mois
TURQUIE. Attaque raciste contre des ouvriers agricoles kurdes à Düzce
PARIS. Présentation du livre « Nous vous écrivons depuis la révolution »
L’ouvrage été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au cœur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient.
Avec ce récit, elles nous invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base…
Textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews, autant de formes différentes qui font palpiter ce livre et permettent d’approcher les émotions les plus intimes, la pratique quotidienne et les enjeux géopolitiques.
Une porte ouverte aux réflexions et discussions pour se nourrir ici de ce qui est expérimenté là-bas. »
Anwar Muslim: Pour réussir notre projet démocratique, nous devons être unis
La célébration qui a réuni des responsables du Parti de l’Union Démocratique a débuté par une minute de silence. Ensuite, le coprésident du Parti de l’Union Démocratique Anwar Muslim a prononcé un discours dans lequel il a rappelé l’histoire du fête.
Anwar Muslim a déclaré : « Notre parti a pu se frayer un chemin difficile ces dernières années dans les circonstances difficiles dans lesquelles nous avons été confrontés à des régimes fascistes, tels que le régime syrien et l’État d’occupation turc, qui ont essayé de nous exiler par le biais des accords qui ont été secrètement conclu entre eux. Laissez-nous réussir dans ce projet et être en mesure de contrecarrer ces plans. Chaque personne dans notre communauté doit assumer la responsabilité de la prochaine étape afin que nous puissions ensemble faire de notre projet un succès dans la région.Les Loups Gris turcs bientôt sur la liste des groupes terroristes des USA et d’Europe?
Bego, écrire pour briser le tabou autour du génocide kurde de Dersim
Entre 1837 et 1938, l’Etat turc a massacré plusieurs dizaines de Kurdes alévis dans la région de Dersim. Il a également déporté des milliers d’autres et fait adopter des fillettes kurdes par des familles d’officiers turcs pour les assimiler de force. Plus de 80 ans après les faits, la Turquie refuse toujours de reconnaitre ce génocide, comme elle l’a fait pour celui des Arméniens, Grecs, Assyriens… tous les peuples qui avaient la malchance de n’être ni turc, ni musulman sunnite… Pourtant, les descendants des rescapés de ces génocides tentent d’obtenir justice et réparation depuis des décennies.
Le père de Rose Polat Agum, Bego Polat n’avait que 10 ans quand les soldats turcs ont attaqué la région de Dersim et exterminé sa famille comme des milliers d’autres. Il a miraculeusement échappé à la mort certaine et, après une vie d’errance, a pu fondé une famille sur les terres arrosées du sang de son peuple. Des décennies plus tard, sa fille a voulu écrire l’histoire de son père, sa vie d’après le massacre pour laisser un témoignage aux générations futures et surtout pour qu’on n’oublie pas le génocide de Dersim* qui est un crime contre l’humanité, en attendant sa reconnaissance en tant que telle par la communauté internationale.
Le livre « Bego, Dersim 1938… et ensuite » a été publié d’abord en turc sous le titre « Bego-Dersim 1938 ve Sonrasi ». Vous pouvez commander sa version française auprès de l’autrice au 38 Grande rue, 77630 Barbizon, ou sur internet.

Le génocide de Dersim
Alors, peut-on dire que les tribus ont pris part à la résistance contre le massacre?
Certaines tribus ne participent pas à la résistance. Mais ce n’est pas seulement un cas spécifique à Dersim. Dans toutes les sociétés où le féodalisme est fort, il est extrêmement facile de profiter des conflits internes et d’activer la dynamique interne de ces sociétés. En fait, en s’en prenant à Dersim, on cible Seyid Rıza. Parce qu’il y a la lettre qu’il a envoyée à Sèvre en 1920. La raison pour laquelle Dersim est une cible est l’insistance de Dersim en kurdicité.
*Des documents fuités en mai 2019 révélaient que le fondateur de la Turquie, Ataturk avait acheté des armes chimiques à l’Allemagne nazie (1937) pour les utiliser lors du massacre des Kurdes à Dersim.
29 ans après son assassinat, Musa Anter fait encore peur à l’État turc
Anter, qui a écrit des articles dans le quotidien Ozgur Gundem et l’hebdomadaire Yeni Ulke, a été tué par balle à Diyarbakir. Attirés de son hôtel par un appelant qui lui a demandé de l’aider à régler un litige immobilier, Anter et un ami sont partis en taxi avec un inconnu, âgé entre 25 et 30 ans. Quand ils ont commencé à soupçonner qu’un piège était en train d’être tendu, ils ont exigé de sortir du taxi. L’homme qui les accompagnait est également sorti et, ayant marché devant eux, a commencé à leur tirer dessus avec un pistolet.
Anter a été touché par quatre balles et est décédé peu après. L’ami, touché par deux balles, a été grièvement blessé. Amnesty International a signalé qu’un pistolet de 9 coups de 9 mm avait été utilisé lors de l’attaque, qui aurait eu lieu en périphérie de la ville près d’un poste de police et d’un poste de contrôle de la circulation. Anter, qui ne vivait pas à Diyarbakir, visitait la ville pour signer ses livres lors d’un festival culturel.
Les principaux livres d’Anter sont :
- Birina Reş – Blessure noire (1959)
- Qimil – Punaise des bois (1962)
- Ferhenga Kurdî-Tirkî – Dictionnaire kurde/turc (1967)
- Hatıralarım I – Mes souvenirs I (1991)
- Hatıralarım II – Mes souvenirs I (1992)
- Vakayiname (1992)
- Fırat Marmara’ya Akar – Euphrate coule vers le Marmara (1996)
- Çinara Min – Mon platain (1999)
«Musa Anter, explique Me Jacoby, est un écrivain et un journaliste kurde de grande renommée qui ne peut absolument pas passer pour un extrémiste. Il était à Diyarbakir pour assister au Festival des trois cultures. On est venu le chercher à son hôtel sous prétexte d’un rendez-vous avec les acheteurs d’un terrain qu’il possédait dans la région et qu’il désirait vendre. Un ami, journaliste lui aussi, l’accompagnait. On les a emmenés en voiture dans le nord de la ville où ils ont été abattus. Musa Anter est mort et son ami, Orhan Miroglu, a été très grièvement blessé. Trois journalistes du journal local, «Diyarbakir aujourd’hui», alertés par téléphone par la police, se sont dirigés vers le lieu du crime. Ils ont croisé une ambulance, dont le chauffeur leur a conseillé de faire demi-tour, puis une voiture dont ils ont relevé le numéro et qui les a fait stopper. Il y avait à bord trois hommes en civil armés jusqu’aux dents. Ces hommes les ont braqués, puis deux d’entre eux sont monté dans leur voiture et les ont contraints, sous la menace de leurs armes, à suivre l’autre véhicule. Ils ont ainsi parcouru plus de 70 kilomètres en franchissant de multiples barrages de police qui laissaient passer les voitures sans problème. Les trois journalistes ont été tabassés et interrogés sans relâche; puis après avoir pris des consignes par talkie-walkie, leurs bourreaux les ont abandonnés sur le bord d’un chemin. Ils ont eu la vie sauve parce que le rédacteur en chef de leur journal est un ami très proche du super-préfet de la région.»
Humanité, septembre 1992.
*JİTEM : Organisation de renseignement de gendarmerie turque – Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele ou Jandarma İstihbarat Teşkilatı (JİTEM), était actif surtout dans dans les années 1990.
L’éducation comme clé de la révolution: au Rojava, la démocratie s’enseigne et s’apprend
Comment apprend-on la démocratie quand on a été colonisé pendant trop longtemps ? La réponse kurde est l’éducation qui est devenue la clé de la révolution du Rojava.
Article rédigé par Müslüm Örtülü
L’éducation comme clé de la révolution : dans le nord et l’est de la Syrie, la démocratie s’enseigne et s’apprend
Comment apprend-on la démocratie ? C’est une question centrale pour la révolution du Rojava. La réponse est l’éducation, l’éducation et encore l’éducation. Une société qui a été colonisée pendant des décennies et n’a eu aucun droit de participation est soudainement confrontée au grand défi de développer son propre système démocratique par le biais des communes et des structures communales. Ce n’est pas un défi facile auquel les populations du nord et de l’est de la Syrie sont confrontées. Le processus est long, parfois marqué par de grandes difficultés et contradictions. Mais la volonté de construire leurs propres structures se fait sentir partout. Ces structures sont censées résoudre les problèmes sociaux, qui ne sont pas vraiment peu nombreux compte tenu de la situation de guerre actuelle. Bien sûr, la légitime défense est un pilier central de la reconstruction. Mais au cours des trois mois que j’ai maintenant passés dans la région, J’ai été témoin que l’autodéfense signifie bien plus que d’avoir des structures militaires puissantes. L’autodéfense la plus efficace est une société avec une conscience politique démocratique. Et la prise de conscience doit se faire à travers des activités éducatives collectives et diversifiées.
Dans son livre « Sociologie de la liberté », Abdullah Öcalan, le cerveau derrière la révolution du Rojava, plaide à plusieurs reprises en faveur de la construction de vos propres structures éducatives qui vont au-delà des structures existantes de pouvoir et de savoir. Pour lui, ces structures sont la pierre angulaire de la formation d’une « société politico-morale ». Selon Öcalan, l’éducation est une méthode centrale pour la société de transmettre les connaissances et l’expérience de la génération plus âgée aux plus jeunes. Mais l’éducation est un domaine contesté. Les États, en tant que représentants du système civilisé officiel, se sont également appropriés la méthode de la connaissance. Par le biais de leurs institutions éducatives, ils essaient d’utiliser les jeunes dans le sens de leur système. Öcalan appelle donc à la construction d’établissements d’enseignement, qui n’imitent en aucun cas les institutions éducatives de ce système de civilisation. Les établissements d’enseignement de la modernité démocratique doivent être des lieux où les enseignants et les apprenants peuvent apprendre les uns des autres et jeter ensemble les bases d’une société démocratique.
La vie collective selon les principes démocratiques
Voilà pour la théorie, mais comment tout cela est-il mis en pratique ? Dans le nord et l’est de la Syrie, les académies jouent un rôle central dans cet effort. Les « Académies pour une société démocratique » sont des lieux où la société est censée apprendre l’état d’esprit de la modernité démocratique. Ces académies se trouvent dans toutes les grandes villes. Ils ont été fondés en 2014, à l’époque sous le nom de `Akademiya Nûrî Dêrsimî`. La recherche et l’enseignement ont lieu dans ces académies. Les participants aux académies sont des membres de la société elle-même. Les structures communales et les organisations civiques peuvent proposer leurs membres pour participer aux formations. La durée des formations varie de quelques semaines à plusieurs mois. Ils se déroulent soit en arabe, soit en kurde. Dans ces éducations, les gens traitent de leur propre histoire, avec l’idéologie de l’État et avec les concepts de révolution. En plus de l’éducation elle-même, cependant, vivre ensemble est également un élément central. Les gens vivent collectivement et selon des principes démocratiques. Après chaque leçon, il est possible de critiquer les enseignants et de faire des suggestions d’amélioration. Les enseignants des académies évaluent également leur travail après chaque formation terminée et essaient de le développer davantage. Lors des congrès annuels des académies, l’ensemble des structures de travail est mis à l’épreuve. Par exemple, lors du dernier congrès, il a été décidé qu’à l’avenir il faudrait des unités éducatives à plusieurs niveaux. Dans la première étape, les participants apprennent à connaître les idées de la révolution et ses principes. Dans les prochaines étapes, les participants développent la conscience et les compétences nécessaires pour assumer des responsabilités de premier plan dans les structures sociales. Ainsi, les structures éducatives ne sont jamais figées. Des voies et moyens sont toujours recherchés pour améliorer le travail des académies et les adapter aux besoins de la société.
Construire vos propres structures éducatives
Les participants de chaque éducation ont des antécédents très différents. Ce sont des gens de tous les horizons de la société. Ce qui les unit, c’est la volonté de faire quelque chose pour leur société. L’intérêt des gens est grand. Ils posent des questions, participent à des discussions et partagent leurs idées et leurs réflexions les uns avec les autres. J’ai appris dans mes conversations qu’il y avait eu des doutes sur le travail des académies dans les zones arabes au début, surtout parce que les femmes et les hommes y participent. Ces préoccupations ont depuis été inversées. Un enseignant m’a dit à quel point les discussions sont enthousiastes sur l’éducation dans des villes comme Tebqa ou Raqqa. Et chez les femmes en particulier, la volonté d’apprendre et de se débarrasser des vieilles structures de pensée est immense.
Créer une nouvelle conscience démocratique est une tâche de longue haleine. C’est parce que le vieil état d’esprit « étatique » est omniprésent. Beaucoup de gens attendent des structures d’auto-administration qu’elles apportent des solutions aux problèmes de la société sans y voir leur propre responsabilité. Le système d’auto-administration est souvent mesuré par sa capacité à résoudre les problèmes économiques des gens. La possibilité d’une participation démocratique dans les structures de la municipalité au conseil municipal joue souvent un rôle secondaire. Apprendre que la recherche de solutions aux problèmes est une tâche collective et non celle d’une « structure de gouvernance » de quelque nature que ce soit est finalement un chemin long et difficile.
Dans le nord et l’est de la Syrie, cependant, les gens se sont engagés dans cette voie. Ils construisent leurs propres structures éducatives pour permettre à la société de suivre cette voie. Les « Académies pour une société démocratique » font partie de ces structures. Il y a aussi les académies des femmes, les universités, les formations des communes, les mairies, les partis politiques et les autres structures sociales. Au cours de mes conversations lors de mes déplacements dans la région, j’ai entendu maintes et maintes fois parler de l’importance de ces unités éducatives. Avant même la fin d’une éducation, les diverses structures sociales avec lesquelles j’ai été en contact sont déjà occupées à organiser la suivante. L’éducation fait partie de la vie quotidienne et est la pierre angulaire de la révolution. Ainsi, dans le nord et l’est de la Syrie, la démocratie est vraiment enseignée et apprise.
Article publié en anglais par Kurdistan Report